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Cyberattaque contre Air Côte d’Ivoire : quelles leçons pour la cybersécurité des entreprises africaines ?

[DIGITAL Business Africa] – Fuite de données, notification aux autorités, intervention du CERT national… L’incident de cybersécurité subi par Air Côte d’Ivoire rappelle la vulnérabilité croissante des infrastructures numériques critiques en Afrique et pose la question de la maturité cyber des entreprises stratégiques du continent.
La compagnie aérienne nationale Air Côte d’Ivoire a annoncé avoir été victime, dans la nuit du dimanche 8 février 2026, d’un incident majeur de cybersécurité ayant affecté une partie de son système d’information et entraîné l’extraction illégale de fichiers contenant des données sensibles. Dans son communiqué du 20 février 2026, la compagnie précise notamment qu’il s’agit de « l’extraction illégale de fichiers contenant des données sensibles ».
Air Côte d’Ivoire indique que l’attaque n’a pas perturbé ses opérations aériennes, les équipes techniques ayant activé les mécanismes de résilience prévus. La compagnie affirme ainsi que la situation a permis « la poursuite régulière, sans discontinuité, des vols et autres opérations de la compagnie ». Un élément important dans un secteur où toute interruption d’activité peut avoir des conséquences lourdes, tant sur le plan économique que sur la confiance des passagers.
Conformément aux exigences légales en matière de protection des données personnelles, la compagnie a procédé aux notifications réglementaires auprès des autorités compétentes. Le communiqué précise qu’« une notification de l’incident a été faite à l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI-CI) et à l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI) en raison des exigences légales en matière de protection des données à caractère personnel ». Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les cadres réglementaires africains sur la protection des données et la cybersécurité gagnent progressivement en maturité, sous l’impulsion des autorités nationales et régionales.
Par ailleurs, des investigations techniques sont en cours avec l’appui du CERT national et d’experts internationaux. Air Côte d’Ivoire indique que « des investigations sont en cours avec l’appui de Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team (CI-CERT) et d’experts internationaux pour circonscrire l’incident, déterminer l’origine et l’impact de cette violation de données informatiques afin de prendre les mesures idoines susceptibles de prévenir toute autre attaque ». Cette coopération entre acteurs nationaux et partenaires internationaux illustre l’importance d’une approche collective face à des menaces cyber de plus en plus transfrontalières.
Au-delà du cas Air Côte d’Ivoire, cet incident met en lumière la vulnérabilité persistante des infrastructures numériques critiques en Afrique de l’Ouest. Compagnies aériennes, ports, opérateurs télécoms, banques et administrations publiques sont désormais des cibles privilégiées des cybercriminels. La cybersécurité n’est plus un sujet purement technique : elle relève aujourd’hui de la gouvernance d’entreprise, de la conformité réglementaire, de la protection de la réputation et de la confiance des usagers.
Pour les compagnies aériennes en particulier, la surface d’attaque est considérable : systèmes de réservation, bases de données passagers, solutions de paiement, applications mobiles, interconnexions avec les aéroports, les autorités de l’aviation civile et les partenaires internationaux. Une compromission de ces systèmes peut entraîner des impacts opérationnels, juridiques, financiers et réputationnels majeurs.
L’incident rappelle aussi l’importance de la préparation aux crises cyber. La capacité d’Air Côte d’Ivoire à maintenir ses opérations grâce à l’activation d’un plan de continuité d’activités constitue un signal positif. Mais il pose, en creux, la question du niveau réel de maturité cyber des grandes entreprises africaines en matière de prévention, de détection précoce, de réponse à incident et de communication de crise.
Enfin, cette cyberattaque relance le débat sur la nécessité pour les États africains d’accélérer la mise en œuvre de stratégies nationales de cybersécurité, de renforcer leurs capacités institutionnelles (CERT, agences nationales de cybersécurité, autorités de protection des données), d’harmoniser les cadres juridiques régionaux et de développer les compétences locales. À mesure que l’Afrique investit dans la digitalisation des transports, de la finance, du commerce et des services publics, la cybersécurité devient un pilier central de la souveraineté numérique et de la résilience économique du continent.
Air Côte d’Ivoire se veut rassurante quant à la continuité de ses activités, indiquant « le maintien de son programme de vols dans le respect scrupuleux des standards internationaux de sécurité ». Reste désormais à transformer cette gestion de crise en levier d’apprentissage stratégique, pour renforcer durablement la posture cyber des entreprises africaines face à des menaces appelées à se multiplier.
Par Digital Business Africa

ICT Media STRATEGIES, Digital Business Africa, Smart Click Africa et Africa Defense victimes d’une désactivation massive et inexpliquée de leurs comptes et pages Facebook

[ICT Media STRATEGIES] – Yaoundé, le 20 février 2026.   ICT Media STRATEGIES, entreprise camerounaise spécialisée dans l’e-réputation (communication digitale), la veille stratégique, le conseil stratégique et l’édition de plateformes numériques d’information dédiées à l’économie numérique africaine, informe le public et ses partenaires qu’une désactivation simultanée et inexpliquée de plusieurs de ses actifs Facebook a été constatée ce 14 février 2026.

Cinq comptes personnels appartenant à cinq membres de l’entreprise, ainsi que cinq pages professionnelles – Digital Business Africa, ICT Media STRATEGIES, Smart Click Africa, Africa Defense et Beaugas ORAIN DJOYUM – Page officielle – ont été désactivés sans notification préalable et sans possibilité d’appel, celui‑ci étant conditionné à une connexion au compte, connexion devenue impossible du fait de la désactivation.

Parmi les comptes désactivés figure le compte personnel certifié de notre Directeur Général, Beaugas ORAIN DJOYUM, pourtant protégé par une double authentification. Aucun courrier électronique explicatif ne nous a été adressé. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’ensemble des comptes concernés respecte strictement les standards de la plateforme. La désactivation simultanée de plusieurs comptes et pages stratégiques constitue un incident inhabituel dont l’origine reste à ce stade inconnue.

Conséquences sur nos activités

Cette interruption soudaine perturbe :

– la diffusion des contenus éditoriaux destinés à nos lecteurs et abonnés,

– la publication d’informations et de communiqués de nos partenaires,

– la continuité de nos campagnes de communication en cours,

– la visibilité de nos plateformes suivies par plusieurs dizaines de milliers d’abonnés.

– l’indisponibilité temporaire de nos pages Facebook, affectant la visibilité de nos activités et références auprès de nos partenaires et interlocuteurs institutionnels.

Démarches entreprises

Dans l’impossibilité d’accéder au Help Center de Meta, à Meta Business Support, à Meta Journalism Project ou encore à Meta Verified Support – tous nécessitant une connexion préalable au compte Facebook – ICT Media STRATEGIES a immédiatement entrepris des démarches officielles auprès de Meta afin d’obtenir la réactivation urgente des comptes et pages désactivés et une clarification officielle sur les raisons de cet incident. Les équipes de Meta que nous avons pu contacter ont indiqué être en train d’examiner la situation. Nous sommes dans l’attente d’un retour officiel.

Nous restons mobilisés pour assurer la continuité de nos activités et informer nos partenaires et notre communauté en toute transparence. Nous présentons nos sincères excuses à nos abonnés, partenaires et clients dont les contenus devaient être relayés sur nos pages Facebook.

Continuité de service

En attendant une solution à cette situation, l’ensemble de nos contenus reste accessible sur :

– les chaînes WhatsApp d’ICT Media STRATEGIES et Digital Business Africa (https://digt.al/DBA)

– nos comptes X (@DigitalBusiness @ICTMediaCM @SmartClickAfric)

– et nos pages LinkedIn (https://linkedin.com/company/digitalbusinessafrica).

ICT Media STRATEGIES, Digital Business Africa, Smart Click Africa et Africa Defense réaffirment leur engagement indéfectible en faveur d’une information fiable, indépendante et au service de l’écosystème numérique africain.

(é) Beaugas-Orain DJOYUM, DG de ICT Media STRATEGIES

Le communiqué

Gouvernance mondiale de l’IA : le non catégorique de Washington et ses conséquences pour l’Afrique

[DIGITAL Business Africa] – À l’issue du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé à New Delhi en Inde, les États-Unis ont pris une position tranchée : Washington rejette « totalement » toute forme de gouvernance mondiale de l’IA. Une posture assumée par Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies, qui estime qu’un cadre multilatéral contraignant freinerait l’innovation et renforcerait une bureaucratie internationale jugée inefficace.
Cette déclaration intervient dans un contexte de montée en puissance des initiatives internationales visant à encadrer le développement de l’IA. Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, annonçait le lancement d’une commission scientifique internationale chargée de faire du « contrôle humain » de l’IA une réalité technique, sur le modèle du GIEC pour le climat. L’objectif affiché : produire des recommandations scientifiques indépendantes pour guider les États face aux risques systémiques de l’IA.
Pour l’administration américaine, cette approche multilatérale comporte un risque majeur : celui d’installer une régulation excessive susceptible de « tuer une industrie en plein essor ». À New Delhi, Michael Kratsios a assumé une ligne idéologique claire, dénonçant ce qu’il qualifie « d’obsessions sur les risques » liés notamment au climat ou à l’équité, qu’il perçoit comme des prétextes à une centralisation bureaucratique du contrôle technologique. Selon lui, focaliser les politiques publiques sur des scénarios de risques « spéculatifs » pourrait freiner la concurrence, consolider les positions dominantes des géants technologiques déjà établis et, paradoxalement, exclure les pays en développement d’une participation pleine et entière à l’économie mondiale de l’IA.
Un argument qui interpelle particulièrement les pays africains. Car derrière le rejet américain d’une gouvernance mondiale de l’IA se joue aussi une bataille d’influence normative : qui fixera les standards techniques, éthiques et économiques de l’IA de demain ? L’Union européenne avance ses propres cadres réglementaires, l’ONU tente de structurer un consensus multilatéral, tandis que les États-Unis privilégient une approche de marché, portée par leurs grandes entreprises technologiques. Pour l’Afrique, le risque est double : subir des normes élaborées sans elle ou devenir un simple terrain d’expérimentation pour des technologies conçues ailleurs, sans réelle capacité de négociation sur les règles du jeu.
Le débat est d’autant plus stratégique que l’IA est désormais au cœur de plusieurs politiques publiques africaines : modernisation des administrations, e-gouvernance, services publics numériques, fintech, identité digitale, agriculture de précision ou encore santé connectée. L’absence d’un cadre international équilibré pourrait accentuer les asymétries entre pays producteurs de technologies d’IA et pays consommateurs de solutions importées. À l’inverse, une gouvernance mondiale trop rigide pourrait ralentir l’appropriation locale de l’IA par les écosystèmes africains émergents.
En toile de fond, le changement de vocabulaire observé lors du sommet – passé de « sécurité de l’IA » à « impact de l’IA » – illustre l’évolution du débat international. Les États-Unis y voient une opportunité de déplacer la focale de la régulation vers la valorisation économique et l’innovation. L’ONU, de son côté, tente d’imposer l’idée que la puissance de l’IA doit s’accompagner de garde-fous techniques garantissant un contrôle humain effectif. Deux visions du monde numérique s’affrontent : l’une libérale et concurrentielle, l’autre plus normative et multilatérale.
Pour les pays africains, l’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de peser politiquement dans ces forums internationaux afin de défendre leurs priorités : accès équitable aux technologies, transfert de compétences, souveraineté numérique, protection des données, et capacité à développer des usages de l’IA au service du développement. À l’heure où les règles du jeu de l’économie mondiale de l’IA se dessinent, rester en retrait serait accepter de voir l’avenir numérique du continent se décider sans lui.

E-Gov’A Summit

À l’échelle du continent, ces débats sur la gouvernance de l’IA, la souveraineté numérique et la bataille des normes technologiques ne sont plus théoriques : ils s’invitent désormais dans les agendas des gouvernements africains. C’est précisément dans cet esprit que se tiendra à Yaoundé, du 14 au 16 mai 2026, E-Gov’A – le Salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique, sous le thème « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ». En réunissant décideurs publics, régulateurs, experts, entreprises technologiques et partenaires au développement, E-Gov’A ambitionne d’offrir à l’Afrique un espace stratégique pour débattre de ses propres choix en matière d’IA, de normes numériques et de transformation des services publics, afin que le continent ne soit pas seulement un terrain d’application des règles fixées ailleurs, mais un acteur à part entière de la gouvernance du numérique mondial.
Par Digital Business Africa

IA : L’ONU lance une commission de 40 scientifiques internationaux pour outiller les dirigeants

[DIGITAL Business Africa] – Dans le bal des invités prestigieux de l’India AI Impact Summit, un acteur était scruté de près. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé ce 20 février 2026 une commission de 40 scientifiques internationaux.

Cette commission permettra aux dirigeants mondiaux de compléter leurs connaissances sur l’IA et d’évaluer ses vrais effets sur les économies et les sociétés pour que tous les pays, quelle que soit leur capacité en IA, aient la même clarté. Cet organe consultatif ambitionne d’être pour l’IA le pendant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et pour le réchauffement climatique.

« La science informe, mais les humains décident. Notre but est de faire du contrôle humain une réalité technique, pas un slogan… Si nous voulons que l’IA serve l’humanité, notre politique ne peut se fonder sur des paris, sur du battage ou de la désinformation. Nous avons besoin de faits que nous pouvons croire et partager…

Quand nous comprendrons ce que les systèmes peuvent faire et ne pas faire, nous pourrons prendre des mesures pour mettre en place des protections plus intelligentes et adaptées aux risques… Nous fonçons dans l’inconnu. « L’innovation liée à l’IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner », a insisté le patron de l’ONU.

Quatrième du genre, le sommet de New Delhi réunit dirigeants politiques et tout le gratin de la « tech » pour se pencher sur l’impact de l’IA.

