Accueil Blog Page 6

RDC : Tshisekedi serre la vis sur les réseaux sociaux et active le Code du numérique

[DIGITAL Business Africa] – En pleine explosion des usages digitaux, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, veut reprendre la main sur l’écosystème numérique. Lors de la 80ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le 27 février à Kinshasa, le chef de l’État a instruit le gouvernement de renforcer l’encadrement des réseaux sociaux afin d’en prévenir les « dérives », tout en veillant au respect des libertés fondamentales.

Selon le compte rendu officiel lu par Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique, le président a chargé le ministre d’État en charge de la Justice ainsi que le ministère du Numérique de proposer, en concertation avec les services compétents, des mesures destinées à promouvoir un usage « responsable, éthique et rationnel » des plateformes sociales. Ces mesures pourraient inclure, le cas échéant, des dispositions restrictives « proportionnées et conformes à la loi ».

Cette décision intervient dans un contexte d’expansion rapide de la connectivité en RDC. D’après les données publiées par DataReportal dans son rapport Digital 2026, le nombre d’internautes congolais est passé de 21,14 millions en 2021 à 34,7 millions début 2026, soit une progression de 64,1 % et un taux de pénétration estimé à 30,5 % de la population. Sur la même période, les utilisateurs des réseaux sociaux ont plus que doublé, passant de 4 millions à 10,4 millions.

Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de l’essor de l’Internet mobile en Afrique subsaharienne, où la GSMA estime que la pénétration de l’Internet mobile devrait atteindre 50 % d’ici 2030, portée par la baisse des coûts des smartphones et l’extension des réseaux 4G.

Pour les autorités congolaises, cette montée en puissance s’accompagne toutefois de risques accrus : désinformation, discours de haine, manipulation de l’opinion, incitation à la division ou troubles à l’ordre public. Des préoccupations amplifiées par un contexte sécuritaire tendu dans plusieurs provinces de l’est du pays, où les questions sécuritaires dominent largement les débats en ligne.

Au cœur de la stratégie présidentielle figure la vulgarisation et l’application effective du Code du numérique, déjà adopté pour encadrer les usages digitaux en RDC. Selon l’exécutif, ce texte prévoit des mécanismes de prévention, de régulation et de répression des abus en ligne, mais reste insuffisamment connu et appliqué, tant par le public que par certains acteurs institutionnels.

Le ministre de la Communication et des Médias a été chargé d’organiser, avec les opérateurs publics et privés, des campagnes de sensibilisation à grande échelle. Les magistrats devront également être formés, sous la coordination du Conseil supérieur de la magistrature, afin d’assurer une application cohérente et dissuasive des dispositions prévues.

Au-delà de la régulation, le gouvernement mise aussi sur l’éducation numérique. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur devront intégrer progressivement des modules sur l’usage responsable du numérique et les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle dans les programmes académiques.

La démarche de Kinshasa s’inscrit dans une tendance continentale où plusieurs États cherchent à encadrer davantage l’espace numérique face à la désinformation et aux menaces sécuritaires. Selon le rapport Freedom on the Net 2025 de Freedom House, de nombreux pays africains ont adopté ces dernières années des lois sur la cybersécurité ou la lutte contre les fausses informations, parfois critiquées pour leurs effets potentiellement restrictifs sur la liberté d’expression.

Un rapport détaillé sur la mise en œuvre des instructions présidentielles devra être transmis tous les quinze jours par les ministres concernés. À ce stade, les modalités précises d’application restent encore à définir, mais le signal politique est clair : à l’heure de la massification des usages, la gouvernance des réseaux sociaux devient une priorité stratégique pour Kinshasa.

Par Loic SOUOP

 

Défense & IA : OpenAI ouvre ses modèles au Pentagone sous « garanties » éthiques

[DIGITAL Business Africa] – Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a annoncé un accord autorisant le département de la Défense des États-Unis (Pentagone) à utiliser ses modèles d’intelligence artificielle, dont ChatGPT, sous réserve de « garanties » strictes. Une décision stratégique qui marque un nouveau tournant dans la militarisation encadrée de l’IA générative aux États-Unis.

SAM ALTMAN

Dans un message publié sur le réseau social X, Sam Altman a précisé que deux principes fondamentaux encadrent cet accord : l’interdiction de la surveillance de masse au niveau national et l’obligation d’une responsabilité humaine dans l’usage de la force, y compris pour les systèmes d’armes autonomes. Selon lui, ces principes sont alignés avec la législation et la politique du Pentagone, et ont été formellement intégrés dans l’accord conclu entre les deux parties.

Le dirigeant d’OpenAI a également indiqué que des « garanties techniques » seront déployées afin d’assurer que les modèles se comportent conformément aux standards de sécurité attendus. Les solutions d’IA mises à disposition du ministère américain de la Défense seront déployées exclusivement sur des environnements cloud sécurisés, avec la mobilisation d’ingénieurs d’OpenAI pour superviser leur intégration et leur sûreté opérationnelle.

Cette annonce intervient dans un contexte politique tendu. La start-up américaine Anthropic a récemment refusé d’ouvrir sans restriction son modèle Claude à l’armée américaine, invoquant des considérations éthiques. Cette position aurait suscité de vives réactions au sein de l’administration du président Donald Trump, relançant le débat sur le rôle des entreprises privées d’IA dans les stratégies de défense nationale.

Sam Altman a par ailleurs appelé le Pentagone à proposer des conditions équivalentes à l’ensemble des entreprises d’intelligence artificielle, plaidant pour un cadre harmonisé plutôt qu’une approche conflictuelle.

« Nous avons exprimé notre vif souhait de voir les choses s’apaiser, loin des actions juridiques et gouvernementales, pour aboutir à des accords raisonnables », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’annonce, cet accord confirme l’intégration croissante de l’IA générative dans les architectures de défense et de cybersécurité américaines. Pour les marchés émergents, notamment en Afrique, où les stratégies nationales d’IA commencent à se structurer, cette évolution pose une question centrale : comment concilier souveraineté technologique, innovation et encadrement éthique dans les usages duals de l’intelligence artificielle ?

Par Loic SOUOP

Réactivation des pages Facebook d’ICT Media STRATEGIES et de Digital Business Africa – Dialogue en cours avec Meta pour une résolution complète

Yaoundé, le 28 février 2026. ICT Media STRATEGIES informe le public, ses partenaires institutionnels nationaux et internationaux, ainsi que l’ensemble de sa communauté, que ses principales pages Facebook, précédemment désactivées, ont été réactivées le 27 février 2026, à la suite des démarches formelles engagées auprès de Meta.

Cette réactivation fait suite à la désactivation simultanée constatée le 14 février 2026, qui avait concerné six comptes Facebook de membres de notre équipe ainsi que cinq pages stratégiques liées à nos activités éditoriales, d’e-réputation et de communication numérique.

Les pages Digital Business Africa, ICT Media STRATEGIES, Beaugas ORAIN DJOYUM et Smart Click Africa sont désormais pleinement accessibles et opérationnelles. La période du 14 au 27 février 2026 a donné lieu à des échanges constructifs avec les équipes de Meta, permettant la réactivation progressive de l’essentiel de nos actifs numériques.

À ce stade, aucune notification formelle relative à une violation des normes communautaires ou des conditions d’utilisation de Facebook ne nous a été communiquée. Nous poursuivons le dialogue engagé avec Meta afin de finaliser l’examen de deux comptes Facebook de membres de notre équipe ainsi que d’une page professionnelle, Africa Defense, encore en cours de traitement.

