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Renseignement économique : « Les services étrangers sont dans vos boîtes mail tous les jours », alerte le diplomate Owona Wolfgang Fernand Jr.

[DIGITAL Business Africa] – L’information constitue aujourd’hui l’une des ressources les plus stratégiques dans les rapports de puissance entre États. C’est l’un des principaux enseignements tirés de l’intervention du Dr Owona Wolfgang Fernand Jr., PhD, diplomate et sous-directeur Afrique centrale à la Direction des Affaires d’Afrique du ministère des Relations extérieures (MINREX), lors de la 9e Journée africaine de l’intelligence économique, coorganisée le 29 mai 2026 à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) à Yaoundé par le Cavie et IE237.

Placée sous le thème « Le pouvoir de l’information stratégique », cette rencontre visait à réfléchir aux moyens de transformer l’information en un levier de croissance, de compétitivité et de souveraineté pour le Cameroun et l’Afrique.

L’information, une ressource stratégique pour les États

Pour le diplomate camerounais, la quête de l’information constitue une mission permanente des États.

« Quand on est en diplomatie, la recherche d’information se fait en tout temps et en tout lieu », a-t-il déclaré devant les participants.

Selon lui, les échanges officiels ne représentent qu’une partie du travail diplomatique. Les rencontres informelles, les discussions de couloir, les déjeuners de travail ou encore les réceptions protocolaires permettent souvent d’obtenir des informations précieuses pour comprendre les dynamiques politiques, économiques et géostratégiques.

« Une information obtenue au cours d’un dîner dépasse parfois le travail accompli par une dizaine ou une vingtaine d’agents sur le terrain », a-t-il illustré.

Les réseaux humains comme outils d’influence

Au cours de son exposé, le représentant du MINREX a également insisté sur le rôle du capital humain dans la diplomatie moderne.

« Les jolies dames, les beaux hommes, rassurez-vous, sont des ressources mobilisables sur le plan diplomatique. Parfois, on ne vous nomme pas pour votre profil technique et intellectuel… Parfois, on considère votre parcours de vie, votre religion, votre parcours professionnel. On peut vous nommer à un poste pour créer des liens, afin de permettre à l’État de disposer toujours des moyens nécessaires pour mener cette quête de l’information. Et cette information sert à maintenir et à garantir la puissance de l’État. »

Au-delà de la formule, le diplomate mettait en évidence l’importance des réseaux, de la confiance et des relations humaines dans les mécanismes contemporains de collecte d’information et d’influence internationale.

Cybersécurité, diplomatie et intelligence économique.

Cybersécurité : « Les services de renseignement étrangers sont dans vos boîtes mail tous les jours »

L’un des passages les plus marquants de son intervention a porté sur la sécurité des données et les risques liés à l’environnement numérique.

Face à un auditoire composé d’étudiants, de chercheurs, d’administrateurs civils et d’experts en intelligence économique, le diplomate a multiplié les mises en garde concernant l’utilisation des messageries électroniques, des smartphones et des réseaux sociaux pour le traitement d’informations sensibles.

« Dans la recherche d’information, comme je l’ai un peu dit tout à l’heure : soyez rusés. Nous sommes ici pour donner des conseils pratiques. Vos boîtes mail, par exemple : n’y mettez jamais de dossiers confidentiels. Rassurez-vous, les services de renseignement étrangers sont dans vos boîtes mail tous les jours », a-t-il averti.

Pour le responsable du MINREX, la question n’est plus seulement celle de l’accès à l’information, mais également celle de sa capacité de traitement et d’exploitation.

« Ils disposent parfois déjà de l’information. Leur difficulté n’est pas toujours d’y accéder, mais parfois de disposer de spécialistes capables de la traiter, de l’analyser et de la transformer en aide à la décision. Aujourd’hui, il existe même des logiciels de traitement de l’information qui permettent de produire des recommandations stratégiques à partir de grandes quantités de données », a-t-il expliqué.

Cette observation fait écho aux évolutions récentes de l’intelligence artificielle, du big data et des plateformes d’analyse prédictive qui permettent aujourd’hui de transformer des masses considérables de données en outils d’aide à la décision pour les gouvernements, les entreprises ou les services spécialisés.

Le diplomate a également insisté sur l’importance des bonnes pratiques de cybersécurité, notamment lors des déplacements internationaux.

« Faites donc toujours attention. Faites attention à vos téléphones. Lorsque vous voyagez à l’étranger, prenez des précautions. Lorsque c’est possible, changez vos mots de passe, sécurisez vos boîtes mail, vos réseaux sociaux et les différents accès à vos comptes », a-t-il conseillé.

Selon lui, les responsables publics amenés à manipuler des informations sensibles doivent maintenir une vigilance permanente face aux risques d’interception numérique.

« Tout ce que vous faites avec votre téléphone mérite une vigilance particulière. Dans l’exercice de certaines fonctions, vous serez amenés à recevoir des documents sensibles, parfois destinés exclusivement aux plus hautes autorités de l’État. Les échanges entre chefs d’État se font généralement par des canaux diplomatiques ou institutionnels sécurisés. Si vous transmettez ce type de documents via WhatsApp ou par courrier électronique non sécurisé, soyez conscients qu’ils peuvent être lus ou interceptés par des services spécialisés », a-t-il conclu.

À travers ces recommandations, le diplomate a rappelé que la souveraineté informationnelle ne repose plus uniquement sur les capacités traditionnelles de renseignement. Elle dépend désormais aussi de la capacité des États, des administrations et des organisations à protéger leurs données stratégiques dans un environnement numérique marqué par la multiplication des cybermenaces et des opérations d’espionnage économique.

Une problématique au cœur de la souveraineté numérique africaine

Cette intervention intervient alors que plusieurs pays africains multiplient les initiatives en matière de souveraineté numérique, de protection des données et de cybersécurité.

À l’heure de l’intelligence artificielle, du cloud computing et de la dématérialisation croissante des services publics, la maîtrise de l’information apparaît désormais comme un enjeu aussi stratégique que celui des infrastructures, des ressources naturelles ou des capacités militaires.

Pour le Dr Owona Wolfgang Fernand Jr., la question est donc claire : dans l’économie mondiale de la connaissance, l’information n’est plus seulement un outil de gouvernance. Elle est devenue un instrument de pouvoir.

Par B-O.D, pour Digital Business Africa

Souveraineté numérique : Un Département français bannit toutes les IA sauf Copilot

[DIGITAL Business Africa] – Le grand modèle de langage, ChatGPT, subit un autre revers. Lors de la séance du 29 mai 2026 à Tours, le Conseil départemental a adopté une charte d’utilisation de l’intelligence artificielle. L’outil développé par l’entreprise américaine Open AI, pareil que tous les autres outils, s’est vu interdit aux agents du Département d’Indre-et-Loire en France comme  à la mairie de Montpellier en 2023. Le grand gagnant est Copilot.

L’ assistant IA conversationnel  s’intègre à la fois au web, au système d’exploitation et aux applications professionnelles (Word, Teams, Visual Studio). Rien à voir avec la performance de l’outil.

Selon la charte, l’IA développé par Microsoft, est autorisé vue qu’elle est déjà intégrée à la suite Microsoft utilisée par la collectivité. Henri Alfandari, conseiller départemental et député, semble comprendre la mesure de la collectivité, même si elle peut paraître coercitive.

 « Tant qu’on ne fera pas en Europe notre propre DNS (Domain Name System ou système de nom de domaine) , tout passera par les États-Unis.” L’opposition a répliqué par la voix de Franck Gagnaire : “La maîtrise de la technologie est fondamentale. Si on veut créer cet écosystème, il faut de la commande publique ».

La charte interdit toute mention de données sensibles ou confidentielles dans les requêtes qui lui sont adressées. La charte ajoute que « l’IA ne doit être mobilisée que si elle apporte une valeur ajoutée réelle, et si elle n’engendre pas un gaspillage de ressources techniques ou humaines », pour des raisons de sobriété

Cette mesure remet au goût du jour la question de la souveraineté souveraineté numérique des États. Les outils d’IA développés par les entreprises américaines respectent un protocole précis.

Avec la loi « Cloud Act », adoptée en 2018 par les États-Unis, les entreprises américaines sont astreintes à fournir leurs données aux autorités américaines, sur décision judiciaire.

Si la mesure a des motifs de souveraineté, il faut relever que Mistral AI n’échappe pas à l’interdiction. La pépite française de l’intelligence artificielle reste (pour l’heure) dans le lot des indésirables. Fondée en 2023, cette IA propose une plateforme d’IA complète avec un assistant IA, des agents autonomes et des outils d’analyse.

Par Jean Materne Zambo

 

RD Congo : Le FDSU lance ses premiers sites pilotes pour étendre la couverture réseau

[DIGITAL Business Africa] – Nkamba s’apprête prépare sa connexion au réseau. Cette province du Kongo-Central en RDC vient de vivre un évènement historique. Le Fonds de Développement du Service universel y a lancé, ce 30 mai 2026, les travaux de construction des premiers sites pilotes pour la connectivité en RDC.

