[DIGITAL Business Africa] – Le ministre de l’éducation de Base proscrit l’utilisation de l’ IA par les élèves du primaire. Si la technologie est à la mode ailleurs, au Cameroun, elle fait face à un écueil : le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, un dur à cuire la vieille école. Dans un communiqué signé le 14 octobre 2026, le ministre de l’ Education de Base a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers de la technologie. Des outils d’IA comme ChatGPT, Meta AI (via WhatsApp), Gemini et Copilot, seraient devenus des assistants des touts petits pour effectuer leurs exercices de classe et leurs devoirs.
« Lorsque l’IA produit les réponses à la place de l’enfant, elle prive l’apprenant de l’entraînement nécessaire à l’acquisition des compétences fondamentales en lecture, en écriture, en calcul et en raisonnement. Les élèves devenus dépendants de ces outils peuvent éprouver des difficultés à accomplir seuls des tâches similaires lorsque la technologie n’est pas disponible. Par ailleurs, le jeune enfant n’a généralement pas la capacité de repérer les informations inexactes, trompeuses ou inventées que ces applications peuvent produire », a-t-il expliqué.
Message reçu 5/5 par le personnel enseignant et les parents. Chacun devra jouer sa partition. Les Délégués Départementaux et Inspecteurs d’Arrondissement de l’Éducation de Base sont chargés de transmettre la présente instruction à toutes les écoles maternelles et primaires dans un délai de quinze (15) jours à compter de sa réception, d’informer les directeurs d’école de son contenu et de ses modalités de mise en œuvre lors des prochaines réunions des Unités d’Animation Pédagogique (UNAPED) et d’inscrire le respect de la présente instruction parmi les points à vérifier lors des visites de supervision pédagogique.
Les directeurs d’école doivent veiller à l’affichage de la présente instruction au tableau d’affichage de l’école et à l’application de la mesure. Les enseignants doivent concevoir des exercices de classe et des devoirs qui amènent l’élève à mobiliser ses propres efforts et aptitudes, à travers des activités telles que l’écriture manuscrite, le dénombrement, le dessin, les explications orales et les travaux pratiques en plus de soigner la transmission du savoir en présentiel comme cela leur est demandé.
Toutefois, ils peuvent continuer à utiliser les outils d’IA pour la préparation des leçons et l’élaboration du matériel didactique, sous leur responsabilité et selon leur jugement professionnel.Les Parents et Associations des Parents d’Élèves et Enseignants (APEE) et les conseils d’école doivent sensibiliser les parents afin qu’ils s’abstiennent d’utiliser les applications d’IA pour faire les devoirs à la place de leurs enfants, et les encourager à tenir les téléphones portables à l’écart pendant le temps des devoirs.
L’APEE doit aussi ecourager les parents à accompagner les apprentissages en posant des questions, en guidant l’enfant et en veillant à ce qu’il fasse ses devoirs par lui-même, plutôt que de lui fournir les réponses. Ou encore avoir recours aux radios communautaires, aux lieux de culte et aux autorités traditionnelles pour sensibiliser les parents, notamment en milieu rural, en anglais, en français et dans les langues locales appropriées.
Et enfin, les Autorités de l’enseignement privé laïc, international et confessionnel. Elles doivent informer les représentants régionaux des organisations de l’enseignement privé laïc, international et confessionnel que la présente instruction s’applique également aux établissements placés sous leur autorité, et obtenir leur pleine coopération pour sa mise en œuvre.
L’Unesco s’était déjà penchée sur la question de l’utilisation de l’ IA à un âge précoce. Dans son guide sur l’IA générative dans l’éducation, l’organisation demande aux gouvernements de fixer un âge minimum de 13 ans pour l’utilisation de ces outils en classe.
Par Jean Materne Zambo, source(Communiqué)










