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OSIANE 2026 : La startup gabonaise “Consultant Ga” décroche 10.000 euros pour le premier prix du Challenge Startup Bassin du Congo

[DIGITAL Business Africa] – L’hégémonie gabonaise se dessine dans l’écosystème startup en Afrique centrale. La startup gabonaise “Consultant Ga” a reçu le premier prix du Challenge Startup Bassin du Congo au salon OSIANE 2026. Un chèque de 10 000 euros a été remis à son promoteur Pelen Laakuba ce 5 juin 2026. Consultant Ga est un réseau diplomatique innovant visant à faciliter les démarches administratives.

Cette reconnaissance rappelle un certain Fulgence Menouho, co-fondateur de Cabalou, une plateforme web de réservation d’hébergement pour voyageurs d’affaires. La startup a été déclaré a remport le Challenge startup Bassin du Congo lors de l’édition 2024. Le Gabon est ainsi sacré du  Challenge Startup Bassin du Congo pour la deuxième  fois en 4 édition du concours. La RDC et le Congo ont remporté les deux autres éditions.

Cette édition anniversaire a permis à l’équipe dirigeante du salon de mettre en lumière des initiatives, des talents et des projets porteurs de valeur pour l’écosystème numérique. Son objectif était de renforcer la place du Congo dans la dynamique du numérique et de faire de la République du Congo un acteur de référence du numérique au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale.

Le promoteur du Salon OSIANE, Luc Missidimbazi, a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des partenaires pour leur engagement, leur confiance et leur accompagnement tout au long de cette édition baptisée Kokoba.

La 10e édition du Salon international de la tech et de l’innovation d’Afrique (Osiane) s’est tenue, du 2 au 5 juin, au Centre international de conférence de Kintélé, une banlieue située au Nord de Brazzaville.

Des panels ont été animés par des experts autour de plusieurs thématiques. Donc la principale « Comment construire des écosystèmes numériques à forte valeur ajoutée en Afrique centrale ? »

Les panelistes ont débattu des stratégies à mettre en exergue pour bâtir des écosystèmes d’innovation performants, d’un nouveau modèle de leur financement, du service universel, de la souveraineté et de la gestion de l’identité numérique.

De plus, deux conférences ont été animées par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information dont l’une a porté sur la cybersécurité en Afrique centrale.

Par Jean Materne Zambo

Paiements des jeux en ligne : MTN Mobile Money et Orange Money coupent les agrégateurs ; la question de l’opérateur unique refait surface. Nouvelle centralisation ?

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert. Par Marcel Aimé Roland ENDAMEYO] – La suspension des agrégateurs de paiement par MTN Mobile Money et Orange Money, à la suite de la redirection des flux des jeux en ligne vers CINETPAY, souligne une question centrale : assiste-t-on au retour d’un opérateur unique dans le traitement des paiements du secteur des jeux en ligne ?

Le sujet n’est pas simplement technique. Il touche à la cohérence de l’action administrative, à la régulation des flux financiers numériques, à la concurrence entre agrégateurs et à la sécurité d’un secteur exposé aux risques de fraude, de sous-déclaration et de blanchiment.

Les faits antérieurs sont pourtant clairs. Par correspondance du Secrétariat Général de la Présidence de la République, les Très Hautes Instructions avaient conduit à la reprise des activités des opérateurs du secteur des jeux sans intermédiation obligatoire d’INTOUCH.

Le MINPOSTEL avait ensuite demandé à Mobile Money Corporation et à Orange Money de rétablir le trafic des agrégateurs concernés, en rappelant que la suspension totale ou partielle de leur trafic pouvait contrevenir aux dispositions applicables.

Le MINAT avait lui-même levé la mesure de centralisation, en indiquant que les entreprises agréées pouvaient désormais exercer avec les partenaires librement choisis, sous réserve du respect des lois et règlements.

Cette doctrine administrative reposait donc sur trois principes : fin de l’intermédiation obligatoire, rétablissement des agrégateurs conformes et liberté encadrée de choix des partenaires techniques.

Or, la redirection actuelle des flux vers CINETPAY semble produire l’effet inverse. En pratique, les paiements sont orientés vers un seul opérateur ; les agrégateurs précédemment actifs sont coupés ou suspendus ; les opérateurs mobiles exécutent une mesure qui aboutit à une concentration des flux. Le nom de l’agrégateur change, mais le mécanisme demeure : un acteur privé est placé au centre du dispositif.

Il ne s’agit donc pas seulement d’un mécanisme de contrôle. Il s’agit d’une centralisation de fait.

Sur le plan réglementaire, une telle mesure doit être strictement justifiée. Le contrôle des chiffres d’affaires des jeux en ligne est légitime. La traçabilité des transactions est nécessaire. La protection des recettes publiques est impérative. Mais ces objectifs ne commandent pas automatiquement la désignation d’un opérateur unique. Ils peuvent être atteints par des outils moins restrictifs : reporting obligatoire, interconnexion technique, API de supervision, audit des transactions, rapprochement automatisé des flux, certification de sécurité, transmission périodique des données aux administrations compétentes.

La centralisation exclusive expose le dispositif à trois risques majeurs : un risque concurrentiel, en écartant brutalement des agrégateurs déjà opérationnels et investis ; un risque opérationnel, en créant un point unique de dépendance pour l’ensemble des flux ; et un risque de conformité, dès lors que la concentration de paiements sensibles exige une diligence renforcée sur le profil, la sécurité et les antécédents de l’opérateur retenu.

La question de fond est donc simple : le dispositif vise-t-il réellement à contrôler les flux des jeux en ligne, ou à conférer à CINETPAY une position d’opérateur central ?

En l’absence de clarification, la mesure actuelle donne le sentiment d’une reconstitution du dispositif précédemment écarté : hier INTOUCH, aujourd’hui CINETPAY. Et demain ?

Paiements des jeux en ligne : MTN Mobile Money et Orange Money coupent les agrégateurs ; la question de l’opérateur unique refait surface. Nouvelle centralisation ?Par Marcel Aimé Roland ENDAMEYO,

Expert des questions digitales

NB : La rédaction de Digital Business Africa n’a pas participé à cet avis d’expert

Coopération : Le Cameroun et la Corée du Sud renforcent leur partenariat numérique

[DIGITAL Business Africa] – L’étincelle de l’union Cameroun-Corée du Sud n’est pas proche de pâlir. Les deux pays se rapprochent davantage. Invité à Séoul dans le cadre de la Réunion des Ministres des Affaires étrangères Corée-Afrique, tenue du 31 mai au 2 juin 2026, S. E. Lejeune Mbella Mbella a exhorté le président de la République de Corée, S. E. Lee Jae-Myung, à renforcer la coopération entre les deux pays. Les domaines violés en particulier étant l’intelligence artificielle, la transformation numérique et l’agriculture en vue de la mise en œuvre de la SND 2030.

La Réunion des Ministres des Affaires étrangères Corée-Afrique s’est conclue par l’adoption de la Déclaration conjointe Corée-Afrique 2026, qui acte la tenue du prochain sommet Corée-Afrique en 2029.

Le portefeuille total de développement de la Corée du Sud au Cameroun a atteint environ 93 milliards de francs CFA, dont environ 45 % ont été décaissés sous forme de dons. La KOICA (Agence coréenne de coopération internationale), partenaire du Cameroun depuis 2011, est une organisation gouvernementale sud-coréenne chargée de l’aide publique au développement. La KOICA se concentre sur la digitalisation de l’administration publique (projet Smart Campus et système COLEPS), l’éducation, la santé et l’accès à l’eau potable.

Sur le plan de la gouvernance, la KOICA soutient la transformation digitale des affaires publiques camerounaises. Et ce à travers le projet de dématérialisation des marchés publics et la construction d’infrastructures technologiques pour les grandes écoles de l’administration.

Sur le plan de l’éducation et de l’inclusion, l’agence coréenne finance des programmes visant à garantir un avenir meilleur aux enfants, à l’instar d’un récent partenariat avec l’UNICEF pour renforcer l’accès à l’éducation dans la région de l’Est.

La KOICA offre également des bourses pour les fonctionnaires et professionnels camerounais, en plus d’envoyer des volontaires sur le terrain pour partager leur savoir-faire technique.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : Les opérateurs de téléphonie mobile sommés de bloquer systématiquement les appareils non dédouanés

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre des Finances frappe du poing sur la table. Dans un communiqué signé ce 4 juin 2026, Louis Paul Motaze interpelle les opérateurs de téléphonie mobile au sujet du nouveau mécanisme des droits et taxes de douanes applicables aux téléphones importés.

Les opérateurs de téléphonie mobile sont sommés d’accélérer et de finaliser la mise en œuvre des mesures techniques nécessaires. La collaboration entre MTN, Orange avec les autorités compétentes reste fortement recommandée.

Le communiqué du ministère rappelle aux opérateurs leur responsabilité dans l’application de cette réglementation. En réitérant qu’une connexion au réseau local d’un terminal non dédouané pourrait engager la responsabilité fiscale de l’opérateur de téléphonie concerné, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Le communiqué instruit les opérateurs de téléphonie mobile de poursuivre la phase pilote du dispositif de restriction d’accès au réseau local pour les téléphones portables introduits frauduleusement ou importés sans paiement préalable des droits et taxes de douane. Une mesure qui s’inscrit dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte des recettes douanières prévu par la loi de finances 2023.

La sortie du MINFI est consécutive à la réunion de concertation du 22 mai 2026 tenue par MTN Cameroon et Orange Cameroun concernant la lutte contre l’importation et l’utilisation de téléphones non dédouanés au Cameroun.

La douane avait enjoint aux opérateurs de couper l’accès au réseau local à environ 700 000 téléphones portables et tablettes non dédouanés entrés au Cameroun depuis le 1ᵉʳ avril 2026. La mesure de coupure réseau par IMEI avait été programmée pour prendre effet à partir du lundi 25 mai 2026.

Par Jean Materne Zambo

AfCFTA Startup Partnership Program : la Zlecaf et la Korea-Africa Foundation lancent un programme d’accélération pour 30 startups africaines [Postulez]

[DIGITAL Business Africa] – Les startups africaines désireuses de conquérir les marchés internationaux disposent désormais d’une nouvelle opportunité. Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et la Korea-Africa Foundation viennent de lancer l’édition 2026 de l’« AfCFTA Startup Partnership Program », une initiative destinée à accompagner une trentaine de jeunes entreprises innovantes africaines dans leur développement international.

À travers ce programme, les deux organisations entendent renforcer la compétitivité des startups africaines, faciliter leur accès aux marchés internationaux et encourager les partenariats commerciaux et les investissements transfrontaliers. L’initiative s’inscrit également dans la dynamique de mise en œuvre de la Zlecaf, qui vise à stimuler le commerce intra-africain tout en renforçant l’intégration du continent dans les chaînes de valeur mondiales.

Un programme d’accélération tourné vers l’international

Selon les informations publiées par le Secrétariat de la Zlecaf, environ 30 startups africaines seront sélectionnées pour bénéficier d’un programme structuré d’accélération. Celui-ci vise à améliorer leur préparation à l’investissement, leur accès aux marchés et leur capacité à nouer des partenariats stratégiques à l’échelle internationale.

Les entreprises retenues bénéficieront notamment d’un accompagnement destiné à :

  • renforcer leur compétitivité et leur capacité de croissance ;
  • préparer leur entrée sur le marché sud-coréen et d’autres marchés internationaux ;
  • développer des opportunités d’investissement et de partenariats commerciaux ;
  • accélérer la commercialisation de solutions innovantes dans les secteurs prioritaires de la Zlecaf.

