Un levier de croissance
« Nous avons bénéficié d’un accompagnement qui aide à booster nos activités. »
« Nous avons bénéficié d’un accompagnement qui aide à booster nos activités. »
[DIGITAL Business Africa] – Deux géants de la technologie s’allient pour une relation saine avec la technologie. Google et YouTube ont annoncé un financement inédit de 20 millions de dollars lors du sommet « Grandir à l’ère du numérique » tenu à Dublin, Irlande, ce 11 mars 2026.
Selon YouTube, ce financement permettra de créer un tout nouveau centre de ressources et un programme d’enseignement multilingues et open source, s’appuyant sur une étude mondiale Ipsos menée auprès de plus de 9 500 adolescents afin de répondre au mieux à leurs besoins, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle.
Un programme qui se veut bénéfique non pas seulement pour des millions d’adolescents mais aussi pour leurs parents, tuteurs et enseignants eu égard à la la gamme de sujets quis seront anordés. Entre autres, la recherche d’aide à la prévention du stress numérique, la compréhension d’une interaction saine avec l’IA.
YouTube, Google et le Centre for Public Impact invitent les créateurs de contenu YouTube à diffuser le message auprès de leur public, en utilisant les formats et le langage qu’ils emploient.
La réponse à un monde numérique complexe
Nick Thompson, directeur général du Centre pour l’impact public, affirme :
« La relation des adolescents avec la technologie suscite un intérêt croissant, car nous cherchons tous à déterminer la meilleure façon de les accompagner dans un monde numérique complexe qui influence leur apprentissage, leurs interactions et leur participation à la société.
Il est essentiel de les rencontrer là où ils se trouvent. C’est pourquoi nous sommes ravis de soutenir cette initiative et de les aider à acquérir les compétences nécessaires pour naviguer en toute sécurité dans les espaces en ligne et contribuer à des communautés numériques plus saines. »
Katya Hancock, PDG de Young Futures, pense qu’il est opportun d’accompagner les jeunes pour faire face à l’essor des technologies.
« Face à l’évolution fulgurante de l’IA, plus rapide que jamais, il est plus urgent que jamais d’accompagner les jeunes, et les opportunités se multiplient. Curieux, créatifs et remarquablement capables de façonner leur propre rapport à la technologie, les jeunes ont simplement besoin d’un soutien adapté. C’est pourquoi nous sommes fiers de collaborer avec Google.org sur cette initiative qui place la parole des jeunes au cœur de sa conception.
Les ressources créées avec les adolescents, et non pas seulement pour eux, sont celles qui sont réellement utilisées, et c’est ce qui rend cette collaboration si passionnante. Lorsque les jeunes disposent d’outils qu’ils ont contribué à façonner, ils ne se contentent pas de naviguer dans le monde numérique, ils en deviennent les acteurs clés. »
Dini Widiastuti, directeur exécutif, Plan International Indonésie, salue l’initiative des géants du numérique YouTube et Google.
« Plan International Indonésie et Plan International Asie-Pacifique sont fiers d’être le partenaire de mise en œuvre de l’Initiative pour le bien-être numérique des adolescents de Google Asie-Pacifique dans 11 États membres de l’ASEAN, en collaboration avec la Fondation de l’ASEAN.
Cet effort représente une étape importante vers la mise en place de protections plus solides et tournées vers l’avenir pour le bien-être numérique en Asie du Sud-Est, garantissant que les adolescents soient en sécurité et autonomes pour apprendre, communiquer et jouer un rôle de premier plan à l’ère du numérique. »
Lutter contre les contenus nocifs et l’utilisation excessive des écrans
YouTube avait déjà lancé une initiative pareille en mars 2025. Celle-là était dédiée aux jeunes. La « Youth Digital Wellbeing Initiative » avait pour objectif de promouvoir des contenus « sains et enrichissants », et de « limiter activement la diffusion de contenus de mauvaise qualité ».
Les contenus promus sur YouTube visent notamment à favoriser l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique, à l’apprentissage en classe et en dehors, et à soutenir le développement personnel et le bien-être.
YouTube a sélectionné une première liste de partenaires de différentes nationalités avec lesquels il travaillera pour promouvoir (« permettre un meilleur accès ») des contenus conformes aux objectifs de son initiative : Animaj, Benesse, BouncePatrol, ChuChu TV, CoroCoro Comic, EBS, Japan Football Association, Kedoo, Khan Academy, Leader Entertainment, Mauricio de Sousa Produções, Miraculous Corp, Moonbug, The Pinkfong Company, The Wiggles, TV Cultura et Wildbrain.
Comme YouTube, Rogers, une entreprise canadienne présente dans les télécoms et les médias, a annoncé un financement de 50 millions de dollars pour lutter contre le temps excessif que les adolescents et les préadolescents passent devant les écrans.
Lancé en janvier 2026, le programme national appelé Relâche d’écran vise à aider les familles canadiennes à contrer l’utilisation excessive d’écrans chez les jeunes.
L’opérateur a commandé un sondage en ligne Angus Reid auprès de 1212 parents d’enfants et adolescents de 11 à 17 ans possédant un téléphone intelligent, et de 503 enfants, entre le 30 octobre et le 11 novembre 2025.
D’après les résultats du sondage, l’utilisation excessive des écrans est nocive sur plusieurs plans.
• Santé mentale : trop de temps passé devant les écrans peut aggraver l’anxiété, la dépression et l’isolement social.
• Santé physique : le temps d’écran excessif peut contribuer à l’obésité et miner la condition physique
• Effets cognitifs : l’augmentation du temps d’écran peut nuire au rendement scolaire et au développement
Par Jean Materne Zambo, source : YouTube (blog), ledevoir.com
[DIGITAL Business Africa] – C’est sans doute la bascule d’une inclusion financière effective au Cameroun. Visa, la société américaine de paiement électronique au monde, et Afriland First Bank ont signé ce 11 mars 2026 un accord stratégique pour accélérer l’inclusion financière au Cameroun.
Baptisé « Growth Agreement », cet accord, le premier du genre en zone CEMAC, avec une banque locale au Cameroun, ambitionne d’accélérer l’inclusion financière du Cameroun au moyen des solutions de paiements mobiles modernes, sécurisés et accessibles, promet le Hervé Ayissi, directeur général adjoint d’Afriland First Bank. « Au Cameroun, 90 à 95 % des paiements se font encore en espèces : réduire cette dépendance est un enjeu stratégique pour l’économie ».
Pour Afriland First Bank, l’objectif est d’encourager l’adoption des moyens de paiement électroniques par les particuliers, les entreprises et les administrations.
Selon Inès Amani, directrice générale de Visa pour la CEMAC, il était important pour Visa d’accélérer l’agenda du paiement digital au Cameroun. Cela montre, selon elle, la volonté de soutenir l’activité locale.
L’accord augure également une nouvelle étape dans la transformation des paiements au Cameroun et dans la sous-région Afrique centrale. Pour les acteurs de la technologie, il vise à répondre à plusieurs défis structurels liés à l’inclusion financière, à la digitalisation des transactions et à la formalisation de l’économie.
Les espèces représenteraient encore plus de 80 % de la valeur totale des transactions dans le pays, notamment dans les marchés, le commerce de détail, les transports ou les services de proximité.
Pour Beaugas Orain Djoyum, PDG d’ICT Media STRATEGIES, par ailleurs acteur de la technologie en Afrique, la transformation digitale dans le secteur bancaire devient un impératif.
« Cette situation s’explique en partie par un niveau encore limité d’inclusion financière. Le taux de bancarisation strict est estimé à environ 20 %, et atteint près de 45 % lorsqu’on inclut les institutions de microfinance et les services de mobile money”, a-t-il indiqué.
