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IA: Google et la fondation Idris Elba lancent un fond d’1 million de dollar visant à former 100 000 créateurs de contenu de 5 pays africains

[DIGITAL Business Africa] – Les fleurons de la création de contenu sortiront sans doute de cinq pays africains. Le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Kenya et la Sierra Leone sont les pays retenus par Google et l’entrepreneur Britannique, Idris Elba pour la formation à l’ IA de 100.000 passionnés créateurs de contenu. Les deux partenaires ont annoncé cette initiative lors du sommet sur l’IA de Google à Johannesburg tenu le mercredi premier juillet 2026.

Le vice-président senior de Google en charge de la recherche et de la technologie, James Manyika, précise que l’objectif recherché est d’aider les créateurs à produire du contenu de meilleure qualité plus rapidement et à moindre coût, en particulier ceux qui n’ont pas accès à des ressources de production coûteuses.

Pour Elba, cette initiative s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer l’écosystème du divertissement africain en investissant non seulement dans les talents, mais aussi dans les infrastructures nécessaires pour le soutenir.

Selon des prévisions de Google, l’ndustrie africaine des médias et du divertissement devrait atteindre 118 milliards de dollars d’ici 2031, alimentée par l’expansion d’Internet et la demande de contenu local.

Lors du sommet sur l’IA de Google à Johannesburg, Google a aussi fait d’autres annonces importantes. À commencer par le nouveau hub “Digital Exchange Port” dans le Cap-Oriental, qui relie l’Afrique à l’Australie (via le câble sous-marin Umoja) et à l’Inde.

L’entreprise promet également de sélectionner 15 startups africaines pour son accélérateur axé sur l’IA à partir du 21 juillet 2026. Une initiative qui est alignée sur son engagement plus large à soutenir 50 startups spécialisées dans l’IA à travers l’Afrique d’ici 2028.

Par Jean Materne Zambo

Pierre Nolasque Oyono Bika : « Avec Impact Palmarès, l’Imprimerie nationale lutte contre la contrefaçon pour protéger les documents officiels »

[DIGITAL Business Africa] – L’affaire a profondément secoué le pays : l’intrusion et l’arrestation spectaculaire, dans les locaux de la CRTV, d’un individu muni d’un faux décret présidentiel nommant un vice-président de la République ont mis en lumière le degré d’audace inédit atteint par les faussaires au Cameroun.

C’est au lendemain de ce séisme politique et médiatique, alors que la mafia de la contrefaçon franchissait un cap ultra-sensible après avoir longtemps sévi sur les réseaux sociaux en menaçant directement la stabilité des institutions, que Pierre Nolasque Oyono Bika, directeur général de l’Imprimerie nationale, a choisi de rompre le silence.

Dans un entretien accordé à la journaliste Agnès Sylvienne Andzama pour la Chronique TIC du Poste National de la CRTV ce mercredi 1er juillet 2026, le patron de l’institution dévoile l’arsenal technologique déployé pour verrouiller la signature de l’État, avec le soutien d’Impact Palmarès.

De l’approche sécuritaire « multicouche » au futur complexe fiduciaire ultra-moderne, il précise les contours d’une transition réussie vers le 100 % digital, tout en réaffirmant le caractère non négociable de la souveraineté numérique nationale.

Propos retranscrits par Digital Business Africa

Présentation et état des lieux de l’Imprimerie Nationale

Agnès Sylvienne Andzama : Monsieur le Directeur Général de l’Imprimerie Nationale, bonjour.

Pierre Nolasque Oyono Bika : Bonjour Madame Andzama.

Agnès Sylvienne Andzama : Merci pour votre disponibilité à répondre aux questions de la CRTV. Comment se porte l’Imprimerie Nationale aujourd’hui ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je vous remercie de l’importance que vous accordez à l’institution dont j’ai la charge depuis 2023. Avant de répondre à votre question, permettez-moi de vous faire une brève présentation de l’Imprimerie Nationale. Au départ, on l’appelait « imprimerie gouvernementale ». Elle a été créée en 1906, et son siège était à Buea. Au fil du temps, elle a connu plusieurs mutations jusqu’à ce qu’elle soit transférée à Yaoundé et prenne l’appellation d’Imprimerie Nationale, sur le site qu’elle occupe actuellement.

Il s’agit là d’un organisme à la fois sensible et stratégique pour le fonctionnement de notre administration publique. Si elle se limitait, au départ, à l’impression des documents nécessaires au fonctionnement des services publics et à l’édition des textes à caractère législatif et réglementaire, ses missions ont été densifiées et reprécisées sous la vision éclairée du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya. Le décret n° 2023/500 du 8 novembre 2023 la classe désormais au rang d’un établissement public à caractère spécial doté d’une personnalité juridique.

Ses missions s’étendent désormais à l’impression, la normalisation, et le marquage anti-contrefaçon, à l’impression du journal officiel, à l’édition des textes législatifs et réglementaires, ainsi qu’à l’exécution de tous travaux d’imprimerie et d’édition pour le compte des organismes privés et des particuliers. Pour vous dire les choses clairement, l’Imprimerie Nationale est en train de faire sa mue, elle se porte mieux qu’avant.

La menace de la fraude documentaire au Cameroun

Agnès Sylvienne Andzama : Alors Monsieur le Directeur Général, on vous reçoit dans un contexte assez particulier au Cameroun aujourd’hui. La diffusion et le partage de faux documents officiels ont la cote. Aujourd’hui, rien ne semble plus réservé, confidentiel ou secret. Le pire, c’est que le faux prend le dessus, menaçant la stabilité des institutions. Quelles sont la réaction et le regard de l’Imprimerie nationale sur cette situation alarmante ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je vais aller dans votre sens pour vous dire que le faux n’est pas une simple fraude documentaire. C’est une atteinte directe à l’autorité de l’État, et à la confiance qui lie les citoyens à leurs institutions. L’État affirme son autorité par les actes qu’il produit et les documents qui les authentifient. Lorsqu’un document officiel peut être falsifié, ce n’est pas simplement un support qui est compromis, c’est la crédibilité même de l’institution qui l’a délivré qui est remise en cause. Le faux ne détourne pas seulement un document, il altère la confiance publique.

C’est précisément le sens de la transformation profonde que nous menons ici à l’Imprimerie Nationale dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) avec Impact Palmarès. Il s’agit d’un grand groupe de renommée internationale spécialisé dans la transformation digitale des outils de production. Cette alliance stratégique nous permet d’intégrer les technologies les plus avancées en matière de sécurisation, de traçabilité et de lutte contre la contrefaçon afin de renforcer durablement la protection des documents officiels.

Agnès Sylvienne Andzama : Le fait de ne pas vous entendre vous exprimer publiquement sur le sujet, Monsieur le Directeur Général, suscite des interrogations : l’Imprimerie Nationale est-elle indifférente à ce qui se passe ou bien reste-t-elle dans son coin parce qu’elle n’est pas sollicitée pour réagir, en droite ligne des missions qui lui sont pourtant dédiées ? Vous boudez ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je comprends que cette perception puisse exister. Mais en matière de souveraineté documentaire, l’efficacité ne se mesure pas au volume des déclarations médiatiques. Elle se mesure à la solidité des actions concrètes. L’Imprimerie Nationale est une institution technique de l’État. Notre vocation première n’est pas de commenter l’actualité, mais d’apporter des réponses durables aux défis qu’elle soulève. Face à l’évolution des risques liés à la fraude documentaire, nous avons fait le choix d’agir avec méthode : moderniser nos capacités, renforcer les standards de sécurité, intégrer les meilleures technologies et bâtir, grâce au partenariat public-privé que nous avons engagé, un dispositif capable d’anticiper les menaces plutôt que de les subir.

Aujourd’hui, si nous prenons davantage la parole, c’est parce que cette transformation est bel et bien engagée et qu’il est important que les Camerounais sachent que l’État agit, innove et se donne les moyens de protéger ses documents officiels. Nous envisageons d’ailleurs, dans les prochains jours, un déploiement auprès de l’ensemble des administrations afin de partager notre vision et de redynamiser notre partenariat avec elles.

Le rôle des médias dans l’authentification

Agnès Sylvienne Andzama : Reste que la situation est grave, Monsieur le Directeur Général. Le faux circule, les médias sont envahis et peinent parfois à démêler le vrai du faux. Quel rapport entretenez-vous avec les médias pour vous assurer que les documents qu’ils rendent publics sont authentiques ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je voudrais d’abord saluer le rôle fondamental que jouent les médias, et vous en particulier, dans le contexte actuel. Vous n’êtes pas seulement des relais d’information, vous constituez également un maillon essentiel dans la protection de la vérité et de l’intérêt général. C’est précisément pour cette raison que l’Imprimerie Nationale considère les professionnels des médias comme de véritables partenaires. Chaque fois qu’un document officiel suscite un doute, nous estimons qu’il est préférable de le vérifier avant sa diffusion plutôt que de devoir le démentir après sa publication. La prévention est toujours plus efficace que la rectification.

Je profite d’ailleurs de votre antenne pour adresser un message à l’ensemble des organes de presse : les portes de l’Imprimerie Nationale sont ouvertes. Nous sommes pleinement disposés à renforcer les échanges avec les médias, à partager notre expertise et à développer des mécanismes de collaboration qui permettront, ensemble, de juguler la circulation de faux documents.

Innovations technologiques et approche multicouche

Agnès Sylvienne Andzama : Face à des réseaux de faussaires qui recourent à des technologies de plus en plus sophistiquées, quelles innovations technologiques majeures l’Imprimerie nationale déploie-t-elle aujourd’hui pour rendre ces documents officiels totalement inviolables ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Cette question touche au cœur même de notre transformation. Il faut comprendre que la sécurité documentaire est une course permanente entre l’innovation et la fraude. Les faussaires évoluent, les institutions ont donc le devoir d’évoluer également, et d’aller plus vite qu’eux. C’est la raison majeure pour laquelle l’État a engagé, à travers ce partenariat public-privé, une profonde mutation de l’Imprimerie Nationale. Ce partenariat ne se limite pas à l’acquisition de nouveaux équipements. Il permet surtout un véritable transfert de technologie, de savoir-faire et de standards internationaux en matière d’impression de sécurité.

Aujourd’hui, nous mettons progressivement en place une nouvelle génération de documents sécurisés reposant sur une approche multicouche. Cette approche combine :

  • Des éléments de sécurité visibles destinés à une première vérification par le citoyen ;

  • Des éléments semi-cachés réservés aux agents administratifs habilités ;

  • Des dispositifs hautement sécurisés permettant une authentification technique réservée aux autorités compétentes.

À cela s’ajoutent des mécanismes modernes de traçabilité et d’identification qui renforcent la protection de chaque document tout au long de son cycle de vie. Notre objectif à terme n’est pas seulement de produire des documents plus sûrs, mais de bâtir un véritable écosystème de confiance où chaque document officiel porte en lui les moyens de prouver son authenticité.