Nous remercions les équipes de Meta pour l’attention portée à notre dossier et pour l’esprit de coopération qui a prévalu dans la gestion de cette situation. Nous saluons également l’attention portée à cette situation par les autorités nationales compétentes, qui ont manifesté leur intérêt pour la stabilité et la continuité des activités numériques des acteurs professionnels.

En tant qu’acteur engagé dans la transformation numérique en Afrique, éditeur de plateformes d’information spécialisées et partenaire de nombreuses institutions publiques et privées, ICT Media STRATEGIES demeure attachée à un dialogue responsable et structuré entre les plateformes numériques mondiales et les producteurs de contenus professionnels. La stabilité, la prévisibilité et la transparence des environnements numériques constituent des enjeux stratégiques pour la crédibilité de l’écosystème numérique africain et la confiance des utilisateurs.

La continuité de nos services et de nos activités éditoriales est pleinement assurée. Nous remercions nos partenaires, institutions, clients et membres de la communauté numérique pour leur soutien et leur confiance durant cette période.

ICT Media STRATEGIES, Digital Business Africa, Smart Click Africa et Africa Defense réaffirment leur engagement en faveur d’une information fiable, indépendante et professionnelle, au service du développement de l’économie numérique en Afrique.

A propos d’ICT Media STRATEGIES

ICT Media STRATEGIES est un acteur de référence de l’écosystème numérique africain, spécialisé en veille stratégique, communication institutionnelle et digitale, e-réputation et production de contenus à haute valeur ajoutée. À travers ses médias spécialisés et ses partenariats avec des institutions publiques et privées, l’entreprise accompagne  et valorise les initiatives contribuant à la transformation numérique, à la gouvernance digitale et à l’innovation en Afrique.

Madagascar : 664 000 équipements numériques subventionnés pour briser la fracture digitale et doper l’inclusion

[DIGITAL Business Africa] – À Madagascar, le numérique est désormais érigé en pilier stratégique du développement socio-économique. Le gouvernement entend faire de la digitalisation des services publics un levier de transformation structurelle, avec pour ambition de rapprocher l’administration des citoyens et de stimuler l’économie numérique. Mais face à une fracture digitale encore profonde, l’accès aux équipements reste un défi majeur.

Le 21 février, les autorités malgaches ont officiellement lancé un programme national de commercialisation de 664 000 équipements numériques subventionnés. Sur ce volume, 400 000 terminaux sont spécifiquement réservés aux femmes et aux jeunes filles, traduisant une volonté affichée de réduire les inégalités d’accès et de promouvoir une inclusion numérique plus équitable.

Le dispositif s’appuie sur un réseau de neuf distributeurs officiels contractualisés, chargés d’assurer la transparence du processus et une couverture progressive du territoire, y compris dans les zones rurales. L’initiative est financée dans le cadre du fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), doté d’une enveloppe de 24 millions de dollars, à travers sa sous-composante dédiée aux « équipements numériques abordables ».

Au-delà de l’accès aux terminaux, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large structurée autour du Plan stratégique quinquennal du numérique (PSN) 2023-2028. Ce document de référence fixe l’objectif de positionner Madagascar comme un acteur significatif de l’économie numérique africaine, en misant sur le développement des télécommunications, l’e-gouvernement et l’inclusion digitale. Les autorités ambitionnent de porter la contribution du secteur numérique à 6 % du PIB d’ici 2028, contre 1,5 % en 2019.

Cependant, les défis restent considérables. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 18,7 % des Malgaches utilisaient Internet en 2024. Par ailleurs, si 44,4 % de la population disposait d’un téléphone mobile, cette statistique ne distingue pas les appareils basiques des smartphones compatibles avec les services numériques avancés. De son côté, la GSMA souligne que le coût des smartphones demeure un frein important, malgré l’apparition d’appareils à moins de 100 dollars.

La couverture réseau constitue un autre facteur limitant. Fin 2023, les réseaux 2G et 3G couvraient respectivement 88,5 % et 69,2 % de la population, tandis que la 4G atteignait 34,6 % en 2024. La 5G, encore embryonnaire, ne concernait que 6,12 % de la population. À ces contraintes techniques s’ajoutent le coût des offres Internet, le déficit de compétences numériques, les enjeux de cybersécurité et la perception parfois limitée de la valeur ajoutée des services numériques.

En l’état, les 664 000 équipements subventionnés représentent une avancée significative, mais encore marginale au regard d’une population estimée à près de 33 millions d’habitants. Les autorités n’ont pas encore précisé l’existence de phases supplémentaires ni le calendrier d’extension du programme.

En misant sur l’accessibilité des terminaux, Antananarivo pose une première brique essentielle. Reste à transformer l’essai en combinant équipements, connectivité de qualité, formation aux usages et pertinence des services publics numériques. Car au-delà des chiffres, c’est bien l’appropriation effective du digital par les citoyens qui conditionnera l’impact réel de la stratégie numérique malgache.

Par Loic SOUOP

Maroc : 3,9 millions USD pour accélérer la transformation digitale du secteur de l’artisanat

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son économie traditionnelle. Le 25 février, un accord stratégique a été signé pour mobiliser 36 millions de dirhams (environ 3,9 millions USD) afin d’accélérer la transformation numérique du secteur de l’artisanat, pilier historique et social du Royaume.

La convention réunit le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les chambres d’artisanat et leur fédération, aux côtés de l’Agence de développement du digital (ADD). Deux autres accords ont également été conclus lors de la même cérémonie, portant sur la promotion internationale du savoir-faire marocain et sur un nouveau contrat-programme sectoriel à l’horizon 2026.

Au cœur du dispositif : la structuration numérique du secteur. Le programme prévoit la mise en place d’une carte professionnelle de l’artisan, le lancement d’un registre national de l’artisanat et la dématérialisation des services administratifs des chambres et de leurs structures affiliées. Objectif affiché : simplifier les procédures, améliorer l’efficacité administrative et doter le secteur d’outils digitaux capables de soutenir sa croissance.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du contrat-programme national dédié au développement de l’artisanat. L’enjeu est stratégique. Selon les données officielles, le secteur représente 22 % de la main-d’œuvre nationale et contribue à hauteur de 7 % au PIB. Les exportations affichent une croissance de 7,6 %, tandis que l’artisanat génère près de 10 % des recettes touristiques en devises, notamment grâce aux achats réalisés par les visiteurs internationaux.

Au-delà de la modernisation administrative, la digitalisation vise un triple impact : formaliser davantage les activités, améliorer la productivité et faciliter l’accès aux marchés, aussi bien nationaux qu’internationaux. Dans un environnement économique de plus en plus digitalisé, la compétitivité des artisans passe désormais par la traçabilité, la visibilité en ligne et l’intégration aux chaînes de valeur numériques.

Les deux autres conventions signées complètent cette stratégie. La première, conclue avec SMAP EVENTS, cible la promotion internationale du savoir-faire marocain à travers des événements et plateformes dédiées. La seconde prépare un contrat-programme 2026 axé sur la structuration professionnelle, la formation et l’accompagnement des artisans.

