Google persiste sur le marché des smartphones

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[Digital Business Africa] – Cela ne pouvait pas plus mal tomber. Programmée le mardi 9 octobre, l’annonce par Google de ses derniers produits a été précédée par la révélation, la veille, d’une faille de sécurité massive dans son réseau social Google+, laquelle a affecté les données d’au moins 500 000 utilisateurs. Le scandale aurait pu perturber l’ordre du jour, mais de cela, il ne fut pas question lors de la présentation effectuée de New York. Google escomptait sans doute qu’une nouvelle chasserait l’autre.

En termes de communication, le coup est rude pour la firme de Mountain View (Californie), qui s’évertue à asseoir sa crédibilité comme fabricant d’appareils technologiques. Cette année encore, c’est toute un éventail de produits nouveaux que la compagnie a dévoilés : téléphones, enceintes connectées, tablettes.

Les annonces les plus attendues se concentraient sur la gamme des téléphones Pixel, qui étrennent leur troisième génération. La présentation a surtout mis en avant les nouvelles fonctionnalités créées autour de l’appareil photo, comme celle qui permet de ne pas manquer le cliché parfait : au moment de capter une scène insolite, l’appareil commence à prendre des photos avant même que vous ayez appuyé sur le bouton…

Mais, la distribution reste encore assez faible, les téléphones, proposés en deux tailles (5,5 et 6,3 pouces), ne seront disponibles le 2 novembre que dans douze pays.

Ventes très décevantes

Les velléités de Google sur le marché des smartphones ne sont pas nouvelles. Avec la série des Nexus d’abord, dès 2010, élaborée avec divers constructeurs (HTC, Samsung, LG, Motorola, Huawei), puis avec la gamme Pixel, depuis 2016. L’achat de Motorola, en 2011, pour 12,5 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros au cours actuel), revendu pour à peine 3 milliards moins de trois ans plus tard, et les ventes très décevantes de ses téléphones (à peine 3,9 millions d’unités délivrées en 2017), auraient pu décourager la compagnie de Mountain View de persister dans cette voie.

Mais, sous l’impulsion de Sundar Pichai, arrivé aux commandes de Google en 2015, la division « matériel » a été réorganisée, avec l’arrivée à sa tête de Rick Osterloh. Objectif : faire mieux coopérer les divisions « logiciel » et « matériel ». Le chèque fait en septembre 2017 à HTC pour pouvoir mettre la main sur 2 000 de ses ingénieurs a depuis confirmé la volonté de l’entreprise d’accélérer dans le développement de ses produits.

Surtout, M. Pichai a placé l’intelligence artificielle au cœur du développement de chaque produit proposé par Google. Avec l’éclosion d’assistants virtuels tels que ceux d’Amazon (Alexa), l’utilisation des services de Google est ­devenue moins indispensable qu’avant à ses utilisateurs : d’une simple interpellation vocale, le propriétaire d’une enceinte Amazon Echo peut commander un livre sans en faire la recherche sur Google. Et le propriétaire d’un iPhone pourra demander son chemin à son téléphone grâce à Siri sans passer par le service de cartographie de son concurrent… Autant de requêtes qui échapperont à Google, alors que toute son économie est portée par la ­connaissance de ses utilisateurs à des fins publicitaires.

Il incombe à Google de démontrer que son assistant est plus efficace que ses concurrents, et sur tous les supports (téléphones, enceintes, etc.). Même la caméra du dernier Pixel s’assimile à un moteur de recherche, capable de reconnaître cette paire de lunettes que vous seriez en train de fixer. Au fond, même en se tournant toujours plus vers le hardware, Google ne change pas de métier.

Par Gaëlle Massang

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