[DIGITAL Business Africa] – L’affaire des marchés informatiques au ministère des Finances, du Budget et de l’Economie numérique prend de l’épaisseur. King Umurundi Freedom, une organisation à but non lucratif engagée pour les droits humains, la démocratie et la bonne gouvernance au Burundi, remet en cause l’acquisition et la mise en place d’un Système intégré de Gestion des Finances publiques du Burundi (SIGFP_BI) par le ministère dirigé par le Dr. Alain Ndikumana.
L’organisation King Umurundi Freedom dénonce des marchés informatiques sensibles, des soupçons de favoritisme, des conflits d’intérêts allégués, une procédure relancée dans des conditions contestées et un projet soutenu par la Banque mondiale, dont l’enveloppe pourrait atteindre 30 millions de dollars américains.
Selon la circulaire ministère de la Communication, des Technologies de l’information et des Médias du 17 mars 2025, le SIGFP_BI doit pouvoir servir tous les ministères et les institutions constitutionnelles.
Les exigences en matière de qualifications sont : (a) Capacité financière : (b) (i) (ii) (i) Disposer d’avoirs liquides ou avoir accès à des actifs non grevés ou des lignes de crédit, etc. autres que l’avance de démarrage éventuelle, à des montants suffisants pour subvenir aux besoins de trésorerie nécessaires à l’exécution du marché objet de la présente demande de propositions à hauteur d’un montant au moins égal à Cinq Cent Mille (500,000.00) Dollar US ou l’équivalent dans un autre instrument librement convertible et net de ses autres engagements.
La justification est établie par des déclarations appropriées des banques ou organismes financiers habilités : Avoir un Chiffre d’Affaires annuel moyen d’au moins un million cinq cents mille (1,500,000.00) de Dollar US ou l’équivalent dans un autre instrument librement convertible, au cours des cinq dernières années fiscales du pays d’origine du soumissionnaire.
Les entreprises soumissionnaires devraient avoir réalisé avec succès et preuves à l’appui au moins un (01) marché de développement d’un système intégré de gestion des finances publiques capable de gérer le programme budgétaire, au cours de la période commençant le 1ᵉʳ janvier 2014 à la date de soumission de la proposition, d’une valeur minimale équivalente à deux millions (2,000,000.00 US$) de dollars néanmoins.
Le système d’exploitation requis pour le SIGFP_BI est Microsoft Server 2019 Enterprise ou une version supérieure, que ce soit pour les serveurs de bases de données ou les serveurs d’applications.
À en croire l’organisation King Umurundi Freedom, l’entreprise adjudicatrice du projet, appelée MEDIABOX, ne cocherait pas toutes les cases de l’appel à candidatures. D’après King Umurundi Freedom, MEDIABOX n’apparaît pas comme un prestataire parmi les autres. L’entreprise est décrite comme l’acteur central d’un système présumé d’influence autour de marchés publics stratégiques, indique l’organisation.
Par Jean Materne Zambo
Note de la rédaction
À la suite de la publication de cet article, Digital Business Africa a accordé un droit de réponse à Donatien Ndayishimiye, directeur général de Mediabox, afin de recueillir la position de l’entreprise sur les accusations formulées par King Umurundi Freedom.
Mediabox conteste formellement les soupçons de favoritisme, de conflit d’intérêts et d’influence évoqués dans cet article. Son directeur général affirme que ces accusations ne reposent, à sa connaissance, sur aucun élément factuel démontré. Il précise également que Mediabox ne définit ni les règles de la procédure, ni la composition de la commission d’évaluation, ni la décision d’attribution du marché.
Contrairement à la formulation initialement employée dans cet article, qui présentait Mediabox comme « l’entreprise adjudicatrice du projet », la société indique qu’elle est candidate au marché au sein d’un consortium et que la procédure était toujours en cours au moment de sa réponse. Digital Business Africa n’a pas obtenu d’élément officiel permettant de confirmer que le marché avait été définitivement attribué à Mediabox. Cette précision doit donc être prise en compte lors de la lecture de l’article.
Sur le plan financier, Mediabox affirme avoir réalisé, au cours de chacune des cinq dernières années, un chiffre d’affaires supérieur au seuil annuel de 1,5 million de dollars exigé par l’appel d’offres. Elle déclare également disposer de la capacité financière minimale de 500 000 dollars requise. Selon Donatien Ndayishimiye, la référence technique d’au moins 2 millions de dollars a été présentée au sein du consortium, conformément aux dispositions de l’appel d’offres.
L’entreprise atteste que les états financiers, attestations bancaires, documents fiscaux et comptables, références techniques et pièces relatives à la constitution du consortium ont été transmis à l’autorité contractante. Ces documents n’ayant pas été intégralement communiqués à Digital Business Africa, notre rédaction n’est pas en mesure d’en certifier, indépendamment, ni le contenu ni la conformité. Il appartient à l’autorité contractante et aux organes de contrôle habilités d’en assurer la vérification.
Les soupçons rapportés dans l’article demeurent, à ce stade, des allégations formulées par King Umurundi Freedom. Ils ne sauraient être considérés comme des faits établis en l’absence de conclusions officielles ou de preuves vérifiables. Digital Business Africa reste disponible pour publier toute précision documentée de l’autorité contractante, des institutions de contrôle compétentes ou d’autres parties concernées.
Lire l’interview intégrale du DG de MediaBok
Donatien Ndayishimiye : « Mediabox demande à être jugée sur ses capacités, pas sur des allégations »









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