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« Il faut réduire le nombre de postes de directeurs, sous-directeurs et assimilés de Camtel à son strict nécessaire »

Dans son avis d’expert commentant les récentes nominations à Camtel (Cameroon Telecommunications, l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun), Godfroid ONDOUA ELLA, Ingénieur principal des Travaux des télécommunications et ancien employé de CAMTEL estime également que l’institution d’un poste de PDG à Camtel pourrait s’avérer particulièrement bénéfique pour l’entreprise publique.

(…) Pour tout observateur averti, il est parfaitement clair qu’il y a dans l’organigramme de Camtel, de nombreux démembrements qui n’ont aucune raison d’être, le fait de permettre aux protégés des mis en cause de bénéficier de libéralités mis à part, étant entendu qu’un Chef de projet n’a pas nécessairement besoin d’avoir rang et prérogatives de Directeur ou Sous-directeur, qu’un projet a par essence un caractère temporaire, et que la norme voudrait qu’il y ait toujours une « Equipe de projet pluridisciplinaire » logée, en principe, au sein d’une Commission. Il en est ainsi, sans que cela soit exhaustif :

1. Du « Cabinet du Président du Conseil d’Administration », dont on ne saurait dire qu’elle en est la
raison d’être, la charge de travail du PCA ne le justifiant pas économiquement, un Secrétariat
pouvant normalement lui suffire, ce qui permettrait de faire l’économie d’un (01) postes de Sous-directeur ;

2. De la « Mission de la restructuration », dont on ne saurait dire qu’elle en est la raison d’être, étant
entendu que quand bien même la nécessité d’une restructuration de l’entreprise viendrait à
s’imposer, les impératifs de transparence et d’équité exigeraient que la responsabilité en soit
confiée à une entité neutre, ce qui permettrait de faire l’économie de six (06) postes de Directeur
et Sous-directeurs ;

3. Du « Programme Mobile Communications Network (MCN) » qui, en réalité n’est qu’un projet
comme un autre et qui, de ce fait, devrait normalement relever de la compétence de la « Direction de la Planification et des Projets », dans la Cellule en charge du volet « Wireless » du réseau, ce qui permettrait de faire l’économie de sept (07) postes de Directeur et Sous-directeurs sauf si, naturellement, ledit démembrement est en réalité fait dans le sombre dessein de créer une Société de téléphonie mobile autonome, pour pouvoir ensuite en confier la Direction Générale à quelqu’un de particulier et, par la même occasion, de noyer définitivement sa maison-mère CAMTEL ;

4. Du « Programme National Broadband Network II (NBNII) » qui, en réalité n’est qu’un projet comme un autre et qui, de ce fait, devrait normalement relever de la compétence de la « Direction de la Planification et des Projets », dans la Cellule en charge du volet « Transmissions Terrestres » du réseau, en synergie avec celles en charge des volets « Réseau d’accès filaire » et « Réseau d’accès sans fils », ce qui permettrait de faire l’économie de quatre (04) postes de Directeur et Sous-directeurs ;

5. Du « Programme Coupe d’Afrique des Nations 2021 (CAN 2021) » qui, en réalité n’est qu’un projet comme un autre et qui, de ce fait, devrait normalement relever de la compétence de la « Direction de la Planification et des Projets », dans la Cellule en charge du volet « Transmissions Terrestres » du réseau, en synergie avec celles en charge des volets « Réseau d’accès filaire » et « Réseau d’accès sans fils », ce qui permettrait de faire l’économie de six (06) postes de Directeur, Directeur Adjoint et Sous-directeurs ;

6. De la « Direction Wholesale » qui, en réalité, devrait normalement relever de la compétence de la « Direction Commerciale », dans le « Département des Ventes », ce qui permettrait de faire l’économie de cinq (05) postes de Directeur et Sous-directeurs ;