Le patron de l’ONU semble rejoindre celui d’OpenAI. Sam Altman a estimé jeudi 19 février 2026 que le monde avait un besoin « urgent » de règles pour encadrer le développement vertigineux de l’intelligence artificielle.

« Je ne suggère pas que nous n’avons pas besoin de régulation ou de protections. Nous en avons besoin d’urgence, comme pour n’importe quelle autre technologie d’une telle puissance », a déclaré Sam Altman.

Même si les États-Unis rejettent « totalement » toute gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA).

« Concentrer la politique en matière d’IA sur la sécurité et sur des risques spéculatifs… freine un écosystème concurrentiel, renforce les acteurs en place et isole les pays en développement d’une pleine participation à l’économie de l’IA », a dit Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

L’India AI Impact Summit réunit dirigeants politiques et acteurs de la « tech » pour produire une réflexion approfondie sur l’impact de l’IA. Une déclaration commune devra en découler d’ici la fin de la journée.

Le prochain sommet mondial sur l’IA se tiendra à Genève au premier semestre 2027, a indiqué jeudi le président suisse Guy Parmelin.

Les 40 membres du Groupe scientifique international indépendant sur l’IA proviennent des cinq régions des Nations Unies. Ils sont issus de divers horizons, notamment du monde universitaire, du secteur privé, de la société civile, des organisations gouvernementales et internationales, et de la communauté technique. Les membres du Groupe possèdent une expertise technique fondamentale en IA ; une expérience en IA appliquée, en sécurité et en infrastructures ; ainsi qu’en politiques, éthique et impact de l’IA.

Membres du panel

  1. Adji Bousso Dieng – Sénégal

Adji Bousso Dieng est une scientifique et technologue sénégalaise. Elle est actuellement professeure adjointe à Princeton, où elle dirige le laboratoire Vertaix, qui mène des recherches à l’intersection de l’intelligence artificielle et des sciences naturelles

  1. Aleksandra Korolova – Lettonie

Aleksandra Korolova est professeure adjointe d’informatique et d’affaires publiques à l’université de Princeton, où elle étudie les impacts sociétaux de l’IA. Elle a obtenu son doctorat à l’université de Stanford.

  1. Alvitta Ottley – Saint-Kitts-et-Nevis

Le Dr Alvitta Ottley est professeure agrégée d’informatique et d’ingénierie à l’Université Washington de Saint-Louis, Missouri, États-Unis, spécialisée dans l’interaction homme-machine et la visualisation des données.

  1. Andreï Neznamov – Fédération de Russie

Andrei Neznamov est responsable scientifique de la gouvernance de l’IA à l’Institut de recherche sur l’IA et directeur général de l’IA centrée sur l’humain chez Sberbank. Il préside la Commission nationale russe d’éthique de l’IA.

  1. Anna Korhonen – Finlande

Anna Korhonen est professeure et directrice du Centre pour l’intelligence artificielle inspirée par l’humain à l’Université de Cambridge, où elle dirige des recherches sur l’IA du langage, l’IA centrée sur l’humain et l’IA pour le développement durable.

  1. Awa Bousso Dramé – Cap Vert

Avec plus de 10 ans d’expérience, le Dr Awa B. Dramé, PhD, de l’University College London, est scientifique en IA et PDG de CoastGIS, une société de conseil auprès des gouvernements et des organisations internationales.

  1. Balaraman Ravindran – Inde

Balaraman Ravindran est le directeur fondateur du Centre pour l’IA responsable (CeRAI) de l’IIT Madras. Il possède plus de trente ans d’expérience dans le domaine de l’IA. Ses recherches portent sur l’IA responsable et l’apprentissage par renforcement profond.

  1. Bernhard Schölkopf – Allemagne

Bernhard Schölkopf étudie l’apprentissage automatique et l’inférence causale. Il a contribué à la fondation de l’Institut Max Planck pour les systèmes intelligents et de la société ELLIS, et est professeur à l’ETH Zurich.

  1. Bilal Mateen – Pakistan

Le professeur Bilal Mateen est le directeur de l’intelligence artificielle chez PATH. Médecin de formation, il a depuis dirigé un portefeuille de plus de 250 millions de dollars en recherche et mise en œuvre dans le domaine de la santé numérique et de l’IA à l’échelle mondiale.

  1. Carlos Coello Coello – Mexique

Carlos Artemio Coello a obtenu un doctorat en informatique de l’université Tulane (États-Unis) en 1996. Ses recherches ont principalement porté sur la conception de nouveaux algorithmes d’optimisation multi-objectifs basés sur des métaheuristiques bio-inspirées.

  1. Girmaw Abébé Tadesse – Éthiopie

Le Dr Girmaw Abebe Tadesse dirige le laboratoire AI for Good de Microsoft au Kenya, où il co-développe des solutions d’IA pour relever les défis mondiaux grâce à des partenariats avec des gouvernements, des organisations à but non lucratif et des établissements universitaires du monde entier.

  1. Haitao Song – Chine

Le Dr Haitao Song est un expert en intelligence artificielle reconnu pour sa capacité à faire le lien entre l’innovation technique de pointe, l’élaboration de politiques de haut niveau et la transformation industrielle. Il contribue activement à la gouvernance et à la coopération mondiales en matière d’IA.

  1. Hoda Heidari – République islamique d’Iran

Hoda Heidari est professeure adjointe à l’École d’informatique de l’Université Carnegie Mellon, rattachée conjointement aux départements d’apprentissage automatique et d’informatique sociétale, et affiliée au département d’interaction homme-machine et au Heinz College.

  1. Jian Wang – Chine

Jian Wang, docteur en sciences, est membre de l’Académie chinoise d’ingénierie. Il est le fondateur et l’architecte d’Alibaba Cloud. Il a créé la Fondation Yunqi pour l’innovation scientifique et technologique en 2017. Depuis juillet 2023, il dirige le Laboratoire du Zhejiang. Il est diplômé de l’Université de Hangzhou.

  1. Joëlle Barral – France

Joëlle Barral dirige la recherche en intelligence artificielle et l’innovation dans le domaine de la santé chez Google DeepMind. Experte en imagerie et en robotique, elle a été membre de la Commission française sur l’intelligence artificielle générative. Elle est basée à Paris.

  1. Johanna Pirker – Autriche

Johanna Pirker est une professeure autrichienne d’informatique à l’Université technique de Munich et à l’Université de technologie de Graz.

  1. Joyce Nakatumba Nabende -Ouganda

Joyce Nakatumba Nabende est maître de conférences au département d’informatique et dirige le Centre d’intelligence artificielle de l’université Makerere.

  1. Juho Kim – République de Corée

Juho Kim est professeur associé à KAIST et directeur de KIXLAB. Ses recherches portent sur l’interaction homme-IA. Docteur du MIT, il a présenté une conférence inaugurale à NeurIPS 2022 sur l’IA centrée sur l’interaction.

  1. Leslie Teo – Singapour

Leslie Teo est directeur principal des produits d’IA chez AI Singapore, où il dirige SEA-LION, le plus grand programme de maîtrise en droit open source d’Asie du Sud-Est. Ancien économiste en chef du GIC, il fait le lien entre l’IA, l’économie et la gouvernance, et siège à plusieurs conseils d’administration. Il est également professeur associé à l’Université technologique de Nanyang (NTU).

  1. Lior Rokach- Israël

Lior Rokach est professeur d’IA à l’université Ben-Gourion, où il mène des recherches sur l’apprentissage automatique appliqué à la cybersécurité, à la santé et à la bio-informatique, avec un fort impact académique et entrepreneurial.

  1. Loreto Bravo – Chili

Loreto Bravo est directrice de l’Institut de science des données et professeure titulaire à l’Universidad del Desarrollo, au Chili. Titulaire d’un doctorat en informatique, elle travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la science des données.

  1. Maria Ressa – Philippines

Maria Ressa est journaliste et cofondatrice de Rappler. Lauréate du prix Nobel de la paix 2021, elle milite à l’échelle internationale pour l’intégrité de l’information, la liberté de la presse et les droits humains. Elle est professeure à la SIPA de l’université Columbia.

  1. Mark Coeckelbergh – Belgique

Mark Coeckelbergh est un philosophe des technologies de premier plan et un expert mondialement reconnu en matière d’éthique de l’IA. Il est professeur à l’Université de Vienne, auteur de l’ouvrage *AI Ethics * et conseiller politique expérimenté.

  1. Martha Palmer – États-Unis d’Amérique

Martha Palmer, de l’Université du Colorado à Boulder, en informatique et linguistique, est membre de l’AAAI et de l’ACL et a reçu le prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière de l’Association de linguistique computationnelle en 2023.

  1. Maximilian Nickel – Allemagne

Maximilian Nickel, directeur de recherche chez Meta, dirige des recherches sur l’alignement et la gouvernance démocratique de l’IA de pointe. Scientifique primé, il préside également le programme d’une conférence majeure en IA.

  1. Melahat Bilge Demirköz – Turquie

Le professeur Demirköz est professeur de physique à METU et directeur de METU IVMER, un centre spécialisé dans la mesure, la simulation et l’analyse de l’environnement radiatif spatial, cette dernière utilisant des modèles d’IA.

  1. Mennatallah El-Assady – Égypte

Mennatallah El-Assady est professeure adjointe au département d’informatique de l’ETH Zurich, où elle dirige le laboratoire de visualisation interactive et d’augmentation de l’intelligence (IVIA).

  1. Piotr Sankowski – Pologne

Piotr Sankowski, professeur à l’Université de Washington et quatre fois lauréat d’une bourse ERC, dirige l’Institut de recherche IDEAS. Il est cofondateur de MIM Solutions et se spécialise dans les algorithmes et l’IA.

  1. Qinghua Lu – Australie

Le Dr Qinghua Lu est directrice de recherche au CSIRO et experte en ingénierie de l’IA et en IA responsable, contribuant aux efforts nationaux et internationaux en matière de sécurité de l’IA et à la mise en place d’un déploiement fiable de l’IA.

  1. Rita Orji – Nigeria

Rita Orji est professeure d’informatique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada à l’Université Dalhousie, membre de l’Académie africaine des sciences et de la Société royale du Canada, et ses travaux portent sur une IA centrée sur l’humain, équitable et responsable.

  1. Román Orús – Espagne

Román Orús est cofondateur et directeur scientifique de Multiverse Computing, professeur de physique au DIPC et expert international de premier plan en intelligence artificielle quantique. Il est l’auteur de nombreux articles fondateurs, titulaire de brevets et lauréat de nombreux prix pour ses contributions à la science, à l’innovation et au transfert de technologie.

  1. Silvio Savarese – Italie

Le Dr Silvio Savarese est directeur scientifique chez Salesforce et professeur d’informatique à Stanford. Figurant parmi les 100 personnalités les plus influentes en IA selon le magazine TIME en 2024, il est spécialisé en IA agentique, IA générative et IA pour la confiance.

  1. Sonia Livingstone – Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

La professeure Sonia Livingstone, OBE, FBA, DPhil (Oxford), est une experte internationale des droits de l’enfant dans le contexte numérique à la LSE. Elle a publié 23 ouvrages et reçu six doctorats honoris causa.

  1. Tegawendé Bissyandé – Burkina Faso

Tegawendé F. Bissyandé, du Burkina Faso, a co-fondé le centre d’excellence CITADEL AI à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Il est ingénieur, scientifique et professeur financé par l’ERC à l’Université du Luxembourg.

  1. Teresa Ludermir – Brésil

Teresa Ludermir est professeure d’intelligence artificielle à l’Université fédérale de Pernambuco, au Brésil, et ses recherches portent sur l’apprentissage automatique, les réseaux neuronaux et l’IA responsable.

  1. Tuka Alhanai – Émirats arabes unis

Tuka Alhanai dirige des recherches à NYUAD sur les systèmes d’apprentissage automatique robustes qui améliorent la prise de décision humaine complexe. Elle est également associée fondatrice de Ghamut, une entreprise de services professionnels et d’innovation en IA.

  1. Vipin Kumar – États-Unis d’Amérique

Vipin Kumar est professeur émérite d’informatique à l’Université du Minnesota, dont les recherches portent sur l’IA pour la découverte scientifique et son application aux défis sociétaux.

  1. Vukosi Marivate – Afrique du Sud

Le professeur Vukosi Marivate est directeur d’AfriDSAI et titulaire de la chaire ABSA UP de science des données à l’Université de Pretoria. Il dirige le programme « Science des données pour l’impact social » et a cofondé Lelapa AI, Masakhane et Deep Learning Indaba, des initiatives visant à promouvoir l’IA pour les Africains par les Africains.

  1. Yoshua Bengio – Canada

Le professeur Vukosi Marivate est directeur d’AfriDSAI et titulaire de la chaire ABSA UP de science des données à l’Université de Pretoria. Il dirige le programme « Science des données pour l’impact social » et a cofondé Lelapa AI, Masakhane et Deep Learning Indaba, des initiatives visant à promouvoir l’IA pour les Africains par les Africains.

  1. Yutaka Matsuo – Japon

Yutaka Matsuo est professeur à l’université de Tokyo et expert en intelligence artificielle. Il préside le Comité d’experts sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle auprès du Cabinet du Premier ministre japonais.

Par Jean Materne Zambo

 

India AI impact Summit : La gouvernance mondiale pour l’intelligence artificielle divise les dirigeants 

[DIGITAL Business Africa] – Les dirigeants mondiaux se penchent sur la gouvernance de l’IA, à l’occasion de l’ India AI impact Summit. L’évenement s’achève ce 20 février 2026 après 4 jours de travaux. Avant le même la restitution des recommandations issues des travaux, certains États ou dirigeants ont déjà indiqué leurs attentes sur le futur de l’intelligence artificielle.