En conjuguant digitalisation, promotion internationale et renforcement des compétences, Rabat ambitionne de transformer un secteur traditionnel en un écosystème plus structuré, formalisé et orienté vers la performance. Une évolution qui illustre la volonté du Maroc d’ancrer ses industries culturelles et créatives dans la dynamique globale de la transformation numérique.

Par Loic SOUOP

Inclusion financière : Le FMI, la COSUMAF et la BEAC analysent l’impact des cryptoactifs et des monnaies numériques

[DIGITAL Business Africa] – Trois institutions clés de la finance se sont concertées à Yaoundé. La Commission de Surveillance du Marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) a participé, du 23 au 27 février 2026, à un séminaire organisé conjointement par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et le Fonds monétaire international (FMI). Les échanges étaient axés sur les « monnaies numériques de banque centrale et la régulation des cryptoactifs en Afrique centrale ».

Quatre spécialistes du FMI en présentiel et cinq experts du FMI et du Financial Stability Board (FSB) à distance ont traité de l’impact des cryptoactifs, des monnaies numériques, des stablecoins et des tokens en matière de stabilité financière, d’enjeux socio-économiques, de digitalisation des activités, de cadre juridique et d’inclusion financière.

La BEAC, sous le leadership de son ex-gouverneur Abbas Tolli, avait créé un groupe de travail chargé d’effectuer, en étroite collaboration avec le Fonds monétaire international, le suivi et la mise en œuvre des travaux relatifs à la réflexion sur une monnaie numérique de la BEAC. C’était en 2023.

Ce groupe de travail était composé d’un superviseur, lvan Bacale Ebé Molina, et de 9 membres, à savoir : Eric Belibi ; Eric Goro, Christian Rodrigue Otoly ; Jean Calvin Abela ; Ismael Ahmed, Clen Dorel Maléo Batoumoueni ; Marie Ikito Bessela et Julien Praxel Mendene Ondo, et comme rapporteurs, les désignés sont Jacques Eloundou et Armand Ngoupeyou.

Un an plus tôt, c’est-à-dire le 2 mars 2022, une note intitulée « Les monnaies numériques de banque centrale sont-elles une réponse face aux cryptomonnaies ? » paraissait dans la Lettre de la recherche de la BEAC (nᵒ 11, 2ᵉ trimestre 2021).

Rédigée par Jacques Eloundou Ndeme, chef de service à la Direction des Systèmes et Moyens de Paiement de la BEAC, cette note de recherche présentait déjà les gros défis de l’éventuelle monnaie numérique de la BEAC. Une alternative aux crypto-monnaies comme LIMO, SIMBCOIN ou encore le BITCOIN.

Par Jean Materne Zambo, source : COSUMAF

 

Maroc : 3,9 millions USD pour accélérer la transformation digitale du secteur de l’artisanat

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son économie traditionnelle. Le 25 février, un accord stratégique a été signé pour mobiliser 36 millions de dirhams (environ 3,9 millions USD) afin d’accélérer la transformation numérique du secteur de l’artisanat, pilier historique et social du Royaume.

La convention réunit le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les chambres d’artisanat et leur fédération, aux côtés de l’Agence de développement du digital (ADD). Deux autres accords ont également été conclus lors de la même cérémonie, portant sur la promotion internationale du savoir-faire marocain et sur un nouveau contrat-programme sectoriel à l’horizon 2026.

Au cœur du dispositif : la structuration numérique du secteur. Le programme prévoit la mise en place d’une carte professionnelle de l’artisan, le lancement d’un registre national de l’artisanat et la dématérialisation des services administratifs des chambres et de leurs structures affiliées. Objectif affiché : simplifier les procédures, améliorer l’efficacité administrative et doter le secteur d’outils digitaux capables de soutenir sa croissance.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du contrat-programme national dédié au développement de l’artisanat. L’enjeu est stratégique. Selon les données officielles, le secteur représente 22 % de la main-d’œuvre nationale et contribue à hauteur de 7 % au PIB. Les exportations affichent une croissance de 7,6 %, tandis que l’artisanat génère près de 10 % des recettes touristiques en devises, notamment grâce aux achats réalisés par les visiteurs internationaux.

Au-delà de la modernisation administrative, la digitalisation vise un triple impact : formaliser davantage les activités, améliorer la productivité et faciliter l’accès aux marchés, aussi bien nationaux qu’internationaux. Dans un environnement économique de plus en plus digitalisé, la compétitivité des artisans passe désormais par la traçabilité, la visibilité en ligne et l’intégration aux chaînes de valeur numériques.

Les deux autres conventions signées complètent cette stratégie. La première, conclue avec SMAP EVENTS, cible la promotion internationale du savoir-faire marocain à travers des événements et plateformes dédiées. La seconde prépare un contrat-programme 2026 axé sur la structuration professionnelle, la formation et l’accompagnement des artisans.

En conjuguant digitalisation, promotion internationale et renforcement des compétences, Rabat ambitionne de transformer un secteur traditionnel en un écosystème plus structuré, formalisé et orienté vers la performance. Une évolution qui illustre la volonté du Maroc d’ancrer ses industries culturelles et créatives dans la dynamique globale de la transformation numérique.

Par Loic SOUOP

Orange Maroc accélère sur la 5 G : Yo Max personnalisable et Livebox 7 en première mondiale

[DIGITAL Business Africa]Orange Maroc a levé le voile sur deux innovations majeures destinées au marché grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, présentée comme une première mondiale pour le groupe au Maroc. Deux lancements qui s’inscrivent dans la dynamique du déploiement récent de la 5G et traduisent l’intensification des usages numériques dans le Royaume.

Avec Yo Max 5G, l’opérateur introduit une logique de personnalisation avancée. Les abonnés peuvent configurer leur offre en fonction de leurs priorités : streaming vidéo et musical, gaming, e-learning en sélectionnant les services les plus adaptés à leur consommation digitale. Six formules sont proposées, avec des tarifs compris entre 99 et 649 dirhams (environ 11 à 71 dollars), offrant jusqu’à 160 Go de data ou un accès illimité selon les options choisies. La gestion de l’abonnement est centralisée via l’application Maxit, qui permet de piloter l’ensemble des services et des usages depuis une interface unique.

La Livebox 7 marque, de son côté, un saut technologique notable. Ce routeur nouvelle génération intègre le Wi-Fi 7, encore peu répandu sur les marchés grand public, et fonctionne sous prplOS, un système d’exploitation ouvert permettant l’installation directe d’applications sur la box. VPN intégré, contrôle parental avancé et possibilités d’extensions logicielles figurent parmi les fonctionnalités mises en avant. Dotée de dix antennes intelligentes, la Livebox 7 promet une couverture homogène et un débit stable dans l’ensemble du foyer, répondant à la multiplication des écrans connectés et aux usages intensifs comme le streaming en haute définition ou le cloud gaming.

Au-delà de la performance technique, Orange Maroc mise également sur l’écosystème local. Le routeur ouvre la voie au développement d’applications conçues par des développeurs marocains, contribuant à enrichir l’environnement Nova Box et à stimuler l’innovation nationale autour des services connectés.

Ces annonces interviennent dans un contexte de forte maturité numérique. Selon les données publiées par DataReportal, le Maroc comptait, à fin 2025, environ 57,1 millions de connexions mobiles, soit un taux de pénétration de 148 % par rapport à la population totale. Le pays dénombrait également plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration supérieur à 92 %. Ces chiffres traduisent non seulement l’usage intensif du mobile, mais aussi la multiplication des cartes SIM par individu et par foyer.

