Accueil Blog Page 8

Cameroun : Avancées, piliers et dangers de l’ IA présentés à un atelier du Minpostel dédié aux administrations publiques   

[DIGITAL Business Africa] – Les administrations publiques se retrouvent au ministère des Postes et Télécommunications le temps de deux jours. Un atelier sur les enjeux de l’intelligence artificielle y est organisé du 17 au 18 février 2026. Le thème des travaux est : « Intelligence artificielle, le responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ». 

La cérémonie d’ouverture des travaux a connu la présidence de la ministre des Postes  et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng accompagnée du ministre  de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lé et d’autres personnalités de marque.

À l’issue des travaux, les participants devraient produire des contributions exploitables, qui respectent les réalités et les ambitions de la Stratégie nationale de Développement (SND30).

Deux exposés poignants ont été  servis d’entrée. D’abord celui du directeur général de la Caisse nationale de Prévoyance sociale (CNPS). Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame a présenté les avantages de l’IA au sein de l’administration. D’après lui, la CNPS a engagé une dynamique de transformation numérique intégrant des solutions IA à la disposition de ses assurés.

Notamment un système d’identification biométrique, de reconnaissance facile pour le dépôt des pièces de maintien de droit à distance basé sur l’IA connexionniste ; un système d’auto-traitement de dossiers de pensions de vieillesse basé sur l’IA symbolique ; un système de réponse automatique aux clients pour leur information ; un porte-monnaie électronique (MA CNPS À MOI). Ce qui a permis à la CNPS d’améliorer la gestion et l’analyse des données des assurés.

 

Les dangers de l’ IA avancée 

 

Cependant, le DG recommande de sortir du consumérisme des logiciels générés par les entreprises étrangères et de proposer des solutions locales. Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame est certain qu’avant 2030, 99 % des métiers seront obsolètes. La puissance de calcul pour faire de l’IA générative, c’est 100 fois la capacité énergétique des datacenters actuelle.

L’IA générative pourra causer des problèmes d’ordre public, notamment le chômage. On pourrait se retrouver avec un taux de chômage extrêmement élevé, ajoute-t-il.

Sur le plan fiscal, les impôts ne pourraient plus être payés car celui qui ne travaille pas ne peut payer d’impôts. Les caisses de l’État seraient vides. Il faut donc repenser un nouveau modèle de gouvernance (éducationnel, social…), a indiqué le DG.

Le DG affirme que certains pays développés ont dépensé plus de 500 milliards de dollars pour développer l’IA générative. « L’IA avancée, c’est l’IA de singularité. Ce qui signifie que cette technologie va développer sa propre intelligence », a-t-il dit.

Sur les deepfakes, le DG suggère de créer des logiciels de détection de discernement du faux du vrai. Il appelle la ministre des Postes et Télécommunications à jouer pleinement le rôle de refonder le système d’éducation et à privilégier la culture générale.

A la suite du DG de la CNPS, Jean-Jacques Essome Bell, chef d’entreprise et consultant, s’est appesanti sur les priorités de l’IA à l’avenir :

« L’IA n’est plus une promesse futuriste, c’est une réalité. Le grand public utilise déjà l’IA. En 2026, les priorités sont d’un autre ordre. Le chiffre d’affaires dans le monde dépasse les 300 milliards de dollars. L’IA va permettre d’ajouter 10 % au PIB mondial d’ici 2030 et 6 % au PIB de l’Afrique d’ici 2030, soit près de 400 milliards de dollars ».

D’après l’expert, en 2026, il y a également d’autres priorités. Le nombre de deepfakes est passé de 500 000 deepfakes en 2023 à 8 millions en 2026. Donc 22 milliers de deepfakes chaque jour. Moins de 5 % de données pour entraîner l’IA proviennent de l’Afrique, et 33 pays ont créé une autorité dédiée à l’IA.

 

 

Les piliers d’une IA avancée

 

Parmi ces piliers, il y a la qualité et la fiabilité des résultats. L’expert prescrit à Il une base de données pour éviter des hallucinations ou biais de données. 63 % des entreprises utilisant l’IA pour le recrutement ont signalé que les algorithmes ont montré des biais en faveur des candidats masculins par rapport aux candidates féminines.

Ensuite, le carburant. L’expert ajoute qu’il faut des données. Comment en créer ? Où sont stockées ces données ? Disposons-nous de la vitesse de traitement ?

Selon l’expert, lorsque les données sont stockées ailleurs cela ne garantit pas une sécurité. Jusqu’en 2024, il n’y a que 5 pays africains qui disposaient de plus de datacenters. Pendant que la France en avait 300.

L’Afrique c’est seulement 1 % d’implémentation de recommandations. Puis le pilier de l’impact. En Afrique, l’IA est seulement utilisée pour la consommation (réseaux sociaux, divertissements) alors que la technologie doit être utilisée pour la transformation. Diverses catégories de mesures pour un usage responsable de l’IA. Il faut sensibiliser les populations, recommande-t-il.

Et enfin, le moteur de croissance. Jean-Jacques Essome Bell dit que les startups ont leur rôle à jouer. Mais 10 % seulement sont à la technologie de pointe. Il faut financer les startups pour que les pays puissent tirer avantage de l’IA.

Par Jean Materne Zambo

AI Impact Summit 2026 : l’Inde impose la voix du Sud dans la gouvernance mondiale de l’IA

0

[DIGITAL Business Africa] – L’Inde a officiellement lancé le « AI Impact Summit 2026 », un rendez-vous international majeur dédié aux enjeux politiques, économiques, industriels et sociétaux de l’intelligence artificielle. Organisé du 16 au 20 février 2026 au Bharat Mandapam, le sommet marque une inflexion stratégique : pour la première fois, le débat mondial sur l’IA s’organise depuis un pays du Sud, avec l’ambition assumée de rééquilibrer une gouvernance longtemps dominée par les économies avancées.

Première édition d’envergure mondiale accueillie par un pays en développement, l’événement réunit des délégations de plus de 100 pays, dont 15 à 20 chefs de gouvernement, plus de 50 ministres et plus de 40 dirigeants de grandes entreprises technologiques internationales et indiennes. Cette mobilisation traduit la volonté de faire émerger une approche plus inclusive de l’IA, intégrant les priorités des économies du Sud : accès équitable aux technologies, souveraineté des données, usages adaptés aux réalités locales et réduction des fractures numériques.

La présence annoncée de figures majeures de la tech mondiale comme Sam Altman (OpenAI), Sundar Pichai (Google), Dario Amodei (Anthropic) et Mukesh Ambani (Reliance Industries) illustre l’intérêt du secteur privé pour ce nouveau centre de gravité du débat mondial, désormais ancré au Sud.

Le Premier ministre indien Narendra Modi inaugure ce 16 février à 17 h (IST) l’exposition consacrée à l’impact de l’IA, avant de présider le sommet de haut niveau de deux jours prévu les 19 et 20 février prochains. Il participera également à une table ronde stratégique réunissant des PDG mondiaux, axée sur la régulation, l’innovation responsable et l’inclusion numérique, des thématiques centrales pour les pays émergents qui cherchent à tirer parti de l’IA sans en subir les dérives.

Le « AI Impact Summit 2026 » s’inscrit dans la continuité des grandes rencontres internationales sur l’intelligence artificielle, après le Sommet d’action sur l’IA de Paris coprésidé par Narendra MODI en 2025, la réunion de Séoul en 2024 et la première édition tenue à Bletchley Park, au Royaume-Uni, en 2023. Mais, à la différence de ces précédents rendez-vous, New Delhi entend porter une voix collective du Sud, plus prescriptive et orientée vers l’action.