Le partenaire Visa semble avoir les ressources pour accompagner Afriland dans cette mission. Le réseau Visa compte aujourd’hui 4,5 milliards de cartes en circulation. Avec une présence dans près de 200 pays. La société revendique 260 milliards de transactions traitées chaque année pour 65 000 transactions par seconde.
Par Jean Materne Zambo
« Nous avons bénéficié d’un accompagnement qui a aidé à booster nos activités. »
[DIGITAL Business Africa] – Derrière leurs cache-nez et lunettes se cohabitent souvent en silence frustration, stress et dépression. Les personnels de santé méritent aussi qu’on s’inquiète d’eux. La question a été abordée au cours de l’audience que le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a accordée à une délégation américaine ce 9 mars 2026 à son cabinet à Yaoundé.
Ces experts Americains en santé mentale et en réduction du burn-out sont venus présenter un outil innovant basé sur l’intelligence artificielle. Selon les sources du MINSANT, il s’agit d’une solution qui vise à assurer un suivi plus efficace de la santé mentale des professionnels de santé et à faciliter la détection précoce des situations de stress ou d’épuisement professionnel et une prise en charge plus efficace des patients dans les formations sanitaires du pays. MINSANTE,
Les promoteurs du projet affirment que l’utilisation de l’intelligence artificielle pourrait contribuer à améliorer substantiellement la prise en charge des cas de burn-out, tout en offrant aux structures sanitaires des mécanismes d’alerte et d’accompagnement adaptés.
Selon le MINSANTE, cette démarche s’inscrit dans la recherche de solutions modernes capables de soutenir la performance et la résilience du système de santé camerounais.
La délégation américaine était accompagnée par une équipe de l’ONG Community Health Promotion (CHP), une organisation engagée depuis plusieurs années dans la promotion de la santé et du développement au Cameroun. L’association a été créée le 28 mars 1996 et érigée en ONG le 6 janvier 2009.
Si la solution est achetée par le ministère de la Santé publique, ce sera une autre technologie importée au mépris d’innombrables talents que couve le Cameroun. Le pays dispose pourtant de plusieurs incubateurs ou entrepreneurs de la technologie capables de mâturer des projets innovants pouvant apporter des solutions aux problèmes des citoyens.
Il suffit d’un appel à projets à l’attention des jeunes talents pour que le problème de burn-out des professionnels de la santé soit résolu au niveau local.
Par Jean Materne Zambo, source : MINSANTE
[DIGITAL Business Africa] – Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officialisé le 5 mars 2026 un protocole d’accord avec la société technologique Quest Ghana Limited et le gouvernement des Seychelles. Ce partenariat vise à transformer l’archipel en un hub compétitif pour l’économie numérique et le commerce transfrontalier en Afrique.
L’initiative se concentre sur l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur numériques du continent. L’objectif est de permettre aux opérateurs seychellois de participer plus activement aux échanges dématérialisés, en s’appuyant sur les mécanismes de facilitation du commerce prévus par la ZLECAf. Pour ce faire, un cadre technique sécurisé sera mis en place afin de garantir l’intégrité et l’efficacité des transactions numériques transfrontalières. L’accent sera particulièrement mis sur l’interopérabilité des systèmes, indispensable pour simplifier les paiements et les échanges commerciaux entre des entreprises opérant dans différentes juridictions africaines.
Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont au centre de cette stratégie. En améliorant leur accès aux infrastructures numériques, le partenariat entend réduire les barrières à l’entrée du commerce intra-africain et encourager la participation des acteurs locaux aux échanges digitaux du continent.
Pour les Seychelles, cette stratégie de diversification s’appuie sur une maturité numérique avancée. Début 2025, le taux de pénétration d’Internet atteignait 87,4 % de la population, selon DataReportal. Dans ce contexte, le commerce électronique connaît également une croissance notable : le marché devrait atteindre 46,41 millions de dollars en 2027, avec un rythme annuel moyen de 14,35 % entre 2023 et 2027, d’après Statista.
À l’échelle continentale, ce projet pilote s’inscrit dans l’ambition de la ZLECAf de bâtir un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs. Le commerce électronique et les services numériques sont considérés comme des leviers essentiels pour atteindre l’objectif d’un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant la circulation des biens et services à travers l’Afrique.
Par Loic SOUOP
[DIGITAL Business Africa] – Lors du Mobile World Congress Barcelona 2026, la conférence « Données, calcul et énergie : l’équation énergétique de l’ère de l’IA » a mis en lumière une réalité incontournable : l’économie numérique moderne repose sur une ressource tangible et stratégique : l’énergie. Si l’intelligence artificielle, le cloud computing et les services numériques sont souvent perçus comme immatériels, leur déploiement massif exige des infrastructures énergétiques fiables et performantes.
La demande en électricité des data centers et des charges de travail liées à l’IA pourrait plus que doubler dans les prochaines années, avec certaines régions où les centres de données représentent déjà jusqu’à 7 % de la consommation nationale d’électricité. Ce constat oblige les gouvernements à repenser l’expansion des infrastructures numériques et à intégrer la question énergétique au cœur des stratégies de transformation digitale.
La transformation numérique du continent africain n’est plus une ambition théorique. Des initiatives comme le New Deal technologique Horizon 2034 au Sénégal ou la Digital Ethiopia 2030 démontrent que les pays africains placent les infrastructures numériques et les data centers au cœur de leur développement économique.
L’adoption rapide du mobile money, des services publics digitaux et des plateformes cloud accentue la demande en puissance de calcul. L’Afrique dispose toutefois d’atouts structurels majeurs : des marchés numériques en pleine expansion, une position géographique stratégique et un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables, notamment solaire. Ces facteurs font du continent un futur hub de connectivité reliant l’Europe et le Moyen-Orient.
Mais cette ambition se heurte à un obstacle majeur : les infrastructures énergétiques peinent à suivre la demande numérique. Dans de nombreux pays africains, l’instabilité des réseaux et la dépendance aux générateurs diesel pour les secours continuent d’alourdir les coûts d’exploitation, l’énergie représentant plus de 50 % du coût d’un data center. De plus, les cycles classiques de déploiement électrique (18 à 24 mois) ralentissent la mise sur le marché de nouveaux services numériques.
La transformation numérique ne peut se résumer à la puissance de calcul et aux logiciels. Les centres de données, véritables pôles énergétiques à haute densité, exigent fiabilité et efficacité. Il ne s’agit plus d’avoir un rôle passif de secours, mais d’intégrer des systèmes capables d’équilibrer les charges et d’intégrer les énergies renouvelables, tout en restant modulaires et évolutifs pour accompagner la croissance numérique.
Comme l’explique Huawei Digital Power, la transformation numérique doit s’accompagner d’approches énergétiques intelligentes. Le data center modulaire Tier III de l’Université de Jimma en Éthiopie illustre cette approche : une conception modulaire réduisant le cycle de déploiement et permettant une montée en puissance progressive sans investissements initiaux massifs.
L’usage de systèmes de confinement des allées et d’outils de gestion proactive a permis d’améliorer l’efficacité opérationnelle de 20 %, tout en réduisant le coefficient d’efficacité énergétique.
L’intégration des solutions solaires et de stockage avancé permet de découpler les data centers des réseaux nationaux et d’assurer fiabilité et disponibilité maximales pour l’activité économique. L’énergie devient ainsi un actif stratégique, moteur de compétitivité et de croissance inclusive.
L’avenir numérique de l’Afrique dépendra de systèmes modulaires, économes en énergie et résilients. Ce n’est qu’à cette condition que la montée en puissance de l’ère numérique deviendra un moteur de développement durable, plutôt qu’une source de contraintes énergétiques.