Le Kenya a dit son souhait d’intensifier la collaboration avec l’Inde dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle (IA), les chaînes de valeur technologiques et les minéraux critiques, attirant l’attention sur les opportunités d’industrialisation et de transfert de compétences.

Maurice a également reconnu le leadership technologique de l’Inde, la présentant comme un pont stratégique vers les marchés africains, facilitant des partenariats triangulaires en matière d’innovation et d’investissements numériques.

Le sommet a souligné l’importance d’une gouvernance mondiale de l’IA qui prenne en compte les priorités africaines, mettant l’accent sur des domaines comme l’agriculture intelligente, la santé numérique, et l’éducation, tout en promouvant la coopération Sud-Sud.

Des organismes comme Niyel, axé sur le plaidoyer et la création de changements, et Qhala ont participé à une journée de réflexion sur les enjeux de l’IA et la collaboration Sud-Sud. Les discussions ont insisté sur la nécessité d’une recherche en IA qui dépasse le cadre académique pour engendrer des impacts concrets, sur l’importance de modèles de coopération équitables, et sur le besoin de renforcer les capacités locales en matière de données et de talents.

En revanche, les États-Unis ont fermement désapprouvé toute forme de gouvernance mondiale pour l’IA, insistant sur le fait de rejeter les préoccupations idéologiques à ce sujet, comme l’a souligné le conseiller de la Maison-Blanche, Michael Kratsios.

Lors du symposium PAIRS, Niyel a dirigé deux sessions : l’une sur la gouvernance participative de l’IA, mettant en avant des exemples de pays du Sud, et l’autre sur l’application de l’IA dans des domaines comme la gouvernance climatique et le développement agricole, en abordant des questions de pouvoir et de responsabilité dans les systèmes d’IA.

Un atelier sur la collaboration Sud-Sud a également traité des cadres réglementaires adaptés aux réalités des pays du Sud et de la gestion responsable des écosystèmes de données.

Le sommet mondial de l’IA à New Delhi représente une opportunité cruciale pour l’Afrique, non seulement pour participer aux dialogues mais aussi pour influencer les normes de gouvernance et ancrer l’innovation technologique dans les contextes socio-économiques africains.

Par Jean Materne Zambo

Régulation de la protection des données : d’obligation légale a moteur de croissance économique

​La donnée personnelle est régulièrement considérée comme le « nouveau pétrole » : une ressource brute, abondante, qu’il faut extraire à tout prix pour alimenter la machine de l’économie, non pas seulement numérique mais l’économie tout court. La différence est que le pétrole traditionnel se consume à l’usage tandis que la donnée s’enrichit à l’usage.

L’action de mise en conformité aux prescriptions d’une loi relative à la protection des données personnelles dans un espace, fait passer le patrimoine informationnel personnel des âmes vives, de statut de gisement gratuit en statut de matière hautement dangereuse sur le plan juridique, économique et réputationnel. C’est aussi la transformation d’un coût d’investissement dans la conformité, à en une opportunité d’affaires une fois la conformité atteinte. Mais, pas que : cette obligation légale, a priori, est en réalité une véritable filière économique soutenue par un marché colossal qui génère des milliers d’emplois, des revenus considérables pour les organisations, et des contributions financières colossales dans les budgets des Etats.

​Dans quelle mesure la régulation de la protection des données personnelles contribue-t-elle, non seulement à la protection des personnes et des biens mais aussi à la dynamisation participative à la croissance économique ?

Cette interrogation peut être analysée en considération des trois aspects suivants : les caractéristiques d’une conformité acceptable ou tolérable, l’impact de la conformité et les mécanismes de sa participation à la croissance économique.

  1. LES CARACTERISTIQUES D’UNE CONFORMITE ACCEPTABLE OU TOLERABLE DE LA PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES

Universellement, la conformité est un processus continu. Néanmoins, le niveau acceptable ou tolérable de la protection des données personnelles est déterminé par les standards fixés par le régulateur et son degré de sévérité à l’égard des responsables ou des sous-traitants. On vise moins la perfection absolue qu’une réduction maximale des risques, dans un équilibre entre la théorie juridique stricte et la réalité opérationnelle des administrations, entreprises et organisations. Les piliers qui définissent une conformité défendable par un acteur des traitements et non-punissable par le régulateur sont les suivants : la responsabilisation, la gestion des risques et le respect des droits des personnes.

  1. La responsabilisation ou l’accountability

L’accountability est le premier critère de la conformité défendable de la protection des données personnelles, constitué de deux exigences. Au regard de la responsabilisation, la conformité acceptable est celle où le responsable du traitement ou le sous-traitant est capable de démontrer qu’il a fourni des efforts raisonnables afin de se conformer principalement au moyen de son registre des traitements, lequel est le reflet crédible de la réalité de ses activités de traitement, d’une part, et de fournir des preuves desdits efforts, d’autre part.

  1. La gestion des risques

​Une conformité à la protection des données personnelles est jugée acceptable si l’administration, l’entreprisse ou l’organisation débitrice de l’obligation de conformité, à partir du moment où elle a identifié les traitements à risque, a mis en place des mesures d’atténuation desdits risques notamment au moyen de la réalisation d’une analyse ou évaluation d’impact.

  1. Le respect des droits des personnes concernées

​Le respect des droits des personnes concernées est prouvé dès lors que lesdites personnes concernées peuvent garder le contrôle sur leurs données, en ayant la possibilité d’exercer leurs droits. Premièrement, il y a les droits fondamentaux de contrôle : le droit d’être informé, le droit d’accès, le droit de rectification et le droit à l’effacement ou droit à l’oubli. Deuxièmement, il y a les droits de gestion du traitement : le droit à la limitation, le droit d’opposition et le droit à la portabilité. Troisièmement, il y a le droit de se protéger : le droit de ne pas faire l’objet d’une décision automatisée, et le droit de faire exercer ses droits, le droit de saisir toute instance afin de faire respecter ses droits. Ici, la conformité tolérable à la protection des données personnelles se mesure au degré de réactivité et d’exhaustivité de la réponse du responsable du traitement ou du sous-traitant face à la demande de la personne concernée. 

  1. La sécurité multi domaniale et la gouvernance interne

​La mise en œuvre des mesures de sécurité diverses est relativement tolérée en présence d’une erreur humaine, mais rarement en l’absence de mesures de sécurité élémentaires, qui peuvent être techniques, juridiques, organisationnelles, avec l’implémentation des outils de la conformité prescrits. De même, la gouvernance de la conformité est prise en compte au regard des mesures internes obligatoires ou facultatives, qui démontrent le sérieux et la volonté de satisfaire aux exigences de la conformité.

  1. LA CONFORMITE A LA PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES ET SES IMPACTS

De manière générale, la mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles produit des impacts multiples, notamment l’amélioration du cadre politique, juridique, institutionnel, technique, organisationnel, sécuritaire et économique des personnes physiques et morales.

 

1.      Les impacts de la conformité à la protection des données personnelles    

 

a.      Les impacts non-économiques de la conformité à la protection des données personnelles     

 

  • La création et/ou le renforcement des institutions de protection de la vie privée

La création et/ou le renforcement des institutions de protection de la vie privée se traduit, premièrement par l’institutionnalisation des droits fondamentaux des personnes physiques encore appelées personnes concernées. Deuxièmement, il y a l’introduction et l’affirmation des principes fondamentaux universellement admis qui gouvernent la protection des données personnelles. Troisièmement, il y a les obligations qui incombent aux acteurs des traitements de données personnelles. Quatrièmement, il y a le respect des droits des personnes concernées. Enfin, il y a le fonctionnement des institutions dont la principale est l’autorité de régulation de la protection des données personnelles qui, elle-même, doit revêtir un caractère indépendant dans l’accomplissement de ses missions et l’exercice de ses pouvoirs. Cette question est largement développée, en ce qui concerne les législations africaines de protection des données personnelles, par exemple[1]. Il en est de même des institutions de règlement des différends qui permettent aux personnes concernées d’exercer valablement leurs droits.

–          L’amélioration de la confiance des citoyens dans les institutions et organisations

 Dans le cadre de l’amélioration de la confiance des citoyens dans les institutions et organisations, l’OCDE[2] pose le primat que l’éthique, en matière de données à caractère personnel, est le socle de la confiance du public. Cette confiance dépend du respect des principes contenus dans les législations et réglementations dédiées, et du respect de l’éthique. A titre d’illustration, une enquête montre que le Règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD) a un impact bénéfique sur la confiance des consommateurs[3] du fait du renforcement de la sécurité dont ledit RGPD gratifie les données depuis son entrée en vigueur en 2018.

–          L’évitement des sanctions non-pécuniaires relatives aux violations des données  

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles permet aussi d’éviter les sanctions non-pécuniaires : limitation, suspension ou interdiction des opérations de traitement des données, astreinte, peines privatives de liberté, peines de travail forcé, injonctions de mandamus[4], remises en l’état ou cessations de troubles[5].

 

–          L’entrée dans le cercle vertueux international de la circulation des données

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles permet d’entrer dans une sorte de cercle vertueux international de la protection des données personnelles. Le cercle vertueux international de la protection des données à caractère personnel crée une boucle fermée par deux dispositifs. D’abord, il y a le système fermé des transferts, de manière active, en imposant des dispositions et stipulations dans le strict respect des principes et droits fondamentaux des personnes concernées. Ensuite, il y a le système fermé du respect des principes et droits, de manière passive, en évitant des dispositions et stipulations contraires auxdits principes et droits. Les outils permettant d’entrer dans le cercle vertueux international peuvent être les outils de la conformité des transferts internationaux des données personnelles : décision d’adéquation et garanties appropriées.

–          L’évitement, l’amoindrissement et la résolution facile des différends   

 

L’une des conséquences de l’observation des exigences de la conformité à la protection des données est l’évitement, l’amoindrissement et la résolution facile des différends. Au surplus, les conflits et litiges sont évités et amoindris parce que les mesures de sécurité techniques, les mesures juridiques et les mesures organisationnelles sont assez fortes pour lutter contre les compromissions de données à caractère personnel. Il s’agit des mesures juridiques, organisationnelles et sécuritaires, d’une part, et des cadres et activités de coopération des autorités nationales de contrôle dédiées, d’autre part.

A côté des impacts non-économiques, il y a aussi des impacts économiques de la mise en conformité à la protection des données personnelles.

b.      Les impacts économiques de la conformité à la protection des données    

 

–          L’accès, l’élargissement et la facilitation d’un marché commun et du commerce international 

 

La mise en œuvre des législations dédiées à la protection des données vise la fusion des marchés de consommateurs étrangers, au moyen d’outils de transferts internationaux de données. Par exemple, les décisions d’adéquation adoptées par la Commission européenne, en faveur de quinze Etats tiers à travers le monde entier, ont abouti à la construction d’un marché de 1, 2 milliards de personnes physiques, facilitant l’accès préférentiel aux marchés[6].

–          La valorisation du patrimoine informationnel et l’avantage concurrentiel   

 La conformité à la protection des données personnelles accroit la valeur économique desdites données : la conformité à la protection des données procure un avantage concurrentiel. Ainsi, selon une étude citée dans Trésor-Eco[7], l’usage massif des données des utilisateurs et la protection de leur vie privée par les plateformes peut améliorer la concurrence sur les marchés, en ce sens-ci que lesdites données protégées seraient un facteur de qualité et permettraient une amélioration continue des itinéraires par rapport aux concurrents. Le juge français, par exemple, avait décidé que le non-respect d’une réglementation, notamment le RGPD, constitue un acte de concurrence déloyale[8].

 

–          La création d’emplois et le développement des organisations, professions et compétences 

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données permet la création de nouveaux emplois, de nouvelles organisations, de nouvelles professions et de nouvelles compétences, par la dotation du pays en experts en données personnelles. Il en résulte, premièrement l’explosion de la demande pour des profils à la croisée du droit, de la technologie et de la stratégie, laquelle demande peut aussi aboutir à l’établissement de sièges sociaux d’entreprises Tech internationales dans le pays. Deuxièmement, il en résulte

l’émergence d’un écosystème de services business to business florissant qui contribue directement au produit intérieur brut (PIB) à travers des cabinets de conseil et d’audit d’accompagnement des administrations, entreprises et organisations, des technologies numériques d’automatisation, simplification ou optimiser des services liés au droit et à la justice (LegTech), et des processus liés à la conformité réglementaire (RegTech), permettant la tenue des registres de traitements et la réalisation des évaluations ou analyses d’impact. Troisièmement, il y a le développement d’un marché éducatif dynamique via la création et la promotion des ​organismes de formation, vecteurs de la montée en compétences dans les nouveaux métiers.

 

–          Les revenus financiers des sanctions    

 
Les activités de mise en œuvre et de maintien de conformité à la protection des données personnelles produisent des revenus via les sanctions pécuniaires.  Les pays de l’UE ont récolté 2,92 milliards d’euros d’amendes infligées depuis 2018[9], avec une augmentation de 168 % par rapport à 2021. En 2024, le nouveau rapport fait état d’une augmentation des montants des amendes pécuniaires d’une valeur relative de 14% par rapport à l’année 2023[10]. Lesdits revenus sont généralement versés dans le budget général de l’Etat ou de l’autorité nationale de contrôle qui les ont infligées.

 

–          Les revenus des activités économiques 

 

L’économie, de manière générale et, particulièrement l’économie numérique, est basée et nourrie par les données, qui produit des revenus divers notamment les droits et taxes fiscaux et assimilés perçus auprès de tous les opérateurs économiques. Par exemple, les géants technologiques ont généré 1 261 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021[11] : magasins en ligne, services de vente tiers, cloud computing, productivité et processus métiers, informatique personnelle, logiciels et services, moteurs de recherche, publicité sur Internet, etc.

