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Gabon : La dotation de 10 000 ordinateurs portables aux étudiants débute dans quelques jours

[DIGITAL Business Africa] – « 1 étudiant, 1 ordinateur ». Le gouvernement en passe de tenir parole. Le lancement du programme présidentiel devrait avoir lieu ce 14 octobre 2025. Le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation en a donné l’assurance dans un communiqué publié sur ses plateformes numériques ce 09 octobre 2025.

« À travers ce programme, le numérique se met résolument au service des étudiants, des entrepreneurs et de la transformation du pays », indique le communiqué.

Il s’agit des ordinateurs de marque Lenovo Core i5 de dernière génération, équipés du pack Office.

L’objectif affiché est clair : réduire la fracture numérique et offrir à la jeunesse gabonaise les outils nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus connecté. Ces ordinateurs seront distribués dans les principales universités du pays, avec une priorité accordée aux étudiants les plus méritants et issus de milieux modestes, a-t-on appris.

La dotation avait été annoncée lors du discours traditionnel à la Nation du chef de l’État, chef du Gouvernement, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema le 16 août 2025.

Selon plusieurs sources, ces ordinateurs ont été acheminés au Gabon depuis le 25 août 2025.

Pour rappel, le Gabon sous le magistère de l’ex-président de la République Ali Bongo Ondimba avait déjà doté 500 ordinateurs aux étudiants des universités.

Ces dons rappellent celui du voisin Cameroun. S. E. Paul Biya, le chef de l’État, avait instruit la distribution dès janvier 2018 de 500 000 ordinateurs portables aux étudiants camerounais du public et du privé dans le cadre de son programme baptisé « higher education vision ». L’ardoise se chiffrait à 75 milliards de FCFA (114 336 763 €).

Par Jean Materne Zambo

Tech Event : Annoncé au Forum Fii Sénégal, le Startup Act veut métamorphoser le secteur du numérique

 [DIGITAL Business Africa] – Le ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique annonce le lancement prochain du Startup Act. Alioune Sall, s’exprimant à la tribune du Forum Fii Sénéga, ce 08 octobre 2025, a présenté ce cadre comme un outil destiné à stimuler l’innovation, soutenir les jeunes entrepreneurs et renforcer l’attractivité de l’écosystème numérique national.

L’objectif est de doter le pays d’une loi d’ici la fin de l’année 2025 qui va permettre de renforcer la compétitivité et l’attractivité du secteur numérique.

Sera considérée comme startup au Sénégal l’entreprise qui répond à un certain nombre de critères, tels que l’âge de la structure, la composition du capital, l’innovation, la viabilité économique, l’impact sociétal, et la gouvernance responsable.

Les critères d’évaluation détaillés dans le draft :

1. Innovation (30%) : les startups doivent démontrer des objectifs clairs d’innovation dans le développement, la production et la commercialisation de technologies numériques. Cela inclut la propriété de produits ou procédés innovants, ainsi que leur enregistrement et leur protection.

2. Viabilité économique (20%) : les startups doivent prouver leur rentabilité économique à travers des ratios financiers positifs, notamment le ratio de rentabilité économique et le ratio d’endettement, démontrant ainsi leur solidité financière sur le long terme.

3. Impact sociétal (10%) : les entreprises doivent proposer des solutions ou services ayant un impact environnemental et social positif, en s’alignant sur des objectifs de développement durable.

4. Gouvernance responsable (20%) : une attention particulière est portée à l’inclusion de l’approche genre et à la formation continue du personnel, assurant ainsi une gestion éthique et équitable des ressources humaines.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du New Deal technologique promu par les nouvelles autorités, qui entendent faire du Sénégal un acteur central du numérique africain.

Par Jean Materne Zambo

Paiements instantanés : 62 institutions financières autorisées à ouvrir les services PI-SPI au public dans l’UEMOA

[DIGITAL Business Africa] – La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit le déploiement effectif de sa Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI).

Selon la liste officielle publiée le 3 octobre 2025, 62 institutions financières et établissements de monnaie électronique ont été autorisés à ouvrir les services au public dans les huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Ce jalon marque le passage de la théorie à la pratique : l’interopérabilité et les paiements instantanés sont désormais une réalité pour des millions de citoyens ouest-africains.

Une couverture régionale complète dès le lancement

La liste communiquée par la BCEAO démontre une mobilisation régionale particulière.
Les huit pays membres de l’UEMOA sont représentés, avec une combinaison équilibrée entre banques commerciales, institutions de microfinance, et établissements de monnaie électronique (opérateurs de mobile money).

  • Bénin (5 institutions) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Moov Money
  • Burkina Faso (7) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Orange Money, Baobab, Cofina
  • Côte d’Ivoire (13) : Afrika Banque, BMS, BOA, Bridge Bank, Coris Bank, Ecobank, Mansa Bank, Orabank, Orange Bank, SIB, Orange Money, Baobab, Cofina
  • Guinée-Bissau (4) : BDU, Coris Bank, Ecobank, Orabank
  • Mali (8) : BCI Mali, BDM, BIM, BMS, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Baobab
  • Niger (4) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank
  • Sénégal (15) : Afrika Banque, BNDE, BOA, Bridge Bank, CBAO (Groupe Attijariwafa Bank), Coris Bank, Crédit du Sénégal, Ecobank, FBNBank, Orabank, Mobile Cash SA, Orange Finances Mobiles, Touchpoint Financial Services, Baobab, UM-ACEP
  • Togo (6) : BIA, BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Cofina

« Plusieurs banques, institutions de microfinance et établissements de monnaie électronique des huit pays de l’Union ont satisfait aux exigences techniques, de sécurité, de connectivité et d’homologation définies par la Banque Centrale. »
— Jean-Claude Kassi BROU, Gouverneur de la BCEAO

Des acteurs de premier plan prêts à opérer

Cette première vague d’institutions reflète la diversité du paysage financier de l’UEMOA :

  • les banques régionales telles qu’Ecobank, Orabank, Coris Bank, BOA ou Bridge Bank, déjà interconnectées sur plusieurs marchés ;
  • les opérateurs de mobile money comme Orange Money, Moov Money ou Mobile Cash ;
  • et les institutions financières inclusives telles que Cofina, Baobab ou UM-ACEP.

Cette mixité d’acteurs garantit que la PI-SPI ne sera pas un outil réservé aux grandes banques, mais un réseau véritablement inclusif, au service des particuliers, des PME et des gouvernements.

Une homologation technique et sécuritaire exigeante

Pour figurer sur cette liste, chaque institution a dû répondre à des normes strictes fixées par la BCEAO :

  • conformité aux exigences de sécurité et de connectivité,
  • tests techniques et fonctionnels validés par la Banque Centrale,
  • intégration au système en temps réel et interopérable 24h/24.

L’objectif est clair : garantir la fiabilité et la performance du système dès sa phase de lancement public.

Une étape clé vers une UEMOA “cashless”

La BCEAO a fait de la PI-SPI un pilier central de sa stratégie d’inclusion financière.
En rendant possibles des transferts instantanés, sécurisés et interconnectés entre toutes les institutions agréées, la plateforme constitue un levier pour :

  • réduire l’usage du cash,
  • fluidifier les échanges commerciaux régionaux,
  • et stimuler la compétitivité et la transparence dans le système financier ouest-africain.

« Cet élan est appelé à s’élargir jusqu’à la pleine participation de l’ensemble des institutions de paiement de l’Union : telle est notre ambition », a récemment indiqué Jean-Claude Kassi BROU

Prochaine étape : l’intégration des Trésors publics

Le gouverneur a précisé que la BCEAO accompagnera les Trésors publics et administrations pour leur intégration à la plateforme.
À terme, le paiement des salaires, des aides sociales et des recettes fiscales pourrait transiter directement via la PI-SPI, réduisant les délais et les coûts pour les États.

Une dynamique appelée à s’amplifier

L’infrastructure PI-SPI s’inscrit dans un contexte d’essor sans précédent des paiements numériques dans l’Union : entre 2014 et 2024, le volume de transactions en monnaie électronique est passé de 260 millions à 11 milliards, selon la BCEAO.
Avec cette interopérabilité désormais effective, la région s’apprête à franchir un nouveau cap historique vers une économie connectée, fluide et inclusive.

Liste des participants autorisés à ouvrir les services au public

Liste des participants autorisés à ouvrir les services au public

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Monnaie électronique : de 260 millions à 11 milliards de transactions en dix ans dans l’UEMOA

[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique de l’Ouest connaît une véritable révolution financière. En une décennie, la monnaie électronique est passée du statut d’innovation périphérique à celui de pilier central de l’inclusion financière et du développement économique.
Entre 2014 et 2024, selon le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi BROU, le volume des transactions en monnaie électronique dans l’UEMOA a explosé, passant de 260 millions à 11 milliards d’opérations, tandis que le nombre de comptes est passé de 18 millions à près de 248 millions.

« Ces initiatives se sont notamment traduites par un accroissement significatif du volume des transactions en monnaie électronique au sein de l’Union, passé de 260 millions à 11 milliards entre 2014 et 2024. Le nombre de comptes a également progressé, évoluant de 18 millions à près de 248 millions sur la même période », a récemment déclaré Jean-Claude Kassi BROU, gouverneur de la BCEAO

Une croissance exceptionnelle en dix ans

Ce bond spectaculaire illustre la transformation profonde des habitudes financières dans les huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

D’après le dernier Rapport de la BCEAO sur les services financiers numériques (2023), l’Union a enregistré une progression continue du mobile money :

  • 157 millions de comptes de monnaie électronique fin 2022,
  • 209 millions fin 2023,
  • et près de 248 millions en 2024, selon les estimations officielles citées par le Gouverneur.