7. Des vingt-trois (23) « Chefs de Projets » logés à la « Direction de la Planification et des Projets », qui n’ont nullement besoin d’avoir rangs et prérogatives de Sous-directeurs, comme signalé ci-dessus, ce qui permettrait de faire l’économie de dix-neuf (19) postes de Sous-directeurs, étant entendu que ladite Direction pourrait avoir six (06) Cellules, en charge des volets « Transmissions Terrestres », «Transmissions Satellitaires », « Réseaux d’accès Filaires », « Réseaux d’accès sans Fils », «Commutation » et « Energie et Climatisation », à titre indicatif ;

8. De la « Direction des Infrastructures », qui pourrait avoir le même nombre de Sous-directeurs que leurs homologues de la « Direction de la Planification et des Projets », en l’occurrence six (06) ;
9. Etc.

Comme on peut le constater, un examen sommaire de cet organigramme, tel que celui que nous venons de faire, permettrait déjà de supprimer jusqu’à quarante-sept (47) postes de Directeurs, Sous-directeurs et assimilés, étant entendu qu’une réduction supplémentaire pourrait être obtenue en fusionnant certaines Directions et/ou Divisions, entre autres. (…)

Du cas du « Programme Mobile Communications Network (MCN) »

(…) En effet, c’est la première fois dans l’histoire des télécommunications :

  1. Qu’un opérateur, fût-ce l’opérateur historique, ose s’emparer illégalement – sans préalablement requérir l’accord du Régulateur – de tranches de spectres sur trois (03) bandes de fréquences, pour y déployer son réseau, au risque de se voir en interdire l’usage un jour, alors que de lourds investissements auront déjà été effectués, à l’instar de ce qui est arrivé à Vodafone Cameroon, dont l’existence ne relève plus maintenant que de l’histoire ancienne ; où au risque, dans le meilleur des cas, de devoir être contraint de payer de lourdes amendes au Régulateur, alors même que son endettement s’élève déjà à plus de 600 milliards de FCFA, le risque de générer des interférences hautement dommageables pour les réseaux de ses concurrents mis à part ;

2. Qu’un opérateur va se retrouver en train de superposer un sous-réseau 4G @2100 MHz à un réseau 4G @1800 MHz, ou vice-versa, alors que la commercialisation du premier volet n’a même pas encore été officiellement autorisée et que, de ce fait, ledit n’a encore qu’un insignifiant nombre d’abonnés, plusieurs années après son installation. Procéder ainsi, c’est faire preuve d’une méconnaissance criarde des règles de l’art, et donc d’une incompétence caractérisée.
D’un autre côté, au cas où la bande 1 (@2100 MHz) aurait été déployée en premier, alors la situation serait encore plus préoccupante car, du moment où c’est CAMTEL seul qui choisissait les bandes dans lesquelles il allait déployer son réseau, le choix de commencer le déploiement de la 4G par la bande 1, qui a besoin de deux (02) fois plus de BTS (eNodeB) que la bande 3 (@1800 MHz) pour couvrir des aires équivalentes, pour ensuite s’apercevoir de la méprise après avoir déjà déployé plus d’une centaine de BTS, et décider dès lors de continuer le déploiement du même réseau dans la bande 3, pose tout de même techniquement d’importants problèmes parmi lesquels, sans que cela soit exhaustif :

– le fait de se retrouver, dans une agglomération comme Yaoundé ou Douala, avec des zones couvertes par la bande 2100 MHz et d’autres couvertes par la bande 1800 MHz, pour un réseau qui a vocation à devenir un réseau mobile, la 4G (Long Term Evolution) ayant vocation à remplacer les réseaux 3G/4G à plus ou moins long terme. Cette manière de procéder devrait fatalement obliger l’opérateur à déployer ensuite des BTS @1800 MHz sur la centaine de sites déjà préalablement occupés par des BTS @1800 MHz, et à en réduire considérablement les rayons de couverture, pour éviter d’engendrer d’énormes dysfonctionnements dans le réseau déployé @1800 MHz avec, entre autres conséquences néfastes, un alourdissement totalement injustifié des coûts d’investissement et des charges d’exploitation.