Fintech, e-commerce, logistique, climat : plusieurs secteurs concernés

L’appel à candidatures s’adresse aux startups africaines présentant des modèles économiques innovants et évolutifs, avec une ambition claire d’expansion internationale.

Les secteurs ciblés comprennent notamment :

  • la fintech ;
  • le commerce électronique ;
  • la logistique ;
  • l’agritech ;
  • l’industrie manufacturière ;
  • les plateformes numériques ;
  • les technologies climatiques (Climate Tech) ;
  • ainsi que d’autres secteurs innovants alignés sur les priorités de la Zlecaf.

Les organisateurs précisent que les candidats devront démontrer leur capacité à se développer à l’international et leur intérêt pour les marchés coréen et mondial.

Une opportunité stratégique pour les startups africaines

Au-delà du financement potentiel, ce programme constitue une opportunité de visibilité et d’ouverture vers l’écosystème technologique sud-coréen, l’un des plus dynamiques au monde. Pour de nombreuses jeunes pousses africaines, il pourrait représenter une porte d’entrée vers de nouveaux partenaires industriels, investisseurs et réseaux d’innovation.

Cette initiative intervient dans un contexte où la Zlecaf multiplie les actions visant à soutenir l’entrepreneuriat, l’innovation et la transformation numérique du continent africain. Elle témoigne également du renforcement des relations économiques entre l’Afrique et la Corée du Sud autour des secteurs technologiques et de l’économie numérique.

Comment postuler ?

Les candidatures sont ouvertes du 1er au 14 juin 2026.

Les startups intéressées doivent remplir le formulaire de candidature en ligne mis à disposition par les organisateurs avant la date limite.

Pour toute information complémentaire, les porteurs de projets peuvent contacter l’équipe du programme à l’adresse : [email protected].

Les informations détaillées sur le programme et les modalités de participation sont disponibles sur le site officiel de la Zlecaf.

Claudy Siar, le choix fort de Romuald Wadagni pour renforcer le branding du Bénin

[DIGITAL Business Africa] – Chez Claudy Siar, les bonnes nouvelles se bousculent. Chantre du panafricanisme et acteur majeur de la lutte contre les discriminations, du dialogue interculturel, Claudy Siar vient d’être nommé ce 3 juin 2026 chargé de mission du président de la République du Bénin, S.E Romuald Wadagni, à la culture, aux médias et à la visibilité. Cela juste après avoir reçu le 22 mai 2026 son attestation de nationalité.

Avec cette nouvelle fonction, l’ex-employé de RFI est sans doute investi d’une mission de renforcer la visibilité en ligne du Bénin et en dehors. Nous avons demandé au modèle de langage ChatGPT d’analyser l’e-réputation de l’homme. Et voici la réponse : Claudy Siar récolte la note de 8,7/10.

“Claudy incarne davantage une marque média panafricaine « comparable dans l’espace francophone africain à certaines grandes figures d’influence culturelle et politique », ajoute l’outil, qui donne ses critères de notation.

Notoriété numérique 9,5/10

Influence en Afrique francophone 10/10

Cohérence de marque 9/10

Performance vidéo courte 6/10

Monétisation digitale 7/10

Leadership d’opinion 10/10

Capacité de mobilisation 9/10

Ces données sont le reflet d’une présence en ligne multicanal. Pour sa page Facebook, Claudy Siar compte plus d’un million d’abonnés. Mais il devra transformer son immense capital de réputation en un écosystème numérique durable et sortir de sa zone de confort qui est l’audiovisuel.

Pour cela, il pourrait lancer : une newsletter panafricaine premium ; une chaîne YouTube d’analyse géopolitique africaine ; un podcast vidéo hebdomadaire ; une plateforme « Génération Consciente » structurée en média digital ; une académie en ligne dédiée aux médias et au leadership africain.

Son premier soupir, il le livre à Paris. Mais le petit Claudy Siar est originaire de la Guadeloupe, un territoire d’outre-mer. Il grandit en région parisienne avant de se lancer très jeune dans l’univers des médias. Il débute sa carrière au début des années 1980, d’abord dans le théâtre puis dans la radio communautaire.

Figure emblématique du paysage audiovisuel, Claudy Siar aura passé plus de trois décennies à Radio France internationale (RFI) en animant son émission mythique « Couleurs tropicales ». Une tribune qui lui a permis de tisser les relations entre l’Afrique et sa diaspora.

Claudy Siar a aussi le mérite d’avoir animé ou produit plusieurs émissions à forte audience consacrées à la culture afro-caribéenne. Notamment Africastar, The Voice Afrique francophone et de nombreux événements culturels internationaux.

Par Jean Materne Zambo

Burkina Faso : « Dɛmɛ Sira », la plateforme qui digitalise l’élan de solidarité nationale

[DIGITAL Business Africa] – Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de ses politiques publiques sociales. Le gouvernement a officiellement lancé, ce mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou, la plateforme numérique « Dɛmɛ Sira », une initiative destinée à mobiliser la solidarité nationale à travers les outils digitaux.

La cérémonie de lancement a été présidée par la ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré, en présence de la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, marraine de l’événement.

Signifiant « la voie de la solidarité », Dɛmɛ Sira se présente comme une plateforme numérique conçue pour faciliter la contribution citoyenne aux actions sociales et humanitaires en faveur des populations vulnérables. Accessible aux Burkinabè vivant sur le territoire national comme au sein de la diaspora, l’outil ambitionne de créer un canal direct, transparent et plus accessible de participation aux initiatives de solidarité publique.

Disponible via le portail institutionnel du ministère en charge de la Solidarité, la plateforme s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’action publique et d’intégration du numérique dans les mécanismes de gouvernance sociale.

Dans son intervention, la ministre de la Famille et de la Solidarité a souligné que cette initiative traduit la volonté des autorités de bâtir un modèle de solidarité plus inclusif, reposant sur les opportunités offertes par les technologies numériques. Elle a également salué l’engagement des équipes techniques et institutionnelles ayant contribué à la conception et au déploiement de cette solution.

À travers Dɛmɛ Sira, le gouvernement burkinabè cherche ainsi à renforcer les mécanismes de mobilisation citoyenne, tout en améliorant l’efficacité, la traçabilité et l’accessibilité des actions sociales au bénéfice des populations les plus fragiles.

Cette initiative illustre également la montée en puissance des plateformes publiques numériques en Afrique, désormais utilisées non seulement pour les services administratifs, mais aussi comme leviers d’engagement citoyen et de cohésion sociale.

Par Loic souop

Source : MTDPCE

IA : Microsoft prend ses distances avec OpenAI et dévoile MAI, sa nouvelle arme technologique

[DIGITAL Business Africa] – Longtemps associée aux avancées d’OpenAI, société à l’origine de ChatGPT dans laquelle elle a investi plusieurs milliards de dollars, Microsoft ouvre désormais un nouveau chapitre de sa stratégie en intelligence artificielle : celui de l’autonomie technologique.

À l’occasion de sa conférence Build 2026, le géant américain du logiciel a dévoilé MAI (Microsoft AI), sa nouvelle famille de modèles d’intelligence artificielle conçus en interne pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA : raisonnement, génération d’images, voix, transcription et développement logiciel.

Sous l’impulsion de Mustafa Suleyman, responsable de l’IA chez Microsoft et ancien cofondateur de DeepMind, l’entreprise affiche explicitement son ambition : réduire sa dépendance aux technologies tierces et renforcer la maîtrise de ses propres infrastructures d’intelligence artificielle.

La famille MAI comprend donc sept modèles :

  • MAI Image-2.5
  • MAI Image-2.5 Flash
  • MAI Transcribe-1.5
  • MAI Thinking-1
  • MAI Voice-2
  • MAI Voice-2 Flash
  • MAI Code-1 Flash

Le modèle phare est MAI-Thinking-1, présenté comme le premier modèle de raisonnement développé entièrement par Microsoft. Selon l’entreprise, il a été entraîné « from scratch », sans recourir à des techniques de distillation consistant à reproduire les réponses d’un modèle existant.

Avec ses 35 milliards de paramètres actifs, Microsoft indique avoir privilégié un équilibre entre performances et efficacité économique, plutôt qu’une course à la taille des modèles.

L’entreprise assume désormais une posture concurrentielle plus affirmée face aux acteurs dominants du secteur.

Selon les résultats communiqués par l’entreprise, MAI-Thinking-1 aurait obtenu des performances comparables aux références actuelles sur certaines évaluations de code et de raisonnement. Microsoft affirme également que son modèle d’image MAI Image-2.5 dépasserait certains standards du marché sur des benchmarks internes.

Ces annonces restent toutefois à interpréter avec prudence : les résultats n’ont pas encore été largement validés par des évaluations indépendantes.

Au-delà des performances, le signal envoyé au marché est fort : Microsoft ne se positionne plus uniquement comme fournisseur d’infrastructures ou partenaire d’OpenAI, mais comme constructeur de modèles d’IA à part entière.

La stratégie dépasse largement la compétition sur les benchmarks. Microsoft met en avant un modèle de développement fondé sur des données propriétaires et sous licence commerciale, avec un accent particulier sur le contrôle des environnements d’exécution et la protection des données.

Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large du secteur : rapprocher l’intelligence artificielle des utilisateurs et des entreprises, en limitant autant que possible la dépendance aux plateformes externes.

Les modèles MAI seront également disponibles au-delà de l’écosystème Microsoft, notamment via des plateformes spécialisées comme Fireworks AI, Baseten ou OpenRouter.

Si les performances réelles devront encore être confirmées sur le terrain, une chose apparaît déjà plus claire : après avoir contribué à accélérer l’essor d’OpenAI, Microsoft veut désormais démontrer qu’il peut imposer sa propre vision de l’intelligence artificielle.

Par Loic SOUOP

Le digital ne manque pas de technologie. Il manque d’humains

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert. Par Nabou Fall] – On continue de traiter la transformation digitale comme un enjeu technologique. C’est une lecture incomplète.

Les organisations n’ont jamais été aussi bien équipées : cloud, data, intelligence artificielle. Pourtant, une grande partie des projets digitaux ne tire pas pleinement parti de leur potentiel. Le problème n’est pas l’outil. Il est humain.

En Afrique comme ailleurs, les entreprises accélèrent leur digitalisation. Les investissements technologiques se multiplient. Les plateformes évoluent. Les outils deviennent plus puissants. Pourtant, sur le terrain, les difficultés restent souvent les mêmes : résistance au changement, manque d’adhésion, difficultés de collaboration, silos et incompréhensions.

D’ailleurs, selon une récente étude Audencia x IFOP, 66 % des cadres considèrent désormais les compétences liées à la data et à l’intelligence artificielle comme incontournables. La question n’est donc plus de savoir si nous devons adopter ces technologies. La vraie question est de savoir comment les humains vont évoluer avec elles.

Les soft skills qui déterminent la trajectoire

Une observation revient avec une remarquable constance au sein des organisations engagées dans leur transformation digitale : les compétences techniques permettent d’entrer dans le jeu. Mais ce sont les soft skills qui déterminent la trajectoire.

Ce ne sont pas les plus compétents sur le plan technique qui évoluent le plus vite.

