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Niger : Le Chef de l’Etat, Abdourahamane Tiani, lance la carte d’identité biométrique AES

[DIGITAL Business Africa ] – C’est fait ! La carte d’identité biométrique AES est officiellement lancée au Niger. Le président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a procédé lui-même à son enrôlement biométrique ce vendredi 27 mars 2026.

C’était au cours d’une cérémonie à laquelle ont pris part plusieurs personnalités, dont le Général de Division Mohamed Toumba, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, le Général de Brigade Ibroh Amadou Bacharou.

Cette initiative vise à moderniser l’identification des citoyens, àrenforcer la sécurité et à améliorer les services publics. La phase pilote débutera à Niamey. Son déploiement sera progressif dans tout le pays et dans les représentations diplomatiques à l’étranger.

Le dispositif technique dédié à la production de nouveaux passeports AES et cartes d’identité biométriques est réalisé à 85 %, selon le ministère de l’Intérieur après une visite sur les sites du projet.

Le directeur général de Alitassal Aljadeed, Abdul Mohymen Arrgaii, à son tour, a expliqué que cette initiative constitue un pilier fondamental de la construction d’une infrastructure numérique souveraine pour l’Etat ». Tant elle « soutiendra le développement des services publics, renforcera la sécurité des identités et sera conforme aux normes internationales en matière de gestion de l’identité numérique ».

Le nouveau document d’identification « jette également les bases de la prochaine phase du système de documents souverains et de la création notamment le projet de passeport électronique biométrique qui sera bientôt finalisé, ce qui renforcera la position de la République du Niger dans le système de voyage international et parachèvera le développement d’identité numérique de la nation », a-t-il indiqué.

La carte d’identité biométrique sera délivrée à partir de 15 ans, valable cinq ans. Pour s’en procurer, le citoyen dpit se munir des documents tels que l’extrait d’acte de naissance et le certificat de nationalité. Le programme comprend également la production prochaine de passeports biométriques AES.

Par Jean Materne Zambo

Abhijit Das à la CM14 de l’OMC à Yaoundé : « L’Inde s’oppose au moratoire sur l’e‑commerce, parce qu’il limite la capacité des États à générer des recettes »

[Digital Business Africa]- Expert en commerce international, Abhijit Das est le chef du Centre principal d’études sur l’OMC. Il est officier responsable de la CNUCED en Inde, Services indiens d’audit et de comptabilité. Il explique les raisons pour lesquelles les pays en développement sont opposés au moratoire sur les transmissions électroniques. Il s’agit du moratoire de l’Organisation Mondiale du Commerce sur l’imposition des droits de douane sur un grand nombre de biens numériques.

Digital Business Africa : Quels sont les enjeux de cette présence 14ème Conférence de l’OMC sur la vie du moratoire sur les transmissions électroniques ?

Abhijit Das : Aujourd’hui, lors de la 14ème Conférence ministérielle, une question importante qui se pose aux membres del’OMC  concerne ce qu’on appelle le moratoire temporaire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques. Les options qui s’offrent aux membres sont les suivantes. Ils peuvent décider de ne pas prolonger le moratoire temporaire. Une deuxième possibilité serait de prolonger le moratoire jusqu’à la prochaine conférence ministérielle, comme cela a été fait par le passé.

Et la troisième option, celle sur laquelle les États-Unis insistent, consiste à instaurer un moratoire permanent sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques. Comment cette question a-t-elle surgi ? Son histoire est très intéressante. En 1998, l’OMC célébrait les 50 ans du système commercial multilatéral et le président américain, Bill Clinton, devait assister à la réunion ministérielle de l’OMC à Genève.

Les États-Unis ont déclaré que si le président Clinton se rendait à la réunion de l’OMC, il devait en revenir avec quelque chose pour l’industrie américaine. Et ce que les États-Unis ont exigé, c’était un moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques. Or, cette question n’a pas fait l’objet de débats, ni n’a été beaucoup discutée. Elle n’a été abordée que lors d’une seule réunion en février 1998.

Et de nombreux doutes habitaient l’esprit des gens, ainsi que celui des pays, quant à la portée du moratoire, à sa définition et à ce qu’il couvrirait. Mais ignorant tous ces doutes soulevés par de nombreux pays, les États-Unis, grâce à leur pouvoir de négociation, ont réussi à faire passer cette décision en force lors de la Conférence ministérielle de Genève de 1998.

Digital Business Africa : Il y avait quand même du positif dans l’implémentation du moratoire ?

Abhijit Das : Le seul point positif était qu’il ne s’agissait pas d’un moratoire permanent. Il s’agissait plutôt d’un moratoire temporaire de 2 ans, dont le renouvellement devait être examiné lors d’une conférence ministérielle ultérieure. Or, si vous examinez le libellé du moratoire, celui-ci prévoit qu’il s’applique aux droits de douane sur les transmissions électroniques. Nous devons donc garder à l’esprit deux choses. La mesure dont la mise en œuvre est empêchée consiste à appliquer un droit de douane sur quoi exactement en ce qui concerne les transmissions électroniques ? À l’heure actuelle, les transmissions électroniques sont-elles des marchandises ? Les services sont-ils inclus ? Nous ne le savons pas.

Mais si l’on se concentre sur le mot « droits de douane », alors les droits de douane ne s’appliquent qu’aux marchandises, ils ne s’appliquent pas aux services. Ainsi, ce qui a été convenu en 1998, à strictement parler, ne devrait s’appliquer qu’aux marchandises. Et puisque nous parlons de transmission électronique numérique, il s’agit peut-être de marchandises livrées par voie numérique. Qu’est-ce qu’un bien livré par voie numérique ? Disons des livres téléchargés, des films téléchargés. Donc, à proprement parler, cela devrait correspondre au champ d’application de ce qui a été convenu en 1998. Or, ce que l’on tente actuellement lors de cette conférence ministérielle, c’est de rendre le moratoire permanent. C’est-à-dire que nous ne revenions pas à chaque conférence ministérielle pour continuer à le prolonger. Les États-Unis souhaitent le rendre permanent et veulent que les services fournis par voie numérique soient également couverts par le moratoire.

Digital Business Africa : L’Inde a déjà affiché son opposition au maintien de ce moratoire…

Abhijit Das : La position de l’Inde est que nous nous opposerons au moratoire pour la simple raison qu’il constitue un obstacle à la capacité des gouvernements à générer des recettes. N’oubliez pas qu’il s’agit des droits de douane. L’Inde en subit les conséquences négatives. De nombreux autres pays en développement en subissent les conséquences négatives. Rendre ce moratoire permanent obligerait donc les pays en développement à renoncer à une source de recettes très importante à l’avenir. C’est la raison pour laquelle l’Inde et quelques autres pays en développement s’opposent à ce moratoire. Ils ne veulent pas que le moratoire devienne permanent. Ils veulent que le moratoire soit totalement levé.

Digital Business Africa : Cela signifie que désormais, les biens matériels ne priment plus sur les données numériques ?

Abhijit Das : Exactement. C’est donc pour cela que les transmissions électroniques seront très importantes et que ce sera la source de revenus à l’avenir. L’OMC devrait-elle donc empêcher ses membres de générer des revenus à l’avenir ? Je dirais que non. Mais les États-Unis veulent promouvoir les intérêts de leurs géants technologiques de la Silicon Valley. Les grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley ne veulent pas payer d’impôts. Elles utilisent l’OMC comme un moyen de promouvoir leurs intérêts commerciaux. Qui seront les gagnants d’un moratoire permanent ? Juste une poignée de grandes entreprises technologiques aux États-Unis.

Digital Business Africa : Qui seront les perdants du prolongement de ce moratoire sur les transmissions électroniques ?

Abhijit Das : Le très grand nombre de pays en développement qui seront contraints d’abandonner. L’instrument politique visant à générer des recettes sur les transmissions numériques à l’avenir signifie que nous en sommes là.

Digital Business Africa : Sommes-nous vraiment sûrs qu’à l’issue de cette conférence, nous aurons la décision sur la fin ou la continuité du moratoire des transmissions électroniques ?

Abhijit Das : Mettre fin au moratoire. Voyez-vous, la décision de prolonger le moratoire doit être prise par consensus. Mais la décision d’y mettre fin ne doit pas nécessairement être prise par consensus. Si tous les pays, ou même si un seul pays dit qu’il ne souhaite pas prolonger le moratoire, la décision, le moratoire prendra fin lors de cette réunion ministérielle. Les États-Unis souhaitent un moratoire permanent. Alors que la plupart des pays s’opposent à un moratoire permanent, de nombreux pays s’opposent à un moratoire permanent. Ce qui pourrait se produire, c’est une nouvelle prolongation temporaire de 2 ans supplémentaires. C’est une possibilité comme dans le passé.

Digital Business Africa : Qu’attendez-vous de cette 14ème Conférence ministérielle de l’OMC ?

Abhijit Das : Mon espoir dans cette conférence, concernant le moratoire sur les transmissions électroniques c’est que ces tentatives n’aboutissent pas et que la Conférence de Yaoundé reste dans la mémoire des générations futures comme cette conférence où le multilatéralisme a pris le dessus sur les tentatives d’une poignée de pays riches et puissants, visant à la transformer en une organisation.

Entretien avec Valgadine TONGA

 

WTO MC14 in Yaoundé: Developing Countries Push Back Against E-Commerce Moratorium

[Digital Business Africa] – As the global spotlight turns to the conference center of Yaoundé for the 14th Ministerial Conference of the World Trade Organization (WTO MC14), tensions are once again surfacing around one of the most contentious issues in global digital trade: the e-commerce moratorium.

