[Digital Business Africa] – Au Cameroun, la transformation numérique ne se raconte plus uniquement à travers les infrastructures télécoms, les data centers ou les plateformes administratives. Elle s’écrit aussi dans les salles informatiques de quartiers populaires, les centres de formation communautaires et les zones rurales longtemps éloignées des usages numériques. C’est cette lecture sociale et politique du numérique que propose Armand Claude Abanda dans son nouvel ouvrage intitulé « Click présidentiel et accès TIC : l’exemple du Cameroun ».
Présenté sous le haut patronage de Chantal Biya, l’ouvrage revient sur plus d’une décennie d’initiatives orientées vers la réduction de la fracture numérique au Cameroun. À travers 18 chapitres, l’auteur analyse la manière dont les technologies de l’information et de la communication sont progressivement devenues des outils d’inclusion sociale et d’autonomisation économique.
Pour l’auteur, cette dynamique repose avant tout sur une impulsion politique venue du sommet de l’État. Le concept de « Click présidentiel » renvoie ainsi au geste symbolique du Président de la République lors de plusieurs visites dans des établissements scolaires et espaces de formation numérique. Un symbole que l’auteur présente comme le déclencheur d’une vision plus large de démocratisation des TIC.
« L’avenir numérique de cette jeunesse est lié à la volonté d’abord du Président de la République, et puis avec l’accompagnement de son illustre épouse… le Président a demandé aux jeunes et aux femmes de s’arrimer à la modernité », souligne Armand Claude Abanda.
Au cœur de cette stratégie figure également l’opération « 100 000 femmes horizon 2012 », considérée comme l’un des principaux programmes d’initiation numérique à vocation sociale au Cameroun. Selon les chiffres avancés dans l’ouvrage, l’initiative a finalement permis de former 103 350 femmes aux usages de base des outils numériques.
Initialement concentré dans les grands centres urbains comme Yaoundé et Douala, le programme s’est progressivement étendu vers des localités rurales, avec pour ambition de rapprocher les populations des services digitaux et des opportunités offertes par l’économie numérique.
L’auteur insiste d’ailleurs sur le fait que ces formations ne visaient pas nécessairement à produire des ingénieurs ou des spécialistes des TIC, mais plutôt à diffuser une culture numérique minimale capable de faciliter l’inclusion administrative, économique et sociale.
« On ne les forme pas pour qu’ils deviennent ingénieurs en 40 heures de cours… On les forme pour avoir la culture digitale. Et c’est cette maîtrise de l’outil informatique qui leur permettra donc de mieux utiliser les services digitaux… pour être autonomes », explique-t-il.
Au-delà du discours politique, l’ouvrage tente également d’apporter une dimension documentaire et institutionnelle à cette trajectoire numérique. La présence de contributions et de signatures issues de plusieurs administrations publiques, notamment le DCC, le MINPROFF et le MINFOPRA, vient illustrer le caractère transversal que prennent désormais les TIC dans les politiques publiques camerounaises.
À travers cet essai, Armand Claude Abanda met finalement en avant une idée centrale : la réussite d’une stratégie numérique nationale ne se mesure pas uniquement à la qualité des infrastructures, mais surtout à la capacité des populations à s’approprier les outils digitaux dans leur quotidien.
Par Loic SOUOP