Il s’agit d’un pylône érigé sur 50 mètres de haut qui devra déployer une couverture réseau sur un rayon de 10 kilomètres, marquant une avancée décisive contre la fracture numérique dans la région.

La cérémonie de pose de la première pierre était presidée par le ministre de Postes et Télécommunications (PTNTIC), José Mpanda Kabangu, en présence du Directeur General de FDSU, Fonds de Développement du Service Universel (FDSU) Paterne Binene A. Kadiat.

Cette initiative permet non seulement de rapprocher les populations rurales des services de communication essentiels, mais elle pose également les bases d’un développement national plus harmonieux, solidaire et inclusif.

Quelques mois avant, précisément le 26 février 2026, les acteurs télécoms se sont réunis au siège du FDSU pour accélérer la connectivité rurale. Et ce, afin d’identifier les zones prioritaires et accélérer le déploiement d’infrastructures comme la fibre optique et les antennes relais. Cette concertation faisait suite à l’ appel d’offres international lancé par le FDSU en octobre 2025 pour l’acquisition d’équipements de télécommunication.

A travers cette initiative, le Fonds de Développement du Service Universel (FDSU) envisagait de mettre en œuvre quarante sites pilotes destinés à renforcer la couverture en internet et en télécommunications dans les zones rurales et périurbaines de la République Démocratique démocratique du Congo.

Créé par décret n°22/51 du 30 décembre 2022 en RDC, le Fonds de Développement du Service Universel a pour mission de financer l’extension des réseaux dans les zones non rentables pour les opérateurs et de réduire la fracture numérique.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : « La plateforme Andjeun est une véritable révolution », affirme le ministère de la Jeunesse

[DIGITAL Business Africa] – Le lancement officiel de la bibliothèque numérique Andjeûn à Yaoundé pourrait marquer une nouvelle étape de la collaboration entre l’État camerounais et l’entreprise technologique ITG-Store. Représentant le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique lors de la cérémonie du 28 mai 2026, Pierre Dominique Armand Mveme Atangana, Secrétaire permanent de l’Observatoire national de la jeunesse (ONJ), a annoncé qu’une audience était prévue dès le lendemain entre le ministre Mounouna Foutsou et les responsables d’ITG-Store afin d’examiner les possibilités d’un partenariat autour de la plateforme.

Cette annonce intervient alors que la plateforme Andjeûn, développée par ITG-Store, ambitionne de démocratiser l’accès au savoir grâce à une bibliothèque numérique regroupant plusieurs milliers d’ouvrages, des contenus de formation et des espaces d’échanges destinés à la jeunesse et au grand public.

Une plateforme que le gouvernement considère comme stratégique

Pour le Secrétaire permanent de l’ONJ, Andjeûn répond à plusieurs priorités nationales en matière de citoyenneté, d’éducation et d’insertion socio-économique des jeunes.

Selon lui, la plateforme constitue « une véritable révolution » et une importante base de données numérique, qui comptait déjà plus de 3 500 ouvrages lors de son lancement. Elle participe à la fois à la promotion du savoir-être et à la valorisation du savoir-faire, deux dimensions que le ministère considère essentielles pour l’accompagnement de la jeunesse camerounaise.

Le responsable gouvernemental estime également que l’initiative contribue à remettre la lecture au cœur des habitudes des citoyens dans un contexte où les réseaux sociaux captent une part croissante de l’attention.

Dans une séquence baptisée « minute de civisme », il a regretté que de nombreux adultes délaissent progressivement la lecture au profit de contenus sensationnalistes.

« Nous ruinons l’humanité qui s’est constituée à partir des belles œuvres littéraires. Nous sommes complices de la perte de nos valeurs, de nos savoirs ancestraux et patrimoniaux », a-t-il déclaré devant les participants.

Andjeûn au service du PRONEC-REAMORCE et de la SND30

Le représentant du ministre a établi un lien direct entre Andjeûn et les grandes politiques publiques portées par le ministère de la Jeunesse, notamment le Programme national d’éducation civique par le réarmement moral, civique et entrepreneurial (PRONEC-REAMORCE).

Selon lui, la plateforme répond à plusieurs défis majeurs : la promotion de la citoyenneté responsable, la conservation des savoirs traditionnels, la diffusion des compétences universelles et le développement de l’esprit entrepreneurial chez les jeunes.

« Il s’agit de disposer d’un système d’accès aux compétences universelles, de conservation et de dissémination de nos savoirs traditionnels », a-t-il souligné.

Le responsable estime par ailleurs que l’offre numérique proposée par Andjeûn pourrait contribuer à renforcer les objectifs de transformation structurelle et de développement humain inscrits dans la Stratégie nationale de développement du Cameroun à l’horizon 2030 (SND30).

Une collaboration déjà existante autour de la Carte Jeune Biométrique

Le discours du représentant du ministre révèle également qu’ITG-Store n’est pas un nouvel acteur de l’écosystème numérique du ministère de la Jeunesse.

Pierre Dominique Armand Mveme Atangana a en effet publiquement remercié l’entreprise pour sa contribution à la mise en place de la plateforme de services associée à la Carte Jeune Biométrique (CJB), l’un des dispositifs phares du ministère.

« Je saisis cette occasion pour remercier et féliciter la Direction Générale de ITG-Store (…) pour l’œuvre immense et les sacrifices consentis en vue de mettre en place la plateforme services de ladite carte », a-t-il déclaré.

Cette précision éclaire d’un jour nouveau l’annonce du futur partenariat autour d’Andjeûn, qui s’inscrit dans une relation de travail déjà existante entre l’entreprise technologique et le ministère.

Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, l’Observatoire national de la jeunesse dispose aujourd’hui d’une base de données de plus de 1,57 million de jeunes camerounais, avec l’ambition de couvrir à terme les neuf millions de jeunes du pays.

La Carte Jeune Biométrique est déjà détenue par 87 594 jeunes, dont 41 % de filles et 59 % de garçons. Elle sert à la fois de moyen d’identification et de passerelle vers plusieurs services liés à la santé, à la formation, à l’emploi, aux stages ou encore au financement de projets.

Une nouvelle offre de services pour les détenteurs de la CJB

Pour le ministère, Andjeûn pourrait désormais enrichir l’écosystème de services déjà proposé aux détenteurs de la Carte Jeune Biométrique.

« J’entrevois déjà à travers la Plateforme Andjeun, une offre de services additionnelle, essentielle, demandée et attendue des jeunes depuis la mise en service de la CJB », a affirmé Pierre Dominique Armand Mveme Atangana.

Le responsable a notamment cité les possibilités offertes par les « causeries d’auteurs », l’accès simplifié aux ouvrages numériques ainsi que les formations et services de conseil en ligne proposés par la plateforme.

Vers un partenariat public-privé dans l’économie de la connaissance

Au-delà du lancement d’une bibliothèque numérique, les déclarations du représentant du ministre laissent entrevoir la construction progressive d’un partenariat public-privé dans le domaine de l’économie de la connaissance.

L’intérêt affiché par le ministère de la Jeunesse témoigne d’une reconnaissance croissante du rôle que les plateformes numériques peuvent jouer dans les politiques publiques de formation, d’éducation civique, d’insertion professionnelle et de promotion des valeurs citoyennes.

Si les discussions engagées entre le MINJEC et ITG-Store aboutissent, Andjeûn pourrait devenir l’un des premiers exemples au Cameroun d’intégration d’une bibliothèque numérique privée dans un dispositif national destiné à plusieurs millions de jeunes.

Une perspective qui pourrait donner à cette initiative technologique une portée bien plus large que celle d’une simple plateforme de lecture en ligne.

Par Digital Business Africa

Cameroun : Andjeûn n’était que le début, Gabriel Fopa annonce une plateforme aux frontières de la science et de la spiritualité

[DIGITAL Business Africa] – Présentée officiellement le 28 mai 2026 à l’hôtel Starland de Yaoundé devant des universitaires, des chercheurs, des responsables publics, des acteurs culturels et des professionnels du numérique, la bibliothèque numérique Andjeûn n’était pas la seule annonce de la journée.

Profitant du lancement de cette nouvelle plateforme de diffusion du savoir, Gabriel Fopa, président-directeur général d’ITGStore, a également dévoilé un second projet numérique intitulé « Aux frontières de la science et de la spiritualité ».

Pour l’entrepreneur camerounais, ces deux plateformes participent d’une même ambition : utiliser le numérique pour favoriser l’accès à la connaissance, le développement de la pensée critique et la construction d’une société davantage fondée sur le savoir.

Une bibliothèque numérique pensée pour un apprentissage personnalisé

Développée par une équipe camerounaise, composée notamment des ingénieurs Boris Ndjile et Kendra Nokam, la plateforme Andjeûn, déjà présentée il y a quelques semaines à Douala, va bien au-delà d’une simple bibliothèque numérique.

Les utilisateurs peuvent consulter des ouvrages en ligne, surligner des passages grâce à un système de codes couleur personnalisés, enregistrer leurs contenus favoris et construire progressivement leur propre espace privé de connaissance.