 

2.      Les impacts de la non-conformité à la protection des données personnelles  

Les impacts de la non-conformité à la protection des données personnelles sont les suivants : l’insécurité juridique, technique et organisationnelle, l’exposition à de lourdes sanctions, l’exclusion du marché commun du cercle vertueux de la protection des données, la non-captation et la perte de revenus financiers.

 

a.      L’insécurité juridique, technique et organisationnelle des personnes physiques et morales

 

L’insécurité juridique des données personnelles est caractérisée par l’absence ou la faiblesse des dispositions et stipulations de protection desdites données, et l’impossibilité ou la difficulté d’exercice des droits par les personnes concernées. L’insécurité technique de la non-conformité à la protection des données personnelles est caractérisée par le risque de compromission des données au moyen de la perte de confidentialité, d’intégrité ou de disponibilité des données à caractère personnel traitées. L’insécurité organisationnelle concerne les risques systémiques et réputationnels auxquels sont exposés les responsables de traitements et les sous-traitants dans le cadre des activités de traitements des données personnelles.

 

b.      L’exposition à de lourdes sanctions

 

La conséquence majeure de la non-conformité à la protection des données personnelles est l’exposition à de lourdes sanctions. L’on a des sanctions pécuniaires telles que l’astreinte, l’amende administrative et l’amende pénale, et les dommages et intérêts. Il y a aussi des sanctions non-pécuniaires notamment l’interdiction, la limitation ou la suspension des opérations de traitement des données, et les peines privatives de liberté. Enfin, il y a des sanctions hybrides, autrement dit des sanctions non-pécuniaires qui ont une incidence pécuniaire, à l’instar de la publicité des décisions de sanction qui entraînent l’effondrement de la réputation et la perte de confiance qui, à leur tour peuvent entraîner des conséquences financières considérables, du fait de la cessation de contrats avec des partenaires et clients.

 

c.       L’exclusion du marché commun du cercle vertueux de la protection des données

 

Un pays qui n’a pas de politique législative claire et intelligible de la conformité à la protection des données personnelles s’exclut du marché commun reposant sur le cercle vertueux de la circulation internationale des données personnelles. Cette impossibilité d’intégrer le marché commun dudit cercle crée un manque-à-gagner dû à la non-vente des produits et services que l’on pourrait proposer à l’étranger.

 

d.      La non-captation et la perte de revenus financiers 

 

La non-exigence de la conformité à la protection des données personnelles entraîne la non-captation des revenus des sanctions. Les sanctions au titre des violations des règles de protection des données ne sont possibles que parce qu’il y a des législations qui les infligent et qui disposent de mécanismes pour les recouvrer. Par conséquent, une législation prônant la conformité à la protection des données personnelles ne produit pas de revenus financiers au titre de sanctions. La non-conformité entraîne aussi la perte des retombées économiques et financières, notamment fiscales pour les budgets de l’Etat. Les administrations, les organisations et les entreprises, quant à elles, perdent aussi des rentrées financières que pourraient générer la création ou le développement d’autres services ou produits, d’autres organisations, d’autres professions et d’autres compétences nécessaires à la mise en œuvre et au maintien de la conformité à la protection des données personnelles.

 

  1. La conformité à la protection des données personnelles et la question de sécurité et défense nationales

 

Bien qu’il y ait un antagonisme naturel entre la protection transparente de la vie privée et la surveillance secrète pour des besoins de sécurité et de défense nationales, il est clair qu’une protection robuste des données personnelles est aussi un pilier stratégique de la sécurité et de la défense nationales, au regard d’au moins trois aspects.

 

  1. La protection contre l’espionnage et le sabotage

​Dans le monde hyper-connecté actuel, les données sont les nouvelles munitions, encore plus si elles se retrouvent entre les mains de personnes malveillantes à l’intérieur et surtout à l’étranger, notamment dans des cas de suivi des comportements.

 

  • Les cas de risque de chantage sur les agents de l’Etat et de sécurité ou défense nationale

 

Si les données personnelles des citoyens, des militaires ou des décideurs sont mal protégées, elles deviennent des cibles faciles pour des forces malveillantes. Il est donc question de se prémunir contre les fuites des données de santé ou financières des agents de l’Etat, agents de la sécurité ou de la défense nationales, lesquelles fuites peuvent servir à compromettre et fragiliser des agents de l’État ou des forces de sécurité et de défense, et partant fragiliser la sécurité et la défense nationales.

 

  • Les cas de risque sur la sécurité sur les infrastructures

​La protection des données personnelles est aussi utile pour la sécurité des infrastructures stratégiques. En protégeant les identités et les accès, l’on peut empêcher des infiltrations dans les réseaux sensibles des infrastructures de production, stockage et de distribution d’énergie, transport et défense.

 

  1. La lutte contre l’influence et la désinformation

La protection des données personnelles est aussi un moyen de limitation du micro-ciblage. Parce que dans l’impossibilité d’accéder massivement aux données personnelles des citoyens, il est beaucoup plus difficile de manipuler l’opinion par l’influence et la désinformation ou d’attiser des tensions internes, par centres d’intérêts ou objectifs des populations au moyen de campagnes de désinformation personnalisées ou groupées, sur la base des fragilités sociales identifiées.

  1. Le renforcement de la résilience numérique

​La défense et la sécurité nationales reposent moins sur les tanks et beaucoup plus sur la résilience du pays et de la nation. Par cette nécessité de souveraineté numérique, il est absolument important d’imposer des règles strictes sur le stockage des données personnelles sur le territoire national : carte d’identité, passeport, carte de résident, etc. Ce qui évite que les informations vitales dépendent de serveurs situés dans des pays potentiellement hostiles ou soumis à des lois d’extradition de données, telles que le Cloud Act américain, par exemple.

 

  1. LA CREATION DE LA DYNAMIQUE DE LA VALEUR PAR L’EMPLOI 

 

L’emploi dans le secteur de la conformité à la protection des données personnelles est un moteur de croissance qui irrigue toute l’économie numérique. L’objectif est de réduire le chômage des cadres et jeunes diplômés de tou horizons.

 

  1. Le délégué à la protection des données : tête de proue de la création de la dynamique de la valeur par l’emploi dans le secteur de la protection des données personnelles

 

​​Le délégué à la protection des données personnelles est la pièce maîtresse de la gouvernance de la conformité à la protection des données personnelles, tout en assurant la liaison entre la technique et le business.

 

  1. Le contenu du métier de délégué à la protection des données personnelles

 

Le délégué à la protection des données personnelles porte plusieurs casquettes dans l’exercice de ses missions et pouvoirs. Il est le manager-conseiller du responsable de traitement ou du sous-traitant. Il est le manager-concepteur de toute la stratégie de mise en œuvre et de maintien de la gouvernance de la conformité à la protection des données personnelles. Il est le manager-contrôleur interne qui doit, à la fois, gérer et contrôler la mise en œuvre et le maintien de l’état de la conformité. Il est enfin, le manager-intermédiaire-médiateur en jouant le rôle de point de contact du régulateur auprès du responsable du traitement et du sous-traitant, et l’intermédiaire entre le responsable du traitement ou le sous-traitant, et les personnes concernées.

 

  1. Quelques idées d’utilisation du métier de délégué à la protection des données comme levier de croissance par l’emploi dans le domaine de la conformité

 

La seule instauration du poste de délégué à la protection des données personnelles ne suffit pas à en faire un levier de croissance par l’emploi. Il faudrait encore qu’il y ait un certain nombre de mesures accompagnatrices.

 

  • La transformation de la désignation du délégué à la protection des données en outil de la conformité à la protection des données

 

La première mesure pourrait être la transformation de la désignation du poste de délégué à la protection des données en outil obligatoire de la conformité à la protection des données personnelles. Ainsi, la désignation du délégué à la protection des données personnelles pourrait être obligatoire selon soit l’objet, la nature, le statut ou l’activité, le lieu d’établissement du responsable du traitement ou du sous-traitant. De même, l’on pourrait avoir l’obligation de désigner un délégué à la protection des données en considération soit de la quantité soit de la qualité des données, soit des finalités des traitements des données personnelles.

 

  • L’instauration d’un numerus clausus dans la désignation du délégué à la protection des données

 

L’on pourrait aussi instaurer des numerus clausus dans la désignation des délégués à la protection des données. Par exemple : un groupe d’au plus deux (02) entreprises privées devrait désigner un seul délégué à la protection des données ; une seule personne physique ou morale ne devrait occuper plus de deux (02) postes de délégué à la protection des données ; un délégué à la protection des données ne devrait occuper plus d’un (01) poste lorsqu’il est désigné par une autorité publique, un département ministériel, un organisme public, une organisation internationale, une entreprise ou organisation privée exécutant une mission d’intérêt public ou relevant de l’exercice de l’autorité publique. Ces mesures créent une chance sur deux d’avoir un emploi pour chaque délégué à la protection des données remplissant les critères, et pour le responsable du traitement ou pour le sous-traitant la garantie d’avoir un délégué à la protection des données pleinement focalisé sur ses missions auprès du responsable du traitement ou du sous-traitant. L’estimation, à partir de ces hypothèses, permet d’avoir au moins un emploi garanti dans un cas sur deux de chaque entité socio-économique : administration, entreprise publique, entreprise privée, organisation internationale, organisation de la société civile, école, lycée, collège, établissement d’enseignement supérieur, hôpital, etc.

 

  • La reconnaissance du délégué à la protection des données exerçant de fait

 

Le délégué à la protection des données peut exercer sur la base d’un contrat de travail ou d’un contrat de service. La qualité de délégué à la protection des données de fait pourrait être reconnue et acquise lorsqu’une personne, malgré l’absence de contrat formel, exerce effectivement les missions relatives à la fonction de délégué à la protection des données.

 

  • L’enregistrement des délégués auprès du régulateur de la protection des données

 

Tout délégué à la protection des données devrait être enregistré auprès du régulateur de la protection des données pour exercer. L’enregistrement pourrait être effectué soit à l’initiative du responsable du traitement ou du sous-traitant qui l’a désigné, soit à sa propre initiative, avec la preuve de sa désignation ou de l’effectivité de l’exercice de la fonction. De même, une telle mesure permet d’avoir la situation réelle des responsables du traitement et des sous-traitants en règle avec les prescriptions relatives à la désignation du délégué à la protection des données.

 

  • La démocratisation de l’accès à la compétence de délégué à la protection des données personnelles

 

L’acquisition des compétences du délégué à la protection des données peut s’effectuer au moyen de l’obtention de diplômes de Master, Mastère, Diplôme d’université et Massive Open Online Course (MOOC) ou Formation en Ligne Ouverte à Tous (FLOT) dans les domaines du numérique, des données, de la gestion, des systèmes d’information, de la cybersécurité. En revanche, il y a aussi la voie des certifications qui permettent aux personnes formées dans tous les domaines d’acquérir les compétences actualisées de délégué à la protection des données. L’on peut avoir des certifications nationales et des certifications internationales. Il y a aussi la formation continue du délégué de la conformité à la protection des données personnelles, exclusivement en situation professionnelle, même sans diplôme.

 

  1. La création d’emplois au sein des services du régulateur de la protection des données personnelles

 

La mise sur pied d’un régulateur de la protection des données personnelles participe aussi à la croissance par les emplois que ce dernier crée. Il s’agit des spécialistes qui permettent de remplir ses missions et d’exercer ses pouvoirs régaliens : des juristes pour interpréter les lois, traiter les plaintes et rédiger des avis ; des inspecteurs et auditeurs pour mener des enquêtes sur le terrain et vérifier la conformité ; des experts en cybersécurité pour analyser les violations de données et les failles techniques ; des analystes de données pour comprendre les flux de données complexes et les algorithmes.

 

  1. La création d’emplois indirects de prestataires de la conformité à la protection des données personnelles

 

La conformité à la protection des données personnelles, ainsi que son contrôle sont aussi générateurs d’emplois indirects : ce sont les entreprises certifiées, agréées ou pas, qui aident les responsables du traitement et les sous-traitants à mettre en œuvre et à maintenir leur niveau acceptable ou satisfaisant de la conformité à la protection des données personnelles.

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

 

La régulation de la protection des données personnelles s’avère comme levier structurel pour l’économie en général. Néanmoins, bien que son impact direct sur le PIB soit complexe à isoler des autres facteurs de croissance, la conformité à la protection des données personnelles est, à n’en point douter, un moteur de croissance et de l’emploi. Au Nigeria, la mise en service du Nigeria Data Protection Commission a contribué à créer environ 100 à 150 emplois directs, 250 emplois indirects de Data compliance officers, et 23 000 emplois indirects de Data protection officers, auditeurs, experts cyber. La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés française compte environ 300 employés, tandis que l’Information Commissioner’s Office du Royaume Uni emploie environ 1 000 personnes.

Laurent-Fabrice ZENGUE

Data privacy Manager/Manager de la protection des données personnelles

Juriste – Formateur des professionnels 

Arbitre des litiges internes et internationaux

Ancien Responsable juridique, Délégué à la protection des données,  

Représentant du Gouvernement en Justice  

 

[1] ZENGUE ; L-F., 36 solutions pour l’indépendance et la viabilisation des autorités nationales africaines de contrôle de la protection des données à caractère personnel, IDEM, Paris 2025. https://www.librairienumeriqueafricaine.com/livrel/36-solutions-lindependance-viabilisation-autorites-nationales-africaines-controle-protection

[2] OCDE (2023), Axer le secteur public sur les données : marche à suivre. Cette étude avait été réalisée en Espagne, Corée du Sud, Danemark, Royaume Uni, Suède, Irlande, Canada, Portugal et Nouvelle Zélande. Consulté sur :   https://www.oecd-ilibrary.org/sites/b403fde9-fr/index.html?itemId=/content/component/b403fde9-fr

[3] Check Point, GDPR is Transforming Consumer Trust and Data Security in Europe According to a New Study, SAN CARLOS, CA  Thu, 31 Oct 2019. Consulté sur :

https://www.developpez.com/actu/283067/Le-RGPD-a-un-impact-benefique-sur-la-confiance-des-consommateurs-dans-toute-l-Europe-et-contribue-a-renforcer-la-securite-des-donnees-depuis-son-introduction-selon-une-etude-de-Check-Point/

[4] Le mandamus est un recours juridique ordonnant à une cour subordonnée, à une entreprise ou à une autorité publique de faire ou ne pas faire un acte spécifique.