Par Loic SOUOP
Dans un contexte marqué par l’expansion de ses activités à l’international et par l’accélération des usages numériques dans l’industrie pharmaceutique et dermo–cosmétique, le groupe Pierre Fabre a engagé une transformation en profondeur de son système d’information. L’objectif : moderniser une infrastructure IT devenue complexe et hétérogène au fil des années, tout en garantissant la continuité des activités critiques et en soutenant la croissance du groupe sur ses différents marchés.
Cette transformation intervient alors que l’entreprise doit relever plusieurs défis majeurs liés à la digitalisation de ses opérations. Le groupe devait notamment orchestrer la migration des ERP et des applications stratégiques utilisées par ses 32 filiales internationales, tout en renforçant sa posture de cybersécurité et en améliorant la valorisation de ses données. L’ensemble de cette évolution devait également s’inscrire dans une démarche responsable, alignée avec les engagements environnementaux et sociétaux du groupe, sans perturber les opérations métiers.
Pour réussir cette transformation, Pierre Fabre s’est appuyé sur l’expertise technologique d’Atos. L’entreprise a déployé une approche globale combinant transition des infrastructures, modernisation technologique et gouvernance dédiée. Le projet repose sur une architecture technologique unifiée associée à une plateforme d’orchestration multi-cloud intégrant OVHcloud, Atos Nephos certifié SAP S/4HANA et Oracle ainsi que Microsoft Azure. Cette architecture permet une gestion centralisée et plus agile des infrastructures informatiques, facilitant l’intégration des applications stratégiques du groupe.
L’intégration de solutions d’automatisation et d’intelligence artificielle contribue également à améliorer l’efficacité opérationnelle et la qualité de service. Dans le même temps, des dispositifs de sécurité ont été intégrés dès la conception de l’architecture afin de garantir la protection durable des environnements numériques. Cette approche s’inscrit dans une logique de transformation responsable, incluant des considérations liées à la décarbonation et à l’optimisation énergétique des infrastructures IT.
Les bénéfices de cette modernisation sont déjà visibles pour le groupe. Pierre Fabre dispose désormais d’un socle informatique moderne, agile et sécurisé, capable de soutenir ses activités critiques aussi bien en France qu’à l’international. Cette nouvelle infrastructure permet d’offrir une expérience utilisateur plus fluide aux collaborateurs, tout en favorisant l’innovation et l’exploitation des données au service des métiers.
Elle contribue également à renforcer la continuité opérationnelle et à optimiser la gestion financière des infrastructures grâce à un modèle basé sur des ressources disponibles à la demande. Cette évolution se traduit par des gains de productivité mesurables ainsi qu’une réduction significative des coûts, tout en permettant un meilleur alignement du système d’information avec la stratégie globale et les engagements RSE du groupe.
Comme le souligne Olivier Siegler, Directeur de l’accélération digitale et des systèmes d’information du Groupe Pierre Fabre :
« Le numérique est au cœur de la stratégie de transformation globale de Pierre Fabre et il sera la clé de notre succès futur. Atos est devenu notre partenaire de confiance pour relever ces défis, non seulement pour son excellence technologique, mais aussi pour ses valeurs de responsabilité sociale et environnementale, qui sont particulièrement importantes pour notre Groupe. Par ailleurs, son origine européenne est un gage de sécurité qui nous permet d’accéder aux technologies numériques de pointe sans sacrifier notre souveraineté. »
En s’appuyant sur l’expertise d’Atos, le groupe Pierre Fabre renforce ainsi sa capacité à piloter des transformations numériques complexes. Grâce à une approche intégrée combinant cloud, cybersécurité et automatisation, ce partenariat contribue à améliorer la performance opérationnelle, à réduire le time-to-market des projets numériques et à créer de la valeur durable pour l’entreprise. Cette initiative illustre également la manière dont les grandes entreprises industrielles s’appuient sur des architectures numériques modernes pour soutenir leur compétitivité dans un environnement de plus en plus digitalisé.

Par Loic SOUOP
[DIGITAL Business Africa] – Le gouverneur de la province de Kinshasa mise sur le numérique pour renforcer la sécurité des enfants. Face au phénomène de kidnapping qui prend de l’ampleur, Daniel Bumba Lubaki a annoncé, ce 9 mars 2026 une série de mesures, dont l’instauration d’un système d’identification numérique des taxis.
La solution technologique devrait intégrer un badge, un QR code, une application, et devra permettre de recenser et d’identifier, en temps réel, les conducteurs et leur véhicule, souvent par biométrie ou géolocalisation. Le système vise à sécuriser les passagers, lutter contre la fraude et organiser le transport urbain. Ce procédé a été implémenté au Kenya et dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.
À Libreville, au Gabon, en plus d’instaurer le système d’identification numérique aux taxis, les autorités communales ont lancé, en 2024, des vignettes de portière sur les taxis de la capitale. Cette avancée vise à permettre un meilleur suivi de la transparence, de la sécurité et de la qualité des usagers. Le gouverneur de Kinshasa a aussi donné quelques consignes aux 3 000 agents de la mission mixte de contrôle routier présents lors de son adresse.
Daniel Bumba Lubaki leur a rappelé l’obligation pour tous les usagers de la route de se conformer strictement aux dispositions du Code de la route, notamment en disposant de l’ensemble des documents de bord exigés.
Il a également réaffirmé l’interdiction de circulation pour les véhicules en mauvais état. La circulation des camions et des véhicules de livraison reste limitée aux lundis, mardis et mercredis entre 22 h et 5 h, sans aucune dérogation pour les entreprises.
Un moratoire d’une semaine a été accordé aux propriétaires de véhicules abandonnés sur la voie publique ainsi qu’aux garages pirates pour désengorger les espaces publics. Une fois ce délai passé, une opération de casse sera lancée dès le lundi suivant afin d’évacuer les épaves.
Par Jean Materne Zambo
[DIGITAL Business Africa] – Une bataille juridique inédite s’ouvre aux États-Unis autour de l’usage militaire de l’intelligence artificielle. La startup américaine d’IA Anthropic a engagé une action en justice contre l’administration du président Donald Trump afin de contester sa désignation par le Pentagone comme « supply chain risk », une catégorie habituellement réservée aux entreprises étrangères considérées comme une menace pour la sécurité nationale.
Dans sa plainte déposée le 9 mars 2026 devant un tribunal fédéral en Californie, l’entreprise affirme que cette décision est « illégale » et viole ses droits constitutionnels, notamment la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière. Anthropic demande au juge d’annuler cette désignation et d’empêcher les agences fédérales américaines d’appliquer cette mesure.
La décision du département de la Défense américain est intervenue après plusieurs mois de tensions entre Anthropic et les autorités militaires. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a décidé de classer l’entreprise comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement nationale après que la startup a refusé de lever certaines limitations intégrées à son système d’IA, Claude.
Ces « garde-fous » empêchent notamment deux types d’usages jugés sensibles par l’entreprise :
l’utilisation de l’intelligence artificielle pour des armes entièrement autonomes ;
l’exploitation de l’IA dans des programmes de surveillance de masse visant les citoyens américains.
Pour le Pentagone, ces restrictions pourraient limiter les capacités opérationnelles de l’armée américaine. L’administration Trump estime que les technologies d’IA doivent pouvoir être utilisées pour « tout usage légal » dans le cadre de la défense nationale.
En réaction, Anthropic affirme que les modèles d’IA actuels ne sont pas suffisamment fiables pour être utilisés dans des systèmes d’armes totalement autonomes et que leur déploiement dans ce domaine pourrait s’avérer dangereux.