« Quand vous ouvrez un livre, vous pouvez surligner un paragraphe et lui attribuer un code couleur selon votre propre dictionnaire. Vous ramenez ensuite le livre dans votre espace privé. Il y a la bibliothèque publique et votre espace privé », a expliqué Gabriel Fopa lors de la présentation.

Bientôt une version destinée aux enfants de 5 à 15 ans

Pour le promoteur, cette fonctionnalité d’annotation permet à chaque utilisateur de construire son propre univers intellectuel. « Vous construisez votre propre univers en fonction de la trajectoire de développement de la conscience que vous souhaitez suivre », a-t-il ajouté.

L’objectif est de permettre à chaque utilisateur de créer un parcours d’apprentissage personnalisé en associant des livres, des vidéos, des formations et, à terme, des livres audio.

La plateforme intègre déjà des modules de formation dans des domaines tels que l’agriculture, la pisciculture, l’apiculture, l’élevage ou encore l’entrepreneuriat. Mais les ambitions du projet vont plus loin.

Gabriel Fopa a notamment annoncé le développement d’une version spécifiquement destinée aux enfants de 5 à 15 ans. Cette future déclinaison vise à créer un environnement numérique éducatif adapté aux plus jeunes afin de favoriser très tôt l’accès à la lecture, à la culture et au développement personnel.

Andjeûn, première pierre d’un écosystème africain du savoir

Au-delà de la mise à disposition de plus de 4 000 ouvrages numériques, Andjeûn constitue pour ITGStore la première étape d’une ambition plus vaste : bâtir un véritable écosystème numérique africain dédié à la connaissance, à la formation et à la transmission des savoirs.

Selon le professeur Bingono Bingono, Andjeûn signifie en langue bulu une source potable, intarissable et éternelle, une image choisie pour symboliser la diffusion continue du savoir et de la connaissance.

Le projet associe littérature, philosophie, anthropologie, histoire, développement personnel et formations pratiques dans des domaines générateurs d’emplois tels que l’agriculture, la pisciculture, l’apiculture ou encore l’entrepreneuriat.

Pour Gabriel Fopa, la plateforme doit permettre à la jeunesse africaine de retrouver le goût de la lecture et de la réflexion dans un environnement numérique souvent dominé par les contenus éphémères et les mécanismes d’attention propres aux réseaux sociaux.

Cette ambition se traduira également par la création progressive de centres de lecture et de formation dans plusieurs régions du Cameroun, notamment à travers les Centres multifonctionnels de promotion des jeunes (CMPJ). Ces espaces devraient proposer des formations dans des domaines tels que l’agriculture, l’ébénisterie, la mécanique automobile et d’autres métiers à fort potentiel d’insertion professionnelle.

L’objectif affiché est de rendre le savoir accessible au plus grand nombre, y compris dans les zones les moins bien desservies en matière d’infrastructures éducatives, grâce à une combinaison d’outils numériques, de contenus pédagogiques et d’espaces physiques d’apprentissage.

Une seconde plateforme dédiée aux frontières de la science et de la spiritualité

Parallèlement à Andjeûn, ITGStore a développé une plateforme encore peu connue du grand public : « Aux frontières de la science et de la spiritualité ».

« Nous avons développé une plateforme disponible, qui s’appelle « Aux frontières de la science et de la spiritualité » », a annoncé Gabriel Fopa lors de la cérémonie.

Selon lui, cet espace numérique a vocation à réunir chercheurs, scientifiques, penseurs et spécialistes des questions spirituelles au sein d’une communauté collaborative chargée d’évaluer les contenus proposés.

L’originalité du dispositif repose sur un mécanisme de validation collective des contributions. Les articles publiés feront l’objet d’un processus d’évaluation par les membres de la communauté afin de déterminer s’ils répondent effectivement aux critères définis par la plateforme.

Les contenus validés pourront ensuite être diffusés sur un portail public destiné à mettre en avant des travaux jugés rigoureux et pertinents.

« Nous aurons un portail où il y aura des articles sérieux. Sérieux, parce qu’ils seront passés par un mécanisme de filtrage et de validation », a expliqué le promoteur.

Pour le dirigeant d’ITGStore, cette démarche vise à offrir une alternative aux contenus relatifs à la science et à la spiritualité, peu fiables ou insuffisamment documentés, qui circulent aujourd’hui sur internet et sur les réseaux sociaux.

Dans un contexte marqué par la prolifération de contenus non vérifiés, de théories approximatives et de fausses informations en ligne, Gabriel Fopa estime que cette approche pourrait contribuer à renforcer la qualité des débats et des connaissances diffusées sur des sujets scientifiques, philosophiques ou spirituels.

Une vision qui dépasse la seule rentabilité

Pour Gabriel Fopa, les projets Andjeûn et « Aux frontières de la science et de la spiritualité » s’inscrivent dans une démarche qui dépasse les objectifs commerciaux traditionnels.

« Nous aurions pu nous concentrer sur le fait de gagner nos marchés et de travailler pour les grands comptes. Mais nous pensons que l’entreprise ne devient véritablement entreprise que lorsqu’elle traverse la frontière de sa seule rentabilité pour plonger dans une forme d’altruisme », a-t-il déclaré devant les participants.

Le promoteur affirme vouloir mettre le numérique au service de l’élévation intellectuelle et humaine des populations, notamment auprès de la jeunesse africaine.

« L’urgence de l’urgence, c’est d’abord que l’homme rencontre l’homme en lui-même. Ensuite seulement, on peut lui transmettre un véritable savoir-faire », a-t-il poursuivi.

Au-delà de la technologie, Gabriel Fopa affirme ainsi vouloir bâtir des outils numériques capables de favoriser à la fois l’acquisition de connaissances, le développement personnel et la transmission des savoirs.

Avec Andjeûn et « Aux frontières de la science et de la spiritualité », ITGStore semble vouloir se positionner non seulement comme un acteur technologique, mais aussi comme un promoteur d’une économie de la connaissance ancrée dans les réalités africaines et tournée vers la valorisation du capital intellectuel du continent.

Par B-O.D, Digital Business Africa

Numérique : l’ambassade américaine recrute un administrateur IT à Yaoundé, plus de 13,5 millions de F.CFA par an

[DIGITAL Business Africa] – L’Ambassade des États-Unis au Cameroun renforce ses équipes numériques. Dans un avis de recrutement publié le 28 mai 2026, la mission diplomatique américaine à Yaoundé a lancé un appel à candidatures pour le poste d’Information Technology (IT) Administrator au sein de son Diplomatic Technology Office (DTO).

Ouvert à tous les candidats intéressés, ce recrutement illustre l’importance croissante accordée aux compétences numériques et à la cybersécurité dans le fonctionnement des représentations diplomatiques modernes.

Le futur administrateur IT rejoindra l’équipe chargée de l’engagement et du support technologique de l’ambassade. Selon l’offre d’emploi, il aura pour mission d’administrer les systèmes d’information afin d’en garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité. Le poste couvre notamment le support technique de niveau 1 et 2, l’analyse des systèmes, la gestion des configurations, l’exploitation des infrastructures informatiques à l’échelle de l’ambassade ainsi que la participation aux initiatives technologiques de la mission diplomatique américaine.

La dimension de la cybersécurité occupe également une place importante parmi les responsabilités confiées au futur collaborateur. Celui-ci devra contribuer aux mesures de sécurité des réseaux, réaliser des audits de conformité et sensibiliser les utilisateurs aux bonnes pratiques de sécurité de l’information.

Un profil orienté infrastructures et technologies cloud

Pour prétendre à ce poste, les candidats doivent être titulaires d’une licence (Bachelor) en informatique, en systèmes d’information, en génie électrique ou en technologies audiovisuelles et de communication. L’ambassade exige également au moins deux années d’expérience dans l’exploitation de réseaux informatiques, l’administration de systèmes ou la gestion d’infrastructures numériques.

Les compétences recherchées couvrent un large éventail de technologies : administration de systèmes, gestion d’équipements informatiques, réseaux, solutions logicielles, services cloud et conception de systèmes d’information. La maîtrise des suites bureautiques modernes, telles que Microsoft 365, Google Workspace ou OpenOffice, figure également parmi les prérequis.

Sur le plan linguistique, une excellente maîtrise de l’anglais est obligatoire, tandis qu’une bonne connaissance du français est également exigée. Ces compétences pourront faire l’objet de tests au cours du processus de sélection.

Plus de 13,5 millions de F.CFA par an

Le poste est basé à Yaoundé et correspond à un emploi permanent à temps plein de 40 heures par semaine. La rémunération annuelle brute annoncée atteint 13 507 338 F.CFA. Ce montant inclut le salaire de base, diverses indemnités ainsi qu’une prime de fin d’année équivalente à un douzième du salaire annuel de base.

Les employés bénéficient également d’avantages sociaux comprenant les congés annuels, les congés maladie, les congés de maternité, une couverture médicale prise en charge selon les règles internes de la mission diplomatique ainsi qu’environ 19 jours fériés américains et camerounais par an.