C’est un taux de croissance de plus de 32 % entre 2022 et 2023, et une multiplication par près de 14 en dix ans. Le volume de transactions, lui, a été multiplié par plus de 40, confirmant une adoption massive et une confiance accrue des populations dans les paiements numériques.

Plus encore, l’activité de monnaie électronique poursuit ses progrès, marqués par la hausse significative des principaux indicateurs, notamment d’accès et d’utilisation.

63 initiatives d’émission de monnaie électronique ont été enregistrées dans l’Union au 31 décembre 2023, à travers deux canaux, à savoir la téléphonie mobile (58) et la carte prépayée (5). Au cours de l’année 2023, 19 nouvelles initiatives ont été autorisées par la Banque Centrale, dont l’agrément de 2 établissements de monnaie électronique.

Les moteurs de cette expansion fulgurante

Plusieurs facteurs expliquent cette progression significative.

  1. Un cadre réglementaire visionnaire

Dès 2015, la BCEAO a adopté un cadre légal et prudentiel pour les activités de monnaie électronique, créant un environnement sécurisé pour les opérateurs et les utilisateurs.
Ce cadre a permis la délivrance d’autorisations à des établissements de monnaie électronique (EME), notamment adossés à des opérateurs télécoms et à des banques, favorisant la confiance et la diversité des offres.

  1. L’essor du mobile money et de l’écosystème Fintech

Les partenariats entre opérateurs télécoms et institutions financières ont facilité l’accès aux paiements mobiles dans les zones rurales.
La concurrence entre acteurs – Orange Money, Moov Money, Wave, MTN Mobile Money, etc.  –   a stimulé l’innovation, la baisse des coûts et la multiplication des cas d’usage : transferts, paiements marchands, factures, taxes, salaires.

  1. Une stratégie régionale d’inclusion financière

Portée par la BCEAO et les États membres, la stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF-UEMOA) vise un objectif clair : permettre à au moins 75 % de la population adulte d’avoir accès à un service financier d’ici 2025.
Aujourd’hui, ce taux atteint déjà 74 %, contre moins de 15 % au début des années 2000 – un changement d’échelle historique.

  1. L’amélioration des infrastructures et de l’interopérabilité

La mise en place d’infrastructures de paiement modernes, comme le Système de Règlement Brut en Temps Réel (STAR-UEMOA), a posé les bases techniques nécessaires.
L’arrivée de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), lancée le 30 septembre 2025 à Dakar, vient désormais boucler le cycle : permettre à tous les acteurs –  banques, microfinances, Fintech, opérateurs –  d’interagir dans un même réseau instantané et sécurisé.

Une révolution économique et sociale

L’explosion de la monnaie électronique a eu des effets tangibles sur la vie économique de l’Union :

  • Simplification des transferts familiaux et du petit commerce : plus besoin d’espèces, moins de risque de vol.
  • Digitalisation du paiement des salaires, pensions et aides sociales : une meilleure traçabilité et transparence.
  • Facilitation de la fiscalité locale et du paiement des services publics.
  • Formalisation progressive du secteur informel, grâce à la traçabilité des flux financiers.

Ces dynamiques contribuent directement à l’intégration économique régionale, en rapprochant les populations des services financiers formels et en favorisant la confiance dans la monnaie commune : le franc CFA.

Un impact structurant sur les usages numériques

Selon la BCEAO, plus de 95 % des transactions numériques dans l’UEMOA passent désormais par la monnaie électronique.
Les paiements marchands représentent la nouvelle frontière : ils ont progressé de plus de 60 % en 2023, portés par la généralisation des QR codes et par la montée en puissance des Fintech régionales.

Cette croissance s’appuie aussi sur la digitalisation des PME, qui utilisent de plus en plus la monnaie électronique pour leurs encaissements et règlements, réduisant les coûts et améliorant la gestion de trésorerie.

Des défis à surmonter

Malgré ces avancées impressionnantes, plusieurs défis demeurent :

  • L’inactivité d’une partie des comptes : tous les comptes créés ne sont pas actifs, notamment dans les zones rurales.
  • La sécurité et la lutte contre la fraude : la BCEAO renforce ses mécanismes de supervision et de cybersécurité.
  • L’éducation financière et numérique : essentielle pour élargir encore la base des utilisateurs actifs.
  • L’interopérabilité totale : la PI-SPI doit désormais être pleinement adoptée par tous les acteurs pour que les transferts soient vraiment sans frontière.

PI-SPI : la prochaine étape d’une décennie numérique

La Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), dévoilée par la BCEAO, représente le prolongement logique de cette évolution.
Elle permettra des paiements instantanés, gratuits pour les particuliers et accessibles à tous, renforçant la dynamique d’inclusion et de modernisation.

 « PI est un système de paiement instantané, interopérable et disponible en continu dans les huit pays de l’Union, répondant aux exigences les plus élevées en matière de performance et de sécurité. »
–   Jean-Claude Kassi BROU

Avec la PI-SPI, les 11 milliards de transactions enregistrées en 2024 pourraient n’être qu’un début.
La BCEAO se fixe pour ambition d’ancrer la culture du paiement numérique instantané dans tous les secteurs de la société, du commerce de rue à l’administration publique.

Vers une UEMOA “cashless” et inclusive

L’Union monétaire ouest-africaine est désormais l’un des espaces les plus dynamiques du continent en matière de paiements électroniques.
Cette transformation –   soutenue par la régulation, l’innovation et la confiance –   constitue une référence continentale.

Alors que la BCEAO appelle à “adopter le réflexe PI”, les chiffres le confirment : la monnaie électronique n’est plus un simple outil de transfert, mais un levier stratégique de croissance, de transparence et de souveraineté économique pour l’Afrique de l’Ouest.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Paiements numériques : les 10 grands avantages de la plateforme interopérable PI-SPI selon la BCEAO

[DIGITAL Business Africa] – La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a officiellement lancé, le 30 septembre 2025 à Dakar, la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI). Il s’agit d’une innovation majeure qui propulse l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) dans une nouvelle ère financière.

Fruit d’une conception 100 % interne et inédite dans l’espace UEMOA, cette innovation permet désormais des paiements instantanés, sécurisés, interconnectés et gratuits pour les particuliers.

La PI-SPI, développée entièrement en interne par les ingénieurs de la Banque centrale, se veut un bien public régional au service de l’inclusion financière, de la compétitivité des entreprises et de la souveraineté technologique africaine.

Le gouverneur Jean-Claude Kassi BROU a détaillé, lors de la cérémonie de lancement, les dix avantages clés de cette plateforme régionale qui promet de révolutionner les paiements numériques, stimuler l’inclusion financière et renforcer l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.

Digital Business Africa vous présente les dix avantages clés soulignés par le gouverneur Jean-Claude Kassi BROU.

1️⃣ Interopérabilité et accessibilité universelle

Avantage : La PI-SPI permet à tout utilisateur d’envoyer ou de recevoir de l’argent, quel que soit le pays, la banque ou l’opérateur. Elle brise les barrières entre les systèmes bancaires et les services de mobile money.

 « Chacun peut envoyer ou recevoir des fonds à tout moment, sans se soucier de la banque, de l’institution de microfinance, de l’émetteur de monnaie électronique ou du pays du bénéficiaire. »

2️⃣ Gratuité et instantanéité pour les particuliers

Avantage : Les particuliers bénéficient de paiements gratuits, instantanés et disponibles 24h/24. C’est un progrès concret pour des millions de citoyens et familles dans l’Union.

 « La gratuité des transactions initiées par les particuliers, combinée à la garantie d’un dénouement instantané, représentera, pour de nombreuses personnes et familles, un progrès significatif, améliorant concrètement leur quotidien. »

3️⃣ Renforcement de l’inclusion financière

Avantage : Le Gouverneur a replacé la PI-SPI dans la stratégie de bancarisation régionale. Cette plateforme contribuera à étendre encore l’accès aux services financiers dans les zones rurales et informelles.

 « PI a pour objectifs de renforcer l’inclusion financière, réduire l’usage des espèces fiduciaires, promouvoir l’innovation et consolider l’intégration économique et financière de l’Union. »

4️⃣ Simplification de la vie quotidienne et réduction du cash

Avantage : La BCEAO entend faire du paiement numérique un bien public, à coût compétitif et accessible à tous. Une manière d’alléger les transactions et de réduire la dépendance à la monnaie fiduciaire.

 « Il s’agit de faire des paiements numériques un véritable bien public, accessible à tous, à des coûts compétitifs, et un vecteur de progrès. »

5️⃣ Développement du commerce et formalisation du secteur informel

Avantage : Grâce à un QR code standardisé, tout commerçant peut accepter les paiements de tout client, quel que soit le prestataire. C’est une révolution pour le commerce de proximité et les PME.

 « Le QR code standardisé permet d’encaisser les paiements de tous les clients, quel que soit le prestataire de services de paiement, ouvrant ainsi la voie à l’essor du commerce régional à l’échelle de l’Union. »

6️⃣ Productivité et compétitivité accrues pour les entreprises

Avantage : La PI-SPI automatise les flux financiers, raccourcit les délais de règlement et renforce la traçabilité, gages de compétitivité et de fiabilité accrues.