Autrement, le réseau 4G en question aurait énormément de peine à jamais devenir un réseau mobile, car il faudrait, pour ce faire, avoir la certitude que l’ensemble des futurs abonnés de l’opérateur disposeront de smartphones comportant toutes ces deux bandes de fréquences, ce qui est pratiquement impossible si ce dernier n’assure pas lui-même la distribution desdits terminaux.

D’un autre côté, au cas peu probable où ce dernier tenterait, contre toute logique
commerciale, d’assurer lui-même la distribution des terminaux 4G en question, alors il se retrouverait dans la même situation que celle qu’il connaît déjà avec le CTPhone, où il ne dispose pas d’une surface financière suffisante pour pouvoir tenir un tel engagement, ce qui ferait d’office de lui un « non-partant » dans la compétition qui s’exerce entre les opérateurs de téléphonie mobile ;
– A supposer maintenant que l’opérateur aient décidé de déployer les BTS @1800 MHz sur les mêmes sites déjà préalablement occupés par celles @2100 MHz, alors, malgré les lourds investissements déjà consentis, la couverture de son réseau 4G se confondrait à celle du réseau @1800 MHz, auquel cas le volet 4G déployé @2100 MHz aurait vocation à être passé par pertes et profits, les chances d’en assurer un quelconque amortissement étant pratiquement nulles, les BTS @2100 MHz risquant de devenir obsolètes avant même d’atteindre 50% d’utilisation de leurs ressources.

3. Qu’un opérateur va penser pouvoir déployer un réseau 3G, fût-ce @900 MHz, doublé d’un réseau 4G déployé tel que sus évoqué, pour faire efficacement face à la concurrence d’opérateurs GSM/3G/4G confortablement établis depuis des lustres et ce, en l’absence totale d’un réseau GSM sur lequel écouler l’essentiel des communications vocales, obligeant, de ce fait, ses hypothétiques futurs abonnés à tous devoir préalablement disposer d’un « Smartphone » 3G pour espérer accéder à son réseau ;

4. Qu’un opérateur va penser pouvoir déployer un second réseau d’accès mobile sans synergie aucune avec le réseau mobile existant (CTPhone), au point de finalement se retrouver « assis entre deux chaises », dans une situation tellement instable, qu’il éprouve toutes les peines du monde à savoir quelle solution choisir, ou comment agir ;

5. Qu’un opérateur va penser pouvoir confirmer la nomination d’un individu dont l’échec retentissant et même irréversible est officiellement avéré, au point de lui valoir une interdiction officielle de sortie du territoire national pour cause de poursuites judiciaires ;

6. Etc.

Au-delà des aspects techniques sus évoqués, le « Programme Mobile Communications Network (MCN) » soulève d’autres graves préoccupations, cette fois sur le plan réglementaire, parmi lesquelles, sans que cela soit exhaustif :

(…)

  • Le détournement probable des équipements 4G compris dans le « Programme NBN, Phase I », acquis dans le cadre de la migration du réseau CDMA2000 vers la 4G, en l’absence d’un quelconque avenant au dit marché spécifiant que lesdits équipements devaient désormais être affectés au déploiement d’un réseau 3G/4G ; Le flou qui persiste sur la provenance des fonds utilisés pour la phase ultérieure de déploiement du réseau 3G/4G, aucun Décret du Chef de l’Etat n’ayant jamais autorisé le Minepat à signer un accord de financement avec la Exim Bank of China dans ce sens. Au cas où il ne s’agirait pas d’un autre détournement de projet, tel que sus évoqué dans le cas du « Programme NBN, Phase I », alors il faudrait se résoudre à considérer que cette extension fait l’objet d’un contrat illégal entre CAMTEL et Huawei, contrat engendrant des dizaines de milliards de FCFA
    supplémentaires auprès de Huawei cette fois, et dont la régularisation devrait précéder toute commercialisation officielle des équipements concernés, faute de quoi Huawei ne permettrait jamais à CAMTEL de pouvoir en tirer pleinement profit ;

Il conviendrait par ailleurs de relever l’obsolescence de la technologie utilisée par Huawei dans la confection des BTS (NodeB/eNodeB) concernées, une situation qui n’est pas de nature à permettre à CAMTEL de faire efficacement face à la concurrence, quand bien même ledit réseau aurait été déployé dans les règles de l’art, ce qui est loin d’être le cas, entre autres pour les raisons sus évoquées.