Dans ce paysage hyperconnecté, l’enjeu pour les opérateurs ne se limite plus à fournir de la connectivité. Il s’agit désormais d’orchestrer des expériences digitales personnalisées, sécurisées et évolutives. Avec Yo Max 5G et la Livebox 7, Orange Maroc cherche clairement à se positionner à l’avant-garde de cette nouvelle phase de la transformation numérique du Royaume.

Par Loic SOUOP

Cyberattaque : Les données médicales de près de 15 millions de personnes compromises en France

 [DIGITAL Business Africa] – Une cyberattaque secoue le milieu sanitaire français. Quelque 15 millions de patients sur le territoire français ont vu leurs données médicales étalées sur internet. Il s’agit d’une attaque jamais recensée en France.

L’entreprise prise pour cible par les pirates est sécialisée dans les logiciels médicaux. Elle fournit 25 000 cabinets médicaux et 500 centres de santé en France, selon une estimation de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

A la suite de l’enquête de France 2, l’entreprise a indiqué avoir « identifié, fin 2025, un comportement anormal de requêtes applicatives sur des comptes médecins utilisateurs ». Elle ajoute « que des données personnelles de patients» avaient été consultées «ou extraites illégalement ».

Selon l’entreprise, les données compromises proviennent «exclusivement» du dossier administratif des patients (nom, prénom, sexe, date de naissance, téléphone…).

L’entreprise a tenté de rassurer les patients  victimes en annonçant que ” les dossiers médicaux structurés sont restés intègres» et que cet incident a été « circonscrit ». Même s’i l’enquête évoque des informations sensibles remplies par des professionnels de santé.

D’après France 2, on peut y trouver des annotations personnelles du médecin concernant des informations sensibles » comme “porteuse sida !!! !!!!”, “serait homosexuelle d’après sa mère”, “mère musulmane voilée”, ou encore “catholique non pratiquante car ses 2 frères sont suicidés”. France 2 dit avoir contacté certaines personnes dont les informations ont fuité, et toutes confirment ces données.

Par Jean Materne Zambo, sources: france2.fr, libération.fr

À Madrid, le Maroc affirme son leadership africain en cybersécurité et justice numérique

[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion du Sommet pré-ministériel consacré à la piraterie, à la cybersécurité et à la justice, qui s’est tenu le 25 février à Madrid en Espagne, le Royaume a déroulé, avec assurance, les grandes lignes de sa stratégie numérique. Un message clair : la transformation digitale du pays n’est plus une promesse, mais un chantier structuré, assumé et déjà visible dans les indicateurs internationaux.

Invitée d’honneur, l’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, a replacé cette dynamique dans la vision portée par Mohammed VI : construire une transition numérique « sécurisée, inclusive et centrée sur l’humain ». Devant des magistrats, des régulateurs et des responsables institutionnels venus d’Europe et d’Amérique latine, elle a insisté sur la cohérence des réformes engagées ces dernières années.

Derrière les discours, des avancées concrètes. Modernisation des infrastructures technologiques, mise en œuvre de stratégies nationales de cybersécurité, renforcement du cadre réglementaire : ces efforts ont permis au Maroc d’atteindre la 34ᵉ place mondiale dans le Global Cybersecurity Index publié par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Un classement qui ne relève pas du simple symbole, mais traduit un positionnement stratégique solide à l’échelle régionale.

Au-delà des chiffres, Rabat joue une carte essentielle : la confiance. Dans un monde où les cyberattaques se multiplient et où l’intelligence artificielle redéfinit les équilibres économiques, la sécurité numérique devient un facteur déterminant pour attirer les investisseurs. Le message envoyé à Madrid est limpide : le Maroc veut offrir un environnement digital stable, prévisible et juridiquement sécurisé.

Cette ambition numérique s’inscrit dans un écosystème industriel déjà dynamique. Le Royaume figure parmi les principaux producteurs automobiles du continent et occupe une place stratégique dans l’aéronautique, ainsi que dans certaines industries de défense. Premier investisseur en Afrique subsaharienne et deuxième à l’échelle continentale, le Maroc articule désormais sa politique industrielle avec une stratégie digitale assumée, où cybersécurité et compétitivité vont de pair.

La question judiciaire, elle aussi, était centrale. Mohamed Redouane, vice-président de l’Union internationale des magistrats, a rappelé que la justice ne peut rester à l’écart des mutations technologiques. Face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées, il devient urgent d’accélérer la modernisation des procédures, de renforcer l’indépendance des magistrats et de réduire les délais de traitement. Car sans sécurité juridique, il ne peut y avoir de véritable économie numérique.

Conscient que les cybermenaces ignorent les frontières, le Maroc plaide également pour une coopération internationale renforcée. L’État, selon l’ambassadrice, a un rôle déterminant pour encadrer ces mutations et garantir une utilisation éthique et responsable de l’intelligence artificielle.

La participation marocaine s’est conclue par la remise d’une distinction à l’ambassadrice, saluant l’engagement constant du Royaume en matière de transformation digitale et de cybersécurité. Un geste symbolique, certes, mais révélateur d’une ambition plus large : faire du numérique un levier d’influence, de croissance et de leadership africain.

Par Loïc Souop

Transformation numérique : L’Union internationale des magistrats prône l’accélération de la digitalisation de l’appareil judiciaire

[DIGITAL Business Africa] – Un plaidoyer poignant porté à la tribune du Sommet pré-ministériel sur la piraterie, la cybersécurité et la justice. Le vice-président de l’Union internationale des magistrats (UIM) a rappelé l’urgence de l’accélération de la digitalisation de l’appareil judiciaire. Mohamed Redouane a souligné l’importance stratégique des défis judiciaires à l’ère du numérique.

Il a insisté sur la consolidation de l’indépendance de la justice et l’amélioration de la célérité des procédures. Selon lui, l’adaptation aux mutations technologiques constitue désormais un levier indispensable pour répondre aux exigences de la transformation digitale.

Le vice-président de l’Union internationale des magistrats a mis en exergue l’importance de la justice dans le débat international sur la sécurité juridique, particulièrement face à l’émergence de nouvelles formes de cybercriminalitécybercriminalité.

Le PNUD, en collaboration avec des États, a mis sur pied des outils numériques en vue d’améliorer la gestion de la carrière des magistrats, des détenus et des activités judiciaires. En République démocratique du Congo, des logiciels ont été développés pour l’occasion depuis 2016. Il s’agit notamment du :

• SIGAJ (Système d’Information de Gestion des Activités Judiciaires) pour les parquets et les tribunaux.

• SIGM (Système d’Information de Gestion des Magistrats) pour le Conseil Supérieur de la Magistrature.

• SIGE (Système d’Information de Gestion des Ecrous) pour les prisons avec une application mobile.

L’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, a pour sa part relevé des défis globaux qui accompagnent les opportunités majeures qu’offrent les nouvelles technologies. Selon la diplomate, ces défis requièrent une coopération internationale accrue et des politiques publiques adaptées.

« Le rôle de l’État est essentiel pour accompagner ces mutations », a-t-elle affirmé, plaidant pour une utilisation éthique et responsable de l’intelligence artificielle. L’ambassadrice du Royaume à Madrid a reçu une reconnaissance de l’engagement du Maroc dans les domaines de la transformation digitale et de la cybersécurité.