Comment postuler ?

Les candidats intéressés doivent soumettre leur candidature en ligne via la plateforme officielle de recrutement de l’ambassade des États-Unis au Cameroun. Plus d’info ici. Le dossier doit notamment comprendre les diplômes universitaires ou relevés de notes, les attestations d’emploi ainsi que, le cas échéant, les permis de résidence et de travail.

L’ambassade précise que les candidatures incomplètes pourront être rejetées. Après la clôture de l’appel à candidatures, les dossiers répondant aux critères minimaux feront l’objet d’une présélection. Les candidats retenus seront ensuite invités à passer des tests techniques et linguistiques avant d’éventuels entretiens.

Pour toute information complémentaire, les candidats peuvent contacter la section des ressources humaines de l’ambassade à l’adresse suivante : [email protected].

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 12 juin 2026. Les candidats sélectionnés devront également obtenir les habilitations de sécurité et les autorisations médicales requises avant leur prise de fonction.

Chute proposée

Au-delà d’une simple opportunité d’emploi, cette offre illustre la place stratégique qu’occupent désormais les compétences numériques, les infrastructures cloud et la cybersécurité dans le fonctionnement des organisations internationales présentes au Cameroun. Un signal supplémentaire de la demande croissante en talents IT qualifiés sur le marché camerounais

Par Digital Business Africa

Cameroun : Les recommandations d’ICT Media Strategies pour rompre avec les discours de haine  en ligne

[DIGITAL Business Africa] – ICT Medias Strategies faisait partie des convives au banquet de l’éducation numérique de Yaoundé. Le séminaire de formation de lutte contre les discours de haine en ligne organisé par le ministère des Postes et Télécommunications en collaboration avec l’ association One Nation du 25 au 27 mai 2026 a connu des présentations, dont celle de Beaugas Orain Djoyum.

Intitulée « Haine en ligne, algorithmes de recommandation et mobilisation de la technologie », sa présentation a expliqué le rôle que jouent les réseaux sociaux et leurs algorithmes dans la diffusion de contenus haineux. L’ intervenant, Beaugas Orain Djoyum, montre que l’« économie de l’attention » pousse les plateformes à mettre davantage en avant les contenus émotionnels, conflictuels ou choquants, car ils génèrent plus de clics, de commentaires et de partages.

La présentation souligne également les dangers des bulles informationnelles, des chambres d’écho, des faux comptes, des campagnes coordonnées et des manipulations visuelles (deepfakes, vidéos sorties de leur contexte, fausses captures d’écran), qui amplifient la désinformation et les tensions sociales.

 

Recommandations

 

Face à ces risques, le document recommande plusieurs réflexes citoyens Voici les principales recommandations formulées par l’exposant pour lutter contre la haine en ligne et promouvoir un cyberespace responsable :

Vérifier avant de partager

• Ne jamais publier ou repartager un contenu sous l’effet de l’émotion.

• Prendre le temps de vérifier, analyser et contextualiser les informations avant diffusion.

Contrôler la fiabilité des sources

• Identifier l’auteur du contenu.

• Vérifier l’ancienneté et la crédibilité du compte.

• Rechercher des sources fiables et la confirmation par des médias sérieux.

Vérifier les images et vidéos

• Observer les incohérences visuelles (uniformes, plaques, bâtiments, accents, etc.).

• Effectuer des recherches inversées d’images.

• Vérifier la date originale et le contexte réel des vidéos ou photos.

Éviter l’amplification involontaire de la haine

• Ne pas repartager massivement des contenus haineux, même pour les dénoncer.

• Privilégier des captures floutées ou partielles afin de limiter leur propagation.

Documenter les contenus dangereux

• Faire des captures d’écran.

• Conserver les liens et les dates.

• Identifier les comptes ou groupes impliqués pour faciliter les signalements ou procédures judiciaires.

Utiliser les mécanismes de signalement

• Signaler les contenus haineux sur les plateformes numériques : Facebook, Instagram, WhatsApp, TikTok, YouTube, X ou Telegram.

• Utiliser également les canaux institutionnels compétents au Cameroun.

Responsabiliser les administrateurs de groupes

• Mettre en place des règles claires dans les groupes WhatsApp, Facebook ou Telegram.

• Modérer les échanges.

• Supprimer les contenus dangereux et sanctionner les récidivistes.

Renforcer la coopération institutionnelle

L’exposant recommande une mobilisation collective impliquant : le MINPOSTEL ; l’ l’ANTIC ;  le CIRT ;  les autorités judiciaires ; les forces de sécurité ;  ainsi que les organisations de la société civile.

Développer une culture de responsabilité numérique

L’exposant insiste enfin sur la nécessité de construire :

• une culture du doute intelligent ;

• une culture de la vérification ;

• une culture de la responsabilité numérique ;

• un cyberespace fondé sur le respect, le dialogue et la cohésion sociale.

Dans l’ensemble, les participants ont formulé le vœu d’élaborer une première trame du guide de bonnes pratiques numériques. Ce qui constituerait l’un des principaux acquis du séminaire. L’outil, appelé à être consolidé et diffusé, devra servir de support pratique de sensibilisation, de veille citoyenne et de promotion du vivre-ensemble.

Par Jean Materne Zambo

Burundi : Bilan à mi-parcours du Projet d’Appui aux Fondations de l’Economie numérique

[DIGITAL Business Africa] – Trois que le Projet d’Appui aux Fondations de l’Economie numérique a été lancé. Le coordinateur du projet, Bienvenu Irakoze, et son équipe viennent de clôturer la tournée de sensibilisation du projet dans les 5 provinces du pays, ce 28 mai 2026.

L’objectif final du projet est de porter la couverture internet à plus de 80 % du territoire burundais. Il a été financé par la Banque mondiale à hauteur de 92 millions USD.

Un bilan à mi- parcours s’impose. Selon le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, le Projet d’Appui aux Fondations de l’Economie numérique affiche un taux d’engagement de 61 % de son budget global. La Banque mondiale a indiqué que ce niveau traduit une dynamique réelle de déploiement, tout en appelant à une accélération coordonnée afin de garantir l’atteinte des résultats attendus dans les délais.

Parmi les principales réalisations figurent : la modernisation de la collecte des impôts via l’Office Burundais des Recettes (OBR); le renforcement de l’Agence de Régulation des Communications et des Télécommunications (ARCT) grâce à des équipements et des formations ; la mise en place de BurundiPay en collaboration  avec la Banque de la République du Burundi ; ainsi que la connexion progressive de 35 centres numériques dans les universités, dont 5 déjà opérationnels.

Le Projet d’extension de la 4G sur 178 collines, au profit d’environ 800.000 bénéficiaires via Lumitel Burundi et Onatel Burundi reste en cours. Le projet cible principalement les zones rurales, où vivent près de 87 % de la population, afin de réduire la fracture numérique et de favoriser l’éducation, la santé ainsi que le développement économique.

Par Jean Materne Zambo, source: finances.gov.bi

Nécrologie : Décès d’Alan Barrett, pionnier de l’internet en Afrique et Board member de l’ ICANN

DIGITAL Business Africa] – La toile s’ébranle. L’ Afrique pleure un visionnaire. Alan Barrett n’est plus. L’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) a annoncé son décès ce 28 mai 2026 des suites d’un cancer en phase terminale.

L’un des pionniers et cofondateurs du Centre d’information du réseau africain (AFRINIC) recevra des hommages en ligne dans les prochaines heures, selon l’ ICANN. La mission de l’ICANN consiste à garantir un Internet mondial sûr, stable et unifié.Et AFRINIC en est son partenaire en Afrique.

Alan Barrett tire sa révérence vers l’au-delà alors qu’il était installé au Conseil d’ administration de l’ ICANN en qualité de membre. Pour l’organisation, c’est une douleur haut-débit.

« Nous sommes profondément attristés par le décès d’Alan », a déclaré Tripti Sinha, présidente du conseil d’administration de l’ICANN. « Alan a toujours fait preuve de sagesse, d’intégrité et d’un engagement indéfectible envers notre mission. Nous lui sommes reconnaissants pour son dévouement exceptionnel et son amitié, et il nous manquera beaucoup.

L’Address Supporting Organization a nommé Barrett pour siéger au conseil d’administration de l’ICANN en 2021 et à nouveau en 2024. Quelques temps avant son décès, il a occupé le poste de coprésident du groupe de travail du conseil d’administration pour le cycle 2026 du programme des nouveaux domaines génériques de premier niveau.

Le Sud-africaine aura participé dès le début des années 1990 à la mise en place de la première connexion Internet pour les universités sud-africaines.C’est en 1997 que Barrett et quatre de ses proches proposent de créer le Registre Internet Régional pour l’Afrique. Il a également occupé le poste de Directeur général (CEO) d’AFRINIC de 2015 à 2019.

