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SGS vs Transatlantic D. S.A. ou Motaze vs Ngo’o : le Port de Douala au cœur d’un conflit d’autorité inédit autour du scanning

[DIGITAL Business Africa] – Le dossier du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri continue de cristalliser une forte tension institutionnelle depuis fin décembre 2025, avec deux opérateurs actifs sur le terrain : SGS, titulaire du contrat d’inspection par scanner signé en 2015, et Transatlantic D. S.A., nouveau concessionnaire désigné par le Port Autonome de Douala.SGS vs Transatlantic D. S.A. ou Motaze vs Ngo’o : le Port de Douala au cœur d’un conflit d’autorité inédit autour du scanning

Au cœur du différend, un arbitrage du Ministre des Finances du Cameroun, Louis-Paul MOTAZE, demandant le respect du contrat liant l’État à SGS, face à la décision du DG du Port Autonome de Douala, Cyrus NGO’O, du 26 décembre 2025 annonçant, à compter du 1er janvier 2026, la prise en charge exclusive du scanning par Transatlantic D S.A. dans le cadre d’une concession de type Build-Operate-Transfer (BOT), présentée comme « instruite par le chef de l’État ».SGS vs Transatlantic D. S.A. ou Motaze vs Ngo’o : le Port de Douala au cœur d’un conflit d’autorité inédit autour du scanning

SGS vs Transatlantic D. S.A. ou Motaze vs Ngo’o : le Port de Douala au cœur d’un conflit d’autorité inédit autour du scanning
Le ministre des Finances, Louis-Paul MOTAZE, et le DG du PAD, Cyrus NGO’O

Malgré cette divergence, Transatlantic D S.A. a effectivement démarré ses opérations dès le 2 janvier 2026. L’entreprise a finalisé son implantation au sein de l’enceinte portuaire, notamment à l’immeuble Quifferou, déployant des scanners de nouvelle génération et des unités mobiles permettant un scanning intégral de toutes les marchandises, à l’import comme à l’export. Le dispositif prévoit un scan immédiat après le déchargement, avec la transmission numérique en temps réel des résultats aux administrations concernées.

Sur le terrain, les acteurs opérationnels constatent déjà des changements notables. Pour Cyrille Ayinda, directeur adjoint de l’exploitation de la RTC (Régie du Terminal à conteneurs), « le nouveau système permet de gagner du temps ». Il souligne que « le scanner est maintenant à côté des opérations. Dès que le conteneur est déchargé, il subit immédiatement le scan et va dans le stack », ajoutant qu’« on décharge, on scanne et on stack, sans ralentissement », et que des informations sont disponibles en temps réel pour tous les partenaires de la chaîne logistique.

Cette accélération est également confirmée sur le plan technologique. Emmanuel Tagné, informaticien chez Transatlantic D S.A., insiste sur « la rapidité de la transmission de l’information ». Selon lui, « une fois que le conteneur est passé et que le scan est validé, tous les acteurs reçoivent directement l’information », avec un temps moyen d’« une minute de chrono par camion », ce qui permet 100 % de scanning sans engorgement des stations.

Dans les faits, une situation transitoire s’est installée : SGS continue de facturer conformément au contrat de 2015, tandis que Transatlantic scanne sans facturer, dans une phase qualifiée d’expérimentale. Cette coexistence crée une forte incertitude pour les opérateurs économiques, pris entre des instructions administratives contradictoires. Une situation inédite au PAD.

Le soutien de l’APN au PAD

Le 29 décembre, date marquée par la vive opposition exprimée par Louis-Paul Motaze à l’encontre de Cyrus Ngo’o au sujet de l’attribution du marché de scanning au Port autonome de Douala (PAD), le tout nouveau Directeur général de l’Autorité portuaire nationale (APN), Willie Tsanga Mba, a choisi de manifester publiquement un appui sans équivoque au profit du PAD.

Par une décision formelle, l’APN entérine l’adjudication du service de scanning des marchandises à Transatlantic D. S.A. et procède, dans le même acte, à l’homologation de la grille tarifaire hors taxes applicable aux prestations fournies par l’opérateur.

Les tarifs désormais approuvés fixent notamment :

38 500 FCFA pour le scanning des conteneurs pleins de 20 pieds à l’export,

50 000 FCFA pour les 40 pieds.

Tandis qu’à l’import, les exigences renforcées en matière de contrôle se traduisent par des montants portés à

66 000 FCFA pour les 20 pieds,

95 000 FCFA pour les 40 pieds.  SGS vs Transatlantic : conflit au PAD SGS vs Transatlantic : conflit ouvert au PAD

Par cette décision, l’APN entérine l’activité de scanning au Port de Douala-Bonabéri et, dans un contexte institutionnel particulièrement tendu, apporte un signal fort quant à son alignement avec les orientations opérationnelles du PAD. Même si ces tarifs ne sont pas encore en vigueur comme indiqué plus haut.

Les investissements annoncés par Transatlantic D

Transatlantic justifie néanmoins son entrée en scène par la nécessité de corriger ce qu’elle qualifie de « défaillances opérationnelles et de failles sécuritaires ». Son contrat de concession, d’une durée de 25 ans avec rétrocession des actifs, prévoit un investissement estimé à près de 193 milliards de FCFA pour l’acquisition et l’installation de huit scanners, ainsi que le versement de redevances fixes et variables au Port de Douala.
En attendant une clarification politique et juridique définitive, le Port de Douala-Bonabéri fonctionne donc avec deux systèmes parallèles. Un statu quo fragile qui interroge la gouvernance du contrôle non intrusif des marchandises, la cohérence de l’action publique et la sécurité juridique indispensable à l’attractivité du principal port du Cameroun.

Transatlantic D S.A. au Cameroun : depuis quand et pour quelles missions ?

Transatlantic D S.A. connaît bien le Cameroun, car l’entreprise est présente au Port de Kribi depuis fin 2019. Elle y opère dans le cadre d’un contrat de concession signé avec l’autorité portuaire, portant sur l’exploitation et la maintenance des équipements de scanning destinés à l’inspection non intrusive des marchandises.

Ce que fait concrètement Transatlantic D à Kribi

Au port en eau profonde de Kribi, Transatlantic D assure :
• l’inspection non intrusive des cargaisons à l’importation et à l’exportation à l’aide de scanners fixes et mobiles ;
• l’exploitation opérationnelle des équipements de scanning, incluant la conduite des opérations, l’analyse des images et la détection d’anomalies ou de cargaisons suspectes ;
• la maintenance technique des scanners afin de garantir leur disponibilité et leur conformité aux normes de sûreté ;
• la transmission numérique sécurisée des résultats de scanning aux administrations compétentes (douanes, autorités portuaires et services de sécurité).

Un rôle clé dans la sécurisation du port en eau profonde

L’intervention de Transatlantic au Port de Kribi s’inscrit dans la stratégie de modernisation et de sécurisation de cette infrastructure, conçue comme un hub logistique régional. Le scanning permet d’accompagner la montée en charge du trafic, de renforcer la lutte contre la fraude, la contrebande et les trafics illicites, tout en fluidifiant les opérations portuaires.

L’expérience accumulée à Kribi depuis 2019 constitue aujourd’hui l’un des principaux arguments avancés par Transatlantic pour justifier son déploiement au Port de Douala-Bonabéri, avec l’ambition affichée d’y mettre en œuvre un modèle de scanning intégral et de gestion numérique en temps réel des flux de marchandises.

SGS au Port de Douala-Bonabéri : rôle, missions et bilan

SGS (Société Générale de Surveillance) est un groupe international spécialisé dans l’inspection, le contrôle, la certification et les tests. Au Cameroun, SGS intervient depuis mars 2015 au Port de Douala-Bonabéri dans le cadre d’un contrat d’inspection par scanner (CIS) conclu avec l’État du Cameroun.
Son mandat au Port de Douala

Dans le cadre de ce contrat, SGS est chargée de :
• l’inspection non intrusive des marchandises par scanner, principalement les conteneurs ;
• l’appui à la sécurisation des recettes douanières, à la lutte contre la fraude, la contrebande et les trafics illicites ;
• la production et la transmission des données de scanning aux services douaniers et aux administrations concernées ;
• la contribution aux missions de sécurité nationale, notamment en matière de lutte contre la criminalité transfrontalière, le blanchiment de capitaux et le trafic de marchandises sensibles.Scanning Services SGS douala

Position de SGS dans le différend actuel

À la suite des annonces du Port Autonome de Douala en faveur de Transatlantic D S.A., SGS s’appuie sur le contrat signé en 2015, dont le respect a été rappelé par le Ministère des Finances du Cameroun dans une correspondance officielle datée du 29 décembre 2025. L’entreprise affirme avoir assuré, durant près d’une décennie, la continuité du service de scanning et le respect des missions confiées par l’État.

Un bilan aujourd’hui contesté

Si SGS met en avant son expérience internationale et sa longévité au Port de Douala, son action fait l’objet de critiques de la part du nouvel opérateur et de certains acteurs portuaires. Ces critiques évoquent une couverture partielle du trafic, des limites opérationnelles et des failles de sécurité sur la période 2015–2025, ainsi que des arguments utilisés pour justifier le changement de prestataire.

Dans l’attente d’une clarification définitive des autorités, SGS continue d’opérer au Port de Douala-Bonabéri, comme demandé par le ministre des Finances, Louis-Paul MOTAZE. Ce qui maintient une situation inédite de coexistence de deux systèmes de scanning au sein du principal port camerounais.

Analyse des critiques ciblées adressées à SGS

Certains professionnels du secteur portuaire et douanier concentrent leurs reproches à l’encontre de SGS autour de deux points précis, jugés structurants du débat actuel.

1. Un coût annuel jugé excessif

Selon ces acteurs, les revenus générés par le scanning portuaire atteindraient plus de 15 milliards de FCFA par an. Un niveau de facturation considéré comme élevé, d’autant plus que ce coût est intégré à la chaîne logistique et se répercute in fine sur les opérateurs économiques, puis sur le consommateur final. Ces critiques estiment que le rapport coût/efficacité n’a pas été suffisamment réévalué au fil des années.