Comme on peut tous le constater, à la lumière de ce qui précède, ce fameux « Programme Mobile Communications Network (MCN) » est véritable caillou dans la chaussure de CAMTEL, qui, comble de malheur, se retrouve en plus assis entre deux chaises avec, d’un côté le CTPhone dont il n’arrive toujours pas à trouver la formule magique qui lui permettrait d’en tirer le maximum de profit possible, et de l’autre, un réseau 3G/4G comportant toute la panoplie de tares sus évoquées. Si rien n’est fait par l’Etat pour trouver, dans les meilleurs délais, une solution viable de sortie de crise à CAMTEL, dont le pronostic vital est déjà sérieusement engagé, tel que nous pouvons tous le constater, entre autres à la lumière de tout ce qui précède (…).

Cry, the beloved country.

Cela dit, avant de poursuivre avec certains autres cas, dont la pertinence du choix pourrait s’avérer discutable sur bien des aspects, commençons par reproduire les dépêches des sites INVESTIR AU CAMEROUN et DIGITAL BUSINESS AFRICA ci-après, qui rapportent certaines indications pertinentes au sujet des concernés, de manière à ce que nous puissions être au même niveau de compréhension.

(…) En effet, la méthode apparemment adoptée par ledit Conseil d’Administration, qui consisterait, une fois liste des potentiels Directeurs et assimilés arrêtée, à mettre tous leurs noms dans un panier, et les postes de responsabilité concernés dans un autre, et de procéder à un tirage au sort, où n’importe quel profil peut se retrouver à n’importe quel poste de responsabilité, est l’une des principales raisons pour lesquelles, comme nous venons de le lire dans l’article de Brice R. Mbodiam qui précède, CAMTEL « revendique invariablement 220.000 abonnés à la téléphonie depuis une dizaine d’années », tout en générant une dette mémorable de plus de 600 Milliards de FCFA.

Dans ces conditions, point n’est besoin de faire ressortir les profils des uns et des autres dans les actes de nomination, leurs qualifications supposées ou réelles ne revêtant en réalité qu’un intérêt marginal. Sur un tout autre plan, il reste encore à prouver que ces nouvelles recrues parachutées à des postes de Direction soient nécessairement meilleures que le personnel qu’elles viennent ainsi « diriger », le non-respect systématique des canons de la profession à CAMTEL étant de nature à amener même les plus brillants à finir par passer pour des cancres, au fil du temps.

A preuve, les meilleurs ingénieurs du pays se retrouvaient en majorité à CAMTEL autrefois. Mais il a fallu que l’on y nomme le sieur David NKOTO Emane, pour que tous ces brillants ingénieurs se retrouvent aujourd’hui catalogués comme des cancres, au point de servir de prétexte aux fossoyeurs de la république – à l’instar de ceux tapis dans l’actuel Conseil d’Administration de CAMTEL – pour aller chercher ailleurs des ingénieurs dont l’expertise n’est pas forcément à la hauteur des défis à relever, pour venir les commander. A titre d’illustration, la mauvaise qualité de service observée chez les opérateurs mobiles GSM MTN et ORANGE, alors que les conditions de travail y sont en règle générale bien meilleures – à commencer par des Conseils d’Administration, qui se gardent bien d’y instituer le règne de l’arbitraire et du népotisme avec, cerise sur le gâteau, du personnel administratif que l’on retrouve aux postes de responsabilité techniques, et vice-versa, entre autres incongruités, contrairement aux canons de la profession, qui prescrivent l’exigence de retrouver la personne qu’il faut à la place qu’il faut, etc. – ne présage nullement du fait que les ingénieurs que l’on y retrouve soient nécessairement plus brillants que leurs homologues qui exercent à CAMTEL car, comme le dit si bien un vieil adage : « il est facile de nager quand on vous tient le menton ». Ces précisions faites, examinons maintenant, sans malice aucune, certains de ces cas, étant entendu que le présent examen demeure impersonnel.


