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Gabon Digital Week 2026 : le Gabon affiche ses ambitions numériques et rassemble les décideurs africains à Libreville

[Digital Business Africa] – Le Gabon veut s’imposer comme un acteur majeur de la transformation numérique en Afrique. La première édition de la Gabon Digital Week s’est officiellement ouverte ce lundi 26 octobre 2026 au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à Libreville, sous la présidence d’Alexandre Barro Chambrier, vice-président de la République gabonaise. Organisé jusqu’au 30 octobre 2026, cet événement réunit des ministres africains, des responsables d’institutions internationales, des régulateurs, des opérateurs télécoms, des entreprises technologiques, des startups et des experts autour de trois priorités : la souveraineté numérique, l’inclusion et l’innovation.

Cette première édition revêt une dimension continentale particulière. Libreville accueille simultanément la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les technologies de l’information et de la communication (CTS-CICT), consacrée à l’accélération de la transformation numérique africaine et au renforcement de la voix du continent dans les débats mondiaux sur les technologies émergentes.

Le Gabon veut faire du numérique un pilier de sa souveraineté

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président Alexandre Barro Chambrier a souligné la portée stratégique de cette première édition.

« La tenue de cette première édition traduit une ambition politique forte, celle du président de la République de faire du numérique un pilier de la souveraineté nationale, un accélérateur de la transformation économique et un levier majeur de modernisation de l’action publique », a-t-il déclaré, selon l’Agence gabonaise de presse (AGP).

La cérémonie s’est déroulée en présence des présidents des institutions constitutionnelles, des membres du gouvernement, du corps diplomatique, des représentants d’organisations internationales, du secteur privé, ainsi que des élèves et étudiants.

Pour le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation, de l’Innovation et des Nouvelles Technologies, Mark-Alexandre Doumba, cette rencontre intervient à une étape importante du développement technologique du continent.

« Je suis très satisfait d’accueillir, sous l’autorité de Monsieur le Vice-président, cette Semaine du numérique qui s’inscrit à un moment charnière pour l’écosystème technologique africain », a-t-il affirmé.

L’ambition affichée par les autorités gabonaises est de faire de cette semaine un espace de dialogue, de coopération et de démonstration des solutions capables d’accélérer la modernisation économique et administrative du pays.

John Omo appelle les Africains à défendre leurs intérêts numériques

Présent à la cérémonie, John Omo, secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications (UAT), a insisté sur la nécessité d’une concertation africaine autour des grands défis du numérique.

« Nous devons entamer un dialogue centré uniquement sur les intérêts africains. Je félicite le ministre pour avoir rassemblé ses homologues ici à Libreville et avoir joué un rôle de pionnier », a-t-il déclaré.

Le responsable de l’UAT a également appelé à accélérer les investissements dans les infrastructures numériques et à ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement du secteur sur le continent.

Selon les données citées par l’Agence gabonaise de presse, le taux d’accès à Internet en Afrique est estimé à 36 %, contre une moyenne mondiale de 72 %. Un écart qui illustre l’ampleur des investissements nécessaires pour améliorer la connectivité, particulièrement dans les zones rurales et les territoires insuffisamment desservis.

Dans ce contexte, les débats de Libreville doivent notamment porter sur le développement des réseaux de télécommunications, l’Internet satellitaire, la connectivité, l’accès aux services numériques et la réduction des fractures digitales.

Lancement de la 5G, intelligence artificielle et innovations au programme

Au-delà des échanges institutionnels, la Gabon Digital Week 2026 se veut également une vitrine des innovations technologiques et des projets structurants du pays.

Le programme officiel prévoit notamment le lancement de la 5G au Gabon, avec l’implication des opérateurs Moov Africa Gabon Telecom et Airtel Gabon. Cette initiative devrait ouvrir une nouvelle étape dans l’évolution des infrastructures mobiles du pays, même si les modalités précises de couverture et de commercialisation restent à préciser.

Un Village du Numérique, regroupant une vingtaine d’exposants, permet également aux entreprises, institutions et startups de présenter leurs technologies et services.

La semaine comprend plusieurs conférences et tables rondes consacrées à l’intelligence artificielle, aux satellites, à la gouvernance des données, à la cybersécurité et aux infrastructures numériques.

Parmi les autres temps forts figurent la finale de KIMBA Connect, une compétition destinée à valoriser les projets innovants, ainsi qu’un séminaire exécutif avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Le programme annonce également des interventions de la GSMA, organisation mondiale représentant l’écosystème des communications mobiles, notamment autour des perspectives de développement du marché numérique gabonais.

Ces différentes activités visent à favoriser les échanges entre décideurs publics, investisseurs, opérateurs et entrepreneurs technologiques, tout en encourageant l’émergence de solutions adaptées aux besoins de l’économie gabonaise.

L’Union africaine réunit ses ministres du Numérique à Libreville

La dimension continentale de cette première Gabon Digital Week repose notamment sur l’organisation, du 26 au 29 octobre 2026, de la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les TIC.