Ce sont ceux qui savent :

  • Structurer leur pensée
  • Communiquer clairement dans des environnements complexes
  • Collaborer efficacement avec des profils non techniques
  • Naviguer dans les dynamiques d’équipe et de pouvoir

Dans un environnement digital, la performance ne se joue plus uniquement sur la maîtrise des outils. Elle se joue dans la capacité à créer de la compréhension, de l’adhésion et de l’alignement.

L’intelligence artificielle accentue ce basculement. Elle automatise l’exécution, accélère la production et réduit la valeur marginale de certaines expertises techniques. En revanche, elle augmente la valeur des compétences humaines : discernement, esprit critique, capacité à poser les bonnes questions.

La performance durable repose sur les environnements humains

Une étude de Grey Search Africa montre également que la nouvelle génération de talents africains privilégie de plus en plus le sens, la culture managériale et l’équilibre humain au sein de l’entreprise. Ce signal est fort. Il nous rappelle que la performance durable ne repose pas uniquement sur les technologies que nous déployons, mais aussi sur les environnements humains que nous construisons.

La transformation digitale est donc avant tout une transformation comportementale. Les résistances observées sur le terrain ne sont pas techniques. Elles sont liées à la peur, à l’incertitude et à la difficulté à changer de posture.

Dans ce contexte, les managers techniques font face à un défi majeur : passer d’un rôle d’expert à un rôle de leader. Cela implique de développer des compétences souvent sous-estimées dans les parcours techniques : communication, influence, gestion des tensions et intelligence émotionnelle.

Sans ces compétences, les équipes ralentissent, les projets se fragmentent et la performance devient instable.

À l’inverse, les organisations qui investissent dans les soft skills créent un avantage concurrentiel durable. Elles développent des équipes capables de s’adapter, de collaborer efficacement et de prendre des décisions dans l’incertitude.

Le digital n’a jamais manqué de technologie. Mais il manque encore, trop souvent, de femmes et d’hommes capables de lui donner du sens.

Et en Afrique, où les transformations sont rapides et où les organisations doivent innover tout en composant avec des réalités humaines, culturelles et générationnelles complexes, cet enjeu devient d’autant plus stratégique.

Dans l’économie numérique, la différence ne se fait plus entre ceux qui maîtrisent les outils et les autres.

Elle se fait entre ceux qui savent les utiliser et ceux qui savent leur donner du sens.

L’Afrique n’a pas seulement besoin de davantage de technologie.

Elle a besoin de femmes et d’hommes capables de transformer la technologie en vision, la transformation en adhésion et l’innovation en progrès collectif.

C’est là que se construira son véritable avantage concurrentiel.

Par Nabou Fall, CEO de NFA Group

 

Bio express

Nabou Fall ou le leadership centré sur les soft skills

Nabou Fall est la CEO de NFA Group, experte en leadership et architecte de la transformation humaine.

Ancienne dirigeante dans les télécommunications en Afrique, elle accompagne des organisations, des institutions et des comités exécutifs dans leurs enjeux de transformation, d’exécution, de performance et de leadership, en plaçant l’infrastructure humaine au cœur de la création de valeur.

À travers ses interventions, formations et programmes exécutifs, elle développe une approche du leadership centrée sur les soft skills, l’intelligence émotionnelle, l’influence et l’adaptation des organisations africaines aux mutations du monde contemporain.

X : @Naboufall

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/naboufall

 Sources :

Étude Audencia x IFOP 2026 sur les compétences, l’intelligence artificielle et les enjeux RH.

Grey Search Africa, tendances RH et attentes des talents africains 2025.

Numéros fixes virtuels et services A2P : un enjeu stratégique pour la régulation numérique en Afrique – le cas du Cameroun

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert. Par Dr.-Ing. Pierre-François KAMANOU] – La récente actualité sur la volonté du régulateur nigérian (NCC) de mieux encadrer le marché naissant des opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO ) mérite une attention particulière au Cameroun et dans les autres pays d’Afrique francophone en général.

Ainsi, la NCC poursuit sa stratégie d’ouverture progressive du secteur des communications électroniques à de nouveaux opérateurs locaux de téléphonie mobile, après avoir encadré le segment du marché des agrégateurs SVA il y a cinq ans.

En effet, afin de favoriser le développement des opérateurs locaux de l’écosystème numérique et de stimuler l’innovation, les opérateurs mobiles au Nigeria ne sont pas autorisés à fournir directement des services A2P (Application-to-Person) de téléphonie à valeur ajoutée sur le marché de détail, qu’il s’agisse d’entreprises fournisseuses de SVA ou non. Ces activités sont exercées par des agrégateurs SVA licenciés disposant de conventions d’interconnexion avec ces opérateurs mobiles.

Il est également intéressant de constater que, dans le cadre du renforcement de la coopération régionale et du partage des meilleures pratiques réglementaires, le Directeur général de l’Agence de Régulation des Télécommunications du Cameroun (ART) a conduit, le 6 mai 2026, une délégation pour une visite de travail auprès de la NCC, afin de s’inspirer du modèle nigérian pour moderniser la régulation numérique camerounaise, comme publié sur le site web de l’ART.

Cette réflexion apparaît aujourd’hui d’autant plus cruciale que l’ART accuse un retard significatif dans l’encadrement des différents segments de marché pertinents dans les secteurs des communications électroniques et du numérique, en raison de l’absence, sur son site web, de décisions y relatives, alors qu’on y dénombre une liste de 144 « opérateurs » locaux, en plus des 3 opérateurs concessionnaires (Camtel, Orange, MTN).

Cette contribution porte essentiellement sur le segment de marché des services A2P (Application-to-Person) de téléphonie professionnelle sur numéros fixes virtuels et, plus largement, sur la mise en place d’un cadre d’identification numérique des personnes morales, dans l’économie numérique nationale.

1. Les services A2P de téléphonie professionnelle : infrastructure invisible de l’économie numérique

Contrairement aux services P2P (Person-to-Person) destinés aux échanges interpersonnels entre abonnés mobiles et fixes, les services A2P constituent désormais l’infrastructure de communication des plateformes d’application dans l’économie numérique. Ils permettent notamment aux banques, administrations, entreprises, startups, opérateurs de e-commerce, opérateurs de centre de contact, etc. de communiquer avec les consommateurs mobiles via des conversations, OTP, notifications, alertes, transactions de paiement et interactions de service client.

Il convient de préciser que, dans les pays occidentaux, on distingue deux catégories de services A2P de téléphonie professionnelle :

  • les services A2P voix/SMS à valeur ajoutée sur des identifiants de services : numéros SVA, noms-émetteur SMS ;
  • les services A2P voix/SMS de base sur des identifiants d’abonné personne morale : numéros fixes virtuels, sous la dénomination 10DLC aux États-Unis et « numéros polyvalents » en France.

À noter que l’existence de cette catégorie de services a donné naissance à un nouveau marché des communications professionnelles sous le terme CPaaS (Communication Platform as a Service), en plein essor et développé par un grand nombre d’opérateurs locaux alternatifs en partenariat avec les opérateurs locaux de téléphonie fixe. Selon plusieurs rapports statistiques, le marché mondial du CPaaS, estimé à 15 milliards USD en 2025, devrait atteindre 75 milliards USD en 2035.

2. Une économie numérique construite autour des numéros mobiles en Afrique : cas du Cameroun

Depuis l’introduction des réseaux GSM il y a une trentaine d’années au Cameroun, comme dans la plupart des pays africains, alors que la téléphonie fixe est en déclin continu, les opérateurs mobiles ont, en plus de la fourniture des services P2P de téléphonie de base, progressivement développé cinq types d’activités dans le segment de marché des services de communication électronique à valeur ajoutée :

  1. des services d’accès Internet mobile fournis à leurs abonnés mobiles ;
  2. des services de contenus numériques fournis à leurs abonnés mobiles en s’appuyant sur un réseau d’agrégateurs/éditeurs de contenus ;
  3. des services P2A USSD et A2P SMS basés sur des numéros mobiles, fournis à leurs filiales Orange Money et MTN MoMo en tant que fournisseurs SVA sur leurs plateformes de services financiers mobiles ;
  4. des services A2P voix/SMS/USSD basés sur des numéros courts SVA ou des noms-émetteur SMS, fournis à leurs clients entreprises et fournisseurs SVA, dont certains jouent le rôle d’agrégateur SVA, non encore reconnu par l’ART au Cameroun ;
  5. le service A2P SMS international sur noms-émetteur, fourni exclusivement à leurs maisons mères respectives.

Il convient également de noter que les deux fournisseurs SVA Orange Money et MTN MoMo, en tant qu’opérateurs de services financiers mobiles, exercent deux types d’activités :

  • la gestion des comptes d’argent mobile des abonnés mobiles identifiés par leurs numéros mobiles ;
  • la gestion des comptes de paiement mobile de leurs clients personnes morales, identifiés par des codes marchands basés eux aussi sur des numéros mobiles, via un réseau de partenaires agrégateurs de paiement mobile, dont la majorité sont également des prestataires de services de paiement agréés auprès de la BEAC.

Or, de nouveaux prestataires de services de paiement agréés émergent aujourd’hui sur le marché et recherchent des solutions alternatives leur permettant de ne plus dépendre exclusivement des conditions d’accès imposées par Orange Money et MTN MoMo.

En effet, un partenariat technique avec un seul opérateur A2P de téléphonie fixe virtuel leur permettrait d’assurer l’interopérabilité entre :

  • d’une part, les abonnés mobiles disposant de comptes d’argent mobile identifiés par des numéros mobiles ;
  • et, d’autre part, leurs propres clients personnes morales disposant de comptes de paiement identifiés par un numéro fixe virtuel utilisé comme identifiant officiel de communication professionnelle multicanale et comme code marchand unique.

Force est donc de constater que ce segment stratégique des services A2P de téléphonie professionnelle, sur lequel repose désormais une part importante de l’économie numérique, demeure sous le contrôle exclusif des opérateurs mobiles Orange et MTN et de leurs filiales Orange Money et MTN MoMo, alors même que les fournisseurs de services numériques ne peuvent toujours pas être identifiés par des numéros fixes virtuels conformément au décret sur les ressources en numérotation, tout comme les consommateurs mobiles sont identifiés par des numéros mobiles.

3. Une faiblesse régulatoire préoccupante

Il est particulièrement révélateur de constater que, dans les rapports annuels de l’Observatoire de l’ART, les volumes de trafic ainsi que les revenus générés par tous les types de services A2P des opérateurs mobiles n’y figurent pas, à l’exception du trafic A2P SMS d’Orange lié aux transactions d’argent mobile, évalué à 1.822.959.071 SMS dans le rapport 2024. À titre comparatif, le volume total du trafic P2P SMS sortant des trois opérateurs mobiles sur la même période est de 1.880.230.541 SMS.

Ces données démontrent qu’à l’instar des tendances observées dans tous les pays, alors que les services P2P voix/SMS connaissent une décroissance continue, le marché des services A2P de téléphonie professionnelle est en plein essor, bien qu’il soit limité aux services A2P à valeur ajoutée dans la plupart des pays africains, du fait de l’absence d’un cadre régulatoire adapté au développement des services A2P de téléphonie de base sur des numéros fixes virtuels.

Plus préoccupant encore, aucune donnée structurée n’est publiée sur le nombre total de clients abonnés personnes morales, qui constituent pourtant les acteurs clés de l’économie numérique, laquelle se compose :

  • d’une part, des professionnels du secteur incluant notamment les opérateurs de services de communication électronique (Internet, téléphonie fixe virtuel, agrégateurs SVA, géolocalisation), les opérateurs d’infrastructures numériques (datacenter, TowerCo, etc.), les opérateurs de services numériques (Comtech, Fintech, eBanking, eCommerce, eGov, eSanté, eSchool, etc.), les agrégateurs de contenus, les opérateurs de centre d’appel et les prestataires de services TIC ;
  • d’autre part, des clients fournisseurs de services numériques et éventuellement fournisseurs SVA (entreprises, administrations, ONG).