Le Sommet pré-ministériel sur la piraterie, la cybersécurité et la justice a réuni des responsables judiciaires, des régulateurs et des représentants institutionnels venus notamment d’Amérique latine autour des défis liés à l’intégration des nouvelles technologies dans le secteur de la justice.

Par Jean Materne Zambo

Gabon : Les émissaires de TikTok attendus pour proposer un plan de signalement des contenus litigieux

[DIGITAL Business Africa] – Une délégation du réseau social TikTok est attendue dans les prochains jours au Gabon. Mission : convaincre les autorités pour le rétablissement de la plateforme suspendue par la Haute Autorité de la Communication le 17 février 2026.

Les plateformes concernées par la suspension sont notamment TikTok, YouTube et Facebook. La HAC juge cet acte comme une mesure temporaire pour lutter contre la diffamation et la manipulation politique.

Mais pour le Pr Ondo Ossa, homme politique, cette explication ne tient pas. Il rejette fermement l’idée d’un lien avec la sécurité nationale.

« Les réseaux sociaux critiquent tous les pouvoirs mondiaux. Trump, les réseaux sociaux le prennent à partie tous les jours. Il ne les a pas pour autant stoppés. Macron lui-même ici en France, il est pris à partie par les réseaux sociaux, sans que cela ne justifie une suspension », a-t-il fait remarquer.

Les autorités précisent qu’il ne s’agit pas d’une coupure d’internet, mais d’une mesure ciblant l’accès et l’utilisation de ces réseaux sociaux.

A la suite de la suspension de TikTok au Gabon, la plateforme a pris acte de la décision du régulateur. Nshingu Kazadi, directeur des politiques publiques et des relations institutionnelles de TikTok Afrique francophone, a affirmé comprendre les préoccupations exprimées par l’instance de régulation.

Notamment en lien avec la loi n°019/2016 du 09 août 2016 portant Code de la communication.TikTok assure partager l’engagement des autorités à maintenir un environnement numérique respectueux des droits et de la dignité des citoyens gabonais.

Avant même le début des pourparlers avec la HAC, TikTok a d’ores et déjà pris l’engagement d’intégrer la HAC à son dispositif « TikTok Safety Enforcement Tool ». De plus, TikTok propose de recevoir directement des URL problématiques ainsi que des listes de mots clés sensibles pour optimiser l’identification et la suppression des contenus litigieux. En plus de renforcer la modération des contenus.

Par Jean Materne Zambo

Réseaux sociaux : Le Premier ministre Indien franchit le cap historique des 100 millions d’abonnés

[DIGITAL Business Africa] – Narendra Modi semble susciter de l’admiration dans la sphère politique et même dans la blogosphère. Réputé pour sa sociabilité, son humanisme, le Premier ministre Indien est devenu ce 25 février 2026 le premier dirigeant mondial à atteindre les 100 millions de followers sur Instagram.

Il domine ainsi le quinté complété par le président américain Donald Trump, qui occupe la deuxième marche du podium avec 43,2 millions d’abonnés. Le président Trump est suivi de près par le président indonésien Prabowo Subianto (15 millions). Puis du Brésilien Lula (14,4 millions), du Turc Recep Tayyip Erdoğan (11,6 millions).

L’ Inde a abrité l’IA Impact Summit du 12 au 20 février 2026. Le Premier ministre Narendra Modi a dévoilé jeudi sa vision d’une intelligence artificielle (IA) « éthique et inclusive ».

Modi a présenté la vision indienne « MANAV » pour l’IA, expliquant que l’acronyme signifie : systèmes moraux et éthiques, gouvernance responsable, souveraineté nationale, technologie accessible et inclusive, et systèmes valides et légitimes.

Le Premier ministre a affirmé que cette vision deviendrait « un lien crucial pour le bien-être de l’humanité dans le monde dirigé par l’IA au XXIe siècle ».

Décrivant l’IA comme une force transformatrice, Modi a précisé que « sans direction, elle conduit à la perturbation », mais « avec la bonne direction, elle devient une solution ».

Il a mis en garde contre le risque que les humains « ne deviennent de simples points de données ou matière première pour l’IA », ajoutant que cette technologie devait être démocratisée.

L’IA, selon lui, doit servir de vecteur « d’inclusion et d’autonomisation », notamment pour le Sud global.

Soulignant le rôle de l’Inde dans ce domaine, le Premier ministre a affirmé que le pays « ne se contente pas de participer à la révolution de l’IA » mais qu’il « la dirige et la façonne ».

« L’intelligence artificielle marque un chapitre transformateur dans l’histoire de l’humanité », a-t-il ajouté.

Par Jean Materne Zambo

« 10 milliards $ pour l’IA » : la BAD et le PNUD veulent propulser l’Afrique dans la course mondiale et créer 40 millions d’emplois

[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique ne veut plus être simple consommatrice de technologies d’intelligence artificielle. Elle ambitionne désormais d’en devenir un acteur structurant. C’est dans cette dynamique que le groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a dévoilé le 23 février 2025 à Nairobi une initiative majeure destinée à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars pour accélérer le développement de l’IA sur le continent.

Présentée lors du Nairobi AI Forum 2026, l’« Initiative 10 milliards USD pour l’IA » s’inscrit dans une stratégie de transformation structurelle visant à faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance inclusive, de compétitivité et de souveraineté numérique. Les financements seront progressivement mobilisés jusqu’en 2035, à travers un partenariat associant institutions financières de développement, gouvernements africains et investisseurs privés.

Pour la BAD, l’objectif est d’éviter un décrochage technologique du continent à l’heure où l’IA redessine les chaînes de valeur mondiales.

« En tant qu’institution multilatérale de développement de premier plan, le Groupe de la BAD tire parti de son avantage comparatif pour s’assurer que l’Afrique ne soit pas laissée pour compte à l’ère de l’IA », a déclaré Nicholas Williams, chef de la Division des opérations TIC du Groupe. Il souligne que l’initiative doit catalyser des investissements structurants capables d’accélérer l’entrepreneuriat technologique, de consolider les écosystèmes de données et d’infrastructures, et de soutenir une croissance inclusive à l’échelle continentale.

La feuille de route élaborée par la BAD repose sur cinq leviers stratégiques : le développement d’infrastructures de données fiables et interopérables, le renforcement des capacités de calcul et d’informatique, la formation de talents spécialisés, la consolidation d’un cadre de confiance réglementaire et l’amélioration de l’accès au capital pour les start-up et entreprises innovantes. Les investissements viseront notamment les centres de données, les infrastructures de calcul haute performance, le financement de jeunes pousses technologiques ainsi que des programmes de formation avancée.

Selon les projections de la BAD, ces investissements pourraient contribuer à la création de jusqu’à 40 millions d’emplois et générer près de 1 000 milliards de dollars supplémentaires sur le PIB du continent à l’horizon 2035. Une phase de mobilisation auprès des gouvernements et des investisseurs internationaux doit désormais transformer cette annonce en engagements financiers concrets.

À travers cette initiative, la BAD et le PNUD affichent une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible de la nouvelle économie mondiale de l’intelligence artificielle, en faisant de l’IA un moteur de développement durable, d’innovation et d’inclusion.