On the sidelines of the high-level negotiations, representatives from developing countries are voicing firm opposition to the continuation of the long-standing moratorium on customs duties applied to electronic transmissions. For these economies, the stakes are not merely technical they are structural and fiscal.

«« Our position in the e-commerce negotiations is very clear: we refuse the moratorium because it is harmful and directly impacts developing countries »,emphasized Rahmat MAULANA SIDIK from INDONASIA. The argument reflects a growing sentiment among Global South nations that the current framework disproportionately benefits digital giants headquartered in advanced economies.»

«At the heart of the dispute lies a critical concern: taxation. Governments in developing countries argue that the moratorium prevents them from collecting much-needed revenue from cross-border digital services, often dominated by platforms based in the United States, such as Amazon. “Our governments cannot effectively tax e-commerce platforms operating online but based abroad,” the delegate added, highlighting a structural imbalance in the global digital economy.»

For countries like Indonesia and many across Africa, the inability to levy tariffs on digital imports is increasingly seen as a constraint on economic sovereignty and domestic resource mobilization. This comes at a time when digital consumption is accelerating rapidly across emerging markets, further amplifying the potential revenue gap.

«Beyond taxation, the broader issue of fairness in digital trade governance is also at stake. “In these negotiations at the WTO in Cameroon, developing countries must make their voices heard. The moratorium must be reformed so that it works for developing economies,” the delegate insisted.»

This pushback signals a potential shift in the balance of power within WTO negotiations, as developing nations seek to reshape global digital trade rules to better reflect their economic realities. The outcome of these discussions in Yaoundé could therefore mark a turning point—not only for the future of the e-commerce moratorium but also for the broader architecture of digital trade governance.

As MC14 unfolds, the debate underscores a deeper divide: between those advocating for the free flow of digital trade and those calling for a more equitable distribution of its benefits. For Africa and other developing regions, the question is no longer whether to participate in the digital economybut under what rules.

By Loic SOUOP

John Bescec : « Si le moratoire sur les transmissions électroniques est interrompu, il sera très difficile de poursuivre la croissance numérique »

 [Digital Business Africa]- Yaoundé, capitale politique du Cameroun, accueille depuis le 26 mars 2026, la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (CM14). Les Etats, les organisations de la société civile et les experts débattent des réformes de l’OMC. L’un des sujets qui divisent jusqu’à présent est celui relatif au renouvellement ou non du moratoire sur les transmissions électroniques. Dans cet entretien avec Digital Business Africa, le Canadien John Bescec, Président de la CCI, (Commission mondiale des douanes et de la facilitation du commerce) et Directeur des questions douanières et commerciales chez Microsoft, livre le point de vue du Canada.

Digital Business Africa : La grosse question attendue à ce rendez-vous mondial de l’OMC, c’est le moratoire sur les transmissions électroniques. Quelle est votre attente à ce sujet ?

John Bescec : Mon attente concernant le moratoire est, en premier lieu, que nous le rendions permanent afin de ne pas avoir à le rouvrir tous les deux ans, ni à le renouveler. De nombreuses études ont été menées dans différents pays sur la manière dont cela pourrait aider les pays en développement à se connecter aux marchés internationaux car, tout est désormais numérique. Vous avez un produit, mais vous devez être connecté au marché international. Et si les pays imposent des droits de douane, il deviendra plus coûteux pour les petites entreprises et les entrepreneurs de pouvoir se permettre d’étendre leurs marchés en dehors de leur propre juridiction. Je vois donc dans le moratoire, une excellente opportunité de pouvoir réduire les coûts, de collecter davantage de recettes grâce à la TVA, grâce aux impôts, et le pays en bénéficiera également. Si le droit de douane a été appliqué, il n’existe cependant aucun processus pour le percevoir. Cela deviendrait très administratif et les pays devraient embaucher beaucoup plus de personnel pour effectuer ce travail, afin de percevoir très peu d’argent. Donc ce ne serait pas dans l’intérêt des pays d’y mettre un terme. De nombreux pays le comprennent, et j’espère que les chiffres qu’ils ont examinés suffisent à les convaincre que leur économie peut croître plus vite et être plus forte si le moratoire sur les droits de douane se poursuit. S’il est interrompu, il sera très difficile de poursuivre la croissance numérique car, elle deviendra plus coûteuse.

Digital Business Africa : Quelle est la position de votre pays le Canada sur la question du maintien ou non du moratoire ?

 John Bescec : Le Canada est d’accord pour le moratoire. Le Canada plaide pour le renouvellement du moratoire, pour le pérenniser afin de ne plus avoir à en parler. Les preuves sont là, les chiffres montrent la croissance, surtout pour l’Afrique, pour les économies en développement. Donc, cela n’aurait vraiment aucun sens si le moratoire était supprimé. Du point de vue des entreprises, j’attends de nous que nous maintenions le moratoire moral afin de ne pas avoir à créer de nouvelles procédures de perception des droits de douane. Car c’est beaucoup trop coûteux. Percevoir 1 dollar et devoir en dépenser 2. Cela n’aurait aucun sens.

 Digital Business Africa : Est-ce à dire que l’introduction de nouvelles procédures ferait-elle saigner le portefeuille électronique du client ?

John Bescec : Effectivement. Parce que maintenant, si vous achetez et téléchargez un film, par exemple, vous payez le film et la TVA. Si vous ne payiez pas la TVA, vous devriez la payer. Comment le déclareriez-vous à la douane ? Quand ? Qui le déclarerait ? Le client le déclarerait-il ? Quelqu’un chez lui ? Comment feraient-ils ? Diraient-ils : « D’accord, tous les films que nous regardons ici à Yaoundé doivent passer par une autre société ? » Nous allons créer une autre société et elle vous vendra le film ? Cela rendra le prix plus élevé. Plus on ajoute de procédures, plus on coûte cher, plus on dépense de l’argent avec un moratoire. Actuellement, lorsque vous envoyez un SMS à l’étranger, qui va payer ? La personne qui reçoit votre message. Lorsque vous passez un appel téléphonique à l’étranger, est-ce que la personne va payer ? Tout est numérique.

Digital Business Africa : L’OMC va-t-elle progresser sur la question des réformes, notamment sur le plan disciplinaire ?

John Bescec : Le monde a changé, le monde des affaires a changé, donc les règles doivent aussi changer. J’espère qu’ils pourront élaborer un plan pour mener à bien la réforme. Pas seulement des paroles, mais des actes. Et les pays, s’ils sont membres de l’OMC, ils doivent respecter les règles. Si un pays ne respecte pas les règles, il doit y avoir des conséquences. Qu’il soit grand ou petit, peu importe. L’OMC est le moteur de la croissance qui favorise la stabilité. L’instabilité est un problème pour les entreprises, car elle rend très difficile l’investissement dans un pays. Lorsqu’un pays ne respecte pas les règles, on se dit que c’est trop risqué.

Digital Business Africa : Les récentes décisions du président Trump sur les tarifs douaniers créent plutôt de l’instabilité dans le monde et l’OMC ne réagit visiblement pas…

John Bescec : L’OMC contribue à instaurer cette stabilité dans le monde. C’est le message que j’espère voir passer à cette conférence. C’est vrai que lorsqu’il y a un risque, lorsqu’il y a de l’incertitude, lorsqu’un pays ne respecte pas ses engagements, c’est un problème pour une entreprise qui essaie de faire des affaires dans ce pays-là. Car, comme le pensent les entreprises, si un pays ne respecte pas les règles de l’OMC, pourquoi accepterait-il les activités commerciales qui s’y déroulent ?

Je ne dis pas qu’il faut punir, je dis simplement qu’il faut aider. S’ils acceptent certaines règles, s’ils ont besoin d’aide, s’ils ont besoin de renforcement des capacités, il faut les aider. Mais s’ils disent non, nous ne les suivrons pas. Mais face aux attitudes contraires au commerce internationale, il faut des conséquences car d’autres pays pourront faire la même chose. Par exemple, le Canada est grand géographiquement, petit en termes de population, petit du point de vue commercial. Et nous, nous dépendons des règles existantes. Et si les règles ne sont pas respectées, alors il devient très difficile de faire des affaires.

Digital Business Africa : Vous êtes en Afrique, précisément en terre camerounaise. Le Cameroun a-t-il le potentiel de challenger les autres économies du monde ?

John Bescec : C’est ma première fois au Cameroun, et de ce que j’ai vu, je répondrai par oui. Il y a beaucoup d’opportunités, beaucoup de jeunes qui ont tellement d’idées commerciales et je pense qu’ils ont besoin d’aide pour que ces idées puissent se connecter aux marchés extérieurs. Je pense que le gouvernement a un rôle à jouer pour les aider et je pense que les pays qui veulent faire des affaires au Cameroun ont également un rôle à jouer pour les aider. Parce que, selon moi, il le faut. On ne cherche pas seulement à vendre au Cameroun, il faut pouvoir importer du Cameroun. Parce que le commerce est bidirectionnel, il n’est pas à sens unique. Pour qu’il y ait un bénéfice, il faut un partenariat. Et je pense qu’il y a une formidable opportunité de développer et de renforcer ce partenariat. J’espère que cette session à l’OMC ouvrira le marché. J’étais à un atelier hier et tellement de personnes veulent savoir comment développer leur activité. Et je pense que ces échanges permettent de découvrir quel est votre produit, quel est votre service. Les services sont un excellent moyen d’ouvrir des portes sur le marché international. Et je pense qu’il y a énormément de talent ici. Je pense que c’est une formidable opportunité.