« PI facilite l’automatisation des encaissements et des décaissements, optimise la gestion de la trésorerie et raccourcit les cycles de règlement, tout en renforçant la fiabilité des processus internes. »

7️⃣ Nouvelles opportunités pour les banques et institutions financières

Avantage : Les banques, microfinances et établissements de paiement voient leurs charges opérationnelles réduites, leurs services élargis et leur base clientèle accrue.

« PI rationalise les charges opérationnelles, élargit l’offre de services financiers et la base de clients, créant de nouvelles opportunités de développement de leurs activités. »

8️⃣ Un moteur d’innovation pour les Fintech et start-ups

Avantage : Les jeunes pousses de la Fintech pourront développer des applications innovantes sur une interface standardisée, sans passer par des accords bilatéraux coûteux.

 « La plateforme offre une interface standardisée qui permet de concevoir et de déployer des services à valeur ajoutée, sans besoin de recourir à des accords bilatéraux multiples. »

« Cette ouverture réduit les coûts d’intégration et les barrières à l’entrée, stimule la concurrence et favorise l’émergence de champions régionaux capables de proposer des services financiers innovants. »

9️⃣ Un canal stratégique pour les États et Trésors publics

Avantage : Les administrations publiques pourront utiliser la plateforme pour le paiement des salaires, aides sociales, pensions et impôts. Cela réduira les délais et les coûts de collecte et de paiement.

« PI constituera un canal centralisé et interopérable pour le paiement des salaires, des aides sociales et d’autres engagements financiers, de même que le recouvrement des créances publiques. »

« Ces avantages permettront également de réduire notablement les délais et les coûts de recouvrement des recettes fiscales et de faciliter le suivi des dépenses publiques. »

Fierté technologique : une conception 100 % interne et africaine

Avantage : La BCEAO a fait le choix audacieux de concevoir la PI-SPI avec ses propres ingénieurs. Un pari gagnant sur la compétence africaine et la souveraineté numérique.

« Pour réaliser ce projet, nous avons mobilisé nos jeunes talents, des ingénieurs issus des meilleures écoles et universités de l’Union, dirigés par les équipes de la Banque Centrale et guidés dans leur mission par Monsieur Abdoulaye SECK, alors Secrétaire Général de la BCEAO, ici présent. Je voudrais saluer ce pari de l’excellence et de la confiance dans les ressources humaines de l’Union qui a porté ses fruits.

Je rends hommage aux membres de l’équipe projet pour leur engagement exemplaire et leur sens du devoir. Pendant plusieurs mois, ils ont tenu le cap, orchestrant les ateliers techniques, conduisant les tests, appuyant les participants dans leurs travaux d’intégration, dans le respect des meilleures pratiques en la matière. Leur professionnalisme et leur sens des responsabilités nous procurent une grande satisfaction », s’est félicité le gouverneur.

Vers une Afrique de l’Ouest sans friction

Avec la PI-SPI, la BCEAO ouvre une nouvelle ère du paiement numérique en Afrique de l’Ouest. En favorisant des transactions rapides, gratuites et interopérables, elle met l’innovation technologique au service de la croissance inclusive. « Adoptons le réflexe PI. », a encouragé Jean-Claude Kassi BROU, gouverneur de la BCEAO, qui a par ailleurs exprimé la gratitude de la Banque centrale à la Fondation Gates, dont l’appui financier a été déterminant, de la conception au déploiement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané, PI-SPI.

« Je suis reconnaissant à la Banque Africaine de Développement pour l’accompagnement qu’elle a apporté à ce projet, dans son rôle d’administrateur des ressources de la Fondation Gates », a précisé le gouverneur.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun

[Digital Business Africa – Avis d’expert*] – Objet : Faire du numérique un levier central du développement national et de l’intégration régionale CEMAC. 
Chers Candidats, Le 12 octobre 2025, les Camerounaises et Camerounais se rendront aux urnes pour élire celui ou celle qui portera les aspirations d’un peuple jeune, créatif et déterminé à bâtir un avenir prospère. À ce moment décisif de notre histoire collective, nous vous adressons cette lettre ouverte pour poser un défi majeur : que le numérique devienne la matrice et le fil conducteur de toutes vos politiques publiques et de tous vos projets de développement.

Pourquoi ce défi ?  

 
Le Cameroun dispose d’un potentiel exceptionnel : une population dynamique, une jeunesse avide de formations, d’apprentissages et d’innovations, une position géographique centrale au sein de la CEMAC, et des ressources naturelles et humaines considérables. Pourtant, sans une intégration résolue des outils numériques, nos projets de modernisation risquent de demeurer fragmentés, coûteux et décalés par rapport aux besoins réels des citoyens.
Le numérique, s’il est pleinement intégré :
  • Optimisera les services publics (éducation, santé, justice, fiscalité, sécurité sociale) grâce à la dématérialisation et à l’interopérabilité.
  • Dynamisera l’économie nationale en facilitant l’entrepreneuriat, l’inclusion financière, la traçabilité des échanges et la compétitivité des entreprises.
  • Renforcera la gouvernance par la transparence, la lutte contre la corruption et l’évaluation en temps réel des politiques publiques.
  • Bénéficiera de l’énorme potentiel des nouveaux emplois autour de l’IA.
  • Accélérera la mise en marche effective de la CEMAC, en fluidifiant la circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services, grâce à des plateformes interconnectées entre États membres.

Notre appel  

 
Nous vous invitons, chers candidats, à amender et inscrire clairement dans vos programmes :
1. Un conclave de réalisation numérique national ambitieux, couvrant d’une part les secteurs prioritaires (infrastructures, éducation, énergie, administration, agriculture, santé, industrie) ; et d’autre part œuvrant à…
2. La formation massive de la jeunesse et des actifs actuels aux compétences digitales et à l’intelligence artificielle, afin de transformer le potentiel démographique en richesse économique.
3. Un cadre réglementaire moderne, garantissant la protection des données, la cybersécurité et la confiance numérique.
4. Une vision régionale alignée sur l’intégration CEMAC, afin que le Cameroun devienne moteur d’un marché unique numérique en Afrique centrale à minima.

Conclusion : la leçon du colibri  

Un jour, dit la légende, un incendie ravagea la forêt (camerounaise). Tous les animaux fuyaient, sauf un colibri qui, allant et venant, déposait quelques gouttes d’eau sur les flammes. « Colibri, tu es fou ! » lui dit le lion. « Ce n’est pas avec ces gouttes que tu éteindras le feu. » Et le colibri répondit : « Je sais, mais je fais ma part. »
Candidats, le Cameroun mérite des projets visibles, justes et efficaces. Le numérique peut tout changer et rendre nos services meilleurs en éliminant beaucoup de maux. Comme le colibri face au feu : faites votre part, pour que notre pays avance et la CEMAC… Aussi.
Respectueusement,
Conseil en Stratégie de transformation numérique

Côte d’Ivoire : ST Digital du Camerounais Anthony Same inaugure un datacenter Tier III

[DIGITAL Business Africa] – ST Digital, l’entreprise camerounaise, rejoint RAXIO Americano-Hollandaise. Après le lancement du tout premier Data Center Tier III de Côte d’Ivoire en septembre 2024, c’est au tour de ST-Digital, spécialisée dans les services numériques, d’inaugurer un autre Data Center Tier III. La cérémonie d’inauguration a eu lieu le 2 octobre 2025 dans le quartier de Grand-Bassam comme il y a un an.

Pour le directeur général de ST Digital, Anthony Same, cette infrastructure nouvellement acquise donne un autre visage à l’écosystème du numérique ivoirien.

 

« Avec cet outil, notre dynamique numérique prend une nouvelle dimension. Dans un contexte où la numérisation s’accélère et où les cyberattaques se multiplient, disposer d’infrastructures locales est indispensable pour protéger nos données », indique Anthony Same, directeur général de ST Digital.

Des mots qui résonnent comme ceux de Kalil Konaté, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation de Côte d’Ivoire prononcés il y a un an.

« Cette infrastructure représente une avancée majeure dans la mise en œuvre de la stratégie de développement du numérique de notre pays », a-t-il indiqué en ajoutant que la Côte d’Ivoire se positionne comme un hub technologique régional et un acteur clé de l’économie numérique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ».

ST Digital ne va pas s’arrêter aux rives de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Togo ou encore du Congo. Anthony Same et les membres de l’équipage ont déjà fixé le cap sur le Gabon. Le 13 février 2025, ST-Digital a annoncé l’acquisition d’un site dans la zone économique spéciale de Nkok (GSEZ), située à 27 km de Libreville, au Gabon, pour la construction d’un datacenter écoresponsable.

A propos de ST Digital

L’entreprise a été créée en avril 2017, ST Digital est présente dans sept pays en Afrique (Cameroun, Gabon, Congo, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin et RDC). Elle propose une panoplie de services numériques, dans les domaines de l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le développement d’applications, les services de conseil en transformation digitale et d’intégration, la formation, le cloud. ST Digital est d’ailleurs le concepteur de la première plateforme cloud 100% africaine,

Par Jean Materne Zambo

RD Congo : Les projets numériques du PNN Horizon 2025 passés au scanner

[DIGITAL Business Africa] – Membres du gouvernement, d’institutions et acteurs du secteur numérique sont réunis Kinshasa. L’Agence pour le Développement du Numérique (ADN) et le ministère de l’Économie numérique tiennent ce mercredi 8 octobre 2025 un atelier de restitution consacré à la mise en œuvre du Plan national du Numérique (PNN) Horizon 2025.

L’objectif des travaux est d’évaluer l’avancement des projets numériques inscrits dans la stratégie nationale. Un point d’honneur sera mis sur la notion de redevabilité, inspirée de la norme internationale ISO 26000.