La liste détaillée des professionnels du secteur des communications électroniques et du numérique est fournie sur le site web du reptic.cm.

4. Une confusion persistante entre identifiants d’abonnés et de services à valeur ajoutée

L’une des principales difficultés observées dans l’écosystème actuel provient également de l’assimilation des numéros fixes virtuels à des numéros de services à valeur ajoutée.

Pourtant, les standards internationaux des télécommunications, notamment ceux de l’UIT et de la GSMA, distinguent clairement les deux catégories dans les réseaux de communications électroniques :

  • les numéros de téléphone (fixes et mobiles) sont des identifiants de clients abonnés, personnes morales et physiques, utilisant les réseaux de téléphonie pour converser et éventuellement pour fournir des services numériques ou à valeur ajoutée ;
  • les numéros SVA ou noms-émetteur SMS sont des identifiants de services à valeur ajoutée.

De plus, conformément aux articles 37 et 48 de la loi sur la cybersécurité, toute personne morale fournissant un service numérique ou à valeur ajoutée doit pouvoir être identifiée à travers un numéro de téléphone par les consommateurs mobiles.

Or, conformément au décret de 2022 sur les ressources en numérotation et dans le contexte de la transformation numérique, il en résulte que ces fournisseurs de services numériques ou à valeur ajoutée doivent désormais être identifiés par un numéro fixe virtuel pour utiliser les services A2P de téléphonie à valeur ajoutée fournis par les opérateurs mobiles.

Ainsi, les numéros fixes virtuels ne devraient donc pas être assimilés à des numéros SVA, mais reconnus comme des identifiants de communication et de transaction électronique des personnes morales dans leurs interactions bidirectionnelles (2-way) avec les personnes physiques identifiées by les numéros mobiles.

5. Le cas de GTS-Infotel Cameroon : un exemple révélateur

L’expérience de GTS-Infotel illustre parfaitement cette problématique.

C’est à la faveur de la loi de 1998 sur les télécommunications, dont l’un des objectifs visés était « de favoriser la participation des opérateurs économiques privés nationaux, surtout dans le domaine de la libéralisation des services à valeur ajoutée », que GTS-Infotel est créée en 2002 et devient le premier opérateur local titulaire d’une licence de services de télécommunications à valeur ajoutée, avec l’ambition d’exercer les activités d’agrégateur SVA.

Cependant, en l’absence d’un cadre régulatoire adapté, l’entreprise n’a jamais pu accéder au marché des services A2P de téléphonie à valeur ajoutée, étant assimilée à un simple fournisseur SVA.

Pourtant, dans le document « Plan stratégique Cameroun numérique 2020 », on peut relever la recommandation suivante : « Mettre en place une offre de services d’interconnexion IP multicanale (Voix, SMS, USSD) par les opérateurs concessionnaires pour les opérateurs alternatifs d’accès SVA ». De plus, un des objectifs prévus dans ce Plan était de déployer « 50 plateformes de standard téléphonique virtuel (IPBX) dans les administrations à fin 2020 ».

En 2020, grâce à sa convention d’interconnexion avec CAMTEL, l’opérateur historique de téléphonie fixe, GTS-Infotel devient également opérateur licencié pionnier des services A2P de téléphonie professionnelle sur numéros fixes virtuels multicanaux.

Le décret de 2022 sur les ressources en numérotation est venu confirmer juridiquement cette évolution en introduisant officiellement les numéros fixes virtuels comme identifiants téléphoniques des abonnés personnes morales via leurs plateformes d’application dans toutes leurs interactions avec les abonnés personnes physiques.

Mais dans les faits, aucun cadre opérationnel d’interconnexion A2P Voix/SMS/USSD avec les opérateurs mobiles n’existe encore pour permettre à CAMTEL et aux opérateurs locaux licenciés de développer ces services dans des conditions économiques viables. Ce blocage persiste depuis plusieurs années, malgré les nombreuses démarches engagées par GTS-Infotel et les interventions successives des pouvoirs publics, notamment du MINPOSTEL, du Secrétariat Général des Services du Premier Ministre et du Secrétariat Général de la Présidence de la République. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par les opérateurs locaux lorsqu’ils cherchent à accéder à de nouveaux segments du marché des communications électroniques pourtant prévus par les textes en vigueur.

6. Un enjeu de cybersécurité, de confiance numérique et de protection des consommateurs et de l’IA

Historiquement, bien avant l’arrivée du mobile, les organisations étaient identifiées par des numéros fixes filaires publiés dans les annuaires professionnels. Avec l’évolution des technologies, ces numéros fixes ont progressivement été virtualisés dans les pays occidentaux sur des plateformes de standard téléphonique virtuel, de centres de contact ou de communications unifiées, tout en conservant leur rôle d’identifiant officiel des organisations et en protégeant les données personnelles des employés.

À l’inverse, dans la plupart des pays africains, le développement rapide de la téléphonie mobile, combiné au déclin de la téléphonie fixe filaire, a conduit à une situation dans laquelle :

  • a) les communications professionnelles reposent massivement sur des numéros mobiles personnels des employés, dispersées entre leurs téléphones et les plateformes WhatsApp, Facebook, Mobile Money ;
  • b) les consommateurs ne disposent pas de moyens fiables pour vérifier l’identité d’une organisation avec laquelle ils interagissent via les réseaux de communications électroniques, ce qui favorise les risques d’usurpation d’identité ;
  • c) les paiements mobiles peuvent être réalisés vers des comptes associés à des numéros mobiles, ce qui accroît les risques de fraude et d’arnaque ;
  • d) les organisations utilisent fréquemment des numéros mobiles personnels comme numéros de téléphonie officiels lors de la création de leurs comptes dans diverses institutions publiques ou financières telles que le Registre du Commerce (RCCM), l’administration fiscale, les banques, les compagnies d’assurance ou les agrégateurs de paiement mobile.

Aussi, à l’ère de la transformation numérique, de la généralisation des services de paiement mobile, du développement de l’e-commerce et de l’essor de l’IA, couplé à la montée de la cybercriminalité, l’utilisation des numéros fixes virtuels pourrait ainsi contribuer à renforcer l’identification des personnes morales ayant une présence physique locale ou non, notamment pour les cas d’usage suivants :

  • a) Publication d’un numéro unique de contact sur l’ensemble des supports de communication publique (papier à en-tête, site web, communiqués, réseaux sociaux, etc.) ;
  • b) Centralisation des données de communication professionnelle en vue de l’amélioration de la productivité et de la qualité du service client sur diverses plateformes d’application (standard téléphonique virtuel, centres de contact, CRM, applications métier, IA) ;
  • c) Code marchand unique : Possibilité pour les consommateurs mobiles, quel que soit leur opérateur d’argent mobile, d’effectuer des paiements via SMS ou USSD vers les comptes de paiement des organisations identifiées par leur numéro fixe virtuel ;
  • d) Attribut KYC des organisations : le numéro fixe virtuel associé à un référentiel national géré par l’opérateur historique de téléphonie fixe pourrait servir d’attribut d’identification numérique des personnes morales dans les systèmes d’information des administrations publiques (impôts, CNPS, RCCM, etc.) et des institutions financières (banques, microfinances, fintechs), afin de faciliter les procédures KYC de vérification d’identité ;
  • e) Socle de confiance numérique et de cybersécurité des communications : les numéros fixes virtuels peuvent contribuer à renforcer l’authenticité des échanges avec les abonnés, à réduire les risques d’usurpation d’identité et à améliorer la traçabilité des communications électroniques.

À l’instar du RCCM ou du NIU dans l’économie administrative, le numéro fixe virtuel pourrait devenir l’identifiant numérique universel dans l’économie numérique, permettant de reconnaître de manière fiable toute personne morale ayant une présence physique locale ou non dans ses interactions multicanales avec les consommateurs mobiles et les autres parties prenantes (administrations, banques et entreprises).

7. Un cadre réglementaire en évolution au Cameroun

Il convient également de relever que le décret actuel relatif à l’identification des abonnés dans les réseaux de communications électroniques demeure principalement centré sur les abonnés mobiles personnes physiques.

Or, dans le contexte de la transformation numérique, les enjeux d’identification et d’authentification concernent désormais également les personnes morales fournissant divers types de services numériques accessibles aux consommateurs mobiles.

Il convient donc de saluer l’initiative prise par les pouvoirs publics de réviser actuellement ce décret afin de mieux prendre en compte l’identification des personnes morales dans l’écosystème numérique national.

8. Une opportunité stratégique pour le Cameroun

Le Cameroun fut le premier pays d’Afrique à introduire le réseau GSM en 1992.

En s’inspirant du modèle nigérian dans la mise en place d’un cadre régulatoire facilitant l’entrée des nouveaux opérateurs locaux dans divers segments de marchés pertinents identifiés en concertation avec les organisations professionnelles spécialisées, le Cameroun a aujourd’hui l’opportunité de devenir le premier pays d’Afrique :

  • à introduire les opérateurs locaux de services A2P de téléphonie professionnelle ;
  • et de faire des numéros fixes virtuels l’identifiant numérique universel des personnes morales, avec présence physique locale ou non, dans l’économie numérique nationale.

Ainsi, le Nigeria ainsi que d’autres pays africains pourraient à leur tour s’inspirer du modèle camerounais dans la structuration d’un écosystème numérique national plus interopérable, plus sécurisé et plus inclusif, permettant notamment :

  • a) l’entrée d’opérateurs locaux de services de communication électronique (Internet, téléphonie fixe virtuelle, agrégateurs SVA, MVNO, etc.) ;
  • b) l’émergence de nouveaux opérateurs ComTech et FinTech ;
  • c) l’accélération de la transformation numérique des administrations et des entreprises ;
  • d) le renforcement de la souveraineté numérique.

Par Dr.-Ing. Pierre-François KAMANOU, Président du REPTIC.CM & Fondateur/CEO de GTS Africa & GTS-Infotel Cameroon

Affaire Martinez Zogo : La vérité numérique ne s’efface jamais – L’illusion du bouton « Supprimer »

Chers internautes, chers citoyens du numérique,

L’actualité judiciaire récente autour de l’affaire Martinez Zogo vient de nous rappeler une vérité fondamentale de l’ère technologique, souvent ignorée ou oubliée : dans l’espace cybernétique, l’effacement définitif est un mythe.

Lors des audiences au Tribunal militaire de Yaoundé, l’expertise du Pr. Georges Bell Bitjoka, spécialiste des systèmes d’information et de la cryptologie, a mis en lumière un fait technique implacable. En analysant les comptes cloud (notamment un compte Google) et les appareils des suspects, cet expert judiciaire a pu extraire des vidéos, des historiques de messages et des journaux d’appels utiles aux investigations. Plus marquant encore, le rapport souligne que l’expert « est allé jusqu’à récupérer les éléments supprimés ».

Cette affaire retentissante rappelle avec force que le numérique n’est pas un espace sans règles ni mémoire. Chaque clic, chaque publication, chaque vidéo et chaque message peuvent laisser des traces. Elle doit servir de déclic collectif : nos smartphones et nos ordinateurs ne sont pas des boîtes à secrets inviolables, et le bouton « Supprimer » n’est pas une baguette magique.