Par Jean Materne Zambo

Ghana : Accra modernise ses aéroports avec des scanners 3D et des services frontaliers numériques

[DIGITAL Business Africa] – Le Ghana accélère la transformation numérique de ses infrastructures aéroportuaires afin d’améliorer l’expérience des voyageurs et de renforcer son positionnement comme hub régional en Afrique de l’Ouest. Le pays prévoit notamment le déploiement de scanners de sécurité 3D de nouvelle génération dans les terminaux 2 et 3 de l’aéroport international Kotoka d’Accra.

L’annonce a été faite le lundi 25 mai par le président John Dramani Mahama à l’occasion du lancement officiel de la nouvelle plateforme nationale d’e-visa. Selon les autorités, ces nouveaux équipements permettront de réduire les files d’attente et d’optimiser les contrôles de sûreté dans un contexte de forte croissance du trafic aérien.

À partir d’août 2026, le gouvernement prévoit également l’installation de dispositifs de contrôle avancés permettant aux passagers de conserver leurs ordinateurs portables, liquides et appareils électroniques dans leurs bagages lors des inspections de sécurité.

Les voyageurs n’auront par ailleurs plus l’obligation de retirer chaussures et ceintures pendant les contrôles, grâce à l’intégration de technologies de détection plus performantes destinées à fluidifier le passage aux points de sûreté.

Pour les autorités ghanéennes, ces innovations s’inscrivent dans une stratégie globale de modernisation des procédures aéroportuaires et de digitalisation des services frontaliers.

Le programme prévoit notamment l’intégration de systèmes d’information préalable sur les passagers (API) ainsi que de solutions d’analyse des données voyageurs (PNR), afin de renforcer les contrôles basés sur le renseignement tout en réduisant les délais de traitement aux frontières.

Dans cette dynamique, Accra a également annoncé la gratuité des visas électroniques pour plusieurs catégories de voyageurs africains ainsi que l’extension prochaine de la plateforme numérique aux demandes de permis de travail et de résidence.

Ces investissements interviennent alors que le trafic aérien connaît une progression soutenue au Ghana. Selon les chiffres communiqués par les autorités aéroportuaires, l’aéroport international Kotoka est passé de 1,8 million de passagers en 2022 à 2,5 millions en 2025, soit une hausse d’environ 39 % en trois ans.

Cette croissance exerce une pression croissante sur les infrastructures existantes, notamment lors des périodes de forte affluence où les congestions affectent les opérations d’enregistrement, les contrôles migratoires, les dispositifs de sécurité et la gestion des bagages.

Pour accompagner cette montée en charge, le gouvernement prévoit également plusieurs projets d’infrastructures complémentaires, parmi lesquels l’extension de la piste de l’aéroport de Kumasi, la construction d’une nouvelle tour de contrôle à Accra ainsi que le développement de nouveaux aéroports régionaux.

Le Ghana rejoint ainsi plusieurs pays africains engagés dans la modernisation technologique de leurs plateformes aéroportuaires. Le Maroc, le Rwanda, l’Éthiopie ou encore le Kenya ont multiplié ces dernières années les investissements dans les contrôles biométriques, les plateformes numériques de voyage et les technologies destinées à fluidifier les flux de passagers.

Dans un environnement marqué par une concurrence croissante entre hubs régionaux africains, l’expérience aéroportuaire devient progressivement un levier stratégique pour attirer compagnies aériennes, investisseurs, touristes et grands événements internationaux.

Pour Accra, l’enjeu dépasse la seule modernisation technologique. Les autorités ambitionnent de renforcer le rôle du Ghana comme porte d’entrée régionale pour l’Afrique de l’Ouest et d’accroître l’attractivité du pays auprès des entreprises internationales.

La simplification des procédures migratoires, l’amélioration des infrastructures et la numérisation des services publics sont également présentées comme des leviers essentiels pour soutenir l’intégration économique régionale et accompagner la montée en puissance des échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Par Loic SOUOP

Faux : l’ART n’a pas gelé le blocage des téléphones non dédouanés, les discussions se poursuivent

[DIGITAL Business Africa] – Contrairement à certaines informations relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) n’a ni suspendu ni bloqué le processus d’opérationnalisation du contrôle des téléphones portables non dédouanés au Cameroun. Les discussions entre les différents acteurs se poursuivent autour des questions techniques, réglementaires et liées à la protection des consommateurs.

Selon les informations recueillies par Digital Business Africa auprès de sources proches du dossier, tout commence le 19 mai 2026 lorsque la Direction générale des Douanes (DGD) adresse des correspondances aux opérateurs télécoms leur demandant de procéder, à partir du 25 mai 2026, au blocage des terminaux mobiles non dédouanés sur les réseaux camerounais.

Face à cette demande, les opérateurs télécoms expriment rapidement plusieurs réserves concernant une application immédiate de la mesure. Dans leurs réponses adressées aux Douanes, avec copie à l’ART, les opérateurs évoquent notamment des défis techniques, des préoccupations liées au droit des consommateurs ainsi que des interrogations réglementaires.

Les opérateurs sollicitent alors une réunion d’urgence avec la Direction générale des Douanes afin d’examiner les modalités pratiques de mise en œuvre de la mesure. Cette rencontre est organisée le 22 mai 2026.

Des défis techniques soulevés par les opérateurs

Au cours des échanges avec les Douanes, plusieurs opérateurs demandent l’organisation préalable d’une phase test avant toute opérationnalisation à grande échelle du blocage des terminaux concernés.

D’autres acteurs du secteur indiquent également ne pas disposer, pour l’instant, des outils techniques appropriés permettant de mettre en œuvre efficacement le blocage des appareils non dédouanés.

L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), mise en copie des différents échanges entre les opérateurs et les Douanes, convoque à son tour une réunion avec les opérateurs télécoms le 26 mai 2026.

Lors de cette concertation, plusieurs préoccupations sont remises sur la table, notamment les contraintes techniques, le respect des textes réglementaires en vigueur ainsi que les questions relatives à la protection des données personnelles des abonnés.

Vers une clarification réglementaire

Selon les informations obtenues par Digital Business Africa, une autre rencontre entre l’ART et la Direction générale des Douanes est annoncée afin de clarifier plusieurs points liés au cadre réglementaire, à la protection des données personnelles et à la protection des consommateurs.

À ce stade, aucune décision officielle de suspension ou de gel du dispositif n’a été prise par le régulateur des télécommunications. Les discussions entre les différentes parties prenantes se poursuivent donc dans le cadre d’un processus de concertation technique et réglementaire.

Le dossier reste particulièrement sensible dans un contexte où les autorités cherchent depuis plusieurs années à renforcer le contrôle des terminaux mobiles importés au Cameroun afin d’améliorer la collecte des droits de douane et de lutter contre les circuits informels d’importation.

Mais la question soulève également plusieurs enjeux liés aux capacités techniques des opérateurs, aux droits des consommateurs, à la protection des données personnelles et aux conditions pratiques d’application d’un éventuel dispositif de restriction des terminaux non régularisés.

Dans l’attente des conclusions des concertations en cours, aucune mesure généralisée de blocage des téléphones non dédouanés n’est donc officiellement entrée en vigueur sur les réseaux télécoms camerounais.

Ces concertations sont justement ce que suggérait le Reptic il y a quelques semaines. « Plus largement, cette situation appelle à des solutions structurelles et durables, conciliant régulation, fiscalité, innovation et confiance numérique. Le REPTIC appelle à une réflexion approfondie et inclusive, associant administrations publiques, régulateurs, opérateurs mobiles et acteurs du numérique », écrivait le Dr Ing. Pierre François Kamanou, président du Reptic.

Taxation des téléphones : ce que prévoient les Douanes

Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux cette semaine, la Direction générale des Douanes rappelle que les téléphones et terminaux importés au Cameroun sont répartis en huit catégories, en fonction de leurs caractéristiques et de leur valeur de référence.

Le taux global de liquidation des droits et taxes de douane est fixé à 33,33 % de la valeur correspondant à la catégorie du téléphone concerné.

Chaque catégorie correspond à une valeur de référence admise par les Douanes :

  • 1re catégorie : 5 000 FCFA, soit environ 1 670 FCFA de droits ;
  • 2e catégorie : 10 000 FCFA, soit environ 3 350 FCFA ;
  • 3e catégorie : 20 000 FCFA, soit environ 6 670 FCFA ;
  • 4e catégorie : 25 000 FCFA, soit environ 8 340 FCFA ;
  • 5e catégorie : 50 000 FCFA, soit environ 16 670 FCFA ;
  • 6e catégorie : 100 000 FCFA, soit environ 33 330 FCFA ;
  • 7e catégorie : 200 000 FCFA, soit environ 66 660 FCFA ;
  • 8e catégorie : 400 000 FCFA, soit environ 135 000 FCFA.

« Les valeurs des téléphones par catégorie sus-indiquées ne constituent pas le montant des droits à payer. Le dédouanement des téléphones s’effectue impérativement en fonction des valeurs ci-dessus. La valeur en douane n’est pas le prix d’achat du téléphone », précise la DGD.