[5] C’est le cas aux Etats-Unis.

[6] Voici quelques es apports des décisions d’adéquation : entre le Japon et l’EEE, la création d’une valeur de 36% du commerce et 28% du produit intérieur brut[6] mondial ; entre la Corée du Sud et l’EEE, la génération de 107,3 milliards d’euros en 2021 avec des pics d’accroissement entre 2011 et 2021 estimés dans certains secteurs à 15%, 18%, 33% voire 70% ; entre le Canada et l’EEE, les échanges commerciaux ont culminé à 100 milliards de dollars en 2021 ; entre l’EEE et les Etats-Unis, la génération de 1 261 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021 ; entre l’EEE et le Royaume-Uni, 700 milliards d’euros de flux commerciaux annuels. Consulté dans : ZENGUE, Laurent-Fabrice, Cercle vertueux de la circulation internationale des données personnelles, Impacts économiques, juridiques, institutionnels et organisationnels des transferts de données personnelles via la décision d’adéquation. https://www.librairienumeriqueafricaine.com/livrel/cercle-vertueux-circulation-internationale-donnees-personnelles

[7] Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, Protection de la vie privée et concurrence dans le numérique, Trésor-Eco n°310, juillet 2022.  Consulté sur :   https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/27478fe5-d190-45a1-bf14-440b36b046c3/files/c070eaa9-0373-494e-baf4-bc6741fe5ac5

[8] Tribunal judiciaire de Paris, 15 avril 2022 n°19/12628 ; Cass. com. 17 mars 2021, n°19-10.414 ; Cass. com., 12 février 2020, n° 17-31.614.

[9] DLA PIPER, « GDPR Fines & Data Breach Survey 2023 ». Un rapport réalisé par l’équipe de cybersécurité et protection des données de DLA Piper. Consulté sur :

https://www.dlapiper.com/fr-FR/insights/publications/2023/01/dla-piper-gdpr-fines-and-data-breach-survey-january-2023

https://www.dlapiper.com/en/insights/publications/2024/01/dla-piper-gdpr-fines-and-data-breach-survey-january-2024

[10] DLA Piper GDPR fines and data breach survey: January 2024. Consulté sur : https://www.cnil.fr/fr/sanctions-et-mesures-correctrices-la-cnil-presente-le-bilan-2023-de-son-action-repressive.

[11] Comment les géants de la tech gagnent-ils leurs milliards ? https://fr.statista.com/infographie/13194/principales-sources-de-revenus-gafam-geants-tech-part-segment-activites-produits-dans-chiffre-affaires/

Mekulu Mvondo Akame : « L’IA est un instrument, pas un gadget »

[DIGITAL Business Africa] – La salle des conférences du ministère des Postes et Télécommunications abrite les 17 et 18 février 2026 l’atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) au Cameroun, sous le thème : « Intelligence artificielle responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique. » Lors de la cérémonie officielle de lancement présidée par Minette LIBOM LI LIKENG ministre des Postes et Télécommunications, plusieurs interventions introductives ont marqué cette cérémonie.

Parmi ces présentations, celle du directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), sur la gouvernance numérique, cas de la CNPS, a marqué les esprits.

Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo a livré une intervention structurante sur l’usage concret et responsable de l’IA au sein de l’administration camerounaise. Loin des discours prospectifs ou des fantasmes technologiques, le patron de la CNPS a défendu une approche pragmatique : une IA “instrumentale”, pensée comme un levier d’efficacité, de transparence et de qualité de service pour les assurés sociaux.

D’entrée de jeu, le DG a tenu à cadrer le débat en distinguant deux visions de l’intelligence artificielle. « Je vais dire assez rapidement ce que la CNPS fait, ce que j’appelle une IA instrumentale, par opposition à une forme de fantaisie intellectuelle », a-t-il expliqué. Pour la CNPS, l’IA n’est donc ni un concept abstrait ni un objet de fascination, mais un outil opérationnel intégré à une dynamique de transformation numérique engagée de longue date.

Cette orientation se matérialise notamment par le déploiement d’un système d’identification biométrique par reconnaissance faciale. « Nous avons développé un système d’identification biométrique par reconnaissance faciale pour le dépôt des certificats de vie à distance », a précisé Mekoulou Mvondo. Grâce à cette solution, les pensionnés peuvent désormais prouver leur existence depuis leur domicile, via une application mobile « Ma CNPS A MOI », sans se déplacer en agence.

Un changement majeur pour les assurés, mais aussi pour l’institution. « Avant, l’assuré devait venir physiquement avec un certificat de vie. Aujourd’hui, il fait simplement sa reconnaissance faciale et nous avons la certitude qu’il est vivant », a souligné le DG. Cette innovation répond aux exigences réglementaires tout en réduisant les contraintes logistiques pour les bénéficiaires, souvent âgés ou éloignés des centres urbains.

La CNPS est également allée plus loin dans l’automatisation des prestations sociales. « Quand vous atteignez l’âge de 60 ans, le système génère automatiquement votre pension et le paiement est déclenché sans procédure lourde », a-t-il indiqué. Cette automatisation concerne aussi d’autres prestations, telles que les allocations familiales ou les risques professionnels, avec un traitement des dossiers sans intermédiation humaine, sauf en cas d’anomalie.

Pour améliorer la relation avec les assurés, l’institution a mis en place des systèmes de réponse automatique destinés aux questions courantes. « Vous n’avez plus besoin de fouiller ou de venir dans nos services pour savoir où en est votre dossier de pension », a expliqué le DG. Ces outils sont complétés par un portail électronique et des applications numériques qui centralisent de nombreux services, tout en maintenant l’ouverture des agences physiques pour l’accompagnement de proximité.

 

Selon Mekoulou Mvondo, les résultats sont tangibles. « Les outils d’intelligence artificielle nous ont permis d’améliorer substantiellement la gestion et l’analyse des données des assurés, de renforcer la fiabilité des informations et de détecter les incohérences ». Les délais de traitement ont été fortement réduits, au point que « la plupart des dossiers sont désormais traités en temps réel, sauf anomalie ».

Au-delà des gains opérationnels, l’IA joue également un rôle stratégique. « Elle nous aide à mieux anticiper les besoins et à soutenir la prise de décision », a-t-il souligné, tout en rappelant une réalité nouvelle du service public numérique : l’exigence croissante des citoyens. « Plus vous améliorez vos services, plus les usagers deviennent exigeants. Quand vous mettez une journée à répondre, c’est déjà perçu comme trop long ».

À travers l’expérience de la CNPS, l’intervention de son directeur général illustre une voie camerounaise de l’intelligence artificielle dans l’administration : une IA utile, progressive et centrée sur l’amélioration concrète du service public, loin des effets d’annonce et des promesses théoriques.

Par Digital Business Africa

Jean‑Jacques Essome Bell : “Sans données africaines, pas d’IA fiable pour l’Afrique”

[DIGITAL Business Africa] – « Intelligence artificielle responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ». C’est autour de cette thématique que se tient, les 17 et 18 février 2026, dans la salle des conférences du ministère des Postes et Télécommunications, l’atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) au Cameroun.

Présidée par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, cette rencontre réunit experts, décideurs publics et acteurs du numérique autour d’un objectif central : sensibiliser les administrations camerounaises aux opportunités, mais aussi aux risques liés à l’usage de l’IA, dans une perspective de gouvernance responsable et de confiance numérique.

Parmi les interventions majeures, celle de Jean-Jacques Essome Bell, fondateur du groupe Intelligence Action et data scientist en intelligence artificielle, a permis de replacer le débat camerounais dans une dynamique mondiale. Selon lui, l’IA s’impose désormais comme l’un des principaux moteurs de création de valeur de l’économie globale. À l’horizon 2040, elle pourrait contribuer à près de 10 % du PIB mondial.

Cette dynamique commence à se refléter en Afrique, bien que le continent reste encore marginal dans la chaîne de valeur mondiale de l’IA. Aujourd’hui, les retombées économiques de l’intelligence artificielle en Afrique sont estimées à environ 6 milliards de dollars, avec une projection pouvant atteindre 16 milliards de dollars d’ici 2030. Un paradoxe persiste toutefois : l’Afrique est le continent où la croissance du marché de l’IA est la plus rapide, mais elle ne capte encore que 1,9 % du chiffre d’affaires mondial, une part qui ne dépasserait pas 2,3 % à l’horizon 2030.

Cette croissance est alimentée par une innovation technologique soutenue, marquée par l’émergence de modèles toujours plus performants et de systèmes dits agentiques, capables de coordonner plusieurs IA pour atteindre des objectifs complexes. Dans les entreprises, ces outils transforment déjà l’analyse de marché, la prise de décision et les stratégies commerciales.

Mais cette montée en puissance s’accompagne de risques significatifs. Désinformation, deepfakes et usages malveillants se multiplient. Entre 2023 et 2025, le volume de contenus frauduleux générés par l’IA a été multiplié par seize. Pourtant, seulement 24 % des entreprises disposent de mécanismes structurés de gestion de ces risques.

Autre défi majeur : la question des données. Moins de 5 % des données utilisées pour entraîner les modèles d’IA proviennent d’Afrique. Cette sous-représentation, notamment des langues et contextes africains, entraîne des biais algorithmiques et des performances dégradées. Dans le domaine médical, par exemple, les taux d’erreur des systèmes d’IA peuvent atteindre 27 % pour les populations africaines.

Face à ces enjeux, la gouvernance progresse. Fin 2025, environ 16 pays africains disposaient déjà d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle, contre seulement quelques-uns quelques années plus tôt. Le Cameroun fait partie de cette dynamique, avec l’ambition d’encadrer les usages, renforcer l’éthique et structurer un développement responsable de l’IA.

Cependant, des freins structurels demeurent : faible production de données locales, déficit en data centers, connectivité internet limitée et dépendance technologique extérieure. Alors que l’Afrique représente près de 20 % de la population mondiale, elle ne concentre que 14 à 15 % des internautes et moins de 1 % des données du web.

Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas seulement d’adopter l’intelligence artificielle, mais de l’orienter vers une transformation productive, au-delà des usages de divertissement. Souveraineté numérique, infrastructures solides, données locales et cadres de gouvernance responsables constituent les leviers clés pour transformer le potentiel de croissance de l’IA en véritable valeur économique et sociale.

Car si l’IA peut être un accélérateur de développement pour l’Afrique, elle peut aussi devenir un facteur de dépendance accrue. Tout dépendra des choix stratégiques opérés aujourd’hui.

Par Digital Business Africa

Dr Winfried Mfuh : « La souveraineté numérique commence par la maîtrise des données »

[DIGITAL Business Africa] – « Intelligence artificielle responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ». C’est sous ce thème que se tient, les 17 et 18 février 2026, dans la salle des conférences du ministère des Postes et Télécommunications, l’atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) au Cameroun.

Dans la continuité des réflexions sur la transformation numérique de l’action publique, la souveraineté des données s’impose comme l’un des enjeux structurants du développement de l’IA au Cameroun. Un message porté avec insistance par Winfried Mfuh, coordonnateur national du Programme d’accélération à la transformation numérique du Cameroun (PATNUC), devant les acteurs publics et institutionnels.

Pour le Dr Winfried Mfuh, le constat est sans appel :

« Les données représentent aujourd’hui une ressource stratégique, plus puissante que le pétrole ». À l’heure où les économies traditionnelles se réinventent, la donnée devient le carburant essentiel des systèmes d’intelligence artificielle. « Même les États-Unis craignent aujourd’hui l’IA », souligne-t-il, rappelant l’influence déterminante des données sur les processus électoraux et les équilibres démocratiques à l’échelle mondiale.

Cette réalité place la donnée au cœur des enjeux de souveraineté nationale. « Ce sont des outils extrêmement puissants. Si nous n’y prenons pas part, d’autres nous contrôleront », avertit-il. Selon lui, les paradigmes classiques de la sécurité sont désormais dépassés. « La défense ne se limite plus aux frontières physiques. Les capteurs et systèmes intelligents sont devenus plus efficaces que la présence humaine statique », explique-t-il, évoquant l’évolution rapide des technologies de défense et de surveillance fondées sur les données et les algorithmes.

Mais la souveraineté des données ne relève pas uniquement du champ sécuritaire. Elle constitue aussi un levier majeur d’innovation. « Exploiter les données publiques pour stimuler l’innovation montre à quel point les données sont puissantes », affirme-t-il. À l’inverse, l’incapacité à maîtriser cette ressource stratégique équivaut, selon lui, à un échec étatique : « Un pays qui ne peut ni innover, ni assurer sa sécurité, ni protéger les données personnelles échoue dans ses missions fondamentales ».

Au Cameroun, la situation est d’autant plus préoccupante que l’essentiel des données nationales échappe au contrôle local. « 90 % de nos données sont stockées hors du pays », alerte Winfried Mfuh. Cette dépendance expose le pays à des décisions extérieures, à des restrictions d’accès et à des usages biaisés. « Ils peuvent nous empêcher d’utiliser nos propres données, nous les retirer ou agir selon leurs propres intérêts », prévient-il.

Dès lors, la souveraineté numérique ne peut être dissociée du cadre juridique. « La souveraineté découle toujours du droit », rappelle-t-il, insistant sur la nécessité de lois claires encadrant la production, le stockage, l’accès et l’exploitation des données générées au Cameroun. Où sont stockées ces données ? Qui y accède ? Et à quelles fins ? Autant de questions clés pour toute politique publique numérique cohérente.

