Les participants d’E-GOV’A 2026 recommandent des administrations plus interopérables, des services publics sans espèces ni papier, l’hébergement local des données critiques et la création d’un Observatoire de l’e-Gov et de l’IA en Afrique.
Yaoundé, 17 octobre 2026 – Réunis au Palais des Congrès de Yaoundé à l’occasion d’E-Gov’A 2026 (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), les représentants des administrations publiques, des institutions, des entreprises, des universités, des startups, des organisations professionnelles et des partenaires de la transformation numérique ont formulé des propositions et des recommandations, qui ont été rassemblées dans la Déclaration de Yaoundé sur l’e-Gouvernance et l’Intelligence artificielle en Afrique.
La Déclaration propose une feuille de route commune pour accélérer la digitalisation des services publics africains tout en renforçant la souveraineté numérique, la cybersécurité, l’interopérabilité et la confiance des citoyens.
Elle s’inspire des discussions des panels d’E-Gov’A 2026, mais aussi, et surtout, des orientations de l’Union africaine, du Pacte numérique mondial des Nations unies, des initiatives de Smart Africa, des travaux de l’Union internationale des télécommunications et des dispositions pertinentes du Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf.
Mettre le citoyen au centre de la transformation numérique
La Déclaration rappelle que la digitalisation de l’administration ne doit pas se limiter à la création de nouvelles plateformes.
Elle doit produire des résultats concrets pour les citoyens : moins de déplacements, moins de files d’attente, des délais plus courts, des procédures plus simples et des services accessibles à distance.
Elle encourage également le principe « Once Only » : lorsqu’une administration détient déjà légalement une information, le citoyen ne devrait pas avoir à la fournir de nouveau à une autre administration lorsque les conditions juridiques et techniques permettent son échange sécurisé.
L’ambition portée par E-Gov’A reste celle des services publics : « Sans cash. Sans papier. Sans rupture. »
Interopérabilité, IA responsable et infrastructures publiques numériques
La Déclaration appelle les administrations africaines à sortir progressivement de la logique des plateformes isolées.
Elle recommande le développement d’infrastructures numériques publiques communes, notamment autour de l’identité numérique, des paiements électroniques, des registres publics, de la signature électronique et des plateformes sécurisées d’échange de données.
L’intelligence artificielle est également appelée à jouer un rôle croissant dans l’amélioration des services publics, notamment dans la santé, l’éducation, la fiscalité, la protection sociale, l’agriculture, l’état civil et la gestion documentaire.
Son utilisation doit cependant respecter des exigences de transparence, de sécurité, d’équité, de responsabilité et de supervision humaine.
Pour le Pr Jean Philippe Nguemeta, directeur scientifique d’E-Gov’A 2026, la transformation numérique doit désormais franchir une nouvelle étape :
« L’enjeu n’est plus seulement de multiplier les plateformes numériques. Nous devons construire des administrations capables d’échanger des données de manière sécurisée, d’interopérer et d’utiliser intelligemment les technologies émergentes. L’IA n’aura un véritable impact sur l’administration africaine que si elle repose sur des infrastructures solides, des données de qualité et une gouvernance responsable. »
« Local First, African First » pour les données publiques
La souveraineté numérique occupe une place importante dans la Déclaration de Yaoundé.
Les États africains sont encouragés à développer davantage de centres de données, de capacités cloud et d’infrastructures de calcul sur le continent.
La Déclaration introduit le principe :
« Local First, African First »
L’hébergement des données des administrations publiques doit être prioritairement effectué sur le territoire national. Lorsque les capacités nationales ne sont pas suffisantes et que la nature des informations le permet, une infrastructure située dans un autre pays africain doit être privilégiée par rapport à un hébergement hors du continent africain.
Pour les données publiques classifiées critiques ou souveraines, la Déclaration fixe pour ambition de tendre vers 100 % d’hébergement local à l’horizon 2030.
Mieux informer les citoyens sur les projets numériques
La Déclaration fait également de la communication publique une composante de la transformation numérique.
Les administrations sont encouragées à informer clairement les citoyens des services disponibles, des procédures, des coûts officiels, des délais et des mécanismes d’assistance.
Elles sont également appelées à communiquer davantage sur les résultats de leurs projets : nombre d’utilisateurs, délais de traitement, taux de disponibilité, économies générées et satisfaction des usagers.
La philosophie proposée est résumée en quatre verbes :
Informer. Expliquer. Écouter. Améliorer.
La Déclaration recommande parallèlement une plus grande ouverture des données publiques non sensibles et encourage le principe :
« Open by Default, Protected when Necessary ».