Stratégie et souveraineté numérique nationale

Agnès Sylvienne Andzama : On a parfois reproché à l’institution, par le passé, une certaine passivité face au phénomène du faux et de l’usage de faux. Qu’est-ce qui a concrètement changé dans votre stratégie pour inverser la tendance ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je ne parlerais pas de passivité, je dirais plutôt que nous faisons aujourd’hui face à une criminalité d’une tout autre dimension. La fraude documentaire a profondément évolué : elle est devenue plus organisée, plus technologique et parfois même transnationale. Il était donc indispensable que notre modèle de sécurisation évolue au même rythme. C’est précisément ce qui a changé. L’Imprimerie Nationale est engagée dans une transformation structurelle. Nous sommes passés d’une logique centrée sur la production de masse à une logique intégrée de sécurité documentaire, de traçabilité et d’innovation technologique. Mais le changement ne se limite pas à la technologie, il concerne également notre gouvernance, notre capacité d’anticipation, notre collaboration interadministrative et notre volonté d’instaurer une véritable culture de l’authenticité documentaire.

Agnès Sylvienne Andzama : Le partenariat stratégique avec des groupes tels qu’Impact Palmarès marque également un tournant dans le déploiement de vos missions. Comment ce partenariat public-privé renforce-t-il l’autonomie et la souveraineté numérique du Cameroun sans externaliser la sécurité de nos données ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Le partenariat public-privé ne signifie en aucun cas un transfert de souveraineté. La souveraineté documentaire et numérique demeure pleinement entre les mains de l’État du Cameroun. Le rôle de l’Imprimerie Nationale est de l’assurer. Celui de notre partenaire stratégique, Impact Palmarès, consiste à apporter des technologies de pointe, des équipements industriels, un transfert de compétences et une expertise reconnue à l’international. Chacun intervient dans son domaine avec des responsabilités clairement définies. Les données sensibles de l’État ne sont ni externalisées, ni abandonnées ; elles demeurent gouvernées selon les règles strictes fixées par les autorités camerounaises et sous le contrôle des institutions compétentes. C’est un principe fondamental auquel nous ne dérogerons jamais.

En réalité, ce partenariat renforce notre autonomie. Il nous permet de produire localement des documents de haute sécurité, de développer des compétences nationales, de réduire notre dépendance technologique à l’étranger et de hisser l’Imprimerie Nationale au rang des meilleures références internationales. Pour nous, la véritable souveraineté ne consiste pas à s’isoler, mais à choisir librement les meilleurs partenaires pour renforcer les capacités de l’État tout en conservant la maîtrise absolue des décisions, des données et des infrastructures stratégiques. C’est exactement la philosophie qui nous guide.

La transition vers le 100 % digital

Agnès Sylvienne Andzama : Avec la transition vers l’identité numérique, le rôle de l’Imprimerie Nationale évolue de manière évidente. Comment préparez-vous, ou tout au moins vivez-vous, le passage du support papier sécurisé à des solutions d’authentification 100% digitales de tous ces actes officiels ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Cette transformation est déjà en marche et l’Imprimerie Nationale s’y prépare avec beaucoup de détermination. Le document officiel de demain ne sera plus seulement un support papier physique hautement sécurisé, il intégrera également des technologies numériques permettant une authentification instantanée, fiable et dématérialisée. Je pense notamment aux codes QR dynamiques, aux puces électroniques, aux identifiants numériques uniques, aux plateformes de vérification en ligne et, à terme, aux applications développées par l’État pour faciliter le contrôle de l’authenticité des documents.

Notre ambition est simple : permettre à toute administration, à tout agent habilité et, selon les cas, à tout citoyen de pouvoir vérifier rapidement et avec une fiabilité absolue l’authenticité d’un document officiel. C’est cette convergence indispensable entre la sécurité documentaire traditionnelle et l’innovation numérique que prépare l’Imprimerie Nationale face aux défis de demain.

Respect du monopole légal de l’État

Agnès Sylvienne Andzama : De nombreuses administrations ou municipalités continuent pourtant de solliciter des imprimeries privées pour la fabrication de documents sensibles. Comment comptez-vous faire respecter le monopole légal de l’Imprimerie Nationale auprès de l’ensemble de l’appareil étatique ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je voudrais d’abord rappeler que cette exclusivité n’est pas une simple revendication corporatiste de l’Imprimerie Nationale. C’est une volonté fermement exprimée par le législateur et le pouvoir réglementaire. D’ailleurs, le décret numéro 2023/500 du 8 novembre 2023, portant réorganisation de l’Imprimerie Nationale, confie à notre institution, à titre exclusif, l’impression, la normalisation et le marquage anti-contrefaçon de ces documents. Notre responsabilité est donc de veiller à la bonne application de ce cadre réglementaire.

Mais nous entendons le faire dans un esprit de partenariat constructif avec les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées (CTD) et l’ensemble des organismes concernés. Concrètement, nos actions vont s’articuler autour de plusieurs axes :

  • Intensifier les actions de sensibilisation sur les exigences réglementaires en vigueur ;

  • Renforcer notre proximité avec les différentes administrations ;

  • Simplifier et moderniser les procédures de commande ;

  • Améliorer drastiquement nos délais de production ;

  • Offrir des solutions de sécurité sur mesure, adaptées aux besoins spécifiques de chaque institution.

Lorsqu’une administration trouvera auprès de l’Imprimerie Nationale une qualité irréprochable, des délais maîtrisés et un accompagnement de proximité, le recours aux circuits privés parallèles perdra naturellement toute sa justification.

Capacités industrielles et projets d’avenir

Agnès Sylvienne Andzama : Êtes-vous aujourd’hui pleinement sollicité par l’État à la hauteur de vos capacités techniques actuelles, et vos infrastructures sont-elles prêtes à absorber la demande globale de toutes les administrations du pays ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je peux vous répondre avec beaucoup de sérénité : oui. L’Imprimerie Nationale est aujourd’hui pleinement opérationnelle et en mesure d’accompagner toutes les administrations publiques. Depuis la signature de notre contrat de partenariat le 21 novembre 2025 avec le groupe Impact Palmarès, nous avons engagé une modernisation profonde de notre outil de production. Les travaux de réhabilitation de nos infrastructures existantes se poursuivent, tandis que les nouveaux équipements industriels de dernière génération sont progressivement installés. D’autres sont en cours d’acheminement.

Cette modernisation se fait de manière intelligente et progressive afin d’assurer la continuité du service public sans aucune interruption. Nous sommes donc déjà en mesure de répondre aux besoins actuels de l’État, mais notre ambition va beaucoup plus loin. La véritable montée en puissance interviendra avec la réalisation de notre futur complexe fiduciaire ultra-moderne, appelé à devenir une référence technologique majeure en Afrique subsaharienne. Cette infrastructure intégrera les technologies industrielles aux normes internationales les plus strictes. En définitive, nous ne préparons pas simplement l’Imprimerie Nationale de demain, mais construisons un outil stratégique qui permettra au Cameroun de disposer durablement d’une capacité nationale de production documentaire à la hauteur de ses exigences de souveraineté.

Appel à la Justice et aux Médias

Agnès Sylvienne Andzama : Une dernière question pour clore cet entretien, Monsieur le Directeur Général. Quel rôle attendez-vous concrètement des médias et du corps judiciaire pour accompagner l’Imprimerie Nationale dans cette guerre contre la criminalité documentaire qui menace la stabilité de nos institutions ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je suis profondément convaincu que la lutte contre la criminalité documentaire ne peut être gagnée par une institution isolée. Elle exige une mobilisation générale de tous les acteurs de l’État, chacun dans le plein exercice de ses compétences.

J’attends d’abord des médias qu’ils poursuivent leur mission avec rigueur et professionnalisme : informer, sensibiliser, alerter lorsque nécessaire et contribuer à développer au sein de l’opinion publique une véritable culture de l’authenticité et du réflexe de vérification. Dans un contexte où les fake news et les faux documents se propagent à la vitesse du clic, les médias sérieux constituent des remparts essentiels pour préserver la confiance publique.

J’attends également de la justice qu’elle continue d’appliquer, avec la plus grande fermeté, les dispositions pénales prévues par la loi. La fraude documentaire n’est pas une simple irrégularité administrative mineure, c’est une atteinte frontale à la crédibilité de l’État, à la sécurité juridique des citoyens et à la sécurité nationale. La réponse judiciaire doit être implacable pour constituer un puissant facteur de dissuasion.

Pour notre part, l’Imprimerie Nationale va poursuivre sa mission en renforçant sans cesse la sécurité des supports, en innovant sur le plan technologique et en mettant à la disposition des administrations des solutions d’authentification et de traçabilité toujours plus fiables. Lorsque les institutions, les médias, la justice et les citoyens avancent main dans la main, la fraude recule inévitablement. C’est cette alliance républicaine que nous devons consolider.

Agnès Sylvienne Andzama : Pierre Nolasque Oyono Bika, directeur général de l’Imprimerie Nationale, merci pour cet éclairage.

Pierre Nolasque Oyono Bika : C’est moi qui vous remercie, Madame Andzama. Je reste convaincu qu’à travers cet échange, vos auditeurs mesureront le travail colossal accompli au quotidien pour protéger notre souveraineté documentaire.

Propos retranscrits par Digital Business Africa

Orange Cameroun : François Xavier Bella nommé directeur technique, un profil réseau et IT au cœur de la qualité de service

[DIGITAL Business Africa] – Du nouveau au sein du top management technique d’Orange Cameroun. Selon les informations obtenues par Digital Business Africa, François Xavier Bella a été nommé directeur technique de l’opérateur télécom. Une promotion qui consacre le parcours d’un cadre technique issu des rangs d’Orange Cameroun, doté d’une solide expérience en ingénierie réseau, en opérations IT, en stratégie d’infrastructure et en management d’équipes techniques. Et surtout, un pur produit de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé.

Une promotion stratégique à la Direction technique

Cette nomination intervient dans un contexte où les opérateurs télécoms sont attendus sur plusieurs fronts : amélioration de la qualité de service, extension de la couverture du réseau, optimisation de l’expérience client, montée en puissance de la data, préparation des évolutions vers la 5G, sécurisation des infrastructures IT et modernisation des plateformes de services. Autant de chantiers qui font de la direction technique l’un des centres névralgiques de la performance d’un opérateur tel qu’Orange Cameroun.

Cette sensibilité à la qualité de service est d’ailleurs un marqueur fort du discours de François Xavier Bella. Le 10 octobre 2024, lors de la Semaine de l’expérience client, alors qu’il s’exprimait en qualité de directeur des opérations, il rappelait déjà que la performance technique était directement liée à l’expérience vécue par les abonnés.Orange Cameroun : François Xavier Bella nommé Directeur Technique, un profil réseau et IT au cœur de la qualité de service

« Chez Orange Cameroun, la qualité de service offerte à nos clients fait partie de nos TOP priorités car reste étroitement liée à leur expérience et passe par des investissements massifs non seulement dans la modernisation continue du réseau, l’activation de technologies innovantes mais aussi par une veille quotidienne de nos installations », déclarait François Xavier Bella.

Manager sénior, François Xavier Bella revendique une expérience construite dans l’ingénierie des réseaux, la stratégie, le développement, les opérations et le management d’équipes pluriculturelles et pluriethniques. Son parcours chez Orange Cameroun, où il totalise plus de 14 années d’expérience, l’a progressivement conduit des fonctions d’ingénierie de transmission aux responsabilités de direction opérationnelle.