La désignation « supply chain risk » constitue un instrument juridique couramment utilisé pour bloquer des entreprises étrangères suspectées de menacer les systèmes de sécurité américains. Selon plusieurs observateurs du secteur technologique, c’est la première fois que ce mécanisme est appliqué à une entreprise américaine.
Cette classification a un impact immédiat : elle coupe l’accès d’Anthropic à certains contrats et projets liés au département de la Défense. Elle s’accompagne également d’un ordre présidentiel demandant aux employés fédéraux de cesser d’utiliser le chatbot Claude dans le cadre de leurs activités professionnelles.
L’administration américaine a également annoncé une période de transition de six mois pour retirer progressivement les outils de l’entreprise des systèmes concernés.
L’affaire intervient dans un contexte de concurrence intense entre les principales entreprises d’intelligence artificielle aux États-Unis. Quelques heures seulement après la sanction visant Anthropic, la société OpenAI a annoncé un partenariat avec le Pentagone pour développer certaines applications liées à la défense.
Ce timing alimente les interrogations quant à l’équilibre entre les impératifs de sécurité nationale et l’autonomie stratégique des entreprises technologiques dans le développement de l’intelligence artificielle.
Pour Anthropic, l’enjeu est aussi économique. L’entreprise, valorisée à environ 380 milliards de dollars lors d’un récent tour de financement, prévoit de réaliser près de 14 milliards de dollars de revenus en 2026. Plus de 500 organisations paieraient déjà au moins un million de dollars par an pour utiliser Claude, notamment pour le développement logiciel et les applications professionnelles.
Au-delà du bras de fer judiciaire entre Anthropic et Washington, cette affaire illustre un débat stratégique de plus en plus central : celui du rôle de l’intelligence artificielle dans les systèmes militaires et les dispositifs de surveillance.
D’un côté, les gouvernements cherchent à intégrer rapidement l’IA à leurs capacités de défense. De l’autre, certaines entreprises technologiques tentent d’imposer des limites éthiques à l’utilisation de leurs technologies.
Le résultat de ce litige pourrait ainsi créer un précédent majeur pour l’ensemble de l’industrie de l’IA, en déterminant dans quelle mesure une entreprise peut refuser certaines applications militaires de ses technologies face aux exigences d’un État.
Alors que les grandes puissances redéfinissent les règles d’usage de l’intelligence artificielle dans les domaines de la sécurité et de la gouvernance, les pays africains s’interrogent eux aussi sur les cadres réglementaires à adopter.
Ces enjeux seront au cœur des discussions du salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».
L’événement entend réunir les gouvernements, les entreprises technologiques et les experts pour examiner les implications de l’IA sur la souveraineté numérique, la gouvernance publique et la sécurité des États africains.
Par Digital Business Africa
On parle beaucoup du numérique en Afrique. Des startups, de la fintech, de l’intelligence artificielle, du mobile money. Mais un acteur reste souvent dans l’ombre, mal compris ou caricaturé : le conseil IT.
Est-il inexistant ? Importé ? Inadapté ? Réservé à une élite ? À force d’entendre ces discours, une question s’impose : le conseil IT en Afrique est-il un mythe ou une réalité ?
Après plusieurs années passées à observer, accompagner et analyser des projets numériques sur le continent, ma réponse est claire : le conseil IT en Afrique existe, mais il ne ressemble ni aux fantasmes qu’on lui prête, ni aux modèles « occidento-asiatico-indiens… » que l’on tente parfois d’y plaquer.
Contrairement à une idée reçue, le conseil IT n’est pas nouveau en Afrique. Dès les années 1970, les premières grandes administrations, banques et entreprises publiques ont engagé des experts pour informatiser la comptabilité, la paie ou la gestion fiscale.
À l’époque, ce conseil était largement porté par des cabinets/groupes informatiques étrangers, souvent dans le cadre de projets financés par des bailleurs internationaux. Le problème n’était pas son absence, mais son caractère invisible et exogène. Le conseil IT était perçu comme une affaire de spécialistes, éloignée des réalités opérationnelles locales. Cette distance a nourri un premier mythe : celui d’un conseil IT « importé », sans racines africaines. Et pour cause !
Pendant longtemps en effet, le conseil IT a effectivement été l’apanage des grandes organisations : banques, télécoms, États. Les PME, pourtant majoritaires sur le continent, en étaient largement exclues. Mais cette réalité est en train de changer. Le cloud, la généralisation du mobile et la baisse des coûts technologiques ont ouvert de nouvelles possibilités. Aujourd’hui, des cabinets africains proposent des accompagnements plus courts, plus ciblés, plus accessibles. Le conseil IT n’est plus nécessairement synonyme de projets lourds et coûteux. Il devient, progressivement, un outil de structuration et de montée en maturité, y compris pour des organisations modestes.
Ce que je constate sur le terrain, c’est l’émergence d’un écosystème africain du conseil IT. Des cabinets fondés par des professionnels formés localement ou à l’international, capables de naviguer entre contraintes techniques, réalités organisationnelles et enjeux humains. Ces acteurs interviennent aujourd’hui sur des sujets concrets : structuration des systèmes d’information, digitalisation des processus, e-gouvernement, fintech, cybersécurité. Leur valeur ajoutée ne réside pas dans la sophistication technologique, mais dans l’adaptation aux usages réels.
Il serait malhonnête de parler d’un secteur homogène. Les niveaux de maturité varient fortement selon les pays, les secteurs et les contextes. Mais nier l’existence de ce conseil IT africain serait ignorer une dynamique bien réelle.
L’un des grands pièges du conseil IT en Afrique a longtemps été le copier-coller de modèles occidentaux. Des solutions trop complexes, trop coûteuses, mal appropriées par les utilisateurs.Aujourd’hui, les projets les plus pertinents suivent une autre logique. Ils privilégient la simplicité, la robustesse et l’utilité. En Afrique, la meilleure technologie n’est pas celle qui impressionne, mais celle qui fonctionne dans la durée.C’est là que le conseil IT africain trouve sa singularité : dans une approche pragmatique, frugale et orientée impact, loin des effets de mode.
S’il y a une leçon que le terrain enseigne sans relâche, c’est celle-ci : les projets IT échouent rarement à cause de la technologie. Ils échouent à cause des hommes et des organisations. Manque de formation, résistance au changement, gouvernance floue, absence de vision… En Afrique plus qu’ailleurs, le rôle du consultant IT est aussi celui d’un pédagogue, d’un traducteur, parfois même d’un médiateur. Les cabinets qui réussissent sont ceux qui comprennent que la transformation numérique est avant tout une transformation humaine.
Le conseil IT en Afrique reste confronté à des défis majeurs : pénurie de compétences spécialisées, dépendance technologique, accès limité au financement, cadres réglementaires parfois instables, sans oublier la politique. Ces contraintes freinent, mais n’annulent pas la dynamique en cours. À mesure que les besoins numériques s’intensifient dans les entreprises, les administrations et les territoires, le conseil IT devient un maillon stratégique. Non pas pour promettre des miracles technologiques, mais pour structurer, accompagner et sécuriser les transformations.
Le conseil IT en Afrique n’est ni un mythe, ni une success story achevée. C’est une réalité en construction, faite d’avancées, de tâtonnements et d’adaptations permanentes. Son avenir ne se jouera ni dans l’imitation, ni dans des arrangements politico-financiers (*), mais dans la capacité à concevoir des solutions ancrées dans les réalités africaines, orientées vers l’usage, la valeur et l’impact durable.C’est à cette condition que le conseil IT pourra pleinement jouer son rôle : non pas comme un luxe importé, mais comme un levier de transformation au service du développement.
(*)- Lire aussi l’article DBA « jusqu’à quand « dealer » nos problèmes numériques avec des solutions étrangères ?

