[DIGITAL Business Africa] – La Direction Générale des Impôts (DGI) du Cameroun annonce un changement important des procédures d’enregistrement relatives à la commande publique. À travers un visuel de sensibilisation publié sur ses plateformes numériques, l’administration fiscale informe qu’à compter du 11 mai 2026, les usagers devront recourir à une nouvelle plateforme dédiée pour obtenir leurs attestations d’enregistrement en ligne.
Le portail registrations.dgi.cm devient ainsi la nouvelle interface numérique destinée aux opérations d’enregistrement de la commande publique.

Un changement de plateforme pour les opérateurs économiques
Contrairement à une simple digitalisation du service, cette annonce marque surtout une migration vers une nouvelle plateforme numérique. Jusqu’ici, les opérations d’enregistrement de la commande publique étaient déjà effectuées en ligne via la plateforme Harmony 2, utilisée par de nombreux opérateurs économiques et administrations dans le cadre des procédures liées aux marchés publics.
Avec registrations.dgi.cm, la DGI introduit donc un nouvel environnement numérique censé prendre le relais pour les démarches d’enregistrement fiscal liées à la commande publique.
Cette transition intervient dans un contexte plus large de la refonte du système fiscal numérique camerounais. Pour rappel, le ministère des Finances a récemment attribué un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA au consortium ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun) pour le développement du futur Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).
Ce futur dispositif stratégique est appelé à remplacer progressivement plusieurs plateformes actuellement utilisées par l’administration fiscale camerounaise, notamment FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing, ainsi que certains systèmes de télédéclaration des DSF.
L’objectif affiché par les autorités est d’unifier et de moderniser l’ensemble de l’écosystème fiscal autour d’un système intégré, plus centralisé, automatisé et interconnecté.
Dans ce contexte, le lancement de registrations.dgi.cm apparaît comme l’un des premiers mouvements visibles de la réorganisation progressive des services numériques opérée par la DGI avant l’arrivée du futur SIGIT.
Comment procéder ?
Selon les éléments communiqués par la DGI, la procédure s’effectuera principalement en trois étapes :
- Se connecter à la nouvelle plateforme
Les opérateurs économiques devront accéder au portail registrations.dgi.cm à partir d’un ordinateur ou d’un smartphone connecté à internet. - Suivre les instructions de traitement
La plateforme guidera ensuite les utilisateurs dans la saisie des informations et le dépôt des éléments nécessaires au traitement du dossier d’enregistrement. - Obtenir l’attestation d’enregistrement
Après validation de la procédure, l’attestation pourra être obtenue directement en ligne.
Une transition importante pour les acteurs des marchés publics
Pour les entreprises habituées à Harmony, cette transition impliquera probablement une phase d’adaptation aux nouvelles procédures, aux interfaces et aux mécanismes de traitement mis en place par la DGI.
L’enjeu sera notamment d’assurer une continuité fluide des opérations administratives, en particulier pour les entreprises engagées dans les marchés publics, où les délais d’enregistrement peuvent avoir un impact direct sur l’exécution des contrats.
Un exemple concret de l’e-gouvernance en construction
Au-delà du simple changement de plateforme, cette évolution illustre plus largement l’accélération de la transformation numérique des services publics au Cameroun. La digitalisation des procédures fiscales, des paiements électroniques et, désormais, des opérations liées à la commande publique traduit une volonté croissante de moderniser l’administration, de réduire les lourdeurs bureaucratiques et d’améliorer les interactions avec les usagers.
Ces enjeux seront justement au cœur du Salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».
Coorganisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa et placé sous le haut patronage du Minpostel, cet événement panafricain vise à réunir les administrations publiques, les entreprises technologiques, les institutions financières, les startups et les partenaires internationaux autour des défis de la transformation numérique de l’État.
La modernisation engagée par la DGI à travers les plateformes fiscales numériques pourrait ainsi constituer l’un des cas concrets de transformation administrative susceptibles d’alimenter les discussions sur l’avenir des services publics numériques en Afrique.
Vers une consolidation des services fiscaux numériques
Depuis plusieurs années, la DGI accélère l’intégration des outils numériques dans ses services : télédéclarations, paiements électroniques via Tresor Pay, Mobile Money, OTP/OTM, plateformes CFLP ou encore systèmes de gestion des marchés publics.
Avec registrations.dgi.cm et le futur SIGIT en préparation, l’administration fiscale camerounaise poursuit ainsi la restructuration de son architecture numérique afin de centraliser davantage les procédures, fluidifier les interactions avec les contribuables et améliorer la gestion des recettes publiques.
Par Digital Business Africa