De la transmission aux opérations critiques

Il intègre Orange Cameroun en juin 2012 en tant que Planning Transmission Engineer. À ce poste, il intervient sur les problématiques de planification, de conception et d’évolution des infrastructures de transmission. Entre octobre 2016 et octobre 2018, il devient Head of the Transmissions Engineering Department, fonction qui le place au cœur de la stratégie de développement du réseau de transport national et international de l’opérateur.

De novembre 2018 à février 2021, François Xavier Bella occupe le poste de Head of Back Office Operations Department. D’après les éléments disponibles sur son profil LinkedIn, ses responsabilités couvrent la stratégie de développement des outils de monitoring de bout en bout de la qualité de service et de l’expérience utilisateur, tant pour les services réseau que pour les services à valeur ajoutée.

Il pilote également le pôle d’expertise réseaux, notamment dans les domaines RAN, transmission, core, IP et systèmes d’information, ainsi que les processus opérationnels liés au change management, à l’incident management, au crisis management et aux maintenances IT et réseaux de niveaux 1, 2 et 3.Orange Cameroun : François Xavier Bella nommé Directeur Technique, un profil réseau et IT au cœur de la qualité de service

Depuis 2021, la supervision des réseaux et des plateformes IT

Depuis février 2021, il occupait le poste de directeur des opérations d’Orange Cameroun. Dans ce rôle, il était en charge de la maintenance, de la stratégie opérationnelle et de la supervision de systèmes critiques couvrant les réseaux, les infrastructures IT et les plateformes de services. Ses responsabilités portaient notamment sur la gestion budgétaire, le pilotage des processus opérationnels, la coordination des fournisseurs, ainsi que le suivi des performances des services au titre des engagements de type SLA et OLA.

À ce poste, il a également supervisé les centres d’expertise technologique locaux d’Orange Cameroun, couvrant les domaines du réseau, notamment le RAN, la transmission, le cœur de réseau et l’IP, ainsi que les infrastructures IT, les serveurs, le stockage, les plateformes de services, les environnements de virtualisation et d’archivage. Son périmètre comprenait également les systèmes d’information liés aux plateformes de services, à la facturation et aux environnements IN.Orange Cameroun : François Xavier Bella nommé Directeur Technique, un profil réseau et IT au cœur de la qualité de service

Un manager d’équipes techniques et de centres d’expertise

Son expérience managériale s’est construite autour du pilotage d’équipes techniques de grande taille. Dans ses fonctions de Directeur des Opérations, il a notamment conduit une équipe d’environ 80 ingénieurs, techniciens et experts en réseaux et IT. Une responsabilité stratégique dans un secteur où la qualité de service dépend autant de la robustesse des infrastructures que de la capacité des équipes à anticiper, superviser, corriger et améliorer en continu les performances du réseau.

Son parcours l’a amené à intervenir dans plusieurs domaines technologiques clés : WDM, OTN, MS-OTN, ASON, FTTH, IP/MPLS, LTE, 5G, Mobile Backhaul, Open RAN, Cloud et d’autres architectures critiques pour les réseaux modernes. Cette expertise est particulièrement stratégique pour Orange Cameroun, dans un environnement où les usages numériques explosent, où les clients consomment davantage de data et où les entreprises attendent des services télécoms plus fiables, plus rapides et plus sécurisés.

Avant de rejoindre Orange Cameroun, François Xavier Bella a commencé sa carrière chez ZTE Corporation comme After Sales Engineer, d’octobre 2010 à février 2011, puis chez Guinness Cameroon SA, filiale de Diageo, comme Network Engineer, Project Officer, de février 2011 à avril 2012.

Un ingénieur formé à Polytechnique Yaoundé

Ingénieur de conception en télécommunications, réseaux, GSM et CDMA, François Xavier Bella est diplômé de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, où il a été formé de 2005 à 2010. Son profil LinkedIn mentionne un niveau « Excellent » pour cette formation. Avant cela, il a obtenu en juillet 2005 un baccalauréat en mathématiques et sciences physiques avec la mention “Très bien”.Orange Cameroun : François Xavier Bella nommé Directeur Technique, un profil réseau et IT au cœur de la qualité de service

Au-delà de son profil technique, le nouveau Directeur Technique d’Orange Cameroun se présente comme un manager orienté client et résultat, capable de prendre des décisions stratégiques et opérationnelles au service du business, tout en accordant une importance particulière au développement et à l’épanouissement des équipes.

Une nomination stratégique pour la performance technique d’Orange Cameroun

Cette approche sera déterminante dans ses nouvelles fonctions. Car la direction technique d’un opérateur télécom n’est plus seulement un centre de gestion des infrastructures. Elle est désormais un levier de compétitivité, d’innovation, de satisfaction client et de transformation digitale.

Réseau mobile, connectivité d’entreprise, IT, cloud, qualité de service, supervision, disponibilité des plateformes, résilience des infrastructures : la performance technique est devenue l’un des principaux marqueurs de confiance entre l’opérateur, ses clients, les entreprises et les administrations publiques.

Avec la nomination de François Xavier Bella, Orange Cameroun fait donc le choix d’un profil interne expérimenté, formé aux exigences opérationnelles du terrain et familier des grands enjeux technologiques de l’opérateur.

Un choix de continuité, mais aussi de responsabilité, à l’heure où le marché camerounais des télécommunications entre dans une phase où la qualité, la capacité du réseau et l’innovation technique pèseront de plus en plus dans la concurrence.

Par Digital Business Africa

Madagascar : Les experts locaux en symbiose contre la cybercriminalité

[DIGITAL Business Africa] – La Madagascar’s Information Security Practitioners Community porte le combat contre la cybercriminalité. La MISPC veut apporter une réponse à ces attaques informatiques en réunissant, depuis ce 1ᵉʳ juillet 2026, des experts en cybersécurité aux côtés du CIRT-MG. L’objectif général est de protéger les infrastructures, sensibiliser les acteurs et développer un écosystème numérique plus résilient.

L’initiative est saluée par des populations même si certains appellent aux efforts importants en matière d’infrastructures, de certification et surtout de sensibilisation des citoyens afin de produire un impact durable.

Madagascar est résolument engagé à assainir son cyberespace. À l’occasion du premier Symposium de la cybersécurité organisé les 22 et 23 juin 2026, à Antananarivo, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a annoncé l’avancée du chantier de réforme du cadre légal du secteur. Jusqu’à date, Madagascar reste subordonnée à une loi adoptée en 2014.

Jugé insuffisant face à la transformation rapide des technologies numériques et à la multiplication des cybermenaces, le texte est en passe de connaître une révision. Les travaux y afférents ont été lancés depuis décembre 2025 afin d’adapter la réglementation aux nouveaux défis.

La future législation devrait notamment apporter une définition claire des incidents de sécurité et identifier les Organisations d’Importance Vitale (OIV), considérées comme des infrastructures stratégiques de protection du cyberespace.

Selon Éric Rakotomaniraka, directeur général du Computer Incident Response Team (CIRT), cette réglementation ne restera pas uniquement déclarative : elle imposera des obligations précises aux acteurs concernés, avec des sanctions prévues en cas de non-respect.

Par Jean Materne Zambo

Médias: TF1 songe à l’offre digitale pour émettre en Afrique après son retrait de Canal +

[DIGITAL Business Africa] – Canal met sa menace à exécution. Dès ce 1ᵉʳ juillet 2026, l’ensemble des chaînes du groupe TF1 ont cessé leur diffusion sur Canal à travers le monde. Un retrait qui fait suite à un désaccord financier pour le renouvellement de leur contrat.

En 2022, Canal avait déjà suspendu la diffusion des chaînes de TF1 sur tous ses canaux de distribution. Le conflit avait été porté en justice par TF1, puis les deux parties avaient fini par trouver un accord.

« Malgré plusieurs mois de négociations, il n’a pas été en mesure d’aboutir à un accord global alors même qu’il était prêt à en améliorer les conditions en tous points pour TF1 ». Canal+ précise toutefois rester « ouvert au dialogue » et se dit disponible pour reprendre les discussions afin de parvenir à « un accord reposant sur des bases raisonnables, équilibrées et pérennes ».

Avec quelque 35 millions de streaming par mois, le groupe TF1 pourra surfer sur sa communauté virtuelle. D’où la nécessité de distribuer ses programmes et chaînes (en Afrique) via internet (streaming) plutôt que par les méthodes traditionnelles comme le satellite. ” Cette décision amène le groupe TF1 à réfléchir à sa stratégie de distribution dans un contexte où l’offre digitale se développe à hive allure”, a communiqué le groupe TF1.

Radio France internationale (RFI) avait déjà aussi misé sur le numérique pour contourner les suspensions de ses ondes (FM et ondes courtes) dans plusieurs pays d’Afrique.

Au Niger, au Mali et au Burkina Faso, en 2023, le support médiatique avait eu recours aux sites miroirs, applications mobiles et réseaux sociaux pour continuer d’émettre grâce aux Virtual Private Numbers (VPN). Les auditeurs du Mali, du Niger et du Burkina Faso peuvent ainsi choisir de se connecter virtuellement depuis un autre pays, depuis lequel le site de RFI est accessible.

Par Jean Materne Zambo

 

Tchad : Haliki Choua Mahamat négocie un partenariat avec un géant américain de la cybersécurité

[DIGITAL Business Africa] – De retour de mission aux États-Unis, la délégation tchadienne fait le point. Il est pour le moins positif. Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration, Haliki Choua Mahamat, et son collègue de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, ont co-présidé ce lundi 29 juin 2026 la réunion de restitution de la mission officielle de la délégation tchadienne aux États-unis.

Il en ressort que la délégation tchadienne a décroché des partenariats avec les entreprises américaines dans les domaines des infrastructures numériques, de la connectivité satellitaire, de la cybersécurité et de la santé numérique avec des entreprises américaines. Notamment InterSystems, 19Labs et Cybastion, pour renforcer la digitalisation du système de santé et la sécurité des infrastructures numériques.

Selon le ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration, deux de ces entreprises, à savoir IntersSystems et 19Labs souhaitent accompagner le ministère de la Santé publique dans la mise en œuvre de solutions innovantes de santé numérique, notamment à travers la télémédecine, le télétravail médical et la modernisation des services de santé.

Cybastion, quant à elle, aurait exprimé son intérêt à nouer un partenariat avec l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC). Et ce, afin de développer des projets structurants dans le domaine des TIC.

Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration, Haliki Choua Mahamat et le Chargé d’Affaires de l’ambassade des États-Unis au Tchad, William Flens, ont aussi abordé la question des restrictions de visas entre les États-Unis et le Tchad.

Haliki Choua Mahamat a appelé à une réévaluation de ces mesures afin de faciliter les déplacements des experts, investisseurs et partenaires appelés à concrétiser les projets de coopération. Comme quoi une coopération ambitieuse ne peut pleinement se réaliser sans une libre circulation des compétences et des acteurs du développement, a-t-il soutenu.

Par Jean Materne Zambo : ADETIC

 

RD Congo : L’écosystème numérique passé au scanner de l’ARPTC

[DIGITAL Business Africa] – Le secteur du numérique a été passé au peigne fin de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC). En marge de l’Assemblée générale ordinaire de la Fédération des Entreprises du Congo pour l’exercice 2025, le comité de la FEC a échangé avec le président de l’ARPTC, Christian Katende, ce lundi 29 juin 2026.