Un Observatoire pour assurer le suivi
Afin que les engagements pris à Yaoundé ne restent pas de simples déclarations d’intention, le texte prévoit la création de l’Observatoire de l’e-Gov et de l’IA en Afrique.
L’Observatoire aura notamment pour missions de suivre les politiques et les projets de transformation numérique, de documenter les bonnes pratiques, de favoriser les échanges entre administrations africaines et de mesurer les progrès accomplis.
Sa présidence sera assurée, sur une base tournante, pour un mandat d’un an, par un ministre d’un État africain en charge d’un portefeuille lié au numérique, à l’e-Gouvernement, aux télécommunications, à l’innovation ou à l’intelligence artificielle.
Le Secrétariat permanent sera assuré conjointement par Smart Click Africa et Digital Business Africa.
L’Observatoire développera quatre principaux instruments :
- un Baromètre africain de l’e-Gov et de l’IA ;
- un Rapport annuel sur l’e-Gov et l’IA en Afrique ;
- une Banque africaine des bonnes pratiques e-Gov ;
- une Cartographie africaine de l’e-Gouvernement.
Chaque gouvernement, administration ou organisation adhérant à la Déclaration sera par ailleurs encouragé à retenir jusqu’à trois engagements concrets et mesurables à faire progresser avant la prochaine édition d’E-Gov’A.
« Transformer les bonnes pratiques isolées en acquis collectifs »
Pour Beaugas Orain DJOYUM, président du Comité d’organisation d’E-Gov’A 2026 et président de Smart Click Africa, l’objectif est précisément de faire vivre cette Déclaration au-delà du sommet :
« Nous ne voulons pas que la Déclaration de Yaoundé soit un texte de plus, adopté à la fin d’une conférence et oublié quelques semaines plus tard. L’Observatoire doit permettre de mesurer, de documenter et de partager les progrès. Si une administration africaine développe une solution qui fonctionne, cette expérience doit pouvoir être connue, étudiée et adaptée ailleurs sur le continent. Notre ambition est de transformer les bonnes pratiques isolées en acquis collectifs pour l’Afrique. »
Pour les promoteurs d’E-Gov’A, cette dynamique doit progressivement contribuer à construire un espace africain de confiance numérique, où les administrations peuvent interopérer, les paiements circuler, les documents électroniques être reconnus et les citoyens accéder plus facilement aux services publics.
Mesurer. Partager. Répliquer. Transformer.
Héberger. Protéger. Maîtriser.
Sans cash. Sans papier. Sans rupture.

À PROPOS D’E-GOV’A
E-Gov’A (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards) est une plateforme africaine consacrée à l’e-Gouvernance, à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique des services publics.
L’édition 2026 s’est tenue du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, sur le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless. »
E-Gov’A a réuni administrations publiques, décideurs, entreprises technologiques, startups, institutions africaines et internationales, chercheurs et partenaires au développement autour des enjeux de digitalisation de l’État, d’interopérabilité, de cybersécurité, d’identité numérique, de paiements numériques, de connectivité et d’intelligence artificielle.
La déclaration de Yaoundé sur l’e-Gov et l’IA en Afrique disponible sur www.e-gov.africa
À PROPOS DE SMART CLICK AFRICA
Smart Click Africa est une association panafricaine engagée à promouvoir la transformation numérique, l’innovation et le développement des usages du numérique en Afrique.
Elle œuvre notamment à la sensibilisation, au partage d’expériences, à la mise en réseau des acteurs publics et privés, ainsi qu’à la promotion de solutions numériques susceptibles d’améliorer les services rendus aux citoyens et de contribuer au développement du continent.
Smart Click Africa est co-organisatrice d’E-Gov’A et assurera, avec Digital Business Africa, le Secrétariat permanent de l’Observatoire de l’e-Gov et de l’IA en Afrique.
| À PROPOS DE DIGITAL BUSINESS AFRICA |
Digital Business Africa est un média panafricain spécialisé dans l’économie numérique, les télécommunications, l’e-Gouvernance, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les technologies financières et les politiques publiques numériques.
À travers ses publications, analyses, interviews et événements, Digital Business Africa suit et documente les grandes transformations technologiques du continent ainsi que les initiatives des États, des entreprises et des institutions qui façonnent l’économie numérique africaine.
Digital Business Africa, qui célèbre cette année ses 15 ans d’existence, est co-organisateur d’E-Gov’A et assurera, conjointement avec Smart Click Africa, le Secrétariat permanent de l’Observatoire de l’e-Gov et de l’IA en Afrique.
Contacts presse : Assongmo NECDEM : 699 55 77 88 / Mail : [email protected]









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