[DIGITALBusiness Africa ] – Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a présenté, le 15 octobre 2026 à Yaoundé, les résultats d’Aigle depuis sa mise en production le 1er janvier 2025. Il a cité 6,4 millions de connexions au portail et 99,03 % de données fiabilisées.
« …Depuis sa mise en production le 1er janvier 2025, Aigle a enregistré des résultats significatifs. Donc, on parle de résultats spectaculaires.
Premièrement, l’automatisation du traitement des actes de carrière. Plus de 342 049 avancements d’échelon, avancements de classe et titularisations ont été traités automatiquement, sans intervention humaine, avec, bien évidemment, prise en charge financière au cours du même mois. Ce résultat traduit une évolution majeure. Le traitement de certains actes administratifs devient plus rapide, plus systématique et moins dépendant des interventions manuelles.
Deuxièmement, le renforcement de la fiabilité de la solde. Le taux annoncé de reprise et de fiabilisation des données atteint 99,03 %. Il contribue à consolider la cohérence des informations administratives et financières nécessaires au calcul de la solde et à la maîtrise de la dépense de personnel.
Troisièmement, l’amélioration de la relation avec l’usager. Plus de 6,4 millions de connexions ont été enregistrées sur le portail Aigle. Les agents publics peuvent y télécharger leurs actes de carrière signés, consulter et télécharger leur bulletin de solde, et suivre l’évolution de leur dossier sans avoir à se déplacer, je dirais même depuis leur smartphone. À cela s’ajoutent plus de 3 millions de notifications de solde transmises par SMS, WhatsApp et courrier électronique après chaque campagne de solde. En complément, une plateforme dédiée au traitement des requêtes des usagers est accessible. Elle facilite les échanges entre les agents publics et les administrations.
Quatrièmement, la sécurisation et la traçabilité des actes administratifs. La signature électronique sécurisée est opérationnelle dans 37 administrations sur 40, soit 92,5 %. Elle contribue à renforcer l’authenticité, l’intégrité et la sécurité des actes produits. Nous voulons d’ailleurs atteindre le seuil de 100 % avant la fin de cette année 2026.
Cinquièmement, le déploiement et l’appropriation du système. Au total, 39 administrations sur 40, soit 97,5 %, ont bénéficié d’actions de formation et d’accompagnement à la prise en main d’Aigle, l’appropriation dont parlait le professeur Tonye tout à l’heure. C’est un élément extrêmement important, sans lequel tout ce que nous faisons s’arrête.
Par ailleurs, 12 modules sur 14, soit 85,76 %, sont déjà en production. Les modules biométrie et archivage électronique restent en cours de production. À ces acquis s’ajoutent l’intégration de l’immatriculation des agents publics dans la même plateforme que celle qui gère leur carrière et leur solde, ainsi que la mise en œuvre effective du bilinguisme.
Cela résout, par exemple, la question des matricules. Beaucoup parmi vous le savent, il y a quelques années, un agent public sans matricule devait attendre pendant longtemps, deux ans voire trois ans, pour en obtenir un. Aujourd’hui, le matricule s’obtient dès la prise de service. Dès que vous êtes enregistré dans l’autre plateforme, votre matricule est généré automatiquement. Et si votre dossier comporte un problème, dès le mois qui suit, ou même le mois en cours si cela est fait avant la période de traitement des salaires, vous pouvez déjà avoir votre solde.
Mesdames et messieurs, ces avancées illustrent une conclusion fondamentale. Le numérique prend tout son sens lorsqu’il se traduit par des gains réels de performance, de transparence et de qualité du service rendu. Les résultats obtenus à travers Aigle établissent un lien direct avec les ambitions portées par le thème de notre rencontre de ce jour.
En effet, une Afrique paperless est une Afrique dans laquelle les processus administratifs s’affranchissent progressivement de la dépendance au papier, grâce à la dématérialisation, à la circulation sécurisée de l’information et à la transformation des procédures.
Une Afrique cashless est une Afrique qui favorise les transactions électroniques et les mécanismes de paiement dématérialisés, afin de renforcer la traçabilité et de réduire les contraintes liées aux échanges en espèces. Pour nous, administration, il s’agit aussi de lutter contre la corruption. Comme vous le savez, la corruption commence lorsque deux personnes se rencontrent. Parfois, si ce n’est pas notre collaborateur qui le demande, c’est l’usager qui propose de donner quelque chose parce qu’il veut obtenir ses services. Avec la dématérialisation, tout est désormais automatique, tout est simplifié et, croyez-moi, la lutte contre la corruption dans l’administration publique, en tout cas au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, fait de grands pas depuis janvier 2025. »
Extrait du discours de Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), le 15 octobre 2026, lors du salon e-Gov’ Africa Summit Expo and Awards.
Propos receuillis par Ghislaine DEUDJUI