Les échanges ont porté sur des enjeux majeurs qui structurent aujourd’hui l’écosystème numérique en République démocratique du Congo. Parmi les points abordés, figurent les questions liées au cadre réglementaire, aux mécanismes de collaboration entre le secteur public et le secteur privé, ainsi qu’aux approches nécessaires pour bâtir un environnement plus favorable à l’innovation, à l’investissement et à la croissance des entreprises numériques. Le comité de la FEC salue l’engagement de l’ARPTC au sortir de cet entretien.

« Nous avons particulièrement apprécié l’écoute et l’engagement du président de l’ARPTC, M. Christian Katende, qui porte une vision résolument orientée vers la dynamisation de l’écosystème numérique congolais. Une conviction forte ressort de cet échange : nous ne devons pas uniquement évoquer les problèmes du secteur, nous devons travailler ensemble à traiter les problèmes de fond qui concernent l’ensemble des parties prenantes.

« Cette approche marque une étape importante vers un dialogue constructif, établi sur la compréhension mutuelle, la recherche de solutions concrètes et la co-construction des réformes nécessaires au développement du numérique en RDC », a indiqué la FEC sur sa page Facebook.

L’ ARPTC mène des initiatives majeures pour le développement de l’ écosystème numérique en RD Congo. On peut citer l’octroi de licences pour des réseaux satellitaires, à l’instar de Starlink en mai 2025. Ce qui participe à couvrir les zones rurales et enclavées.

En sa qualité de présidente de l’ARTAC, l’ARPTC a coordonné des discussions en février 2026 à Kinshasa. Celles-ci ont permis d’harmoniser les tarifs d’itinérance (roaming) et de bâtir un marché numérique commun en Afrique centrale.

L’ARPTC joue également un rôle clé dans la promotion de l’écosystème Tech. Son partenariat triennal conclu en avril 2025 avec le salon OSIANE positionne la RDC comme un hub d’innovations numériques et un soutien majeur pour les jeunes entreprises.

Enfin, l’ARPTC assure une visibilité internationale. Cela se voit avec la participation remarquée de la RDC au Mobile World Congress Barcelona 2026, pour attirer les investissements et garantir un écosystème numérique fiable et inclusif.

Nonobstant ces avancées, l’écosystème numérique en RD Congo fait face à plusieurs défis, dont la fracture numérique, les infrastructures limitées, la faible bancarisation, le coût d’accès à internet, l’accès aux financements, entre autres.

Par Jean Materne Zambo

Gabon-Chine : Une coopération numérique au beau fixe

[DIGITAL Business Africa]- Le 17ᵉ Forum d’été de Davos a servi de cadre pour la rencontre entre les partenaires Gabon et Chine. Le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation du Gabon, Mark-Alexandre Doumba, et Hu Zhangliang, vice-président de l’Agence chinoise de coopération internationale au développement, se sont entretenus, ce 26 juin 2026, des perspectives de coopération entre le Gabon et la Chine dans les domaines du numérique et de l’innovation.

À l’issue de cette entrevue, des décisions stratégiques ont été prises, dont la mise en œuvre de projets stratégiques. Parmi lesquels l’amélioration de la connectivité, le renforcement de la souveraineté des données et le développement d’infrastructures pour l’hébergement de services numériques critiques. De quoi permettre au Gabon de maîtriser son patrimoine numérique, de protéger ses infrastructures critiques et de faire de la souveraineté des données un idéal.

La Chine demeure un partenaire stratégique du Gabon. Dans une interview accordée à une chaîne chinoise, en marge du forum de Davos, le ministre Doumba, « la coopération avec la Chine peut contribuer à réduire la fracture technologique et à favoriser un développement plus inclusif. »

Selon Alexandre Doumba, l’innovation ne doit pas rester concentrée dans quelques pôles mondiaux. Les pays africains doivent également pouvoir accéder aux technologies, développer leurs compétences et tirer parti des opportunités offertes par la révolution numérique. Il estime que la coopération avec la Chine peut contribuer à réduire la fracture technologique et à favoriser un développement plus inclusif.

Le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation a proposé une approche qui permettait aux pays en développement de connaître une véritable révolution numérique. Mark Alexandre Doumba évoque la concentration mondiale de l’innovation, l’accès à l’intelligence artificielle, la coopération numérique sino-africaine, la formation des talents, le multilatéralisme.

Par Jean Materne Zambo

 

 

La Corée du Sud investit plus de 1000 milliards d’euros dans l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Séoul veut se positionner comme l’un des géants de l’intelligence artificielle. Le gouvernement sud-coréen a dévoilé, lundi 29 juin 2026, un plan colossal équivalant à plus de 1 000 milliards d’euros au total sur dix ans pour construire des usines de semi-conducteurs avancés et des data-centers pour l’intelligence artificielle (IA).

Le plan inclut les investissements publics et privés. Selon le président sud-coréen Lee Jae-myung, il s’agit de “survivre dans la guerre à l’IA”. À terme,  le pays aura développéde nouvelles usines de semi-conducteurs avancés, des centres de données et le développement de solutions d’IA physique.

455 milliards d’euros sur seront alloués à la construction de quatre usines de semi-conducteurs, dont deux construites par le géant Samsung Electronics et les deux autres par son concurrent SK hynix, et d’autres infrastructures, a affirmé le ministre de l’industrie, Kim Jung-kwan.

Samsung, SK Hynix et Micron forment  le trio qui contrôle le marché de la Dynamic Random-Access Memory ou mémoire vive dynamique (DRAM), la mémoire principale de la plupart des ordinateurs et appareils électroniques. Les trois entreprises sont accusées d’avoir coupé leur production en même temps, organisé un virage coordonné vers la mémoire HBM destinée à l’IA, et abandonné d’anciens formats comme la DDR3 et la DDR4 pour resserrer l’offre de mémoire classique

568 milliards d’euros iront dans la construction de nouveaux centres de données dédiés à l’IA d’une puissance totale de 10 gigawatts (GW) d’ici 2035.  Ce qui portera la capacité totale du pays à 18,4 GW, a annoncé le ministre des sciences, Bae Kyung-hoon au cours de ce même événement au siège de la présidence sud-coréenne

La ruée vers l’IA bat son plein. Les entreprises, les États, à travers le monde, consentent des investissements colossaux. Normal, le secteur de l’intelligence artificielle connaît une croissance à deux chiffres : +47% de croissance sur un an avec des projections à 2 596 milliards de dollars pour 2026 selon le cabinet Gartner.

Par Jean Materne Zambo 

IA : La vision du Maroc pour le développement de l’Open source dans le monde

[DIGITAL Business Africa] – La Maroc figure bel et bien parmi ceux qui décident de l’avenir de l’Open source dans le monde. Lors de la séance inaugurale de la Semaine des Nations Unies consacrée à l’Open Source à New York, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté la vision du Maroc pour le développement de l’Open source.

Il s’agit d’ une approche dans laquelle le code source d’un logiciel est accessible au public, par opposition au logiciel propriétaire ou code fermé, qui  reste la propriété exclusive de l’éditeur.

Congo : Plus de 1000 femmes seront formées aux métiers du numérique et à l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Il est des initiatives qu’il faut absolument saluer. Surtout lorsqu’il s’agit d’autonomiser la femme. Le Forum de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat du Congo, tenu du 25 au 27 juin 2026 à Brazzaville, mérite bien des « youyous ». Pour sa première édition, le FITE a annoncé le lancement du programme de formation de plus de 1000 femmes aux métiers du numérique et à l’intelligence artificielle.

Le FITE a aussi mis en lumière des initiatives portées par des femmes entrepreneures venues présenter leurs innovations dans divers domaines,  dont l’agroalimentaire, le numérique entre autres. Clédie Ngoulou, entrepreneure, à justifié à présence au FITE.

“D’abord, ce qui justifie ma présence, c’est l’encouragement des jeunes femmes. Aujourd’hui, nous aimerions que la jeune femme se réveille, développe son potentiel, que la jeune femme sorte de sa zone de confort et donne le meilleur d’elle-même. Je suis un exemple concret que c’est possible”, a-t-elle dit.

Un programme qui rappelle une autre initiative de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), qui a lancé, début juin 2026, un atelier de renforcement de capacités de 50 personnes en matière de protection des données, de cybersécurité, l’interopérabilité, d’infrastructures numériques publiques, d’intelligence artificielle.

Bien avant le programme de la CEA, il y a eu des partenariats entre l’État et les opérateurs privés tels que le programme “Une femme égale une formation dans le secteur du digital”. L’objectif étant d’offrir des sessions de plusieurs mois en bureautique, infographie et coding.

Autre action, le partenariat entre l’ État et le PNUD. Le YouthConnekt Congo a notamment permis de déployer des initiatives comme “Elengué Mwassi Connekt” (jeune femme connectée) visant à outiller les jeunes filles aux technologies émergentes.

Tous ces programmes s’inscrivent dans la stratégie globale « Vision 2030 » et le plan « Congo Digital », tous coordonnés par le ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique et le ministère de la Promotion de la femme L’objectif est d’accélérer la transformation digitale tout en résorbant la fracture numérique, les femmes représentant encore une part minoritaire dans l’écosystème digital congolais.

Par Jean Materne Zambo

Cameroon Public Service Forum 2026 : le modèle kényan eCitizen présenté comme source d’inspiration pour le service public numérique camerounais

[DIGITAL Business Africa] – Le Kenya peut-il inspirer le Cameroun dans la modernisation de son administration publique ? La question était au cœur des échanges lors de la première édition du Cameroon Public Service Forum, organisée le 24 juin 2026 à la Muna Foundation, à Yaoundé, par The Service Foundation, à l’occasion de la Journée internationale de la fonction publique.

Parmi les expériences mises en avant, celle du Kenya a particulièrement retenu l’attention. À travers sa plateforme eCitizen et ses centres physiques, les Huduma Centers, le pays d’Afrique de l’Est est régulièrement cité parmi les exemples africains les plus avancés en matière de guichet unique numérique, de services publics en ligne et de simplification de la relation entre l’État et les citoyens.

Invité à partager cette expérience, Aliyare Hassan, Senior Assistant County Commissioner au ministère kényan de l’Intérieur, a présenté les grandes lignes de la transformation du service public au Kenya. Selon lui, le modèle kényan repose notamment sur quatre piliers : l’innovation, la responsabilité, la participation citoyenne et l’inclusion. À travers des plateformes centralisées comme eCitizen et des centres physiques de services publics appelés Huduma Centers, le Kenya a réussi à regrouper plusieurs services administratifs en un même point d’accès.

eCitizen, l’épine dorsale de la transformation digitale du Kenya

Le Kenya fait ainsi souvent figure de référence continentale en matière de guichet unique numérique avec sa plateforme eCitizen, aujourd’hui présentée comme le portail officiel d’accès aux services publics. Le State Department for Immigration and Citizen Services la décrit comme « l’épine dorsale » de l’agenda de transformation numérique du Kenya.

Placée sous la supervision de la Directorate of eCitizen Services, rattachée au Ministry of Interior and National Administration, la plateforme a pour mission d’intégrer les services des ministères, départements, agences et comtés, de coordonner les développeurs et les intégrateurs, et de réorganiser le portail afin d’accueillir davantage de services publics.