Les enjeux sont aussi économiques. « Si vous ne contrôlez pas les données de vos citoyens, tout le monde devient vulnérable », souligne-t-il. Escroqueries, ingénierie sociale et cyberattaques prospèrent sur la faiblesse des dispositifs de protection. Plus encore, « si vos atouts économiques sont connus, ils peuvent être facilement captés ou détournés ».

Face à ces risques, le coordonnateur national du PATNUC identifie un défi stratégique majeur : la capacité du Cameroun à concevoir ses propres algorithmes. « Nous ne pouvons développer une IA fiable sans des données qui reflètent fidèlement notre réalité », insiste-t-il. Des données biaisées produisent des résultats erronés et compromettent toute ambition technologique.

Cette ambition passe nécessairement par la formation. « Toute innovation exige des compétences. Sans formation, nous perdons tout », martèle-t-il, appelant à une mobilisation des universités, des chercheurs et des institutions publiques.

Winfried Mfuh appelle à une prise de conscience collective : « Nous devons savoir à qui nous confions le pouvoir ». Pour le Cameroun, l’enjeu est clair : bâtir un écosystème numérique souverain et maîtrisé afin que la donnée et l’intelligence artificielle deviennent de véritables leviers de développement, et non des facteurs de vulnérabilité.

Par Digital Business Africa

Burundi : l’OBR déploie un Guichet Unique web intégrant ABREMA pour renforcer la transparence et renforcer la compétitivité

[DIGITAL Business Africa] – La transformation numérique des administrations burundaises franchit une nouvelle étape stratégique avec le lancement officiel, le 17 février 2026 à Bujumbura, de la version web du Guichet Unique Électronique (GUE) pour la gestion des permis d’importation, opérationnellement intégré avec un module spécialisé pour les produits pharmaceutiques et médicaux. Cette initiative est pilotée par l’Office Burundais des Recettes (OBR) en collaboration avec TradeMark Africa et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), avec pour objectif d’améliorer la transparence, la traçabilité des opérations commerciales et la compétitivité économique du pays.

La nouvelle plateforme web permet désormais aux importateurs et exportateurs de soumettre leurs demandes de permis en ligne, de suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel et d’effectuer les paiements sans déplacement physique, réduisant ainsi significativement les contraintes logistiques et les coûts liés aux procédures manuelles. Elle centralise les interactions entre les différentes autorités gouvernementales impliquées, notamment l’Autorité burundaise de régulation des médicaments à usage humain et des aliments (ABREMA) chargée du contrôle de qualité et de conformité des produits de santé ainsi que les instances en charge des certifications sanitaires, phytosanitaires et des autorisations douanières.

Le GUE web dispose d’un tableau de bord interactif qui offre aux opérateurs économiques une visibilité complète sur leurs dossiers, avec calcul automatique des frais et possibilité de paiements en devises. Cette intégration vise à réduire les délais d’instruction, à renforcer la transparence et à éliminer les frictions administratives, conformément aux bonnes pratiques recommandées par la CNUCED sur les systèmes de guichets uniques électroniques, qui améliorent également le partage d’informations entre agences et assurent une application uniforme des droits et taxes.

Cette modernisation s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics du Burundi, qui vise à réduire les délais administratifs, à fluidifier les échanges commerciaux et à renforcer la compétitivité de l’économie dans un contexte régional de libre circulation des biens et services. L’introduction du module ABREMA dans le GUE web prolonge les efforts précédents d’intégration du système douanier ASYCUDA World – un logiciel de gestion des données douanières développé par la CNUCED et adopté par plus d’une centaine d’économies dans le monde et s’aligne avec les ambitions du pays de rejoindre un Territoire douanier unique régional.

L’utilisation de cette plateforme devient exclusive pour les importateurs de produits pharmaceutiques qui doivent désormais s’y conformer pour obtenir leurs autorisations, marquant une étape décisive vers la dématérialisation complète des démarches réglementaires. Selon des rapports antérieurs, l’intégration des modules électroniques a permis de réduire drastiquement les délais de traitement des permis, souvent de plusieurs jours à moins de 48 heures, tout en améliorant l’accès aux données commerciales en temps réel et en renforçant la transparence.

La digitalisation du GUE contribue également à fluidifier les échanges entre les agences réglementaires et les entreprises, facilitant l’application des normes sanitaires et phytosanitaires, et soutient les réformes destinées à intégrer le Burundi dans des initiatives régionales et continentales d’intégration commerciale. Dans plusieurs pays de la région, tels que le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda ou le Zimbabwe, des guichets uniques interconnectés avec les systèmes douaniers en ligne ont déjà montré des gains significatifs en termes de réduction des coûts et des délais de dédouanement.

Cette initiative place le Burundi dans la dynamique régionale de facilitation du commerce électronique et de modernisation des procédures douanières, renforçant l’efficacité des opérations, la transparence des flux et la compétitivité de son économie dans un environnement commercial de plus en plus numérisé.

Par Loic SOUOP

Narendra Modi : « L’Inde n’a pas peur de l’IA : nous voulons en faire un bien commun mondial »

[DIGITAL Business Africa] – À l’ouverture de l’AI Impact Summit à New Delhi, le Premier ministre indien Narendra Modi a posé les jalons d’une vision ambitieuse et résolument humaniste de l’intelligence artificielle. Devant des représentants de plus de 100 pays, des dirigeants de l’industrie, des chercheurs, des innovateurs et une délégation éminente de jeunes talents, il a positionné l’Inde comme un acteur central de la gouvernance mondiale de l’IA. « Au nom de 1,4 milliard d’Indiens avides de nouvelles technologies, je vous souhaite la bienvenue », a-t-il déclaré, soulignant que la tenue de ce sommet constitue « une fierté pour l’Inde et pour l’ensemble des pays du Sud ».

Pour le chef du gouvernement, l’IA représente un tournant comparable aux grandes ruptures de l’histoire humaine. De la maîtrise du feu à l’invention de l’écriture, en passant par la révolution des communications sans fil, chaque transformation a redéfini le rythme du développement. « L’intelligence artificielle est l’une de ces transformations majeures de l’histoire de l’humanité. Ce que nous observons aujourd’hui n’est que le prélude à son impact », a-t-il affirmé. Mais au-delà de la fascination technologique, il a posé une question de responsabilité : « La véritable question aujourd’hui n’est pas ce que l’intelligence artificielle peut faire à l’avenir, mais ce que nous en faisons aujourd’hui. »

Narendra Modi a insisté sur la nécessité d’orienter l’IA vers une approche centrée sur l’humain. « Sans direction, elle perturbe. Bien orientée, elle apporte des solutions », a-t-il averti. Reprenant le thème du sommet « Sarvajan Hitaye, Sarvajan Sukhaye » (bien-être et bonheur pour tous) il a souligné que « les êtres humains ne doivent pas devenir de simples données » et que l’IA « doit être démocratisée » afin de devenir un levier d’inclusion et d’émancipation, notamment pour les pays du Sud. Comparant l’IA à un GPS, il a précisé : « Elle indique le chemin, mais la décision finale nous appartient. »

Au cœur de son intervention, le Premier ministre a présenté la vision indienne « Manav », qui signifie « humain ». Cette approche repose sur des systèmes éthiques et moraux, une gouvernance transparente, la souveraineté nationale sur les données, ainsi qu’une accessibilité élargie. « L’IA doit être un multiplicateur et non un monopole », a-t-il souligné, insistant sur la légalité et la vérifiabilité des systèmes. Selon lui, cette vision deviendra « un maillon essentiel du bien-être de l’humanité dans le monde du XXIᵉ siècle dominé par l’IA ».

Abordant l’impact sur l’emploi, Narendra Modi a appelé à dépasser les craintes. « Il existe deux types de personnes dans le monde : celles qui craignent l’IA et celles qui y voient une force motrice. Nous n’avons pas peur », a-t-il affirmé. Il estime que l’IA ouvre une ère de collaboration entre humains et systèmes intelligents, où le travail sera « plus intelligent, plus efficace et plus percutant ». Il a plaidé pour faire de la formation continue et du perfectionnement un mouvement de masse afin de préparer les sociétés aux mutations à venir.

Sur la question de la confiance, le dirigeant indien a insisté sur la transparence et la mise en place de normes internationales. « La lumière du soleil est le meilleur désinfectant », a-t-il rappelé, estimant que les technologies comme l’IA ne bénéficieront réellement au monde que si elles sont partagées et développées de manière ouverte.

Il a proposé la mise en place de mécanismes d’authentification pour distinguer les contenus générés par l’IA du réel, à l’image des étiquettes nutritionnelles sur les produits alimentaires. La protection des enfants dans l’espace numérique a également été présentée comme une priorité.

Narendra Modi met en avant les atouts structurels de l’Inde : une démographie jeune, un écosystème dynamique de startups, des investissements dans les semi-conducteurs, les centres de données sécurisés et l’informatique quantique. « Tout modèle d’IA qui réussit en Inde peut être déployé à l’échelle mondiale », a-t-il affirmé, invitant les entreprises et innovateurs à « concevoir en Inde, développer en Inde et offrir au monde ». À New Delhi, le message est clair : l’Inde entend transformer l’intelligence artificielle en levier de croissance, d’inclusion et de leadership global.

Par Loic SOUOP

Accusé d’avoir « fabriqué l’addiction » de jeunes utilisateurs, Mark Zuckerberg avoue…

[DIGITAL Business Africa] – Pour la première fois, le patron de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) s’exprime devant un jury, sous serment, sur la sécurité de ses applications. Mark Zuckerberg a comparu dans l’affaire Kaley. La Californienne de 20 ans accuse le patron de Meta d’avoir « fabriqué l’addiction » de jeunes utilisateurs.

YouTube (Google) et Instagram (Meta) sont épinglés. La jeune Kaley estime que ces plateformes numériques sont à l’origine de ses problèmes de santé mentale. Face aux juges ce mercredi 18 février 2026 à New York, Zuckerberg a défendu Instagram et Facebook face aux accusations d’addiction chez les mineurs.

La plaignante reconnait une consommation intensive des réseaux sociaux dès son enfance. Selon elle, elle serait parvenue à s’inscrire sur Instagram en 2015, à 9 ans seulement.

Des allégations que Mark Zuckerberg ne balaie pas d’un revers de la main. Le génie de la technologie avoue que la plateforme Instagram a mis du temps à intégrer des mécanismes de protection des moins de 13 ans. Tout en assurant que Meta ne cherche plus à maximiser le temps passé en ligne.

Le patron de Meta précise qu’Instagram a ajouté des outils de détection d’âge au fil des ans. « Temps limite quotidien » et « faites une pause » sont deux outils de régulation pour aider les parents et les jeunes.

C’est en 2019 qu’Instagram a commencé à demander les dates de naissance aux personnes qui souhaitaient créer un compte. L’obligation s’est élargie à l’ensemble des usagers en 2021.

Mais Mark Lanier, l’avocat de la plaignante, a objecté en présentant un document de 2023 de Meta selon lequel 1,1 % des adolescents seulement recouraient à la fonction « temps limite quotidien » et 2 % à « faites une pause ».

L’accusation a produit un document interne datant de 2018. La preuve évaluait, en 2015, à quatre millions le nombre de comptes Instagram appartenant à des enfants de moins de 13 ans.

Selon le document, Instagram estimait, à l’époque, que 30 % des 10-12 ans étaient sur le réseau aux États-Unis. L’issue du procès serait connue d’ici fin mars 2026.

Par Jean Materne Zambo

Innovation : OpenAI prépare un système de vérification d’âge de tous les utilisateurs de ChatGPT

[DIGITAL Business Africa] – Sam Altman, le patron de Open AI, prépare un outil innovant dans la surveillance. Un système de vérification d’âge pour les utilisateurs de ChatGPT; un pare-feu. L’entreprise californienne l’a annoncé, mardi 17 février 2026.

Le géant de l’intelligence artificielle OpenAI installe une barrière d’entrée insubmersible. Chaque interaction sera subordonnée à une validation par une entité tierce. La mesure bise avant  tout à protéger les enfants  en ligne, à en croire l’entreprise.

“Nous commencerons à utiliser la prédiction de l’âge dans l’ensemble de nos services pour offrir aux adolescents des expériences plus sûres et adaptées à leur âge”, explique OpenAI dans un courriel adressé aux utilisateurs de la plateforme, dont nos confrères du Figaro(nouvelle fenêtre) se font l’écho. La fonctionnalité sera déployée dans l’Union européenne “dans les prochaines semaines”, indiquait l’entreprise le 11 février dans une note de blog(nouvelle fenêtre).

Cette nouvelle fonctionnalité de prédiction d’âge sur ChatGPT pourra permettre d’estimer si un compte appartient à un mineur de moins de 18 ans. L’outil est basée sur des signaux comportementaux (ancienneté du compte, horaires de connexion, patterns d’utilisation) et l’âge déclaré.

Par ailleurs, le système applique automatiquement des protections renforcées contre les contenus sensibles aux utilisateurs présumés mineurs. OpenAI a fait le choix de déléguer cette vérification à la société Persona, un service sécurisé de vérification d’identité. Persona aurait des accointances avec Peter Thiel, une personnalité de la Silicon Valley et cofondateur de Palantir. L’entreprise spécialisée dans la surveillance et l’analyse de données pour les gouvernements.

 

Les utilisateurs incorrectement classés dans la catégorie des moins de 18 ans disposeront toujours d’un moyen rapide et simple de confirmer leur âge et de rétablir leur accès complet.  Les utilisateurs peuvent vérifier si des mesures de sécurité ont été appliquées à leur compte et lancer ce processus à tout moment en se rendant dans Paramètres > Compte.