Au-delà du programme institutionnel, la Semaine de l’impact de l’IA proposera plus de 500 événements parallèles panels d’experts, ateliers techniques, démonstrations sectorielles et rencontres B2B. Le sommet fera également office de salon international de l’IA, avec plus de 840 exposants, incluant des délégations nationales, des ministères, des géants technologiques, des startups spécialisées et des laboratoires de recherche issus aussi bien du Nord que du Sud.

Par son ampleur et son positionnement géopolitique, le « AI Impact Summit 2026 » s’impose comme l’un des plus vastes rassemblements mondiaux jamais consacrés à l’intelligence artificielle. Il aborde des thématiques clés : gouvernance des données, souveraineté numérique, innovation industrielle, sécurité des systèmes intelligents et impact social de l’automatisation en les replaçant dans les priorités des économies émergentes.

Durant toute la semaine, des annonces majeures sont attendues sur les politiques publiques de l’IA, les partenariats internationaux et les cadres de régulation émergents. En accueillant ce sommet, l’Inde ne se contente plus de participer au débat mondial : elle entend désormais imposer la voix du Sud dans la définition des règles qui façonneront l’avenir de l’intelligence arti ficielle à l’échelle planétaire.

Par Loïc SOUOP

 

Affaire Epstein: Fuite des données d’une personnalité ivoirienne, la souveraineté numérique de l’Afrique est-elle voilée ?

[DIGITAL Business Affricha] – La justice française se saisit du dossier brûlant Epstein. Le parquet de Paris a annoncé, le 14 février 2026, avoir désigné les magistrats chargés d’analyser l’affaire. En attendant son issue, Nina Keita fait déjà les frais de la méga fuite des données personnelles des personnalités africaines et mondiales épinglées dans l’affaire Epstein.

La nièce du président de la République de Côte d’Ivoire, S.E Alassane Ouattara, apparait 300 fois dans les dossiers diffusés par la justice américaine. La deuxième figure de la société publique de gestion des fonds pétroliers de Côte d’Ivoire (Gestoci) est citée dans l’affaire de pédopornographie qui éclabousse la sphère politique mondiale.

Nina Keita aurait entretenu, entre 2011 et 2018, une correspondance avec Jeffrey Epstein, mort en prison à New York en 2019, condamné pour incitation à la prostitution de mineurs en 2008. Des données (images, correspondances…) semblent donner du crédit à cette allégation.

Nina Keita aurait présenté en 2011 son oncle Alassane Ouattara au défunt Jeffrey Epstein à New York et organisé, en 2012, une deuxième rencontre, à Abidjan. Lors de cette rencontre, l’Américain aurait vu plusieurs ministres en exercice pour discuter de projets d’investissements.

Nina Keita aurait également servi d’intermédiaire entre Alassane Ouattara et Jeffrey Epstein dans les négociations qui ont abouti à l’achat, en 2014, d’un système de surveillance à Israël, et à celui d’un Boeing 727 pour la présidence.

En 2012, après la crise politique, Epstein écrit à Ehud Barak, l’ancien Premier ministre israélien devenu intermédiaire dans la vente d’armes :

« Avec l’explosion des troubles civils et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? » À terme, un important système de surveillance sera vendu à la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. Jeffrey Epstein rencontre le fils du président et sa nièce également.

D’après les informations diffusées, l’ex-président Sénégalais Macky Sall aurait gracié Karim Wade en juin 2016. Cela suite à des pressions d’Epstein. Il affirme avoir personnellement réglé un solde financier et il évoque la volonté d’exercer des pressions diplomatiques sur Macky Sall.

Malgré les solutions innovantes made in Africa, dont le cloud 100 % africain, les datacenters nationaux, l’Afrique dépend quasiment des GAFAM en matière de services de messagerie. On en distingue plusieurs catégories : le courrier électronique (e-mail) pour la communication formelle ou asynchrone, et la messagerie instantanée pour les échanges en temps réel. Les leaders incluent Gmail, Outlook (e-mail), ainsi que WhatsApp, Telegram et Signal (instantanée).

Par Jean Materne Zambo, sources : rfi.fr, lemonde.fr

Encadrer l’IA : Ashwini Vaishnaw plaide pour des solutions technico-juridiques et un consensus mondial

[DIGITAL Business Africa] – Lors de l’AI Impact Summit 2026, le ministre indien de l’Union pour l’Électronique et les Technologies de l’information, Ashwini Vaishnaw, a abordé la question cruciale de l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et de la protection des droits de propriété intellectuelle dans le développement des modèles d’IA.

Dans une discussion avec l’ancien diplomate américain Charles Rivkin, Vaishnaw a souligné que les modèles de base d’IA, entraînés à partir de données disponibles dans le domaine public (livres, articles scientifiques, films, vidéos et autres contenus), soulèvent des défis complexes pour récompenser équitablement les créateurs tout en favorisant l’innovation.

« Les modèles de base sont formés à partir des connaissances disponibles dans le domaine public : livres, périodiques, revues, films, vidéos et toutes autres sources de contenu. Ce modèle constitue-t-il la meilleure façon de récompenser les créateurs ? Des améliorations sont-elles possibles ? Faut-il mettre en place les garde-fous nécessaires pour garantir un juste équilibre entre propriété intellectuelle et innovation ? », a souligné le ministre, posant ainsi des questions fondamentales sur la gouvernance et l’éthique de l’IA.

Pour Vaishnaw, une simple réglementation ne suffirait pas à répondre à ces enjeux. « Cela exigerait un consensus important et la création d’outils technologiques. Pour des problèmes aussi complexes, nous avons besoin de solutions technico-juridiques, c’est-à-dire des solutions qui prennent en compte les lois tout en intégrant des garde-fous techniques et des mécanismes d’équilibrage dans les modèles d’IA et dans leur déploiement », a-t-il expliqué.

Le ministre a précisé que son ministère collabore étroitement avec le secteur privé pour identifier les structures techniques et juridiques appropriées. Il a également insisté sur le fait que ces discussions devraient être menées à l’échelle mondiale, avec un consensus entre pays afin de créer un cadre harmonisé et efficace.

Soulignant l’importance d’une protection solide des droits d’auteur pour renforcer la confiance des investisseurs et stimuler l’innovation, Charles Rivkin a ajouté : « Lorsque les droits ne sont pas clairs, la tolérance au risque est faible », tout en rappelant la rapidité avec laquelle l’intelligence artificielle évolue.

Cet échange met en lumière la complexité de la gouvernance de l’IA et la nécessité d’un équilibre entre propriété intellectuelle, innovation et sécurité. Alors que l’IA continue de se déployer dans tous les secteurs, la recherche de solutions technico-juridiques et d’un consensus mondial apparaît comme un défi prioritaire pour les États et l’industrie, qui doivent collaborer pour établir des standards fiables et équitables.

Par Loïc SOUOP

 

 

Tunisie : 192 projets numériques pour moderniser l’administration et stimuler l’investissemen

[DIGITAL Business Africa] – La Tunisie met le cap sur la digitalisation complète de ses services publics. Le gouvernement tunisien renforce son engagement pour rapprocher l’administration des citoyens, améliorer la transparence et créer un environnement favorable à l’innovation et à l’investissement. Lors d’un conseil ministériel tenu le 13 février 2026 au palais de La Kasbah, Sarra Zaâfrani Zenzri, la cheffe du gouvernement, a confirmé que 192 projets numériques sont actuellement en cours à l’échelle nationale. Cette initiative s’inscrit dans le Plan de développement 2026-2030 et marque un tournant décisif dans la modernisation des services publics en Tunisie.