Selon les données officielles du portail, eCitizen regroupe plus de 22 000 services issus de plus de 100 ministères, comtés, départements et agences publiques. La plateforme permet notamment de demander des passeports, des certificats de naissance, des services d’identification, des services diplomatiques, des enregistrements d’entreprises, ou encore d’effectuer des paiements publics via M-Pesa, les cartes bancaires et d’autres canaux électroniques.

eCitizen est accessible via le web, mais le Kenya a également déployé l’approche Gava Mkononi, littéralement « le gouvernement dans la main », avec une application mobile disponible sur Android. L’application officielle eCitizen – Gava Mkononi comptait plus de 500 000 téléchargements sur Google Play et a été mise à jour le 30 janvier 2026.

Lors du lancement de l’expansion des services numériques en juin 2023, le gouvernement kényan avait également annoncé l’accès via le code USSD « étoile 2222 dièse » et le dispositif Gava Express, destiné à rapprocher les services publics des personnes ne disposant pas de smartphones.

Ce dispositif a permis de réduire les déplacements, de limiter les files d’attente, de diminuer les coûts supportés par les usagers et de rapprocher l’administration des citoyens. Une expérience susceptible d’inspirer d’autres pays africains, dont le Cameroun, dans leurs efforts de modernisation administrative.

Derrière ce modèle, l’objectif du gouvernement kényan est clair : réduire la bureaucratie, limiter les paiements manuels, améliorer la traçabilité des recettes publiques et rapprocher l’administration des citoyens. Mais l’expérience kényane montre aussi que la digitalisation du service public doit s’accompagner de garanties solides en matière de gouvernance, de protection des données, de cybersécurité, de transparence des frais et d’inclusion des citoyens non connectés.

Le cas kényan montre surtout que la transformation du service public ne se limite pas à la technologie. Elle repose sur une vision d’ensemble associant les plateformes numériques, les guichets physiques, l’inclusion des usagers, la responsabilisation des agents et la volonté politique de simplifier la relation entre l’État et le citoyen.

Un forum pour repenser le service public camerounais

C’est précisément autour de cette ambition que s’est tenue la première édition du Cameroon Public Service Forum. Organisé par The Service Foundation, l’événement avait pour thème : « Transformer les institutions publiques : promouvoir l’innovation, la participation et l’inclusion ».

Il a réuni des agents publics, des experts, des universitaires, des représentants d’administrations, des acteurs institutionnels et des professionnels engagés dans la réflexion sur la modernisation du service public au Cameroun.

Pour George Esama, fondateur de The Service Foundation, cette initiative vise d’abord à valoriser les femmes et les hommes qui servent l’État au quotidien.

« À travers cette célébration, nous voulons mettre en avant le service public, nous voulons mettre en avant les agents de la fonction publique pour le travail qu’ils accomplissent, qui est positif pour l’ensemble des citoyens », explique-t-il.

Mais au-delà de l’hommage rendu aux agents publics, l’ambition du forum est également opérationnelle : renforcer leurs capacités pour améliorer concrètement la qualité des services rendus aux citoyens.

« L’objectif est également de renforcer les capacités de ces agents du service public afin qu’ils disposent des outils nécessaires pour offrir un meilleur service public », précise George Esama.

Cette première édition intervient dans un contexte où la modernisation de l’administration publique constitue un enjeu central de la gouvernance. Les citoyens sont de plus en plus connectés, mieux informés et habitués aux services numériques rapides. Face à cette évolution, les administrations sont appelées à réduire les lourdeurs, simplifier les procédures, renforcer la transparence et améliorer leur proximité avec les usagers.

Selon les données évoquées lors du forum, l’indice de performance du service public du Cameroun se situerait à 44,73 %, plaçant le pays au 30e rang sur 52 pays en matière de qualité du service public. Un classement qui interpelle et invite à accélérer les réformes, notamment dans un contexte marqué par la transformation numérique, la dématérialisation des procédures, l’intelligence artificielle et la montée des attentes citoyennes.

Pour The Service Foundation, l’amélioration du service public ne peut pas se limiter aux discours ou aux réformes institutionnelles. Elle doit aussi passer par la formation, l’accompagnement et la responsabilisation des agents publics.

« À travers ce thème, nous voulons soutenir les agents du service public et leur donner toutes les capacités dont ils ont besoin pour bâtir de meilleures organisations publiques ; des organisations qui soient efficaces, qui s’adaptent aux changements à travers le monde, qui comptent sur des personnes dévouées et des personnes qui servent réellement pour les valeurs du service », souligne George Esama.

Recentrer l’administration autour du citoyen

Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de réduire le décalage entre une société en pleine mutation et des pratiques administratives parfois encore marquées par des procédures lourdes et des systèmes dépassés.

Dinyuy Brandon, responsable au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, a salué l’initiative du forum, qui permet de rassembler des agents publics, des acteurs du secteur privé, des enseignants et des citoyens désireux de contribuer à l’amélioration du service public. Selon lui, l’un des défis majeurs de l’administration moderne consiste à rompre avec les systèmes archaïques afin de replacer le citoyen au cœur de l’action publique.

« Nous devons recentrer notre service public autour du citoyen. Qu’il s’agisse des agents publics ou du citoyen camerounais, nos politiques, nos innovations et nos stratégies doivent être orientées de manière à s’aligner sur ce dont les citoyens ont réellement besoin », affirme-t-il.

Pour le responsable du MINCAF, l’administration ne peut plus continuer à fonctionner uniquement sur la base d’habitudes anciennes ou de pratiques héritées du passé. La modernisation du service public suppose une capacité à questionner les méthodes existantes, à simplifier les procédures et à proposer des réponses plus adaptées aux réalités actuelles des usagers.

« Il ne s’agit pas seulement de continuer sur la base de pratiques préhistoriques ou de ce que nous faisons depuis des années. Nous devons dépasser ce qui est devenu archaïque et proposer quelque chose de moderne, plus en phase avec la réalité de nos citoyens », insiste-t-il.

Cette préoccupation rejoint l’un des grands enjeux de l’e-gouvernance : la transformation digitale de l’administration ne consiste pas uniquement à créer des plateformes ou à mettre des formulaires en ligne. Elle suppose aussi une refonte des processus, une simplification des procédures, une meilleure coordination entre les services, une culture de la performance et une véritable orientation vers l’usager.

Autrement dit, digitaliser une administration lente, complexe ou peu accessible ne suffit pas. Il faut d’abord repenser le service public lui-même, en partant des besoins concrets des citoyens.

Pour Dinyuy Brandon, le forum doit ainsi produire un effet au-delà des discours. L’enjeu est que chaque participant reparte avec une responsabilité individuelle : améliorer, à son niveau, la qualité des services rendus aux Camerounais et contribuer à une meilleure formation des agents publics.

« L’espoir ici est que chacun reparte avec l’objectif de faire ce qu’il peut, à son humble niveau, pour améliorer les services que nous offrons aux Camerounais et la formation que nous dispensons à nos agents publics », indique-t-il.

Il a également appelé les jeunes Camerounais à s’intéresser davantage au débat public et aux questions liées à la réforme de l’administration. Pour lui, la transformation du service public ne doit pas être uniquement l’affaire des institutions. Elle doit aussi mobiliser les citoyens, les jeunes, les professionnels et toutes les forces capables de proposer des solutions nouvelles.

« Je veux encourager beaucoup de jeunes Camerounais à s’investir dans le débat public, à s’intéresser aux discussions publiques et à apporter leur propre contribution sur ce que nous pouvons faire de mieux », conclut-il.

Investir dans le capital humain

L’universitaire et expert en relations publiques Pisso Nseke a, pour sa part, mis l’accent sur les défis structurels qui freinent encore la modernisation du secteur public. Pour lui, la qualité d’une institution dépend fortement de celle des personnes qui l’animent. La réforme de l’administration passe donc nécessairement par un investissement substantiel dans le capital humain.

Cela implique de renforcer la formation continue, de développer les compétences numériques, d’encourager la culture de la responsabilité, de promouvoir la participation et de préparer les agents publics aux exigences d’une administration moderne.

Pisso Nseke a également plaidé pour la simplification des procédures administratives, l’accélération de la transformation digitale et la construction d’institutions plus réactives, plus transparentes et plus inclusives.

Dans cette perspective, le numérique apparaît comme un levier essentiel, mais non comme une solution magique. Les outils digitaux ne produisent des résultats que lorsqu’ils s’inscrivent dans une stratégie globale combinant leadership, formation, simplification, accessibilité et suivi de la qualité du service rendu.

Du diagnostic aux solutions concrètes

Les échanges du Cameroon Public Service Forum ont ainsi mis en évidence une urgence : la réforme du service public ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle administratif. Elle doit désormais intégrer les usages numériques, les attentes des citoyens connectés, les exigences de transparence, la simplification des procédures et l’inclusion des populations encore éloignées des services numériques.

Cette évolution appelle des cadres de dialogue capables de faire se rencontrer ceux qui pensent la réforme, ceux qui la mettent en œuvre et ceux qui développent les solutions technologiques. Car entre le diagnostic posé par les agents publics, les expériences africaines comme celle du Kenya et les ambitions nationales en matière de transformation numérique, une question demeure centrale : comment passer des recommandations aux plateformes opérationnelles, des discours aux démonstrations, et des projets pilotes aux services publics réellement accessibles aux citoyens ?

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit le Salon de l’e-Gouvernance et de l’Innovation digitale en Afrique, E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé.

Placé sous le thème « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », E-Gov’A 2026 ambitionne de réunir décideurs publics, administrations, collectivités territoriales, régulateurs, entreprises technologiques, banques, fintechs, startups, experts et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : accélérer la construction de services publics plus simples, plus rapides, plus sûrs et plus accessibles.

À travers les E-Gov’A Demo, le salon entend notamment offrir un espace de démonstration de plateformes, d’applications et d’innovations capables d’améliorer concrètement la relation entre l’État et l’usager. Identification numérique, paiement électronique, gestion électronique des documents, plateformes fiscales, douanières, foncières ou portuaires, solutions d’interopérabilité, cybersécurité et intelligence artificielle appliquée au service public figurent parmi les sujets appelés à nourrir les échanges.

En ce sens, le Cameroon Public Service Forum et E-Gov’A 2026 peuvent être lus comme deux moments complémentaires d’une même dynamique : le premier met en lumière les attentes, les blocages et les besoins de transformation ; le second peut contribuer à présenter les outils, les partenariats et les solutions nécessaires pour accélérer cette transformation.

The Service Foundation veut accompagner les agents publics

Créée en 2024, The Service Foundation se positionne comme une association dédiée au soutien des agents publics et à l’amélioration du service public. Son ambition est de travailler avec les administrations, les gouvernements, les partenaires publics et les organisations internationales pour renforcer les capacités du personnel et promouvoir de meilleures pratiques administratives.

« The Service Foundation est une association créée en 2024. Notre mission est de soutenir les agents du service public et, plus globalement, le gouvernement dans le domaine de l’amélioration du service public », explique George Esama.

Selon lui, l’association a déjà engagé des actions de formation au bénéfice d’agents publics issus de diverses organisations. Elle affirme également avoir noué des partenariats avec plusieurs ambassades et structures publiques pour développer des programmes de formation et de renforcement des capacités.

« Aujourd’hui, nous avons commencé à former des agents du service public issus d’autres organisations. Nous avons noué des partenariats avec plusieurs ambassades et d’autres organisations publiques pour offrir des formations et du renforcement des capacités », indique le fondateur de The Service Foundation.

