France : Sortie prochaine d’Atos du CAC 40 et baisse de ses activités : l’impact en Afrique

[Digital Business Africa] – Le 17 septembre 2021 le groupe français Atos va sortir du CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris. La place boursière Euronext l’a annoncé le 09 septembre dernier.  Après avoir bondi de 80% depuis le début de l’année avec une capitalisation supérieure à 23 milliards d’euros, Eurofins Scientific, le groupe de laboratoires d’analyses fondé à Nantes en 1987, prendra la place de cette entreprise de services numériques qui investit également en Afrique.

Pour Atos, les analystes s’accordent que c’est un coup dur. De nombreux médias spécialisés expliquent que ce déclassement est la conséquence d’un enchaînement de mésaventures qui ont progressivement instillé le doute dans l’esprit des investisseurs. Depuis le début de l’année, rappelle l’Usine Nouvelle, la valeur du titre d’Atos a perdu environ 40%, tandis que sa valorisation s’établit à moins de 5 milliards d’euros.

Le 12 juillet dernier, Atos effectuait déjà un avertissement pas reluisant sur les résultats à l’intention des actionnaires. « En vertu d’une obligation européenne qui impose de faire connaître des informations susceptibles d’avoir un impact sur le cours de bourse, elle a indiqué que la croissance de son chiffre d’affaires pour cette année serait stable au lieu d’une hausse attendu de 3,5 à 4% », rappelle Thierry Le Clercq, le président de la société de gestion Alphajet Fair Investors à l’Usine Nouvelle.

Plus encore, « Atos a aussi souligné que sa marge opérationnelle, attendue à environ 9% par rapport au chiffre d’affaires en 2021, ne serait finalement que de 6% », ajoute le dirigeant. De quoi porter un coup à la confiance des investisseurs déjà loin d’être au beau fixe. 

En ce qui concerne les raisons de cette sortie et de cette baisse des objectifs d’Atos, les médias spécialisés évoquent plusieurs raisons : D’abord, le géant informatique français a enregistré une perte nette de 129 millions d’euros au premier semestre 2021, lesté par le poids de ses activités informatiques classiques alors que les entreprises se ruent vers le cloud (informatique dématérialisée).

Ensuite, en début d’année, une décision stratégique controversée avait déjà engagé la baisse du titre d’Atos. L’entreprise avait tenté de racheter un concurrent américain, DXC Technology. Une opération qui n’a finalement pas eu lieu. Plus encore, Atos a aussi souffert en avril de la découverte de « faiblesses de contrôle interne » dans deux de ses filiales aux Etats-Unis.

Quel impact en Afrique ?

Ces baisses et cette sortie du CAC 40 pourraient-elles avoir un impact sur les opérations du groupe en Afrique? Certains spécialistes pensent que Oui. Mais, davantage dans la réorientation et l’organisation de ses activités en Afrique. Le directeur général d’Atos, Elie Girard, avait annoncé il y a peu son intention de se recentrer le cloud dans le cadre d’une transformation « radicale, rapide et très profonde ». 

Cette alerte souligne le besoin qu’a Atos de se transformer. Il faut radicalement, rapidement et très profondément, transformer le groupe”, a déclaré Elie Girard dans une interview aux Echos. “Dans cette perspective, nous allons nous concentrer sur quatre domaines de croissance dans lesquels nous sommes déjà bien positionnés : le cloud, le digital, la sécurité et la décarbonation au travers des solutions digitales des entreprises”, avait-il ajouté. Ce recadrage des activités va sans doute également se ressentir en Afrique.

Le directeur général d’Atos avait précisé qu’en parallèle, le groupe recherchait des partenaires pour des activités représentant un périmètre total d’environ 20% de son chiffre d’affaires. Pas exclu que l’Afrique soit concernée.

Il avait également annoncé la conclusion d’un accord pour un plan de départ d’environ 1.300 salariés dans les activités d’infrastructures classiques d’Atos en Allemagne, pays où le groupe emploie 10 000 salariés, sur un effectif global de 105 000 salariés.

En Afrique, Atos, fort de ses 2600 collaborateurs et 12 filiales et établissements sur le continent, propose ses services principalement dans les trois secteurs que sont les opérateurs télécoms, les administrations publiques et le secteur financier. Le groupe a mis en place au Maroc, depuis plus d’une dizaine d’années, et au Sénégal depuis 2015 des GDC (Global Delivery Center) qui disposent d’un effectif de plus de 2000 ingénieurs. Ces emplois sont-ils menacés ? Pour le moment, pas d’informations officielles sur le sujet.

« Les télécoms représentent 35% de l’activité, le secteur public 25%, la finance 20%, et enfin de façon variable les secteurs d’activité tels que «Energy and Utilities» (électricité, gestion de réseaux de services publics d’eau, d’assainissement et d’électricité) », expliquait en décembre 2020 Alpha Barry, le directeur Afrique d’ATOS chez nos confrères d’AfriMag.

« Nous conseillons, concevons et déployons pour nos clients des data center modernes, basés sur la virtualisation des différentes ressources physiques avec des fonctions de haute disponibilité, mais aussi déployons et assurons l’intégration de logiciels ERP (Entreprise Resource Planning) de type SAP pour moderniser la gestion des entreprises et administrations », expliquait Alpha Barry.

Par Digital Business Africa

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