La redevabilité pouvant être définie, selon le document de présentation, comme l’état consistant, pour une organisation, à être en mesure de répondre de ses décisions et activités à ses organes directeurs, ses autorités constituées et, plus largement, à ses parties prenantes.

Le Plan national du Numérique est axé sur quatre piliers stratégiques : infrastructures, contenus, usages applicatifs, gouvernance et régulation. Il porte la stratégie de développement numérique à l’horizon 2025, avec un accent appuyé sur la modernisation des infrastructures ; l’extension de la couverture des télécoms et de l’accès au Numérique ; la sécurisation des voies et accès aux contenus numériques, etc.

Le programme résulte de la réflexion amorcée dans le cadre de l’Atelier de Validation du Plan national du Numérique « Horizon 2025 » qui s’est tenue à Kinshasa le 03 septembre 2019.

Grâce à cette initiative, la RDC entend accélérer sa transformation digitale, renforcer son écosystème technologique et promouvoir l’accès aux services numériques.

Par Jean Materne Zambo

Réseaux sociaux : TikTok soupçonné de promouvoir la pédopornographie, une enquête interne annoncée

[DIGITAL Business Africa] – Les jeunes utilisateurs de TikTok seraient incités à consommer de la pornographie sur le réseau social. Selon une enquête d’une ONG britannique, réalisée le 3 octobre 2025, les algorithmes de TikTok orientent les utilisateurs âgés d’au moins 13 ans vers des contenus pornographiques.

L’ONG dit avoir créé sept faux comptes d’adolescents de 13 ans. Les smartphones auraient été utilisés sans aucun historique de recherche afin de voir si l’algorithme mettait en avant des contenus pornographiques. « Dans les sept cas, nous avons été confrontés à des contenus pornos en quelques clics”, explique Lars Sellien, de l’ONG Global Witness, qui ajoute qu’on ne leur a jamais demandé de vérifier leur âge au-delà d’une auto-déclaration – ni lors de la création d’un compte, ni lorsqu’ils ont vu du contenu pornographique.

TikTok est déjà suspendu dans certains pays comme le Sénégal et la Somalie. En France, une loi de restriction du réseau social chinois est en gestation. Pour cause : plusieurs vidéos, souvent sexistes, des stripteases de femmes, des rapports sexuels avec pénétration.

Selon l’ONG, ces vidéos apparaissent dans les suggestions de TikTok même si le mode restreint, censé protéger les mineurs des contenus explicites, est enclenché.

Si certaines voix évoquent un problème de modération, l’ONG Global Witness pointe le fonctionnement même de l’algorithme de TikTok.

« Le problème, ce n’est pas qu’on puisse accéder à des vidéos porno », souligne Lars Sellien, puisque “c’est impossible de faire complètement le ménage sur un réseau social”. Selon lui, la principale difficulté, c’est que TikTok “puisse vous recommander de regarder des contenus hautement pornographiques dès vos premiers pas sur la plateforme », se plaint-elle.

Le site France Inter rassure qu’une enquête interne du réseau social chinois est ouverte. Même si l’ONG dit avoir déjà contacté le réseau social, qui a répondu : « Nous avons examiné le contenu que vous avez partagé et avons pris des mesures pour supprimer plusieurs recommandations de recherche dans le monde. »

L’ONG demande « instamment » à l’Ofcom, l’autorité de régulation de la loi sur les services en ligne, d’intervenir et d’enquêter sur TikTok afin de confirmer que les conclusions qu’elle a produites constituent une violation de la législation britannique.

Par Jean Materne Zambo, sources : Global Witness, franceinfo.fr, radiofrance.fr

Semi-conducteurs, serveurs, télécoms : l’IA tire le commerce mondial en 2025 avec 1 920 milliards de dollars d’échanges en six mois

[DIGITAL Business Africa] – Les biens liés à l’intelligence artificielle (IA) se sont imposés comme le principal moteur de la croissance du commerce mondial en 2025, confirmant que l’économie numérique repose désormais sur des flux massifs de marchandises physiques à forte valeur ajoutée. C’est l’un des principaux enseignements de la version mise à jour du 7 octobre 2025 des Perspectives du commerce mondial et statistiques publiées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Selon les économistes de l’OMC, le commerce des biens liés à l’IA – qui couvre environ une centaine de lignes de produits, allant des semi-conducteurs et processeurs aux ordinateurs finis, serveurs et équipements de télécommunications – a progressé de plus de 20 % en glissement annuel au premier semestre 2025. En valeur, ces échanges ont atteint 1 920 milliards de dollars, contre 1 610 milliards de dollars sur la même période en 2024.

À titre de comparaison, le commerce des biens non liés à l’IA n’a progressé que de moins de 4 % sur la même période. Bien que les produits liés à l’IA représentent moins d’un sixième du commerce mondial de marchandises, ils ont contribué à près de la moitié de la croissance globale des échanges, concentrant à eux seuls 43 % de la croissance du commerce mondial au premier semestre 2025.Semi-conducteurs, serveurs, télécoms : l’IA tire le commerce mondial en 2025 avec 1 920 milliards de dollars d’échanges en six mois

Ce graphique montre que la croissance du commerce mondial en 2025 est largement tirée par les biens liés à l’IA. Alors que les échanges non liés à l’IA progressent faiblement, les flux de semi-conducteurs, de serveurs et d’équipements télécoms expliquent l’essentiel de l’augmentation de la valeur du commerce mondial, confirmant le rôle structurant de l’IA dans l’économie internationale.

Une restructuration profonde du commerce mondial autour de l’IA

Pour l’OMC, ces chiffres traduisent une restructuration profonde des économies mondiales autour de l’intelligence artificielle. La dynamique observée couvre l’ensemble de la chaîne de valeur numérique : depuis le silicium brut et les gaz de spécialité, jusqu’aux machines servant à la fabrication et au test des semi-conducteurs, en passant par les serveurs et ordinateurs qui alimentent les plateformes de cloud computing et les applications d’IA à l’échelle mondiale.

Les États-Unis ont joué un rôle moteur dans l’évolution du commerce de marchandises au premier semestre 2025. Les importations ont fortement augmenté au premier trimestre, les entreprises ayant anticipé leurs achats avant des hausses tarifaires attendues. Toutefois, cet effet conjoncturel s’est estompé au deuxième trimestre, à mesure que les stocks constitués plus tôt dans l’année étaient écoulés.

Les biens liés à l’IA, en revanche, ont suivi une trajectoire plus stable. Contrairement à la volatilité observée pour d’autres produits, comme les métaux précieux ou les produits pharmaceutiques, les importations américaines de semi-conducteurs, de serveurs et d’ordinateurs finis ont continué de croître à un rythme régulier. Cette stabilité suggère que la demande en infrastructures d’IA repose avant tout sur des investissements structurels de long terme, et non uniquement sur des arbitrages de court terme liés aux politiques commerciales.

Une dynamique de plus en plus portée par les économies émergentes

Au deuxième trimestre 2025, la dynamique du commerce lié à l’IA s’est progressivement déplacée au-delà des États-Unis. Les autres économies ont représenté près de 40 % de la croissance mondiale du commerce des biens liés à l’IA, avec une montée en puissance marquée des fournisseurs asiatiques et des marchés émergents.

L’Asie a concentré près des deux tiers de la croissance mondiale du commerce des biens liés à l’IA au premier semestre 2025. L’Asie de l’Est – notamment la République de Corée, le Japon et le Taipei chinois – est restée le moteur de l’offre en semi-conducteurs et équipements de télécommunications avancés. Parallèlement, des économies d’Asie du Sud-Est comme le Viet Nam et la Thaïlande ont renforcé leur rôle, portées par la diversification des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des investissements.Semi-conducteurs, serveurs, télécoms : l’IA tire le commerce mondial en 2025 avec 1 920 milliards de dollars d’échanges en six mois

D’autres régions commencent également à s’imposer dans cette dynamique. Le Moyen-Orient a accru ses importations de serveurs et de matériels de télécommunications, en lien avec des programmes publics de transformation numérique en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. En Amérique du Sud, le Brésil et le Chili ont intensifié leurs achats d’équipements informatiques et de cloud computing. En Afrique, la croissance reste inégale mais réelle : l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte ont augmenté leurs importations d’infrastructures de télécommunications, signalant des investissements dans la connectivité comme préalable à une adoption numérique plus large.

Les mises en garde de l’OMC pour 2026

Dans leur analyse, les économistes de l’OMC soulignent toutefois que la croissance du commerce mondial devrait ralentir en 2026, sous l’effet combiné d’une économie mondiale en décélération et de la mise en place de nouveaux droits de douane. La robustesse observée en 2025 pourrait donc ne pas se prolonger au même rythme.

La Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a salué la résilience du commerce mondial en 2025, tout en appelant à la vigilance. Selon elle :

« La réponse mesurée des pays aux modifications tarifaires en général, le potentiel de croissance de l’IA et l’accroissement des échanges dans le reste du monde – en particulier parmi les économies émergentes – ont contribué à atténuer les revers du commerce en 2025. »

Elle a également mis en avant la progression du commerce entre pays du Sud. D’après l’OMC, le commerce Sud-Sud a augmenté de 8 % en valeur au premier semestre 2025, contre 6 % pour l’ensemble du commerce mondial. Le commerce Sud-Sud impliquant des partenaires autres que la Chine progresse encore plus rapidement, avec une hausse proche de 9 %.

Le rôle clé du multilatéralisme commercial

Pour Ngozi Okonjo-Iweala, cette résilience n’est pas le fruit du hasard. Elle repose en grande partie sur la stabilité offerte par le système commercial multilatéral fondé sur des règles.