À travers le Cameroon Public Service Forum, l’association entend donc mettre en place un cadre de dialogue, de formation et de mobilisation autour de la qualité du service public.

« À travers ce forum, nous voulons vraiment poursuivre dans cette voie, en nous associant à des organisations du service public et en les soutenant afin de faire mieux pour la population du Cameroun et pour l’ensemble du pays », ajoute George Esama.

Vers une administration publique plus agile

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : la transformation du service public ne doit pas rester enfermée dans les documents stratégiques, les plans de réforme ou les discours officiels. Elle doit se traduire dans les pratiques quotidiennes des ministères, des collectivités territoriales, des établissements publics et des guichets où les citoyens interagissent avec l’administration.

L’administration camerounaise est ainsi appelée à devenir plus agile, plus ouverte, plus transparente et davantage orientée vers les résultats. Cela suppose une meilleure utilisation des outils numériques, mais aussi une transformation profonde de la culture administrative.

L’innovation doit simplifier la vie des citoyens. La participation doit aider l’État à mieux comprendre les besoins des usagers. L’inclusion doit garantir que la digitalisation des services publics ne laisse personne de côté, notamment les populations rurales, les personnes vulnérables ou les citoyens peu familiers avec les outils numériques.

Dans un contexte où l’e-gouvernance, l’intelligence artificielle, la dématérialisation et les plateformes numériques redéfinissent progressivement la relation entre l’État et les citoyens, le Cameroon Public Service Forum veut contribuer à faire émerger une nouvelle génération d’agents publics : mieux formés, mieux outillés et davantage engagés en faveur de la qualité du service rendu.

La première édition de ce forum pose ainsi les bases d’un débat stratégique sur l’avenir de l’administration publique au Cameroun. Un débat nécessaire, car la modernisation de l’État ne se décrète pas seulement au sommet. Elle se construit aussi, chaque jour, au sein des services publics, par des agents capables d’écouter, d’innover et de servir efficacement.

Et c’est précisément cette dynamique qu’E-Gov’A 2026 entend amplifier à Yaoundé : faire dialoguer les décideurs, valoriser les agents publics, présenter les solutions numériques qui fonctionnent et accélérer la construction d’administrations africaines sans cash, sans papier et sans rupture.

Par Digital Business Africa

Cameroon – EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME

[DIGITAL Business Africa] – L’accès au financement demeure l’un des principaux défis des PME camerounaises. À PROMOTE 2026, cette problématique a été au cœur d’un panel organisé dans le cadre de la Cameroon-EU Business Week 2026, mise en place par la délégation de l’Union européenne au Cameroun, sur le thème : « Accès au financement au Cameroun : solutions croisées Gouvernement – Union européenne – Finance privée ».

Animé par Beaugas Orain DJOYUM, DG du cabinet de veille stratégique et d’e-Réputation ICT Media STRATEGIES, le panel a réuni plusieurs acteurs clés du financement du secteur privé : Ramón YNARAJA, représentant pays de la Banque européenne d’investissement (BEI) ; Mehdi TANAMI, directeur régional Afrique centrale de Proparco ; Jérôme SAVELLI, Business Development Advisor à FMO ; Abdoulaye HAYATOU, chef de division au ministère des Finances ; Pierre KAM, secrétaire général de l’APECCAM ; et Christie BABEI, Senior Investment Officer chez Fako Capital. Le directeur général du FEICOM, Philippe Camille AKOA, annoncé à cette rencontre, était absent.Cameroon–EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME

Pendant près d’une heure et demie, les échanges ont permis de dépasser les constats habituels sur la difficulté d’accès au crédit et de présenter des instruments concrets : lignes de crédit, garanties publiques, garanties européennes, capital patient, capital-investissement, assistance technique, financement direct des grandes entreprises et tickets d’amorçage pour les startups technologiques.

Proparco : 280 millions d’euros mobilisés pour 4 000 PME

Pour Mehdi TANAMI, directeur régional Afrique centrale de Proparco, l’accès au financement des PME passe d’abord par une intermédiation efficace avec les banques et les institutions de microfinance. Proparco intervient ainsi auprès des établissements financiers afin de leur permettre de financer davantage de petites et moyennes entreprises, notamment grâce à des lignes de crédit, des garanties et de l’assistance technique.

« Au cours des six dernières années, nous avons mobilisé 280 millions d’euros de financement et accompagné 4 000 PME. Cela a permis de créer ou de maintenir environ 30 000 emplois », a indiqué Mehdi TANAMI.

Ces financements ont notamment été déployés avec des acteurs tels que Société Générale Cameroun, BICEC, SCB Cameroun, Advans Cameroun ou encore ACEP Cameroun. Pour Proparco, l’enjeu consiste à produire un effet de catalyseur en combinant plusieurs outils. « Cette combinaison de garanties, d’assistance technique et, parfois, de lignes de financement accordées aux banques a vraiment un effet catalyseur à différentes échelles », a-t-il expliqué.

Au-delà de l’intermédiation bancaire, Proparco intervient également directement auprès d’entreprises plus importantes, sous forme de dette ou de fonds propres. Ces interventions ciblent notamment les secteurs où les banques locales sont limitées : maturités longues, financement en devises, infrastructures, industrie ou agro-industrie.

« Nos seuils sont de 7 à 10 millions d’euros. On est donc plutôt sur des corporates. On peut intervenir en dette, mais aussi en fonds propres, avec des horizons d’investissement compris entre sept et dix ans », a précisé Mehdi TANAMI.

Digital Africa : des tickets de 20 000 à 100 000 euros pour les startups tech

Pour les startups technologiques, Proparco s’appuie également sur Digital Africa, structure dédiée au financement et à l’accompagnement des startups et incubateurs de la tech. L’objectif est de proposer des outils plus adaptés aux jeunes entreprises innovantes, qui ne disposent pas toujours des garanties exigées par les banques classiques.

« Digital Africa est notre filiale chargée de l’accompagnement et du financement des startups et des incubateurs de la tech. Elle travaille beaucoup avec des tech camerounaises », a expliqué Mehdi TANAMI.Cameroon–EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME

Les tickets annoncés sont particulièrement adaptés aux phases d’amorçage et de croissance initiale.

« Digital Africa investit entre 20 000 et 100 000 euros. Nous avons trois tickets : 20 000 euros, 50 000 euros et 100 000 euros, selon l’étape de développement de la startup et les besoins de financement identifiés », a précisé une représentante de Digital Africa présente dans la salle.

Cameroon–EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME
La représentante de Digital Africa

Digital Africa revendique un portefeuille de 75 entreprises en Afrique, dont un peu plus de 40 % portées par des fondatrices. Les secteurs ciblés vont des fintechs aux healthtechs, en passant par les marketplaces et d’autres solutions numériques à fort potentiel.

FMO : une ligne de financement de 20 millions d’euros en préparation au Cameroun

La Banque néerlandaise de développement, FMO, représentée par Jérôme SAVELLI, entend renforcer sa présence au Cameroun. L’institution se positionne sur l’ensemble de la chaîne de valeur du financement : microfinance, très petites entreprises, PME bancarisables, fonds d’investissement et entreprises de plus grande taille.

« Le Cameroun est un marché relativement nouveau pour FMO. Nous cherchons aussi à financer le secteur financier au Cameroun, parce qu’il y a énormément de besoins de capitaux différents », a souligné Jérôme SAVELLI.

FMO intervient notamment par le biais de lignes de crédit à long terme accordées aux banques. Ces lignes permettent aux établissements financiers de financer des entreprises sur quatre, cinq ou six ans, dans un contexte où les ressources disponibles localement sont souvent de court terme.

Cameroon–EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME
Beaugas Orain DJOYUM, DG d’ICT Media STRATEGHIES, modérateur

« Le problème, ce n’est pas la liquidité dans ces pays-là. C’est plutôt d’avoir accès à des financements à plus long terme et de pouvoir prendre davantage de risques sur ces entreprises. Nous avons donc des lignes de crédit qui permettent, sur quatre, cinq ou six ans, à des banques de prendre le temps de financer des entreprises, parce que c’est du capital patient dont elles ont besoin », a-t-il expliqué.

L’annonce la plus concrète concerne une ligne de financement en préparation avec une banque camerounaise dont le nom n’a pas encore été dévoilé.

« FMO est en train de signer un accord avec une banque assez importante du secteur financier camerounais. Nous préparons une ligne de financement de 20 millions d’euros avec cette banque », a annoncé Jérôme SAVELLI.

L’institution néerlandaise entend également utiliser les garanties européennes pour pousser les banques à financer des secteurs plus risqués, notamment l’agriculture, les entreprises ne disposant pas de garanties suffisantes, les femmes entrepreneures ou d’autres populations moins servies par le secteur bancaire.

BEI : des lignes de crédit et de l’assistance technique pour les PME

Pour Ramón YNARAJA, représentant régional de la Banque européenne d’investissement au Cameroun, la question du financement des PME doit s’appuyer sur un diagnostic précis du marché. Il a notamment relevé le poids des créances en souffrance dans le système bancaire, ce qui contribue à faire grimper le coût du crédit.

« Quand on regarde un marché financier comme le Cameroun, avec un taux de non-performing loans de 14 %, cela veut dire qu’il y a un problème d’asymétrie d’information entre les informations du client et celles que la banque a de chaque client. Et cela explique aussi le coût élevé du financement », a-t-il analysé.

La BEI intervient avec plusieurs instruments selon les segments. Pour les startups, l’institution privilégie les investissements indirects via des fonds d’investissement régionaux. Pour les micro, petites et moyennes entreprises, l’instrument central reste la ligne de crédit.

« Pour les startups, nous pensons qu’il est préférable d’intervenir de manière indirecte, à travers des investissements dans des fonds d’investissement régionaux qui opèrent déjà en Afrique. Mais le cœur de ce que nous faisons concerne les micro, petites et moyennes entreprises », a expliqué Ramón YNARAJA.

En Afrique centrale, la BEI mise donc sur des lignes de crédit mises à disposition des intermédiaires financiers. Ces lignes sont complétées par des subventions de l’Union européenne pour rendre les financements plus abordables et par de l’assistance technique.

« Les lignes de crédit sont, pour l’Afrique centrale, l’instrument que la BEI a décidé de mettre en place. L’objectif est d’avoir un coût de financement abordable, à travers les subventions obtenues de l’Union européenne, qui baissent les coûts. Et l’impact est plus élevé lorsqu’on ajoute une enveloppe d’assistance technique », a précisé Ramón YNARAJA.

Cette assistance technique vise à la fois les intermédiaires financiers, pour mieux gérer les risques, et les bénéficiaires finaux, qui peuvent avoir besoin d’un appui technique, financier ou marketing pour être inclus dans les circuits de financement.

MINFI : une garantie de l’État de 200 milliards de FCFA

Côté gouvernement camerounais, Abdoulaye HAYATOU, chef de la division du Suivi au ministère des Finances, a présenté la facilité de garantie de l’État mise en place pour accompagner les entreprises publiques et privées dans la mobilisation de financements. L’enveloppe globale annoncée s’élève à 200 milliards de FCFA.

« La facilité de garantie de l’État, à hauteur de 200 milliards de FCFA, a été créée pour accompagner les entreprises publiques et privées, leur permettre de lever des fonds et de se développer », a expliqué Abdoulaye HAYATOU.