Entretien avec Valgadine TONGA

 

 

 

 

 

 

CM14 : Le potentiel de croissance du commerce électronique ivoirien estimé à 5,5 milliards de dollars en 2025

[DIGITAL Business Africa] – Ibrahim Kalil Konaté suit de près les discussions autour du commerce électronique, point d’achoppement de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a pris part ce 26 mars 2026 à une table ronde organisée par l’Organisation mondiale du Commerce et la Banque mondiale. Ce cadre d’échanges était dédié au commerce électronique.

Une occasion pour l’ancien patron du numérique de la Côte d’Ivoire de sortir les muscles du commerce électronique national. Lequel est estimé, selon lui, à 5,5 milliards de dollars en 2025.

Ibrahim Kalil Konaté n’a pas manqué de relever des acquis en Côte d’Ivoire, notamment l’amélioration du cadre réglementaire et institutionnel de protection des consommateurs, la pleine mise en œuvre des réglementations sur la signature électronique, l’adoption d’un cadre équilibré de sécurisation des droits et obligations des plateformes intermédiaires.

À en croire le membre du gouvernement ivoirien, le pays a entrepris, depuis plusieurs années, des actions de « haute » portée, dont la mise en place d’un organe dédié à la gouvernance du secteur du commerce électronique et l’adoption d’une stratégie nationale de commerce électronique.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a multiplié les rencontres avec ses homologues en marge de cette table ronde. Ibrahim Kalil Konaté s’est par exemple entretenu avec la ministre du Commerce Ghanéenne, Elizabeth Ojuzu, avec qui il a abordé les défis liés au commerce transfrontalier, notamment la fluidité du transport des marchandises entre les deux pays.

Par Jean Materne Zambo

Mekulu Mvondo prend la tête de la Blockchain Association of Cameroon (BAC) et pose les bases de la souveraineté numérique du Cameroun

[Digital Business Africa] – Alors que la convergence entre la blockchain et l’intelligence artificielle redessine les équilibres économiques mondiaux, le Cameroun se dote d’une stratégie ambitieuse pour ne plus être un simple consommateur de technologies, mais devenir un acteur de sa souveraineté numérique.

La Blockchain Association of Cameroon (BAC) vient de publier une étude stratégique et d’annoncer une gouvernance renforcée pour porter cette vision sur la période 2026-2029.

Dans un contexte marqué par l’adoption du GENIUS Act aux États-Unis, la montée en puissance de la tokenisation des actifs du monde réel (RWA) et l’essor d’une IA souveraine en Afrique, le Cameroun entend prendre sa place.

La BAC, à travers une étude prospective intitulée « Étude Stratégique sur la Convergence de la Blockchain, des DLT et de l’Intelligence Artificielle au Cameroun : Perspectives et Roadmap 2026-2029 », pose un diagnostic sans complaisance et propose six axes stratégiques pour transformer l’essai.

Mais surtout, la BAC s’organise désormais autour d’une figure emblématique de la digitalisation des services publics au Cameroun, le DG de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo Akame. Décryptage de Digital Business Africa qui a consulté des documents internes de la BAC.

Une nouvelle gouvernance pour porter l’ambition

La nouvelle dynamique de la BAC s’incarne dans une évolution statutaire majeure. Lors d’une session extraordinaire tenue le 3 mars 2026, le Conseil des Membres d’Honneur de la BAC a décidé de passer d’une présidence honorifique à une présidence exécutive. Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo Akame a été désigné pour conduire cette nouvelle phase, succédant au Dr Henri Tafou, désormais conseiller général de la « Société savante » de l’association.

Dans sa lettre de prise de fonction du 20 mars 2026, le nouveau président exécutif insiste sur l’urgence opérationnelle :

« Ma présidence sera placée sous le signe de l’efficacité opérationnelle. Le passage d’une présidence honorifique à une présidence exécutive traduit notre volonté collective de ne plus seulement observer les mutations mondiales, mais de les piloter au profit du Cameroun. »

L’étude 2026-2029 : un diagnostic mondial et local

L’étude de la BAC, qui servira de document de référence pour le cycle stratégique 2026-2029, analyse en entonnoir les forces macro-économiques mondiales, les ambitions continentales de l’Union africaine et le cadre institutionnel camerounais (SND30, Stratégie nationale IA, Plan directeur d’industrialisation).

Parmi les grandes tendances identifiées :

La convergence IA / DLT : L’intelligence artificielle agit désormais comme l’agent décisionnel des systèmes distribués, tandis que la blockchain apporte la traçabilité et la confiance nécessaires à des algorithmes souvent opaques.

La tokenisation des actifs : Les bons du Trésor américain tokenisés représentent entre 7 et 9 milliards de dollars début 2026, preuve de l’institutionnalisation accélérée de ces technologies.

Le partenariat UA-Google (février 2026) : Signé le 17 février 2026, cet accord vise à former 3 millions d’étudiants et d’enseignants d’ici 2030 et à développer une IA responsable conforme aux normes africaines.

Au niveau national, l’étude souligne des avancées significatives : la Stratégie Nationale d’Intelligence Artificielle (SNIA) 2040, qui prévoit une contribution de l’IA à hauteur de 0,8 à 1,2 % du PIB et la création de plus de 12 000 emplois directs, ou encore le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), doté de 1 500 milliards de FCFA, où la blockchain pourrait jouer un rôle clé dans la traçabilité et la sécurisation des titres fonciers.

Six axes stratégiques pour 2026-2029

Fort de ce diagnostic, la BAC propose une feuille de route structurée autour de six piliers :

  1. Plaidoyer pour un sandbox réglementaire : L’association entend se positionner comme l’interlocuteur technique de la COBAC et de la BEAC pour expérimenter des solutions de tokenisation sécurisées, dans le respect des équilibres monétaires de la zone CEMAC.
  2. Technologie au service de la souveraineté alimentaire (DLT x PIISAH) : Développer des registres distribués pour la traçabilité des filières (cacao, bois, coton) et automatiser les paiements des agriculteurs, en partenariat avec les ministères techniques et la Banque des PME.
  3. IA souveraine et éthique : Soutenir la SNIA en promouvant l’utilisation de la blockchain pour certifier l’intégrité des jeux de données utilisés pour l’entraînement du futur « GPT Cameroun ».
  4. Certification de masse et exportation de services : Lancer un programme de certification « Blockchain & AI Readiness » pour les administrations et le secteur privé, avec pour objectif de former 10 000 experts par an.
  5. Pôle d’excellence sous-régional en R&D : Travailler à la création du plus grand centre de recherche et développement d’Afrique centrale dédié à la blockchain et à l’IA.
  6. Souveraineté financière et levier de la commande publique : Faire de l’État le premier utilisateur des solutions portées par la BAC, en s’appuyant sur la digitalisation des marchés publics (plateforme COLEPS v2) et sur les dispositifs de marchés réservés aux startups locales.

Un appel à la collaboration multidimensionnelle

Dans son message du 20 mars 2026 à la communauté camerounaise du numérique, le nouveau président exécutif de la BAC lance un appel solennel à l’ensemble des forces vives de la nation et au-delà :

– Au secteur public : « Nous sommes vos partenaires pour sécuriser la commande publique et moderniser l’administration. »

– Au secteur privé : « La blockchain est votre outil de compétitivité. Ensemble, créons des solutions “Made in Cameroon” »

– Aux partenaires internationaux et à la diaspora : « Le Cameroun est le hub naturel de l’Afrique centrale. Nous vous offrons un environnement de co-création éthique et innovant. »

« La transformation structurelle de notre économie sera souveraine ou elle ne sera pas, » conclut Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo Akame. « L’avenir est décentralisé. Bâtissons-le ensemble. »

Cameroun : exportateur de technologies souveraines

Alors que le Cameroun s’apprête à accueillir des événements majeurs, tels que e-Gov’A 2026, le salon de l’e-Gov et de l’innovation digitale en Afrique qui se tiendra du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé sur le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », la BAC s’impose comme un acteur central de la réflexion et de l’action sur les technologies de confiance.

En combinant le plaidoyer institutionnel, le développement du capital humain et des projets concrets d’intérêt public, la BAC entend faire du Cameroun non seulement un simple consommateur, mais aussi un exportateur de technologies souveraines d’ici 2029.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Chris Southworth  à la CM14 : « C’est dans notre intérêt d’être collaboratifs, mais nous devons améliorer les règles »

[Digital Business Africa] – Chris Southworth est le Secrétaire général de la Chambre de commerce internationale du Royaume-Uni (ICC UK). C’est un expert reconnu en politique commerciale et en commerce numérique. Il est cofondateur du Centre britannique pour le commerce numérique et l’innovation, représentant de l’ICC auprès du Commonwealth et membre du Conseil mondial de l’ICC. Il est à Yaoundé, au Cameroun, pour la CM14. 

Dans cet entretien avec Digital Business Africa, il ressort que divers problèmes freinent le commerce international. Pour lui, l’OMC et chaque pays doivent œuvrer à la mise à jour de l’institution chargée de réglementer le commerce mondial.

Digital Business Africa : La 14e conférence ministérielle (CM14) représente-t-elle un tournant pour l’avenir de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ?

Chris Southworth: Oui. C’est un moment de croissance pour l’Organisation mondiale et le système multilatéral du commerce. La vérité est que le commerce a libéré un milliard de personnes de la pauvreté. Nous vivons au 21e siècle avec la technologie moderne. Les règles de l’OMC ne reflètent pas le monde dans lequel nous vivons, ni les consommateurs, ni le commerce, mais surtout le commerce. L’ordre économique mondial évolue, ce qui crée des tensions géopolitiques. Mais il y a aussi des changements démographiques, notamment en Afrique. La base de production et de consommation a changé dramatiquement au cours de ce temps.