« La résilience du commerce en 2025 résulte, dans une proportion non négligeable, de la stabilité fournie par le système commercial multilatéral fondé sur des règles. Toutefois, la complaisance n’est pas à l’ordre du jour. Les perturbations actuelles du système commercial mondial appellent les nations à agir pour réinventer le commerce et établir ensemble un fondement plus solide qui assure une plus grande prospérité aux populations du monde entier », a-t-elle ajouté.Semi-conducteurs, serveurs, télécoms : l’IA tire le commerce mondial en 2025 avec 1 920 milliards de dollars d’échanges en six mois

Un enjeu central pour les pays en développement

Ces évolutions confirment que le commerce mondial de demain sera de plus en plus structuré autour de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques. Pour les pays en développement, et en particulier pour l’Afrique, l’enjeu dépasse la simple consommation de technologies : il s’agit de s’insérer dans les chaînes de valeur de l’IA, de capter une part de la valeur ajoutée industrielle, mais aussi d’anticiper les implications fiscales, douanières et réglementaires de cette transformation.

Pour les décideurs africains, ces données invitent également à repenser d’urgence les politiques industrielles, douanières et fiscales afin que l’Afrique ne reste pas un simple marché d’importation des infrastructures d’IA, mais devienne un acteur de leur production, de leur assemblage et de leur régulation.

Cette lecture est pleinement partagée par la Direction générale de l’Organisation mondiale du commerce. Commentant les conclusions de l’étude, la Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a souligné que les nouvelles données commerciales confirment un basculement structurel du commerce mondial, porté par l’intelligence artificielle et l’économie numérique.

« Dans l’intérêt de la croissance, du développement et des perspectives d’emploi à l’échelle de l’ensemble des Membres de l’OMC, nous devons préserver ce qui fonctionne bien. Mais nous devons également réformer ce qui ne fonctionne pas, et repositionner notre Organisation afin de mieux aider les Membres à tirer parti des nouvelles opportunités commerciales prometteuses – en particulier dans l’économie numérique.

Les nouvelles données commerciales constituent l’un des signes les plus récents que l’intelligence artificielle n’est plus une question émergente à l’horizon : elle est désormais une réalité, avec des implications très importantes pour le commerce, comme le souligne notre Rapport sur le commerce mondial récemment publié, intitulé “Faire fonctionner ensemble le commerce et l’intelligence artificielle au bénéfice de tous”. »

À travers cette déclaration, la Directrice générale de l’OMC appelle clairement les pays membres à dépasser une approche attentiste ou défensive face à la transformation numérique du commerce mondial.

Pour elle, l’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif ou théorique, mais bien une réalité économique déjà structurante, qui impose à la fois de consolider les mécanismes du système commercial multilatéral qui fonctionnent et d’engager des réformes pour mieux accompagner les nouvelles opportunités offertes par le commerce numérique.

À l’heure où l’OMC débat de l’avenir du moratoire sur les transmissions électroniques et du cadre multilatéral du commerce numérique, les chiffres de 2025 rappellent une réalité essentielle : l’économie numérique est de plus en plus matérielle, industrielle et stratégique. Ignorer cette dimension reviendrait à passer à côté de l’un des tournants industriels, technologiques et stratégiques majeurs du commerce mondial contemporain.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Téléchargez l’étude complète de l’OMC

 

Madagascar : Le gouvernement dénonce une cyberattaque massive 

[DIGITAL Business Africa] – 10 jours que les manifestants battent le pavé dans les rues de Madagascar. Le mouvement Gen Z 212, collectif de jeunes réclamant une réforme de l’Éducation et de la Santé, ne décolère pas. Les villes d’ Antananarivo, Antsirabe, Toamasina, Mahajanga, Antsiranana, Toliara, entre autres sont prises d’assaut.

Sur les réseaux sociaux, certains passent à l’offensive à l’aide du mauvais usage des nouvelles technologies. Les manifestations  semblent avoir été infiltrées et instrumentalisées par des groupes opportunistes, des acteurs politiques et des activistes. La ministre des Affaires étrangères, Rafaravavitafika Rasata, a révélé dans un communiqué signé ce 3 octobre 2025 que Madagascar fait face à une cyberattaque massive.

Selon la membre du gouvernement, cette attaque est associée à une campagne de manipulation numérique ciblée, d’une ampleur sans précédent.

« Des preuves formelles confirment que certains acteurs ont financé des groupes de fauteurs de troubles, les incitant à piller des magasins, à saccager des biens publics et privés, et à provoquer un climat d’insurrection, notamment, dans la capitale », car les manifestations contre les coupures d’eau et d’électricité « ont rapidement été infiltrées et instrumentalisées par des groupes opportunistes, des acteurs politiques et des activistes opérant principalement sur les réseaux sociaux.

Et d’ajouter :

« Certains d’entre eux, issus de l’opposition, ont détourné le sens des manifestations pour en faire un vecteur de haine, d’incitation à la violence et d’appel à la ministre des Affaires étrangères.

Cette tentative de déstabilisation est, d’après le communiqué, exécutée à l’aide de technologies d’intelligence artificielle, aux fins de manipuler l’opinion, d’influencer les perceptions et d’exploiter la vulnérabilité d’une partie de la jeunesse malagasy.

Par Jean Materne Zambo, source : communiqué ministre des Affaires étrangères

Elon Musk devient la première personne au monde à franchir les 310 000 milliards de francs CFA de fortune

[DIGITAL Business Africa] – L’entrepreneur technologique Elon Musk vient de franchir un cap sans précédent dans l’histoire moderne : selon Forbes, sa fortune a brièvement atteint 310 000 milliards de francs CFA (soit 500 milliards de dollars US) le 01er octobre 2025. Un sommet historique qui confirme sa position de personne la plus riche du monde. En termes de comparaison, la fortune d’Elon Musk (310 000 Mds FCFA) c’est :

  • plus de 3 fois le budget annuel de l’Afrique du Sud
  • près de 100 fois le budget du Gabon
  • près de 40 fois celui du Sénégal.

Cet exploit financier est le fruit d’une combinaison de performances boursières impressionnantes de Tesla, d’une revalorisation des actifs de SpaceX et de l’essor rapide de xAI, sa startup d’intelligence artificielle.

 

Elon Musk
Elon Musk

Tesla, l’IA et le spatial : les piliers d’une fortune hors norme

La hausse de plus de 35 % de l’action Tesla depuis le dévoilement, début septembre, d’un plan de rémunération de plus de 620 000 milliards de francs CFA (équivalent à 1 000 milliards de dollars US) pour Elon Musk a été un accélérateur décisif.

Ce plan inédit vise à maintenir Musk à la tête de Tesla en le motivant par des objectifs ambitieux à long terme. Il a aussi renforcé la confiance des investisseurs dans l’avenir du constructeur, qui se repositionne désormais comme acteur majeur de l’IA et de la robotique, au-delà de son statut de constructeur automobile.

Mais ce n’est pas tout. xAI, la startup d’IA fondée par Musk, continue de faire parler d’elle. Après avoir lancé Grok, un chatbot concurrent de ChatGPT et Gemini, xAI travaille désormais sur Colossus, un supercalculateur conçu pour l’entraînement de modèles d’IA à grande échelle. L’entreprise serait actuellement valorisée à environ 124 000 milliards de francs CFA (environ 200 milliards USD).

Du côté spatial, SpaceX, déjà valorisée à plus de 248 000 milliards de francs CFA (400 milliards USD), reste le leader mondial incontesté du secteur. Entre les contrats gouvernementaux, le déploiement de satellites pour le réseau Starlink, et des lancements quasi hebdomadaires de fusées, l’entreprise est devenue un pilier de l’économie spatiale.

Un signal fort pour l’innovation technologique mondiale

L’explosion de la fortune d’Elon Musk illustre une tendance lourde : les nouvelles fortunes mondiales se bâtissent désormais sur la convergence entre technologies de rupture – intelligence artificielle, spatial, énergie propre – et valorisation boursière. Cette dynamique confirme également l’importance croissante des fondateurs dans la gouvernance des entreprises technologiques mondiales.

Classement Forbes : Elon Musk loin devant ses pairs

Il y a une semaine, la fortune d’Elon Musk était estimée à environ 309 442 milliards de francs CFA (soit 499,1 milliards USD), selon l’indice des milliardaires de Forbes. En deuxième position, Larry Ellison, fondateur d’Oracle, affichait un patrimoine estimé à environ 217 434 milliards de francs CFA (soit 350,7 milliards USD).

Et pour l’Afrique ?

Cette annonce intervient alors que de nombreux pays africains, dont le Sénégal, le Gabon, le Nigeria ou encore le Rwanda, multiplient les efforts pour stimuler l’innovation locale dans les domaines de l’IA, de la robotique et du spatial. L’ascension de Musk rappelle la nécessité pour le continent de soutenir ses talents, ses ingénieurs et ses entrepreneurs pour créer, demain, les géants technologiques africains.

Pour Digital Business Africa, c’est un signal fort envoyé à tous les écosystèmes d’innovation à travers le monde :

« l’audace technologique et la vision long terme paient. Aux décideurs africains et de comprendre le message et de soutenir dès à présent et durablement les jeunes entrepreneurs africains du secteur du numérique », affirme Beaugas Orain DJOYUM, DG de ICT Media STRATEGIES et DP de Digital Business Africa.