Les Douanes ajoutent que ces valeurs ont été revues à la baisse, entre quatre et sept fois moins, afin de tenir compte du pouvoir d’achat des consommateurs camerounais.

Les consommateurs sont invités, au moment de l’achat des terminaux auprès des importateurs et vendeurs, à vérifier le statut douanier du téléphone à l’adresse : www.mpie.camcis.cm.

L’IMEI du téléphone doit être inséré dans l’onglet dédié avant de cliquer sur « Vérifier ». Le code permettant d’afficher l’IMEI est : *#06#.

À noter que l’IMEI (International Mobile Equipment Identity) est l’identifiant unique du téléphone utilisé notamment pour :

  • l’identification des terminaux mobiles ;
  • le blocage des téléphones volés ;
  • certaines opérations de dédouanement ou d’enregistrement des appareils ;
  • la vérification de compatibilité réseau.

Sur les téléphones double SIM, deux IMEI peuvent apparaître.

À la lecture du message des Douanes, de nombreux professionnels du secteur ont rapidement estimé que la mesure pourrait être perçue comme un transfert des frais de dédouanement vers les utilisateurs finaux, alors que cette responsabilité incombe normalement aux importateurs.

« S’ils insistent à faire payer ces droits de douane par les abonnés, l’initiative sera vouée à l’échec. Ils ont intérêt à ne pas mêler les abonnés et à miser plutôt sur le contrôle du respect de ces mesures par les importateurs de téléphones », estime un expert du secteur.

Par Digital Business Africa

Centrafrique : Bangui accélère la modernisation numérique de l’administration avec l’appui de Huawei

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement centrafricain veut franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique à travers un vaste programme de transformation numérique soutenu par la Chine. L’initiative, portée en partenariat avec Huawei, s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer les infrastructures numériques de l’État et à améliorer l’efficacité des services publics.

Le projet a été au centre d’une réunion de travail tenue le mardi 26 mai 2026 à Bangui entre les autorités centrafricaines et une délégation du groupe technologique chinois Huawei. Les échanges étaient présidés par Adolphe Nicaise Samafou, directeur de cabinet du ministère de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications.

Selon le ministère, cette rencontre s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors des échanges sino-centrafricains entre le président Faustin-Archange Touadéra et les autorités chinoises, dans un contexte de renforcement de la coopération technologique entre les deux pays.

Le programme de modernisation repose sur quatre axes stratégiques destinés à renforcer les capacités numériques de l’administration centrafricaine.

Le premier volet prévoit la construction d’un centre national de données de niveau Tier III. Cette infrastructure doit permettre d’améliorer la disponibilité des services numériques publics tout en garantissant une meilleure sécurité et souveraineté des données gouvernementales.

Le deuxième axe concerne le déploiement d’un réseau dédié d’interconnexion reposant sur cinq sites de faisceaux hertziens. L’objectif est d’assurer une connectivité sécurisée entre les différentes administrations et institutions publiques.

Le troisième pilier porte sur la modernisation des communications internes de l’État à travers le déploiement de solutions de téléphonie IP, de visioconférence et de messagerie professionnelle. Les autorités espèrent ainsi rationaliser les échanges administratifs et réduire certains coûts opérationnels.

Enfin, le partenariat prévoit également la mise en place d’un réseau de transmission radio militaire eLTE destiné aux forces de défense et de sécurité, à la police ainsi qu’à la gendarmerie, afin d’améliorer la coordination opérationnelle des différents corps de sécurité.

Cette initiative intervient quelques mois après le lancement du projet Dunia, présenté par les autorités comme la future « colonne vertébrale numérique » de l’administration publique centrafricaine.

Inscrit dans le Plan national de développement 2024-2028 (PND-RCA), Dunia vise à mettre en place un système intégré de gestion publique capable de soutenir la modernisation de l’État et la gouvernance numérique.

La première phase du programme concerne principalement la digitalisation des fonctions administratives transversales : gestion des ressources humaines, gestion électronique des documents, gestion budgétaire et logistique, suivi des projets publics ou encore systèmes de gestion des tâches.

La seconde phase prévoit le déploiement de modules métiers plus stratégiques liés notamment à la planification du développement national, à la modélisation macroéconomique, à la gestion statistique ainsi qu’au suivi des partenariats et accords de coopération.

Au cœur du dispositif figure également le Fichier central des projets, une plateforme nationale destinée à centraliser l’ensemble des projets portés par l’État, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires. Les autorités espèrent disposer, grâce à cet outil, d’une cartographie consolidée et géolocalisée des interventions sur le territoire afin d’améliorer la coordination et l’allocation des ressources.

Selon les estimations relayées par les autorités centrafricaines, la numérisation des processus administratifs pourrait permettre de réduire jusqu’à 70 % les délais de traitement des dossiers, tout en générant d’importantes économies sur les coûts de fonctionnement.

Malgré les ambitions affichées, plusieurs défis restent à relever pour garantir la réussite de cette transformation numérique.

La question énergétique demeure centrale, notamment pour assurer le fonctionnement continu des infrastructures critiques telles que les centres de données. La cybersécurité représente également un enjeu majeur dans un contexte d’augmentation des risques liés aux cyberattaques et à la protection des données sensibles de l’État.

À cela s’ajoutent les problématiques de maintenance des équipements, d’interopérabilité des systèmes et surtout de disponibilité des compétences techniques locales capables d’assurer la gestion et l’évolution des plateformes numériques.

Ces défis apparaissent d’autant plus importants que la République centrafricaine figure parmi les pays les moins avancés en matière d’e-gouvernement. Selon l’Indice de développement de l’administration électronique (EGDI) des Nations unies, le pays occupe la dernière place mondiale avec un score de 0,0947 sur 1, bien en dessous des moyennes africaine et mondiale.

Sur le plan de la cybersécurité, la Centrafrique figure également au dernier niveau du classement établi par l’Union internationale des télécommunications (UIT), illustrant l’ampleur des efforts encore nécessaires pour bâtir un écosystème numérique résilient et sécurisé.

Par Loic SOUOP

Cameroun : La colère des influenceurs web envers les autorités suite aux faits présumés de viol sur une élève de 4 ans

[DIGITAL Business Africa] – Les influenceurs web portent leur combat. Plusieurs figures des réseaux sociaux dénoncent les faits présumés de violence sexuelle sur une élève de 4 ans. En ligne et en présentiel, la colère ne retombe pas. Certains influenceurs webs se sont joints a la foule ce 28 mai 2026.

Leur mot d’ordre : ” Protégez nos enfants !” Un message aux autorités, qui ont investi l’établissement très tôt afin d’éviter tout débordement de la population venue se masser près du portail.

Sur le site des manifestations, la comédienne Raissa Chimala, le visage humecté, dit toute sa douleur.

Qui vous a fait du mal quand vous étiez enfants ? Laissez les enfants des autres grandir ! Les enfants ont le droit de grandir et de bien grandir !

Ce n’est pas de trop ???

Un mois ne passe pas sans qu’on n’entende ! À l’époque au moins les enfants pouvaient être dans la cour en train de jouer, l’enfant était chez le voisin, on le lavait même là-bas, on lui donnait à manger, il rentrait dormir chez lui.

Est-ce qu’aujourd’hui on peut encore faire ça ?

Aujourd’hui On ne peut plus vivre dans ces conditions-là ! On demande aux gens de comprendre la douleur des parents ! De comprendre ce qui est en train de se passer ! C’est fort ! C’est fort !

On fait comment ? On n’accouche plus ? C’est trop !

Tout ce qu’on demande, c’est que les choses changent. Qu’on protège de plus en plus les enfants. Qu’on laisse les enfants grandir, PARDON ! », a-t-elle dit.

 

L’influenceur Steve Fah, lui n’y va pas de morte morte.

“Qu’il y ait eu v*ol ou pas, face aux crimes qui visent les enfants depuis plusieurs mois dans notre pays, nous voulons la justice, mais aussi un véritable gouvernement …

je me rends compte qu’en réalité, il n’existe pas de gouvernement camerounais… juste une liste de ministères, dont le premier est dirigé par celui qui vient avant le second. C’est tout…

Dans un pays où il existe un véritable gouvernement, les autorités protègent le peuple et parlent d’une seule voix…

Selon les premiers éléments rapportés, la mère de l’enfant aurait dénoncé des faits survenus lundi 26 mai 2026 au sein de l’établissement. Sur la toile, l’annonce s’est répandue comme une traînée de poudre. Face à la tension, le sous-préfet de Yaoundé IV, Elvis Mbahangwen Akondi, a mobilisé les forces de maintien de l’ordre afin de sécuriser les lieux et prévenir tout débordement.

La délégation régionale du Centre du ministère de l’Éducation de base juge ces allégations « graves », et a instruit une enquête pour établir la lumière dans cette affaire.

Par Jean Materne Zambo

Égypte : Le Caire va « criminaliser explicitement les applications de paris » en ligne

[DIGITAL Business Africa] – L’Égypte veut désormais frapper fort contre les paris en ligne. Le Parlement égyptien s’apprête à examiner de nouveaux amendements législatifs visant à criminaliser explicitement les applications de paris en ligne, dans un contexte de durcissement global de la lutte contre les cybercrimes, la désinformation numérique et certaines dérives des plateformes en ligne.