2. Amortissement des équipements et rémunération inchangée

Autre reproche central : l’amortissement des scanners. Le contrat initial portait sur quatre scanners pour une durée de dix ans. Or, selon ces professionnels, trois équipements auraient été amortis bien avant la fin effective de la période, tandis que le quatrième n’aurait été livré qu’en 2022. Équipement qui serait également prévu pour une durée d’exploitation de 10 ans.

Dans ce contexte, ils s’interrogent sur le maintien d’une rémunération inchangée, facturée comme si l’ensemble du parc était neuf, alors même que les investissements initiaux auraient déjà été largement rentabilisés.

Pour eux, les normes internationales voudraient qu’une telle situation entraîne une révision à la baisse des coûts, afin d’éviter de payer plusieurs fois les mêmes équipements.

Ces deux éléments alimentent l’argumentaire de ceux qui estiment que le modèle économique du scanning sous SGS aurait dû être renégocié ou clos à l’issue du cycle contractuel initial.

3. Le risque d’un cycle sans fin

Enfin, ces critiques alertent sur un risque systémique :
Si chaque obsolescence technologique justifie mécaniquement une nouvelle prolongation contractuelle, le système devient un cycle sans fin, au détriment :
• de la concurrence,
• de l’innovation,
• et de l’intérêt économique général.
Une situation résumée, selon l’un des experts, par une métaphore simple :

« Un peu de sauce pour finir le riz, puis un peu de riz pour finir la sauce… »

Analyse des critiques ciblées adressées au PAD : défi d’autorité et risques d’une mauvaise cohésion gouvernementale

Dans ce dossier de scanning portuaire, plusieurs observateurs et professionnels formulent des critiques spécifiques à l’encontre du Port Autonome de Douala (PAD), non pas tant sur le choix technique d’un nouvel opérateur que sur la méthode institutionnelle et ses implications pour la gouvernance publique.

1. Un défi implicite à l’autorité de l’État

La principale critique formulée porte sur le fait que le PAD ait maintenu la mise en œuvre opérationnelle de la concession accordée à Transatlantic D S.A., en dépit d’une instruction explicite du Ministère des Finances du Cameroun rappelant l’obligation de respecter le contrat en vigueur avec SGS.

Pour certains acteurs, cette posture est perçue comme un défi implicite à l’autorité gouvernementale, susceptible de créer un précédent où un établissement public applique sa propre lecture des décisions de l’État.

Autre question soulevée par d’autres observateurs avertis : comment le Port autonome de Douala est-il venu signer un contrat sans concertation préalable ?

Car la conclusion d’un contrat stratégique engageant l’État, sans coordination formelle avec les administrations de tutelle ni validation interministérielle, interroge profondément.

Quels mécanismes institutionnels ont permis une telle initiative jugée unilatérale par certains ?

Quels silences, quelles défaillances ou quelles urgences opérationnelles ont conduit à contourner les circuits habituels de concertation ? Telles sont les questions que ces derniers se posent.

2. La logique défendue par la direction du PAD

Du côté du PAD, son directeur général défend une approche qu’il estime alignée sur les pratiques internationales. Selon cette lecture, en Europe, en Asie ou en Amérique latine, la gestion opérationnelle des scanners est fréquemment confiée :
• soit aux autorités portuaires,
• soit aux gestionnaires de terminaux portuaires.

Toujours selon cette vision, ce modèle permettrait de réduire la charge financière directe pour l’État tout en améliorant l’efficacité opérationnelle.

3. Une cohérence gouvernementale fragilisée

Malgré cet argumentaire, la coexistence d’instructions contradictoires entre le PAD et le ministère des Finances donne l’image d’un État fragmenté, peinant à parler d’une seule voix sur un sujet stratégique. Cette situation fragilise la lisibilité de l’action publique et alimente l’incertitude chez les opérateurs économiques.

La logique du ministère des Finances : préserver l’autorité de l’État et la sécurité juridique

Face à la décision du Port Autonome de Douala de déployer un nouveau dispositif de scanning, le ministère des Finances du Cameroun défend une lecture fondée avant tout sur la sécurité juridique, la cohérence de l’action publique et la préservation des intérêts de l’État.

1. Le respect strict des engagements contractuels

Pour le ministère des Finances, le point de départ demeure le contrat d’inspection par scanner signé en 2015 avec SGS, qui engage l’État camerounais. Tant que ce contrat n’est pas arrivé à son terme juridique ou n’a pas été formellement résilié conformément aux procédures prévues, il doit être appliqué.

Cette position vise à éviter toute situation pouvant être assimilée à une rupture unilatérale, susceptible d’exposer l’État à des contentieux internationaux coûteux.

2. La centralité des missions douanières

Le ministère rappelle que le scanning n’est pas une simple opération logistique, mais un outil stratégique au cœur des missions de la douane : la sécurisation des recettes, la lutte contre la fraude, la contrebande, la criminalité transfrontalière, le blanchiment de capitaux et les trafics illicites.

À ce titre, le pilotage du dispositif doit rester étroitement aligné sur les priorités fiscales et sécuritaires de l’État, même lorsque l’exécution technique est confiée à un prestataire.

3. La cohérence et la hiérarchie de l’action publique

La position du ministère des Finances s’inscrit également dans une logique de hiérarchie administrative. Selon cette approche, un établissement public, aussi stratégique soit-il, ne peut pas engager seul une réforme opérationnelle majeure ayant des implications fiscales et sécuritaires nationales, sans un arbitrage gouvernemental pleinement acté et partagé.

4. Un message de stabilité envoyé aux partenaires

Enfin, le ministère estime que le respect des contrats et des procédures constitue un signal essentiel de crédibilité adressé aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’aux investisseurs. Dans un contexte où le Cameroun cherche à renforcer l’attractivité de ses infrastructures logistiques, la stabilité du cadre juridique est perçue comme une condition préalable à toute réforme structurelle durable.

Cependant, certains observateurs questionnent les justifications, les motifs et les implications réelles de la prolongation du contrat de la SGS sans audit, ni renégociation ni transfert des engagements existants.

L’urgence de la concertation

Au-delà des tensions actuelles, une issue concertée s’impose pour préserver la crédibilité de l’État et la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri. Elle passe d’abord par un arbitrage gouvernemental clair et formel, alignant l’ensemble des administrations autour d’une position unique et juridiquement sécurisée.

Dans l’intervalle, un cadre transitoire et lisible permettrait de sécuriser les opérations et de rassurer les opérateurs économiques. À plus long terme, une réévaluation factuelle du modèle de scanning s’impose afin de concilier efficacité opérationnelle, maîtrise des coûts et cohérence de l’action publique.

En l’absence de concertation ou d’un arbitrage clair et formel, cette séquence expose l’État à des risques juridiques et financiers, tout en envoyant au secteur privé un signal de gouvernance incertain. Dans un contexte de concurrence régionale accrue entre les ports africains, plusieurs acteurs estiment que cette perception pourrait nuire à l’attractivité et à la crédibilité institutionnelle non seulement du Port de Douala-Bonabéri, mais aussi à celles du Cameroun.

Par Digital Business Africa

Burundi: Le projet de loi sur la protection des données personnelles analysé au Parlement 

[DIGITAL Business Africa] – Le Burundi sur le point de combler le vide juridique en matière  de protection des données personnelles. Le porjet de loi sur la protection des Données personnelles se prépare pour une navette au Parlement. Le texte a été soumis à l’ analyse de l’ Assemblée nationale ce jeudi 15 janvier 2026.

Si elle est adoptée, la loi permettra la collecte et le traitement des données personnelles à l’ère du numérique. Le président de l’ Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, a précisé que les lois de référence doivent impérativement garantir la protection des droits fondamentaux et des libertés individuelles, tout en tenant compte des réalités technologiques actuelles.

Le PAN a également indiqué que le projet de loi prévoit des sanctions contre toute infraction à ses dispositions, sans faire obstacle à l’application du Code pénal ni de la loi réprimant les infractions commises à l’aide des technologies de l’information et de la communication (TIC).

La loi sur la protection des données personnelles est composée de huit chapitres, portant notamment sur : les droits des personnes en matière de traitement des données personnelles, les obligations des responsables de traitement, l’organe de protection et de contrôle, ainsi que les règles applicables aux personnes chargées du traitement des données.

Avant l’adoption de ce projet de loi, il faut souligner que le Burundi compte quelques textes régissant les interactions dans le cyber espace. Notamment la Loi N°1/10 du 16 mars 2022. Elle encadre la prévention et la répression de la cybercriminalité, définit les données personnelles et prévoit des sanctions pour les atteinte à la vie privée en ligne (usurpation d’identité, diffusion de fausses informations).

Avant elle, le Décret N°100/085 du 25 juillet 2018. Il établit un cadre national pour la collecte, la diffusion, l’accès, l’archivage et la sécurisation des données.

Tout récemment, la Loi sur le Code des Communications Électroniques (2024). Le rexte renforce la confidentialité des communications et l’établissement de centres de réponse aux incidents informatiques (CERT).

Par Jean Materne Zambo 

Robotics for Good Youth Challenge 2026 : Le Sénégal fourbit ses armes

[DIGITAL Business Africa] – Des jeunes Sénégalais de 10 à 18 ans rivalisent d’adresse dans le domaine de la robotique pour une place à Genève. Où se tiendra la grande finale du Robotics for Good Youth Challenge en marge du Sommet mondial AI for Good 2026 prévu au mois de juillet 2026.

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), en collaboration avec FORCE-N, a lancé ce 13 janvier 2026. L’ initiative phare de l’AI for Good Summit 2026, portée par l’Union internationale des Télécommunications (UIT) vise à positionner le Sénégal au cœur de l’innovation technologique au service du développement durable.