Par Digital Business Africa

ChatGPT, agent de footballeur, Xania Monet la chanteuse IA qui affole les compteurs

[DIGITAL Business Africa] – Demetri Mitchell trouve un nouveau départ grâce à l’IA. L’ex-joueur (D1 anglaise) annonce avoir signé un contrat avec son nouveau club Leyton Orient (D3 anglaise) grâce aux précieux conseils du bijou d’ Open AI.

« ChatGPT a été le meilleur agent que j’aie jamais eu dans ma carrière. Les commissions sont de 5 %, ChatGPT me coûte 15 £ par mois », a expliqué le joueur anglais, qui a ensuite insisté sur l’importance d’une telle économie pour des joueurs de son niveau.

En effet, Leyton Orient lui a envoyé une offre et ChatGPT a servi de conseiller dans sa négociation.

Conseils efficaces, coûts moins élevés. La décision de recourir à l’intelligence artificielle a souri à Demetri Mitchell, le nouveau pensionnaire de Leyton Orient.

Idem pour Telisha Jones, une Américaine de 31 ans, qui a créé Xania Monet, une artiste musicienne générée par l’intelligence artificielle. La « chanteuse artificielle » a déjà décroché un contrat de plusieurs millions de dollars grâce à son titre phare « How Was I Supposed To Know ? », extrait de l’album Unfolded, sorti en août 2025.

Le tube totalise près de 2 millions d’écoutes sur Spotify. Xania Monet est le fruit d’un Deepfake. Sa voix, les instruments et les arrangements ne sont que le fruit d’algorithmes. Mais, les textes sont originaux.

Pour mettre tout cela en musique, l’Américaine Telisha Jones utilise la plateforme Suno pour faire générer les morceaux selon ses indications.

La plateforme Suno, qui permet de créer de la musique grâce à une IA générative en spécifiant le style, la structure et l’ambiance, est elle-même sous le feu des critiques.

Tout y est pour que Xania Monet devienne une « serial tubeuse ». Ce qui n’est pas surtout du goût des acteurs du l’industrie musicale. Les majors Universal, Warner et Sony accusent d’ailleurs Telisha Jones d’avoir exploité illégalement leurs catalogues pour entraîner ses algorithmes.

Par Jean Materne Zambo, sources : bfmtv.com, lequipe.fr

Le Gabon passe à l’e-Gov : “Enfin un cadre légal !” – Le Ministre Doumba explique tout [Vidéo] 

[DIGITAL Business Africa] –  Le Gabon passe à la vitesse supérieure ! Le pays a franchi un cap décisif dans sa transformation digitale avec la promulgation d’une ordonnance historique sur la digitalisation, signée par le Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, et publiée au Journal Officiel n°81 du 1er au 7 septembre 2025.

Cette réforme ambitieuse introduit un cadre légal structurant pour la mise en place de l’e-Gouvernement, la modernisation des services publics et l’essor de l’économie numérique gabonaise. Le texte fixe les fondations d’un écosystème numérique moderne, inclusif et sécurisé.

Mark-Alexandre DOUMBA, Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, s’est exprimé avec enthousiasme :”Enfin ! Nous avons un cadre qui nous permet de faire l’e-Gouvernement.”

Dans une vidéo explicative exclusive, il détaille les enjeux majeurs de cette ordonnance :
https://youtube.com/shorts/VTzrnWUtT18

 

  • Elle rapproche les services publics des citoyens grâce à des processus digitalisés et plus transparents ;
  • Elle stimule l’innovation dans l’ensemble du tissu économique ;
  • Elle offre un socle juridique clair pour la gouvernance numérique et la protection des données.

Une ordonnance pour une République numérique forte

Le texte poursuit plusieurs objectifs clés :

  • Améliorer l’efficacité, la performance et la transparence de l’action publique ;
  • Renforcer la lutte contre la corruption par la traçabilité des démarches administratives ;
  • Favoriser l’équité d’accès aux services numériques dans toutes les régions du pays ;
  • Garantir la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information de l’État ;
  • Créer des emplois et soutenir l’innovation locale à travers le numérique.

 

Cinq principes fondamentaux au cœur de la réforme

  1. Universalité : accès garanti pour tous aux services numériques, sans discrimination ;
  2. Interopérabilité : fluidité et communication entre les systèmes ;
  3. Sécurité : protection des données et intégrité des infrastructures ;
  4. Inclusion numérique : réduction des inégalités technologiques, notamment pour les populations vulnérables ;
  5. Participation du secteur privé national : implication des entreprises locales dans les projets numériques de l’État.

À noter également : le principe de préférence nationale dans l’attribution des marchés publics liés à la digitalisation est désormais inscrit dans la loi. Une mesure stratégique pour renforcer les capacités nationales et promouvoir le patriotisme économique dans le secteur technologique.

Une vision portée par la plus haute autorité de l’État

Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État de faire du Gabon une nation souveraine sur le plan numérique, capable de fournir des services publics modernes et accessibles, tout en soutenant une économie innovante et compétitive.Le gouvernement, via le Ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, réaffirme son engagement à mettre en œuvre ce cadre stratégique en synergie avec les autres ministères, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.

L’impact de cette ordonnance sur l’écosystème numérique gabonais et les opportunités qu’elle ouvre pour les acteurs du digital, les start-ups, les citoyens et les partenaires sera sans doute suivi avec attention.

Par Digital Business Africa.

Côte d’Ivoire : Injure au P.R Ouatara, 1 million FCFA pour qui permet de traquer les auteurs de ce délit en ligne 

 [DIGITAL Business Africa] – La chasse aux Cyber délinquants est lancée. Toute information pouvant permettre d’identifier et d’arrêter les auteurs d’injures au président de la République S.E Alassane Ouattara vaut 1 million de FCFA. Vous l’avez bien compris ! La Direction générale de la police nationale en a fait l’annonce sur sa page Facebook ce 4 octobre 2025.

1 million de FCFA. La somme paraît alléchante pour une simple dénonciation. Mais une question demeure.

Cela peut paraître amusant.  Mais pour d’autres citoyens respectueux des institutions, le procureur de la République n’ a pas besoin de brandir cette récompense. Un internaute dit :

« Même sans la promesse du million offert, nous l’aurions aidé à mettre la main sur ces énergumènes qui se sont permis d’insulter le président de la République. Son initiative est prometteuse et très certainement dissuasive mais, pour nous autres du moins, il ne s’agit nullement d’une affaire d’argent mais d’une question de principe, d’autorité et de respect de l’État. Ce qui est en jeu ici, c’est la sauvegarde de la dignité républicaine ».

Et de regretter :

« Depuis quelque temps en effet, tel un nouveau challenge, une vague d’irrespect et d’insolence gratuite déferle sur les réseaux sociaux. Des individus mal famés, sans foi ni loi, s’érigent en justiciers virtuels, croyant que la liberté d’expression est une licence pour diffamer ou outrager. Cette dérive, si elle n’est pas contenue à temps, finira par miner la crédibilité de l’État et affaiblir le sens même de l’ordre public ».

En cas d’éléments probants, contactez le 100 (numéro gratuit), WhatsApp +225 01 70 900 600 ou la DGPN sur ses plateformes numériques (informations anonymes) .

L’article 367 de la loi n° 2019 – 579 portant code pénal prévoit une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans et à une amende de 5 à 10 millions de francs CFA, ou à l’une de ces deux peines seulement pour toute personne qui profère une injure sur un système d’information.

La législation précise  que des sanctions complémentaires, comme la privation de droits ou l’interdiction de paraître en certains lieux, peuvent aussi être prononcées.

Par Jean Materne Zambo, source : DGPN

Tchad : Airtel sur la sellette, le DG de l’ARCEP apporte des précisions

[DIGITAL Business Africa] – Suite aux appels incessants de retrait de la licence à l’opérateur Airtel Tchad, Haliki Mahamat Choua réagit. Le directeur général de l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes apporte des précisions sur les rapports de l’ agence et les opérateurs.

Premièrement, le DG de l’ARCEP convoque les dispositions des lois nᵒ 13 et 14/PR/2014 relatives aux communications électroniques. Ces lois indiquent que les contrôles de la conformité des activités des opérateurs aux obligations inscrites dans leurs cahiers des charges s’effectuent à travers : des audits techniques réguliers sur la qualité de service et de couverture ; des vérifications documentaires portant sur les investissements, les délais d’exécution, et la conformité contractuelle ; des inspections inopinées sur le terrain ; et un suivi permanent des engagements de déploiement et de modernisation des réseaux.

 

Viennent ensuite les audits. Pour la première fois de l’histoire, l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) mène le plus grand audit sur le territoire national. Ce 15ᵉ audit national de la qualité de service des réseaux mobiles sur l’ensemble du territoire. Cet exercice couvre toutes les provinces du pays et vise à disposer d’une photographie réelle et objective de la situation du réseau des différents opérateurs.

 

Les conclusions serviront de base à des décisions proportionnées, transparentes et juridiquement fondées.

Après les audits, l’ARCEP veille sur le respect des cahiers des charges. Selon le DG de l’ARCEP, les audits précédents (2023) « ont déjà relevé des insuffisances persistantes dans certaines zones rurales et périurbaines. Ces constats ont conduit l’ARCEP à adresser plusieurs mises en demeure aux opérateurs concernés, conformément à la procédure légale ».

Toutefois, il convient de rappeler que l’ARCEP agit dans un cadre légal contraignant : avant toute sanction, y compris le retrait de licence, les opérateurs disposent de droits de défense et d’un délai réglementaire pour corriger les manquements constatés. L’Autorité veille donc à conjuguer fermeté réglementaire et respect des principes de l’État de droit.

