[DIGITAL Business Africa] – Nommé ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire le 23 janvier 2026 par le président Alassane Ouattara au sein du gouvernement dirigé par Robert Beugré Mambé, Djibril Ouattara a publié, le 6 mai 2026 sur Facebook, un message marquant le cap symbolique de ses 100 premiers jours à la tête du département ministériel.
Dans cette publication largement relayée sur les réseaux sociaux, le ministre affiche une méthode qu’il veut pragmatique : écouter avant d’agir, comprendre avant de promettre. « Il y a ceux qui annoncent. Et ceux qui construisent. J’ai choisi de construire », écrit-il, insistant sur la nécessité de privilégier des actions concrètes plutôt que des effets d’annonce.
Une posture qui traduit la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer la transformation numérique du pays dans un contexte africain marqué par une compétition croissante autour des infrastructures numériques, de l’innovation et de l’intelligence artificielle.
Cent jours après sa prise de fonction à la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire dresse le bilan de ses premiers mois aux commandes du secteur numérique ivoirien et esquisse les grandes priorités qui devraient guider l’action publique dans les prochaines années.
Dans un ton sobre et orienté résultats, Djibril Ouattara affirme avoir privilégié l’immersion au sein des principales structures de l’écosystème numérique ivoirien depuis son arrivée au gouvernement. Il cite notamment des séances de travail avec plusieurs institutions stratégiques telles que l’ARTCI, la SNDI, l’ANSUT, l’ANSSI, l’AIGF, l’ESATIC, l’VITIB ou encore La Poste de Côte d’Ivoire.
Sept priorités stratégiques pour accélérer la transformation numérique
Le ministre structure désormais son action autour de sept piliers qu’il considère comme essentiels pour bâtir une économie numérique plus compétitive et inclusive en Côte d’Ivoire.
Le premier concerne le renforcement de la connectivité. Dans un pays où l’accès au haut débit demeure encore inégal selon les territoires, l’enjeu consiste à étendre davantage les infrastructures numériques et améliorer l’accès des populations aux services numériques.
La deuxième priorité porte sur l’accélération de la digitalisation des services publics. Cette orientation rejoint une dynamique observée dans plusieurs pays africains cherchant à moderniser l’administration publique afin de réduire les lenteurs bureaucratiques, améliorer la transparence et rapprocher les services des citoyens.
Le soutien à l’innovation et aux startups figure également parmi les axes stratégiques annoncés. La Côte d’Ivoire ambitionne depuis plusieurs années de renforcer son attractivité pour les entrepreneurs technologiques et les investisseurs du numérique, notamment à travers des structures comme le VITIB ou des programmes dédiés à l’innovation.
Autre chantier prioritaire : la cybersécurité. Face à la montée des cybermenaces sur le continent, le gouvernement ivoirien entend renforcer la résilience de ses systèmes d’information et protéger davantage les données des institutions, des entreprises et des citoyens.
Le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales apparaît aussi comme un signal fort. Alors que plusieurs pays africains commencent à élaborer leurs stratégies nationales en matière d’IA, la Côte d’Ivoire semble vouloir éviter une simple consommation passive des technologies étrangères pour promouvoir des usages répondant aux besoins locaux.
La modernisation des services postaux fait également partie des ambitions affichées. Dans plusieurs pays africains, les postes publiques cherchent aujourd’hui à se repositionner comme acteurs de services financiers, logistiques et numériques.
Enfin, le renforcement des compétences numériques est présenté comme un levier indispensable pour accompagner la transformation du pays. La question de la formation demeure en effet centrale dans un contexte où les besoins en talents numériques augmentent rapidement sur le continent.
Une stratégie de proximité numérique à travers les réseaux sociaux
Au-delà des réformes institutionnelles et des projets structurants, Djibril Ouattara mise également sur une communication de proximité pour accompagner la transformation numérique ivoirienne. Le ministre est désormais actif sur plusieurs plateformes sociales, notamment Facebook, Instagram , Tiktok, LinkedIn et X.
« Le numérique se construit aussi dans la proximité », souligne la communication autour de cette présence digitale renforcée. À travers ces plateformes, le ministre entend partager plus régulièrement les actions engagées, les projets en cours et les ambitions numériques de la Côte d’Ivoire, tout en favorisant les échanges avec les citoyens, les jeunes, les startups et les professionnels du secteur.
Cette approche traduit une évolution des pratiques de communication publique en Afrique, où les responsables gouvernementaux utilisent de plus en plus les réseaux sociaux comme outils de transparence, de pédagogie et de mobilisation autour des politiques publiques numériques.
Une approche inspirée du secteur privé
Fort de ses 35 années d’expérience dans le secteur privé, Djibril Ouattara défend une approche fondée sur « la méthode, le travail et une vision claire ». Une manière de souligner son attachement à une gouvernance orientée performance et exécution.
Cette communication intervient également dans un contexte où plusieurs gouvernements africains cherchent à accélérer leurs politiques de transformation numérique afin de stimuler la croissance économique, attirer les investissements et améliorer l’efficacité des services publics.
En ouvrant le débat sur Facebook autour des priorités numériques de la Côte d’Ivoire, le ministre semble aussi vouloir instaurer une relation plus directe avec les citoyens et les acteurs de l’écosystème technologique.
Au-delà du bilan des « 100 jours », cette sortie publique donne surtout un aperçu des grands chantiers numériques qui devraient marquer les prochaines années en Côte d’Ivoire.
Une dynamique qui résonne avec les débats continentaux autour de l’e-gouvernance, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la souveraineté numérique, autant de thématiques qui seront également au cœur du salon E-Gov’A 2026, prévu à Yaoundé au Cameroun du 14 au 16 octobre 2026 autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».
Par Digital Business Africa









