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Cameroun : ARABSOFT, C2D, ORADIST et DBS décrochent le SIGIT, le futur système numérique des impôts à plus de 4,7 milliards de F.CFA

[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun s’apprête à tourner une nouvelle page dans la digitalisation de son administration fiscale. Après plusieurs années de fonctionnement de plateformes comme FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing ou encore les systèmes de télédéclaration des DSF, la Direction générale des Impôts (DGI) va progressivement migrer vers un nouveau Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Ce futur dispositif, appelé à remplacer et unifier les outils actuellement utilisés par l’administration fiscale camerounaise, sera développé sur une période de 24 mois dans le cadre d’un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA attribué à un consortium regroupant ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun).

Par une décision signée le 10 avril 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a attribué le marché relatif à la conception, à la fourniture et à l’installation d’un Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT), un projet stratégique appelé à transformer durablement la collecte et la gestion des recettes fiscales dans le pays.

Selon la décision N°00000294/D/MINFI/DGI/DAG/SDBME/SB, publiée dans le système intégré de gestion ouvert et multiplateforme des marchés publics de l’Agence de Régulation des Marchés Publics, le marché a été attribué au groupement ARABSOFT (Tunisie) / C2D (Canada) / ORADIST (Tunisie) / DBS (Cameroun).

Près de 4,7 milliards de F.CFA

Le montant hors taxes du contrat s’élève à 5 997 400 euros, soit environ 3,9 milliards de FCFA, pour un montant TTC de 7 151 899,50 euros, correspondant à près de 4,7 milliards de FCFA. Le délai d’exécution retenu est de 24 mois.

À travers ce projet, le gouvernement camerounais ambitionne de renforcer l’efficacité de l’administration fiscale, d’améliorer la traçabilité des opérations, de fluidifier la collecte des impôts et taxes, mais également de réduire les risques de fraude et les lenteurs administratives. Ce futur SIGIT devrait permettre la centralisation intelligente des données fiscales, l’automatisation de plusieurs procédures et une meilleure interaction entre l’administration et les contribuables.

L’attribution de ce marché intervient dans un contexte où plusieurs États africains accélèrent la digitalisation de leurs régies financières afin d’accroître leurs recettes internes et de moderniser leurs services publics.

Pour le Cameroun, cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes de transformation numérique de l’État, notamment dans les domaines des finances publiques, de la dématérialisation administrative et de la gouvernance électronique.

Le projet bénéficie également de l’implication de la coopération financière allemande à travers la KfW, dont la non-objection du 7 avril 2026 a permis de finaliser le processus d’attribution après l’évaluation financière de deuxième étape. Cette dimension internationale illustre l’importance accordée à la fiabilité technique et à la transparence dans la conduite du projet.

Quelles sont les entreprises du groupement retenues pour le SIGIT du Cameroun ?

ARABSOFT (Tunisie)

Entreprise tunisienne spécialisée dans le développement de logiciels de gestion et de solutions numériques pour les administrations publiques. Fondée en 1985, ARABSOFT dispose d’une solide expérience dans les systèmes de gestion fiscale et les plateformes de digitalisation des finances publiques en Afrique et au Moyen-Orient.

 

C2D Services (Canada)

Cabinet canadien de conseil basé à Montréal, spécialisé dans la modernisation des administrations publiques, les réformes fiscales et les systèmes intégrés de gestion publique. L’entreprise collabore régulièrement avec des bailleurs internationaux tels que la Banque mondiale, la BAD ou encore la KfW.

 

ORADIST (Tunisie)

Intégrateur technologique tunisien fondé en 1998, ORADIST est spécialisé dans les solutions Oracle, les infrastructures numériques, les bases de données et les systèmes critiques de gestion. L’entreprise accompagne plusieurs projets de transformation digitale en Afrique.

 

DBS – Development Business Services (Cameroun)

Entreprise camerounaise active dans les technologies de l’information et les services numériques. DBS apporte au consortium une présence locale stratégique pour le déploiement, l’assistance technique et le support opérationnel du futur système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Un consortium à forte coloration internationale

Le consortium retenu par le MINFI combine donc :

  • une expertise tunisienne en logiciels fiscaux et intégration Oracle ;
  • une expertise canadienne en réforme des finances publiques ;
  • une présence opérationnelle locale camerounaise.

Ce type de consortium hybride est fréquent dans les grands projets publics de transformation numérique, financés ou supervisés avec l’appui de partenaires internationaux tels que la KfW.

Le Cameroun rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les plateformes intégrées d’administration fiscale afin :

  • d’améliorer la mobilisation des recettes internes ;
  • de renforcer la transparence ;
  • de réduire les fraudes ;
  • et d’accélérer la digitalisation des services publics.
SIGIT, dépasser les limites des plateformes actuelles

Au regard des acquis actuels de la DGI en matière de digitalisation, le futur SIGIT semble justement vouloir dépasser les limites des plateformes actuelles :

  • multiplicité des systèmes ;
  • cloisonnement des données ;
  • architecture vieillissante pour certains modules ;
  • difficulté d’interconnexion ;
  • expérience utilisateur encore perfectible ;
  • besoin d’analyse intelligente des données fiscales ;
  • nécessité d’intégrer davantage l’intelligence artificielle, les paiements numériques et l’automatisation.

Le nouveau système devrait donc probablement :

  • fusionner plusieurs plateformes existantes ;
  • centraliser les données fiscales ;
  • automatiser davantage les contrôles ;
  • améliorer l’interconnexion avec les banques, douanes, Trésor et administrations publiques ;
  • renforcer le pilotage des recettes de l’État.

En réalité, le Cameroun ne part donc pas de zéro : la DGI dispose déjà d’une base numérique relativement solide et avancée en Afrique centrale. Le SIGIT apparaît davantage comme une nouvelle génération de systèmes intégrés destinés à moderniser, unifier et industrialiser l’ensemble de l’écosystème fiscal numérique camerounais.

Le futur système pourrait ainsi devenir un levier majeur pour renforcer la performance fiscale du Cameroun, à l’heure où les administrations africaines cherchent à bâtir des services publics plus efficaces, interconnectés et orientés vers le numérique.

Une ambition qui rejoint directement les grands débats actuels autour de l’e-gouvernance et de la transformation digitale des États africains, au cœur notamment du salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sur le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ». Un événement organisé par Digital Business Africa et l’association Smart Click Africa, sous le patronage du ministère des Postes et Télécommunications.

Par Digital Business Africa

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Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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