Après les audits, les mises en demeure, l’ARCEP passe à la phase répressive.

« Le retrait de licence, qui demeure une mesure ultime, ne peut intervenir qu’après épuisement des voies de recours et lorsque la défaillance d’un opérateur met gravement en péril le service public des communications électroniques ».

On en est pas loin. Les voyants sont au rouge. Devant les responsables de AIRTEL, lors d’une réunion présidée par le ministre en charge du numérique, le Dr Michel Boukar, le 29 septembre 2025, le DG de l’ARCEP avait dit que l’opérateur « AIRTEL a le réseau le plus mauvais du Tchad ». Pourtant, l’opérateur avait annoncé des investissements à hauteur de 16 milliards.

Le ministre Michel Boukar avait recommandé à l’opération de résoudre rapidement le problème de l’énergie. La compagnie devra ainsi se tourner vers des ressources énergétiques hybrides (thermique et solaire) pour permettre aux sites de transmission de fonctionner convenablement et offrir une couverture de réseau optimale.

Par Jean Materne Zambo, source: ARCEP Tchad 

Sénégal : Dakar SLUSH’D, SIPEN, les rendez-vous « show » pour consolider la souveraineté numérique

[DIGITAL Business Africa] – Une série d’évènements à venir pour consolider sa souveraineté numérique. Le plus récent c’est ce protocole d’accord signé par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, ce vendredi 3 octobre 2025.

Alioune Sall paraphé des conventions de partenariat pour porter les grands rendez-vous du numérique du 4e Trimestre 2025 et en faire des accélérateurs d’usages, d’emplois et d’investissements au service du New Deal Technologique.

Dakar SLUSH’D, l’un des rassemblements technologiques les plus emblématiques au monde, est prévu du 9 au 10 octobre 2025, au Musée des Civilisations Noires. SLUSH, réunira plus de 13 000 startups, investisseurs et acteurs du changement chaque année.

Quelques jours après, SIPEN by OPTIC fera son entrée. Le rendez-vous phare de l’économie numérique sénégalaise qui sera organisé du 16 au 17 octobre 2025 promet des activités passionnantes. Notamment des marchés B2B, des vitrines d’innovations, des rencontres internationales et les dialogues public–privé sur les politiques et achats numériques.

Le MCTN fera un détour par le Canada, où une délégation Sénégalaise prendra par au Learning Expedition Montréal du 25 octobre au 5 novembre 2025 (FESTIC, accompagnée par AKASSAA). Il sera question d’une immersion dans l’écosystème montréalais, à travers des visites de hubs et startups IA, masterclasses et networking autour de MTL Connecte (28–31 oct.) pour accélérer Femmes & TIC.

Les femmes qui feront partie des préparatifs du Salon des Algorithmes, des Technologies et de l’Innovation du Sénégal. Le SALTIS, prévu du 25 au 26 novembre 2025, se tiendra au Musée des Civilisations Noires. Au menu, des discussions sur l’ Intelligence artificielle, la qualité et équité des algorithmes, la gouvernance des données, la cybersécurité et les ateliers hands-on avec démos produits.

Juste après, le NEXTEN Summit 2025. Du 3 au 5 décembre 2025 au King Fahd Palace (Dakar) le gratin de la technologie sera réuni à Dakar pour tenter de révolutionner l’économie et la tech africaines grâce à l’IA et à la blockchain.

La boucle sera bouclée au Village planétaire olympique digital by ASED. Un Espace propice à la jeunesse, qui participera à une série d’activés exaltantes. Notamment le sport, l’e-sport, le code et les contenus XR, en lien avec la dynamique JOJ Dakar 2026.

Ces événements sont précédés par l’installation du Conseil National du Numérique (CNN). L’instance est composée de 20 experts issus du public, du privé et de la société civile. La cérémonie d’installation a été présidée par le Premier ministre, Ousmane Sonko le 2 octobre 2025. Sous l’impulsion de S.E Bassirou Diomaye Faye, presisent de la République du Sénégal, cet acte démontre à suffisance que le Sénégal veut faire du numérique un levier stratégique pour sa transformation et sa ssouveraineté.

Par Jean Materne Zambo, source : MCTN 

 

 

 

Issa Tchiroma Bakary et le pari de l’industrialisation digitale : une ambition forte, un chantier complexe à réaliser [Analyse]

[DIGITAL Business Africa] – Dans son Manifeste de Transition, le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) à l’élection présidentielle d’octobre 2025 au Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, inscrit résolument le numérique au cœur de son projet économique et industriel. L’ancien ministre de la Communication veut faire du Cameroun un pays où les technologies ne sont pas seulement un outil de consommation, mais un moteur de croissance, de compétitivité et d’inclusion sociale.

Un cap assumé vers une économie industrielle et digitale

Le projet de Tchiroma Bakary s’appuie sur une idée centrale : le développement économique durable du Cameroun dépendra d’un socle technologique solide.
En plaçant la création d’une économie industrielle et digitale parmi les trois piliers de sa réforme économique, le candidat met en avant le rôle structurant des technologies dans la modernisation des chaînes de valeur et de l’appareil productif.

L’accent mis sur le numérique traduit une vision où l’innovation et la compétitivité ne se limitent plus aux grandes villes mais doivent être diffusées dans tout le pays grâce à des zones économiques spéciales régionales et à des politiques incitatives pour les startups et les PME technologiques.

Le numérique au service de l’inclusion et de la transformation des secteurs productifs

La stratégie de Tchiroma Bakary ne se concentre pas uniquement sur les entreprises technologiques. Elle fait du numérique un levier transversal pour moderniser des secteurs aussi stratégiques que l’agriculture, l’énergie et les services financiers.

Il ambitionne de :

  • connecter l’agriculture à des solutions numériques pour accroître la productivité et l’accès aux marchés,
  • stimuler l’inclusion financière via les services digitaux,
  • accroître la transparence et l’efficacité de l’administration publique, en utilisant les TIC pour la gestion des ressources et le suivi des dépenses.

Cette approche inclusive reflète une volonté de faire du numérique un outil de développement socio-économique au-delà des métropoles et des startups urbaines.

Un programme ambitieux mais confronté à des défis structurels

Si la vision de Tchiroma Bakary est ambitieuse et pertinente dans un contexte où l’Afrique doit rattraper son retard numérique, Digital Business Africa souligne qu’elle soulève plusieurs défis critiques.

Le premier défi est financier : investir massivement dans les infrastructures numériques et énergétiques, développer des zones économiques spéciales dans chaque région et soutenir durablement les startups exigera des ressources conséquentes et une capacité d’absorption efficace des financements.

Le second défi est humain et institutionnel : la réussite de ce plan suppose non seulement un capital humain qualifié (ingénieurs, développeurs, spécialistes en cybersécurité et en IA), mais aussi une gouvernance efficace et transparente pour garantir l’usage optimal des investissements publics et privés.

L’autre faiblesse de ce Manifeste, c’est que le candidat ne dit pas comment parvenir à son ambition de digitalisation de la société camerounaise. Pour y parvenir, Digital Business Africa pense que des réformes rapides de la gouvernance numérique pour améliorer la transparence et l’efficacité de l’administration publique s’imposent. Notamment à travers la coordination plus renforcée des actions des différents départements ministériels dans la transformation digitale, la création d’un conseil national du numérique inclusif (public, privé et société civile), la création d’une agence nationale en charge de la réalisation des projets de transformation numérique des services publics ou encore la création des autres agences et institutions en charge du numérique prévues par la loi.

Enfin, le Cameroun devra relever le défi de la réduction de sa dépendance aux importations technologiques et développer localement des compétences et des solutions adaptées à ses réalités, pour que le numérique devienne réellement un moteur d’autonomie et non un vecteur supplémentaire de dépendance extérieure.

Le défi majeur : transformer la vision en politiques opérationnelles crédibles

Pour Digital Business Africa, le défi central du programme de Tchiroma Bakary réside dans sa capacité à transformer cette vision d’une économie industrielle et digitale en politiques opérationnelles concrètes et durables.

Il s’agira notamment de :

  • mobiliser des financements suffisants et attractifs pour le secteur privé et les investisseurs internationaux,
  • mettre en place un cadre fiscal et réglementaire stable et incitatif,
  • renforcer la formation et l’inclusion des jeunes et des PME dans la chaîne de valeur numérique,
  • et garantir une gouvernance transparente et efficace, capable de créer la confiance nécessaire pour que les zones économiques spéciales et les startups puissent prospérer.

La vision numérique de Tchiroma Bakary se distingue par son ambition de lier industrialisation et transformation digitale pour faire du Cameroun un acteur compétitif dans la nouvelle économie mondiale.

Mais Digital Business Africa prévient que la véritable épreuve sera la mise en œuvre : sans une mobilisation massive de ressources financières, une politique d’accompagnement des talents et une gouvernance transparente, cette ambition risque de rester un idéal séduisant difficile à concrétiser.

C’est donc sur le terrain des réformes structurelles et de l’efficacité de l’exécution que se jouera la crédibilité de ce projet.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Digital Business Africa reviendra bientôt avec une interview exclusive du candidat pour lui permettre d’expliquer plus en détail sa vision numérique et clarifier les zones d’ombre que nous avons relevées dans son programme.Issa Tchiroma Bakary mise sur l’économie numérique pour propulser le Cameroun dans la modernité

Lire le programme intégral du candidat

Cet article fait partie du Dossier spécial Présidentielle 2025 au Cameroun de Digital Business Africa. Notre rédaction suit de près la campagne électorale et analyse les programmes des différents candidats, notamment leurs propositions en matière de numérique, d’économie digitale, de cybersécurité et d’inclusion technologique. Ce dossier vise à offrir aux citoyens, aux entrepreneurs et aux acteurs du numérique des informations fiables et comparatives pour comprendre les visions qui pourraient transformer le Cameroun.