Placée sous le thème « L’avenir numérique de l’Afrique, la voix de l’Afrique : promouvoir l’innovation, l’inclusion numérique et façonner le récit africain », cette rencontre doit permettre d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des politiques numériques continentales.

Les discussions porteront particulièrement sur la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique 2020-2030, la Stratégie continentale sur l’intelligence artificielle, le Cadre stratégique de l’Union africaine en matière de données et le renforcement de la cybersécurité.

Les infrastructures publiques numériques, l’identité digitale, la connectivité et l’interopérabilité des systèmes figureront également parmi les priorités des échanges.

Pour Lerato Dorothy Mataboge, commissaire de l’Union africaine chargée des Infrastructures et de l’Énergie, Libreville représente une occasion de définir les prochaines étapes de la transformation numérique africaine.

« La session de Libreville est l’occasion de définir une orientation claire pour la prochaine phase de la transformation numérique de l’Afrique. Guidés par la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique, nous examinerons les progrès réalisés dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la gouvernance des données, de l’identité numérique et de la cybersécurité, et nous conviendrons de mesures concrètes pour accélérer leur mise en œuvre et renforcer le rôle de l’Afrique dans l’élaboration de l’agenda numérique mondial », a-t-elle indiqué dans un communiqué de l’Union africaine publié le 20 octobre 2026.

Les travaux doivent également permettre de renforcer la coordination entre les États membres, les Communautés économiques régionales, les institutions africaines et les partenaires techniques et financiers.

Vers une Déclaration de Libreville pour renforcer la voix numérique de l’Afrique

Un autre temps fort annoncé est le segment ministériel « Road to Doha », prévu le 29 octobre 2026, qui doit notamment déboucher sur une Déclaration de Libreville.

Cette initiative s’inscrit dans les préparatifs de la Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT), prévue à Doha, au Qatar.

L’objectif est de rapprocher les positions des États africains sur les grands enjeux des télécommunications et de la gouvernance numérique internationale, afin que le continent puisse défendre davantage ses priorités dans les négociations mondiales.

La Déclaration de Libreville, dont le contenu définitif reste attendu, pourrait ainsi constituer une étape supplémentaire dans la recherche de positions africaines communes sur la connectivité, les infrastructures, les technologies émergentes et la coopération numérique.

L’analyse de Digital Business Africa : de Yaoundé à Libreville, une même ambition pour l’Afrique numérique

La Gabon Digital Week intervient quelques jours seulement après l’adoption, le 17 octobre 2026 au Cameroun, de la Déclaration de Yaoundé sur l’e-Gouvernance et l’Intelligence Artificielle en Afrique, à l’issue de la première édition d’E-Gov’A (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), organisée par Digital Business Africa et Smart Click Africa.

Si les deux initiatives relèvent de cadres distincts, elles partagent plusieurs priorités : le renforcement de la souveraineté numérique africaine, le développement de l’intelligence artificielle, l’amélioration des infrastructures digitales et la modernisation des services publics.

La Déclaration de Yaoundé va notamment plus loin sur certains aspects opérationnels de l’e-gouvernance. Elle appelle les administrations à rendre leurs plateformes interopérables, à accélérer les démarches administratives sans papier et les paiements sans espèces, et à privilégier l’hébergement national ou africain des données publiques selon le principe « Local First, African First ».

Elle prévoit également un mécanisme de suivi : l’Observatoire de l’e-Gov et de l’IA en Afrique, dont le secrétariat permanent est assuré conjointement par Smart Click Africa et Digital Business Africa. Cet Observatoire a notamment vocation à développer un baromètre africain de l’e-Gov et de l’IA, une cartographie des services publics numériques et des infrastructures, ainsi qu’une banque de bonnes pratiques pouvant être reproduites dans différents pays.

De Yaoundé à Libreville, une question centrale se dessine : comment transformer les stratégies numériques africaines et les déclarations institutionnelles en résultats mesurables pour les citoyens ?

Pour Digital Business Africa, l’enjeu dépasse désormais l’adoption de nouvelles politiques. Il consiste à encourager la mise en œuvre de projets concrets, à faciliter la circulation des innovations entre les pays et à mesurer les progrès en matière de connectivité, d’interopérabilité, de sécurité des données et de qualité des services publics.

À l’horizon 2030, le succès de la transformation numérique africaine dépendra autant de la capacité des États à investir dans les infrastructures que de leur aptitude à coopérer, à mutualiser les expériences et à placer les citoyens au centre des politiques publiques.

C’est tout le sens de l’ambition défendue à Yaoundé : « Sans cash. Sans papier. Sans rupture. »

Par Digital Business Africa

Sources : Agence gabonaise de presse (AGP), 26 octobre 2026 ; ministère gabonais de l’Économie numérique ; programme officiel Gabon Digital Week 2026 ; Commission de l’Union africaine, communiqué du 20 octobre 2026 ; Déclaration de Yaoundé sur l’e-Gouvernance et l’Intelligence Artificielle en Afrique, 17 octobre 2026.

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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