Par Loic SOUOP

Vietnam : Pham Minh Chinh impose la culture du résultat et consacre 3 % du budget d’État à la transformation numérique

[DIGITAL Business Africa] – Le Vietnam engage un tournant stratégique dans sa gouvernance publique. Réuni le 25 février à Hanoï lors de la première session 2026 du Comité directeur gouvernemental sur le développement scientifique et technologique, l’innovation, la transformation numérique et le Projet 06, le Premier ministre Pham Minh Chinh a appelé à un changement décisif : passer d’une gestion administrative axée sur les tâches à une gouvernance fondée sur les résultats mesurables et la satisfaction des citoyens.

Dans un contexte d’accélération de la transformation numérique, le chef du gouvernement a réaffirmé que la science, la technologie, l’innovation et le numérique doivent devenir les principaux moteurs de la croissance économique. Le Projet 06, pilier de cette stratégie, vise à exploiter la base de données nationale sur la population, l’identité numérique et l’authentification électronique pour soutenir le développement socio-économique. Selon le Comité directeur gouvernemental, la base de données démographique est déjà connectée à 15 ministères et agences, une entreprise publique, trois opérateurs télécoms et 34 localités. La plateforme VNeID revendique 94 millions de profils vérifiés et 68 millions de comptes activés.

Le Premier ministre a chargé les ministères des Sciences et Technologies, de la Sécurité publique, de l’Industrie et du Commerce de finaliser rapidement des cadres juridiques innovants, notamment dans l’économie des données et l’intelligence artificielle. Il leur a également demandé de publier les textes d’application des lois récemment adoptées sur la transformation numérique, l’IA, la cybersécurité et le commerce électronique afin d’éviter tout vide réglementaire.

Le ministère de la Sécurité publique devra quant à lui soumettre, dès le premier trimestre 2026, un décret sur les mécanismes spécifiques de développement d’un Centre d’innovation et d’exploitation des données rattaché au Centre national des données. Un mécanisme d’organisation et de fonctionnement de la plateforme nationale de données est attendu au deuxième trimestre 2026, tandis qu’un cadre global de développement de l’économie des données devra être finalisé en septembre. De son côté, le ministère des Finances, en coordination avec la Sécurité publique, élaborera d’ici juin 2026 un cadre juridique sur la tarification des données, les frais d’exploitation, ainsi que les incitations fiscales et mécanismes de financement destinés aux entreprises opérant dans ce secteur.

Signal fort de cet engagement : au moins 3 % des dépenses budgétaires annuelles de l’État seront consacrées à la transformation numérique. Les priorités pour le premier trimestre 2026 incluent les produits technologiques stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les drones, l’énergie nucléaire, la transition verte, l’économie créative et le ferroviaire à grande vitesse. Le gouvernement prévoit également le lancement officiel du Centre national des données n° 1, l’extension nationale de la 5G d’ici 2026 et le déploiement commercial de l’Internet par satellite en orbite terrestre basse.

Les résultats avancés par les autorités témoignent d’une dynamique réelle : 2 690 des 3 085 procédures administratives, soit 87,2 %, ont été réduites ou simplifiées, tout comme 1 973 des 2 371 conditions commerciales (83,2 %). Ces réformes auraient permis d’économiser environ 34 600 milliards de dôngs, représentant 28 % des coûts de mise en conformité. Le décaissement des investissements publics a atteint 94,8 % du plan fixé au 31 janvier 2026, soit 858 621 milliards de dôngs engagés. Parallèlement, le Vietnam a lancé la construction d’usines de fabrication de puces électroniques, notamment portées par Viettel et FPT, consolidant ses ambitions industrielles dans les semi-conducteurs.

Malgré ces avancées, des défis persistent. Certaines bases de données nationales essentielles – sécurité sociale, agriculture, santé ou sanctions administratives – restent incomplètes. La couverture 5G demeure inférieure aux objectifs nationaux et les centres de données à grande échelle ne sont pas encore pleinement déployés.

Convaincu qu’une économie numérique axée sur les données et pilotée par l’intelligence artificielle générera une croissance plus durable, Pham Minh Chinh entend moderniser le modèle de gouvernance vietnamien et renforcer la compétitivité nationale dans les années à venir.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Améliorer le climat des affaires dans les télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Christian Katende a son rôle à jouer pour rendre attrayante la destination RDC. Le président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a été reçu par le ministre d’État, ministre du Plan & CAD, Guylain Nyembo Nyembo, ce 24 février 2026. Les deux personnalités ont traité la question de l’amélioration du climat des affaires dans le secteur des télécommunications, levier stratégique de la transformation économique de la République démocratique du Congo.

Pour cela, il va falloir mobiliser davantage d’investissements et consolider un cadre réglementaire cohérent, stable et incitatif. Et surtout maximiser sur la digitalisation, comme l’a précisé le président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC).

« La digitalisation constitue aujourd’hui un impératif pour renforcer la compétitivité de notre économie. En améliorant le climat des affaires dans les télécommunications, nous créons les conditions d’une expansion durable et inclusive du numérique en RDC », a déclaré Christian Katende.

L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a organisé du 18 au 19 février 2026 la 10ᵉ session ordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC).

L’événement était placé sous le thème : « Stratégie de coopération sous-régionale pour une régulation harmonisée des services de télécommunications par satellites non géostationnaires (NGSO) ».

Plusieurs recommandations ont émergé de ces travaux : l’amendement des statuts révisés de l’ARTAC, accompagné de l’élaboration d’un cahier des charges pour la désignation du secrétaire exécutif et du régulateur de l’État du siège ; l’harmonisation de la régulation des services satellitaires NGSO ; la mise en œuvre de mesures de sécurité sous-régionales applicables aux services financiers numériques ; la prise en compte des résolutions de l’Union internationale des télécommunications (UIT) relatives à l’intégration du genre ; le renforcement de la cybersécurité et de la coopération technique ; ainsi que la promotion de la souveraineté numérique et de l’hébergement local des données.

Par Jean Materne Zambo

E-gov/Cap vert : Le gouvernement lance un portail numérique pour connecter l’Etat, les citoyens et les entreprises

[DIGITAL Business Africa] – Gov.CV, la plateforme numérique qui devrait révolutionner la gouvernance au Cap vert. Le gouvernement a lancé le portail ce 24 février 2026 lors d’une cérémonie organisée au TechPark en présence de membres du gouvernement et d’autres institutions.

Cette plateforme vient se substituer à ses sœurs plateformes utilisées jusque là. Selon le premier ministre, Ulisses Correia , explique que ce portail marque une évolution importante vers un système plus simple et centralisé.

Il précise: « Nous passons de multiples plateformes isolées à un portail unique, avec une seule entrée et une seule sortie pour les services publics ».

L’autre objectif de Gov.CV est d’ améliorer la communication entre les services publics. Jusqu’à présent, les systèmes ne partageaient pas leurs informations, obligeant les citoyens à fournir plusieurs fois les mêmes documents.

Avec GOV.CV, le gouvernement promet plus d’interopérabilité, de sécurité et d’efficacité, ainsi qu’une réduction des démarches administratives. Le premier ministre affirme que « le citoyen cesse de parcourir plusieurs départements pour obtenir des documents que l’État possède déjà », ce qui devrait permettre des procédures plus rapides, plus transparentes et suivies en temps réel.

Le portail sera mis en place progressivement, avec l’intégration continue de services publics numériques. Il doit intégrer progressivement de nombreux services administratifs. Entre autres notamment  l’éducation, la santé ou du commerce.