Ainsi des jeunes de 10 à 18 ans pourront-ils concevoir et programmer des robots pour répondre à des défis concrets, notamment celui de la sécurité alimentaire pour l’édition 2025-2026.

Le concours encourage l’utilisation de logiciels et de matériels libres, offrant aux participants une totale liberté dans l’assemblage et la programmation de leurs robots. La mission du Robotics for Good Youth Challenge est de démocratiser l’accès à la robotique et à l’intelligence artificielle, contribuant ainsi à réduire la fracture numérique.

Le concours encourage également l’utilisation de matériaux recyclés et le développement de technologies respectueuses de l’environnement, soulignant l’importance de concevoir des robots durables. Après le lancement et la phase d’inscription, le chapitre national se déroulera en plusieurs étapes.

Le programme s’étend à plusieurs autres pays du globe comme la Côte d’Ivoire. Là-bas, le Robotics for Good Youth Challenge se tiendra le 21 mars 2026 à Abidjan. D’après les autorités, cette compétition nationale offre à la jeunesse ivoirienne l’opportunité de concevoir, construire et programmer des robots pour relever des défis liés à l’agriculture et à la sécurité alimentaire.

Par Jean Materne Zambo

AIGLES : quand les chiffres consacrent la grande réforme numérique de la gestion des agents publics au Cameroun

[DIGITAL Business Africa] – Un an après son entrée en production effective, l’Application Informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde (AIGLES) s’impose, chiffres à l’appui, comme l’une des réformes numériques les plus structurantes de l’administration publique camerounaise.

Le 12 janvier 2026 à Yaoundé, Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, a présenté un bilan qui met en lumière une bascule nette: la paie de l’État, la gestion des carrières et la relation usagers-administration se jouent désormais sur un système intégré, massivement automatisé et de plus en plus traçable.

Une réforme de souveraineté administrative, pas un simple logiciel

Dès l’ouverture de son point de presse, le ministre a situé AIGLES dans une logique de réforme: maîtrise des effectifs, assainissement du fichier de solde, transparence, réduction des interventions humaines, des sources d’erreurs et de dérives. Au cœur du projet, une idée simple mais ambitieuse: faire correspondre, de manière cohérente et vérifiable, la situation administrative d’un agent public à sa situation salariale, tout en sécurisant la chaîne de décision.

Le projet représente un investissement global de 5 845 821 011 FCFA, réparti entre 4 890 021 011 FCFA pour l’intégrateur SIMAC et 955 800 000 FCFA pour AFREETECH en assistance à la maîtrise d’ouvrage. L’architecture fonctionnelle repose sur 14 modules couvrant l’ensemble du cycle de vie d’un agent, du recrutement à la retraite. Au 19 décembre 2025, le taux de réalisation communiqué est de 83,24 %.

1 753 milliards de FCFA versés en 2025: l’indicateur qui pèse lourd

Le chiffre le plus parlant du bilan reste celui de la masse salariale versée de janvier à décembre 2025: 1 753 585 976 559 FCFA. Au-delà du montant, le message est clair: la paie a été produite sans interruption pendant douze mois, avec une promesse de régularité, de lisibilité et de sécurisation des opérations.

AIGLES couvre plus de 503 000 bénéficiaires incluant des agents actifs, du personnel à solde global et des pensionnés. Le ministre a également donné deux repères structurants: 271 129 personnels actifs hors des Forces de Défense et de Sécurité, et 157 245 pensionnés pris en charge.

L’automatisation des carrières devient la norme

L’autre rupture mise en avant est l’automatisation intégrale de plusieurs actes de carrière. Sur la période considérée, 250 686 avancements d’échelon et de classe ont été générés automatiquement, sans intervention humaine, avec un effet financier immédiat. Le ministre a également annoncé le traitement de 872 actes de titularisation et la signature de plus de 500 décrets d’intégration directement dans l’application.

En parallèle, plus de 15 000 actes de carrière hors avancement (promotions, discipline, récompenses, etc.) ont été traités. Sur le plan de la performance, les résultats chiffrés communiqués évoquent une réduction de 70 % du temps de traitement et un taux d’erreurs inférieur à 25 %, avec une reprise et une fiabilisation des données supérieures à 97 %.

Retraites et prépension: vers la fin des ruptures de revenus

La retraite, longtemps synonyme de lenteurs administratives et de périodes d’attente, constitue un autre volet du bilan. AIGLES a généré automatiquement 2 801 dossiers de prépension. En douze mois, l’application a traité 3 243 actes de mise à la retraite et 1 080 actes de régularisation. L’objectif affiché est explicite: éviter au nouveau retraité de “courir derrière un dossier” pendant de longs mois.

Un usage massif du portail et une relation usagers plus directe 

Côté adoption, le ministre a annoncé 6 417 351 connexions sur le portail portailaigles.gov.cm et l’envoi de 3 065 024 notifications de solde via SMS, WhatsApp et email. Sur le volet support, plus de 4 000 requêtes auraient été traitées sur 6 508 déposées en ligne via support.aigles.gov.cm. Autre indicateur de structuration du fichier RH: 19 715 matricules ont été générés entre janvier et décembre 2025.

Enfin, le bilan mentionne une couverture de la formation des administrations utilisatrices d’environ 80 %, ainsi qu’un taux de prise en compte du bilinguisme évalué à 67 %.

Paiement des prestataires et gouvernance financière

Sur l’exécution financière du projet, Joseph Le a indiqué que les prestataires ont déjà reçu 3 217 767 363 FCFA, pour un solde à payer de 2 628 053 648 FCFA. Un élément qui renvoie, en creux, à l’exigence d’un pilotage rigoureux et à la nécessité de maintenir la confiance entre l’État, les prestataires et les usagers finaux.

2026: biométrie, archivage électronique et consolidation

Pour la suite, le ministre a annoncé la finalisation et la pleine opérationnalisation des modules de biométrie et d’archivage électronique, avec l’ambition d’extension progressive du dispositif biométrique à l’ensemble du territoire national, notamment pour lutter contre l’absentéisme au poste. Le cap affiché: consolidation, optimisation et élargissement des acquis.

E-Gov’A 2026: l’instant de vérité pour les services publics numériques

Ce bilan AIGLES intervient à un moment charnière où la transformation numérique de l’État n’est plus un slogan, mais un impératif de performance, de transparence et de confiance publique. C’est précisément dans cet esprit que se tiendra le Salon E-Gov’A (Salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique), prévu du 14 au 16 mai 2026.

Porté par l’association Smart Click Africa, en collaboration avec la plateforme Digital Business Africa, l’événement mettra au centre des échanges le thème : Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications.

Dans la dynamique ouverte par AIGLES, E-Gov’A 2026 se veut un espace de démonstration, de retours d’expérience et de mise en relation: administrations, régulateurs, fournisseurs de solutions, opérateurs, fintech, acteurs de l’identité numérique, cybersécurité, data, cloud et plateformes de services publics.

L’enjeu est concret: accélérer le passage des projets à des résultats mesurables, harmoniser les méthodes, renforcer la confiance et faire émerger des standards africains d’efficacité administrative.

Avec AIGLES, le Cameroun met sur la table des chiffres, des volumes et des indicateurs de performance. Le rendez-vous E-Gov’A de mai 2026 offrira un cadre pour comparer, apprendre, corriger et amplifier, afin que la modernisation des services publics numériques devienne, partout, une expérience simple, fiable et accessible pour le citoyen.

 Le bilan en chiffres de l’an 1 de l’Application AIGLES

  Par Digital Business Africa

Cameroun : L’application AIGLES a mobilisé 5,8 milliards de FCFA pour digitaliser la fonction publique

[DIGITAL Business Africa] – L’application AIGLES a donné un autre visage à la Fonction publique camerounaise. Mais cette innovation a un coût. 5,8 milliards de FCFA, c’est le montant mobilisé par l’ État pour assurer le déploiement de l’Application informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde « AIGLES ». Ce système centralisé fusionne les anciennes plateformes (SIGIPES et ANTILOPE). AIGLES offre une gestion unifiée du personnel et des rémunérations.

Plus de 4 milliards de FCFA ont été versés  à l’intégrateur SIMAC, et plus de 955 millions de FCFA à AFFRITECH, l’assistant de la maîtrise d’ouvrage. Un an après, l’application a permis, selon le ministre Lé, d’enregistrer 417 351 connexions sur le portail AIGLES ( portailaigles.gov.cm). Ce qui a offert aux agents un accès sécurisé, permanent et rapide à leurs informations professionnelles et salariales.

AIGLES a aussi procédé à l’envoi de plus de 3 065 024 notifications de solde via SMS, WhatsApp, courrier électronique à chaque campagne de paie. Mieux, la solution a sonné le glas des dossiers physiques admis, autrefois, pour le traitement des actes automatisés. Une avancée qui a permis de réduire de 25% le taux d’erreurs et de diminuer de 70 % le temps consacré à la gestion de la carrière et des anomalies liées aux effets financiers.

Ces avancées ont été présentées par le ministre Joseph Lé au cours du point de presse donné le 12 janvier 2026 à Yaoundé. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a affirmé que l’application « AIGLES » est « un peu comme notre précieux bébé » que l’État protège et couvre.

L’application AIGLES est entrée en production effective le 1er janvier 2025. Selon les chiffres  avancés par le ministre, plus de 503 000 agents publics, personnels à solde globale et pensionnés reçoivent régulièrement leur solde. L’effectif des personnels actifs (hors forces de défense et de sécurité) est chiffré à 271 129 agents.

Pour 2026, les priorités annoncées portent sur la finalisation des modules de biométrie et d’archivage électronique, puis un déploiement progressif de la biométrie afin de renforcer le contrôle des présences et lutter contre l’absentéisme.

Par Jean Materne  Zambo

Cameroun : Créateurs de contenu et influenceurs dispensés de la taxe de 3% sur le numérique au contraire de ces entreprises

[DIGITAL Business Africa] – Confusion autour de la taxe de 3 % sur le numérique au Cameroun. Depuis le lancement par le ministre des Finances Louis Paul Motaze du Budget de l’État ce 13 janvier 2026 à Ngaoundéré dans l’ Adamaoua, la rumeur selon laquelle les créateurs de contenu et influenceurs seraient soumis à l’impôt a envahi la toile.