Du cas particulier de la Direction de la Planification et des Projets

L’arbitraire qui consiste à procéder au tirage au sort lors des nominations, tel que par nous décrit ci-dessus, peut parfois réserver bien des surprises. Ainsi, si le profil sus évoqué du concerné s’avère exact, à savoir qu’il a passé quinze (15) années d’affilée au FEICOM, suivies de quatre (04) années supplémentaires ailleurs que dans une entreprise de télécommunications digne de ce nom où il aurait fait étalage de son expertise – ce qui pourrait laisser supposer, sans trop de risques de nous tromper, qu’il ne risque nullement de disposer des qualifications professionnelles requises pour pouvoir permettre à CAMTEL d’amorcer son redressement de sitôt – alors il y a de fortes chances que le destin de l’opérateur historique s’assombrisse davantage.

En effet, le parcours sus évoqué suppose qu’il ne maîtrise suffisamment aucune des technologies utilisées par le réseau CAMTEL (Fibre optique, réseau filaire en cuivre, TDM, ATM, Ethernet, PON, WiFi, FTTx, MSAN, WDM, GSM, WCDMA, HSPA, CDMA2000, 4G-LTE, faisceaux hertziens terrestres, liaisons satellitaires, etc.), et qu’il va devoir s’approprier lesdites technologies au point d’en avoir une connaissance approfondie, en même temps qu’il va devoir assurer la conception, la planification et l’exécution des projets concernés, une tâche herculéenne dont il aura inévitablement toutes les peines du monde à s’acquitter, quand bien même il disposerait intrinsèquement des meilleures capacités d’apprentissage possible

Dans des conditions aussi complexes, il est fort à craindre que le redressement de CAMTEL ne soit renvoyé aux calendes grecques.

Du cas particulier de la Direction des Infrastructures

Toujours selon les mêmes sources, l’intéressé s’occupait autrefois du réseau mobile GSM de MTN. Revenu à CAMTEL, il va devoir apprendre à s’occuper plutôt du réseau d’accès filaire, et aussi du réseau mobile CDMA2000, qui n’a pas grand-chose en commun avec le réseau GSM, étant entendu qu’en ce qui concerne le volet GSM du réseau CAMTEL, il est plutôt le « domaine réservé » du « Coordonnateur » du « Programme Mobile Communications Network (MCN) », tel que sus évoqué.
Pire, il va devoir s’acquitter de telles responsabilités dans un environnement qui n’a rien de comparable avec le « paradis » dans lequel il a autrefois eu à travailler à MTN, les « réalités du terrain » étant susceptibles de lui réserver bien des surprises.

Dans de telles conditions, il est fort à craindre que ce ne soit pas lui qui vienne permettre de rentabiliser les lourds investissements consentis par l’Etat à CAMTEL dans les volets CDMA2000, FTTx, MSAN, etc.

Du cas particulier de la Direction Commerciale

Toujours selon les mêmes sources, l’intéressé aurait été Regional Dealers Sales Supervisor à MTN Cameroon dans la région du Sud-Ouest. Il aurait également travaillé à YooMee et à Orange Cameroun.  La question qu’il conviendrait de se poser ici, c’est celle de savoir si un parcours transhumant qui mènerait quelqu’un de MTN à ORANGE, ou vice-versa, et qui se terminerait à YooMee devrait normalement être considéré comme un parcours élogieux, au point d’amener un Conseil d’Administration à lui confier la Direction Commerciale d’une entreprise de l’envergure de CAMTEL, sachant très bien que l’on aurait très bien pu trouver plus compétent au sein même de l’entreprise, preuves à l’appui.