L’objectif est clair : simplifier les démarches administratives, réduire les délais de traitement, renforcer la transparence des transactions et soutenir l’attractivité du pays pour les entreprises et les investisseurs. La transformation numérique est également vue comme un outil pour lutter contre la corruption, la fraude fiscale et les pratiques informelles, tout en rendant l’État plus efficace et accessible.

Plusieurs projets sont déjà opérationnels ou en cours de déploiement. On peut citer notamment : un portail unifié des services administratifs, le timbre fiscal électronique, le paiement à distance de certaines taxes, la plateforme nationale des permis de construire « Taamir », les services en ligne pour la carte d’identité nationale, ainsi que des systèmes dédiés à l’exportation et à l’interopérabilité des administrations. Ces outils visent à offrir aux citoyens et aux entreprises une expérience plus simple, rapide et sécurisée.

La Tunisie bénéficie d’un contexte numérique favorable : selon le rapport Digital 2026 : Tunisia de DataReportal, 84,3 % de la population utilise Internet, tandis que le nombre de connexions mobiles dépasse largement le nombre d’habitants. Ce niveau d’adoption offre une base solide pour développer et généraliser les services publics en ligne.

Le gouvernement entend désormais prioriser les projets ayant un impact direct pour les citoyens et les investisseurs, tout en renforçant la cybersécurité, la protection des données personnelles et l’interopérabilité des systèmes. Un plan national de communication sera déployé pour encourager l’appropriation des services numériques et maximiser leur utilisation.

Dans un contexte où l’économie tunisienne cherche à retrouver sa dynamique, ces initiatives numériques représentent un levier stratégique à la fois pour moderniser l’administration et pour attirer les investissements étrangers et locaux, offrant un cadre plus transparent, efficace et fiable pour les acteurs publics et privés.

Par Loïc SOUOP

 

 

Côte d’Ivoire : Promouvoir le patrimoine culturel à travers les outils numériques

[DIGITAL Business Africa] – Dans le sillage du bateau de Djibril Ouattara, l’écume de plusieurs initiatives. Le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique est passé chez son homologue de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck Tohe, ce 13 février 2026 au 4ème étage de la Tour B.

Le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Djibril Ouattara, a échangé avec la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck Tohe sur plusieurs sujets stratégiques. Notamment la convergence entre culture et numérique, la digitalisation du secteur culturel, ainsi que la valorisation du patrimoine culturel ivoirien à travers les outils numériques.

De plus, les deux autorités ont  évoqué les enjeux liés à la promotion de la francophonie à l’ère du numérique, en mettant en avant l’importance d’une présence accrue des contenus culturels dans l’espace digital.

La rencontre a également été l’occasion de faire un point de présentation sur le niveau d’avancement de la Cité du Numérique et de la Culture. Le projet a mobilisé  un financement de 95,13 millions USD. En novembre 2024, le projet de Cité du Numérique et de la Culture a été approuvé par le parlement ivoirien pour mener à bien les projets du ministère chargé du Numérique en 2025.

Cette cité devrait intégrer et regrouper dans un lieu unique des infrastructures technologiques de dernière génération, des incubateurs ainsi que des espaces dédiés à la création et à la promotion des arts et de la culture ivoirienne.

Les discussions entre le ministre en charge du Numérique  et de la culture ont permis de partager une vision commune de ce projet structurant, appelé à devenir un pôle stratégique de synergie entre innovation technologique, création culturelle et développement des talents.

Le ministre  de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Djibril Ouattara, a entamé une série  de visites quelques jours après sa prise de fonctions. Il s’est rendu à Grand-Bassam pour découvrir le datacenter de ST Digital. Mais avant, il était  déjà à  la Société nationale de Développement informatique (SNDI), à l’Agence nationale du service universel des télécommunications/TIC (ANSUT) et à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Par Jean Matern Zambo, source: MTNIT 

AI Impact Summit 2026 : l’Inde impose la voix du Sud dans la gouvernance mondiale de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – L’Inde a officiellement lancé le « AI Impact Summit 2026 », un rendez-vous international majeur dédié aux enjeux politiques, économiques, industriels et sociétaux de l’intelligence artificielle. Organisé du 16 au 20 février 2026 au Bharat Mandapam, le sommet marque une inflexion stratégique : pour la première fois, le débat mondial sur l’IA s’organise depuis un pays du Sud, avec l’ambition assumée de rééquilibrer une gouvernance longtemps dominée par les économies avancées.

Première édition d’envergure mondiale accueillie par un pays en développement, l’événement réunit des délégations de plus de 100 pays, dont 15 à 20 chefs de gouvernement, plus de 50 ministres et plus de 40 dirigeants de grandes entreprises technologiques internationales et indiennes. Cette mobilisation traduit la volonté de faire émerger une approche plus inclusive de l’IA, intégrant les priorités des économies du Sud : accès équitable aux technologies, souveraineté des données, usages adaptés aux réalités locales et réduction des fractures numériques.

La présence annoncée de figures majeures de la tech mondiale comme Sam Altman (OpenAI), Sundar Pichai (Google), Dario Amodei (Anthropic) et Mukesh Ambani (Reliance Industries) illustre l’intérêt du secteur privé pour ce nouveau centre de gravité du débat mondial, désormais ancré au Sud.

AI Impact Summit 2026 : l’Inde impose la voix du Sud dans la gouvernance mondiale de l’IA

Le Premier ministre indien Narendra Modi inaugure ce 16 février à 17 h (IST) l’exposition consacrée à l’impact de l’IA, avant de présider le sommet de haut niveau de deux jours prévu les 19 et 20 février prochains. Il participera également à une table ronde stratégique réunissant des PDG mondiaux, axée sur la régulation, l’innovation responsable et l’inclusion numérique, des thématiques centrales pour les pays émergents qui cherchent à tirer parti de l’IA sans en subir les dérives.

Le « AI Impact Summit 2026 » s’inscrit dans la continuité des grandes rencontres internationales sur l’intelligence artificielle, après le Sommet d’action sur l’IA de Paris coprésidé par Narendra MODI en 2025, la réunion de Séoul en 2024 et la première édition tenue à Bletchley Park, au Royaume-Uni, en 2023. Mais, à la différence de ces précédents rendez-vous, New Delhi entend porter une voix collective du Sud, plus prescriptive et orientée vers l’action.

Au-delà du programme institutionnel, la Semaine de l’impact de l’IA proposera plus de 500 événements parallèles panels d’experts, ateliers techniques, démonstrations sectorielles et rencontres B2B. Le sommet fera également office de salon international de l’IA, avec plus de 840 exposants, incluant des délégations nationales, des ministères, des géants technologiques, des startups spécialisées et des laboratoires de recherche issus aussi bien du Nord que du Sud.

Par son ampleur et son positionnement géopolitique, le « AI Impact Summit 2026 » s’impose comme l’un des plus vastes rassemblements mondiaux jamais consacrés à l’intelligence artificielle. Il aborde des thématiques clés : gouvernance des données, souveraineté numérique, innovation industrielle, sécurité des systèmes intelligents et impact social de l’automatisation en les replaçant dans les priorités des économies émergentes.

Durant toute la semaine, des annonces majeures sont attendues sur les politiques publiques de l’IA, les partenariats internationaux et les cadres de régulation émergents. En accueillant ce sommet, l’Inde ne se contente plus de participer au débat mondial : elle entend désormais imposer la voix du Sud dans la définition des règles qui façonneront l’avenir de l’intelligence arti ficielle à l’échelle planétaire.