Pourtant, il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’un impôt minimum de 3 % sur le chiffre d’affaires réalisé localement par les entreprises numériques opérant depuis l’étranger sans présence physique dans le pays. Les grandes plateformes étrangères assujetties à cet impôt sont Netflix, Amazon, TikTok… Celles-ci disposent d’au moins 1 000 consommateurs au Cameroun ou réalisent un chiffre d’affaires annuel hors taxe d’au moins 50 millions de FCFA.

Cette disposition, parmi d’autres, vise à renforcer la mobilisation des ressources de l’État, à améliorer les conditions de vie des populations et à soutenir la transformation structurelle de l’économie camerounaise, conformément aux orientations de la Stratégie nationale de Développement 2030 (SND30).

C’est un plan décennal (2020-2030) qui vise la transformation structurelle de l’économie pour une émergence et un développement inclusif. La SND30 s’articule autour de piliers stratégiques tels que la diversification économique, l’industrialisation, l’amélioration des infrastructures et des services publics, tout en réduisant la pauvreté et en créant des emplois décents.

Le budget global 2026 est de 8 816,4 milliards FCFA. Soit une hausse de 14 % par rapport à 2025 (+1 080,5 milliards FCFA).

 

Priorités majeures du Budget 2026 :

 

– Souveraineté alimentaire : accélération du PIISAH (import-substitution agropastorale et halieutique)

– Énergie : rééquilibrage financier du secteur électrique et rachat des actions d’ACTIS à ENEO

– Inclusion sociale : Fonds spécial pour l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes, plafonné à 50 milliards FCFA

– Dette intérieure : engagement de l’État à son apurement progressif

– Révolution fiscale en faveur des agriculteurs et éleveurs.

Par Jean Materne Zambo

Tchad : Le ministère du Commerce et de l’Industrie peaufine sa stratégie de comm’ digitale auprès de l’ADETIC 

[DIGITAL Business Africa] – Le ministère du Commerce et de l’Industrie veut moderniser ses services numériques. Qui mieux que l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC) pour aider l’institution à y parvenir ?

Une équipe technique de l’ADETIC, conduite par le directeur des Noms de Domaine et des Adresses IP, Fadoul Abdelkerim, a été reçue ce lundi 12 janvier 2026 par le Secrétaire Général du ministère du Commerce et de l’Industrie, Mbaikombe Guetimbaye Abel. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de collaboration visant à renforcer la présence numérique du ministère.

Les deux parties ont échangé sur la mise en place d’un nom de domaine institutionnel, la conception d’un site web officiel et la création de messageries professionnelles. Selon l’ADETIC, ces outils numériques permettront d’améliorer la communication institutionnelle du ministère du Commerce et de l’Industrie, d’accroître sa visibilité et de garantir une information fiable et accessible.

À travers cet accompagnement, l’ADETIC réaffirme son engagement à soutenir les administrations publiques dans leur transition digitale, en vue d’une gouvernance plus moderne, transparente et efficace, au service des partenaires, des investisseurs nationaux et internationaux, ainsi que du grand public, indique l’organe.

L’ADETIC a pour missions de conseiller le gouvernement, d’élaborer et de suivre la stratégie nationale des TIC, de développer et moderniser les infrastructures numériques, de coordonner les systèmes d’information de l’État, d’harmoniser les standards techniques, d’assurer l’interopérabilité des systèmes publics et d’accompagner les acteurs publics et citoyens dans la transformation digitale et l’appropriation des outils numériques. L’agence agit comme un catalyseur du développement numérique national.

Par Jean Materne Zambo, source: ADETIC 

 

Cameroun : Données sécurisées des agents, procédures simplifiées… l’application de gestion des effectifs et de la solde « AIGLES » évaluée après un an

[DIGITAL Business Africa] – Un an que l’application “AIGLES” déploie ses ailes. Et déjà des changements profonds observés auprès des agents de l’État. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Anderson Lé, a fait le point de l’application informatique de Gestion logique des Effectifs et de la Solde lors d’un point de presse donné ce 12 janvier 2026 à Yaoundé.

L’Application Informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde “AIGLES” est un système centralisé qui fusionne les anciennes plateformes (SIGIPES et ANTILOPE) pour une gestion unifiée du personnel et des rémunérations. Depuis son implémentation, AIGLES a simplifié le quotidien des fonctionnaires, a affirmé le ministre Joseph Lé.

« Depuis janvier 2025, même s’agissant de la solde, AIGLES va vers eux (agents), va les trouver, j’allais dire, coucher sur leur lit et leur donner l’information. « Votre salaire a été payé ce jour. Ce salaire est de tel montant. Maintenant, à vous de gérer simplement avec votre banque. Voilà un peu les évolutions “.

Sur le plan de la sécurité, pas de crainte, l’ Etat y attache du prix. Le ministre de la Fonction publique rassure :

” Le système est très sécurisé… Nous travaillons toujours avec l’ANTIC (Agence nationale des Technologies de l’ Information et de la Communication.

C’est sécurisé pour que, si vous venez dans le système et introduisez quelque chose de mal, le système le signalera et nous dira que c’est telle personne qui a donné ceci, ce jour, à ce moment précis “.

Le ministre a affirmé que l’application « AIGLES » est « un peu comme notre précieux bébé » que l’État protège et couvre. Il révèle que le système n’a pas encore été victime d’attaques de cyberattaques et continue de travailler, d’essayer d’anticiper pour que ça n’arrive pas.

De l’avis du ministre, AIGLES a permis d’accélérer la régularisation de la situation de 3000 agents en souffrance.

« Au départ, quand on a commencé, en janvier 2025, il y a eu des réclamations. Des équipes ont été commises dans les régions par le ministère de l’Éducation de base et le MINFOPRA pour faire signer ces matricules aux différents agents.

Ils sont revenus de différentes missions. Les données ont été corrigées pour les contrats qu’il y avait à corriger. Et tous les 3000 contrats ont été transmis au guichet unique.

Actuellement, dès que les contrats seront signés, ils auront systématiquement les matricules. Parce qu’il faut dire que dans Aigle, l’opération des matriculations ne se passe plus comme ça se faisait avant où il fallait générer un fichier pour introduire dans Antilope avant de générer le matricule.

Dès que le contrat est signé à Aigle, le matricule est systématiquement attribué au personnel en cours de recrutement. Les dossiers se trouvent au niveau du guichet unique », a promis le ministre Joseph Lé.

Le ministre n’a pas donné le délai exact pour l’attribution des matricules sollicités. Selon, la balle est dans le camp du Guichet unique. délai, c’est juste le temps que le guichet unique qui devra apposer son visa. Après quoi les contrats seront signés systématiquement par le ministre et les matricules attribués.

Par Jean Materne Zambo

Algérie : Le système AMLAK pour améliorer la gouvernance foncière et renforcer la transparence administrative

[DIGITAL Business Africa] – C’est (presque) la fin du livret foncier. Un nouveau système d’information appelé « AMLAK » est en passe de voir le jour. La Direction générale du domaine national (DGDN) en a fait l’annonce le 11 janvier 2026.

Le livret foncier est un document clé pour la sécurisation de la propriété immobilière. Il est au cœur des transactions et de l’investissement. Sa dématérialisation progressive vise à fiabiliser les données, réduire les délais administratifs et accompagner la modernisation de la gouvernance foncière.

Le système d’information AMLAK est donc destiné à remplacer progressivement le livret foncier papier par un format entièrement électronique. Le nouveau système AMLAK dispose de données foncières centralisées et actualisées.

L’État se dote d’un outil susceptible de soutenir la sécurisation de l’investissement immobilier et la modernisation de la gestion du patrimoine foncier national. Son implémentation totale permettra à l’ensemble des directions du cadastre et de la conservation foncière de se connecter à ce système unique.

AMLAK a été conçu et développé dans un délai record n’excédant pas une année, reflétant ainsi le niveau de “maturité numérique” et l’efficacité institutionnelle du secteur, selon la même source.

Selon le communiqué  de la DGDN, cette étape “qualitative”, qui illustre le rythme accéléré de la transformation numérique vient parachever les opérations de modernisation et de développement. Ces opérations ont concerné les normes et solutions techniques propres aux opérations de mise à jour, dont “une partie a été lancée lors de la production cadastrale depuis le 21 août 2025”.

A travers la réalisation d’ AMLAK, la DGDN veut poursuivre le processus de transformation numérique et à consacrer une administration publique moderne, efficace et transparente, faisant de la technologie un levier essentiel au service du citoyen et au soutien du développement national.

Par Jean Materne Zambo, source: communiqué DGDN

Coopération : Maurice mise sur la Russie pour renforcer ses capacités dans la digitalisation des PME

[DIGITAL Business Africa] – La digitalisation des petites et moyennes entreprises à Maurice était au centre des échanges entre Kaviraj Sukon et son hôte. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche, Kaviraj Sukon, a reçu Irada Zeynalova, ambassadrice de la Fédération de Russie pour les objectifs de développement durable de l’ONU à Maurice, ce 8 janvier 2026.

Les deux personnalités ont eu des échanges constructifs et tournés vers l’avenir, selon Kaviraj Sukon, ministre de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche,

« Nous avons exploré les pistes d’assistance technique de la Russie pour renforcer les capacités mauriciennes en matière de numérisation des PME, ainsi que les opportunités de promouvoir les échanges d’étudiants et de professeurs dans ce domaine.

Une telle collaboration offre un fort potentiel pour améliorer le développement des compétences, l’innovation et la coopération internationale à l’appui de nos objectifs de développement durable », a dit Kaviraj Sukon

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une mission officielle de Boris Titov à Maurice, axée sur le renforcement des partenariats internationaux en faveur du développement durable et de l’innovation.