En effet, si les informations en notre possession sont exactes, le nouveau DG a mis sur pied une Commission chargée de l’Etat des lieux technique, commercial et administratif de l’entreprise qui, non seulement aurait rendu son rapport dans les délais à elle impartis, mais qui, en outre, aurait par la suite directement travaillé sur ledit rapport avec des membres du Conseil d’Administration, après une première session non-concluante du Conseil d’Administration.

Ladite Commission, d’après nos sources, avait été placée sous la coordination de deux (02) cadres de l’entreprise, parmi lesquels un Administrateur des P&T, et un Ingénieur des Télécommunications, étant entendu qu’un Administrateur des P&T, pour ne parler que de ce cas, est un comptable public formé, justement, pour assurer l’administration du volet commercial d’une entreprise, d’une administration, etc.

Or, en confiant une telle mission à ces deux cadres, l’on pourrait, tout naïvement, que le nouveau DG voulait ainsi manifester la confiance qu’elle plaçait ainsi en eux, si l’on considère qu’il y avait beaucoup d’autres hauts cadres dans cette entreprise sur lesquels elle aurait pu s’appuyer pour remplir ladite mission.

Contre toute attente, le du Conseil d’Administration, après avoir non seulement reçu copie du travail abattu par la Commission en question, mais aussi après avoir travaillé directement avec les intéressés, a apparemment décidé de faire un croc-en-jambe au nouveau DG, en envoyant l’Administrateur des P&T concerné « au garage » comme « Inspecteur N°3 », pour confier la Direction Commerciale à quelqu’un dont le parcours transhumant peut laisser planer un doute raisonnable sur le degré réel d’expertise, pendant que l’Ingénieur, de son côté, connaissait un sort qui n’était pas plus enviable, en étant « bombardé » au combien prestigieux poste de « Chef de la Cellule de l’audit », en lieu et place des éventuels auditeurs qui eux, se sont peut-être retrouvés dans les Directions techniques, exigences d’efficacité obligent.

A moins que le fameux Conseil d’Administration ne veuille prétendre que les intéressés aient très mal fait le travail qui leur avait été confié, auquel cas le nouveau DG ne se serait certainement pas risqué à le lui présenter, sans compter qu’il aurait pu lui-même signifier aux intéressés que leur travail avait été bâclé quand certains de ses membres sont venus travailler avec eux – ce qui, d’après nos sources, n’a Jamais été le cas – il est difficile de comprendre comment des gens qui ne jurent que par le nom du Chef de l’Etat en sont arrivés à poser de tels actes hautement dommageables à l’entreprise à bien des égards et ce, sous le fallacieux prétexte que « la nomination est discrétionnaire » car, est-il besoin de le rappeler, c’est les multiples et fréquentes frustrations de ce genre qui finissent par tuer le génie dans une entreprise, et par précipiter cette dernière dans le gouffre, tel que c’est actuellement le cas pour CAMTEL.

Pour une entreprise déjà sérieusement en difficulté comme CAMTEL, et qui aurait normalement besoin d’être en mesure de pouvoir tirer le meilleur profit possible de toutes les compétences que l’on peut retrouver en son sein, procéder de cette manière, c’est peut-être gagner une compétence, mais pour en réalité devoir en perdre deux en contrepartie, le fait de tuer toute motivation chez les agents en les plaçant arbitrairement à des postes de travail où ils n’ont aucune chance de traduire dans les faits leur fervent désir de « donner tout ce qu’ils ont dans le ventre », au risque de paralyser purement et simplement certaines des positions de travail concernées ne pouvant, en aucun cas, permettre à ladite entreprise d’avoir la moindre chance de valoriser suffisamment tout son potentiel.

