[EGOVA 2026] – Destin Kouam, coordonnateur de l’association Intelligence Artificielle Cameroun, paneliste sur la sécurisation de l’Etat dans un environnement sans cash ni papier, a défendu le développement de solutions d’intelligence artificielle adaptées aux réalités locales. Il a mis en avant le potentiel des jeunes innovateurs, tout en alertant sur les obstacles qui freinent leur essor : le manque de données fiables, le coût des infrastructures et l’insuffisance de la formation.
L’association Intelligence Artificielle Cameroun rassemble des start-ups, des spécialistes de la science des données et des professionnels de secteurs comme la santé, le droit et l’enseignement. À travers sa plateforme Cameroon AI Network, elle entend favoriser le partage de connaissances et la conception collective de solutions aux problèmes du pays.
« L’objectif, c’est de sensibiliser, de former et d’accompagner l’État pour une adoption responsable de l’intelligence artificielle », explique Destin Kouam.
Depuis 2023, plusieurs initiatives ont émergé au sein de cette communauté. Elles concernent notamment la détection de fraude, l’aide au diagnostic médical et la création de chatbots intelligents pour faciliter l’orientation des usagers dans les administrations publiques. Grâce à un simple QR code, un visiteur pourrait obtenir des informations sur les services, les horaires, les concours ou les appels à candidatures, sans devoir systématiquement solliciter un agent d’accueil.
Malgré ce dynamisme, les entrepreneurs restent confrontés à des difficultés importantes. « Le premier problème, c’est la donnée », insiste le coordonnateur. Selon lui, les informations disponibles sont souvent fragmentées, peu fiables ou insuffisamment documentées, ce qui complique le développement de solutions performantes.
Le financement constitue également un défi, notamment pour accéder aux serveurs et aux équipements nécessaires au fonctionnement des systèmes d’IA. « Il faut des machines, des serveurs pour pouvoir permettre à ces IA de tourner », souligne-t-il, rappelant que ces infrastructures sont encore largement recherchées hors du continent.
Au-delà des moyens techniques, Destin Kouam estime que l’appropriation de l’intelligence artificielle reste insuffisante. « Nous avons essayé d’aller vite […] et pourtant, on avait un problème de fondamentaux », observe-t-il, appelant à mieux expliquer ce qu’est l’IA, ce qu’elle peut faire et quelles sont ses limites.
L’association organise ainsi des formations pour aider les professionnels non techniciens et le grand public à comprendre ces outils, à les utiliser de façon responsable et à mieux se protéger face aux risques numériques.
Pour Destin Kouam, le défi est donc double : faire émerger des solutions conçues par les talents camerounais et créer les conditions de leur adoption à grande échelle. À EGOVA 2026, son intervention a rappelé que la souveraineté numérique passe aussi par la maîtrise des données, le développement des compétences locales et la capacité à innover à partir des besoins du Cameroun.









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