L’objectif final est de rassembler toute l’administration publique sur cette plateforme et d’harmoniser les paiements afin de réduire les coûts et le temps pour les utilisateurs. Le gouvernement souhaite ainsi renforcer la confiance dans l’État, améliorer la productivité de l’administration et simplifier la vie des citoyens et des entreprises.

Le Cap Vert occupe la 111e sur 193 à l’Indice de développement de l’e- gouvernement des Nations unies (EGDI). Ce qui lui confère un score de 0,6238 sur 1. Un performance classée en dessous de la moyenne mondiale (0,6382 sur 1).

Par Jean Materne Zambo

 

 

Gouvernance et intégration de l’IA : OpenAI s’appuie sur Accenture, BCG, Capgemini et McKinsey

[DIGITAL Business Africa]OpenAI accélère son offensive sur le segment des grandes entreprises. L’éditeur américain d’intelligence artificielle a annoncé la signature de partenariats pluriannuels avec quatre géants mondiaux du conseil Accenture, Boston Consulting Group (BCG), Capgemini et McKinsey & Company dans le but d’accélérer le déploiement d’agents d’intelligence artificielle au sein des grandes organisations.

Cette alliance s’inscrit dans le prolongement du lancement, début février 2026, de Frontier, une plateforme développée par OpenAI pour concevoir, déployer et administrer des “AI coworkers”, présentés comme de véritables collègues virtuels capables d’exécuter des tâches de bout en bout. L’ambition est limpide : intégrer l’IA générative au cœur des processus métiers, en la connectant aux données internes, aux systèmes existants et aux règles opérationnelles des entreprises.

Concrètement, ces agents peuvent traiter une demande client de manière autonome, interroger un CRM, appliquer des règles de conformité, mettre à jour des bases de données ou déclencher des workflows, sans intervention humaine sauf en cas d’exception. L’objectif n’est plus seulement d’assister les collaborateurs, mais de transformer l’organisation du travail.

Dans ce dispositif, BCG et McKinsey interviennent principalement sur les dimensions stratégiques et organisationnelles. BCG accompagne ses clients dans la définition de leur stratégie IA, l’identification des cas d’usage prioritaires, la refonte du modèle opérationnel et la conduite du changement, notamment via son entité technologique BCG X. McKinsey, de son côté, cible les directions générales afin d’élaborer des feuilles de route IA alignées sur les priorités business, avec l’appui de sa branche spécialisée QuantumBlack.

Accenture et Capgemini se concentrent davantage sur l’intégration technique et l’industrialisation. Accenture prend en charge l’architecture data et cloud, la sécurisation des environnements, la conformité réglementaire et le déploiement à l’échelle internationale. Le cabinet souligne d’ailleurs avoir déjà équipé des dizaines de milliers de ses collaborateurs avec ChatGPT Enterprise. Capgemini mettra pour sa part à profit son expertise sectorielle et ses capacités d’intégration pour moderniser les systèmes d’information et assurer l’exploitation continue des agents IA dans les métiers.

Au-delà de l’aspect technologique, l’enjeu est stratégique pour OpenAI. Les grandes entreprises s’appuient traditionnellement sur ces cabinets pour piloter leurs transformations numériques. En intégrant Frontier dans les feuilles de route élaborées par ces acteurs influents, la société dirigée par Sam Altman maximise ses chances d’imposer sa plateforme comme standard dans les stratégies IA des grands groupes.

Cette approche permet également de consolider sa position face à une concurrence accrue sur le marché entreprise, notamment celle de Google, Anthropic ou encore Microsoft.

L’enjeu financier est tout aussi déterminant. Les projets de transformation numérique portés par ces cabinets représentent souvent des investissements de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars. Selon des informations relayées dans la presse économique internationale, OpenAI viserait environ 600 milliards de dollars de dépenses cumulées en capacité de calcul d’ici 2030, avec un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 280 milliards de dollars à l’horizon de la fin de la décennie. À titre de comparaison, son chiffre d’affaires pour l’exercice écoulé s’élève à 13,1 milliards de dollars.

À travers cette alliance structurante, OpenAI ne cherche pas seulement à déployer des outils d’IA. L’entreprise ambitionne d’ancrer ses technologies au cœur même des modèles opérationnels des grandes organisations, en s’appuyant sur les acteurs qui en définissent les trajectoires stratégiques.

Par Loic SOUOP

 

Coopération : Digitalisation de la Lettre de Voiture Obligatoire et de la taxe à l’essieu sur le corridor Douala–N’Djamena

[DIGITAL Business Africa] – Plus de fluidité du transit Douala–N’Djamena. Le Cameroun et le Tchad tendent vers cet idéal. Les deux parties engagent la dématérialisation de la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO) et de la taxe à l’essieu sur le corridor Douala–N’Djamena. La cérémonie d’inauguration a eu lieu ce lundi 23 février 2026 au siège de cette agence sise au quartier petit paris dans l’arrondissement de Kribi premier.

Le BNFT émet  les lettres de voitures obligatoires (LVO), fluidifie le traffic sur les corridors stratégiques Kribi – Douala – Ndjamena  et lutte également contre les tracasseries routières. Il va sans dire que cette réforme vise à sécuriser les recettes publiques, à réduire les fraudes et à fluidifier le transit sur cet axe stratégique pour les échanges entre le Cameroun et le Tchad.

À Kribi depuis 2018, le BNFT était un poste rattaché à l’agence de Douala aujourd’hui, il est devenue une agence autonome. Une volonté de Mme Fatimé Goukounou Waddeye, Ministres des transports de l’aviation civile et de la Météorologie nationale du Tchad.

Emmanuel Kingue le premier adjoint préfectoral représentait le préfet de l’océan, Bouba Hama, à cette cérémonie. Il  a félicité la  “victoire de solidarité fraternelle sur nos frontières” et a invité les transporteurs Tchadiens à veiller à ce que les coûts logistiques n’ “étouffent” pas les consommateurs tchadiens.

Le lancement officiel de la phase pilote de la dématérialisation des procédures de délivrance de la lettre de voiture obligatoire et de la taxe à l’essieu s’est déroulé le 20 février 2026. C’était sous la présidence du directeur général du Bureau National de Fret Terrestre Saleh Youssouf Erda. Et ce, conformément aux instructions de  Fatima Goukouni Weddeye , ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Météorologie Nationale ainsi que des orientations du gouvernement.

Par Jean Materne Zambo 

Sanction des opérateurs télécoms, Fibre, 5G, cybersécurité, startups : le vrai bilan 2025 du numérique au Cameroun

[DIGITAL Business Africa] – Dans son allocution de présentation des vœux 2026 à la ministre des Postes et Télécommunications, le Secrétaire général du MINPOSTEL, Mohamadou Saoudi, a dressé un état des lieux détaillé de l’action du département ministériel et de l’écosystème du numérique au Cameroun en 2025. Infrastructures, gouvernance sectorielle, cybersécurité, connectivité, innovation, régulation et indicateurs de performance : le discours offre un panorama rare et chiffré de l’avancement réel de la transformation numérique du pays, tout en pointant les défis à relever pour accélérer la cadence en 2026.

Un contexte 2025 sous contraintes, mais une dynamique maintenue
Dans son discours dense et structurée prononcé le 19 février à l’esplanade du MINPOSTEL , Mohamadou Saoudi précise de prime abord que l’année 2025 s’est déroulée dans un environnement international marqué par des pressions inflationnistes, une reprise économique difficile et des tensions géopolitiques persistantes, avec, au plan national, la poursuite de la SND30, la gestion des défis sécuritaires dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et l’accélération de la transformation numérique de l’État et du secteur postal dans un cyberespace sécurisé.

