Tchad : Les défis numériques qui attendent Mahamat Allahou Taher, nouveau ministre des TIC

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(TIC Mag) – Le président tchadien Idriss Deby Itno, investi récemment pour un cinquième mandat à la tête du pays, a dévoilé la composition de son gouvernement le 14 août 2016 à N’Djamena. Une date qui, visiblement, porte la chance à Mahamat Allahou Taher. Dans ce gouvernement, celui-ci occupe le poste de ministre des Postes et des Nouvelles technologies de l’information, en remplacement de Mahamat Louani Goadi.

C’est en effet le 14 août 2001, que le nouveau promu est nommé pour la première fois ministre. Et de quel portefeuille ? Celui des Mines, de l’Energie et du Pétrole. Il y passera deux ans, car en mai 2003 il est remplacé à la suite d’un remaniement ministériel et muté au ministère de l’Elevage où il fera quelques mois, parce qu’il sera débarqué en février 2004 de ce ministère et remplacé par Adoum Diar.

Six années plus tard, il retrouvera un poste ministériel. Le 03 avril 2010, Mahamat Allahou Taher devient le ministre du Développement touristique et de l’Artisanat. Dans le gouvernement du 17 août 2011 (encore le mois d’août), il est nommé ministre du Commerce et de l’Industrie. Jusqu’à sa dernière nomination comme ministre des Postes et des Nouvelles technologies de l’information, Mahamat Allahou Taher était le secrétaire d’Etat au ministère du Plan et de la Coopération internationale. Poste qu’il occupait depuis le 16 février 2016.

Sa riche carrière lui permettra-t-il de relever les défis qui se posent à ce département ministériel ? Abdeldjalil Bachar Bong, DGA et Co-Fondateur de ZIYARA Sarl, un cabinet tchadien spécialisé en informatique et Réseaux télécoms, pense que Oui. « Le ministre Allahou est un homme rodé de l’administration tchadienne. Il a occupé plusieurs postes ministériels et sera à la hauteur pour accélérer la marche du Tchad vers une réelle économie numérique », explique-t-il à TIC Mag.

Pour réussir, dit-il, il faudrait que le nouveau ministre renforce l’équipe existante par des jeunes compétents et des ressources humaines qualifiées afin d’assurer la transition.

Egalement parmi ses arguments, Abdeldjalil Bachar Bong indique que le ministre pourrait s’appuyer sur les organes dont il assure la tutelle. Parmi ces organes, l’Agence de développement des TIC qui gère le fonds du développement de TIC versé par les opérateurs mobiles et les FAI ou encore sur le régulateur télécoms national, l’OTRT (office tchadien de régulation des télécommunications), dirigée par Idriss Saleh Bachar.

Les défis numériques à relever

Parmi les chantiers prioritaires, il faudra accélérer le développement des infrastructures numériques. Important donc de finaliser le raccordement du Tchad vers SOUDAN en fibre optique, ceci afin que la fibre optique se démocratise auprès des populations tchadiennes afin qu’elles puissent avoir la fibre optique à domicile (Fibre to the Home).

« Actuellement, il n’y a aucun Tchadien qui a chez lui un accès à la fibre optique venant du Cameroun, hormis les grands clients que sont les administrations publiques et les grandes entreprises. En effet, une connexion Internet via fibre optique (1Mega) coûte approximativement un million de Francs Cfa mensuellement, donc cinq fois le salaire mensuel d’un fonctionnaire », explique Abdeldjalil Bachar Bong.

Le raccordement du Tchad vers SOUDAN en fibre optique pourrait être une solution. Ce qui augmentera la bande passante du Tchad et pourra significativement diminuer les tarifs de l’Internet dans le pays. « Pour votre information, chez les opérateurs mobiles la data de 200 Mo coûte 2 000 F.CFA et 20 Mo coûte 500 F.Cfa. C’est très cher et ce sont probablement les tarifs les plus chers du Monde. Un autre exemple, une connexion d’une heure dans les quelques rares cybercafés de la place coûte 1 000 F. Cfa », s’indigne le DGA de ZIYARA Sarl.

Un avis que partage également Brahim Ousmane Mustapha, consultant au chapitre Internet Society du Tchad. « Le Vrai défi qui attend le ministre c’est la résolution de la problématique de l’accessibilité et du coût de l’Internet, car actuellement en terme de coût de l’Internet le Tchad est classé parmi les pays où l’Internet est le plus cher dans la sous-région », lance-t-il.

Monopole sur la fibre optique

Au-delà des coûts de l’Internet, il faudra instaurer un climat des affaires favorables au secteur de NTIC afin d’attirer les investisseurs et augmenter la concurrence nationale entre les opérateurs actuellement présents. « Actuellement, la SOTEL (opérateur historique) qui a le monopole de la fibre optique freine l’épanouissement du secteur. Le vrai frein au développement d’une réelle économie numérique au Tchad selon mon avis c’est ce manque d’infrastructures adéquates qui permettra également d’accélérer la production des contenus locaux. Le manque de point d’échange Internet sous régional ne favorise pas aussi la chute du prix de l’Internet et n’encourage pas la production des contenus locaux », affirme Brahim Ousmane Mustapha.

Plusieurs autres experts expliquent que le Tchad devrait également mettre en place une stratégie nationale claire de développement de l’économie numérique. Aussi, il sera important de former des ingénieurs et experts en TIC afin de doter le pays des compétences nécessaires pour la mise en œuvre de cette stratégie. Autant de préalables (et pas les seuls) qu’il faudrait en place afin de concrétiser la volonté du chef de l’Etat Idriss Déby Itno de faire du Tchad le Hub des TIC de l’Afrique centrale. Ce qui passe aussi par l’accélération de la construction du Centre africain de Technologies de l’Information (CATI) longtemps annoncé, mais qui reste toujours au stade de projet. Donc, du pain sur la planche !

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