À travers cette réforme, le Caire envoie un signal fort à l’ensemble du continent africain : les États africains commencent progressivement à considérer les plateformes de paris en ligne non seulement comme une activité économique numérique, mais aussi comme un enjeu de sécurité sociale, de protection des citoyens et de souveraineté numérique.

« Immédiatement après l’Aïd al-Adha, le gouvernement soumettra ces amendements afin notamment de criminaliser explicitement les applications électroniques de paris, récemment responsables de nombreuses victimes en l’absence d’un cadre juridique spécifique », a déclaré le président de la Commission des communications et des technologies de l’information à la Chambre des représentants, Ahmed Badawi, dans des déclarations au journal Al-Shorouk, mardi 27 mai.

Vers une criminalisation renforcée des plateformes de paris

Jusqu’ici, la législation égyptienne sanctionnait déjà certaines pratiques illégales, mais sans mentionner explicitement les paris en ligne comme infraction spécifique. Les nouvelles dispositions introduiront désormais cette qualification de manière explicite, assortie d’un durcissement important des peines.

Selon les autorités égyptiennes, la multiplication des plateformes numériques de jeux d’argent, souvent accessibles via smartphones et réseaux sociaux, favorise des phénomènes de dépendance, d’endettement, d’escroquerie et, parfois, de criminalité financière.

Le projet de loi prévoit une gradation des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité pour les infractions les plus graves, notamment lorsque les activités numériques sont liées à des atteintes à la stabilité nationale ou à des réseaux criminels organisés.

L’Égypte semble ainsi vouloir adapter son arsenal juridique à l’essor des usages numériques et à l’émergence de nouvelles formes de cybercriminalité alimentées par les applications mobiles et les plateformes numériques.

Les paris en ligne, nouveau défi de gouvernance numérique en Afrique

Cette évolution législative intervient alors que les paris sportifs et les jeux d’argent numériques connaissent une croissance spectaculaire sur le continent africain.

Portés par la démocratisation des smartphones, des paiements mobiles et des réseaux sociaux, les opérateurs de paris en ligne ciblent massivement la jeunesse africaine à travers des campagnes marketing agressives, des influenceurs et des applications ultra-accessibles.

Dans plusieurs pays africains, les plateformes de paris figurent désormais parmi les applications mobiles les plus téléchargées, notamment lors des grandes compétitions sportives internationales.

Mais cette expansion rapide soulève également des inquiétudes croissantes :

  • addiction des jeunes ;
  • surendettement ;
  • blanchiment d’argent ;
  • exploitation des données personnelles ;
  • escroqueries numériques ;
  • absence de mécanismes robustes de protection des mineurs ;
  • risques de manipulation via les réseaux sociaux.

Face à ces enjeux, plusieurs États africains commencent à renforcer leur surveillance réglementaire des plateformes de jeux d’argent numériques.

Un débat africain appelé à s’intensifier

Au-delà des seuls paris en ligne, la réforme égyptienne touche également à la diffusion de rumeurs sur Internet, aux contenus nuisibles et à la protection des enfants sur les réseaux sociaux.

Le Parlement travaille notamment sur un futur projet de loi consacré à la régulation de l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants, signe que la question de la gouvernance numérique devient progressivement centrale dans les politiques publiques africaines.

L’Égypte prévoit également de rendre gratuit l’accès aux sites gouvernementaux et éducatifs à partir du 1er juin 2026, tout en accélérant ses investissements dans la fibre optique et la fabrication locale de technologies et de smartphones.

Cette combinaison entre le contrôle réglementaire, l’inclusion numérique et la souveraineté technologique illustre une approche de plus en plus globale de la transformation digitale.

Pour de nombreux observateurs, l’initiative égyptienne pourrait ainsi inspirer d’autres pays africains confrontés à l’explosion des plateformes de paris en ligne et aux difficultés de régulation des nouveaux usages numériques.

Le débat sur l’encadrement des jeux d’argent numériques pourrait ainsi devenir, dans les prochaines années, un sujet majeur de politique publique, au même titre que l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou la protection des données personnelles.

Par Digital Business Africa

« L’intelligence artificielle doit être désarmée » : le Pape Léon XIV alerte sur les dérives de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – L’intelligence artificielle ne doit pas devenir un outil de domination, d’exclusion ou de destruction. C’est le message fort lancé par le Pape Léon XIV ce lundi 25 mai 2026 à l’occasion de la présentation officielle de sa première encyclique intitulée Magnifica humanitas, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

Depuis le Vatican, le souverain pontife a appelé à une prise de conscience mondiale face aux mutations provoquées par les technologies numériques, estimant que l’IA représente aujourd’hui une transformation historique comparable à la révolution industrielle du XIXᵉ siècle.

« L’intelligence artificielle doit être désarmée », a déclaré le Pape, plaidant pour une technologie « libérée des logiques qui en font un instrument de domination, d’exclusion ou de mort ».

Dans son discours prononcé en anglais, Léon XIV a insisté sur la responsabilité collective des États, des entreprises technologiques, des scientifiques et des citoyens face aux usages grandissants de l’intelligence artificielle dans la société moderne.

Le chef de l’Église catholique affirme avoir été interpellé par plusieurs signaux préoccupants : le développement de systèmes d’armes autonomes échappant au contrôle humain, l’usage d’algorithmes biaisés capables d’exclure certaines populations de l’accès aux soins ou à l’emploi, mais également le risque d’une société où les décisions automatisées remplaceraient progressivement le discernement humain.

« Lorsque la technologie affaiblit notre esprit critique, la paix elle-même est menacée », a averti le souverain pontife.

S’inspirant de l’encyclique Rerum Novarum publiée par Léon XIII en 1891 dans un contexte de bouleversements industriels, le Pape estime que l’Église ne peut rester silencieuse face aux transformations actuelles provoquées par le numérique et l’intelligence artificielle.

Pour Léon XIV, le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans la performance technologique, mais dans la capacité des sociétés à préserver la dignité humaine au cœur de la révolution numérique.

« Personne ne peut être réduit à la productivité, à la performance cognitive ou à de simples données », a-t-il insisté.

Le texte souligne également que l’intelligence artificielle doit être mise au service du bien commun et non des intérêts d’une minorité. Le Pape appelle ainsi à un contrôle public, à un discernement moral et à une gouvernance plus inclusive des technologies émergentes.

Dans un contexte mondial marqué par l’accélération des investissements dans l’IA générative, la robotique militaire et les plateformes algorithmiques, cette prise de position du Vatican intervient comme une voix éthique majeure dans le débat international sur l’avenir du numérique.

À travers Magnifica humanitas, Léon XIV invite finalement gouvernements, chercheurs, entreprises et citoyens à construire une intelligence artificielle centrée sur l’humain, la solidarité et la paix.

Par Loic Souop

Source : Vatican News

Intelligence artificielle : l’Église interpelle l’humanité sur la place de l’homme dans le monde numérique

[DIGITAL Business Africa] – Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les sphères économique, éducative, politique et sociale, les interrogations sur ses implications humaines deviennent de plus en plus profondes. Pour le Rév. Père Pr François Ndzana, Doyen de la faculté de Théologie de l’UCAC, le débat autour de l’IA dépasse largement le cadre technologique. Il touche directement à la compréhension même de l’homme et de sa place dans la société de demain.

Dans une déclaration accordée au poste national de la CRTV ce 26 mai 2026, l’universitaire et théologien souligne que l’encyclique publiée par le Pape dans le contexte de l’intelligence artificielle pose une question essentielle. Il s’agit de celle de la coexistence entre l’humain et les machines intelligentes.

« L’encyclique que le Pape publie dans le contexte de l’intelligence artificielle veut répondre à une question fondamentale : quelle est la place de l’intelligence artificielle au milieu des hommes ? »

Pour le religieux, cette réflexion ouvre un vaste chantier anthropologique. Derrière les avancées spectaculaires de l’IA se cache une interrogation plus profonde sur les limites de l’homme, sa dignité, mais également les ambitions du transhumanisme qui tendent à présenter la technologie comme un moyen de dépasser les capacités humaines naturelles.

« Tout le transhumanisme qui en découle veut nous montrer que l’homme peut être dépassé aujourd’hui. »

Cette prise de parole intervient dans un contexte mondial où les gouvernements, entreprises technologiques et institutions académiques multiplient les initiatives autour de l’intelligence artificielle, tout en cherchant à encadrer ses usages éthiques et sociétaux. En Afrique également, les débats sur la souveraineté numérique, l’éthique des données et l’impact social de l’IA prennent de l’ampleur.

À travers cette sortie, le débat sur l’intelligence artificielle quitte progressivement le seul terrain de la technologie pour investir celui des valeurs et de l’avenir des sociétés humaines.