Par Loïc SOUOP

 

Burkina Faso : l’État impose aux géants télécoms de bâtir localement, au risque de peser sur l’investissement numérique

[Digital Business Africa] – Le Burkina Faso renforce son cadre réglementaire à l’égard des grandes entreprises. Réuni en Conseil des ministres le jeudi 12 février 2026, le gouvernement a adopté un décret obligeant les sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins 5 milliards FCFA sur les trois derniers exercices à construire leur siège social sur le territoire national. Une mesure qui concerne directement les opérateurs de téléphonie mobile, parmi les entreprises les plus actives économiquement dans le pays.

Le texte fixe des normes de construction différenciées selon la taille des entreprises, réparties en quatre catégories, couvrant des chiffres d’affaires allant de moins de 10 milliards à plus de 100 milliards FCFA. L’objectif affiché est double : ancrer davantage les grandes entreprises dans l’économie locale et renforcer l’urbanisme moderne dans les pôles stratégiques.

La catégorie A, réservée aux entreprises générant au moins 100 milliards FCFA de chiffre d’affaires annuel, impose la construction d’un immeuble d’au minimum R+7, avec parking souterrain et en surface, intégrant des critères d’efficacité énergétique. Deux opérateurs télécoms sont concernés : Moov Africa et Orange Burkina Faso.
Selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Onatel a enregistré un chiffre d’affaires de 117,19 milliards FCFA en 2024, après 111,76 milliards en 2023 et 120,83 milliards en 2022. Orange Burkina Faso affiche, pour sa part, 332,91 milliards FCFA en 2024, contre 299,93 milliards en 2023 et 251,77 milliards en 2022.

Telecel Faso relève de la catégorie C, qui concerne les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 10 et 50 milliards FCFA. Celles-ci doivent ériger au minimum un immeuble R+4 avec parking en surface. L’opérateur a réalisé 40,44 milliards FCFA en 2024, après 42,41 milliards en 2023 et 45,68 milliards en 2022.

Les entreprises concernées disposent d’un délai de six mois pour soumettre leurs dossiers à une commission interministérielle, puis de 36 mois pour achever les travaux. Pour accompagner la mesure, l’État prévoit des exonérations sur les matériaux de construction et la possibilité d’acquérir des terrains aménagés auprès de la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR).

Cette politique est déjà en phase d’exécution. Le 3 février, Moov Africa a posé la première pierre de son futur siège dans la zone d’activités commerciales et administratives (ZACA) de Ouagadougou. Implanté sur une parcelle d’environ 7 000 m², le bâtiment, un R+5 extensible en R+7, représente un investissement estimé à 9 milliards FCFA. Les autorités y voient un symbole de modernité, de souveraineté numérique et d’engagement en faveur du développement durable.

Un arbitrage délicat entre immobilier et infrastructures numériques

Reste toutefois une interrogation majeure : ces nouvelles obligations immobilières ne risquent-elles pas de réduire la capacité d’investissement des opérateurs télécoms dans les réseaux ? Le gouvernement affiche pourtant des ambitions élevées en matière de transformation digitale, avec la généralisation du haut débit, l’accélération du déploiement de la fibre optique et l’extension des infrastructures dans les zones blanches.

En août 2024, la ministre de la Transition digitale, Aminata Zerbo Sabane, indiquait que le taux de couverture de la téléphonie mobile atteignait 85 %, contre 64 % pour l’Internet 3G et 46 % pour la 4G. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet au Burkina Faso s’élevait à 17 % en 2023, contre 55,9 % pour la téléphonie mobile.

À cela s’ajoute l’absence de 5G commerciale, dont le déploiement requiert des investissements lourds. Une étude publiée en 2022 par Ericsson estime le coût initial de lancement de la 5G entre 3 et 8 milliards USD, avec 20 à 35 % d’investissements supplémentaires nécessaires pour une couverture nationale.

Dans ce contexte, la nouvelle politique immobilière du Burkina Faso apparaît comme un choix structurant, mais dont l’impact réel sur la capacité d’investissement numérique des opérateurs devra être étroitement suivi, alors que le pays cherche à accélérer son intégration dans l’économie digitale régionale.

Par Loïc SOUOP

Santé numérique : le Maroc enclenche la dématérialisation des soins avec la feuille de soins électronique

[Digital Business Africa] – Le Maroc s’apprête à franchir une étape clé dans la modernisation de son système de santé. La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) prévoit de lancer, dès la fin mars 2026, une phase pilote de la feuille de soins électronique (FSE) dans la ville de Kénitra. Cette expérimentation marque le point de départ d’un vaste chantier de dématérialisation, dont la généralisation progressive à l’échelle nationale est attendue entre avril et juin 2026, sous réserve de la validation des prérequis techniques et réglementaires.

La FSE ambitionne de transformer en profondeur le parcours administratif des soins. Médecins, pharmaciens et autres professionnels de santé pourront désormais transmettre électroniquement les données liées aux consultations, examens et prescriptions aux organismes d’assurance maladie, sans passer par les dossiers papier. Concrètement, le prescripteur établit l’ordonnance via son logiciel métier ou le portail FSE de la CNSS. Le patient reçoit une prescription intégrant un QR code et un numéro FSE unique. Lors de la délivrance des soins ou des médicaments, le professionnel scanne simplement ce code pour accéder au dossier, renseigner les actes réalisés et assurer un suivi en temps réel, sécurisé et traçable.

Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation du système sanitaire marocain, visant à améliorer la coordination entre les acteurs, réduire les délais de remboursement et renforcer la fiabilité des données administratives. La FSE vient ainsi compléter d’autres projets structurants, comme le Dossier médical partagé (DMP) et la future carte de santé numérique, appelés à centraliser les informations médicales et à fluidifier l’accès aux soins, tout en générant des gains d’efficacité pour les caisses d’assurance.

Au-delà de la simplification administrative, la feuille de soins électronique revêt une dimension stratégique pour l’ensemble du système de santé. Le secteur représente environ 6 % du PIB marocain, un niveau encore inférieur à celui des pays développés, où il dépasse souvent les 10 %. Il demeure confronté à des coûts de gestion élevés, à des délais de remboursement parfois longs et à une forte dépendance aux procédures papier. La généralisation de la FSE devrait permettre de fiabiliser les flux de données, de réduire les contentieux liés aux dossiers incomplets ou perdus et de diminuer significativement les coûts administratifs, estimés à plusieurs centaines de millions de dirhams par an pour les organismes d’assurance maladie.

À terme, cette réforme devrait également offrir aux autorités sanitaires des outils de pilotage plus précis, fondés sur des données consolidées et exploitables, renforçant ainsi la gouvernance et l’efficacité du système de santé marocain à l’ère du numérique.

Par Loïc SOUOP

Maroc : la 5G comme levier de rebond après une année contrastée sur le marché marocain

[Digital Business Africa] – L’année 2025 aura été celle des ajustements stratégiques pour Maroc Telecom. L’opérateur historique a publié des résultats financiers marqués par un ralentissement de son activité domestique, dans un environnement concurrentiel et réglementaire toujours plus exigeant. Sur le marché marocain, le chiffre d’affaires recule de 2,4 %, à 18,7 milliards de dirhams, confirmant une pression persistante sur les revenus traditionnels.

Après neuf mois difficiles, un frémissement est toutefois apparu au quatrième trimestre 2025, avec une croissance de 0,4 % des revenus au Maroc. Une embellie portée par la dynamique de la data mobile et fixe, stimulée notamment par la forte consommation numérique liée à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui a dopé les usages data sur les réseaux de l’opérateur.

