spot_img

Tahiry Rakotoheriniana : « Le citoyen doit avoir confiance en la plateforme qui traite sa demande »

[Digital Business Africa] – Dématérialiser les services publics ne suffit pas : encore faut-il que les citoyens puissent leur faire confiance . C’est le message défendu par Tahiry Rakotoheriniana, représentante de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour l’Afrique centrale et Madagascar, lors du panel d’EGOVA 2026 consacré à l’encadrement de l’intelligence artificielle et de la dématérialisation.
Pour résumer l’ambition d’un État numérique sans espèces , sans papier et sans carte SIM , l’intervenante propose d’ajouter un quatrième impératif : « Trusted », c’est-à-dire la confiance .
« Un citoyen ne renonce au guichet normal que s’il a confiance dans la plateforme qui traite sa demande, dans l’algorithme qui l’oriente et dans l’usage qui est fait de ses données », explique-t-elle. Cette confiance, selon elle, ne peut être spontanée. Elle doit reposer sur des garanties éthiques, juridiques et techniques , capables de protéger les usagers et de responsabiliser les acteurs de la transformation numérique.
Face à la multiplication des services numériques, Tahiry Rakotoheriniana appelle à repenser les méthodes de régulation .
Télécommunications , paiements mobiles , identité numérique , protection des données et cybersécurité sont désormais étroitement liés. Une approche fragmentée risque donc de freiner le développement de services publics intégrés et sécurisés.
« Aucune autorité ne peut seule encadrer l’intelligence artificielle ou bien la dématérialisation sans la collaboration », insiste-t-elle.
Elle préconise une gouvernance collaborative associant administrations, régulateurs, secteur privé , universités et société civile . Cette coopération pourrait se traduire par des protocoles d’accord entre ministères, des consultations publiques et une meilleure coordination des politiques relatives aux données.
Parmi les mécanismes à privilégier figure le bac à sable réglementaire (regulatory sandbox), qui permet de tester des solutions d’intelligence artificielle ou des services dématérialisés en conditions réelles, sous la supervision du régulateur et avec des garanties définies à l’avance.
« Ce n’est pas une zone sans règles […] mais un instrument de régulation », précise-t-elle. L’enjeu est d’expérimenter avant de généraliser , d’identifier les risques et de disposer d’éléments concrets pour adapter les règles. Une démarche qui pourrait également être envisagée à l’échelle sous-régionale en Afrique centrale .
L’autre priorité concerne la qualité et la maîtrise des données . Pour la représentante de l’UIT, l’intelligence artificielle appliquée aux services publics dépend directement de la fiabilité des informations mises à sa disposition. Or, un même citoyen peut être enregistré dans plusieurs bases administratives avec des identifiants différents, compliquant les échanges et la cohérence des décisions.
L’interopérabilité doit donc être pensée au-delà des seuls outils techniques . Elle suppose des règles juridiques compatibles, des définitions communes et des accords clairs sur le partage des informations.
« L’interopérabilité est juridique et sémantique avant d’être technique », souligne-t-elle. Elle met en garde contre les investissements technologiques qui ne s’accompagnent pas d’un travail préalable sur les données : « Acheter une plateforme d’échange sans dictionnaire de données ni accord de partage, c’est poser un tuyau dans lequel rien d’intelligible ne circule. »
Tahiry Rakotoheriniana rappelle ainsi que l’État numérique ne se construira pas uniquement à coups de plateformes et d’algorithmes. La confiance des citoyens , la gouvernance des données et la coopération entre les acteurs seront déterminantes pour faire de la dématérialisation un progrès concret, sécurisé et durable.
Par: Digital Business Africa
spot_img

Avez-vous aimé ce texte? Vous aimerez sans doute bien d'autres. Rejoignez notre canal Telegram et notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer de nos infos stratégiques et de nos exclusivités. Aussi, merci de nous laisser un petit commentaire au bas de cet article.

Vous souhaitez nous envoyer une info ou vous souhaitez publier une info sur Digital Business Africa ? Ecrivez-nous via mail [email protected] ou encore via WhatsApp +237 674 61 01 68

Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

Bonne navigation !

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Agenda des events sur le numérique et les TIC

E-GOV’A Hackathon 2026 : la date limite des inscriptions repoussée au 12 octobre

Afin de permettre à davantage d’universités, d’établissements supérieurs et...

E-GOV’A 2026 : Yaoundé veut rapprocher administrations, entreprises et innovateurs africains autour de l’e-gouvernance

– Sortir d’une digitalisation fragmentée, favoriser l’interopérabilité entre...

Cameroun / Concours de la police 2026 : plus que trois jours pour postuler sur www.concours-dgsn.cm

– Les candidats aux concours d’élèves-commissaires et d’élèves-officiers...

Régulation

PUBLICITE

spot_img

Articles similaires

Catégories populaires

spot_imgspot_img