Par Loic SOUOP

Zambie : à l’approche de la présidentielle, les nouvelles lois numériques font craindre un recul des libertés

[DIGITAL Business Africa] – En Zambie, l’adoption récente de nouvelles lois sur la cybersécurité et la cybercriminalité suscite de vives inquiétudes au sein des médias indépendants et des organisations de défense des droits humains. À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 13 août 2026, plusieurs acteurs du secteur dénoncent des textes jugés flous et potentiellement dangereux pour la liberté d’expression en ligne.

Adoptées par le Parlement en avril 2026 puis rapidement promulguées par le président Hakainde Hichilema, ces nouvelles dispositions sont officiellement présentées comme des outils destinés à lutter contre les fraudes numériques, les faux comptes, le harcèlement en ligne et les cybermenaces.

Mais pour de nombreux journalistes et observateurs, ces lois pourraient également ouvrir la voie à un renforcement du contrôle de l’espace numérique et à une surveillance accrue des voix critiques.

Joseph Mwenda, rédacteur en chef du média indépendant News Diggers, estime que certaines pratiques répressives réapparaissent désormais sous couvert de cybersécurité. Selon lui, les nouveaux textes accordent des pouvoirs particulièrement étendus aux forces de l’ordre, notamment en matière de perquisition et de saisie de données liées à la sécurité nationale.

Les inquiétudes portent surtout sur le caractère imprécis de certaines dispositions. Austin Kayanda, directeur du Media Institute of Southern Africa, pointe notamment une clause évoquant des sanctions pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison pour des personnes détenant « trop d’informations », sans définition claire de cette notion.

Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette absence de précision juridique crée un risque élevé d’interprétation abusive et pourrait favoriser des poursuites ciblant journalistes, lanceurs d’alerte ou opposants politiques.

Dans les rédactions, les effets se feraient déjà sentir. Charles Mafa, fondateur du centre de journalisme d’investigation indépendant Makanday, observe une montée de l’autocensure, notamment autour des sujets politiques et électoraux. Plusieurs journalistes éviteraient désormais certains thèmes sensibles par crainte de poursuites ou de sanctions.

Au-delà des médias, cette prudence gagne progressivement les citoyens eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux, certains internautes hésitent désormais à commenter l’actualité politique, redoutant des conséquences judiciaires.

Le gouvernement zambien défend toutefois ces réformes, estimant qu’elles sont indispensables pour sécuriser l’espace numérique national face à la montée des cybermenaces. Mais dans un contexte électoral particulièrement sensible, plusieurs organisations craignent que ces lois ne fragilisent davantage l’écosystème médiatique indépendant et la liberté d’expression en ligne.

Cette situation relance plus largement le débat sur l’équilibre entre cybersécurité et protection des libertés numériques en Afrique, alors que plusieurs pays du continent renforcent actuellement leurs arsenaux législatifs autour du numérique et de l’intelligence artificielle.

Par Loic SOUOP

Cameroun : Le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation veut dompter l’IA 

[DIGITAL Business Africa] – Chercheurs et professionnels des technologies se réunissent à Yaoundé pour renforcerla confiance numérique. Le Comité National des Technologies (CNDT) , un organe technique du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation organise un symposium sur le thème : « Intelligence artificielle et souveraineté numérique au Cameroun : Bâtir les datacets de confiance et sécuriser l’écosystème algorithmique”. 

L’algorithme et la donnée, deux concepts clés de l’intelligence artificielle. Ils aident formuler des instructions qui seront adressées aux ordinateurs afin que ceux résolvent des problèmes complexes. Plusieurs experts estiment que les algorithmes sont programmés pour capter votre attention via des flux infinis et découragent l’effort intellectuel et peuvent réduire la capacité de concentration.

Les systèmes de recommandation des réseaux sociaux (comme TikTok, Instagram ou YouTube) analysent par exemple vos clics et le temps de visionnage pour vous proposer du contenu ultra-personnalisé. Ils alternent entre surprises et récompenses rapides, ce qui crée une dépendance.

L’initiative du MINRESI s’inscrit dans le cadre de l’ambition affichée du gouvernement de promouvoir une intelligence artificielle saine dans toutes les administrations.

Le Dr Patrice Ele Abiama, Secrétaire permanent du CNDT a insisté sur les atouts économiques de l’IA, qui selon lui constitue une source de revenus, notamment à travers la commercialisation des données numériques suivant les normes réglementaires.

Comme lui, le professeur Marcelin Nkenlifack, enseignant d’informatique à l’Université de Dschang, a présenté les potentialités qu’offre l’Intelligence artificielle pour le développement et la nécessité de mettre en place des outils efficaces de collecte, de conservation et de protection des données numériques au Cameroun.

C’est d’ailleurs le combat que mène l’UNESCO. L’organisation internationale a œuvré pour la création de la Plateforme Nationale de l’Éthique de l’IA. Cette plateforme a conduit des analyses sectorielles, des consultations institutionnelles et une collecte structurée de données.

Ce travail a abouti à un atelier national de restitution et de validation technique en décembre 2025. Reste maintenant l’adoption de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle dont l’élaboration a été annoncée depuis 2025.

Par Jean Materne Zambo

Sam Altman avoue s’être trompé sur la fin annoncée de certains métiers au profit de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Volte-face de Sam Altman sur le rôle de l’IA. Le patron d’OpenAI a reconnu que l’humain aura toujours sa place en entreprise. Le directeur général d’Open AI est intervenu ce mardi 26 mai 2026 lors d’une conférence de la Commonwealth Bank of Australia organisée à Sydney, Australie. Sam Altman a reconnu qu’il avait minimisé l’intelligence humaine avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

« Je suis ravi de m’être trompé sur ce point, je pensais que l’impact sur la suppression des emplois de cols blancs débutants aurait été plus important qu’il ne l’a été en réalité (…), mais c’est un domaine où mon intuition était tout simplement fausse », a dit Sam Altman.

Petit rappel: l’intelligence artificielle produit un premier niveau de travail, une synthèse, un brouillon, une proposition de réponse, un modèle de base. Puis l’humain corrige, adapte et décide. Les premiers bénéficiaires sont les organisations. Moins de temps passé sur les tâches d’exécution, et corrélativement des gains engrangés.

Sam Altman avait assurément omis cet aspect d’assistance où c’est l’humain qui détient le dernier mot. En 2025, le PDG Sam Altman avait prédit qu’en 2030, l’IA automatiserait jusqu’à 40 % des emplois dans le monde. Mais il soulignait que des professions entières ne disparaîtront pas instantanément. Tout en précisant que de nombreux rôles, comme le support client, sont déjà pris en charge par des systèmes d’IA plus intelligents.

Les métiers les plus exposés sont ceux qui reposent sur des tâches répétitives, standardisées ou à faible valeur ajoutée. Les emplois nécessitant de l’empathie, comme ceux des enseignants et des infirmiers, devraient être plus sûrs.

Pour éviter l’apocalypse, Sam Altman a encouragé les gens à maîtriser l’apprentissage eux-mêmes, afin qu’ils puissent s’adapter rapidement à de nouveaux paysages professionnels.

Par Jean Materne Zambo

Comm’ électronique : La Communauté d’Afrique de l’Est EAC prépare un cadre pour l’harmonisation d’itinérance mobile

[DIGITAL Business Africa] – La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) va tenter d’améliorer l’expérience de consommateur dans la sous-région. La RDC, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi se réunissent à travers leurs régulateurs des télécommunications en Tanzanie pour réduire les coûts des communications transfrontalières et de soutenir la construction d’un marché numérique unique au sein de la région. C’est ce qui ressort d’un communiqué signé par m’ EAC ce 25 mai 2026.

Pour l’organisation, les conséquences des tarifs élevés, de la mauvaise qualité des services sont particulièrement visibles chez les commerçants transfrontaliers, les transporteurs, les étudiants, les touristes et les entreprises qui dépendent fortement des services mobiles lors de leurs déplacements.

« Une communication abordable et fluide au-delà des frontières est essentielle pour approfondir l’intégration régionale et permettre aux citoyens de participer pleinement à l’économie numérique », a déclaré Andrea Ariik Malueth.

Les travaux qui courent jusqu’au 29 mai 2026 s’inscrivent dans le cadre du Comité technique sur les télécommunications. Ces consultations réunissent des régulateurs, des experts du numérique, des décideurs politiques ainsi que plusieurs partenaires régionaux.

Un cadre régional devra émerger de ces consultations avec pour ambition l’harmonisation de la protection des consommateurs, l’introduction de tarifs basés sur les coûts réels, le renforcement des mécanismes de régulation ainsi que l’amélioration de la qualité des services.

Les recommandations seront soumises au Conseil sectoriel des transports, des communications et de la météorologie de l’EAC pour examen et adoption, une étape jugée importante vers un espace numérique régional plus intégré.

Un premier cadre régional de cette nature avait déjà été adopté 2014 en plus de la mise en œuvre de l’initiative « One Network Area ». Malgré quelques avancées, les coûts des appels, des SMS et des données mobiles demeurent élevés, regrettent les dirigeants de l’ EAC.

Par Jean Materne Zambo