Malgré ce contexte contraint, le MINPOSTEL « a maintenu son rôle de catalyseur essentiel de la croissance et du développement du pays », selon le Secrétaire général, traduisant une continuité de l’action publique sur les chantiers numériques structurants.

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

Infrastructures et connectivité : fibre, capacités internationales et qualité de service

Sur le front des infrastructures, 2025 a été marquée par des avancées significatives portées par CAMTEL et l’ART. Côté opérateur public, la réparation de segments de fibre endommagés, l’extension des capacités du backbone et des boucles métropolitaines de Yaoundé et Douala, la montée en capacité du câble sous-marin NCSCS de 100 Gbps à 300 Gbps avec une étude vers 2,4 Tbps, ainsi que la préparation du raccordement au câble MEDUSA, ont renforcé la résilience et la capacité du réseau national. À cela s’ajoutent la décongestion de 51 sites dans le cadre du projet Mobile Network Expansion et l’accord pour 250 nouveaux sites, l’optimisation satellitaire via AVANTI, le projet Blue Money, et des travaux d’études pour un backbone fibre le long du corridor ferroviaire Douala-Yaoundé-Ngaoundéré.

Côté régulation, l’ART a intensifié le contrôle de la qualité de service, conduit des audits du réseau national de fibre optique, préparé l’introduction de la 5G, élaboré le cahier de charges pour Starlink Cameroun, mené des concertations avec MTN et Orange, et prononcé 13 sanctions pécuniaires pour manquements. La coordination internationale des fréquences, la lutte contre les brouillages affectant parfois la navigation aérienne, ainsi que la validation de conventions d’interconnexion et de catalogues de partage d’infrastructures, ont complété ce dispositif de supervision.

Écosystème numérique et innovation : startups, données et jeunesse

Le développement de l’écosystème numérique national a été soutenu par des événements structurants et des outils de pilotage. La Semaine de l’innovation numérique 2025, placée sous le thème de la mobilisation de l’intelligence artificielle pour une transformation numérique ambitieuse, les Concertations nationales sur l’IA, le Forum des jeunes sur la gouvernance de l’Internet, ainsi que le concours national du meilleur projet TIC, ont contribué à animer l’écosystème et à valoriser l’innovation locale. Une base de données cartographique des startups numériques a été élaborée, tandis que des investissements ont porté sur la collecte et le traitement des données météorologiques, utiles à l’agriculture et à la gestion des risques climatiques.

PATNUC : politiques publiques, inclusion et plateformes de contrôle

Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun a constitué l’ossature de l’action publique en 2025. Sur le plan des politiques et cadres réglementaires, le Plan Cameroun numérique 2025-2030 a été élaboré, une stratégie de service universel définie, des équipements critiques de cybersécurité acquis au profit de l’ANTIC, et des plateformes de contrôle de la qualité de service installées pour l’ART. Les composantes connectivité et inclusion numérique ont progressé, tout comme les volets solutions axées sur les données pour l’agriculture et la gouvernance de projet, avec un pilotage renforcé des instances de coordination.

Cybersécurité et confiance numérique : équipements, culture et protection des usagers
La sécurisation de l’écosystème numérique a connu un renforcement notable en 2025. Les Journées nationales de cybersécurité, des campagnes de sensibilisation à l’usage responsable des réseaux sociaux, la mise en place d’un laboratoire de cybersécurité à l’Université de Maroua, une plateforme de management de la sécurité des systèmes d’information, un mini centre de veille sécuritaire au MINPOSTEL, ainsi que la révision de la politique nationale de sécurité des réseaux et systèmes d’information, ont consolidé l’architecture nationale de cybersécurité. L’ANTIC a renforcé la sécurité du domaine .cm via le DNSSEC, mené des audits de sécurité dans 66 structures, émis des alertes et bulletins, soutenu des collectivités territoriales décentralisées dans la mise en place de leurs systèmes d’information, et intensifié la lutte contre la cybercriminalité.

Gouvernance sectorielle et capacités humaines

Sur le plan institutionnel, le programme d’appui à la gouvernance interne du MINPOSTEL a permis d’améliorer le cadre de travail et la coordination administrative. SUP’PTIC a poursuivi l’alignement de l’offre de formation aux exigences du numérique, la rénovation d’infrastructures de recherche et le renforcement des capacités des enseignants, contribuant à la formation des compétences nécessaires à l’économie numérique. Au plan international, la participation du Cameroun aux grandes rencontres du secteur, ainsi que l’organisation de l’Africa Digital Expo à Douala, ont renforcé la visibilité du pays et l’alignement sur les standards globaux.

Poste et services numériques : modernisation et e-commerce

Le volet postal, souvent sous-estimé dans la transformation numérique, a connu des avancées concrètes : réhabilitation de bureaux de poste, dotations en équipements IT et énergie solaire, outils de suivi des envois, audit pour la mise en place d’un hub e-commerce sous-régional, restructuration du marché postal, régularisation d’opérateurs et préparation de textes réglementaires. CAMPOST a engagé des chantiers structurants, dont l’upgrade de son data center et l’acquisition d’un core banking system, éléments clés pour la digitalisation des services financiers postaux.

Indicateurs 2025 : des progrès mesurables, mais des marges à combler

Les indicateurs présentés par le Secrétaire général témoignent d’avancées mesurables : la proportion des points de contacts postaux connectés à Internet atteint 84 pour cent, l’Indice de Développement des TIC progresse à 3,5, le taux de réalisation des activités budgétisées du ministère est de 100 pour cent, et l’Indice national de cybersécurité s’établit à 0,48, proche de la cible.

L’exécution budgétaire atteint 90 pour cent pour les dépenses courantes et 93 pour cent pour l’investissement, signal d’une capacité d’absorption en amélioration. Pour autant, des retards et obstacles opérationnels subsistent, appelant à une meilleure coordination interinstitutionnelle et à une accélération de l’exécution des projets.

Un bilan 2025 qui prépare le cap 2026

Au total, 2025 aura été une année de consolidation pour le numérique au Cameroun, marquée par des investissements dans les infrastructures, un renforcement de la régulation, des avancées en cybersécurité et une animation soutenue de l’écosystème d’innovation. Le bilan dressé par le Secrétaire général du MINPOSTEL met en évidence une trajectoire positive, mais encore insuffisante au regard des ambitions de la SND30.

La feuille de route implicite pour 2026 est claire : accélérer l’inclusion numérique, améliorer la qualité de service des réseaux, renforcer la confiance numérique, déployer davantage de capacités internationales et locales, et transformer les progrès techniques en impacts tangibles pour les citoyens, les entreprises et l’administration publique.

Par Digital Business Africa

lire aussi: 1-https://www.digitalbusiness.africa/transformation-numerique-ia-et-cybersecurite-la-ministre-minette-libom-li-likeng-trace-la-feuille-de-route-2026-sous-limpulsion-de-paul-biya/

2-https://www.digitalbusiness.africa/mohamadou-saoudi-a-minette-libom-li-likeng-vous-etes-la-personne-idoine-pour-mener-a-bon-port-la-barque-du-minpostel-et-du-secteur-numerique-au-cameroun/