Lorsque le modèle de prédiction d’âge estime qu’un compte peut appartenir à une personne âgée de moins de 18 ans, ChatGPT applique automatiquement des mesures de protection supplémentaires⁠ conçues pour réduire l’exposition à des contenus sensibles, telles que :

– Violence explicite ou contenu sanglant

-Les défis viraux susceptibles d’encourager des comportements risqués ou préjudiciables chez les mineurs

-Jeux de rôle à caractère sexuel, romantique ou violent

-Les représentations d’automutilation

-Contenu qui promeut des normes de beauté extrêmes, des régimes alimentaires malsains ou la honte du corps

L’Europe devra servir de laboratoire. Le déploiement est annoncé dans les prochaines semaines. Cela pour respecter les exigences régionales liées au Digital Services Act (DSA) et aux règles de protection des mineurs.

Par Jean Materne Zambo, source: openai.com

Voici les recommandations pour accélérer l’IA au Cameroun et finaliser la stratégie nationale dédiée

[DIGITAL Business Africa] – Une autre session de travail à grande échelle sur l’IA vient de baisser le rideau à Yaoundé au Cameroun. Dans un contexte d’attente de la finalisation de la Stratégie nationale de l’IA annoncée en 2024.

L’atelier de sensibilisation des administrations publiques sur l’utilisation responsable de l’IA, tenu du 17 au 18 février 2026 dans les locaux du ministère des Postes et Télécommunications, a débouché sur des recommandations en vue de faire bouger les lignes.

Les travaux étaient placés sous le thème « Intelligence artificielle responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ».

Objet recherché : Rassembler les administrations publiques, au-delà d’un certain effet de mode, dans un atelier pratique, pour doter les responsables et cadres compétents de connaissances pointues, et les familiariser à un usage responsable de l’intelligence artificielle.

Après deux jours de travaux, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a reçu les recommandations qui en découlent.

Recommandations

Plan de la gouvernance, de la réglementation et de l’éthique

– Finaliser et mettre en œuvre la Stratégie nationale de Développement de l’IA (SDNIA) comme cadre de référence unique ;

– Élaborer un cadre réglementaire progressif, adapté aux risques, garantissant la cohérence pour éviter les vides juridiques et protéger les droits fondamentaux ;

-Établir une coordination interministérielle transversale et créer un mécanisme institutionnel dédié (observatoire ou autorité) pour harmoniser les initiatives sectorielles ;

-Consolider le leadership institutionnel de l’État via le MINPOSTEL.

Au plan des Infrastructures, des Données et de la Souveraineté

– Investir massivement dans des infrastructures critiques locales : DataCenters nationaux, réseaux télécoms inclusifs, et solutions de Cloud local.

– Assurer que les données collectées sur le territoire soient soumises aux lois nationales pour éviter une « recolonisation » technologique.

– Créer des jeux de données (datasets) fiables et locaux, incluant les réalités socioculturelles et linguistiques du pays.

– Renforcer la cybersécurité et la protection des informations sensibles au sein des administrations ;

– Accélérer le déploiement des infrastructures télécoms inclusives et résilientes, notamment via l’énergie solaire ;

– Favoriser le Edge Computing pour adapter l’IA aux contraintes locales de connectivité.

– Capital Humain, Éducation et Compétences

– Repenser les programmes scolaires et universitaires pour les adapter à l’ère de l’IA, en mettant l’accent sur la culture générale et le discernement humain.

– Évaluer et renforcer les capacités techniques des agents publics et former la jeunesse aux métiers du futur (science des données, ingénierie IA).

– Anticiper l’obsolescence des compétences et accompagner la reconversion professionnelle face à la vitesse de l’innovation.

– Éduquer les citoyens à un usage responsable et critique de l’IA (détection des deepfakes, protection de la vie privée).

– Former des apprenants du primaire, du secondaire et du supérieur aux STEM (Science, Technologie et Mathématique).

-Développer la recherche en matière d’IA Innovation, Écosystème Local et Usages

– Passer de la consommation de logiciels étrangers à la conception de solutions locales adaptées aux besoins spécifiques du pays. •

– Accompagner les PME et startups nationales via des financements et des mécanismes de transfert de technologies.

– Orienter les usages de l’IA vers des secteurs à fort impact social (santé, éducation, agriculture, administration publique) plutôt que le simple divertissement.

– Exploiter les sources culturelles et les savoirs endogènes comme leviers d’innovation alternative.

– Renforcer le dialogue entre le gouvernement, le secteur privé, le monde académique et les partenaires internationaux.

– Développer des initiatives entrepreneuriales de création de la valeur en matière d’IA.

Par Jean Materne Zambo

Robotique : Hallucinant ! Des robots chinois esquissent des figures de Kung-Fu avec agilité [vidéo]

[DIGITAL Business Africa] – L’intelligence artificielle dans l’Empire du Milieu est une véritable démonstration de force. Des robots chinois ont livré un spectacle impressionnant lors du Gala du Nouvel An chinois de CMG (Fête du Printemps) célébré ce lundi 16 février 2026. Le programme est le plus regardé à la télévision avec plus d’un milliard de téléspectateurs.

Sur la vidéo, on peut voir ses robots exécutant des acrobaties, ainsi qu’une chorégraphie de Kung-fu avec des mouvements synchronisés. Ou encore quelques-uns parmi eux manier une épée et des « nunchakus » avec la même dextérité qu’un humain.

Les robots qui se produisent sont de type G1 et appartiennent à l’entreprise Unitree Robotics. Ce sont les robots humanoïdes les plus avancés au monde avec une capacité d’équilibre avancée, selon plusieurs experts.

Ces robots humanoïdes peuvent disposer de 31 degrés de liberté, d’un couple articulaire de 360 N·m et d’une reproduction précise des mouvements dynamiques.

Ils sont faits d’aluminium de qualité aéronautique, d’alliage de titane et de plastiques techniques haute résistance, de batteries au lithium de qualité supérieure à faible résistance interne. La capacité de la plateforme est « Intel Core i5 ».

Ces robots ont des capteurs de détection ( Caméra binoculaire humanoïde à grand champ de vision, caméra binoculaire humanoïde à grand champ de vision). Ils sont aussi dotés d’une capacité d’interaction vocale (microphone matriciel et haut-parleur haute puissance pour l’interaction vocale, microphone matriciel et haut-parleur haute puissance pour l’interaction vocale).

Ces robots humanoïdes sont pas encore autonomes mais programmés. programme grande évolution par rapport au show des robots pour la même occasion. En 2025, l’on avait observé que les robots étaient rigides. Mais un an plus tard, la Chine a rectifié le tir et démontre qu’elle a son mot à dire en matière de robotique ou d’intelligence artificielle.

Vidéo :

 

Par Jean Materne Zambo, source : Unitree Robotics 

Infrastructures télécoms en Afrique : MTN lance une OPA à 1 216,6 milliards de francs CFA pour reprendre le contrôle d’IHS Towers

[DIGITAL Business Africa] – Le groupe MTN franchit une étape stratégique majeure dans la consolidation des infrastructures télécoms en Afrique. L’opérateur panafricain de télécommunications a annoncé que le conseil d’admnistration d’IHS Towers a accepté une offre de rachat de 8,50 dollars par action, ouvrant la voie à une prise de contrôle à 100% de la société de tours télécoms par MTN. La transaction envisagée, soumise à diverses autorisations réglementaires et à l’approbation des actionnaires, prévoit également le retrait d’IHS Towers de la Bourse de New York (NYSE).

Vers une réintégration complète des tours télécoms dans le périmètre de MTN
MTN détient actuellement environ 24,7% du capital d’IHS Towers. L’opération projetée consiste à acquérir l’intégralité des actions restantes, dans le cadre d’une fusion avec paiement en numéraire, afin de privatiser l’entreprise. À l’issue de la cession annoncée par IHS de ses actifs en Amérique latine, prévue les 11 et 17 février 2026, MTN entend prendre le contrôle de 100% des activités résiduelles d’IHS, concentrées principalement en Afrique.

IHS Towers figure parmi les plus grands opérateurs mondiaux de tours télécoms, avec près de 29 000 sites en Afrique, déployés au service de plusieurs opérateurs mobiles dans cinq marchés clés de MTN. Ces infrastructures constituent un maillon critique de la connectivité mobile, du déploiement de la 4G/5G et de l’extension de la couverture réseau sur le continent.

Une opération à 2,2 milliards de dollars, financée sans émission d’actions MTN
Le coût total de l’acquisition des parts qu’il ne détient pas encore est estimé à environ 2,2 milliards de dollars. Le financement reposerait sur une combinaison de trésorerie existante d’IHS (environ 1,1 milliard de dollars), de liquidités disponibles au sein du groupe MTN et de dette. MTN précise qu’aucune émission de nouvelles actions ne sera nécessaire au niveau du groupe, même si l’opération entraînera une hausse temporaire de l’endettement.

Pour les actionnaires d’IHS, l’offre à 8,50 dollars par action représente une prime d’environ 9,7% par rapport au cours moyen pondéré sur 30 jours à la date du 4 février 2026, veille de l’annonce officielle de l’opération par MTN. Le groupe d’investissement Wendel, actionnaire de long terme d’IHS, a d’ores et déjà apporté son soutien à la transaction et s’est engagé à voter en faveur de l’opération, sécurisant environ 40% du seuil minimum requis des deux tiers des droits de vote nécessaires à l’approbation.

Pourquoi MTN veut “racheter ses propres tours”

En reprenant le contrôle direct de ses infrastructures de tours, MTN vise plusieurs objectifs stratégiques. Le groupe souhaite internaliser les marges actuellement versées à IHS pour l’hébergement de ses équipements, améliorer la prévisibilité de ses coûts d’infrastructure et capter l’intégralité des revenus futurs issus de la location de tours à des opérateurs tiers. Cette réintégration doit également permettre de libérer de la valeur à long terme contenue dans l’investissement initial de MTN dans IHS.

« Cette transaction proposée constitue une étape déterminante pour renforcer davantage la position stratégique et financière de MTN Group dans un avenir où l’infrastructure numérique deviendra de plus en plus essentielle à la croissance et au développement de l’Afrique », a déclaré Ralph Mupita, président-directeur général de MTN Group. « Cette opération nous offre une opportunité unique de racheter nos tours et de renforcer notre capacité à être des partenaires du progrès pour les États dans lesquels nous opérons. »

IHS rassure sur la continuité de service

Du côté d’IHS Towers, le management insiste sur la continuité de service pour les opérateurs et partenaires. Sam Darwish, président et directeur général d’IHS, estime que l’opération « renforce notre partenariat de longue date avec MTN, en combinant le plus grand opérateur mobile d’Afrique avec l’une des plus grandes plateformes d’infrastructures numériques du continent ». Il souligne également la volonté de maintenir des standards élevés de gouvernance et de qualité de service, malgré le retrait envisagé de la cote à New York.

Un signal fort pour la souveraineté des infrastructures numériques en Afrique
Au-delà de l’opération financière, ce projet de rachat illustre une tendance de fond dans le secteur télécoms africain : la reprise en main par les opérateurs de leurs infrastructures critiques, dans un contexte de montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique, de déploiement de la 5G et d’explosion des besoins en connectivité pour les services numériques, l’IA, le cloud et l’e-gouvernance.

Pourquoi parle-t-on d’une opération à 2,2 milliards de dollars et quelle est la valorisation d’IHS Towers ?

Le montant d’environ 2,2 milliards de dollars (soit approximativement 1 216,6 milliards de francs CFA XOF, sur la base d’un taux indicatif de 1 USD ≈ 553 XOF) correspond uniquement au coût de rachat des actions d’IHS Towers que MTN ne détient pas encore. En effet, le groupe panafricain possède déjà près de 24,7 % du capital d’IHS. L’offre à 8,50 dollars par action porte donc sur les quelque 75,3 % restants du capital. Ce montant ne reflète pas la valorisation totale d’IHS Towers, mais l’effort financier nécessaire pour permettre à MTN d’en prendre le contrôle à 100 %.

Rapporté à 100 % du capital, ce prix d’acquisition implique une valorisation globale d’IHS Towers d’environ 2,9 milliards de dollars (soit près de 1 604,7 milliards de francs CFA XOF), ce qui donne un ordre de grandeur utile pour apprécier l’ampleur stratégique de l’opération pour l’écosystème télécoms africain. Le financement combinera environ 1,1 milliard de dollars de trésorerie figurant déjà au bilan d’IHS, complétés par les liquidités disponibles et de la dette au niveau du groupe MTN, sans émission de nouvelles actions MTN.

En réintégrant IHS Towers dans son périmètre, MTN renforce son contrôle sur un actif stratégique pour la transformation numérique du continent. Cette consolidation pourrait également redessiner les équilibres du marché des towers en Afrique, avec des implications à suivre pour les autres opérateurs mobiles, les investisseurs en infrastructures et les régulateurs télécoms.

La finalisation de la transaction reste conditionnée à l’approbation des actionnaires d’IHS, aux autorisations des autorités de régulation dans les pays concernés, ainsi qu’au respect des conditions usuelles de clôture.

Par Digital Business Africa

Réseaux sociaux/Gabon : Musèlement des utilisateurs ! TikTok et Instagram déjà suspendus, le débit internet baisse

[DIGITAL Business Africa] – Le Gabon bascule-t-il dans la dictature numérique ? La Haute Autorité de la Communication a annoncé la suspension des réseaux sociaux ce 17 février 2026. Réunie en séance plénière à son siège du 286, la HAC dit avoir constaté « la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux “.  

Pour justifier sa décision, le régulateur met en avant les motifs d’atteintes « à la dignité humaine, aux bonnes mœurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ». De tels agissements contreviennent, selon elle, à la loi nᵒ 019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication.