C’est un moment très important pour tous les gouvernements, qui doivent s’unir autour de l’idée de mettre à jour le système. La meilleure façon de le comprendre, c’est de le comparer à un ordinateur. L’OMC  est le système d’opérations pour le commerce mondial. Quand vous utilisez votre ordinateur et que vous recevez un message de mise à jour, vous cliquez dessus, puis vous rebootez votre ordinateur. Nous n’avons pas fait cela à l’OMC.

Cela a créé un blocage sur lequel nous ne pouvons pas avancer. Nous ne résolvons pas les problèmes du passé. C’est ici, au Cameroun, que nous pouvons résoudre ce problème et trouver un modèle de route pour faire évoluer et moderniser le système de commerce.

Digital Business Africa : Quels sont les autres problèmes qui, d’après vous, minent le fonctionnement de l’OMC ?

Chris Southworth : Malgré la libération de 1 milliard d’habitants de la pauvreté, principalement dans les pays du Sud, ce qui est génial, il y a eu un énorme backslash politique dans les pays du Nord du monde, parce que les standards de vie ont fortement diminué au cours des 10 à 15 dernières années.

C’est pourquoi vous voyez maintenant de grandes tendances politiques. Regardez l’Amérique, regardez l’Europe en particulier : il y a très peu de soutien politique au multilatéralisme. Les gens veulent être unilatéraux et protéger leurs propres bases de vote, les consommateurs et l’économie. Nous avons besoin de croissance. Nous devons être compétitifs. Nous devons élever les standards de vie. L’Organisation mondiale du commerce s’occupe d’établir des normes.

Dans une partie du monde, cela a bénéficié. Dans l’autre, ce n’a pas été le cas. Maintenant, il s’agit de créer un champ de jeu plus élevé. C’est l’un des problèmes. Un constat aussi : les économies qui étaient petites sont désormais plus grandes que celles de l’époque.

Regardez l’Inde : elle est plus grande que la France. La Chine est actuellement numéro 2. Elle n’était pas numéro 2 il y a 20 ans. Le système ne reflète pas ces changements.  Beaucoup de pays sont désormais développés.

Cela crée beaucoup de frictions dans le système quant à la manière de s’assurer que le développement se fasse de manière équitable pour tout le monde. Le troisième problème est lié au changement de l’ordre économique mondial. Les pouvoirs les plus puissants du monde sont désormais complètement différents.

Il y a un grand changement de pouvoir du Royaume-Uni vers l’Ouest et de grands blocs de pays. L’Afrique est l’une d’entre elles. L’influence de l’Afrique est beaucoup plus grande qu’il y a 20 ans. C’était exactement la même chose en Asie. Les acteurs du système mondial sont donc très différents de ceux du passé.

Il n’y a plus seulement le G7. C’est beaucoup plus complexe. Cela crée beaucoup de frictions pendant que ce changement se déroule. Ce n’est pas que le changement soit mauvais, mais c’est un changement et le système de l’OMC ne le reflète pas.

Digital Business Africa : Quelle place occupe le numérique dans le système de l’OMC ?

Chris Southworth: L’influence numérique est cruciale. Ce n’est pas un projet technique. Le système de commerce n’a pas vraiment changé depuis 200 ans. Les documents que les entreprises remplissent lorsqu’elles doivent croiser les frontières, ou lorsqu’elles échangent des finances, sont exactement les mêmes documents qu’il y a 200 ans. C’est tout en papier. Il y a 4 milliards de morceaux de papier qui circulent dans le système. C’est énormément bureaucratique. C’est lent, inefficace et cher.

Et bien sûr, nous utilisons toutes les technologies modernes. Le système lui-même n’est pas simplement adéquat aux besoins de l’entreprise moderne dans le monde actuel. C’est le problème critique du numérique. Cela signifie qu’il faut effectuer une transition majeure du papier à l’économie digitale, où nous savons que les entreprises ne transitent pas en 2 à 3 mois, mais en 1 heure, 1 minute. C’est un changement drastique vers un moyen plus simple et plus rapide.

Nous savons que les bénéfices pour tout le monde, en particulier pour les petites entreprises, sont énormes en termes d’efficacité, de croissance et d’accès aux financements. Ce sont de grands problèmes que nous voulons résoudre. Et bien sûr, la solution la plus évidente, c’est de digitaliser le système de commerce.

Mais nous devons bouger beaucoup plus vite que nous ne le faisons actuellement. Actuellement, c’est trop lent ; cela ne répond pas aux besoins de l’entreprise. Nous voulons tous être compétitifs. Nous devons être agiles dans le monde actuel, où nous sommes confrontés à des tarifs, des contrôles d’exportation et des sanctions. Le système est très compliqué.

Digital Business Africa : Quel est votre avis sur la digitalisation des entreprises dans le monde ?

Chris Southworth: La digitalisation permet aux entreprises de bouger plus vite, de transiter plus vite, d’accéder à plus d’argent de travail et d’être plus liquides qu’elles ne le sont sur papier, où tout l’argent est coincé dans la chaîne d’exportation. La digitalisation est une solution majeure. C’est pourquoi c’est si important. Mais nous devons le faire de sorte que tout le monde en bénéficie. Il ne peut pas être seulement les grandes économies. Nous devons le faire avec tout le monde.

C’est dans notre intérêt d’être collaboratifs, mais nous devons améliorer les règles. Nous devons mettre en place l’infrastructure numérique dont nous avons besoin partout, et non seulement dans certaines régions du monde. Sinon, les gens seront laissés derrière, ce qui est l’exact opposé de ce que nous voulons tous obtenir.

Nous voulons élever les standards de vie, développer les économies et être plus résilients dans un environnement moderne. Et la digitalisation est la solution à 100 %.

Digital Business Africa : Quels sont les risques pour la croissance mondiale en cas de ralentissement des progrès ?

Chris Southworth: C’est un bon moment pour y réfléchir. Par exemple, l’Europe est incroyablement instable sur le plan politique. D’un point de vue business, la stabilité et la prévisibilité sont tout. Sans stabilité, l’investissement ne se produit pas, ce qui ne conduit ni à des emplois, ni à la croissance ni à la prospérité.

Plus l’environnement politique est instable, plus il est difficile pour les entreprises de se développer. Mais si nous ne grandissons pas, la pression sur les gouvernements pour accroître la croissance est intense. Cela signifie que le logement, les services publics et les emplois, pas seulement dans certains endroits du pays, mais dans tous les endroits, vont changer de plus en plus souvent.

C’est plus compliqué politiquement. Cela rend tout plus difficile pour l’entreprise d’investir. Finalement, cela signifie l’inflation, la hausse des coûts, plus de complexité et cela affecte aussi les consommateurs. Si les consommateurs paient un coût plus élevé, les entreprises supportent davantage de complexité et de coûts. Nous, tous, perdons, et ce n’est pas dans notre intérêt.

Nous devons travailler avec les politiciens pour améliorer la stabilité politique. La croissance est fondamentale pour que nous puissions concourir et grandir en même temps, tout en restant stables et prospères.

Propos recueillis par Ghislaine DEUDJUI

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CM14 : Pression sur la levée du moratoire sur l’ E-commerce à Yaoundé 

[DIGITAL Business Africa] – Lever le moratoire sur les transmissions électroniques. La question est sur toutes les lèvres à la 14ᵉ conférence ministérielle (CM14) qui se tient à Yaoundé du 26 au 29 mars 2026.

Lors de la conférence de presse de ce 26 mars 2026, Sofia Scassera, specialist on the digital economy, labour and development, a livré ses impressions sur ce qu’elle qualifie de relique du passé.

« Il y a trente ans, lorsque cette organisation a accepté de suspendre les droits de douane sur les transmissions électroniques, Internet était une curiosité. Les smartphones n’existaient pas. Le streaming n’existait pas.

Les plateformes numériques n’étaient pas des empires pesant des milliards de dollars qui façonnent les marchés du travail, les recettes fiscales et la politique industrielle à travers le monde. Le monde a changé au point d’être méconnaissable. Le moratoire, lui, est resté le même. Et c’est précisément là le problème ».

Il y a trente ans, les utilisateurs n’étaient pas dépendants des GAFAM (Google, Apple, Facebook/Meta, Amazon, Microsoft). Il y a trente ans, les modèles de langages n’exploitaient  pas (pour la plupart) gratuitement les données des internautes pour maximiser les bénéfices.

« Le secteur des géants de la tech est devenu le plus rentable de l’histoire. Cinq entreprises technologiques américaines affichent aujourd’hui une capitalisation boursière supérieure à celle de la plupart des économies mondiales réunies. Les services numériques ont supplanté les biens physiques comme principal moteur du commerce mondial », a indiqué Sofia Scassera.

Meta Ads, avec Facebook et Instagram, offre un ciblage précis grâce aux données sociales et démographiques des utilisateurs. Google par exemple utilise l’IA pour améliorer ses algorithmes de recherche et ses publicités ciblées, tandis qu’Amazon optimise ses chaînes logistiques avec des systèmes prédictifs (solutions informatiques utilisant l’intelligence artificielle, des statistiques et des données historiques pour anticiper des événements, comportements ou tendances futurs).

Résultat : Mark Zuckerberg de Meta, Larry Page de Google et Jeff Bezos d’Amazon figurent dans le quinté des plus grosses fortunes. Le leader mondial du commerce en ligne domine le marché. Meta, avec ses plateformes Facebook, Instagram et WhatsApp, totalise environ 3,35 milliards d’utilisateurs actifs quotidiennement,

Sofia Scassera plaint les pays en développement.