La data mobile s’impose plus que jamais comme le moteur de croissance, avec une progression annuelle de 5,1 %, tandis que la data fixe affiche une hausse de 4,4 %. Cette performance repose en grande partie sur l’expansion rapide de la fibre optique. Le parc FTTH enregistre une croissance spectaculaire de 35 %, permettant de compenser partiellement le recul structurel de l’ADSL, dont l’érosion continue de peser sur le débit fixe rapide.

Un tournant stratégique majeur est intervenu en novembre 2025, avec le lancement commercial de la 5G. Maroc Telecom a procédé à un déploiement soutenu de sites afin d’atteindre, dès la fin de l’année, une couverture de 38 % de la population. Cette nouvelle génération de réseau est appelée à jouer un rôle central dans la relance des usages, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises et les services numériques à forte valeur ajoutée.

Côté parc, la situation reste globalement stable. Le nombre total d’abonnés au Maroc s’établit à 22 millions, dont 19,2 millions de clients mobiles (+0,2 %) et 1,64 million de lignes fixes (-0,3 %). Si le segment mobile prépayé marque le pas (-0,8 %), le postpayé progresse de 6,6 %, traduisant une montée en gamme progressive de la base clients. Le parc Internet mobile 3G/4G/5G se maintient à 11 millions d’utilisateurs, tandis que le haut débit fixe recule légèrement à 1,42 million d’accès (-2,1 %), sous l’effet du déclin de l’ADSL que la fibre ne compense pas encore totalement.

Pour 2026, les défis restent nombreux : intensification de la concurrence, contraintes réglementaires, accélération nécessaire du déploiement FTTH et poursuite des programmes de digitalisation. Néanmoins, avec une 5G désormais opérationnelle, une base clients relativement résiliente et une situation financière assainie, Maroc Telecom semble disposer des leviers nécessaires pour repositionner la croissance sur son marché domestique et renforcer son rôle dans l’écosystème numérique marocain.

Par Loïc SOUOP

Source : Maroc TELECOM

Télécoms : le Brésil séduit les investisseurs étrangers avec un afflux record de capitaux

[Digital Business Africa] – Le secteur des télécommunications au Brésil confirme son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Selon les données de la Banque centrale du Brésil, analysées par le ministère des Communications, les investissements étrangers ont atteint 7,44 milliards de dollars en 2025, soit 39,1 milliards de reais, marquant une hausse de 20,4 % par rapport à 2024, où ils s’élevaient à 6,17 milliards de dollars (32,4 milliards de reais).

Rapporté à l’année, ce flux représente plus de 107 millions de reais investis chaque jour dans les télécommunications. Un niveau qui illustre l’intérêt soutenu des capitaux internationaux pour l’infrastructure numérique brésilienne, notamment dans la connectivité, l’extension des réseaux et la modernisation des services, considérés comme des piliers de l’inclusion numérique, de l’innovation et de la croissance économique.

Pour le ministre des Communications, Frederico de Siqueira Filho, ces chiffres confirment la place stratégique du pays sur l’échiquier mondial :

Télécoms : le Brésil séduit les investisseurs étrangers avec un afflux record de capitaux

« Cette croissance montre que le monde voit le Brésil comme un environnement sûr et prometteur pour les investissements. La connectivité est aujourd’hui une infrastructure essentielle, et investir dans ce secteur, c’est créer plus d’accès, plus de développement et plus d’opportunités pour la population », souligne-t-il.

Ces investissements étrangers jouent un rôle clé dans l’accélération du déploiement de la 5G, l’extension de l’Internet vers les zones les plus reculées et la modernisation globale des infrastructures numériques, contribuant ainsi à réduire les disparités régionales.

Les effets sont déjà visibles. La couverture 5G est passée de 352 municipalités fin 2023 à plus de 1 300 villes en 2025, traduisant une montée en puissance rapide du très haut débit mobile. Parallèlement, des programmes structurants comme Northeast Connected et North Connected participent à cette dynamique en déployant des réseaux à haut débit dans 20 villes de six États, au bénéfice de près de 490 000 élèves, avec la connexion de 473 écoles, 62 établissements d’enseignement et de recherche, ainsi que l’installation de points Wi-Fi dans des espaces publics.

À travers cet afflux massif de capitaux, le Brésil consolide ainsi son positionnement comme marché clé des télécommunications en Amérique latine, où la connectivité devient un levier central de développement économique et social.

Par Loïc SOUOP

Égypte : une plateforme nationale dopée à l’IA pour structurer l’innovation et l’entrepreneuriat

[Digital Business Africa] – L’Agence pour le développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) a officiellement lancé, le jeudi 12 février au Caire, une version profondément remaniée d’« Egypt Innovate », présentée comme la première plateforme numérique nationale entièrement intégrée dédiée à l’innovation et à l’entrepreneuriat. L’annonce a été faite en marge du salon AI Everything Middle East & Africa, organisé au Centre international des expositions d’Égypte, en présence de délégations venues de plus de 30 pays.

La plateforme est développée et opérée par un consortium conduit par Entlaq, en partenariat avec Robusta et Kamelizer. Cette alliance public-privé vise à créer un point d’accès unifié reliant start-up, investisseurs, universités, centres de recherche et institutions publiques au sein d’un même environnement numérique.

Selon Ahmed ElZaher, PDG de l’ITIDA, la nouvelle mouture d’« Egypt Innovate » s’inscrit dans la stratégie nationale de construction d’une économie fondée sur la connaissance, s’appuyant sur la donnée et les technologies avancées pour soutenir une croissance durable. La plateforme ambitionne notamment de faciliter l’accès au financement, grâce à une base de données dynamique mettant en avant les modèles économiques et propositions de valeur des jeunes pousses, tout en renforçant la visibilité de l’écosystème égyptien à l’échelle régionale et internationale.

Un accent stratégique est également mis sur la production de contenus spécialisés en langue arabe, perçue par les autorités comme un levier clé d’inclusion numérique et de montée en compétences locales. La disponibilité de ressources techniques et entrepreneuriales dans la langue maternelle des porteurs de projets est censée élargir l’accès aux opportunités et conforter l’Égypte dans son ambition de devenir un hub régional de l’innovation.

À l’issue de sa phase pilote, « Egypt Innovate » fédère déjà 780 entités – start-up, investisseurs, incubateurs et centres de recherche – et héberge plus de 3 700 contenus sectoriels. La communauté rassemble par ailleurs plus de 81 000 utilisateurs inscrits, appuyés par un réseau d’experts mobilisés pour l’accompagnement entrepreneurial.

Sur le plan technologique, la plateforme intègre plusieurs outils fondés sur la donnée et l’intelligence artificielle : assistant numérique, cartographie interactive de l’écosystème, système automatisé de mise en relation entre start-up et investisseurs, ainsi qu’un centre d’apprentissage proposant formations, mentorat et simulations entrepreneuriales. Un mécanisme d’auto-vérification des données, basé sur la mise à jour directe par les entités référencées, vise à garantir la fiabilité et l’actualisation continue des informations.

Cette initiative vient compléter un arsenal déjà étoffé de dispositifs publics et privés destinés à structurer et financer l’écosystème entrepreneurial égyptien, aujourd’hui l’un des plus dynamiques de la région. En 2025, les start-up locales ont levé près de 614 millions de dollars en capital-risque et en financement par emprunt, selon le ministère égyptien de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale. Dans ce contexte porteur, « Egypt Innovate » entend jouer un rôle de catalyseur, en renforçant la coordination entre acteurs et en fluidifiant l’accès aux opportunités de financement dans un marché en pleine maturation.