Comment des données supprimées peuvent-elles être récupérées ?

Pour comprendre, il faut déconstruire une idée reçue : lorsque vous supprimez un message, une photo ou une vidéo de votre téléphone, le fichier ne disparaît pas immédiatement du support physique. Voir l’encadré présentant quelques logiciels de récupération.

  1. La suppression logique vs la suppression physique : Quand vous cliquez sur “supprimer”, le système d’exploitation se contente de retirer le “lien” qui mène à ce fichier et de marquer l’espace qu’il occupait comme « disponible ». Le fichier réel reste présent, invisible pour l’utilisateur lambda, jusqu’à ce que de nouvelles données soient écrites par-dessus.
  2. Le pouvoir de l’informatique légale (Digital Forensics) : Les experts judiciaires utilisent des logiciels professionnels certifiés capables de scanner la mémoire brute des appareils. Ils peuvent reconstituer des fichiers fragmentés, lire des bases de données de messagerie et en extraire les lignes supprimées. Voir l’encadré 2.
  3. La persistance du Cloud : Même si un fichier est supprimé d’un téléphone, il a souvent été automatiquement synchronisé en arrière-plan vers des serveurs distants (Google Drive, iCloud). Les traces laissées dans ces comptes d’origine restent accessibles.

Le piège des contenus intimes : nudes, sextapes et chantage numérique

Il y a un domaine où l’illusion de la suppression fait des ravages: celui des photos intimes (nudes) et des vidéos à caractère sexuel (sextapes).

Trop souvent, par amour ou par une confiance aveugle, des contenus intimes sont partagés de manière impulsive. On se dit : « C’est une application où le message s’efface après lecture ».

C’est un leurre. La science informatique n’a aucun mal à faire réapparaître ce que vous pensiez avoir effacé. Une sextape supprimée d’une conversation peut être restaurée depuis la mémoire cache, récupérée à partir d’une sauvegarde automatique ou extraite par un tiers malveillant.

Si l’appareil tombe entre les mains d’un réparateur indiscret, d’un voleur ou d’un maître-chanteur, vos fichiers intimes « supprimés » peuvent refaire surface et alimenter des réseaux de chantage (sextorsion) ou de vengeance pornographique (revenge porn).

Le conseil d’or de Smart Click Africa est ferme et non négociable : Ne faites jamais de nudes, n’enregistrez jamais de sextapes et n’envoyez jamais de vidéos ni de contenus compromettants.

La meilleure protection contre la sextorsion, le revenge porn et le chantage numérique reste de ne jamais produire ni partager de contenus intimes susceptibles d’être utilisés contre vous.

Le meilleur moyen de ne pas voir une image fuiter, c’est qu’elle n’existe pas. Refusez la pression amoureuse ou sociale. Si votre partenaire vous respecte, il ou elle n’exigera jamais de preuves numériques qui mettent en péril votre dignité et votre avenir.

Retenez que dans de nombreux cas, selon les conditions techniques, des experts peuvent récupérer tout ou partie des données supprimées. Plus le temps passe, plus de nouvelles données s’écrivent sur l’appareil et plus les chances de récupération diminuent.

Face à ces réalités technologiques, chacun peut adopter des réflexes simples pour mieux protéger sa vie privée, sa réputation et son identité numérique.

Nos conseils de cybersécurité et d’hygiène numérique

Pour développer une véritable culture de responsabilité numérique au quotidien, appliquez scrupuleusement ces règles de sécurité :

  1. Une vigilance de chaque instant sur vos contenus
  • Réfléchissez avant de publier et considérez votre écran comme un espace public : Internet a une mémoire extrêmement longue. Une publication faite sous l’effet de la colère, du buzz ou de l’émotion peut ressurgir plusieurs années plus tard. Avant de publier, demandez-vous toujours quelles pourraient être les conséquences sur votre réputation personnelle, familiale ou professionnelle. Avant d’appuyer sur le bouton d’envoi d’un contenu sensible, posez-vous toujours cette question : « Serais-je prêt(e) à voir cette image affichée sur un panneau publicitaire en plein centre-ville, à la Poste centrale de Yaoundé ou à Deido, à Douala ? ». Si la réponse est non, n’appuyez jamais sur « Envoyer ».
  • Évitez les contenus illégaux ou compromettants : discours haineux, diffamation, menaces, harcèlement, appels à la violence, diffusion non autorisée d’images ou de documents confidentiels peuvent engager gravement votre responsabilité civile et pénale.
  • Ne faites pas confiance à l’anonymat : utiliser un pseudonyme est une fausse sécurité. Les enquêtes numériques modernes permettent d’établir facilement des liens techniques entre les comptes, les appareils, les adresses IP, les numéros de téléphone et les activités en ligne.
  • Considérez chaque action numérique comme potentiellement traçable. Chaque message envoyé, chaque photo partagée, chaque commentaire publié ou chaque vidéo transférée peut laisser des traces.
  1. La protection technique de vos accès et appareils
  • Sécurisez vos comptes : utilisez des mots de passe robustes et différents pour chaque plateforme. Un seul compte compromis peut ouvrir l’accès à l’ensemble de votre vie numérique.
  • Activez systématiquement l’authentification à deux facteurs (2FA). Cette mesure simple constitue aujourd’hui l’une des protections les plus efficaces contre le piratage des comptes.
  • Contrôlez vos sauvegardes : ne laissez pas la technologie décider pour vous. Vérifiez régulièrement quelles applications sauvegardent automatiquement vos données dans le cloud (Google, iCloud, etc.) afin d’éviter d’y envoyer des données sensibles à votre insu.
  • Chiffrez vos appareils : activez le chiffrement sur votre smartphone et votre ordinateur. Le chiffrement réduit considérablement les risques d’accès non autorisé à vos données en cas de perte ou de vol de l’équipement.
  • Surveillez vos messages sur WhatsApp : de nombreux Camerounais pensent : « Mon message est chiffré, donc personne ne peut le retrouver. » Ce n’est pas exact. Le chiffrement protège principalement le contenu pendant son transport entre les utilisateurs. Une fois arrivé sur les appareils des destinataires, le message peut être copié, sauvegardé, photographié ou transféré. Plusieurs affaires judiciaires au Cameroun et ailleurs démontrent que des captures d’écran ou des échanges de messages WhatsApp peuvent constituer des pièces de procédure devant les tribunaux. Souvenez-vous du député béninois condamné à cinq ans de prison pour un simple message sur WhatsApp : « C’est jour de fête », avait-il écrit dans un groupe WhatsApp après la tentative de coup d’État. Plus d’infos à ce sujet sur Digital Business Africa.
  • Mettez régulièrement vos équipements à jour : ne repoussez pas les mises à jour de votre système (Android, iOS, Windows) ni celles de vos applications. Elles corrigent des vulnérabilités de sécurité exploitées quotidiennement par des cybercriminels.
  1. Gestion de l’environnement numérique et éducation
  • Limitez les groupes et canaux sensibles : l’affaire Martinez Zogo a montré le rôle des groupes de discussion (comme le groupe WhatsApp « Soa » évoqué au tribunal). Évitez absolument de participer à des groupes où circulent des contenus illégaux, haineux ou suspects. Votre simple présence peut vous exposer à des risques juridiques.
  • Attention aux captures d’écran et aux enregistrements d’écran : dans la plupart des affaires de fuite de contenus, la divulgation ne provient pas nécessairement d’un piratage sophistiqué. Elle résulte souvent d’une simple capture d’écran, d’un enregistrement vidéo de l’écran, d’une copie du fichier ou d’un transfert effectué par le destinataire lui-même.
  • Soyez particulièrement prudent dans vos échanges professionnels : des captures d’écran de groupes WhatsApp internes, des courriels professionnels ou des échanges confidentiels ont déjà entraîné des sanctions disciplinaires, des licenciements ou des poursuites judiciaires dans plusieurs pays.
  • Attention aux deepfakes : une photo intime volée aujourd’hui peut, demain, être utilisée pour créer des deepfakes pornographiques grâce à l’intelligence artificielle. Les conséquences d’un partage imprudent sont donc encore plus importantes qu’il y a quelques années.
  • Sensibilisez vos enfants et vos proches : le dialogue familial est capital. Les jeunes doivent comprendre que les photos, vidéos et messages qu’ils partagent aujourd’hui peuvent avoir des conséquences sur leur vie personnelle, universitaire ou professionnelle plusieurs années plus tard.

Le principe à retenir

Considérez chaque action numérique comme potentiellement traçable.

Chaque message envoyé, chaque photo partagée, chaque commentaire publié ou chaque vidéo transférée peut laisser des traces. La meilleure protection reste donc la prudence, la responsabilité et le bon sens.Bas du formulaire

À l’heure où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans nos vies personnelles, professionnelles et politiques, l’éthique numérique n’est plus une option. La technologie offre des opportunités extraordinaires, mais elle exige également de la prudence, une conscience aiguë des conséquences de nos actes en ligne, et une responsabilité totale.

Dans le monde numérique, la véritable sécurité ne consiste pas à effacer ses traces après coup. Elle consiste à ne jamais créer de contenu que l’on pourrait regretter demain.

Smart Click Africa appelle ainsi chaque citoyen à adopter une culture de responsabilité numérique fondée sur la prudence, le respect de la loi et la maîtrise de son identité numérique.

Avant d’envoyer un message, posez-vous cette question simple : serais-je prêt à le voir projeté demain devant un tribunal, un employeur ou ma famille ? Si la réponse est non, ne l’envoyez pas.

Cliquez intelligemment, cliquez responsable !

Par Beaugas – Orain DJOYUM, président de l’association Smart Click Africa et DG d’ICT Media STRATEGIES

Encadré 1 :

5 logiciels grand public de récupération de messages supprimés

En complément des outils d’analyse globale, voici les cinq logiciels performants et grand public du marché, spécifiquement reconnus pour leur capacité à cibler, analyser et restaurer les messages supprimés (SMS, WhatsApp, Messenger, etc.) :

  • 1. Tenorshare UltData C’est l’un des leaders incontournables pour la récupération de messagerie. Il est particulièrement efficace pour scanner la mémoire interne des smartphones (iOS et Android) afin de reconstituer des discussions WhatsApp, des SMS classiques ou des conversations sur d’autres applications sociales, même sans sauvegarde préalable.
  • 2. Dr.Fone – Récupération de données (Wondershare) : Ce logiciel ultra-complet propose un module dédié à la restauration des messages. Il permet de filtrer l’analyse uniquement sur les bases de données textuelles et les pièces jointes associées (photos, notes vocales), ce qui facilite une recherche rapide et ciblée des échanges effacés.
  • 3. EaseUS MobiSaver : Une solution très intuitive, idéale pour les utilisateurs du grand public. Elle se distingue par sa capacité à extraire rapidement l’historique des conversations perdues, les contacts et les SMS directement depuis l’appareil, ou en fouillant les fichiers de cache et les anciennes sauvegardes synchronisées.
  • 4. iMyFone D-Back : Un outil puissant, réputé pour sa précision, compatible avec les applications de messagerie chiffrées. Il permet de prévisualiser l’intégralité des messages trouvés sous forme de bulles de discussion (comme sur votre téléphone) avant de choisir précisément ceux que vous souhaitez restaurer.
  • 5. PhoneRescue (iMobie) : Spécialisé dans la récupération de données complexes, ce logiciel excelle à récupérer des messages profondément ancrés dans le système. Il s’avère particulièrement efficace pour extraire l’historique des SMS et des pièces jointes directement des puces de stockage des appareils ou des sauvegardes corrompues.