« Ils attendent toujours. Pas d’industrialisation numérique. Pas d’industrie des semi-conducteurs. Pas d’infrastructure cloud. Quasi aucune plateforme numérique compétitive n’a été mise en place dans les pays du Sud. Les promesses de l’économie du savoir ne se sont jamais concrétisées pour les populations qui en avaient le plus besoin ».

Selon elle, le moratoire doit prendre fin à la CM14, non pas parce que des membres de l’OMC sont contre le commerce numérique, mais parce qu’ils aspirent à un monde où les fruits de la numérisation – la productivité, la connectivité, la richesse – sont partagés. Où un pays d’Afrique de l’Ouest ou d’Amérique du Sud a le même droit de construire son avenir numérique que la Silicon Valley a dû construire le sien.

Par Jean Materne Zambo

Coopération : L’éducation numérique, le développement de l’IA rapprochent le Burundi et les USA

[DIGITAL Business Africa] – Les enjeux sur l’avenir des enfants sont au centre des discussions à Washington. « Fostering the Future Together », c’est le thème de la Coalition mondiale pour l’enfance. La Première Dame du Burundi, Angeline Ndayishimiye, et son homologue Melania Trump des USA se sont retrouvées en marge des travaux ce 25 mars 2026.

Les deux personnalités ont échangé sur l’éducation numérique, le développement de l’IA ainsi que la sécurité des plus jeunes dans un monde de plus en plus connecté. Lors des discussions, Melania Trump a insisté sur l’importance cruciale de protéger la prochaine génération, soulignant que la sécurité des enfants demeure une priorité essentielle face aux défis technologiques actuels.

Angeline Ndayishimiye, quant à elle, a réaffirmé l’engagement du Burundi à promouvoir des initiatives favorisant le bien-être et l’épanouissement des enfants, en particulier à travers un accès accru à l’éducation et aux outils numériques.

Le projet de loi relatif à la sécurité en ligne des enfants (Kids Online Safety Act) a été présenté à la Chambre des représentants le 3 mars 2026. Cette loi, si elle est adoptée, permettra de protéger les enfants et les adolescents en ligne, de responsabiliser les parents et de renforcer les familles, et à d’autres fins.

Le projet avait été adopté par le Sénat en juillet 2024. Il a été renvoyé à la commission de l’Énergie et du Commerce, ainsi qu’à la commission judiciaire, pour une durée qui serait ultérieurement fixée par le président de la Chambre, afin d’examiner les dispositions relevant de la compétence de chaque commission.

Le Burundi s’est doté, le 16 mars 2022, d’une loi sur la prévention et la répression de la cybercriminalité. Celle-ci ne prévoit aucune disposition spécifique concernant la protection des enfants mineurs. Cette lacune juridique soulève la question de la protection effective des droits des enfants dans l’environnement numérique, alors même qu’ils constituent une catégorie nécessitant.

Malgré ces textes, certains Burundais estiment que le cadre juridique burundais reste incomplet et insuffisant pour encadrer l’usage d’Internet par les mineurs. D’où l’urgence de doter le Burundi d’un cadre juridique moderne et spécifique.

Lequel assurera une protection des mineurs en ligne, en complément des mesures éducatives et de sensibilisation pour garantir que le monde virtuel reste un espace de sécurité, d’apprentissage et de respect pour chaque enfant.

Par Jean Materne Zambo

CM14 : L’Afrique et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 % de leurs PIB en cas de dissolution de l’OMC [SG de la CCI]

[DIGITAL Business Africa] – La rumeur sur la dissolution de l’OMC enfle. Le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale ne veut pas entendre parler de l’obsolescence de l’Organisation mondiale du Commerce.

En prélude à la cérémonie d’ouverture officielle de la 14ᵉ conférence ministérielle (CM14)ce 25 mars 2026 à Yaoundé, John WH Denton AO, SG de la Chambre de commerce internationale et représentant de plus de 45 millions d’entreprises dans plus de 170 pays a rappelé les risques de la dissolution de l’OMC.

« Une étude d’Oxford Economics commandée par la CCI montre que la dissolution de l’OMC entraînerait une baisse permanente du PIB des pays en développement de plus de 5 %. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 %.

Il ne s’agit pas de chiffres abstraits. Ce sont des emplois, des moyens de subsistance et des progrès en matière de développement, fruits de décennies d’efforts. Ici, au Cameroun, et sur tout le continent, le système commercial multilatéral n’est pas un enjeu géopolitique, mais un outil essentiel au développement », a-t-il dit.

Isaac Ouro-Nimini Hansen, Trade Policy Adviser at the National Board of Trade, explique les principaux défis auxquels l’OMC est confrontée aujourd’hui.

« L’OMC est confrontée à de nombreux défis, dont le principal est peut-être l’incapacité de ses membres à s’entendre sur de nouvelles règles commerciales pour répondre aux besoins d’une économie mondiale en mutation ».

« Les accords multilatéraux – accords négociés et adoptés par tous les membres de l’OMC – ont traditionnellement constitué le principal moyen d’élaborer de nouvelles règles commerciales mondiales. Le problème est qu’il est devenu de plus en plus difficile de parvenir au consensus nécessaire entre 166 membres aux intérêts et priorités divers ».

Le SG de la CCI ajoute à ces défis le non-respect des trois fonctions essentielles de l’OMC. À savoir la négociation, le règlement des différends et la délibération. Et d’ajouter que les membres ont des attentes de plus en plus différentes vis-à-vis du système, et certains ne le considèrent plus comme l’outil adéquat pour défendre leurs intérêts.

« Nous assistons à un niveau d’incertitude inédit, alimenté par les tensions géopolitiques, les conflits, les mesures unilatérales, les différends non résolus et des règles qui n’ont pas su s’adapter à l’évolution de l’économie mondiale. La situation a profondément changé depuis la création de l’OMC en 1995, et la réponse doit être à la hauteur de cette réalité », a-t-il dit.

John WH Denton AO, secrétaire général de la CCI, a dévoilé quelques réformes prévues par l’OMC pour soigner le mal. Notamment la prise de décision, le rôle des accords plurilatéraux et le traitement spécial et différencié. Selon lui, leur levée permettra à l’OMC de déployer pleinement son rôle de négociation sur tous les autres sujets : commerce numérique, services, agriculture.

Il rappelle aussi l’urgence des solutions créatives, « notamment des approches à géométrie variable qui puissent tenir compte de la véritable diversité des membres tout en préservant l’intégrité du système ».

Une note d’espoir pour la survie de l’OMC, c’est l’opérationnalisation du Fonds « Women Exporters in the Digital Economy ». Selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, le premier versement de subventions du fonds WEIDE a été effectué pour un montant total de 1,7 million de dollars. Près de 300 femmes entrepreneures bénéficient déjà de ce soutien, combinant assistance technique ciblée et aide financière directe.

Par Jean Materne Zambo

 

Ngozi Okonjo-Iweala à la MC14 : « Il est temps de passer à l’action pour les femmes entrepreneures »

[DIGITAL Business Africa] En marge de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’OMC (MC14), un événement de haut niveau coorganisé avec le Centre du commerce international (CCI) a mis en lumière les avancées concrètes du Fonds WEIDE. La Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, y a réaffirmé sa volonté de passer des paroles aux actes en mobilisant le levier numérique pour l’autonomisation économique des femmes.

Deux ans après son lancement symbolique à Abou Dhabi, le fonds « Women Exporters in the Digital Economy » (WEIDE) passe à la vitesse supérieure. Ce 25 mars 2026, lors de son allocution d’ouverture marquant un tournant décisif, la Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a dressé un bilan opérationnel prometteur de cette initiative dédiée aux femmes entrepreneures opérant dans l’économie numérique.

De l’ambition à la concrétisation budgétaire

Le ton était pragmatique et résolument tourné vers les résultats. Rappelant son impatience passée face aux longs débats stériles, Ngozi Okonjo-Iweala a martelé :

« Aujourd’hui, je suis fière de dire : nous ne nous contentons plus de parler, nous agissons. Vous vous souvenez, j’avais dit que j’en avais assez des discours. Il est temps de passer à l’action. »

La preuve par les chiffres : le fonds WEIDE est désormais opérationnel. Ce mois-ci marque le premier versement de subventions, pour un montant total de 1,7 million de dollars. Actuellement, près de 300 femmes entrepreneures bénéficient déjà de ce soutien, combinant assistance technique ciblée et aide financière directe.

Cette phase opérationnelle fait suite à une sélection rigoureuse. Quatre organismes de soutien aux entreprises (OSE) ont été retenus via un modèle compétitif par pays, représentant la Jordanie, la Mongolie, la République dominicaine et, notablement pour le continent, le Nigéria.

Le numérique, catalyseur face au déficit de financement

L’engouement pour le programme révèle un besoin critique. Avec plus de 69 000 candidatures reçues, l’OMC et le CCI (dirigé par Pamela Coke Hamilton, saluée comme un partenaire clé) prennent la mesure du défi. Pour la DG de l’OMC, cette demande massive prouve que

« L’ambition est bien présente » et que les femmes sont prêtes, pourvu qu’elles reçoivent le soutien adéquat.

L’enjeu est crucial, car l’accès au capital reste le principal goulot d’étranglement. Ngozi Okonjo-Iweala a rappelé une réalité économique alarmante :

« À l’échelle mondiale, les entreprises dirigées par des femmes font face à un déficit de crédit estimé à 300 milliards de dollars dans l’économie formelle. Il ne s’agit pas seulement d’une contrainte, mais d’une occasion manquée de croissance mondiale. »

Dans ce contexte, le commerce numérique apparaît non seulement comme le segment le plus dynamique (avec une croissance de 10 % du commerce des services numériques en 2025), mais aussi comme un puissant levier d’inclusion. Il permet de réduire les barrières à l’entrée et de connecter directement les entrepreneures aux marchés mondiaux.