Et il en est ainsi de ceux dont il est question ici comme de tous leurs collègues qui, comme eux, ont été victimes des conséquences néfastes du tirage au sort abusivement effectué par ledit Conseil d’Administration.

La mission secrète dudit Conseil d’Administration serait de tuer dans l’œuf toute tentative de redressement de cette entreprise, qu’il ne s’y prendrait pas autrement, à regarder tous les aspects par nous soulevés dans la présente dénonciation.


Du cas particulier de ces dizaines de Chefs de Projets tirés au sort

Ce cas particulier, où les Chefs de Projets figurent dans un organigramme, où ils ont rangs et prérogatives de Sous-directeurs, constitue la « marque déposée » de CAMTEL. Ce faisant, les projets ont tendance à très vite se transformer en « domaines réservés » des Chefs de Projets concernés, et par conséquent, à être privés des compétences pluridisciplinaires dont ils devraient normalement bénéficier, pour avoir quelque chance de parvenir un jour à un aboutissement heureux.

Il suffit ainsi que le Conseil d’Administration n’ait pas la main heureuse lors du tirage au sort sus évoqué, pour que les lourds investissements consacrés à la mise en œuvre d’un projet soient contraints d’être passés par pertes et profits. Dès lors, il n’est nullement étonnant d’entendre parler d’absence de maturation des projets, qui plus est, dans une entreprise de télécommunications. (…).

La conséquence hautement dommageable en est que les projets d’une entreprise de télécommunications vont désormais devoir être soumis à l’appréciation d’une « Commission de maturation des projets » en principe constituée en majorité de profanes, avant d’espérer un jour en obtenir le feu-vert pour une éventuelle poursuite de leur processus de mise en œuvre, toutes choses de nature à réduire à néant les bénéfices qui auraient pu être attendus des dispositions pertinentes de la nouvelle Loi portant statut général des entreprises publiques en matière de passation des marchés, faisant plutôt tomber l’entreprise de Charybde et Scylla.

(…) Le pire dans cette affaire, d’après certaines indiscrétions, c’est que plus de la moitié desdits projets ne disposeraient même pas encore de financements, mais que des responsables y sont nommés depuis l’ère NKOTO EMANE, pour bénéficier, pendant qu’ils se tournent les pouces, de salaires pondérés et d’autres avantages indus leur permettant de bénéficier chacun d’un salaire supérieur au double du salaire de leurs collègues de même niveau de qualification qui ne sont que de simples chefs de services ou assimilés.

Du non-respect systématique de l’équilibre régional

Sauf erreur d’appréciation de notre part, la répartition des postes de Directeurs, Directeurs Adjoints et assimilés à CAMTEL, à la suite de ces nominations, se présente comme suit :

Littoral/Centre/Sud/Est Adamaoua/Nord/Extrê me-Nord Ouest/Nord-Ouest/Sud-Ouest
21 02 05

Comme on peut tous le constater, quand bien même il y aurait quelques erreurs d’appréciation des Régions d’origine des uns et des autres de notre part, un classement desdits postes de responsabilité par Région serait encore plus scandaleux, les exigences d’équilibre régional ayant scrupuleusement été foulées au pied par le Conseil d’Administration de CAMTEL, au mépris total de la préservation du fameux « Vivre ensemble », la chanson préférée de tous ceux qui dans notre pays sont des adeptes de la doctrine du « Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais », et sans la moindre crainte d’une possible mise en péril de la cohésion sociale dans notre pays. (…)

Conclusion
Comme nous venons de le démontrer, le Conseil d’Administration constitue un véritable caillou dans la chaussure de CAMTEL en particulier et dans celle de beaucoup d’autres entreprises publiques en général, et ce d’autant plus qu’il bénéficie en outre de la complicité tout au moins passive de toutes les autres institutions sus incriminées. Dans de telles conditions, il est évident que le taux d’échec de 100% connu par la totalité des projets en œuvre à CAMTEL n’est nullement le fait du hasard. « Comme on fait son lit on se couche », dit le proverbe.