Rappel de sécurité de Smart Click Africa : Si ces logiciels grand public offrent d’excellents résultats pour des suppressions accidentelles récentes, ils ne remplacent pas les technologies d’extraction de niveau gouvernemental utilisées par la justice. Plus vous utilisez votre téléphone après avoir supprimé un message, plus vous risquez d’écraser définitivement ces données invisibles !

Encadré 2 :

05 des logiciels de récupération utilisés par les Pros

Beaucoup d’internautes ignorent qu’il existe des outils capables de récupérer des messages, photos, vidéos ou fichiers supprimés. Certains sont utilisés par des particuliers pour restaurer des données perdues. D’autres sont exploités par des experts en informatique légale dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

  1. Cellebrite UFED (Israël)

Considéré comme l’une des références mondiales de l’informatique légale mobile, Cet outil est utilisé par de nombreuses forces de l’ordre et agences d’enquête à travers le monde.

Il permet notamment :

  • l’extraction de données de smartphones ;
  • la récupération de fichiers supprimés ;
  • l’analyse de conversations WhatsApp, Signal, Telegram ou Messenger ;
  • la reconstruction d’activités numériques.
  1. Magnet AXIOM (Canada)

Très utilisé par les experts en criminalistique numérique. Ses points forts : récupération de fichiers supprimés ;analyse des réseaux sociaux ; reconstitution d’activités numériques ; exploitation des données cloud.

  1. Oxygen Forensic Detective (Royaume-Uni)

Solution avancée d’investigation numérique permettant notamment : l’analyse approfondie des smartphones ; la récupération de données effacées ; l’exploitation de sauvegardes cloud et l’analyse des métadonnées.

  1. EnCase Forensic (États-Unis)

C’est l’un des logiciels historiques de l’informatique légale. Il permet l’examen des disques durs, la récupération de données supprimées, l’analyse des traces numériques et la conservation des preuves numériques conformément aux normes judiciaires.

  1. Autopsy / The Sleuth Kit (Open Source)

Solution gratuite et open source très utilisée dans les universités et les formations en cybersécurité. Elle permet l’analyse de supports numériques, la recherche de fichiers supprimés, l’investigation informatique et la formation aux techniques de forensique numérique.

Alors, contrairement à une idée répandue, supprimer un message WhatsApp, une photo ou une vidéo ne signifie pas toujours sa disparition définitive. Selon les appareils, les sauvegardes activées, le temps écoulé et les conditions techniques, certaines données peuvent parfois être récupérées, totalement ou partiellement, par des spécialistes.

La meilleure protection reste donc de ne jamais produire, stocker ou partager un contenu que l’on ne souhaiterait pas voir réapparaître un jour.

Haine en ligne : cinq réflexes que tout Camerounais devrait adopter, selon Smart Click Africa

[DIGITAL Business Africa] – Face à la montée des discours haineux, des manipulations informationnelles, des deepfakes et des campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux, la lutte contre la haine en ligne ne peut plus être l’affaire exclusive des plateformes numériques ni des autorités publiques. Elle commence aussi par les comportements quotidiens des internautes.

C’est l’un des principaux messages portés par Beaugas Orain DJOYUM, président de Smart Click Africa et directeur général d’ICT Media STRATEGIES, lors de l’atelier de lutte contre la haine en ligne organisé le 25 mai 2026 à Yaoundé par le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) et l’association One Nation.

Dans son exposé consacré aux algorithmes de recommandation, à l’économie de l’attention et aux mécanismes de manipulation émotionnelle sur Internet, l’expert a formulé plusieurs recommandations pratiques destinées aux citoyens camerounais.

Ne pas partager avant de vérifier

Premier réflexe recommandé : prendre le temps de vérifier avant de partager.

Dans un environnement numérique où les contenus les plus émotionnels circulent souvent plus rapidement que les informations vérifiées, chaque utilisateur doit développer une culture du doute raisonnable.

Une capture d’écran, une vidéo virale ou une publication largement relayée ne constitue pas automatiquement une preuve. Les internautes sont invités à rechercher la source originale, à vérifier la date, à consulter plusieurs médias crédibles et à utiliser les outils de vérification disponibles avant toute diffusion.

Cette précaution devient d’autant plus importante à l’ère de l’intelligence artificielle, où les deepfakes, les clonages vocaux et les contenus manipulés s’avèrent de plus en plus sophistiqués. Pour Beaugas Orain, « voir ne suffit plus pour croire. Il faut douter, vérifier avant de partager »

Les administrateurs de groupes ont aussi des responsabilités

L’exposé de Beaugas Orain DJOYUM rappelle également que les administrateurs de groupes WhatsApp, Facebook ou Telegram jouent un rôle essentiel dans la prévention de la haine en ligne.

Administrer un groupe ne consiste pas uniquement à recruter des membres ni à animer les échanges. Cela implique aussi la mise en place de règles claires, la modération des discussions, la suppression des contenus dangereux et la sanction des récidivistes.

Dans de nombreux cas, les groupes de discussion deviennent les premiers vecteurs de propagation de rumeurs, de messages tribalistes ou de campagnes de désinformation. Les administrateurs constituent donc une première ligne de défense contre ces dérives.

Signaler les contenus dangereux

Plutôt que de répondre à la haine par la haine, Smart Click Africa recommande aux citoyens d’utiliser les mécanismes de signalement des plateformes numériques.

Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, X ou encore Telegram disposent tous d’outils permettant de signaler des contenus incitant à la violence, au harcèlement ou à la discrimination.

L’objectif n’est pas seulement de protéger les personnes directement visées, mais également d’empêcher l’amplification de contenus susceptibles de déstabiliser le débat public ou d’alimenter les tensions sociales.

Mobiliser les institutions nationales

La lutte contre la haine en ligne ne relève pas uniquement des plateformes étrangères.

Au Cameroun, plusieurs institutions peuvent être saisies lorsqu’un contenu constitue une menace sérieuse pour la cohésion sociale ou la sécurité des personnes. Parmi elles figurent notamment le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), le Centre de réponse aux incidents de sécurité informatique (CIRT), les autorités judiciaires ainsi que les services de sécurité compétents.

Les organisations de la société civile, comme One Nation, Smart Click Africa ou encore Civic Watch, engagées en faveur de la citoyenneté numérique, peuvent également accompagner les victimes ou orienter les démarches de signalement.

Documenter avant d’agir

Autre recommandation importante : conserver les preuves.

Lorsqu’un contenu problématique est identifié, Beaugas Orain conseille d’effectuer des captures d’écran, d’enregistrer les liens, de noter les dates de publication et d’identifier les comptes ou groupes concernés.

Ces éléments peuvent s’avérer précieux pour les plateformes numériques lors des procédures de modération, pour les autorités en cas d’enquête ou encore dans le cadre d’éventuelles procédures judiciaires.

Toutefois, l’expert met en garde contre un piège fréquent : en voulant dénoncer un contenu haineux, certains internautes contribuent involontairement à lui donner davantage de visibilité. Il convient donc de documenter sans amplifier.

Construire une culture numérique de responsabilité

Pour Smart Click Africa, la lutte contre la haine en ligne ne pourra être efficace qu’à travers une mobilisation collective associant les citoyens, les familles, les écoles, les médias, les plateformes numériques, la société civile et les pouvoirs publics.

À l’heure où plus de 5,9 millions de Camerounais utilisent Facebook et où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans l’information, la participation citoyenne devient un levier essentiel pour préserver un cyberespace pacifique, inclusif et respectueux de la diversité.

Le défi n’est plus seulement technologique. Il est aussi éducatif, culturel et citoyen. Dans une société de plus en plus connectée, la véritable innovation ne résidera pas uniquement dans les algorithmes, l’intelligence artificielle ou les plateformes numériques, mais dans notre capacité collective à faire du numérique un outil de cohésion plutôt que de division. « À nous de choisir ce que nous voulons rendre viral », conclut Beaugas Orain DJOYUM qui a poursuivi le lendemain avec des cas pratiques de signalement de contenus haineux sur Facebook et de vérification de fake news et deepfakes.

Par Digital Business Africa

OSIANE 2026 : C’est parti ! IA, startups et souveraineté numérique au centre du salon

[DIGITAL Business Africa] – Le Salon international de la Tech et de l’Innovation de l’Afrique Centrale est à sa dixième édition. Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso a donné le coup d’envoi d’OSIANE ce 2 juin 2026 devant un parterre d’invités, dont Luc Missidimbazi, président de l’ONG PRATIC et initiateur du salon et Frédéric Nze. Le nouveau ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique connait son baptême dans la supervision d’OSIANE.

L’Agence de Développement des très petites, petites et moyennes Entreprises (ADPME) et l’ensemble des structures de l’écosystème du ministère des Petites et moyennes Entreprises et de l’Artisanat, ont pris leurs quartiers au Grand Hôtel de Kintélé où se tient le salon.

OSIANE constitue un espace de dialogue et de convergence où peuvent naître les partenariats capables d’accélérer le développement numérique de l’Afrique centrale.

La dixième édition montre un intérêt pour la souveraineté numériquesouveraineté numérique, l’entrepreneuriat des jeunes et la place des startups, en atteste le Premier ministre Anatole Collinet Makosso.

” Le numérique doit être un facteur de confiance et non de vulnérabilité. Je me réjouis à cet égard que les réflexions de cette édition consacrent une place importante à ces questions essentielles pour l’avenir de nos États. Je voudrais également saluer la place accordée à l’entrepreneuriat des jeunes et aux startups. Les jeunes Africains ne manquent ni de talent ni d’imagination. Ils ont besoin d’opportunités, d’accompagnement et d’accès au financement », a-t-il affirmé.

Luc Missidimbazi, initiateur du salon OSIANE, abonde dans la même direction que le Premier ministre.

« Nous devons construire des environnements où l’innovation devient un levier de création d’emplois, de compétitivité économique et d’inclusion sociale. Nous devons également veiller à ce que les données africaines, les infrastructures numériques et les technologies émergentes servent avant tout les intérêts des populations africaines », a-t-il martelé.

Cette dixième édition est placée sous le thème « Créons des écosystèmes à forte valeur ajoutée ».

Dans son allocution, Luc Missidimbazi a parlé de l’intelligence artificielle comme d’une opportunité extraordinaire pour l’éducation, la santé, l’agriculture, l’administration publique et l’industrie. Même si l’envers du décor reste à déplorer. C’est pourquoi l’initiateur du Salon OSIANE invite à préparer les décideurs, les entreprises et les citoyens de la sous-région Afrique centrale à cette nouvelle révolution technologique.

Par Jean Materne Zambo

Souveraineté numérique : Ouagadougou accueillera la première édition du Grand Salon de la Data en Afrique en juillet 2026

[DIGITAL Business Africa] – Le Burkina Faso veut se positionner au cœur des réflexions africaines sur la gouvernance des données et la souveraineté numérique. Les 15 et 16 juillet 2026, Ouagadougou accueillera la première édition du Grand Salon de la Data en Afrique (GSDA), une initiative destinée à rassembler les principaux acteurs de l’écosystème numérique du continent autour des enjeux stratégiques liés à la donnée.

L’annonce a été faite ce 1er juin 2026 lors d’une conférence de presse animée par le promoteur de l’événement, Djibril Pierre Clavier Pamousso.

