Des Camerounais sollicitent une « coopération solide » avec les Gafam pour la formation et la recherche en IA [Recommandations des Conia 2024]

[DIGITAL Business Africa] – Élaborer une stratégie nationale de développement de l’intelligence artificielle au Cameroun ; mettre en place une instance de coordination nationale de l’IA dotée d’un leadership fort ; relire et améliorer les textes législatifs et réglementaires pour prendre en compte l’introduction des technologies innovantes, à l’instar de l’intelligence artificielle ; mettre en place une coopération solide avec les géants du numérique que sont les GAFAM (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft) pour la formation et la recherche en matière d’IA ; ou encore mettre en place une législation spécifique visant à encourager et à encadrer les startups du domaine du numérique.

Voilà quelques-unes des recommandations formulées lors des Concertations nationales sur l’Intelligence Artificielle au Cameroun (Conia 2024) se sont achevées hier, 26 juin 2024, à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Durant deux jours, des experts et professionnels de l’IA se sont réunis pour discuter autour du thème « Quelles politiques gouvernementales pour une meilleure appropriation de l’IA au Cameroun ? ».

A la cérémonie de clôture de ces Conia, le Dr Raphaël Nlend, conseiller technique N°1 au Minspotel a présenté les recommandations de ces concertations. Digital Business Africa vous présente l’intégralité de ces recommandations telles que lues par le Dr Raphaël NLEND.

Dr Raphaël NLEND
Dr Raphaël NLEND

« Madame le Ministre des Postes et Télécommunications ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

Monsieur le Secrétaire Général du ministère des Postes et Télécommunications ;

Monsieur le Représentant Résident de l’Union Internationale des Télécommunications pour l’Afrique centrale et Madagascar ;

Monsieur le Directeur du Bureau Régional et Multisectoriel de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Sciences et la Culture (UNESCO) ;

Monsieur le Directeur National Cameroun de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ;

Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux ;

Messieurs les Conseillers Techniques ;

Mesdames et Messieurs les Directeurs et assimilés ;

Mesdames et Messieurs les Experts ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs.

Le Ministère des Postes et Télécommunications a organisé du 25 au 26 juin 2024 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, les concertations nationales sur l’intelligence artificielle en abrégé CONIA 2024 sur le thème : « quelles politiques gouvernementales pour une meilleure appropriation de l’intelligence artificielle au Cameroun ? ». Cette rencontre qui a regroupé les participants issus du secteur public, du secteur privé, de la société civile, du monde universitaire et des organisations internationales, visait à discuter des défis, des enjeux et des opportunités liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans les différents secteurs d’activités au Cameroun et d’en dégager des recommandations. Dans cette optique, les assises ont été organisées en trois (03) conférences de cinq (05) exposés chacune et en trois (03) tables rondes, le tout animé par des experts issus d’horizons divers.

Au terme des débats qui ont alimenté ces assises, les recommandations ont été formulées, en matière d’intelligence artificielle, dans les domaines portant sur :

  • la politique, les stratégies et la législation ;
  • la sensibilisation, la formation et la recherche;
  • les infrastructures sécurisées, la collecte des données et le développement d’applications;
  • et les financements.

Pour ce qui est des politiques, des stratégies et de la législation en matière d’intelligence artificielle, il a été suggéré :

  • d’élaborer une stratégie de développement de l’intelligence artificielle au Cameroun ;
  • de mettre en place une instance de coordination nationale dotée d’un leadership fort ;
  • de relire et d’améliorer les textes législatifs et réglementaires pour prendre en compte l’introduction des technologies innovantes, à l’instar de l’intelligence artificielle ;
  • de mettre en place une législation spécifique visant à encourager et à encadrer les startups du domaine du numérique ;
  • d’établir des directives éthiques pour l’utilisation de l’IA, en veillant à ce que les technologies soient développées et utilisées de manière responsable et équitable ;
  • de mettre en place une structure qui accompagne les initiatives publiques et privées en matière d’intelligence artificielle en particulier et de transformation numérique en général ;
  • de mettre en place un cadre juridique favorable au développement de partenariats public-privé incitatif et intégrant les nouvelles exigences de l’économie numérique ;
  • de mettre en place des stratégies pour anticiper et accompagner l’impact de l’IA sur le marché du travail ;
  • de mettre en place une coopération solide avec les géants du numérique que sont les GAFAM (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft) pour la formation et la recherche en matière d’IA ;
  • de ratifier la Convention de l’Union Européenne sur l’intelligence artificielle ;
  • de faciliter la collaboration entre les différents acteurs de l’écosystème de l’IA, y compris les entreprises, les universités, les centres de recherche, et les autres agences gouvernementales.

S’agissant de la sensibilisation, de la formation et de la recherche en matière d’intelligence artificielle. Il a été préconisé :

  • de favoriser l’intégration de l’intelligence artificielle dans les curricula de formation des apprenants notamment des filières liées au numérique ;
  • de sensibiliser et de renforcer les capacités du personnel de l’Etat en matière d’intelligence artificielle ;
  • de proposer des stratégies de sensibilisation pour faire comprendre les enjeux de l’IA aux acteurs du secteur public et privé ;
  • de proposer des programmes de formation en IA pour les cadres des administrations publiques et privés ;
  • d’organiser annuellement un salon des innovations technologiques du numérique ;
  • d’encourager la conception et la mise en œuvre d’algorithmes adaptés à la résolution des problèmes locaux ;
  • de mettre en place un dispositif encourageant la recherche dans le domaine des TIC et particulièrement l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle ;
  • d’encourager l’acquisition des outils d’IA de lutte contre la fraude et le plagia dans le domaine de la formation et de la recherche.

S’agissant des infrastructures sécurisées, de la collecte des données et du développement d’applications liées à l’IA. Il a été recommandé :

  • de mettre en place une approche de développement cohérent des infrastructures liées à l’intelligence artificielle ;
  • d’encourager la collecte et la sécurisation des données;
  • de favoriser le développement des plateformes open-data ;
  • d’organiser des concertations sectorielles en matière d’intelligence artificielle en vue de prendre en compte les besoins spécifiques des cibles avec un accent particulier sur l’agriculture, la santé, l’éducation, la justice, l’environnement, les finances, l’administration publique en général et les autres secteurs à fort impact de transformation sociale ;
  • de favoriser la mise en place des systèmes de sécurité électroniques ;
  • de mettre en place un cadre favorable au développement et au déploiement des infrastructures sécurisées comme les réseaux à fibres optiques et les centre de données de haute performance capable de soutenir le développement et l’utilisation de l’Intelligence artificielle ;
  • de favoriser la standardisation et l’interopérabilité entre les systèmes digitaux en général et entre systèmes d’intelligence artificielle en particulier ;
  • de plaider pour l’amélioration et l’accroissement de l’offre énergétique.

S’agissant du volet financier. Il a été préconisé :

  • de favoriser les partenariat public-privé dans la mise en œuvre des solutions numériques endogènes utilisant l’intelligence artificielle ;
  • d’encourager le financement des initiatives d’intelligence artificielle par le recours au crowdfunding ;
  • de doter les administrations publiques de lignes budgétaires dédiées à la recherche et au développement des technologies innovantes en général et de l’intelligence artificielle en particulier.

Au vu des recommandations formulées au cours de ce forum et de l’importance de leur mise en œuvre pour le développement de l’intelligence artificielle au Cameroun, il est suggéré de proposer une feuille de route en vue de l’élaboration d’une stratégie nationale de l’IA. »

Par Digital Business Africa

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