 Objectif 2028 : tripler l’impact et réformer les politiques

Loin de se satisfaire de ces premiers succès, la dirigeante de l’OMC a fixé un cap ambitieux pour les deux années à venir : tripler le nombre de bénéficiaires pour atteindre au moins 1 000 femmes entrepreneures.

Pour y parvenir, la stratégie ne se limite pas aux programmes d’aide, mais vise également le niveau structurel et politique. Ngozi Okonjo-Iweala plaide pour une intégration systémique du genre dans l’architecture du commerce mondial.

« Je souhaite voir davantage d’accords commerciaux intégrant la dimension de genre – des accords qui reconnaissent les obstacles auxquels les femmes sont confrontées, qui promeuvent l’inclusion et qui luttent activement contre la discrimination. Car l’inclusion ne peut être une simple réflexion après coup ; elle doit être intégrée au système. »

Soutenue par des partenaires stratégiques tels que les Émirats arabes unis, le Qatar, le Royaume de Bahreïn et la FIFA, l’OMC, via son groupe de travail informel sur le commerce et l’égalité des sexes, s’attelle désormais à transformer l’essai. L’objectif final, comme l’a conclu la Directrice générale, n’est plus seulement d’inclure les femmes dans le commerce existant, mais bien de « repenser le commerce afin qu’il leur soit bénéfique ».

Par Loic SOUOP

Police intelligente : l’Éthiopie digitalise l’accès aux services publics 24h/24

[DIGITAL Business Africa] – L’Éthiopie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses services publics. À Addis-Abeba, les autorités ont inauguré un commissariat de police intelligent, marquant une avancée significative dans l’intégration des technologies numériques au cœur de l’administration. Annoncée le 22 mars par l’Ethiopian News Agency (ENA), cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale visant à améliorer l’accès des citoyens aux services essentiels.

Pensé comme un point de contact nouvelle génération entre l’administration et les usagers, ce commissariat repose sur un modèle entièrement digitalisé. Les citoyens interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service, équipées d’écrans interactifs et de dispositifs d’assistance vidéo à distance. Dépôt de plaintes, soumission de documents ou paiement d’amendes peuvent désormais être effectués sans passer par un guichet physique, avec un accès continu 24 h/24 et 7 j/7.

Selon Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne, « cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police ». Une déclaration qui illustre l’ambition des autorités : faire du numérique un levier d’efficacité institutionnelle.

Au cœur de ce dispositif, l’intégration de technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle et les systèmes de gestion centralisée des données, permet d’automatiser une grande partie des processus et de réduire significativement les délais de traitement. En limitant les interventions humaines dans les tâches répétitives, l’administration gagne en rapidité, en fiabilité et en traçabilité.

Pour les usagers, l’impact est immédiat : moins d’attente, une réduction notable des formalités administratives et une expérience plus fluide. Mais au-delà de la performance opérationnelle, cette transformation redéfinit la relation entre citoyens et institutions. La diminution des interactions physiques contribue à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence et la confiance dans le service public.

Le modèle repose également sur une réorganisation des ressources humaines. Avec un personnel réduit sur site, les agents assurent désormais un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des demandes. Cette hybridation entre présence physique et assistance virtuelle ouvre la voie à une administration plus agile et optimisée.

Conçu comme un projet pilote, ce commissariat intelligent pourrait être déployé à plus grande échelle dans d’autres villes du pays. Une perspective qui positionne l’Éthiopie parmi les États africains explorant activement les opportunités offertes par les technologies numériques pour réinventer l’action publique et rapprocher les services de leurs citoyens.

Par Loic SOUOP

New Deal technologique : le Sénégal enclenche sa transformation numérique à grande échelle

[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie numérique. Le 23 mars, le gouvernement a officiellement lancé la phase opérationnelle des projets structurants du New Deal technologique, marquant une étape décisive un an après l’annonce de cette ambition de transformation digitale. L’objectif est clair : moderniser l’administration, renforcer la souveraineté numérique et améliorer concrètement l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics.

Au cœur de ce dispositif figure une approche centrée sur l’expérience usager. La plateforme « e-Sénégal » s’impose comme un levier majeur de simplification administrative, en agrégeant sur un point d’entrée unique l’ensemble des démarches publiques. En réduisant les délais, les déplacements et les lourdeurs bureaucratiques, cette solution vise à instaurer une relation plus fluide et transparente entre l’État et ses usagers. Dans cette même dynamique, « e-Consulat » étend ses services à la diaspora, tandis que « SenTrésor » introduit un système unifié de paiement électronique pour les obligations financières envers l’État, allant des impôts aux services locaux.

Cette modernisation repose sur une infrastructure clé : une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux différentes administrations d’échanger des données en temps réel. En appliquant le principe du « once only », le Sénégal entend mettre fin à la redondance des procédures administratives, en évitant aux citoyens de fournir plusieurs fois les mêmes informations.

Au-delà des outils, c’est toute la gouvernance du numérique qui est repensée. La mise en place du Comité de gouvernance du numérique (GouvNum) traduit une volonté de coordination accrue des initiatives digitales de l’État, afin d’éviter la fragmentation observée par le passé. En parallèle, le Conseil national du numérique vient renforcer l’écosystème décisionnel en apportant une expertise stratégique sur les orientations technologiques.

L’ambition sénégalaise s’inscrit dans une vision de long terme, adossée au programme Sénégal 2050, avec un volume d’investissements estimé à près de 1 100 milliards FCFA sur la prochaine décennie. Une part importante de ces ressources est dédiée à la connectivité et à l’inclusion numérique, avec pour objectif de raccorder plus d’un million de citoyens dans les zones encore non couvertes, réduisant ainsi les inégalités d’accès à Internet.

Sur le plan des infrastructures, l’État accélère le déploiement de data centers souverains, notamment à Diamniadio et Orana, tout en renforçant significativement la bande passante nationale. Celle-ci devrait connaître une montée en puissance majeure, passant de 600 Mbps à 20 Gbps. En parallèle, la mise en place d’un cloud souverain vise à garantir l’hébergement local des données sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique pour les États.

Le secteur privé n’est pas en reste. À travers le Start-up Act désormais en phase d’exécution, les autorités entendent structurer un écosystème d’innovation dynamique, capable de soutenir la croissance d’une économie numérique compétitive. Financement, accompagnement et cadre réglementaire adapté constituent les piliers de cette ambition entrepreneuriale.

Plus qu’une simple digitalisation des services, le New Deal technologique sénégalais s’apparente à une transformation structurelle de l’action publique. L’État amorce un passage d’un modèle administratif fragmenté à un système intégré, piloté par la donnée et orienté vers la performance. En enclenchant cette phase opérationnelle, le Sénégal se positionne ainsi comme l’un des acteurs africains les plus engagés dans la construction d’un écosystème numérique cohérent, au service du développement économique et de l’efficacité publique.

Par Loic SOUOP

 

Commerce RDC/Tanzanie/Zambie : Digitaliser les paiements pour plus de fluidité, de sécurité et de transparence

[DIGITAL Business Africa] – La route commerciale desservant la RDC, la Tanzanie et la Zambie est jalonnée de quelques écueils. Les différents acteurs en ont conscients. Un atelier consacré à la validation et à la diffusion de deux études de faisabilité sur la modernisation du commerce transfrontalier s’est ouvert, ce mardi 24 mars 2026, en RD Congo.

Parmi les freins à la fluidité du commerce transfrontalier, il y a la prédominance des paiements en espèces, source d’irrégularités et de pertes financières ; l’insécurité sur les axes routiers, avec des cas de vols et d’attaques de transporteurs ; la présence de barrières illégales ; une coordination encore limitée entre les services des différents pays. Un véritable impact sur la compétitivité économique et l’attractivité pour les investisseurs.

Le cadre d’échange est une initiative de TradeMark Africa avec l’appui du Royaume-Uni à travers le Foreign Commonwealth and Development Office.

L’atelier réunit des experts, des autorités publiques ainsi que des partenaires techniques autour des enjeux liés à la fluidité et à la sécurisation du commerce régional. La digitalisation des paiements et le renforcement de la sécurité sur la route sud du corridor central est au cœur des discussions.

L’objectif est de faciliter la circulation des marchandises en les rendant plus rapides, moins coûteuses et plus transparentes, au bénéfice des États, des entreprises et des populations.

Le représentant pays de TradeMark Africa en RDC, Manassé Asama, a souligné que le corridor central relie le port de Dar-es-Salaam aux principaux centres miniers et commerciaux du Katanga.

« Nous travaillons étroitement avec les gouvernements, les communautés économiques d’intégration régionale et continentale ainsi que le secteur privé dans le but de réduire les obstacles techniques au commerce, d’harmoniser et de simplifier les procédures aux frontières et de renforcer la sécurité et la fluidité des corridors.

Notre objectif est de faire en sorte que les biens circulent plus vite, à moindre coût et dans la transparence, au bénéfice des États, des entreprises et des citoyens », a-t-il déclaré.

Des sources rapportent que des actions ont déjà été engagées dans le Haut-Katanga pour renforcer la sécurité des transporteurs. TradeMark Africa confirme une réduction des attaques contre les chauffeurs et les vols de cargaisons.

Les études présentées proposent des solutions telles que l’introduction des paiements sans espèces aux postes frontaliers de Kasumbalesa et de Nakonde/Tunduma, la mise en place de systèmes de surveillance des cargaisons, le renforcement de la coopération entre les trois pays et l’amélioration des procédures aux frontières.