Les deux personnalités se sont également entretenus de la promotion des échanges académiques, tant pour les étudiants que pour les enseignants, notamment dans les domaines liés au numérique.

Des programmes visant à favoriser le transfert de compétences, le partage d’expertise et l’ouverture internationale du système d’enseignement supérieur mauricien.

Ces pistes de coopération sont alignées sur la vision du gouvernement en vue de renforcer le capital humain, à stimuler l’innovation et à consolider les partenariats internationaux au service des objectifs de développement durable

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

ZIMSAT-3 : le Zimbabwe mise sur le satellite pour accélérer sa connectivité et sa transformation numérique

[Digital Business Africa] – Le Zimbabwe veut faire de son programme spatial un levier structurant de développement socio-économique et de transformation numérique. Après le lancement de ses deux premiers satellites nationaux en 2022 et en 2024, les autorités zimbabwéennes préparent déjà la prochaine étape avec ZIMSAT-3, un troisième satellite appelé à renforcer durablement la connectivité dans le pays.

Selon la Stratégie nationale de développement 2 (NDS2), couvrant la période 2026-2030, ZIMSAT-3 est présenté comme un pilier clé de l’ambition numérique du gouvernement. « ZIMSAT-3 soutiendra le renforcement de la connectivité et les efforts de transformation numérique, viendra compléter l’expansion nationale du haut débit et contribuera à améliorer l’accès aux services numériques dans les zones rurales comme urbaines », souligne le document stratégique.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de généraliser l’accès à Internet à l’échelle nationale. Dès mars 2024, le gouvernement avait indiqué explorer des partenariats avec plusieurs fournisseurs de services satellitaires afin d’étendre la couverture, d’améliorer la qualité de service et de réduire les coûts d’accès pour les populations.

Au-delà du satellite, la NDS2 prévoit un vaste programme d’extension des infrastructures numériques. Il est notamment question de déployer davantage de fibre optique haut débit dans les zones urbaines, périurbaines et rurales, d’accélérer l’expansion du haut débit mobile et d’installer des kiosques numériques alimentés à l’énergie solaire dans les communautés hors réseau ou mal desservies. Les autorités recommandent par ailleurs le partage d’infrastructures entre les opérateurs télécoms afin de réduire les coûts et d’accélérer la couverture du territoire.

Le recours croissant au satellite reflète une tendance observée dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, où cette technologie est perçue comme une solution efficace pour réduire la fracture numérique. Selon la GSMA, « la région abrite certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres, comprenant des forêts tropicales, des déserts et des chaînes de montagnes ».

À titre de rappel, le Zimbabwe comptait environ 6,45 millions d’utilisateurs d’Internet au début de l’année 2025, pour un taux de pénétration de 38,4 %, d’après DataReportal. De son côté, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime qu’en 2024, la couverture des réseaux mobiles atteignait 93,9 % pour la 2G, 87,9 % pour la 3G, 51,6 % pour la 4G et seulement 15,9 % pour la 5G.

Par Loïc SOUOP

 Nécrologie : Nelly Chatue-Diop, pionnière de la finance inclusive et de la tokenisation en Afrique, s’est éteinte

[Digital Business Africa] – Le monde de la fintech africaine vient de perdre l’une de ses voix les plus audacieuses et les plus visionnaires.
Nelly Chatue-Diop, entrepreneure camerounaise, cofondatrice d’Ejara.io et de Makeda Asset Management, est décédée le 8 janvier 2026, comme l’ont annoncé avec émotion les deux structures dans un communiqué publié sur LinkedIn.
« C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que Ejara et Makeda Asset Management annoncent la disparition soudaine de Nelly Chatue-Diop, survenue le 8 janvier. Suivie depuis plusieurs semaines pour des problèmes de santé, son état s’est soudainement aggravé. Toutes nos pensées vont en priorité à sa famille, ainsi qu’à l’ensemble de ses proches, auxquels nous adressons notre soutien le plus sincère dans cette épreuve douloureuse. Nous honorerons sa mémoire en continuant de mener la mission à bien. »
Ce message, sobre et digne, témoigne de l’impact humain et professionnel de celle qui aura marqué durablement l’écosystème financier africain.

Une vision pour démocratiser la finance en Afrique

Ingénieure en informatique, diplômée de HEC Paris et de la London Business School, Nelly Chatue-Diop a mené une brillante carrière dans la finance à Londres avant de revenir au Cameroun pour y bâtir un projet profondément transformateur.
En 2020, elle cofonde Ejara, une fintech spécialisée dans l’investissement, l’épargne et les cryptomonnaies, avec une ambition claire :
rendre les produits financiers accessibles à tous, dès 1 000 FCFA, dans une logique de démocratisation et d’inclusion.
Basée à Douala, Ejara revendiquait plus de 200 000 utilisateurs dans plusieurs pays de la zone CFA et avait levé plusieurs millions de dollars auprès d’investisseurs internationaux.
La plateforme s’est imposée comme une référence continentale en matière de finance décentralisée et d’investissement responsable.

Makeda Asset Management : une rupture éthique dans la gestion d’actifs

En parallèle, Nelly Chatue-Diop cofonde Makeda Asset Management, dont elle présidait le conseil d’administration.
Makeda portait une approche innovante de la gestion d’actifs, fondée sur la tokenisation et l’ouverture du marché aux petits investisseurs.
Cette stratégie constituait une rupture dans un environnement historiquement dominé par les institutions, et répondait directement aux enjeux d’inclusion financière en Afrique centrale, notamment dans la zone CEMAC.

Une voix pour la régulation et la structuration de l’écosystème fintech

Nelly Chatue-Diop ne se contentait pas d’entreprendre : elle structurait.
Elle a fondé la Cameroon FinTech Association, plaidé pour une régulation adaptée des actifs numériques, et contribué à l’élargissement de la base d’investisseurs dans les marchés de capitaux régionaux.
Son action intervenait à un moment clé pour la modernisation des marchés financiers africains, en quête de profondeur, de transparence et de souveraineté technologique.

Un héritage durable pour l’Afrique

Au-delà de ses réalisations, Nelly Chatue-Diop laisse un héritage puissant :
– une vision inclusive de la finance,
– des outils concrets pour l’investissement populaire,
– une stratégie continentale fondée sur l’innovation et l’éthique,
– et une inspiration forte pour toute une génération d’innovateurs africains.
Sa disparition laisse un vide profond dans l’écosystème fintech africain, mais son parcours, ses idées et ses structures continueront de porter la transformation qu’elle a initiée.
Digital Business Africa salue la mémoire d’une femme d’impact, d’une bâtisseuse et d’une pionnière qui aura marqué durablement la trajectoire de la finance africaine.
Par Digital Business Africa 

Cameroun : Décès de Nelly Chatue-Diop, l’astre de la finance technologique en Afrique

[DIGITAL Business Africa] – Une étoile vient de quitter la constellation des génies de la finance en Afrique. Nelly Chatue-Diop, la cofondatrice d’Ejara, une application mobile financière pour l’Afrique francophone, s’est éteinte le 8 janvier 2026 après plusieurs semaines de problèmes de santé, informe la plateforme Ejara.

« Toutes nos pensées vont en priorité à sa famille, ainsi qu’à l’ensemble de ses proches, auxquels nous adressons notre soutien le plus sincère dans cette épreuve douloureuse. Nous honorerons sa mémoire en continuant de mener la mission à bien ».

Une mission colossale. Tant Ejara c’est 200 000 utilisateurs dans plusieurs pays de la zone CFA. L’entreprise a déjà levé plusieurs millions de dollars auprès d’investisseurs internationaux.

La plateforme fondée en 2020 permet aux utilisateurs d’épargner, d’investir (en cryptomonnaies, actions fractionnées) et de gérer leur argent via un portefeuille numérique sécurisé, accessible avec des montants faibles (dès 1000 FCFA) et utilisant des options comme le Mobile Money pour les dépôts/retraits. Ejara vise à démocratiser l’accès aux services financiers et à protéger l’épargne contre la dévaluation, en offrant une solution simple et peu coûteuse.

Considérée comme l’une des pionnières de la finance technologique en Afrique, Nelly Chatue-Diop a remporté en 2024 le prestigieux prix « Stand up for Africa Women Entrepreneurs » (Suwafe). Une distinction qu’elle doit assurément à son  large champ de vision. Nelly Chatue-Diop était spécialisée dans l’entrepreneuriat numérique, la blockchain, les cryptomonnaies.

Ingénieure en informatique de formation, diplômée d’un MBA de HEC Paris (2006-2007) et de la London Business School (2007-2008). En dehors d’Ejara, Nelly Chatue-Diop aura participé à la création de Makeda Asset Management entre octobre 2022 et janvier 2026.

Elle a consacré la majeure partie de sa carrière à des postes de direction dans les domaines des données et de l’intelligence artificielle.Avant sa mort, Nelly était Independent Board Member chez NFC Bank de juillet 2025 au 8 janvier 2026. En plus de son poste de présidente de l’association des Fintechs du Cameroun depuis octobre 2024.

Par Jean Materne Zambo

Diplomatie numérique : En 2026, Paul Biya réaffirme l’ambition du Cameroun dans la gouvernance mondiale du digital — un signal fort à quelques mois du Salon E‑Gov’A

[Digital Business Africa] – Lors de son discours au corps diplomatique le 8 janvier 2026, le président Paul Biya a réaffirmé la volonté du Cameroun de jouer un rôle majeur dans la gouvernance mondiale du numérique.

Une orientation qui prend une résonance particulière alors que Yaoundé s’apprête à accueillir, du 14 au 16 mai 2026, le Salon E‑Gov’A – E‑Gov Africa Summit, Expo & Awards, organisé par Smart Click Africa en partenariat avec Digital Business Africa, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL).

L’événement sera suivi de visites institutionnelles les 18 et 19 mai 2026.

Le thème officiel de l’édition 2026 est :

« Intelligence artificielle et e‑gouvernance : pour des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papiers »

Un thème visionnaire qui s’inscrit directement dans les engagements internationaux pris par les États membres de l’ONU dans le Pacte pour l’Avenir et le Pacte numérique mondial.