TikTok et Instagram sont déjà suspendus en attendant les autres médias comme Facebook, WhatsApp… Le débit internet lui a chuté. Impossible de partager des contenus, rapporte une source locale. L’économie numérique du pays pourra prendre un coup. Un aveu d’échec pour le président de la HAC Germain Ngoyo Moussavou, qui pourtant dispose du bâton pour remettre sur le droit chemin les brebis égarées sur l’autoroute des réseaux sociaux.

La loi nᵒ 027/2023 du 12 juillet 2023, portant réglementation de la cybersécurité et lutte contre la cybercriminalité en République gabonaise, en son article 71 dispose: :

« Quiconque profère une menace ou une insulte par voie électronique, envers une personne en raison de son appartenance à un groupe, une race, une couleur, une ascendance, une religion ou une origine, est puni d’un emprisonnement de dix ans et d’une amende de 30 000 000 FCFA au plus ou de l’une de ces deux peines ».

Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés depuis l’annonce.

L’artiste musicienne Creol annonce son exil.

« Je me casse de là, c’est fini ! Moi, je vends ma banane avec Internet. Je vends ma banane avec mes réseaux sociaux, mon TikTok, mon Facebook. Je fais la promotion de ma musique là, je mange un peu mon petit morceau de pain, mon petit dairy. C’est avec les réseaux sociaux. Je vis avec les réseaux sociaux ».

“Le Père de la vérité” (son identifiant sur Facebook) y voit une atteinte à un droit fondamental.

« Les réseaux sociaux garantissent l’accès à l’information. Et arrêter de les diffuser nous empêche d’exercer nos droits. Mais il est vrai que pour des raisons majeures, on pourrait rêver les conditions d’accès aux réseaux sociaux, comme Emmanuel Macron l’a fait en interdisant l’accès aux moins de 15 ans ».

Justement, l’article 14 de la Constitution gabonaise du 19 décembre 2024 garantit la liberté d’opinion, d’expression et de communication, incluant la diffusion de l’information sur tout support numérique.

Hermann Kele regrette l’ancien président de la République :

« Même Ali Bongo nous laissait après les élections utiliser les réseaux normalement. Il y a certains qui vivent d’internet ».

Johann Fabrice Ella Abessolo trouve que les autorités ne devraient pas se tromper de combat.

« On ne voit aucune avancée sur les vrais problèmes : le chômage, les coupures d’électricité, le manque d’eau, la corruption, les crimes rituels, ou encore la régularisation administrative et financière des enseignants… rien ne bouge. Mais quand il s’agit de futilités ou de querelles inutiles, là, ils font preuve d’une efficacité remarquable…c’est vraiment médiocre pour une autorité… »

Furieux, Loïc Renamy estime qu’il suffit simplement d’appliquer la loi.

« C’est des motifs fallacieux ! Car la responsabilité pénale est individuelle. Pourquoi ne pas les identifier et s’attaquer directement aux personnes en cause ? C’est pire et simplement une volonté de l’anéantissement de l’état de droit et de la démocratie. Décision inique et cynique et c’est révulsant ! »

Cette suspension pourrait aussi avoir des conséquences sur les performances du Gabon en matière de TIC. Le pays pourrait régresser au classement de l’indice de développement des TIC en Afrique. Selon l’Union internationale des télécommunications, en 2024, le pays était classé 10ᵉ en Afrique et premier en Afrique centrale, avec une note de 74,7.

Par Jean Materne Zambo

Santé, éducation, e-gouvernance : le Rwanda signe avec Anthropic pour déployer Claude au cœur de l’action publique

[DIGITAL Business Africa] – Le Rwanda franchit une nouvelle étape dans sa stratégie nationale d’intelligence artificielle. Le gouvernement rwandais et la start-up américaine Anthropic, spécialisée dans les modèles d’IA générative (Claude), ont signé le 17 février 2026 un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) d’une durée de trois ans pour structurer et élargir leur coopération dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’administration publique. Il s’agit du premier partenariat multisectoriel formalisé par Anthropic avec un gouvernement africain, marquant un tournant dans l’ancrage institutionnel des grandes entreprises d’IA sur le continent.

Un accord structurant autour de trois piliers

Le MoU conclu entre Kigali et Anthropic repose sur trois axes stratégiques clairement identifiés : la santé, la transformation numérique de l’administration publique et l’éducation.

Dans le secteur de la santé, Anthropic accompagnera le ministère rwandais de la Santé dans la réalisation de plusieurs objectifs nationaux prioritaires, notamment l’élimination du cancer du col de l’utérus, la réduction du paludisme et la baisse de la mortalité maternelle. L’ambition affichée est d’exploiter les capacités de l’IA pour renforcer le suivi des patients, l’aide à la décision médicale, l’analyse de données de santé publique et l’optimisation des politiques sanitaires.

Au niveau de l’administration publique, l’accord prévoit la mise à disposition des outils d’Anthropic, dont Claude et Claude Code, au profit des équipes de développeurs des différentes institutions gouvernementales. Cette démarche s’accompagne de formations pratiques, de programmes de renforcement de capacités et de crédits d’API, afin de permettre l’intégration progressive de l’IA dans plusieurs services publics. Kigali entend ainsi accélérer l’adoption d’outils d’IA pour l’amélioration de l’efficacité administrative, la modernisation des services aux citoyens et l’innovation GovTech.

Sur le volet éducation, le MoU formalise un partenariat initié à l’automne 2025, qui avait permis de déployer 2 000 licences Claude Pro pour les enseignants rwandais, d’organiser des formations à la littératie en IA pour les agents publics, et d’introduire un assistant pédagogique basé sur Claude dans huit pays africains. Cette dimension régionale confère à l’accord une portée panafricaine, au-delà du seul cas rwandais.

Une stratégie d’IA orientée “services publics”

Pour les autorités rwandaises, ce partenariat s’inscrit dans une trajectoire de long terme visant à faire de l’IA un levier de performance des politiques publiques. « Ce partenariat avec Anthropic constitue une étape importante dans le parcours du Rwanda en matière d’IA. Notre objectif est de continuer à concevoir et déployer des solutions d’IA applicables à l’échelle nationale pour renforcer l’éducation, améliorer les résultats en matière de santé et renforcer la gouvernance, en tenant compte de notre contexte », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.

Du côté d’Anthropic, l’accent est mis sur l’appropriation locale et le renforcement des capacités nationales.

« La technologie n’a de valeur que par sa portée. Nous investissons dans la formation, l’assistance technique et le renforcement des capacités afin que l’IA puisse être utilisée de manière sûre et autonome par les enseignants, les agents de santé et les fonctionnaires au Rwanda », souligne Elizabeth Kelly, responsable des déploiements à impact (Beneficial Deployments) chez Anthropic.

Un modèle de partenariat public-privé pour l’Afrique

Au-delà du cas rwandais, cet accord illustre une tendance de fond : la montée en puissance des partenariats directs entre gouvernements africains et grandes entreprises d’IA, autour de projets structurants dans la santé, l’éducation et la gouvernance numérique. Contrairement aux approches purement pilotes ou expérimentales, le MoU avec Anthropic affiche une ambition de déploiement à l’échelle nationale, assortie d’investissements dans les compétences, l’infrastructure et les institutions.

Pour l’Afrique, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de capter les opportunités offertes par l’IA pour accélérer l’atteinte des objectifs de développement dans des secteurs clés, et, d’autre part, de préserver une forme de souveraineté numérique en veillant à ce que ces partenariats intègrent des dimensions de transfert de compétences, d’appropriation locale et de gouvernance responsable des technologies.

Un signal fort pour les politiques africaines de l’IA

Le partenariat Rwanda–Anthropic envoie un signal clair aux autres États africains : l’IA ne se limite plus à un champ d’expérimentation académique ou à des projets de start-up, mais devient un outil structurant des politiques publiques nationales. En formalisant une coopération multisectorielle avec un acteur majeur de l’IA générative, Kigali se positionne comme l’un des laboratoires africains de l’IA appliquée aux services publics.

Pour les gouvernements du continent, la question centrale devient désormais celle des conditions de déploiement : quels cadres de gouvernance de l’IA, quels mécanismes de protection des données, quelles garanties d’éthique et de souveraineté, et quelles stratégies de formation pour éviter une dépendance technologique excessive vis-à-vis des grands acteurs internationaux du numérique.

Cette initiative du Rwanda avec Anthropic et Claude illustre la dynamique en cours sur le continent autour de l’intégration de l’IA dans les politiques publiques. C’est précisément ce type de retours d’expérience concrets que des plateformes africaines de dialogue et de co-construction entendent mettre en lumière, à l’instar du Salon E-Gov’A (Salon de l’e-Gouvernance et de l’Innovation Digitale en Afrique), prévu du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé. L’événement se positionne comme un espace de partage entre gouvernements africains, partenaires technologiques et acteurs de l’IA, autour de cas d’usage réels dans la santé, l’éducation et l’administration publique.

Par Digital Business Africa

E-gov/Cameroun : L’ARMP forme 250 agents de l’État au système de digitalisation des marchés publics PRIDESOFT

[DIGITAL Business Africa] – L’Agence de Régulation des Marchés publics (ARMP) intensifie la régulation 2.0. Le régulateur des marchés publics tient depuis le 9 février 2026, une formation à l’utilisation du système intégré de Gestion ouvert et Multiplateformes des Marchés Publics, PRIDESOFT.  250 agents de l’État prennent part aux travaux.

La formation court jusqu’au 17 avril 2026 et se déroule au Centre national de Formation des Formateurs et de Développement des Programmes du MINEFOP à Yaoundé.

Les participants sont issus de 20 ministères, 5 Unités de Gestion de Projet, 10 CTD, 10 Établissements publics et 05 entreprises publiques. Cette formation s’inscrit dans le prolongement de celles dispensées en 2023. A l’époque, 100 acteurs ont bénéficié de la formation.

Le système est conçu comme un outil de dématérialisation visant à assurer la transparence et le suivi en temps réel de la commande publique au Cameroun. L’outil innovant a été conçu et développé pour faciliter la mise en concurrence, la sécurisation de l’accès à la commande publique et le suivi des procédures de passation et d’exécution.

PRIDESOFT dispose de plusieurs fonctions stratégiques toutes orientées vers :

1. la consolidation de la saine concurrence;

2. l’amélioration de la transparence;

3. l’appui à la lutte contre la corruption;

4. la facilitation pour l’actualisation rationnelle de la mercuriale des prix;

5. la mise en œuvre des mécanismes de certifications des prestataires;

6. la contribution à la réduction des délais des procédures;

7. l’optimisation du renforcement des capacités des acteurs;

8. l’implication citoyenne à la réalisation des projets;

9. l’amélioration du suivi-évaluation des projets d’investissement public ;

10. la facilitation pour la mesure des impacts socio-économiques;

11. la gestion optimale des recours;

12. la mesure en temps réel de la situation générale;

13. la mesure rationnelle de l’efficacité et de la fiabilité du système ;

14. l’amélioration de l’indice de gouvernance du Cameroun.

Le Système Intégré de Gestion Ouvert et Multiplateformes des Marchés Publics, PRIDESOFT a été développé et mis en œuvre progressivement à partir du milieu des années 2010 par l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP).

Par Jean Materne Zambo, sources : ARMP, pridesoft.cm

Gabon : Un projet de banque numérique sur la table des autorités et investisseurs émiratis

[DIGITAL Business Africa] – Les investisseurs émiratis foulent à leur tour le sol gabonais. Cela après la participation de la délégation gabonaise conduite par au World Government Summit à Dubaï du 2 au 5 février 2026. Mohamed ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis, conduit une délégation d’environ cinquante investisseurs émiratis.

La délégation a rencontré le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba et d’autres membres du gouvernement ce 16 février 2026 à Libreville pour concrétiser les intentions de coopération exprimées au plus haut niveau de l’État.

Les discussions ont porté sur le développement de plateformes boursières favorisant l’investissement transfrontalier, l’amélioration des mécanismes de transferts financiers, ainsi que l’exploration de projets innovants, dont un potentiel projet de banque numérique. Un établissement qui repose sur la technologie et la dématérialisation, offrant des services principalement en ligne.

En Afrique, plusieurs acteurs se partagent le marché. Entre autres Kuda Bank, Chipper Cash, Orange Bank, Wave et Payoneer. Ces solutions facilitent les transactions, le paiement et le transfert d’argent. Elles sont cruciales pour les populations non bancarisées et les petites entreprises.

Selon le MENDI, cette rencontre illustre la volonté des plus hautes autorités de renforcer les partenariats internationaux, de promouvoir l’innovation financière et de positionner le pays comme un acteur attractif dans l’économie numérique régionale.

À Abu Dhabi, trois mémorandums d’entente avaient été signés entre les deux parties. Ces accords concernent les secteurs minier, numérique et logistique. Ils visent à accélérer la transformation économique du pays, créer de la valeur localement et renforcer l’attractivité du Gabon sur la scène internationale.

Sur le plan de la transformation, le Mark Alexandre Doumba avait présenté la vison.du Gabon. Le ministre de l’Économie numérique, de la digitalisation et de l’innovation avait mis en exergue certains acquis. Dont l’adoption de textes de loi structurants sur la digitalisation, la mise en place d’une gouvernance claire et centralisée au sein du ministère.

Cette avancée permet de piloter la transformation numérique, la centralisation des services numériques de l’État pour plus d’efficacité et de cohérence, l’instauration d’une loi sur la signature électronique, permettant d’économiser des milliards de FCFA en dépenses de papier, tout en s’inscrivant dans une économie durable, la lutte contre la lourdeur administrative.

L’objectif affiché étant de réduire la bureaucratie, moins de clics, et un accès simplifié aux services publics pour tous les Gabonais.

Par Jean Materne Zambo, source: MENDI