Par Loïc SOUOP

Sénégal : la police lance une plateforme numérique pour mieux lutter contre la cybercriminalité

[Digital Business Africa] – La Direction générale de la police nationale (DGPN) a officiellement mis en service, le jeudi 12 février, une plateforme nationale de signalement des infractions cybercriminelles. Accessible à l’adresse signalementcyber.dgpn.sn, cet outil numérique ambitionne de simplifier la dénonciation et le traitement des actes de cybercriminalité, en nette augmentation au Sénégal, avec une attention particulière portée à la protection des enfants en ligne.

La plateforme permet aux citoyens de signaler, de façon sécurisée et confidentielle, un large éventail d’infractions numériques. Sont notamment concernés les cas d’escroqueries en ligne, de harcèlement et de diffamation sur Internet, de diffusion de contenus illicites ou obscènes, d’extorsion numérique, de cyberpédopornographie, de discours haineux, mais aussi les intrusions dans les systèmes informatiques, le piratage de comptes, l’usurpation d’identité, le SIM swap, les arnaques sentimentales, les faux investissements, les fraudes liées au mobile money, les faux recrutements, les paiements frauduleux et les fausses ventes en ligne.

Selon Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, cité par le média local SocialNetLink, le dispositif offre aux victimes la possibilité d’effectuer un pré-signalement en ligne, avant de déposer formellement une plainte auprès des services compétents. Cette approche vise à faciliter l’accès à la justice et à accélérer la prise en charge des dossiers. Développée en interne par des ingénieurs de la police nationale, la plateforme s’inscrit également comme un levier de modernisation de l’administration publique et de renforcement de la police de proximité.

Le lancement de cet outil intervient dans un contexte africain marqué par une transformation numérique rapide, portée par l’essor des télécommunications, d’Internet et des réseaux sociaux. Une dynamique qui s’accompagne toutefois d’une hausse significative des infractions en ligne, en particulier des fraudes financières et des atteintes aux données personnelles. D’après Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent auraient engendré plus de 3 milliards de dollars de pertes financières entre 2019 et 2025.

Au Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus globale de renforcement de la cybersécurité, considérée comme un prérequis essentiel pour tirer pleinement profit de la transformation numérique, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’organisation classe le pays au troisième palier, saluant des avancées notables sur les plans réglementaire, technique et de la coopération, tout en soulignant la nécessité de renforcer davantage les capacités humaines et les dispositifs organisationnels.

Par Loïc SOUOP

Congo : MTN ouvre son capital aux sociétés locales

[DIGITAL Business Africa] – MTN Congo prêt à céder ses actions aux sociétés congolaises. L’information est partagée sur la page Facebook du Le vice-président Afrique francophone du groupe MTN, Karl Tariola, a été reçu en audience par le chef de l’État S. E. Denis Sassou N’Guesso, ce 12 février 2026. Les échanges ont porté sur la connectivité et les technologies déployées par l’opérateur.

Karl Tariola, vice-président Afrique francophone du groupe MTN, en a fait l’évaluation.

« On est sur 50 % de couverture 5G au Congo. C’est beaucoup plus que mon pays, personnellement au Nigeria. Alors, je suis très fier… On continue avec le développement numérique et la connexion des villages avec la 4G au Congo. On a lancé plus de 100 villages ruraux… Alors c’est possible dans les villages de faire des appels vidéo, de télécharger les documents et de faire tout ça… Mais on peut faire tout ça seulement parce qu’on a un environnement stable ici-bas, au Congo “.

Le réseau au Congo avait été lancé le 21 novembre 2024. Parmi les avantages de la technologie présentés par le groupe MTN, le contrôle des machines à distance, la possibilité de connecter plusieurs équipements simultanément, l’utilisation de caméras connectées et la garantie des vitesses de connexion, allant de 1500 à 1600 mégabits par seconde.

Le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, avait soutenu lors de la cérémonie de lancement :

« La technologie 5G représente un potentiel immense dans la transformation numérique, en apportant des bénéfices significatifs dans divers secteurs de l’économie, de la santé, de l’éducation, du transport, de l’agriculture… », a-t-il soutenu.

Le vice-président de la zone MTN WECA, Ebenezer Asante, avait promis que la 5G favoriserait l’innovation locale.

« Cette infrastructure ouvre la voie au développement de start-ups et d’entreprises spécialisées dans des domaines de pointe, l’intelligence artificielle, les objets connectés, ou encore la cybersécurité », disait-il.

MTN est presque coutumier de ce genre de deals. La filiale guinéenne avait déjà vendu ses activités à l’État de Guinée, le 30 décembre 2024. Le groupe avait indiqué que cette transaction s’inscrit dans la stratégie d’optimisation et de simplification du portefeuille de MTN, conformément à son plan Ambition 2025.

Par Jean Materne Zambo

Côte d’Ivoire : Le ministre chargé du Numérique visite le datacenter de ST Digital à la faveur d’une tournée

[DIGITAL Business Africa] – Djibril Ouattara a fait un détour par Grand-Bassam. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a visité ce 12 février 2026 le Village des technologies de l’information et de la biotechnologie.

Le datacenter de ST Digital a ouvert ses portes au patron du numérique, qui a entamé une série de visites de travail au sein des structures rattachées à son département ce mercredi 11 février 2026.

Le datacenter de ST Digital a été inauguré le 2 octobre 2025. L’infrastructure offre aux clients une IA et un Cloud 100 % africain. Selon les promoteurs, ce datacenter est écoresponsable, construit en partie avec des matériaux locaux et en adéquation avec l’environnement. Il comprend un concentré d’équipements permettant de gérer les données.

Ce joyau numérique est bâti sur une superficie de 4 000 m², avec un circuit électrique et un réseau redondant (disponibilité : 99,98 %). Ce qui permet, en outre, d’héberger des données à haute valeur ajoutée et à haut volume, garantissant la disponibilité des ressources.

Steve Tchouaga, directeur général de la filiale ivoirienne, lors de son inauguration, avait affirmé que l’infrastructure est adaptée aux réalités africaines.

« Il ne s’agit pas seulement d’importer une technologie, mais de concevoir une infrastructure adaptée aux réalités de nos marchés, avec nos propres ressources humaines et nos propres standards », expliquait-il.

Avant de se rendre à Grand-Bassam, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a visité tour à tour  la Société nationale de Développement informatique (SNDI), l’Agence nationale du service universel des télécommunications/TIC (ANSUT) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

À la SNDI, en parfaite synergie avec le directeur général, le ministre a salué le travail accompli par les équipes et a encouragé une meilleure coordination avec les autres structures du ministère, afin d’optimiser les interventions et d’accroître l’efficacité des actions numériques de l’État.

À l’ANSUT, il a félicité les équipes pour les efforts déployés en faveur de la réduction de la fracture numérique, tout en les exhortant à maintenir une concentration soutenue sur leurs missions stratégiques, au service des populations.

À l’ANSSI, le ministre s’est dit particulièrement satisfait des dispositifs mis en place et des efforts consentis pour garantir la sécurité des systèmes d’information nationaux.

Par Jean Materne Zambo, source : MTNIT

Science, Technologie et Innovation : “L’espoir est permis pour l’Afrique” — Entretien avec Pagal Agbanglanon (AUDA‑NEPAD)

[Digital Business Africa] – À l’occasion du Sommet de l’Union africaine (UA), qui se tient du 9 au 15 février 2026 à Addis‑Abeba en Éthiopie, l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA‑NEPAD) organise la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation. Ce rendez‑vous continental réunit d’éminentes personnalités ainsi que des cadres chevronnés de l’Union africaine. C’est le cas de Pagal AGBANGLANON, statisticien à l’AUDA‑NEPAD basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, qui s’est prêté aux questions de votre web magazine Digital Business Africa à Addis‑Abeba.