Par Jean Materne Zambo

Permis de conduire digitalisé-Gabon : Oligui Nguema donne le la, 10 000 à 20 000 FCFA pour se mettre à jour

[DIGITAL Business Africa] – Comme avec la Carte nationale d’Identité électronique (CNIE), le chef de l’État prêche donne le la. S.E Brice Clotaire Oligui Nguema est devenu officiellement ce 24 mars 2026 le premier Gabonais à obtenir son permis de conduire digitalisé.

Cette digitalisation du permis de conduire vise à réduire les lenteurs administratives et à sécuriser les documents officiels. Elle ambitionne aussi de limiter les risques de fraude, un enjeu récurrent dans la gestion des titres administratifs.

Cette innovation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique. Un cap franchi dans la transformation numérique engagée par les autorités.

L’instauration du permis de conduire digitalisé avait été annoncée par le ministère des Transports, de la Marine marchande le 3 février 2026 sur instruction du président de la République Oligui Nguema.

Le nouveau permis repose sur des technologies avancées, incluant un QR code d’authentification et une puce NFC permettant une communication sans contact. Il intègre également un système de suivi des infractions, renforçant ainsi le contrôle et la régulation du secteur des transports.

Les usagers détenant des permis de conduire dans le Grand Libreville disposent d’un délai de six mois pour convertir leur document en permis digitalisé. Sans quoi, ils feront face à des difficultés administratives, selon le communiqué du ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique.

Selon le communiqué, cette conversion est soumise au paiement de 10 000 FCFA pour la catégorie B et de 20 000 FCFA pour les autres catégories (A, C, D, E et F), via les services de mobile money, notamment Moov Money et Airtel Money.

Plusieurs sites d’enrôlement ont été ouverts dans la capitale et ses environs, notamment au gymnase de Libreville (Petit Paris), à la direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI/CEDOC), à la mairie du 2ᵉ arrondissement, au stade d’Angondjè, à l’École nationale de police d’Owendo ainsi qu’à la préfecture de Ntoum.

Sont concernés par cette opération les détenteurs d’un permis provisoire expiré, d’une fiche d’enregistrement ou de tout permis encore en cours de validité.

Après le paiement, un récépissé est délivré et le nouveau permis digitalisé est disponible dans un délai maximal de sept jours. L’ancien document est, quant à lui, récupéré par l’administration et automatiquement invalidé.

Consultez les conditions sur le site officiel du ministère (www.transport.gouv.ga).

Par Jean Materne Zambo

 

 

CM14-Cameroun : Le matériel informatique déjà prêt à 2 jours du début de la fête

[DIGITAL Business Africa] – Le décor est presque planté. Au Palais des Congrès de Yaoundé ce 24 mars 2026, c’est le branle-bas. Les préparatifs de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) sont visibles à l’entrée arrière du Palais du bâtiment.

Certains acteurs institutionnels, délégations, experts et partenaires de l’événement viennent en reconnaissance du site. Les journalistes accrédités découvrent l’espace à leur dédié. Une vingtaine de postes de travail flambant neufs attendent avec impatience les premiers doigts qui feront crépiter les claviers.

Les ordinateurs de la marque HP Elite One 800 G2 23-in Non-Touch AiO laissent échapper un parfum de neuf. Le processeur est de type Intel(R) CORE(TM) I5-6600 CPU @ 3.30 GHz. La mémoire de la RAM quant à elle est de 8 Go, et le système est à 64 bits.

On peut voir certains journalistes naviguer en toute aisance sur internet. Signe que la connexion internet est fluide et stable. Les infographes, eux, rencontrent  un sérieux souci : les ordinateurs ne disposent pas (encore) de logiciels de montage : Adobe Premier Pro (montage vidéo), Photoshop (affiches, traitement des photos et création de visuels), Adobe Audition (pour le son), Media Encoder (pour faciliter les exportations des vidéos), CapCut (montages type réels pour les réseaux sociaux), entre autres. On peut déjà se faire une idée de l’ambiance du 26 mars 2026, jour de lancement des travaux.

Quelques écrans vitrines et écrans de téléviseurs sont également disposés, sans doute pour permettre de vivre en temps réel la cérémonie d’ouverture qui sera retransmise sur les différentes plateformes numériques de l’OMC.

La 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14) se tient du 26 au 29 mars 2026. L’objectif principal est d’examiner le système commercial multilatéral, d’aborder les défis actuels et de prendre des mesures pour les travaux futurs de l’OMC.

Le commerce électronique sera au cœur des discussions. L’événement devra réunir les ministres des 164 membres. Plus de 3000 délégués attendus, incluant des ministres du monde entier. La CM14 traitera des défis du commerce mondial, après la CM13 de 2024 à Abou Dhabi.

La Conférence ministérielle, organe de décision suprême de l’OMC, se réunit habituellement une fois tous les deux ans.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : 3 leviers stratégiques du New Deal Technologique activés pour une connectivité universelle

[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal passe à la vitesse supérieure pour sa transformation numérique. Le gouvernement a lancé ce 24 mars 2026, trois projets structurants au service des citoyens et de la performance publique.

Cet événement majeur est placé sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. Les projets lancés visent à bâtir un écosystème numérique robuste, inclusif et souverain, au service du développement national. Ces projets sont :

– Le Cloud souverain, l’État garantit un hébergement sécurisé, performant et maîtrisé des données publiques, renforçant ainsi sa souveraineté numérique et sa résilience.

• La Connectivité universelle, l’accès à Internet haut débit s’étend à plus d’un million de Sénégalais, y compris dans les zones les plus reculées, grâce à une combinaison de technologies innovantes.

– Le renforcement de la bande passante et des infrastructures, les administrations sont désormais interconnectées, modernisées et capables de fonctionner à haut débit, offrant des services publics plus rapides, plus fiables et plus efficaces.

Depuis le lancement du New Deal Technologique en 2025, le pays a engagé plusieurs chantiers structurants. Au rang desquels, le guichet unique numérique e-Sénégal, vitrine de cette mutation en cours. Cette plateforme, conçue pour centraliser les démarches administratives, propose une interface unifiée accessible en continu.

Ou encore la mise en place d’une plateforme nationale d’interopérabilité. Ce dispositif permet aux différentes administrations d’échanger des données de manière sécurisée, renforçant ainsi la fluidité des procédures et la cohérence de l’action publique.

L’introduction du principe du « Once Only », qui prévoit qu’un usager ne fournisse qu’une seule fois ses informations à l’administration, marque à cet égard une rupture dans la relation entre l’État et le citoyen.

Le New Deal Technologique devrait mobiliser 1,7 milliard de dollars d’ici 2034. L’ambition stratégique de ce New Deal technologique est d’assurer la connectivité universelle avec le living Lab (innovation basée sur la co-construction : universités, populations, collectivités), les équipements numériques.

Mais aussi le renforcement de capacités. La fibre et les satellites pour une connexion gratuite. Bref, des plateformes pour moderniser l’action publique.

Par Jean Materne Zambo

Programme TEF 2026 : 30 startups du Cameroun reçoivent chacune 5000 $ en capital de démarrage non remboursable [liste ]

[DIGITAL Business Africa] – L’homme d’affaires Tony Elumelu reste déterminé à leur mettre le pied à l’étrier. Sur 265 000 candidatures enregistrées, 3 200 ont été reçues, dont 30 venant du Cameroun. La Tony Elumelu Foundation a livré le verdict des jeunes Africains retenus pour la cohorte 2026 du Programme Tony Elumelu Foundation du 22 mars 2026. Les lauréats ont de quoi amorcer véritablement leurs activités.

Ils reçoivent chacun 5000 dollars en capital de démarrage non remboursable. Mieux, ils bénéficient des opportunités d’accès à des financements complémentaires pouvant atteindre 50 000 euros et d’un accompagnement en formation, mentorat et mise en réseau.

La Tony Elumelu Foundation associe des partenaires financiers à ce programme. Le groupe Heirs Holdings va accueillir dans son matelas financier 1 751 sur les 3 200 entrepreneurs sélectionnés.

La Commission européenne, l’OACPS, le BMZ et la GIZ abritent sous leurs ailes 1049 audacieux de l’entrepreneuriat en Afrique.

100 entrepreneurs issus du fichier de la Tony Elumelu Foundation bénéficient de l’escarcelle de Sèmè City, et 100 autres de l’agence allemande de développement.

Et le Programme des Nations Unies pour le développement, le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts s’engagent à prendre en charge 100 entrepreneurs sélectionnés de la Tony Elumelu Foundation.

Tony Elumelu a réaffirmé sa philosophie de l’afrocapitalisme :

« Tout ce que nous faisons, c’est participer à la transformation de notre société. Démocratiser la prospérité. Personne d’autre que nous ne développera ce continent. Notre futur est entre nos mains. » Insistant sur l’urgence de la création d’emplois, il a appelé à ne pas « trahir la jeunesse africaine », a-t-il Programme TEF 2026 : 30 startups du Cameroun reçoivent chacune 5000 $ en capital de démarrage non remboursable [liste ].

Âgés de 18 ans et plus avec une entreprise opérant en Afrique (0–5 ans), les lauréats sont issus de l’agriculture, l’agribusiness, l’énergie, la mode, l’économie circulaire. Ci-dessous la liste des 30 Camerounais sélectionnés et leurs domaines spécifiques.