Placée sous le thème « De l’inspiration à l’action : vers une souveraineté numérique partagée », cette rencontre ambitionne d’ouvrir un cadre de dialogue et de collaboration entre décideurs publics, entreprises, experts, chercheurs, investisseurs et jeunes talents africains autour de la valorisation des données comme moteur de développement économique.

L’événement bénéficie du parrainage institutionnel de la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, , qui soutient cette initiative inscrite dans la dynamique de renforcement de la souveraineté numérique du Burkina Faso et du continent.

Faire de la donnée un levier de création de valeur en Afrique

Selon les organisateurs, l’un des objectifs majeurs du GSDA est de contribuer à réduire la fuite des données africaines vers des infrastructures situées hors du continent et de favoriser une meilleure captation de la valeur économique générée par ces données au profit des États, des entreprises et des populations africaines.

Dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique, la maîtrise des données apparaît de plus en plus comme un enjeu stratégique pour la compétitivité économique, la sécurité numérique et l’innovation.

Plus de 1 000 participants attendus

Le Grand Salon de la Data en Afrique s’articulera autour de deux composantes principales.

La première prendra la forme d’un salon professionnel réunissant plus de 1 000 participants autour de conférences, panels de haut niveau, rencontres d’affaires B2B et B2G, hackathons et espaces d’exposition dédiés aux innovations numériques africaines.

La seconde composante, baptisée Data Trend Line, vise à développer les compétences locales dans les métiers de la donnée. Les organisateurs ambitionnent notamment de certifier chaque année 1 000 apprenants dans des domaines tels que la Data Analysis, la Data Science, le Data Engineering et la stratégie des données.

Une vision continentale de l’économie de la donnée

Au-delà de l’événement lui-même, les promoteurs défendent une vision panafricaine reposant sur plusieurs piliers : le développement des talents, le soutien à l’innovation locale, le renforcement des cadres de gouvernance des données, la prise en compte des enjeux éthiques liés à l’intelligence artificielle et la création d’opportunités économiques pour les acteurs du numérique.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains multiplient les stratégies nationales de transformation digitale, les projets de centres de données et les politiques de localisation des données afin de renforcer leur autonomie numérique.

À travers le GSDA, le Burkina Faso entend ainsi contribuer à structurer un débat continental sur l’avenir de l’économie de la donnée et sur les mécanismes permettant à l’Afrique de mieux valoriser ses ressources numériques dans un environnement mondial de plus en plus compétitif.

Les inscriptions sont ouvertes aux professionnels, étudiants, chercheurs, médias et investisseurs souhaitant participer à ce rendez-vous dédié à la donnée et à l’innovation numérique. Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel du salon : “gsdasummit.org” (https://reference-url-citation.invalid/1).

Par Loïc SOUOP

Source : MTDPCE

Gabon : L’ ARCEP va débloquer 5 milliards de FCFA à l’ INPTIC pour moderniser les infrastructures et former les talents du numérique

[DIGITAL Business Africa] – Un acte fort vient d’être annoncé. Il fera sans doute le bonheur des jeunes talents du numérique au Gabon. L’Institut national de la poste, des technologies de l’information et de la communication (INPTIC) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) ont signé une convention ce lundi 1ᵉʳ juin 2026, en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, et du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Charles Edgar Mombo.

Le partenariat permettra à l’INPTIC de moderniser ses infrastructures pédagogiques, de réhabiliter ses espaces de formation, d’acquérir des équipements technologiques de dernière génération ainsi que de transformer ses outils d’apprentissage.

Pour rendre cela possible, un financement de 5 milliards de FCFA sera mobilisé dans le cadre de la convention. L’ambition de l’État est de repositionner l’INPTIC comme une institution de référence au Gabon et en Afrique centrale dans les domaines du numérique, des télécommunications, de l’innovation et des technologies émergentes.

Le directeur général de l’INPTIC, Landry Badiali, s’en montre impatient.

« Nous attendons, à travers un nouveau mécanisme de gouvernance, la mise en place de cadres alignés aux besoins des entreprises du secteur des télécommunications et du numérique. Nous voulons également permettre à l’établissement de bénéficier de l’expertise de l’ARCEP dans l’utilisation des données sectorielles et des statistiques nécessaires au domaine de la formation », a-t-il expliqué.

‎La convention, selon le ministre Doumba, constitue l’une des matérialisations majeures de l’Axe 4 de la Stratégie nationale de digitalisation et de l’innovation.

« Cette démarche s’inscrit dans une vision axée sur la souveraineté numérique et la constitution d’un capital humain compétitif, capable de répondre aux besoins du marché du travail», a rappelé le ministre.

Le partenariat repose sur deux axes clés : la mise en place d’un nouveau mécanisme de gouvernance aligné sur les attentes du secteur et l’accès à l’expertise de l’ARCEP en matière de données et de statistiques sectorielles.

Par Jean Materne Zambo

 

Intelligence économique : « Les nouvelles armes de guerre s’appellent technologies critiques et flux informationnels »

[DIGITAL Business Africa] – Pendant que les regards se tournent vers l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs ou encore les infrastructures numériques, une autre bataille se joue à l’échelle mondiale : celle de l’information stratégique. Pour Hadidjatou Mamoudou, experte en stratégie et en relations internationales au sein du cabinet Intelligence Économique (IE237), les pays africains doivent impérativement renforcer leurs capacités d’intelligence économique s’ils veulent préserver leur souveraineté et leur compétitivité.

Intervenant lors de la 9e Journée africaine de l’intelligence économique (JAIE), organisée le 29 mai 2026 à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) de Yaoundé, l’experte a dressé un constat sans détour sur les transformations de l’ordre économique mondial.

Le déficit d’information, un risque stratégique

Selon Hadidjatou Mamoudou, l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les États africains réside dans leur capacité à accéder à l’information pertinente au bon moment.

« Pendant que nous parlons, des décisions qui engagent l’avenir économique du Cameroun sont prises ailleurs, par des acteurs mieux informés que nous », a-t-elle déclaré devant les participants.

Pour l’experte, la maîtrise de l’information constitue désormais un facteur aussi stratégique que l’accès aux capitaux, aux ressources naturelles ou aux infrastructures. Les acteurs capables de collecter, de traiter et d’exploiter rapidement l’information disposent aujourd’hui d’un avantage décisif dans la compétition économique mondiale.

Une guerre économique alimentée par les données et la technologie

L’intervenante estime que le monde est entré dans une nouvelle phase des rapports de puissance internationaux.

« À l’échelle internationale, le système mondial a basculé dans ce que les analystes désignent comme l’ère des capitalismes politiques en guerre », a-t-elle expliqué.

Dans ce nouvel environnement, les rivalités ne se limitent plus aux affrontements diplomatiques ou militaires traditionnels. Elles s’expriment désormais par le contrôle des chaînes d’approvisionnement mondiales, des technologies stratégiques et des flux d’information.

« Les nouvelles armes de guerre s’appellent le contrôle des chaînes d’approvisionnement, l’arsenalisation des technologies critiques, les restrictions à l’exportation et la manipulation des flux informationnels », a-t-elle poursuivi.

Cette analyse résonne particulièrement dans un contexte marqué par les tensions autour des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle générative, des infrastructures cloud, des terres rares, des plateformes numériques et des systèmes de télécommunications.

L’Afrique face aux enjeux de souveraineté numérique

Pour les participants à cette 9e Journée africaine de l’intelligence économique, les données et l’information deviennent progressivement des actifs stratégiques comparables aux ressources énergétiques ou minières.

Les débats ont notamment mis en lumière la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités de veille stratégique, d’analyse des risques, de cybersécurité et d’intelligence économique afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des centres de décision extérieurs.

Dans un environnement où les algorithmes, l’intelligence artificielle et les plateformes numériques influencent de plus en plus les décisions économiques et géopolitiques, la maîtrise de l’information apparaît comme un enjeu majeur de souveraineté.

IE237 plaide pour une culture nationale de l’intelligence économique

Pour Hadidjatou Mamoudou, cette réalité justifie pleinement le renforcement des dispositifs nationaux d’intelligence économique.

« C’est ce constat brutal mais vérifiable qui fonde l’urgence et la légitimité du dispositif national Intelligence Économique IE237 », a-t-elle affirmé.

Au-delà de la collecte d’informations, l’objectif est de permettre aux administrations, aux entreprises, aux investisseurs et aux décideurs de disposer d’outils d’anticipation capables d’éclairer leurs choix stratégiques dans un environnement mondial devenu plus complexe et plus imprévisible.

À travers cette intervention, la JAIE 2026 aura rappelé que dans l’économie numérique mondiale, la puissance ne repose plus uniquement sur les infrastructures ou les ressources financières. Elle dépend également de la capacité à transformer l’information en connaissance, puis la connaissance en décision stratégique.

Par Digital Business Africa

Sénégal : Samba Diouf, une valeur sûre pour Diomaye Faye au ministère des Télécoms et du Numérique

[DIGITAL Business Africa] – Son message de gratitude au patriarche et ancien chef de l’État, Abdoulaye Wade, pour son 100ᵉ anniversaire lui a porté bonheur. Samba Diouf a été promu ministre des Télécommunications et du Numérique ce 2 juin 2026. Il fait partie du 30 type du Chef du Gouvernement du Sénégal, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, dévoilé le premier juin 2026.

Il remplace à ce poste Alioune Sall, qui a mis en œuvre le New Deal Technologique, initiative structurante qui a jeté les bases d’une souveraineté numérique nationale. pour Diomaye

Bardé d’une solide expérience dans le domaine de la transformation numérique, Samba Diouf ne découvre pas l’appareil gouvernemental. Il arpente les couloirs du Palais de la République depuis deux ans. Sa promotion au ministère des Télécommunications et du Numérique est précédée de sa fonction de ministre-conseiller numérique du président de la République, S.E. Bassirou Diomaye Faye, depuis mai 2024. Et ce, cumulativement avec son poste de membre du conseil d’administration de la SONATEL et de Sénégal Numérique S.A.

Celui qui était encore boursier à l’université Cheikh Anta Diop entre 2004 et 2008 va donc devoir poursuivre le programme ambitieux New Deal Technologique. Lequel a permis de renforcer l’infrastructure technologique du pays, de stimuler l’innovation locale et d’œuvrer à l’inclusion numérique.

Et ce ne sont pas les compétences qui lui manquent. Nanti d’une maîtrise en physique et chimie obtenue à l’UCAD, Samba Diouf a consolidé son expérience dans la transformation numérique auprès de plusieurs géants mondiaux des technologies tels que IBM, Oracle, Huawei, Ericsson et Atos.

Il va participer à des projets de modernisation numérique à grande échelle, développant une expertise reconnue dans les domaines du cloud, des infrastructures numériques, de l’innovation technologique et de la conduite du changement.

Sur les réseaux professionnels comme dans les forums spécialisés, il défend régulièrement l’idée que l’Afrique doit passer du statut de consommatrice de technologies à celui de créatrice de solutions adaptées à ses réalités économiques et sociales.

Samba Diouf maîtrise le français et l’anglais à un niveau professionnel et possède des connaissances en langue chinoise, reflet d’une carrière tournée vers l’international.

Par Jean Materne Zambo

Samba Diouf : le technocrate de la transformation numérique appelé à piloter l’ambition digitale du Sénégal

[DIGITAL Business Africa] – Dans un contexte marqué par une recomposition politique majeure au sommet de l’État sénégalais, la nomination de Samba Diouf au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique apparaît comme l’un des choix les plus stratégiques du nouveau gouvernement formé par le président Bassirou Diomaye Faye. Plus qu’un simple changement d’homme, cette désignation traduit la volonté des autorités sénégalaises de placer l’expertise technologique au cœur de leur projet de transformation économique et de souveraineté numérique.