Par Pierre Ndjop POM, Conseil en stratégie et Transformation Numérique
Ce projet s’inscrit dans une stratégie industrielle plus large soutenue par la loi américaine CHIPS and Science Act, qui vise à reconstruire une base nationale de production de semi-conducteurs et à réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de l’Asie.
Cette politique bénéficie d’un soutien bipartisan à Washington. L’administration Biden avait notamment mis en scène en 2022 le lancement des investissements de TSMC dans son usine de l’Arizona, symbole du retour de la fabrication de puces avancées sur le sol américain.
De son côté, Donald Trump revendique également la paternité de cette dynamique industrielle. L’actuel président affirme que la décision de TSMC d’annoncer plus de 100 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis résulte directement des pressions commerciales et des menaces de droits de douane élevés qu’il avait brandies contre Taïwan et le marché mondial des semi-conducteurs.
Cette rivalité narrative illustre à quel point la question des semi-conducteurs est devenue un enjeu central de politique industrielle et de sécurité économique pour les grandes puissances.
[DIGITAL Business Africa] – La Haute Autorité de la Communication ne démord pas. Le régulateur gabonais entend s’attaquer aux Virtual Private Number (VPN). Le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a annoncé le 2 mars 2026 dans une interview à L’Union vouloir interdire les VPN.
Plusieurs utilisateurs resteraient connectés aux réseaux sociaux suspendus grâce à ces logiciels qui leur permettent de se géolocaliser hors du Gabon. Et cela n’a pas échappé à la vigilance de Germain Ngoyo Moussavou.
” Nous avons conscience de cela et nos services techniques partenaires travaillent à une exécution totale de la décision, y compris en intégrant la question des VPN qui se trouve être un moyen de contournement de notre mesure de suspension.
Cette mesure, rappelons-le, ne vise nullement à bâillonner les opinions qui continuent du reste de s’exprimer par d’autres canaux numériques non impactés par la suspension prononcée par la HAС.
Il faut savoir qu’il y a 3 types de VPN. Les VPN sécurisés sont d’ordre professionnel. Ils ne sont pas coupés et continuent de fonctionner en toute sécurité. Les VPN téléchargés avant la décision de la HAC fonctionnent sous surveillance des fournisseurs d’accès internet (FAI). Nous y veillons.
En revanche, les VPN non sécurisés dédiés aux réseaux sociaux ne fonctionnent pas ou du moins pas correctement.
Les fournisseurs d’accès internet veillent à ce que les décisions de la HAC soient appliquées jusqu’à ce que la mesure de suspension soit levée par les voies réglementaires qui sont en train d’être mises en place », a indiqué le président de la HAC.
La suspension des réseaux sociaux avait été prononcée le 17 février 2026. La HAC disait avoir constaté « la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux “.
Dans la foulée, une délégation de TikTok était annoncée au Gabon pour venir présenter les plans de signalement des contenus polémiques.
Par Jean Materne Zambo
[DIGITAL Business Africa] – Une école en ligne arrimée au programme malien à portée de main. La plateforme EDUMALI a été officiellement lancée ce 7 mars 2026 par un groupe de jeunes. Le PDG de la plateforme EDUMALI, Amadou Cissé, a confié que cette plateforme dépasse le cadre de l’enseignement en ligne. Elle apporte une innovation, à savoir un accompagnement personnalisé des apprenants.
Cette plateforme s’adresse à un large public : les élèves cherchant l’excellence, les parents souhaitant suivre le parcours de leurs enfants, et les organisations désireuses de moderniser leurs approches pédagogiques.
Cette initiative vise donc à contribuer au développement de l’éducation numérique au Mali à travers une plateforme dédiée au partage de connaissances et à l’apprentissage.
La plateforme EduMali propose une plateforme de soutien scolaire comprenant :
• Cours vidéo : vidéos pédagogiques structurées par chapitre et leçon, conformes au programme national malien.
• Cours texte : supports écrits détaillés et structurés.
• Mentorat : suivi personnalisé par un tuteur-mentor qualifié pour chaque cohorte d’élèves.
• Quiz interactifs : auto-évaluations après chaque leçon.
• Devoirs structurés : exercices pratiques avec correction par les mentors.
• Examens blancs : préparation aux épreuves officielles (DEF, baccalauréat).
• Suivi parental : interface de suivi de la progression des enfants pour les parents
Visitez le site après avoir cliqué sur le lien suivant https://edumali.ml/about-us
Pas de confusion entre EduMali et EduMali SAS. Il s’agit d’une même entité. EduMali (la plateforme/app) est le service numérique d’apprentissage en ligne, incluant un “Coach Pro” vocal. EduMali SAS (l’entreprise) désigne la structure légale basée à Bamako (immeuble Kimi, Baco-Djicoroni).
Par Jean Materne Zambo, source : edumali.ml
Pour lui, INVESTIR DANS LA FEMME, C’EST BÂTIR LE Cameroun ET L’AFRIQUE DE DEMAIN
[DIGITAL Business Africa] – Le Malawi entend s’appuyer sur l’expérience du Ghana afin d’accélérer sa transformation numérique et de renforcer les bases de son économie digitale. Cette volonté de coopération a été exprimée en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du 2 au 5 mars, un rendez-vous international qui réunit gouvernements, entreprises technologiques et acteurs majeurs de l’écosystème numérique.
Lors de cet événement, le ministre malawite de l’Information et de la Numérisation, Shadric Namalomba, a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George, à établir un partenariat bilatéral visant à reproduire au Malawi les succès du Ghana en matière d’innovation numérique et de transformation digitale.
Dans une interview accordée au média Techfocus24 et relayée par son ministère, Samuel Nartey George a indiqué que le Malawi souhaite bénéficier de l’expertise ghanéenne dans plusieurs domaines clés du numérique. Parmi les secteurs identifiés figurent notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour l’accès à Internet en zones rurales, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech ainsi que les solutions intégrant l’intelligence artificielle.
Afin de concrétiser cette coopération, le ministre ghanéen prévoit de conduire prochainement une délégation composée de 15 à 20 entreprises technologiques du Ghana au Malawi. Cette mission aura pour objectif d’accompagner le déploiement de plusieurs solutions numériques, notamment dans les domaines de l’identification nationale, des services fintech et des plateformes d’e-gouvernement.
« Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’intelligence artificielle afin qu’ils puissent s’appuyer dessus », a expliqué Samuel Nartey George.
Cette dynamique de coopération intervient dans un contexte où le Malawi cherche à faire du numérique un moteur de développement socio-économique inclusif. Le pays a notamment lancé le programme Digital Malawi, soutenu par la Banque mondiale, dont l’objectif est de jeter les bases d’une économie et d’une administration publique davantage axées sur les technologies numériques afin d’améliorer l’accès aux services pour les citoyens.
Les autorités malawites reconnaissent toutefois que la transformation numérique ne repose pas uniquement sur les infrastructures technologiques. Selon le gouvernement, il est tout aussi essentiel d’investir dans le leadership numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la transparence ainsi que dans le développement des compétences numériques.
Malgré ces ambitions, le Malawi reste confronté à plusieurs défis structurels. Dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI), le pays occupe la 163ᵉ place mondiale en 2024, avec un score de 0,3753, inférieur aux moyennes régionale et mondiale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Malawi affiche également un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025, avec un taux de pénétration d’Internet estimé à seulement 18 %.
Sur le plan de la cybersécurité, le pays se situe au troisième niveau (tier 3) sur cinq dans l’indice mondial de cybersécurité de l’UIT, ce qui traduit des progrès dans les cadres réglementaires et organisationnels, mais également des efforts encore nécessaires en matière de mesures techniques, de renforcement des capacités et de coopération internationale.