Le Pacte pour l’Avenir : un cadre mondial aligné avec les ambitions africaines

En rappelant l’adoption du Pacte pour l’Avenir et de ses annexes sur le numérique mondial, lors de la présidence du Cameroun à la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies assurée par Philemon Yang, Paul Biya a souligné l’importance d’un cadre global pour renforcer la coopération technologique internationale.

« Comme vous le savez, le Cameroun a achevé, le 09 septembre dernier, le mandat qui lui a été confié, avec votre précieux concours, de présider la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Nous avons pu mener, avec succès, cette mission à son terme, grâce à l’appui et au soutien de l’ensemble de la communauté internationale. Je tiens à en remercier, une fois de plus, les instances gouvernementales que vous représentez. Dans un environnement international particulièrement difficile, le Cameroun a continué, à cette occasion, d’œuvrer avec conviction, au renforcement du multilatéralisme et de la solidarité internationale. Nous pouvons légitimement nous féliciter des progrès que nous avons pu réaliser ensemble, pour rendre le système international plus à même de répondre aux défis mondiaux actuels. L’adoption, le 22 septembre 2024, du Pacte pour l’Avenir, ainsi que de ses annexes sur le numérique mondial et les générations futures, sont à juste titre unanimement salués », a déclaré le président Paul Biya.

Ce Pacte pour l’Avenir constitue en effet un socle stratégique pour les États africains, notamment à travers plusieurs mesures clés , à l’instar de la :

🔹 Mesure 33

Les États s’engagent à aider le Secrétaire général de l’ONU à renforcer le rôle de l’Organisation dans la coopération internationale en sciences, technologies et innovation.

🔹 Mesure 27

Les États entendent tirer parti des possibilités offertes par les nouvelles technologies et les technologies émergentes, tout en remédiant aux risques associés.

🔹 Mesure 29

Les États s’engagent à élargir les moyens de mise en œuvre pour renforcer les capacités des pays en développement dans les domaines des sciences, de la technologie et de l’innovation.

Ces engagements rejoignent directement les objectifs du Salon E‑Gov’A, qui ambitionne de traduire ces orientations internationales en solutions concrètes pour les administrations africaines.

Pacte numérique mondial : un engagement direct pour des services publics modernes

Le Pacte numérique mondial, adopté en parallèle, engage les États membres de l’ONU à l’horizon 2030 à :

– développer les compétences numériques des fonctionnaires et des administrations,

– mettre en place des services publics numériques inclusifs, sûrs et centrés sur l’utilisateur,

– renforcer les capacités nécessaires pour assurer la sécurité et la résilience des systèmes, réseaux et données numériques,

– contribuer à l’atteinte de l’ODD 16 (institutions efficaces, responsables et ouvertes).

Ces engagements trouvent une traduction directe dans le thème du Salon E‑Gov’A, qui promeut une Afrique sans cash et sans papiers, fondée sur des services publics modernisés, interopérables et sécurisés.

Une présidence onusienne marquée par le digital

Le mandat du Cameroun à la tête de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies a permis de porter haut la voix des pays en développement sur les enjeux technologiques.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un multilatéralisme numérique, d’une solidarité renforcée et d’un soutien accru aux pays du Sud.

Cette dynamique crée un contexte favorable pour le Salon E‑Gov’A, qui réunira gouvernements, organisations internationales, entreprises  et experts pour accélérer la modernisation des administrations africaines.

Numérique et économie bleue : un axe stratégique émergent

L’adoption à Yaoundé de la Déclaration sur l’Économie Bleue Durable en juillet 2025 illustre la volonté du Cameroun de lier innovation technologique et durabilité, rappelle Paul Biya.

Surveillance maritime intelligente, gestion des données océaniques, digitalisation portuaire : autant de sujets qui trouveront une résonance particulière au Salon E‑Gov’A, où l’économie bleue s’inscrit comme thématique transversale.

Le Cameroun, porte‑voix africain de la gouvernance numérique

En évoquant la réforme du Conseil de Sécurité et les attentes des pays africains, Paul Biya rappelle que le continent doit peser dans les débats sur :

– la gouvernance de l’IA,

– la souveraineté des données,

– la cybersécurité,

– les infrastructures critiques.

Le Salon E‑Gov’A, organisé sous le haut patronage du MINPOSTEL, s’inscrit pleinement dans cette vision : offrir une plateforme panafricaine pour structurer une vision commune de l’État numérique, renforcer les capacités institutionnelles et favoriser les partenariats stratégiques.

2026 : une année charnière pour la transformation digitale du Cameroun

Le discours du chef de l’État confirme que le numérique est désormais un instrument diplomatique, un levier de souveraineté et un vecteur d’influence internationale.

À quelques mois du Salon E‑Gov’A, cette prise de position renforce la pertinence de l’événement, qui se veut un catalyseur de réformes, d’innovations et de projets structurants pour les administrations africaines.

En 2026, le Cameroun se positionne plus que jamais comme un acteur clé de la gouvernance mondiale du numérique, tout en affirmant son leadership régional à travers l’organisation du Salon E‑Gov’A, sous le haut patronage des institutions publiques.

Par Digital Business Africa

IA : 6 700 images de « déshabillage » créées sur Grok, Elon Musk annonce des sanctions contre les auteurs

[DIGITAL Business Africa] – Des deepfakes sans précédent. L’intelligence artificielle d’Elon Musk est sous les feux des critiques. Grok, un chatbot construit par xAl, est accusé d’avoir créé environ 6 700 images de « déshabillage » en 24 h début janvier 2026.

L’assistant IA du réseau social X a reconnu vendredi 2 janvier 2026 l’existence de « failles » ayant permis à des utilisateurs d’obtenir de lui des images à caractère sexuel impliquant des mineurs ou des femmes.

« Nous avons identifié des failles dans nos garde-fous et nous les corrigeons de toute urgence – la pédopornographie est illégale et interdite », a communiqué X.

Selon une analyse tierce citée par Bloomberg, il serait impossible de signaler ces images ou de les bloquer. Les responsables gouvernementaux de l’UE, de France, d’Inde et de Malaisie ont initié des enquêtes et menacé d’ester en justice si xAI ne prenait pas des mesures pour prévenir et supprimer les imitations sexuelles de personnes réelles et les images d’abus sexuels sur des enfants (CSAM).

Le patron de X, Elon Musk, menace de sanctionner tous les utilisateurs qui génèrent du contenu illégal.

« Toute personne utilisant ou incitant Grok à produire du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle téléchargeait du contenu illégal », a-t-il dit.

Dimanche 4 janvier 2026, le compte de sécurité de X a indiqué que les contenus illégaux seraient supprimés et que les comptes qui les publient seraient définitivement suspendus, précisant que l’entreprise collaborerait avec les autorités locales et les forces de l’ordre pour identifier les contrevenants.

Pour rappel, en juillet 2025, xAI a présenté de longues excuses après que Grok a publié une série de commentaires antisémites faisant l’éloge d’Adolf Hitler, se désignant lui-même comme « MechaHitler » et générant du contenu négationniste.

Par Jean Materne Zambo

Donald Trump claque la porte de 66 organisations internationales : l’Afrique contrainte de se réinventer

[DIGITAL Business Africa] –  Le président des États-Unis, Donald J. Trump, a signé un mémorandum présidentiel ce 7 janvier 2026 ordonnant le retrait immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 entités du système des Nations unies. Cette décision, présentée par la Maison Blanche comme un acte de « restauration de la souveraineté américaine », a des implications directes et indirectes majeures pour l’Afrique, en particulier dans les domaines du développement économique, du numérique, de la gouvernance, du climat et du commerce international.

Si Washington affirme vouloir réorienter ses ressources vers des priorités strictement nationales, ce désengagement massif redessine en profondeur les équilibres de coopération multilatérale sur lesquels s’appuient de nombreux pays africains.

L’Afrique directement touchée par le retrait américain

Parmi les entités concernées figurent plusieurs institutions onusiennes et intergouvernementales jouant un rôle structurant en Afrique. Le retrait américain signifie, de facto, un arrêt des financements, une baisse de l’influence politique et un affaiblissement opérationnel de ces organisations.

C’est notamment le cas de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), bras économique de l’ONU sur le continent. La CEA accompagne depuis des décennies les États africains dans l’élaboration de politiques publiques liées à l’industrialisation, à l’intégration régionale, à la transformation numérique et à la gouvernance des données. Le retrait des États-Unis, principal contributeur financier indirect via le système onusien, pourrait ralentir plusieurs programmes structurants, notamment ceux liés à l’économie numérique africaine et à la Zone de libre-échange continentale africaine.

Autre entité stratégique affectée : le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique, qui joue un rôle de coordination entre l’ONU, les gouvernements africains et les partenaires internationaux. Son affaiblissement risque de réduire la capacité de plaidoyer du continent dans les grandes négociations globales.

Un coup dur pour le commerce, l’innovation et l’entrepreneuriat africains

La décision américaine concerne également des institutions clés pour l’économie africaine, à commencer par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Cette institution est au cœur de l’accompagnement des pays africains sur les questions de commerce numérique, d’investissements, de politiques industrielles et de souveraineté économique.

Dans le même registre, le retrait américain du Centre du commerce international (ITC) affecte directement les programmes de soutien aux PME africaines, à l’exportation, à l’entrepreneuriat numérique et à l’intégration des startups africaines dans les chaînes de valeur mondiales.

Pour les écosystèmes numériques africains, ces désengagements posent un double risque : moins de financements, mais aussi moins d’expertise technique et d’accès aux marchés internationaux.

Climat, biodiversité et numérique : un retrait à fort impact structurel

L’Afrique figure parmi les régions les plus vulnérables aux changements climatiques, alors même qu’elle en est l’un des plus faibles émetteurs. Le retrait des États-Unis de mécanismes centraux comme la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques pourrait freiner l’accès de nombreux pays africains aux financements climatiques, aux données scientifiques et aux programmes de transition énergétique.