Un profil de technocrate plutôt que de politicien

Contrairement à plusieurs figures issues du champ politique traditionnel, Samba Diouf s’est construit une réputation dans l’univers des technologies de l’information, des télécommunications et de la transformation digitale.

Avant son entrée au gouvernement, il occupait les fonctions de ministre-conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Cette proximité avec le chef de l’État lui a permis de participer à la réflexion stratégique autour des grandes orientations numériques du Sénégal, notamment les questions liées à la digitalisation de l’administration, à la modernisation des infrastructures et à la souveraineté technologique.

Son arrivée au gouvernement intervient au moment où le ministère gagne en autonomie institutionnelle. Désormais séparé du portefeuille de la Communication, le département des Télécommunications et du Numérique devient un ministère à part entière, signe de l’importance croissante accordée au digital dans les politiques publiques sénégalaises.

Un parcours forgé dans les grandes multinationales technologiques

Le nouveau ministre affiche un parcours rare dans les administrations africaines.

Au cours de sa carrière, Samba Diouf a évolué au sein de plusieurs géants mondiaux des technologies et des télécommunications, parmi lesquels Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson.

Au sein de ces groupes, il a participé à des projets de transformation numérique de grande envergure touchant aussi bien les télécommunications que les services financiers, les infrastructures technologiques et la modernisation des organisations publiques et privées.

Cette expérience internationale lui confère une connaissance approfondie des mutations numériques mondiales ainsi qu’une maîtrise des enjeux liés à l’innovation, à la connectivité et à la compétitivité technologique.

Une double culture : ingénieur et stratège

L’une des particularités du profil de Samba Diouf réside dans la diversité de sa formation académique.

Selon les informations disponibles, il est titulaire :

  • D’un Master en Physique ;
  • D’un Master en Ingénierie des Systèmes de Communication et d’Information ;
  • D’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ;
  • Ainsi que d’un MBA en finance.

Cette combinaison entre expertise scientifique, maîtrise technologique et compétences en management constitue aujourd’hui un atout majeur dans un secteur où les décisions publiques nécessitent autant de vision stratégique que de compréhension technique.

Les défis qui l’attendent

La nomination de Samba Diouf intervient à un moment charnière pour l’écosystème numérique sénégalais.

Le pays ambitionne de renforcer sa position parmi les leaders africains de la transformation digitale, tout en accélérant plusieurs chantiers structurants :

  • L’extension de la connectivité haut débit sur l’ensemble du territoire ;
  • La modernisation des infrastructures télécoms ;
  • Le développement des services publics numériques ;
  • La cybersécurité ;
  • L’intelligence artificielle ;
  • La gouvernance des données ;
  • La souveraineté numérique ;
  • L’émergence d’un tissu local de startups et d’innovations technologiques. À cela s’ajoute la mise en œuvre du New Deal Technologique, considéré comme l’un des piliers de la stratégie numérique portée par les nouvelles autorités sénégalaises

 L’homme de la continuité ou celui de l’accélération ?

Au-delà de ses compétences techniques, la principale question qui entoure aujourd’hui Samba Diouf concerne sa capacité à transformer les ambitions politiques en réalisations concrètes.

Le Sénégal dispose déjà d’un écosystème numérique dynamique, porté par une jeunesse fortement connectée, une scène entrepreneuriale en pleine croissance et des infrastructures qui se modernisent progressivement. Mais les attentes restent immenses.

L’accès universel à Internet, la digitalisation effective des services publics, la création d’emplois numériques et la réduction de la dépendance technologique vis-à-vis des grandes plateformes internationales figurent parmi les défis majeurs du prochain quinquennat.

Dans un contexte politique marqué par les tensions entre les différents centres du pouvoir, Samba Diouf apparaît ainsi comme un profil de consensus : moins exposé aux rivalités partisanes, mais fortement attendu sur les résultats.

Un visage de la nouvelle génération technocratique sénégalaise

Avec sa nomination, le Sénégal confirme une tendance de plus en plus visible dans plusieurs pays africains : celle de faire émerger des profils issus de la technologie, de la finance ou de l’ingénierie à des postes stratégiques de l’État.

Samba Diouf incarne cette nouvelle génération de décideurs qui considèrent le numérique non plus comme un secteur économique ordinaire, mais comme un levier transversal de transformation de l’administration, de l’éducation, de la santé, des services financiers et de la compétitivité nationale.

Son succès à la tête du ministère des Télécommunications et du Numérique sera donc observé bien au-delà du Sénégal. Parce que dans une Afrique engagée dans la bataille mondiale de la donnée, de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques, les choix qu’il portera pourraient contribuer à définir la place du Sénégal dans l’économie digitale de demain.

Par Loic SOUOP

Numérique : le Tchad et la Banque mondiale évaluent les avancées du PATN et préparent l’après-connectivité

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement tchadien et la Banque mondiale poursuivent leurs concertations autour de la modernisation numérique du pays. Une mission de l’institution financière internationale séjourne à N’Djamena du 1er au 5 juin 2026 afin d’évaluer l’avancement des projets en cours et d’explorer de nouvelles pistes de coopération dans le secteur du numérique.

Ce lundi 1er juin, le secrétaire d’État aux Télécommunications, Ibangolo Maïna Manga Abel, entouré de plusieurs responsables de son département ministériel, a reçu la délégation de la Banque mondiale pour une séance de travail consacrée notamment au Projet d’Appui à la Transformation Numérique du Tchad (PATN) et au Programme régional d’intégration numérique de l’Afrique centrale (CARDIP).

Cette rencontre a permis aux représentants de la Banque mondiale de présenter les objectifs de leur mission ainsi que les perspectives offertes par le CARDIP, un programme régional visant à renforcer la connectivité et les infrastructures numériques en Afrique centrale.

Pour les autorités tchadiennes, le développement des infrastructures numériques constitue désormais un axe stratégique au même titre que les infrastructures routières. Dans la vision du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, les « routes numériques » sont appelées à jouer un rôle majeur dans la transformation économique et sociale du pays.

Cette ambition se traduit notamment par le déploiement progressif de réseaux de fibre optique sur l’ensemble du territoire et par l’accélération des projets de digitalisation portés dans le cadre du PATN, financé par la Banque mondiale.

Au cours des échanges, les deux parties ont fait le point sur l’état d’avancement du projet, les défis rencontrés ainsi que les attentes du gouvernement tchadien pour garantir son succès.

Saluant l’appui constant de la Banque mondiale au développement du secteur numérique, le secrétaire d’État aux Télécommunications a plaidé pour un renforcement du partenariat entre les deux parties.

Il a notamment rappelé que le Tchad reste confronté à d’importants défis en matière d’inclusion numérique, avec près de 500 localités encore privées d’accès aux services de télécommunications ou disposant d’une connectivité limitée.

La question du désenclavement numérique a également occupé une place centrale dans les discussions. Les autorités tchadiennes souhaitent développer de nouveaux corridors numériques afin de diversifier les points d’accès du pays aux réseaux internationaux et renforcer la résilience de son infrastructure de connectivité.

La réunion a également été marquée par la présentation officielle de Marc Lixi, nouveau représentant pays du Projet d’Appui à la Transformation Numérique du Tchad. Il assurera désormais la coordination entre la Banque mondiale, l’unité de gestion du projet et les différents ministères impliqués dans sa mise en œuvre.

Le CARDIP, un levier d’intégration numérique régionale

Le Programme régional d’intégration numérique de l’Afrique centrale (CARDIP) vise à améliorer la connectivité transfrontalière, favoriser l’interconnexion des infrastructures numériques et soutenir le développement de l’économie numérique dans les pays de la sous-région.

Le Tchad figure parmi les pays concernés par la deuxième phase de ce programme, qui ambitionne de renforcer l’intégration numérique régionale et de réduire la fracture numérique en Afrique centrale.

À travers le PATN et le CARDIP, le gouvernement tchadien entend accélérer la transformation digitale du pays, étendre la couverture des services numériques et créer les conditions d’un développement économique davantage porté par l’innovation et les technologies de l’information et de la communication.

Par Loïc SOUOP

Source : MTENDA – TCHAD

Tchad : à Washington, N’Djamena multiplie les contacts avec Starlink, InterSystems et d’autres géants technologiques

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad poursuit sa stratégie d’ouverture aux partenaires technologiques internationaux. En mission aux États-Unis du 23 au 31 mai 2026, une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a mené une série de rencontres avec des responsables américains et plusieurs entreprises de premier plan du secteur numérique.

Cette mission de prospection, organisée à Washington, s’inscrit dans la volonté des autorités tchadiennes d’accélérer la transformation numérique du pays à travers la mobilisation d’expertises, de technologies et de nouveaux investissements.

Au cours des échanges, la délégation a rencontré des représentants du Département d’État américain, du Département du Commerce ainsi que plusieurs entreprises spécialisées dans les infrastructures numériques, la connectivité, les centres de données, la cybersécurité et la santé numérique. Parmi elles figurent InterSystems, Starlink, Cybastion, Vertiv et 19Labs.

Les discussions ont porté sur plusieurs projets jugés prioritaires par N’Djamena, notamment l’amélioration de la couverture Internet, le renforcement des infrastructures numériques nationales, la modernisation des services publics, la cybersécurité et le déploiement de solutions de santé connectée.

La question sensible de la connectivité

L’un des temps forts de la mission a concerné les échanges avec Starlink, le fournisseur d’accès à Internet par satellite de SpaceX. Les autorités tchadiennes ont exprimé leurs préoccupations concernant la qualité de service observée sur le territoire national ainsi que le niveau des tarifs appliqués, jugés moins compétitifs que dans plusieurs autres pays africains.

Pour le gouvernement, l’amélioration de l’accès à Internet demeure un enjeu stratégique dans un contexte où les infrastructures télécoms traditionnelles peinent encore à répondre aux besoins croissants des administrations publiques, des entreprises et des populations.

Le numérique au service de la santé

Au-delà des télécommunications, le Tchad entend également accélérer la transformation numérique de son système de santé. Les discussions avec plusieurs partenaires américains ont porté sur des projets de digitalisation des établissements sanitaires, incluant les cinq centres hospitaliers universitaires du pays, les 23 hôpitaux régionaux ainsi que plus de 1 000 centres de santé.

L’objectif affiché est d’améliorer la gestion des données médicales, le suivi des patients et l’efficacité des services de santé grâce aux technologies numériques.

Développer les compétences locales

La mission américaine a également permis d’aborder les questions de formation, de transfert de technologies et de développement des compétences nationales. Les autorités tchadiennes souhaitent renforcer les capacités locales dans des domaines stratégiques tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les métiers du numérique.

Cette approche vise à soutenir l’émergence d’un écosystème technologique national plus robuste et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des expertises étrangères.

Transformer les discussions en réalisations concrètes

Pour N’Djamena, cette offensive diplomatique et économique traduit la volonté de faire du numérique un levier majeur de diversification et de modernisation de l’économie nationale. Alors que le pays demeure confronté à d’importants défis en matière de connectivité et d’inclusion numérique, les autorités espèrent désormais convertir ces échanges en projets concrets capables d’améliorer durablement les infrastructures, les services publics et la compétitivité du Tchad dans l’économie numérique africaine.

Par Loic SOUOP