À l’inverse, le Ghana figure parmi les pays africains les plus avancés dans ce domaine. Il est classé au premier niveau mondial de maturité en cybersécurité par l’UIT, tandis qu’il occupe la 108ᵉ place à l’EGDI, avec un score de 0,6317, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent.
L’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique suscite d’ailleurs un intérêt croissant sur le continent. Avant le Malawi, la Zambie avait également manifesté son intention de s’inspirer du modèle ghanéen pour accélérer la modernisation de son écosystème numérique.
Cette coopération Sud-Sud pourrait ainsi contribuer à renforcer l’intégration technologique africaine et à accélérer la transition numérique de plusieurs économies du continent.
Par Loic SOUOP
[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc accélère la modernisation de son industrie touristique en misant sur les paiements numériques. Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire a lancé, le 18 février 2026 à Rabat, le programme “Stay Cashless”, en partenariat avec Attijariwafa Bank et Visa. Cette initiative vise à promouvoir les paiements électroniques dans l’écosystème touristique, tout en accompagnant les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) dans leur transition vers des solutions de paiement modernes.
Selon les autorités marocaines, ce partenariat public-privé doit permettre de simplifier et sécuriser les transactions pour les visiteurs internationaux, tout en facilitant l’accès des opérateurs touristiques aux technologies financières. L’objectif est d’améliorer l’expérience des touristes, dont les habitudes de consommation évoluent vers les paiements dématérialisés, mais également de renforcer la compétitivité du secteur face aux grandes destinations mondiales.
« La majorité des touristes préfèrent le paiement électronique. Il est donc essentiel que le Maroc favorise cette voie. Notre tourisme national connaît une dynamique exceptionnelle grâce à la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Avec 20 millions de touristes enregistrés en 2025 et environ 138 milliards de dirhams de recettes grâce au secteur, et pour rester dans cet élan, il faut que la digitalisation des paiements se développe »,déclare FATIM-ZAHRA AMMOR, ministre marocaine du Tourisme.
Concrètement, le programme permettra aux opérateurs touristiques : hôtels, restaurants, agences de voyage ou encore commerces liés au tourisme d’accepter plus facilement les paiements électroniques grâce à des solutions telles que les terminaux de paiement modernes, les portefeuilles numériques et la conversion dynamique de devises (DCC). Ce mécanisme permet notamment aux voyageurs de payer dans leur monnaie d’origine, améliorant la transparence et la confiance dans les transactions.

Les entreprises participantes bénéficieront également d’un accompagnement technique et commercial, incluant la formation à l’usage des outils numériques, des conditions tarifaires préférentielles sur les solutions de paiement et un appui à la digitalisation de leurs activités.
« Renforcer la compétitivité des acteurs, accompagner la digitalisation de l’ensemble des entreprises touristiques. Je dirais même plus largement l’écosystème touristique. Mais au-delà de l’amélioration de l’expérience des nouvelles solutions innovantes de paiement et d’un programme d’accompagnement des PME touristiques dans leur digitalisation et leur distribution. »HAMID BENTAHAR, président de la Confédération nationale du tourisme marocain
Selon les premières estimations du ministère du Tourisme, plus de 1 000 professionnels du secteur devraient être équipés de solutions de paiement numériques sécurisées dans le cadre de cette initiative. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale du Maroc et dans la feuille de route touristique 2023-2026, qui vise notamment à atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030, dans la perspective de la Coupe du monde 2030 que le Royaume coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Pour les partenaires financiers, le programme constitue également un levier d’inclusion financière. D’après Visa, les paiements numériques contribuent à améliorer la traçabilité des transactions, à réduire l’économie informelle et à faciliter l’accès des petites entreprises aux services financiers.
En modernisant les moyens de paiement et en accompagnant la transformation digitale des acteurs du tourisme, le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement comme destination touristique innovante et compétitive, tout en soutenant l’intégration des TPME dans l’économie numérique.
Par Loic SOUOP
[DIGITAL Business Africa] – La décision du gouvernement britannique du 04 mars 2026 d’imposer un « visa brake » visant notamment le Cameroun continue de susciter des interrogations. Les statistiques officielles du Home Office montrent en effet que le pays d’Afrique centrale ne figure pas parmi les principales nationalités qui demandent l’asile au Royaume-Uni. Pourtant, Londres a choisi de suspendre les visas étudiants sponsorisés pour les ressortissants camerounais, invoquant une hausse rapide des demandes d’asile par certaines voies d’entrée légales.
Très vite, le haut-commissaire du Royaume-Uni au Cameroun, Matt Woods, a déclaré dans un communiqué que « dès le 26/03/26, les demandes de visa des ressortissants camerounais relevant de la catégorie Student Visa seront REFUSÉES, selon le mécanisme du “Visa Brake” introduit par le gouvernement britannique pour certaines catégories de visas. ». Tout en expliquant plus tard, dans une vidéo, que plus de 30 % des Camerounais ayant obtenu un visa étudiant ces deux dernières années ont ensuite demandé l’asile, en violant ainsi les termes de leur visa.
Selon les données du ministère britannique de l’Intérieur pour l’année 2025, les demandes d’asile proviennent majoritairement de pays tels que le Pakistan (10 638 demandes), l’Érythrée (8 948), l’Iran (7 419) et l’Afghanistan (6 462). Plusieurs autres nationalités dépassent également largement le seuil de 5 000 demandes.

À l’inverse, le Cameroun n’apparaît pas dans le Top 20 des nationalités ayant enregistré le plus de demandes d’asile. Les ressortissants camerounais sont regroupés dans la catégorie « Other », qui rassemble l’ensemble des nationalités représentant chacune un volume de demandes plus faible.
Cette réalité statistique soulève donc une question centrale : pourquoi Londres cible-t-il le Cameroun alors que son poids global dans les demandes d’asile reste relativement limité ?
Top 20 des nationalités demandant l’asile au Royaume-Uni en 2025
| Rang | Nationalité | Demandes d’asile | Décisions initiales | Protections accordées | Refus | Taux d’acceptation |
| 1 | Pakistan | 10 638 | 16 054 | 5 201 | 10 853 | 35% |
| 2 | Eritrea | 8 948 | 10 017 | 8 748 | 1 269 | 87% |
| 3 | Iran | 7 419 | 11 487 | 7 113 | 4 374 | 58% |
| 4 | Afghanistan | 6 462 | 11 946 | 4 616 | 7 330 | 34% |
| 5 | Bangladesh | 6 247 | 8 981 | 1 174 | 7 807 | 16% |
| 6 | Sudan | 5 869 | 7 450 | 7 029 | 421 | 94% |
| 7 | India | 5 751 | 4 095 | 23 | 4 072 | 0% |
| 8 | Somalia | 4 777 | 3 330 | 1 237 | 2 093 | 35% |
| 9 | Nigeria | 2 904 | 3 623 | 856 | 2 767 | 28% |
| 10 | Vietnam | 2 428 | 3 515 | 659 | 2 856 | 19% |
| 11 | Brazil | 2 416 | 1 592 | 14 | 1 578 | 1% |
| 12 | Iraq | 2 370 | 4 252 | 1 284 | 2 968 | 29% |
| 13 | Sri Lanka | 2 243 | 4 114 | 1 090 | 3 024 | 29% |
| 14 | Ethiopia | 2 096 | 2 065 | 1 189 | 876 | 57% |
| 15 | Syria | 1 959 | 660 | 64 | 596 | 9% |
| 16 | Turkey | 1 883 | 4 988 | 977 | 4 011 | 19% |
| 17 | Albania | 1 816 | 1 874 | 121 | 1 753 | 5% |
| 18 | Yemen | 1 776 | 2 594 | 2 506 | 88 | 97% |
| 19 | Ukraine | 1 503 | 2 040 | 256 | 1 784 | 12% |
| 20 | China | 1 471 | 1 717 | 230 | 1 487 | 11% |
Dans le même temps, les visas étudiants délivrés aux Camerounais restent relativement modestes, oscillant autour de quelques centaines par an. Les données issues du Home Office britannique indiquent par exemple :
| Année | Nombre de demandes |
| 2018 | 262 |
| 2019 | 262 |
| 2020 | 249 |
| 2021 | 437 |
| 2022 | 520 |
| 2023 | 489 |
| 2024 | 455 |
| 2025* | 507 |
Une décision basée sur les ratios plutôt que sur le volume
L’explication avancée par le Home Office ne repose pas sur le volume total des demandes d’asile, mais sur leur évolution récente et les voies d’entrée utilisées. Le gouvernement britannique affirme avoir constaté une forte hausse des demandes d’asile déposées par des personnes entrées légalement au Royaume-Uni, notamment avec des visas étudiants.
