[DIGITAL Business Africa] – Les rôles sont inversés pour le président du Conseil national de la communication. Joseph Chebongkeng Kalabubsu, habitué au marteau, est cette fois sur la sellette. Le régulateur des médias en ligne et hors ligne est convoqué le 30 septembre 2026 à 8 h 30 devant la chambre d’instruction du tribunal de première instance et du tribunal de grande instance de la Mefou-et-Akono, à Ngoumou.
Joseph Chebongkeng Kalabubsu dit avoir appris sa convocation sur les réseaux avant d’en être formellement informé. Pas de quoi s’en offusquer. La pratique est devenue courante dans les administrations. Des documents confidentiels qui se retrouvent sur les réseaux sociaux avant même la lecture officielle.
Le document, référencé dossier nᵒ 01-CI-30/26, indique qu’il sera entendu « sur les faits dont il lui sera donné connaissance ». Mais l’intitulé de la convocation laisse déjà filtrer un indice : « MP et OWONA Thaddée Martial C/ Joseph CHEBONGKENG KALABUBSU ».
Le nom mentionné ci-dessus est celui d’un journaliste travaillant pour la chaîne Vision 4. Ce dernier a été suspendu d’antenne suite à un reportage aux allures de colportage.
« … Le conseil s’est autosaisi d’une affaire concernant la chaîne de télévision dénommée Vision 4 visant son directeur général des médias et le journaliste Martial Owona Thaddee. Il est reproché à ce média la diffusion au cours de son édition du journal de 20 heures du 2 juin 2026, d’un reportage réalisé par ledit journaliste, véhiculant des déclarations de nature à porter atteinte à la dignité de Maître Félicité Esther Zeifman… » a indiqué le CNC.
Esther Zeifman est avocate des ayants droit de Martinez Zogo, le journaliste assassiné en 2023. L’affaire suit son cours en justice. La décision du CNC a été rendue lors de la 51ᵉ session ordinaire, tenue le 13 août 2026. Plusieurs sources indiquent que le journaliste ne s’est pas plié à la décision du régulateur et a engagé une procédure impliquant le président du régulateur et le ministère public.
À supposer que Joseph Chebongkeng Kalabubsu soit auditionné dans le cadre de cette affaire. Une chose est certaine, son autorité risque d’être diluée comme un verre de whisky à grande eau. D’autres médias et journalistes qui jusqu’ici considèrent encore le CNC comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête pourraient remettre en cause les décisions prononcées par l’instance en charge de la régulation des médias et entrer en rébellion.
Par Jean Materne Zambo