Cela dit, il ressort, à la lumière, entre autres, de tout ce qui précède, que l’institution d’un poste de PDG pourrait s’avérer particulièrement bénéfique pour les entreprises concernées, et ce d’autant plus qu’elle permettrait déjà d’obtenir un premier degré de « rationalisation de la dépense publique » avec, sans que cela soit exhaustif :

üLa mutualisation des charges relatives aux salaires et autres avantages financiers du DG et du PCA;
üLa mutualisation des charges relatives aux loyers des concernés, un seul loyer étant nécessaire, et peut-être même pas de loyer du tout, au cas où l’entreprise possèderait un logement de fonction pour son DG ;
üLa mutualisation du parc automobile, des frais de missions, des frais d’entretien d’hôtels particuliers, des dépenses de prestige, etc. ;
üEtc.

Un second degré de « rationalisation de la dépense publique » consisterait à réduire le nombre de membres du Conseil d’Administration à son strict minimum légal, en l’occurrence cinq (05), PDG compris, la pléthore d’individus que l’on y retrouve généralement ne se justifiant nullement économiquement, lesdites entreprises ne disposant que d’un seul et unique actionnaire, en l’occurrence l’Etat, dont l’expérience a déjà prouvé que les soi-disant représentants aux Conseils d’Administration ne défendent nullement les intérêts, tel que l’on peut aisément le constater, entre autres à la lumière de la dette astronomique de plus de 2.200 milliards de FCFA contenue dans le premier tableau ci-dessus, une dette catastrophique dont ce dernier se garde d’ailleurs généralement de communiquer le montant à la nation, chaque fois qu’il est question de parler du niveau excessif d’endettement de notre pays, une pratique d’une honnêteté et d’une transparence particulièrement discutables, surtout quand on sait que la plupart des entreprises publiques concernées, et peut-être même toutes, n’ont pas la moindre chance de pouvoir un jour s’acquitter de leur part de ladite dette, en particulier si les choses restent en l’état, les mêmes causes étant, logiquement, appelées à produire indéfiniment les mêmes effets.

Un troisième degré de « rationalisation de la dépense publique » consisterait à réduire le nombre de postes de Directeurs, Sous-directeurs et assimilés à son strict nécessaire, ce qui permettrait, en passant, de satisfaire aux exigences d’efficacité, d’efficience et de cohérence dans l’action des structures concernées. Un quatrième degré de « rationalisation de la dépense publique » consisterait à ramener le nombre d’employés desdites entreprises à des proportions économiquement raisonnables et/ou soutenables, en commençant par se débarrasser, sans préjudice de poursuites judiciaires, et sans discrimination aucune, de tous les faux-diplômés dont elles regorgent, qui y distraient ouvertement les deniers publics en bénéficiant de salaires indus, le caractère frauduleux de leur situation mis à part, et prospèrent impunément, au su et au vu de tous, et sous le regard manifestement bienveillant des institutions de la république (…).

Ajoutez à cela l’exigence d’une observation stricte de l’orthodoxie en matière de gouvernance, et vous verrez que notre pays est tout à fait capable de bénéficier d’un sort totalement aux antipodes de celui auquel il semble actuellement inéluctablement condamné, observées chez nous, les règles qui ont permis aux autres pays de se développer pouvant très bien nous permettre, à nous aussi, de développer notre pays, en particulier car il n’est toujours pas prouvé, à ce jour, que nos compatriotes soient plus bêtes que les citoyens des pays concernés, ou encore que notre incapacité à sortir notre pays de la pauvreté relève d’une quelconque déficience congénitale commune.(…)

Il faut réduire le nombre de postes de directeurs, sous-directeurs et assimilés de Camtel à son strict nécessaire

Par Godfroid ONDOUA ELLA, Ingénieur principal des Travaux des télécommunications, ancien employé de CAMTEL

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