Digital Business Africa : Quel bilan peut‑on tirer de cette conférence dédiée à la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation ?

Pagal AGBANGLANON : Vous avez pu constater l’engagement et la réussite de cette semaine consacrée à la science, à la technologie et à l’innovation. Il faut surtout souligner la présence d’éminentes personnalités et de plusieurs ministres, notamment ceux de la Science et de la Technologie de pays comme la Gambie, le Malawi ou encore l’Afrique du Sud, sans oublier les représentants d’autres États membres tels que le Kenya ou le Ghana. On peut d’ores et déjà affirmer, sans risque de se tromper, que cette conférence est une réussite.

Digital Business Africa : Cette réussite peut‑elle nourrir des espoirs pour un avenir radieux du continent, notamment avec le lancement de la Stratégie de haut niveau pour la science, la technologie et l’innovation en Afrique, horizon 2034 ?

Pagal AGBANGLANON : L’espoir est permis, car sans vision claire, il est impossible d’atteindre des objectifs ambitieux. Cette stratégie permettra d’orienter les pays membres dans leurs différentes politiques sectorielles, notamment au sein des ministères de la Technologie et de l’Innovation, de l’Enseignement supérieur et dans tous les domaines liés à la science, à la technologie et à l’innovation.

Aujourd’hui, le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation est transversal : c’est un carrefour, un point de jonction entre plusieurs ministères tels que l’Agriculture, la Santé ou l’Énergie. Tous ont besoin de la science, de la technologie et de l’innovation pour impacter durablement les populations, qui sont inéluctablement les cibles finales. Ainsi, oui, l’espoir est permis. Les pays membres doivent s’inspirer de cette stratégie pour aligner ou orienter leurs politiques nationales sur ses piliers.

Digital Business Africa : Quel appel souhaitez‑vous lancer aux partenaires et aux chefs d’État africains, en marge de ce sommet de l’Union africaine ? 

Pagal AGBANGLANON : Il faut une volonté politique forte pour investir dans le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation, car ce sont des outils essentiels pour améliorer l’impact des politiques publiques dans tous les domaines. Il est donc impératif d’augmenter les investissements. C’est l’occasion d’exhorter les parlementaires de chaque pays membre, qui votent les budgets, à envisager une augmentation substantielle des ressources allouées à la science, à la technologie et à l’innovation.

D’ailleurs, depuis 1980, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Lagos ont recommandé que 1 % du PIB de chaque pays membre soit consacré à la science, à la technique et à l’innovation, incluant la recherche et le développement.

Propos recueillis par Iris Sédjro GBEGAN, depuis Addis‑Abeba

 Radio et intelligence artificielle : innover sans perdre la voix humaine

[Digital Business Africa] – La Journée mondiale de la radio, célébrée ce vendredi 13 février autour du thème « Radio et intelligence artificielle », offre l’occasion d’interroger en profondeur la transformation technologique en cours dans les médias audiovisuels. Au Cameroun, le débat s’est invité sur les antennes de la CRTV, à travers un entretien entre le journaliste Blaise Anicet ABEGA NDENGUE et le président du Conseil national de la Communication, Joseph CHEBONGKENG KALABUBSE.

Au cœur des échanges, l’intelligence artificielle apparaît à la fois comme un levier de modernisation et un défi éthique pour la radio camerounaise. Pour Joseph Chebonkeng, l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une évolution technologique inévitable : « On ne peut pas s’en passer parce que c’est l’évolution technologique de notre temps ». Il souligne toutefois la nécessité de préserver l’essence du média, rappelant que la radio reste indissociable de la voix humaine : « L’algorithme des voix synthétiques générées par l’intelligence artificielle ne doit pas nous faire perdre ce côté humain ».

Sur le plan opérationnel, le président du CNC met en avant les apports concrets de l’IA dans la production radiophonique. Selon lui, « la machine nous facilite la tâche », en réduisant les hésitations dans la création des programmes et en abaissant les coûts de production, un enjeu majeur pour les radios locales et communautaires. Mais, cette automatisation doit rester encadrée, afin que la technologie complète le travail journalistique sans l’effacer.

Face aux risques liés à la désinformation, le président du CNC précise la posture du régulateur : « Le Conseil national de la communication n’interdit pas l’utilisation de l’intelligence artificielle ; nous jugeons les médias par rapport au contenu. » Une manière de rappeler que l’IA, si elle est mal utilisée, peut devenir un vecteur industriel de fake news, mais que la responsabilité éditoriale demeure avant tout humaine.

Dans un paysage médiatique marqué par la convergence numérique et la montée en puissance des réseaux sociaux, le président du CNC insiste sur la nécessité de maîtriser les dérives : « Les discours de haine baissent dans les médias classiques, mais augmentent sur les réseaux sociaux ». Pour lui, l’enjeu est clair : faire de l’intelligence artificielle un outil d’amplification de la qualité et de la crédibilité de la radio, et non un facteur de fragmentation sociale.

À l’heure où la radio camerounaise entre dans l’ère de l’IA, le message est sans ambiguïté : l’innovation technologique est une opportunité, à condition de rester au service de l’humain et de l’éthique journalistique.

Par Loïc SOUOP

Hylde‑Mbuta Lukovi Seke : « L’Afrique n’est pas pauvre, elle doit financer sa propre innovation »

[Digital Business Africa] – Le Sommet de l’Union africaine (UA) se déroule actuellement à Addis‑Abeba et prendra fin le 15 février 2026. A l’occasion de la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation organisée par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA‑NEPAD) qui se tient parallèlement, la rédaction de votre magazine Digital Business Africa, présente dans la capitale éthiopienne, s’est entretenue avec M. Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE, Chargé principal de programme – Indicateurs africains de la science, de la technologie et de l’innovation à l’AUDA‑NEPAD. Il présente ici les enjeux et les résultats de cette conférence qui a réuni des participants venus de toutes les régions du continent.

Hylde‑Mbuta Lukovi Seke
Hylde‑Mbuta Lukovi Seke

Digital Business Africa : Nous venons de passer deux jours d’intenses activités au cours de cette conférence dédiée à la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation, en présence d’éminentes personnalités et de chercheurs confirmés. Quel bilan peut‑on dresser avant la clôture des travaux ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : Après ces deux journées, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un lancement réussi du plan de mise en œuvre de la Stratégie continentale de la science, de la technologie et de l’innovation pour la période 2025‑2034. À l’Union africaine, nous avons l’obligation de soutenir cette vision à long terme qu’est l’Agenda 2063, comparable aux Plans nationaux de développement (PND) qui reposent sur différents piliers et secteurs.

Pour le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation, la stratégie continentale a été adoptée l’année dernière, mais ce qui manquait encore était sa mise en œuvre. C’est désormais chose faite grâce à cette conférence.

Nous bénéficions également de programmes financés par le Canada, qui soutiennent les institutions nationales chargées de subventionner la recherche. Les partenaires canadiens ont mobilisé 50 millions de dollars pour permettre à l’AUDA‑NEPAD d’accompagner les pays.

Nous avons aussi une initiative appelée EdTech, qui vise à encourager les élèves et étudiants à utiliser les outils technologiques afin de devenir des acteurs de l’innovation et des créateurs d’emplois.

Enfin, la présence de toutes les parties prenantes, venues de divers horizons, ainsi que celle de plusieurs partenaires, confirme que cette conférence est un succès.