Les autorités indiquent que les demandes d’étudiants originaires de quatre pays — l’Afghanistan, le Cameroun, le Myanmar et le Soudan — auraient augmenté de plus de 470 % entre 2021 et 2025.
Selon les déclarations du Home Office, les demandes d’étudiants originaires du Cameroun auraient augmenté de plus de 330 % sur la même période. Sur le site web du ministère britannique de l’Intérieur, les données détaillées sur le nombre exact d’étudiants camerounais ayant demandé l’asile ne sont toutefois pas publiées. Digital Business Africa reviendra sur cette question dans un prochain article.
Néanmoins, une analyse croisée des données du Home Office apporte un éclairage supplémentaire. Les statistiques montrent que le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni — c’est-à-dire des demandes enregistrées « In Country » par les demandeurs principaux (étudiants, touristes, travailleurs ou autres statuts) — est passé d’environ 101 cas en 2021 à 544 en 2025.
Lorsque l’on compare ces deux séries statistiques, un phénomène particulier apparaît. En 2024 et 2025, le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni dépasse le nombre de visas étudiants délivrés au cours de ces mêmes années.
En 2024, par exemple, 478 demandes d’asile « In Country » ont été enregistrées pour 455 visas étudiants délivrés. En 2025, les statistiques indiquent 544 demandes d’asile pour 507 visas étudiants délivrés (données disponibles jusqu’en septembre).
Ce ratio inhabituellement élevé semble constituer l’un des principaux signaux d’alerte pour les autorités britanniques.
Tableau comparatif Cameroun vs Nigeria des demandes d’asile faites par les résidents au Royaume-Uni (étudiants, touristes, travailleurs ou autres statuts)
| Année | Cameroun | Nigeria |
| 2010 | 80 | 716 |
| 2011 | 76 | 657 |
| 2012 | 104 | 863 |
| 2013 | 111 | 882 |
| 2014 | 125 | 860 |
| 2015 | 129 | 880 |
| 2016 | 147 | 1130 |
| 2017 | 205 | 1013 |
| 2018 | 185 | 802 |
| 2019 | 214 | 818 |
| 2020 | 102 | 480 |
| 2021 | 101 | 490 |
| 2022 | 218 | 667 |
| 2023 | 167 | 704 |
| 2024 | 478 | 1721 |
| 2025 | 544 | 1846 |
Ratio Cameroun : Visas étudiants vs demandes d’asile
| Année | Visas étudiants | Demandes d’asile | Ratio Asile / Visa |
| 2018 | 262 | 185 | 71 % |
| 2019 | 262 | 214 | 82 % |
| 2020 | 249 | 102 | 41 % |
| 2021 | 437 | 101 | 23 % |
| 2022 | 520 | 218 | 42 % |
| 2023 | 489 | 167 | 34 % |
| 2024 | 455 | 478 | 105 % |
| 2025 (jusqu’en septembre 2025) | 507 | 544 | 107 % |
NB: Demande d’asile, comprenant tous les Camerounais au Royaume-Uni
Jusqu’en 2023, les demandes d’asile restent inférieures au nombre de visas étudiants délivrés. Une analyse croisée des statistiques du Home Office montre qu’en 2024 et 2025, le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni dépasse celui des visas étudiants délivrés au cours de ces mêmes années. Ce ratio inhabituellement élevé, même sur un volume global relativement limité, pourrait expliquer la décision des autorités britanniques de restreindre l’accès aux visas étudiants pour cette nationalité.
Un contraste frappant avec le Nigeria
La comparaison avec d’autres pays africains éclaire davantage la logique du gouvernement britannique. Le Nigeria, par exemple, est l’une des principales nationalités étudiantes au Royaume-Uni.
Les données du Home Office indiquent que plus de 58 000 visas étudiants ont été délivrés à des Nigérians en 2022. Même après un recul récent, le pays compte encore plus de 25 000 visas étudiants en 2025 (données jusqu’en septembre).
Dans le même temps, les demandes d’asile déposées par des Nigérians déjà présents au Royaume-Uni restent faibles par rapport. En 2025, on dénombre 1 846 demandes d’asile « In Country – Main Applicant » pour plus de 25 000 visas étudiants délivrés, soit un ratio d’environ 7 %.
Ratio Nigeria : Visas étudiants vs demandes d’asile
| Année | Visas étudiants | Demandes d’asile | Ratio Asile / Visa |
| 2018 | 5641 | 802 | 14 % |
| 2019 | 7027 | 818 | 12 % |
| 2020 | 9876 | 480 | 5 % |
| 2021 | 27011 | 490 | 2 % |
| 2022 | 58673 | 667 | 1 % |
| 2023 | 40869 | 704 | 2 % |
| 2024 | 21109 | 1721 | 8 % |
| 2025 (jusqu’en septembre 2025) | 25362 | 1846 | 7 % |
Pour le Cameroun, ce ratio dépasse en revanche 100 % certaines années, ce qui signifie que les demandes d’asile enregistrées peuvent être comparables, voire supérieures, au nombre de visas étudiants délivrés.
Comparaison révélatrice des ratios Cameroun vs Nigeria
| Année | Ratio Cameroun | Ratio Nigeria |
| 2022 | 42 % | 1 % |
| 2023 | 34 % | 2 % |
| 2024 | 105 % | 8 % |
| 2025 | 107 % | 7 % |
Autrement dit, même si le nombre total d’étudiants camerounais au Royaume-Uni reste faible, la proportion de demandes d’asile parmi les personnes déjà présentes dans le pays apparaît nettement plus élevée.
Une transformation du système d’asile britannique
Cette situation s’inscrit dans une transformation plus large du système d’asile britannique. Selon le Home Office, près de 39 % des demandes d’asile déposées au Royaume-Uni en 2025 proviennent désormais de personnes entrées légalement sur le territoire, notamment avec des visas étudiants ou de travail.
Les statistiques du ministère indiquent qu’au cours de l’année se terminant en décembre 2025, 39 095 demandeurs d’asile détenaient un visa ou une autre forme de séjour avant de déposer leur demande.
Parmi eux :
Ces chiffres illustrent une évolution majeure : une part croissante des demandes d’asile émane désormais de personnes entrées légalement au Royaume-Uni.
Pourquoi ce sujet concerne aussi l’écosystème numérique africain
Au-delà des questions migratoires, ce dossier concerne également l’écosystème technologique africain. Une part importante des étudiants africains qui se rendent au Royaume-Uni choisit des formations dans des domaines liés aux technologies, notamment l’informatique, la science des données, l’ingénierie, la cybersécurité ou encore l’intelligence artificielle.