Or, ces mécanismes sont de plus en plus liés aux politiques numériques, notamment en matière de données environnementales, d’IA appliquée au climat, de systèmes d’alerte précoce et de smart agriculture.

Une recomposition géopolitique aux effets ambivalents pour l’Afrique

Dans son exposé des motifs, Donald Trump assume un rejet clair de ce qu’il qualifie « d’agendas globalistes », accusés de diluer la souveraineté nationale et de gaspiller les ressources des contribuables américains. Cette posture ouvre cependant une nouvelle phase de recomposition géopolitique.

Pour l’Afrique, ce retrait américain pourrait :

  • renforcer l’influence d’autres puissances comme la Chine, l’Union européenne ou les pays du Golfe au sein des institutions multilatérales ;
  • pousser certains États africains à diversifier davantage leurs partenariats stratégiques ;
  • accélérer la recherche de solutions africaines, africainement financées et pilotées.

Mais il comporte aussi des risques importants, notamment une réduction des financements concessionnels, un affaiblissement des cadres normatifs internationaux et une fragmentation accrue des règles du jeu global, y compris dans le numérique.

Vers une souveraineté africaine plus assumée ?

Paradoxalement, cette décision américaine pourrait servir d’électrochoc pour l’Afrique. En se retirant de nombreuses enceintes multilatérales, Washington oblige indirectement le continent à repenser sa dépendance structurelle aux financements extérieurs et à renforcer ses propres institutions régionales, qu’il s’agisse de l’Union africaine, des communautés économiques régionales ou des agences spécialisées.

Dans un monde de plus en plus fragmenté, la souveraineté numérique, économique et institutionnelle de l’Afrique ne pourra plus être une simple rhétorique. Elle devra s’appuyer sur des capacités locales, des données maîtrisées, des infrastructures numériques solides et une diplomatie économique plus affirmée.

La décision de Donald Trump marque ainsi un tournant majeur. Pour l’Afrique, elle constitue à la fois un risque immédiat et une opportunité stratégique de long terme.

Par Digital Business Africa

 

La liste claire et vérifiée des institutions internationales ayant un lien direct avec l’Afrique dont les États-Unis se retirent selon le mémorandum présidentiel du 7 janvier 2026, avec pour chacune son rôle précis sur le continent.

liste des institutions

Institutions du système des Nations unies directement liées à l’Afrique

  1. Commission économique pour l’Afrique (CEA / ECA)
    Organe régional de l’ONU chargé de l’appui aux politiques économiques africaines, de l’intégration régionale, de l’industrialisation, du numérique et de la ZLECAf.
  2. Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique
    Interface stratégique entre l’ONU, les États africains et les partenaires internationaux pour la coordination des priorités du continent.
  3. Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
    Acteur clé pour les politiques commerciales africaines, l’économie numérique, l’investissement, la dette et la transformation structurelle.
  4. Centre du commerce international (ITC)
    Soutien direct aux PME africaines, à l’export, à l’entrepreneuriat, aux startups et à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
  5. Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA)
    Intervient massivement en Afrique sur la démographie, la santé reproductive, les données populationnelles et les politiques sociales.
  6. Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat)
    Acteur central des politiques urbaines africaines, des villes intelligentes, de l’urbanisation durable et de la gouvernance locale.
  7. Université des Nations unies (UNU)
    Formation, recherche appliquée et renforcement des capacités, notamment en Afrique sur le numérique, la gouvernance et le développement durable.
  8. Bureau du Conseiller spécial pour les enfants et les conflits armés
    Très actif en Afrique, continent le plus concerné par les conflits armés suivis par l’ONU.
  9. Bureau du Représentant spécial sur la violence sexuelle en conflit
    Présent sur plusieurs théâtres africains, avec des programmes de prévention, de suivi et de justice transitionnelle.
  10. Bureau du Représentant spécial sur la violence contre les enfants
    Actions ciblées en Afrique sur la protection de l’enfance dans les contextes de crise et de post-conflit.

Institutions climatiques et environnementales cruciales pour l’Afrique

  1. Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
    Cadre central pour l’accès de l’Afrique aux financements climatiques, à l’adaptation et aux mécanismes de transition énergétique.
  2. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC / IPCC)
    Production de données scientifiques utilisées par les États africains pour leurs politiques climatiques et agricoles.
  3. Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
    Essentielle pour les politiques de biodiversité, de ressources naturelles et d’agriculture durable en Afrique.
  4. Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
    Très présente en Afrique sur les aires protégées, la biodiversité, la gestion des ressources et les projets environnementaux.
  5. Organisation internationale des bois tropicaux (ITTO)
    Lien direct avec plusieurs pays africains producteurs de bois tropical et les politiques forestières.

Institutions intergouvernementales à impact africain indirect mais structurant

  1. Forum intergouvernemental sur les mines, minéraux, métaux et développement durable
    Important pour les pays africains riches en ressources minières et la gouvernance extractive.
  2. Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (International IDEA)
    Accompagnement des processus électoraux, des institutions démocratiques et de la gouvernance en Afrique.
  3. Organisation internationale du droit du développement (IDLO)
    Travaille sur l’État de droit, la justice, la gouvernance numérique et institutionnelle dans plusieurs pays africains.

Lecture stratégique pour l’Afrique

Le retrait des États-Unis de ces institutions signifie concrètement pour l’Afrique :

  • une réduction potentielle des financements multilatéraux,
  • un affaiblissement de l’expertise technique internationale,
  • une recomposition des rapports de force au sein du système onusien,
  • mais aussi une opportunité de renforcer les mécanismes africains et la souveraineté institutionnelle du continent.

Sénégal : Les contenus numériques bientôt régulés au même titre que les médias traditionnels

[DIGITAL Business Africa] – Un nouveau régulateur du paysage numérique au Sénégal est en gestation. Le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), c’est son nom. Le gouvernement a adopté, ce 7 janvier 2026 en Conseil des ministres, le projet de loi portant création du CNRM. Il devrait remplacer le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), qui était jusqu’ici chargé de garder un œil sur les médias traditionnels.

Le CNRA avait été créé en 2006. Il régulait principalement la radio et la télévision. Ce qui ne permettait pas de prendre en charge la régulation des médias numériques et des plateformes web. Le nouveau régulateur CNRM va donc étendre son champ d’action aux médias en ligne, aux plateformes numériques et aux créateurs de contenus.

Le projet piloté par la Direction de la communication vise à adapter le cadre juridique à la révolution numérique. Le CNRM devrait couvrir non seulement la radio et la télévision, mais également les médias en ligne, les réseaux sociaux ainsi que les plateformes numériques de diffusion.

Sur son compte X, Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, a détaillé les contours de cette refonte.

« Le CNRM permet d’adapter la régulation à cette nouvelle réalité, en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’information et de la communication », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur la responsabilité des influenceurs et créateurs de contenus : « Lorsqu’ils participent à l’espace public de l’information, ils doivent être soumis à des principes de responsabilité, au même titre que les médias traditionnels, dans le respect des libertés fondamentales ».

Le projet de loi instituant le CNRM avait été présenté à l’Assemblée nationale début décembre 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall.

Lors des discussions relatives au budget de son département, Alioune Sall avait expliqué que cette nouvelle structure devrait couvrir non seulement la radio et la télévision, mais également les médias en ligne, les réseaux sociaux ainsi que les plateformes numériques de diffusion.

Le projet de loi instituant le CNRM sera soumis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption définitive.

Par Jean Materne Zambo

Mobile : Utilisateurs de WhatsApp bannis de la plateforme « sans raison », voici les causes et la solution

[DIGITAL Business Africa] – Des indésirables sur le réseau social WhatsApp. Le problème persiste. Depuis un moment, plusieurs utilisateurs s’en plaignent et ne savent à quel saint se vouer. À Yaoundé, ce 05 janvier 2026, nous avons rencontré Armel Etoa, professeur de lycée. L’air abattu, il regrette de ne plus pouvoir interagir sur WhatsApp avec ses collègues et élèves depuis un certain temps.

« Un jour, je me suis retrouvé avec mon compte WhatsApp suspendu, des messages bloqués. Bref, mon WhatsApp donnait l’impression d’avoir planté.

J’ai désinstallé cette version pour en installer une autre. Mais le problème n’a pas été résolu. Je m’en suis donc remis à celui qui m’a vendu le téléphone. Il m’a expliqué que c’est un problème que rencontrent tous les numéros de série de la marque que j’utilise. Il m’a proposé un autre téléphone… »

Après une enquête auprès de plusieurs passionnés du mobile, nous constatons effectivement que des téléphones Android  seraient la cause du désagrément.

Voici quelques raisons fréquentes évoquées :

– Appareil utilisant une ROM personnalisée non certifiée

– Installation d’une version APK non officielle ou modifiée

– Android rooté ou détecté comme “non sécurisé”

– Certaines marques low-cost sont blacklistées automatiquement par WhatsApp

– Téléphone détecté comme émettant du “spam” ou des connexions suspectes

Conséquence : compte bloqué, fonctionnalités désactivées, bannissement temporaire ou définitif.

Sur internet, nous avons exploré les solutions pour contourner le bannissement sans toutefois changer de terminal. Et à chaque fois, il est recommandé de transformer son Android en “iPhone” virtuel. Pas de crainte. Il ne s’agit pas de changer de téléphone, mais de modifier l’empreinte système pour que ton Android soit reconnu comme un iPhone.

ÉTAPES POUR FAIRE RESSEMBLER TON ANDROID À UN IPHONE

1. Installer un Launcher iOS

– Aller sur Play Store.

– Rechercher “Launcher iOS 17″ (ou iOS 16 Launcher”).

– Installer l’application

Résultat : L’ interface devient visuellement identique à un iPhone (même centre de contrôle, icônes, transitions).

2. Changer l’ID appareil (sans root)

– Installer l’appli Device ID Changer [Non-Root] depuis un site fiable (APKPure, Aptoide).