Cameroon–EU Business Week 2026 : 200 milliards FCFA de garantie de l’État et des guichets européens de la BEI, de FMO et de Proparco pour financer les PME
Abdoulaye HAYATOU, chef de la division du Suivi au ministère des Finances

Ce mécanisme permet à l’État de couvrir jusqu’à 50 % du risque supporté par les banques et les établissements de microfinance. L’objectif est de rétablir la confiance entre les institutions financières et les entreprises, notamment les PME, souvent confrontées à des exigences de garanties difficiles à satisfaire.

« Le gouvernement accompagne les PME et les entreprises publiques et privées jusqu’à hauteur de 50 % de la couverture. Il y a donc un partage de risque entre le secteur bancaire et l’État, pour que cela ne repose pas uniquement sur l’État et pour donner aux banques la possibilité de lever des financements », a-t-il indiqué.

La procédure passe obligatoirement par les banques et les microfinances. Les entreprises doivent d’abord présenter leurs projets à ces établissements. Si le dossier est jugé bancable, l’établissement financier sollicite ensuite la garantie de l’État auprès du ministère des Finances.

« Les entreprises vont vers les banques et les microfinances avec un projet. Les banques étudient le projet. Si le projet est porteur et bancable, elles se tournent vers le ministère des Finances pour solliciter la garantie. Au ministère des Finances, il s’agit d’un contrôle de conformité », a précisé Abdoulaye HAYATOU.

À ce jour, le portefeuille de cette facilité s’élève à environ 78,5 milliards de FCFA. Les secteurs déjà concernés sont notamment l’hôtellerie, le transport-logistique, l’industrie et l’agro-industrie.

« Aujourd’hui, le portefeuille de cette facilité représente environ 78,5 milliards de FCFA. Il y a des entreprises qui ont été accompagnées et qui sont couvertes à hauteur de 50 % sur cet encours », a-t-il ajouté.

APECCAM : les banques demandent plus de ressources longues et d’assistance technique

Pour Pierre KAM, secrétaire général de l’APECCAM, les mécanismes présentés par les partenaires européens et l’État camerounais répondent à une contrainte centrale du secteur bancaire : la faiblesse des ressources à long terme. Les banques collectent majoritairement des ressources à court terme, alors que les entreprises ont besoin de financements à long terme pour investir.

« Si l’on veut transformer structurellement une économie, il faut accorder une part importante à l’investissement. Ce n’est pas avec des ressources limitées que cela se fera. C’est essentiellement avec des ressources longues. En cela, les bailleurs de fonds sont très utiles », a déclaré Pierre KAM.

Pour lui, les garanties permettent aux banques d’accroître leur prise de risque, notamment vis-à-vis des PME.

« La ligne de garantie permet à la banque de déplacer le curseur. On peut monter d’un cran en termes de prise de risque parce que, derrière, il y a quelqu’un qui vous couvre », a-t-il expliqué.

Pierre KAM a également salué les ajustements apportés autour de la facilité de garantie de l’État, notamment le fait que l’analyse des dossiers revienne désormais clairement aux banques et qu’un compte séquestre assure la couverture en cas de sinistre.

« Nous venons de faire un grand virage à la fin de 2025. La fonction d’analyse revient essentiellement à la banque aujourd’hui. C’est quelque chose de capital. La deuxième chose, c’est qu’il y a désormais un compte séquestre qui assure la couverture de la banque », a-t-il souligné.

Mais pour l’APECCAM, le financement ne suffit pas. Les PME doivent aussi être accompagnées pour réussir. « Financer une entreprise n’est peut-être pas le problème capital. Le problème, c’est de faire réussir l’entreprise. En cela, les lignes d’assistance technique peuvent être très déterminantes », a insisté Pierre KAM.

Fako Capital : du capital patient pour les PME à impact

Fako Capital, représenté par Christie BABEI, intervient sur un segment souvent mal couvert par les banques classiques : les PME en croissance qui ont besoin de capital patient pour acquérir des équipements, développer un nouveau marché ou lancer un nouveau produit.

« Les PME camerounaises ont des besoins en capital patient, c’est-à-dire des besoins de financement pour acquérir des équipements, développer un nouveau marché ou un nouveau produit. Pour l’instant, ce besoin n’est pas encore suffisamment adressé », a expliqué Christie BABEI.

Le fonds combine le financement patient, le financement à court terme et l’accompagnement stratégique. Il peut aussi entrer au capital des entreprises, dans une logique de partenariat temporaire visant à créer de la valeur.

« Nous fonctionnons en trois volets. Nous fournissons du financement via plusieurs outils, notamment du financement patient, ainsi que du financement à court terme. Ensuite, nous accompagnons la société de manière stratégique. Nous essayons de partager les bons comme les mauvais moments avec le promoteur », a-t-elle indiqué.

Fako Capital se présente comme un acteur du capital-investissement à impact en Afrique centrale.

« Fako Capital est le premier fonds d’investissement d’impact agréé par la COSUMAF en Afrique centrale. À ce jour, nous comptons près d’une vingtaine d’entreprises accompagnées au moyen de plusieurs outils », a précisé Christie BABEI.

Le fonds cible notamment les PME réalisant entre 50 millions et 500 millions de FCFA de chiffre d’affaires. Les critères d’intervention portent sur la structuration des chaînes de valeur, l’impact économique et social, la contribution à l’import-substitution et l’inclusion économique des femmes.

« Nous regardons des entreprises qui ont un chiffre d’affaires compris entre 50 millions et 500 millions de FCFA, des entreprises qui structurent des chaînes de valeur et contribuent à l’import-substitution. Nous sommes aussi très sensibles au genre », a-t-elle ajouté.

Un enjeu commun : passer du financement de court terme au financement productif

Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé : le problème du financement au Cameroun n’est pas seulement une question de liquidité. Il touche aussi à la confiance, à la qualité des dossiers, à la structuration des PME, au partage des risques, à la maturité des ressources et à l’accompagnement non financier.

Les banques financent encore fortement le court terme : trésorerie, consommation, importations, fonctionnement. Or, pour transformer l’économie camerounaise, il faut financer davantage l’investissement productif, les équipements, l’industrie, l’agro-industrie, l’énergie, la transformation locale et les chaînes de valeur.

« À court terme, vous pouvez payer un salaire ou importer la matière première, mais ce n’est pas à court terme que vous installez la machine. Si l’on veut inverser la courbe, il faut davantage investir pour que la valeur se crée localement et, par induction, qu’il y ait des emplois », a résumé Pierre KAM.

Pour les PME camerounaises, le message est clair : les guichets existent, mais ils exigent des projets structurés, des états financiers crédibles, une gouvernance plus solide et une capacité à dialoguer avec les banques, les fonds d’investissement et les institutions de développement.

L’Union européenne annonce un nouvel appel à projets

Au terme des échanges, la délégation de l’Union européenne a également annoncé une évolution de sa méthode de travail, avec la volonté d’accompagner davantage l’émergence de projets bancables.

« Nous travaillons désormais à l’émergence de projets pour les guichets de financement. Nous allons lancer, avec le ministère de l’Économie, un nouvel appel à projets pour un programme d’appui au développement des chaînes de valeur agricoles. L’idée est de conduire les projets vers les différents guichets de financement existants », a indiqué Concepcion PEREZ CAMARAS, Chef d’équipe de la Section Économie, Secteur Privé et Infrastructures, à la Délégation de l’Union européenne au Cameroun.

Cet appel à projets devrait permettre à des entreprises de bénéficier d’une assistance technique de maturation, avant d’être orientées vers les guichets appropriés : banques, fonds de capital-investissement, Fako Capital, BEI, Proparco, FMO ou d’autres partenaires financiers.

À PROMOTE 2026, ce panel aura donc permis de mettre en évidence un écosystème de financement plus large qu’il n’y paraît : garantie de l’État, lignes de crédit européennes, capital patient, capital-risque, tickets d’amorçage, assistance technique et financement direct des grands projets. Reste désormais à transformer ces mécanismes en dossiers financés, en entreprises renforcées, en emplois créés et en valeur ajoutée produite localement.

Par Digital Business Africa

 

Côte d’Ivoire : Djibril Ouattara appelle à développer des systèmes d’IA adaptés à l’ Afrique

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique rêve d’une intelligence artificielle à l’africaine. L’ambition a déjà été évoquée par plusieurs décideurs par le passé. Mais les Journées du droit numérique donnent plus de résonance à cet appel.

Lors de la cérémonie d’ouverture des Journées du droit numérique (JDN) 2026, ce 25 juin 2026, Djibril Ouattara a insisté sur l’importance de la souveraineté des données. Selon le ministre,la capacité des États à structurer, contrôler et valoriser leurs données est essentielle pour développer des systèmes d’intelligence artificielle adaptés à leurs réalités sociales et culturelles.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté reconnaît le rôle de l’intelligence artificielle comme levier de compétitivité économique. Il a appelé à un encadrement rigoureux de la technologie afin de protéger les consommateurs et de prévenir les dérives liées à son utilisation.

Le panel ministériel intitulé : « IA, souveraineté et confiance numérique : les Etats africains sont -ils prêts ? » a réuni des membres du Gouvernement, des responsables administratifs ainsi que des experts du numérique. Les panelistes ont appelé à une réflexion approfondie sur les conditions d’une meilleure appropriation de ces technologies par les pays africains.

Les enjeux de propriété intellectuelle et de responsabilité juridique liés aux contenus générés par l’intelligence artificielle ont aussi été abordés au cours des échanges.

Rappelons que la Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle (SNIA 2030) de la Côte d’Ivoire s’articule autour de trois piliers majeurs :

• Infrastructures : Investissements massifs pour bâtir des infrastructures souveraines, incluant des centres de données (data centers) et des clouds locaux sécurisés.

• Compétences et Inclusion : Intégration de l’IA dans le système éducatif, formation de la jeunesse, et appui à la labellisation des startups locales. [

• Gouvernance et Éthique : Mise en place d’un cadre réglementaire pour assurer un usage responsable et éthique des algorithmes, en parfaite synergie avec la stratégie de gouvernance des données.

Pour revenir aux premiers piliers dédiés aux infrastructures, l’on va dire que les investissements requis sont estimés à plus de 1.000 milliards de FCFA d’ici 2030.

Par Jean Materne Zambo, source : ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique

Enquête: Les outils IA qui dominent la génération de texte, d’image, de vidéo en 2026

[DIGITAL Business Africa] – Aucune place n’est assurée pour un outil IA  sur le marché de la génération. Un étude du site spécialisé blog du monde démontre que ChatGPT garde son hégémonie, mais a désormais de sérieux concurents. L’outil conserve la première place dans la génération de texte, avec 64,7 % d’utilisateurs. Pas très  loin de Claude, qui connaît une très forte progression en un an. L’assistant d’Anthropic passe de 17 % en 2025 à 48,8 % en 2026.

Gemini de Google complète le trio en passant deux passant de 26 % à 43,1 %. Ce trio est talonné par Microsoft Copilot (20,8 %) et Perplexity (20,2 %) suivent au coude-à-coude. NotebookLM ferme le quinté avec 16,6 %, devant Vibe (ex-Le Chat) (11,8 %). L’étude révèle que les non-utilisateurs se raréfient : ils ne sont plus que 4,6 %, contre 14,5 % en 2024.