Akenji Belinda Umekum, Waste and circular economy

– Antony Ahanda, Waste and ciruclar Economy

– Bery Wingo, Waste and ciruclar Economy

– Chia Seintie, Agriculture and Agrobusiness

– Clinton Takang, professionnal services

– Dornell Gilistro Tchamadeu Weladji, Agriculture and Agrobusiness

– Emmanuella Nyongo, Agriculture and Agrobusiness

– Etinge Mabian, Education and training

– Fortu Sullivan Fon, Energy and cleantech

– Hapsatou Ousmanou, Waste and ciruclar Economy

– Ikose Seraphine Diale, Logistics and mobility

– Jean Kegale Nguele, Agriculture and Agrobusiness

– Jones Kamga, Agriculture and Agrobusiness

– Joseph IV Njoh Njoh, Agriculture and Agrobusiness

– Liroy Wiraghan, Agriculture and Agrobusiness

– Lum Anicho, Agriculture and Agrobusiness

– Mubarack Zynu Labidine, Agriculture and Agrobusiness

– Neba Binwi, Agriculture and Agrobusiness

– Ousmanou Rabihou, Waste and Circular Economy

– Péter Abouengmoh, Agriculture and Agrobusiness

– Princeley Kangmia Gana, Energy and cleantech

– Reina Kpossou, Agriculture and Agrobusiness

– Sonnita Nshari Yibir, Agriculture and Agrobusiness

– Stephen Dave Mbongue Nkengfack, Financial Services- Fintech

– Vanessa Lum Ambe, Waste and ciruclar Economy

Retrouvez tous les noms de lauréats en cliquant sur le lien ci-après. https://www.tonyelumelufoundation.org/wp-content/uploads/dlm_uploads/2026/03/Selected-names-2026-Updated-Design-copy.pdf

Le Programme  Tony Elumelu Foundation vise à consentir 100 millions de dollars au bénéfice de 10 000 entrepreneurs sur une période de dix ans. La première cohorte a été lancée en 2015.

Par Jean Materne Zambo

E-Gov’A 2026 reporté en octobre : un repositionnement stratégique pour maximiser son impact

[Smart Click Africa] – Yaoundé, le 23 mars 2026 – Le Comité d’organisation du Salon E-Gov’A – Salon de l’e-Gouvernance et de l’Innovation Digitale en Afrique – informe le public, les partenaires et l’ensemble des parties prenantes du report de l’édition 2026, initialement prévue du 14 au 16 mai, aux nouvelles dates du 14 au 16 octobre 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé.

Placée sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », cette édition ambitionne de réunir les administrations publiques, les institutions, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de l’écosystème numérique autour des leviers concrets de la transformation digitale des services publics.

Un report dicté par un contexte particulièrement dense

Cette décision, actée à l’issue d’une réunion de travail tenue le 17 mars 2026 au Ministère des Postes et Télécommunications, sous le haut patronage duquel se tient l’événement, fait suite à une analyse approfondie des calendriers nationaux et internationaux.

Le premier semestre 2026 se caractérise en effet par une forte concentration d’événements institutionnels et économiques d’envergure, entraînant une mobilisation importante des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé.

Dans ce contexte, le maintien du Salon pendant la période initiale aurait pu limiter sa visibilité, disperser les ressources et réduire la mobilisation des parties prenantes.

Octobre 2026 : une fenêtre optimale pour un salon à fort impact

Le repositionnement du Salon E-Gov’A aux dates du 14 au 16 octobre 2026 vise à :

  • garantir une mobilisation optimale des institutions publiques et des partenaires internationaux ;
  • offrir une visibilité médiatique renforcée, en dehors des périodes de forte concurrence événementielle ;
  • permettre une préparation plus ambitieuse en termes de contenu, d’exposition et de participation.

Une édition renforcée autour des talents numériques

Le choix du mois d’octobre permet également d’inscrire le Salon dans la dynamique de la rentrée académique et professionnelle, en intégrant un axe structurant dédié aux talents numériques, à la formation et à l’innovation.

À ce titre, E-Gov’A 2026 proposera notamment :

  • un pavillon spécial « Campus & Digital Skills Africa » pour les stands des écoles et institutions de formation en IT;
  • une Journée nationale des talents numériques, prévue le 15 octobre ;
  • un hackathon étudiant, dédié à l’innovation au service des services publics.

Un rendez-vous structurant pour la transformation digitale en Afrique

E-Gov’A s’impose comme une plateforme panafricaine de référence pour :

  • promouvoir la modernisation de l’action publique ;
  • encourager les partenariats public-privé dans le numérique ;
  • accélérer l’adoption de solutions innovantes (IA, GovTech, e-paiement, identité numérique, cybersécurité) ;
  • renforcer la coopération entre États africains en matière de transformation digitale.

Au programme : deux jours d’expositions, de démonstrations, d’ateliers et de conférences (14 et 15 octobre 2026), suivis d’une journée de visites de terrain (16 octobre 2026) auprès d’institutions et d’entreprises engagées dans la transformation numérique.

Appel à la mobilisation

Le Comité d’organisation invite l’ensemble des parties prenantes – administrations publiques, entreprises, startups, institutions de formation et partenaires techniques et financiers – à se mobiliser activement pour faire de cette édition 2026 un succès majeur pour le Cameroun et pour l’Afrique.

Contacts presse et organisation

Beaugas Orain DJOYUM
Président, Smart Click Africa
Président du Comité d’organisation
Email : [email protected]
Tél. : +237 674 61 01 68 / +237 699 41 60 15
Site web : www.e-gov.africa

À propos d’E-Gov’A

E-Gov’A est le Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique. Il vise à accompagner les États et les entreprises dans la modernisation des services publics grâce au numérique et à l’intelligence artificielle, dans une perspective de développement inclusif et durable.

Il est organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, avec le REPTIC et le Cadit comme partenaires stratégiques, sous le haut patronage du Ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun.

Signature officielle

E-Gov’A
Sans cash. Sans papier. Sans rupture.
Pour des services publics numériques plus efficaces, accessibles et interconnectés.

(é) Smart Click Africa

Tchad : L’invite aux solutions innovantes pour transformer durablement l’éducation

[DIGITAL Business Africa] – La modernisation du système éducatif tchadien demeure une priorité. Le Représentant résident de l’UNICEF Tchad a été reçu par le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Michel Boukar, ce 23 mars 2026. Les échanges ont porté sur l’urgence de renforcer le capital humain et de moderniser le système éducatif.

Une conférence internationale est prévue du 9 au 16 mai 2026. L’initiative vise à mobiliser de nouveaux partenaires et à promouvoir des solutions innovantes pour transformer durablement l’éducation au Tchad.

Le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Michel Boukar, a salué cette initiative et proposé d’ouvrir la conférence à des partenaires technologiques, notamment ceux rencontrés lors de sa récente mission à Bakou, afin d’apporter expertise, innovation et nouvelles opportunités.

 

Lois, politiques, plans et régulations en matière de technologie en éducation.

 

Le Tchad a adopté une armada de lois, politiques, plans et régulations en matière de technologie en éducation.

La Loi 06-016 2006-03-13 PR portant orientation du système éducatif tchadien veut adapter facilement le système éducatif aux mutations technologiques.

La stratégie Éducation 2030 Tchad (2020) porte sur l’inclusion éducative des réfugiés au Tchad et vise à ce que les enfants et les jeunes réfugiés achèvent l’ensemble des niveaux d’enseignement avec de meilleurs taux de réussite, par la mise en place de programmes d’éducation innovants, incluant l’usage des TIC.

Similairement, le Plan de réponse pour les réfugiés pour 2019-2020 réitère l’importance de promouvoir les nouvelles technologies dans les zones isolées, de faciliter l’accès universel aux réseaux de téléphonie mobile, d’améliorer le développement de la culture numérique et des plateformes numériques et d’améliorer la communication et la connectivité.

Le Plan stratégique de développement du numérique et des postes 2020-30 vise à mettre en place d’un système de suivi dynamique des indicateurs des TIC-éducation.

Parallèlement, le Plan de développement du numérique et des postes 2021-25, lui, comporte neuf axes stratégiques, dont l’économie numérique, les infrastructures, le capital humain, le contenu et les applications numériques, la cybersécurité et la sûreté, le cadre juridique et institutionnel, la e-gouvernance et l’accès et l’inclusion numérique.

L’axe 8 sur la gouvernance prévoit par exemple la mise en œuvre d’un schéma directeur TIC par toutes les administrations, dont l’éducation.

Le Tchad a adhéré à la conception commune et aux concepts fondamentaux énoncés dans la Déclaration de principes du Sommet mondial sur la société de l’information (2004). Le Plan d’action de ce texte vise à atteindre progressivement les objectifs de la scolarisation universelle en favorisant l’utilisation des produits, réseaux, services et applications qui reposent sur les TIC.

 

À propos d’ UNICEF Tchad

 

L’UNICEF Tchad a contribué à l’amélioration des résultats d’apprentissage en se concentrant sur l’amélioration des pratiques d’enseignement et de la gestion de classe en formant 25 268 enseignants sur les pratiques d’enseignement, le genre, le leadership, l’éducation inclusive et le soutien psychosocial.

L’UNICEF Tchad a soutenu la construction et la réhabilitation de 15 centres de formation des enseignants pour la formation initiale et continue des enseignants et a assuré la fourniture de matériels pédagogiques individuels à 2 505 006 élèves.

Le bureau a capitalisé sur le programme d’enseignement à distance initié pendant la pandémie de COVID-19, complété par des évaluations d’apprentissage et des activités de rattrapage pour assurer la continuité de l’éducation des enfants dans les écoles touchées par les inondations en 2022.

Grâce au partenariat développé avec la compagnie de téléphonie mobile Airtel, 13 lycées et 23 écoles normales d’instituteurs bénéficient gratuitement d’une fourniture en connexion internet, et les élèves aussi accèdent gratuitement à des plateformes d’éducation en ligne.

Par Jean Materne Zambo, source : unicef.org