– Ouvrir → Accorder autorisations.

– Modifier le model

– Exemple :

– Manufacturer : Apple

– Model : iPhone 13 Pro

– Device : iPhone13,3

Par Jean Materne Zambo

Pr Philémon Zoo Zame : « Avec ces plateformes QoS, l’ART va faire respecter les cahiers de charges des opérateurs »

[DIGITAL Business Africa] – Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC) a officiellement rétrocédé, ce mardi 6 janvier 2026, deux plateformes de contrôle de la qualité de service (QoS) des réseaux de communications électroniques à l’Agence de régulation des télécommunications (ART), lors d’une cérémonie organisée à l’immeuble Platinum, siège de l’ART à Yaoundé.

Présidée par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, cette cérémonie marque une étape importante dans le renforcement des capacités techniques du régulateur. Elle s’est tenue en présence du coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, d’un représentant de la Banque mondiale, partenaire du projet, du top management de l’ART, ainsi que de responsables institutionnels et de représentants de la presse.

 

Une acquisition stratégique au cœur de la transformation numérique

Prenant la parole, le coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, a présenté la rétrocession comme l’aboutissement d’un processus structurant pour la transformation numérique du pays. « Cette cérémonie marque l’aboutissement du processus de passation des marchés publics ayant permis l’acquisition d’une plateforme de pointe dédiée à la mesure et au suivi de la qualité de service », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’acquisition couvre la fourniture, l’installation et la mise en service de deux plateformes offrant « une solution évolutive, modulaire et robuste pour la collecte et l’analyse des données relatives à la couverture et à la qualité de service des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G », avec une ouverture vers les technologies émergentes, « notamment celles basées sur les satellites en orbite basse ».

Des outils techniques complets et immédiatement opérationnels

Dans le détail, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh précise que « la solution comprend les équipements de mesure nécessaires, les outils de tests sur le terrain (drive tests) ainsi que les logiciels associés ». Elle intègre également « une suite logicielle de post-traitement, d’analyse et de reporting de la qualité de service des réseaux, une infrastructure centralisée, ainsi que les licences et ressources informatiques requises ».

Le coordonnateur du PATNUC a insisté sur la dimension opérationnelle du dispositif : « Les équipes ont été formées à l’utilisation de ces équipements et sont désormais prêtes à être déployées sur le terrain », a-t-il assuré, indiquant que « l’un des premiers usages majeurs de cette solution sera le suivi de la qualité de service dans les sites où ils seront déployés ». L’acquisition inclut par ailleurs une année d’assistance technique.

Un levier pour répondre à la problématique persistante de la qualité de service

Pour le coordonnateur du PATNUC, l’impact attendu va bien au-delà du renforcement matériel.

« Nous sommes convaincus que ces investissements renforceront significativement les capacités opérationnelles du régulateur et constitueront un levier déterminant pour répondre au problème récurrent de la mauvaise qualité de service », a-t-il déclaré.

Ces outils doivent également « améliorer la planification du spectre et préparer le régulateur aux enjeux de la 5G et de la fourniture d’accès Internet via les satellites en orbite basse ».

L’ART s’engage à une utilisation rigoureuse des plateformes

Dans son discours, le directeur général de l’ART, Pr Philémon Zoo Zame, a salué une avancée majeure pour l’institution. « L’acquisition des deux plateformes de contrôle de la qualité de service, financée dans le cadre du PATNUC, est un geste fort que nous saluons avec déférence. Ces équipements de pointe viennent répondre à un besoin crucial », a-t-il déclaré.

Dans un marché marqué par une exigence croissante des consommateurs, ces outils permettront, selon lui, « de renforcer les capacités de la régulation, le contrôle et le suivi des activités des opérateurs ». « Grâce à cette rétrocession, nous pourrons faire un saut qualitatif dans l’exécution de notre mission régalienne de régulation, contrôle et suivi des activités des opérateurs au Cameroun », a-t-il ajouté.

Des engagements fermes face aux attentes des usagers

Face à la ministre, le DG de l’ART a pris des engagements clairs. « Nous mesurons pleinement la valeur et l’importance stratégique de ce matériel », a-t-il affirmé, s’engageant fermement à ce que les plateformes soient utilisées « de manière optimale et rigoureuse », déployées pour garantir le respect des cahiers de charges par les opérateurs télécoms, et maintenues durablement afin de répondre à « l’ambition du Chef de l’État de faire du Cameroun une nation numérique émergente ».

Il a également reconnu que la qualité de service demeure un défi majeur, annonçant notamment « l’audit de la fibre optique », dont les résultats devront permettre à l’ART de formuler des propositions pertinentes en réponse aux attentes des consommateurs.

Pour la ministre, la QoS est devenue un indicateur stratégique

De son côté, Minette Libom Li Likeng a replacé la rétrocession dans un contexte de transformation accélérée des usages numériques. « Aujourd’hui, avec l’essor fulgurant du numérique, la diversification des usages et l’accroissement constant des attentes des consommateurs, la qualité de service s’impose plus que jamais comme un indicateur stratégique », a-t-elle souligné.

Selon la ministre, la QoS n’est plus seulement une exigence technique appliquée aux réseaux par les opérateurs, mais un paramètre déterminant pour « la confiance des usagers, la compétitivité des acteurs du marché et la crédibilité de l’action publique en matière de régulation ».

Vers une régulation fondée sur des données objectives et transparentes

Dans un environnement marqué par la convergence des réseaux et l’exigence accrue de transparence, la ministre a insisté sur la nécessité de disposer de données « objectives, exhaustives et vérifiables ». Ces données constituent désormais, selon elle, « le socle d’une régulation moderne, crédible et fondée sur les faits ».

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la rétrocession des plateformes de contrôle de la QoS. Elles permettront au régulateur de « collecter, analyser et exploiter, en toute autonomie, des données fiables et harmonisées sur la performance réelle des réseaux », offrant ainsi à l’ensemble de l’écosystème une meilleure visibilité sur la qualité des services fournis.

Un enjeu central pour la crédibilité du secteur numérique

Opérationnel depuis mars 2023, le PATNUC vise à accélérer la transition digitale du Cameroun à travers le renforcement des infrastructures, l’inclusion numérique, la modernisation des services publics et le développement d’un écosystème innovant. La rétrocession de ces plateformes de contrôle de la qualité de service s’inscrit dans cette ambition.

Pour l’ART, l’enjeu est désormais de transformer ce renforcement technique en résultats concrets et perceptibles par les usagers, dans un contexte où la qualité de service demeure l’un des sujets les plus sensibles du débat public sur les communications électroniques au Cameroun.

Par Digital Business Africa

Connectivité universelle : le Sénégal explore la voie satellitaire pour élargir l’accès à Internet

[Digital Business Africa] – Malgré des progrès notables dans le déploiement des réseaux mobiles, l’accès effectif à l’internet haut débit reste encore limité au Sénégal. Alors que la 4G couvre environ 97 % de la population et que la 5G se développe progressivement dans les grandes agglomérations, seuls 8,16 millions de Sénégalais, sur près de 18 millions d’habitants, utilisent aujourd’hui l’internet mobile haut débit.

C’est dans ce contexte que les autorités sénégalaises envisagent de nouvelles solutions complémentaires aux infrastructures existantes. Lors de son message à la nation, le 31 décembre 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé le lancement, à partir de 2026, d’un programme de déploiement d’antennes satellitaires. Cette initiative vise à offrir un accès gratuit à Internet à près d’un million de personnes, en priorité dans les zones rurales et les quartiers périphériques encore insuffisamment couverts par les réseaux terrestres.

Selon la GSMA, l’Association mondiale des opérateurs mobiles, le Sénégal figure parmi les pays les mieux couverts de la sous-région en matière de réseaux mobiles. Le pays compte environ 9,9 millions d’utilisateurs de services mobiles, soit 52 % de la population. Toutefois, la couverture ne se traduit pas toujours par un usage effectif. Le coût des services, la qualité de la connexion et les contraintes d’accès dans certaines zones continuent de limiter l’adoption du haut débit mobile.

Le satellite comme solution complémentaire

L’extension de la fibre optique à l’ensemble du territoire national demeure un projet complexe, nécessitant des investissements importants et des délais conséquents. Dans ce contexte, les solutions satellitaires de nouvelle génération, notamment celles reposant sur des constellations en orbite basse, apparaissent comme une alternative complémentaire. Elles offrent la possibilité d’une mise en service plus rapide, y compris dans les zones difficiles d’accès. Si les modalités d’utilisation des antennes annoncées n’ont pas encore été précisées, leur potentiel dépasse le simple accès à Internet.

Des bénéfices attendus dans plusieurs secteurs

Dans le domaine de l’éducation, une meilleure connectivité pourrait faciliter l’accès aux ressources pédagogiques en ligne, encourager les cours à distance et réduire les inégalités entre établissements urbains et ruraux. Pour les élèves et étudiants, l’internet devient un appui important à la continuité des apprentissages.

Dans le secteur de la santé, l’internet satellitaire pourrait soutenir le développement de la télémédecine, favoriser les échanges entre structures sanitaires et améliorer le suivi des patients, notamment dans les zones enclavées. Il constitue également un outil utile pour la formation continue du personnel soignant et la gestion des situations d’urgence.

Sur le plan économique, l’accès à Internet représente une opportunité pour les petits entrepreneurs, commerçants et agriculteurs, en facilitant l’accès à l’information, aux paiements numériques et aux marchés en ligne. Pour l’administration, cette connectivité renforcée peut contribuer à accélérer la dématérialisation des services publics et à rapprocher les citoyens des démarches administratives.

À travers cette approche, le Sénégal entend compléter ses infrastructures existantes et progresser vers une connectivité plus inclusive. Le recours au satellite s’inscrit ainsi comme un levier supplémentaire pour accompagner le développement des usages numériques et renforcer l’intégration des populations encore peu connectées, à l’horizon 2026.

Par Loïc SOUOP