Après la génération de texte, l’image. Là encore , ChatGPT reste en pole mais recule nettement, de 51 % en 2025 à 38,5 %, soit 13 points de moins.Canva résiste (28 % à 25,4 %) et confirme sa place d’outil image grand public devant Adobe Firefly qui décroche à 8,4 %.

Puis arrive la génération de code. D’après l’enquête, 44,7 % des répondants utilisent au moins un outil pour générer du code en 2026. L’outil le plus prisé ici est Claude Code, cité par 29,6 % des répondants, soit près du double de Codex de ChatGPT (15,2 %). Il est suivi respectivement de GitHub Copilot (6,3 %), Gemini Code Assist (5,9 %), Lovable (5 %) et Cursor (3,6 %).

Et enfin, la génération de vidéo. Dans ce segment, les professionnels du digital, même les amateurs se sont amusées. Vidéos ludiques, provocatrices, caricaturales, il y a de quoi se mettre sous la dent.

Veo, le générateur de Google, occupe la première place avec 10,5 % d’utilisateurs, porté par Veo 3 et son intégration dans l’écosystème Google. Sora, régresse d’un cran, passant de 11 % (l’an dernier) à à 5,8 % en 2026. Une dégringolade qui s’explique aussi par le calendrier, selon l’enquête. OpenAI a brutalement annoncé l’arrêt de Sora au printemps 2026. Les autres outils du classement sont, dans l’ordre : Adobe Firefly (5,3 %), Kling AI (4,8 %) et Runway (4,7 %).

L’étude a été réalisée en ligne du 24 avril au 29 mai 2026, auprès de 807 professionnels du digital exerçant dans les domaines suivants tels que la communication, le marketing,l’ enseignement, la gestion de projet, le développement, la direction générale, le design, le social media, la rédaction, le commerce et l’ acquisition SEO/SEA.

Par Jean Materne Zambo,  source: BDM

Gabon : Santé numérique, le cœur de la 13e rencontre du RESHAOC

[DIGITAL Business Africa] – Libreville, capitale du Gabon, est l’épicentre de la santé numérique hospitalière. La 13e rencontre du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan Indien et des Caraïbes s’y tient du 24 au 26 juin 2026. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, en présence de la ministre de la Santé, Pr Elsa Jospéhine Nkana Ayo-Bivigou et de bien d’autres membres du gouvernement.

La13e rencontre du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan Indien et des Caraïbes (RESHAOC) s’articule autour du thème : “Santé numérique hospitalière : contributrice à la couverture sanitaire universelle dans l’espace du RESHAOC à l’horizon 2030 ».

Selon la ministre de la Santé, Pr Elsa Jospéhine Nkana Ayo-Bivigou, la transformation numérique des systèmes de santé apparaît comme un pivot stratégique pour renforcer la performance hospitalière et accélérer l’atteinte de la couverture sanitaire universelle.

Pour y arriver, la ministre pense qu’il faut des “actions concrètes, progressives et coordonnées”, pour améliorer l’accès aux services de santé, la qualité des soins, l’efficience des organisations sanitaires ainsi que la résilience des établissements de santé.

Les travaux réunissent les professionnels de santé, experts et responsables des institutions. Les parties prenantes vont explorer trois orientations majeures. À savoir la gouvernance qu’il faut renforcer pour garantir la sécurité, la confidentialité et la souveraineté des données de santé.

Par Jean Materne Zambo

Coopération : Vers une plateforme collaborative entre jeunes Camerounais et entreprises britanniques de la tech

[DIGITAL Business Africa] – La dixième édition de PROMOTE laisse un parfum d’espoir. D’abord pour les startups en phase d’amorçage, ensuite pour les jeunes Camerounais désireux d’acquérir des compétences dans le domaine des technologies numériques. Lors de la clôture du salon ce 21 juin 2026, le Haut Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun, Matt Woods, a émis l’idée de connecter les communautés Camerounaise et britannique.

« Il est question de former une plateforme où les Camerounais pourraient se rencontrer, et pour qu’on puisse aussi les mettre en contact avec les entreprises britanniques qui s’intéressent à leurs problématiques. C’est ce qu’on a fait toute cette semaine de PROMOTE.

Nous avons organisé des événements sur la technologie, notamment l’intelligence artificielle, la fintech, la science et l’innovation. On essaie de créer des ponts entre les communautés pour que chacun puisse gagner en compétence, en confiance et en réseautage », a-t-il dit.

Cette annonce a été faite en prélude des Jeux du Commonwealth qui se dérouleront à Glasgow, en Écosse, du 23 juillet au 2 août 2026. En attendant la mise en place de cette plateforme, le Haut Commissaire Matt Woods a déjà fait des heureux. connus.

Le conseil en investissement éducatif, en conseil et en éducation transnationale (TNE), AECO LIMITED  et l’Institut Universitaire Biaka de Buea – BUIB, ont officiellement signé un protocole d’accord stratégique pour promouvoir l’innovation éducative et l’accès à l’éducation à travers le Cameroun et au-delà. Ce partenariat stratégique réunit vise à soutenir le développement institutionnel et créer des opportunités durables pour les apprenants et les communautés à travers le Cameroun et l’Afrique.

Par Jean Materne Zambo

Dérives en ligne : Outrage au prix d’une « vue »

[DIGITAL Business Africa] – Le TikTokeur Camerounais, Elysée le Sniper médite sur son sort actuellement en Côte d’Ivoire. Il a été interpellé par la police ivoirienne suite à une photo prise sur le pont Alassane Ouattara, en brandissant le drapeau allemand. Cela le jour même du match opposant la Côte d’Ivoire à l’Allemagne dans le cadre de la Coupe du Monde 2026.

Un cliché qui a poussé certains internautes ivoirien à exhumer une ancienne vidéo dans laquelle Élysée le Sniper tient des propos injurieux. La mire réglée sur la mauvaise cible, Elysée le Sniper avait dégainé sur le Chef de l’ État, président de la République de Côte d’Ivoire, S.E Alassane Ouattara. En plus de dénigrer la Côte d’Ivoire en de termes condescendants.

Elysée Sniper séjournait en Côte d’Ivoire à l’occasion d’une campagne promotionnelle avec une entreprise de transfert d’argent, aux côtés d’autres influenceurs. Dès l’annonce de son interpellation, un élan de solidarité est né dans le cyberespace. Plusieurs internautes demandent immédiatement sa libération. Car selon ces  Camerounais, le TikTokeur répondait à un internaute Ivoirien ayant qualifié le Cameroun de « pays de merde ».

Malheureusement pour Le Sniper, Tolérance n’est pas règle. En Côte d’Ivoire, l’outrage ou l’offense au président de la République constitue un délit sévèrement réprimé par la loi pénale. L’article 264 du Code pénal ivoirien (loi n° 2019-574) prévoit une peine d’emprisonnement de 3 mois à 2 ans et une amende de 300.000 à 3.000.000 de francs CFA (le juge pouvant décider de n’appliquer qu’une seule de ces deux peines).

Pour l’instant, les détails précis de son interpellation ainsi que la nature des éventuelles charges retenues contre lui n’ont pas encore été officialisés par les autorités ivoiriennes.

Par Jean Materne Zambo

Affaire Martinez Zogo : L’ ANTIC mise au ban dans l’expertise des données relatives à la scène de crime

[DIGITAL Business Africa] – Le procès du journaliste Martinez Zogo est une curiosité. Malgré le côté numérique qui le caractérise, un acteur clé a été snobé : l’Agence nationale des Technologies de l’Information et de la communication. L’ANTIC a été convoquée par les avocats de la partie civile, ce 23 juin 2026 en vue d’apporter une expertise complémentaire à celle du 32ᵉ témoin, le professeur Bell Bitjoka, expert judiciaire en cybersécurité près de la Cour d’appel du Centre et du Littoral.

L’on se souvient que l’expert avait indiqué début juin 2026 qu’il n’avait pas pu accéder à certaines données effacées de l’appareil de l’un des accusés, sieur Jean-Pierre Amougou Belinga. Ce dernier étant suspecté d’avoir commandité le meurtre ignoble journaliste Martinez Zogo, qui dénonçait la mal gouvernance, les pratiques de corruption de certains dirigeants.

Face à cette sollicitation de la partie civile, la défense va marquer son opposition. L’avocat Me Tchoungang a soutenu que la loi ne permettait plus, à ce stade des débats, d’ordonner une contre-expertise sans remise en cause préalable de l’expertise existante. Une requête, qui selon lui, viserait à prolonger la procédure et a dénoncé ce qu’il considère comme un acharnement contre son client Jean-Pierre Amougou Belinga.

Sans vouloir rembobiner le film de la procédure judiciaire qui dure maintenant quelque trois ans, Me Tchoungang révèle que l’ ANTIC n’est pas intervenue ou n’a pas été (officiellement) sollicitée depuis la phase de l’enquête.

Pourtant l’ANTIC l’institution publique chargée d’intervenir dans les questions du numérique. L’on peut citer une mission qui cadre avec cette procédure pendante devant la justice. À savoir la régulation, le contrôle et le suivi des activités liées à la sécurité des systèmes d’information et des réseaux de communications électroniques. Et dans cette affaire, la question des serveurs a été soulevée, les échanges téléphoniques entre les prévenus et certaines personnes citées aussi.

Par Jean Materne Zambo

Tchad : Moussa Souleymane Chérif, le nouveau shérif des télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Son nom rime parfaitement avec le mot contrôleur, ou régulateur. Nommé le 19 juin 2026 au poste de DG l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, Moussa Souleymane Chérif est investi d’une mission délicate : appliquer une politique de “tolérance zéro” envers les principaux opérateurs du pays, Airtel Tchad et Moov Africa.

Il devra renforcer le contrôle de la qualité des réseaux mobiles ; veiller au respect des engagements d’investissement des opérateurs ; acélérer l’amélioration de l’accès à Internet ; assurer une meilleure couverture numérique du territoire et ;accompagner la transformation numérique voulue par les autorités tchadiennes.

Aucune trace en ligne concernant son parcours professionnel et académique. Mais certains internautes le qualifient de travailleur et efficace. À l’instar des membres du Réseau des Ambassadeurs de la Paix Numérique au Tchad (RAPNUT).

Pour ce réseau, Moussa Souleymane Chérif incarne les valeurs d’un excellent dirigeant.

« Dans cette fonction stratégique, monsieur Moussa Souleymane Chérif est parfaitement placé pour offrir des solutions efficaces aux défis complexes de la téléphonie mobile qui touchent la population tchadienne »,a posté le réseau sur sa page Facebook.

L’un des défis qui touchent la population tchadienne est la qualité du réseau. En attendant l’installation du nouveau DG de l’ ARCEP, le ministre Haliki Choua Mahamat a rencontré, ce lundi 22 juin 2026, une délégation de MOOV AFRICA conduite par Brahim Boudaoud, directeur exécutif international de MAROC TÉLÉCOM.

La rencontre s’est axée principalement sur la couverture, la qualité du réseau et les investissements de MOOV AFRICA Tchad. Le ministre en charge des Télécommunications Haliki Choua Mahamat et ses vis-à-vis ont échangé sur la mauvaise qualité de service de l’opérateur.

Par Jean Materne Zambo