[DIGITAL Business Africa] – Abidjan, ville de Côte d’Ivoire, vibre au rythme des mélodies africaines le temps d’une semaine. C’est une tradition depuis la première du Festival des musiques urbaines d’Anoumanbo en 2008. Mais cette année (2026), le FEMUA a accordé une place de choix à la technologie, notamment à l’intelligence artificielle. D’où le thème de cette édition : « L’IA et la jeunesse : menace pour l’emploi ou levier d’opportunités ? »
À ce propos, le producteur Edgar Yonkeu estime que cette technologie émergente couve un potentiel indicible. Mais attention, il faut savoir comment s’y prendre.
« L’intelligence artificielle peut reproduire votre idée, mais c’est à vous de poser la bonne question. Et pour cela, il faut que l’on forme les jeunes artistes pour faire la différence. Après c’est un travail de studio. Je crois que l’IA, c’est une chance inouïe. »
Synchronisation parfaite aussi de la part des personnalités africaines invitées à cette fête de la musique lorsqu’il faut répondre à cette question.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, est persuadé que l’intelligence artificielle est une véritable mine d’or. Il a rappelé que c’est un marché mondial pouvant dépasser 500 milliards de dollars à l’horizon 2028. Mais malheureusement, selon lui, l’Afrique représente encore moins de 1 % de cette valeur.
Pour atteindre l’idéal souhaité par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, tout passe d’abord par des infrastructures numériques robustes. « L’intelligence artificielle est au cœur de la transformation structurelle de notre économie », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de bâtir une Côte d’Ivoire plus compétitive.
Dans la même lancée, le représentant du Sénat ivoirien Kandia Camara s’est engagé à soutenir toutes les initiatives qui contribuent à promouvoir la culture et à accompagner le pays dans sa transformation numérique, et à mettre en place « des dispositifs juridiques et institutionnels afin d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle, de garantir l’utilisation éthique et inclusive de ces technologies ».
Le représentant du ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, représentant le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, du Gabon, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a rappelé que près de 40 % des métiers pourraient être automatisés.
Pour A’Salfo, promoteur du FEMUA, l’Afrique ne doit pas rester spectatrice de cette révolution technologique.
« Il faut voir le côté où l’IA nous offre des opportunités. Mais il faut aussi voir le côté où, en l’utilisant mal, elle peut être une menace. Donc il est important de mettre un point dessus, d’échanger, de discuter avec des experts, de parler de formation. Si nous ne nous approprions pas l’intelligence artificielle, nous allons subir l’intelligence artificielle, qui peut être un atout, qui peut être une opportunité si nous savons l’utiliser. », a-t-il dit.
L’édition 2026 du FEMUA se tient du 28 avril au 3 mai, et réunit des artistes de renom de la scène africaine et internationale, dont Youssou N’Dour, Black M et Fatoumata Diawara. Le Gabon est le pays d’honneur pour cette édition.
Par Jean Materne Zambo