Digital Business Africa : Peut‑on affirmer que l’espoir est permis pour le continent africain après le lancement de la Stratégie de haut niveau pour la science, la technologie et l’innovation en Afrique, horizon 2034 ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : L’espoir est toujours permis. Nous avons une jeunesse qui représente plus de 50 % de la population et des États qui comprennent de mieux en mieux les enjeux de ce secteur. Les chefs d’État eux‑mêmes reconnaissent que l’Afrique peut se développer grâce à ses propres ressources, même si l’assistance extérieure peut parfois être utile. L’autonomie et la souveraineté passent par la mobilisation de nos propres moyens.

Nous célébrons donc déjà le succès du lancement de cette mise en œuvre. Nous sommes une institution qui existe grâce aux États membres, ainsi qu’aux parties prenantes engagées dans cette dynamique. Leur implication est essentielle pour garantir la réussite de cette stratégie.

Digital Business Africa : Pour conclure, quel appel souhaitez‑vous lancer aux partenaires et aux chefs d’État africains ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : Aux partenaires, je rappelle que 32 des 55 pays africains sont considérés comme sous‑développés. Or, la Stratégie 2025‑2034, en synergie avec le plan de mise en œuvre de la deuxième décennie de l’Agenda 2063, vise précisément à sortir ces pays de la pauvreté et à les engager sur la voie de la croissance d’ici 2033.

Nous ne pouvons pas vivre en autarcie. L’Afrique dispose de minerais stratégiques, d’une main‑d’œuvre abondante, d’une population de près de 1,5 milliard d’habitants et d’une jeunesse bien formée. Ce sont des atouts majeurs pour un partenariat gagnant‑gagnant.

Aux États membres et aux chefs d’État, je rappelle que ce sont eux qui ont permis l’adoption du plan de mise en œuvre, par l’intermédiaire des ministres en charge du secteur. Ils ont donné leur accord pour doter l’Afrique de piliers solides afin de soutenir l’Agenda 2063.

Nous appelons donc à une mobilisation accrue des ressources internes. L’Afrique n’est pas pauvre. Les taxes, bien gérées, peuvent financer le développement. Plusieurs pays dans le monde se sont développés grâce à une fiscalité efficace. Nous devons améliorer la gestion de nos ressources et de nos recettes pour financer les grands projets, développer nos communautés rurales, moderniser nos infrastructures et transformer nos villages en villes.

Propos recueillis par Iris Sédjro GBEGAN, à Addis‑Abeba (Éthiopie)

Congo : Le datacenter national opérationnel d’ici mai 2026 selon le président de la BAD

[DIGITAL Business Africa] – Sidi Ould Tah donne sa parole. Le président de la Banque africaine de Développement rassure les Congolais. Initialement prévue en 2024, l’inauguration du datacenter national aura lieu d’ici mai 2026. Le président de la Banque africaine de Développement à visité, en compagnie du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, le datacenter national ce 11 février 2026. données numériques, infrastructures, datacenter, Léon Juste Ibombo, S

Sidi Ould Tah invite les gouverneurs de la Banque africaine de Développement à venir visiter le joyau technologique. Les équipements devraient être installés dans les prochaines semaines. L’ensemble des financements nécessaires à sa réalisation étant déjà mobilisé.

L’infrastructure de type TIER III+ représente un investissement global d’environ 66,55 millions d’euros (soit plus de 43 milliards de FCFA). Le projet est financé majoritairement par la Banque à hauteur de 52,47 millions d’euros et 14,50 millions d’euros par le gouvernement congolais.

Le Congo sera ainsi le seul pays d’Afrique centrale à disposer de son propre datacenter (centre de stockage de données numériques). Les vidéoconférences organisées sur le territoire national ne transiteront plus par un serveur basé en Europe, en Amérique ou ailleurs avant de nous revenir, selon la BAD.

Les Congolais peuvent rêver d’un pays numériquement transformé. Sidi Ould Tah aussi.

« Nous voyons un avenir radieux pour le numérique au Congo grâce à la volonté de Son Excellence le président Denis Sassou N’Guesso, qui fait du numérique une priorité nationale, une priorité stratégique pour le développement de son pays. »

Instrument de souveraineté numérique pour le Congo, le datacenter national représente un stockage sécurisé et indépendant des données numériques du pays. Le projet inclut le centre de données et la pose de 600 km de fibre optique sur les axes d’interconnexion avec le Cameroun (341 km) et la République centrafricaine (281 km) via le fleuve Congo. L’objectif du projet est de garantir la souveraineté, la sûreté numérique et électronique du Congo et de toute la sous-région.

Le datacenter national comprend un immeuble moderne de trois niveaux avec un sous-sol. Le bâtiment comprendra des salles d’hébergement des serveurs, de contrôle, de supervision et de conférence, ainsi qu’un local technique dans lequel seront logés les équipements d’énergie et de climatisation.

Par Jean Materne Zambo

Maroc : Idarati X.0, le futur « guichet unique » numérique qui redessine la relation État-citoyen

[Digital Business Africa] – Le Maroc franchit une nouvelle étape décisive dans la modernisation de son administration numérique. Réunis à Rabat le mardi 10 février, plusieurs départements ministériels et organismes publics ont scellé huit mémorandums d’entente marquant le lancement opérationnel du projet Idarati X.0, une méta-application destinée à devenir le point d’accès centralisé aux services publics en ligne.

Pilotée par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en étroite coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), l’initiative vise à bâtir un écosystème structuré autour d’un wallet numérique national. Celui-ci permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à un ensemble de services administratifs, en s’appuyant sur la carte nationale d’identité électronique (CNIE) comme mécanisme d’authentification sécurisé.

Les accords signés impliquent notamment le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, celui du Transport et de la Logistique, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). Cette mobilisation interinstitutionnelle illustre une approche transversale fondée sur l’interopérabilité des systèmes d’information et la mutualisation des services.

Conçue comme une véritable méta-application, Idarati X.0 ambitionne d’aller bien au-delà de la simple agrégation de plateformes existantes. Le projet entend repenser en profondeur les parcours usagers, réduire la dispersion des services numériques publics et centraliser les interactions entre l’administration et les citoyens. Son déploiement est prévu en quatre phases, allant du benchmark stratégique au chiffrage des investissements (Capex) et des coûts d’exploitation (Opex), sur une période estimée à six mois.

La protection des données personnelles constitue l’un des piliers du dispositif. Les autorités mettent en avant une approche intégrant dès la conception les principes de privacy by design et de security by design. La CNDP est pleinement associée au processus afin de garantir la conformité réglementaire, la cybersécurité et une gouvernance des données alignée sur les standards nationaux.

Ce projet s’inscrit dans le prolongement de la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui vise à accélérer la dématérialisation des procédures administratives, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la qualité des services publics. En 2024, le pays comptait déjà 600 services publics en ligne, répartis entre citoyens, entreprises et administrations.

Cette dynamique positionne le Maroc parmi les acteurs de référence de la transformation numérique en Afrique. Le royaume se classe 90ᵉ au niveau mondial et 4ᵉ en Afrique à l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,6841, supérieur aux moyennes africaine et mondiale.

L’environnement numérique national apparaît particulièrement propice à la réussite d’Idarati X.0. D’après DataReportal, le Maroc comptait plus de 35,3 millions d’internautes à la fin de 2025, soit près de 92 % de taux de pénétration, tandis que le nombre de connexions mobiles dépassait 54,9 millions, confirmant l’ancrage du numérique et du mobile dans les usages quotidiens des citoyens.

Par Loïc SOUOP