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Issa Tchiroma Bakary mise sur l’économie numérique pour propulser le Cameroun dans la modernité

[DIGITAL Business Africa] – Dans son Manifeste de Transition, le candidat à l’élection présidentielle 2025, Issa Tchiroma Bakary, 79 ans, candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), place le numérique au cœur de son projet économique. L’ancien ministre de la Communication veut transformer le Cameroun en un pays où les technologies deviennent un moteur de croissance, de compétitivité et d’inclusion sociale.

Son programme se décline autour de deux priorités claires : jeter les bases d’une économie industrielle et digitale et développer l’économie numérique pour soutenir les startups technologiques.

Un pilier de sa vision : « Jeter les bases d’une économie industrielle et digitale »

Dans la section consacrée aux réformes structurelles de l’économie, le manifeste identifie trois grands axes :

  1. Renforcer la souveraineté économique,
  2. Jeter les bases d’une économie industrielle et digitale,
  3. Assurer une meilleure répartition des fruits de la croissance.

Cette articulation traduit la conviction du candidat que le Cameroun ne pourra s’inscrire durablement dans le développement sans un socle technologique solide. Le numérique n’est plus envisagé comme un simple secteur d’activité, mais comme un levier pour transformer les chaînes de valeur et moderniser l’appareil productif.

« Nous voulons faire du Cameroun une économie industrielle et digitale, capable de créer des emplois, de stimuler l’innovation et de garantir l’inclusion des citoyens », peut-on lire dans le manifeste.

Soutenir les startups et structurer l’écosystème numérique

La mise en œuvre de cette vision passe par plusieurs mesures phares annoncées dans le programme :

  • Développer l’économie numérique et soutenir les startups technologiques, avec des politiques incitatives et un accompagnement public.
  • Créer des zones économiques spéciales dans chaque région pour favoriser l’investissement dans les secteurs innovants, dont le numérique.
  • Réviser la fiscalité pour encourager l’investissement privé et le développement d’entreprises locales engagées dans les technologies (Made in Cameroon).
  • Investir massivement dans les infrastructures et dans l’énergie pour soutenir une économie moderne connectée.

Ces mesures visent à donner aux jeunes entrepreneurs camerounais un environnement propice pour innover et concurrencer les acteurs étrangers dans le domaine technologique.

Un numérique au service du développement inclusif

L’ambition de Tchiroma Bakary ne se limite pas aux entreprises technologiques. Son programme fait du numérique un outil transversal pour moderniser les secteurs agricoles, industriels et financiers.

Le candidat mise notamment sur l’utilisation des TIC pour :

  • Améliorer la productivité agricole et l’accès aux marchés,
  • Développer des services financiers digitaux inclusifs,
  • Accroître la transparence dans les services publics et la gestion des ressources.

Les quatre leviers numériques du Manifeste de Transition

  1. Investir massivement dans l’agriculture moderne, l’énergie et l’industrie locale, en les reliant à des solutions numériques.
    2. Créer des zones économiques spéciales dans chaque région pour encourager l’innovation et la production locale.
    3. Développer l’économie numérique et soutenir les startups technologiques pour dynamiser l’emploi et la compétitivité.
    4. Réviser la fiscalité afin d’encourager l’investissement privé et le Made in Cameroon.

Une vision à tester dans la mise en œuvre

Si le programme de Tchiroma Bakary présente des intentions ambitieuses pour faire du numérique un catalyseur de croissance, son succès dépendra de la capacité à mobiliser des ressources financières, à renforcer le capital humain et à garantir la gouvernance transparente des investissements.

L’enjeu est de taille : permettre au Cameroun de réduire sa dépendance aux importations technologiques et de devenir un acteur compétitif dans la nouvelle économie mondiale.

Par Beaugas Orain DJOYUM

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[DIGITAL Business Africa] – La candidature d’Hiram Samuel Iyodi, investi par le Front pour le Développement du Cameroun (FDC), se distingue par sa volonté de rompre avec les paradigmes traditionnels. À travers son idéologie de l’Afro-Socio-Libéralisme, il défend un modèle fondé sur la prospérité partagée, le patriotisme économique et l’innovation numérique.

Son programme, contenu dans le Mémorandum sur le projet de société 2025-2050, fait du numérique et de la réforme monétaire les leviers essentiels pour transformer le Cameroun et l’inscrire dans une dynamique panafricaine d’intégration économique et technologique.

Points forts : une vision intégrée, moderne et panafricaine

  1. Une cohérence idéologique et stratégique.
    L’Afro-Socio-Libéralisme d’Iyodi place le numérique et l’innovation au cœur de la compétitivité nationale et du progrès social, avec une volonté d’articuler la souveraineté économique, l’inclusion sociale et le développement technologique.
  2. Un focus sur la jeunesse et l’entrepreneuriat.
    Les propositions de défiscaliser les startups créées par des jeunes et de déployer des incubateurs régionaux et des hubs technologiques dans les principales cités universitaires traduisent une vision axée sur l’emploi et le dynamisme entrepreneurial.
  3. Un patriotisme économique concret.
    La création d’un fonds stratégique de garantie, les politiques de contenu local et le soutien au Made in Cameroun visent à renforcer le tissu industriel et numérique local.
  4. Une ambition panafricaine audacieuse.
    La réforme du franc CFA et le lancement d’une monnaie digitale panafricaine symbolisent la volonté de briser la dépendance monétaire et de stimuler les échanges intra-africains, tout en utilisant le digital pour élargir l’inclusion financière.

Points faibles : des ambitions confrontées aux contraintes du réel

Malgré sa vision séduisante, le programme d’Iyodi se heurte à d’importants défis structurels.

  1. Complexité de la réforme monétaire et de la monnaie digitale.
    Le projet d’une monnaie digitale panafricaine soulève de multiples défis :
  • Il nécessite d’abord une intégration monétaire africaine préalable, qui reste embryonnaire.
  • L’exemple du e-Naira au Nigeria montre qu’un lancement isolé d’une monnaie digitale de banque centrale (MNBC) rencontre des obstacles majeurs : adoption lente, réticence des citoyens, faible interopérabilité avec les systèmes financiers traditionnels.
  • Dans la zone CEMAC, le projet d’e-CFA porté par la BEAC a disparu. Plus de traces du Groupe de travail de 11 personnes créé par la Décision du gouverneur ABBAS TOLLI N° 144/GR/2023 du 13 septembre 2023 portant création de ce groupe de personnes chargées d’effectuer, en étroite collaboration avec le FMI, le suivi et la mise en place des travaux relatifs à la réflexion sur une monnaie numérique de la BEAC. Ce qui illustre les lenteurs institutionnelles et les débats sur la souveraineté monétaire entre États membres.

Cela souligne que sans convergence politique et économique régionale, le projet panafricain d’Iyodi risque de rester une aspiration difficile à concrétiser.

  1. Incertitudes sur la faisabilité financière.
    La création d’incubateurs, le soutien fiscal aux startups, le développement d’infrastructures numériques et le lancement d’une monnaie digitale exigeront des investissements massifs et durables, dans un contexte où les marges budgétaires sont limitées.
  2. Faiblesses institutionnelles et gouvernance.
    Le succès d’un tel programme suppose un État agile et des institutions solides. Or, le Cameroun reste marqué par des lenteurs administratives, un déficit de coordination entre ministères et une gouvernance numérique encore embryonnaire.
  3. Capital humain insuffisant.
    Bien que le programme insiste sur l’innovation, il ne détaille pas de stratégie de formation massive pour doter le pays des ingénieurs, experts en cybersécurité et data scientists indispensables à l’essor du numérique.

Le défi majeur : concrétiser la souveraineté numérique et monétaire

Le principal défi pour Iyodi sera de traduire une vision panafricaine ambitieuse en politiques publiques pragmatiques et en actions coordonnées à l’échelle nationale et régionale.

Cela suppose :

  • de mobiliser des ressources financières conséquentes, publiques et privées ;
  • de renforcer les capacités institutionnelles et réglementaires, notamment pour soutenir les startups et encadrer la future monnaie digitale ;
  • de former massivement les talents locaux pour accompagner la transition numérique ;
  • et de fédérer les États de la CEMAC et de l’Union africaine autour d’une réforme monétaire commune, préalable à l’introduction d’une monnaie digitale panafricaine crédible.

Sans ces préalables, le risque est grand que le projet se limite à une vision inspirante mais difficilement applicable à court terme.

Une vision audacieuse à confronter aux réalités

Pour Digital Business Africa, la candidature d’Hiram Samuel Iyodi séduit par son ancrage panafricain et sa volonté de souveraineté technologique et monétaire, qui rompent avec les schémas traditionnels. Elle reflète une nouvelle génération politique prête à innover pour l’émancipation économique du Cameroun et du continent.

Cependant, la complexité de la réforme monétaire – illustrée par les difficultés du e-Naira au Nigeria et le blocage du projet e-CFA de la BEAC – ainsi que les contraintes budgétaires et institutionnelles, constituent des obstacles majeurs.

Le succès de cette vision dépendra d’un leadership capable de bâtir la confiance des citoyens, des partenaires africains et des investisseurs et d’orchestrer des réformes coordonnées entre gouvernements, secteur privé et institutions régionales.

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