Selon les statistiques de l’Agence britannique des statistiques de l’enseignement supérieur (HESA), les étudiants internationaux au Royaume-Uni se concentrent principalement dans des domaines tels que Business and Management, l’informatique (Computing/IT), l’ingénierie et les sciences sociales, qui figurent parmi les filières les plus populaires dans les universités britanniques.
Pour de nombreux étudiants camerounais, les universités britanniques représentent ainsi une voie d’accès à des compétences technologiques avancées qui sont ensuite valorisées dans les secteurs du numérique, des télécommunications, de la fintech ou encore de l’innovation.
La décision britannique de suspendre certains visas étudiants pourrait donc avoir des implications au-delà des questions migratoires, en touchant également les trajectoires de formation de nombreux jeunes Africains dans les domaines stratégiques des technologies et du numérique.
C’est aussi pour cette raison que Digital Business Africa, média spécialisé dans l’actualité des TIC, des télécommunications et de l’innovation en Afrique, s’intéresse à cette décision et à ses éventuelles conséquences sur les dynamiques de formation et de circulation des compétences numériques entre l’Afrique et les grands pôles technologiques internationaux.
Une mesure qui interroge la cohérence de la politique migratoire
Malgré les explications avancées par Londres, la décision continue de susciter des interrogations. Si le Cameroun présente un ratio élevé entre visas étudiants et demandes d’asile, le volume global reste très inférieur à celui de plusieurs autres nationalités présentes dans le système d’asile britannique.
La question posée dépasse donc largement le seul cas camerounais. Pourquoi choisir de suspendre l’accès aux visas étudiants pour l’ensemble d’une nationalité plutôt que de traiter directement les situations individuelles dans lesquelles des titulaires de visas étudiants demandent l’asile après leur arrivée au Royaume-Uni ? Et pourquoi une telle mesure intervient-elle alors que d’autres pays, comme le Nigeria, continuent d’envoyer des dizaines de milliers d’étudiants vers les universités britanniques chaque année ?
Au-delà du débat migratoire, cette décision renvoie en réalité à une transformation plus profonde : celle de la géopolitique mondiale de la formation et des talents. Depuis deux décennies, les grandes universités anglo-saxonnes sont devenues des pôles majeurs de formation pour les élites scientifiques, technologiques et entrepreneuriales du Sud global.
Dans ce contexte, les politiques de visas étudiants ne relèvent plus seulement de la gestion administrative des migrations. Elles deviennent aussi des instruments de politique économique, scientifique et géopolitique.
La décision britannique pose dès lors une question plus large pour l’Afrique : dans un monde où les grandes puissances durcissent progressivement leurs politiques migratoires, comment les pays du continent pourront-ils continuer à former, attirer et retenir les compétences technologiques dont dépend leur transformation numérique ?
Pour les universités britanniques, les étudiants africains et les écosystèmes numériques émergents du continent, l’évolution de ces politiques pourrait bien annoncer une nouvelle phase de la compétition mondiale pour les talents.
Par Beaugas Orain DJOYUM
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[DIGITAL Business Africa] – Le Royaume-Uni durcit sa politique migratoire et place désormais le Cameroun parmi les pays visés par une mesure exceptionnelle de restriction des visas. Dans une annonce publiée le 4 mars 2026, le Home Office britannique a indiqué l’instauration pour la première fois d’un « emergency brake » (frein d’urgence) sur certains visas, après une hausse jugée préoccupante des demandes d’asile déposées par des personnes arrivées par des voies légales.
Cette décision concerne quatre pays : l’Afghanistan, le Cameroun, le Myanmar et le Soudan. Concrètement, Londres va mettre fin à la délivrance de visas d’études sponsorisés pour les ressortissants de ces États, tandis que les visas de travail qualifié seront également suspendus pour les ressortissants afghans.

Selon les autorités britanniques, cette mesure est motivée par l’augmentation rapide des demandes d’asile déposées par des étudiants entrés légalement au Royaume-Uni. Entre 2021 et 2025, ces demandes auraient progressé de plus de 470 % dans les quatre pays concernés. Au Cameroun et au Soudan, les demandes d’asile introduites par des étudiants auraient augmenté de plus de 330 % sur la période.
Le Home Office affirme également que le nombre de personnes demandant l’asile après une entrée légale au Royaume-Uni a fortement progressé ces dernières années. En 2025, ces cas représentaient 39 % des 100 000 demandes d’asile enregistrées dans le pays. Au total, plus de 133 000 personnes auraient demandé l’asile après être arrivées légalement au Royaume-Uni au cours des cinq dernières années.
Les autorités britanniques expliquent que cette situation pèse lourdement sur les finances publiques. Le système d’aide aux demandeurs d’asile coûterait actuellement plus de 4 milliards de livres sterling par an aux contribuables britanniques. Près de 16 000 ressortissants des quatre pays concernés bénéficieraient actuellement d’un soutien public, dont plus de 6 000 hébergés dans des hôtels.
La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, prend une décision qu’elle qualifie d’« inédite ». « La Grande-Bretagne offrira toujours refuge aux personnes qui fuient la guerre et les persécutions, mais notre système de visas ne doit pas être détourné », a-t-elle déclaré. « C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser des visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité. »
Cette mesure s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire britannique. Le gouvernement prévoit de présenter de nouvelles réformes législatives visant à « restaurer l’ordre et le contrôle aux frontières ». Londres indique également vouloir réduire les « facteurs d’attraction » qui encouragent les migrations irrégulières vers le Royaume-Uni.
Les nouvelles restrictions entreront officiellement en vigueur le 26 mars 2026, à la suite d’une modification des règles d’immigration prévue le 5 mars.
Selon les statistiques officielles du Home Office britannique, le Cameroun figure parmi les dix premiers pays africains dont les ressortissants obtiennent des visas d’études sponsorisés pour le Royaume-Uni. Entre 2018 et 2025, 3 181 visas étudiants ont été délivrés à des Camerounais, plaçant le pays à la 10e position en Afrique, loin toutefois derrière le Nigeria qui domine largement avec plus de 195 000 visas accordés sur la même période.
Visas étudiants sponsorisés accordés au Cameroun par le Royaume Uni
| Année | Nombre de demandes |
| 2018 | 262 |
| 2019 | 262 |
| 2020 | 249 |
| 2021 | 437 |
| 2022 | 520 |
| 2023 | 489 |
| 2024 | 455 |
| 2025* | 507 |
Top 10 des pays africains ayant obtenu des visas étudiants sponsorisés au Royaume Uni
| Rang | Pays | Nombre total de visas |
| 1 | Nigeria | 195 568 |
| 2 | Ghana | 23 933 |
| 3 | Egypt | 12 978 |
| 4 | Kenya | 12 805 |
| 5 | Morocco | 6 878 |
| 6 | South Africa | 4 921 |
| 7 | Zimbabwe | 4 398 |
| 8 | Algeria | 4 387 |
| 9 | Uganda | 3 491 |
| 10 | Cameroon | 3 181 |
Pour les ressortissants camerounais, cette décision pourrait avoir des conséquences importantes, notamment pour les étudiants souhaitant poursuivre leurs études au Royaume-Uni. Le pays figure en effet parmi les destinations privilégiées pour les formations supérieures internationales, notamment dans les domaines du management, des technologies et de la finance.
Cette évolution intervient dans un contexte global de durcissement des politiques migratoires en Europe et dans plusieurs pays occidentaux, où les gouvernements cherchent à mieux contrôler les flux migratoires tout en maintenant des dispositifs d’accueil pour les réfugiés considérés comme les plus vulnérables.
Elle pourrait également relancer le débat au Cameroun sur les dynamiques migratoires, l’attractivité des universités locales et les politiques de mobilité internationale des étudiants.
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