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Sénégal : PNUD–MCTN scellent un accord pour accélérer l’IA et structurer un écosystème de 500 start-ups technologiques d’ici 2034

[DIGITAL Business Africa] – Le Programme des Nations unies pour le développement (Programme des Nations Unies pour le développement) et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique du Sénégal ont signé, le mardi 14 avril 2026 à Dakar, un protocole d’accord-cadre visant à renforcer la gouvernance numérique du pays et à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics.

L’accord a été officialisé par le ministre Alioune Sall et le représentant résident du PNUD, Njoya Tikum. Il s’inscrit dans un contexte stratégique marqué par la volonté des autorités sénégalaises de consolider l’inclusion numérique, de moderniser l’administration et de mettre en place un environnement réglementaire propice à l’innovation technologique et à la compétitivité économique.

Présenté comme un partenariat « structurant et orienté vers des résultats concrets », cet accord accompagne la stratégie nationale de transformation numérique, notamment à travers la dématérialisation progressive des services publics et le renforcement de l’écosystème digital.

La première matérialisation de cette coopération est attendue le 27 avril 2026 avec l’inauguration de l’University Innovation Pod (UNIPOD) au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow.

Financé à hauteur de 1 million de dollars, ce centre d’innovation sera conçu comme un incubateur de nouvelle génération destiné à accompagner les étudiants et jeunes entrepreneurs dans la transformation de leurs projets de recherche en solutions technologiques et entrepreneuriales à fort impact.

Les autorités sénégalaises envisagent par ailleurs de dupliquer ce modèle d’incubation à l’échelle nationale afin de structurer un réseau d’innovation plus dense et territorialement équilibré.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique », la stratégie nationale de transformation numérique du Sénégal. Le pays ambitionne de créer plus de 500 start-up technologiques labellisées à l’horizon 2034 et de générer environ 150 000 emplois directs dans le secteur numérique.

Selon les données de StartupBlink, le Sénégal compte actuellement une soixantaine de start-up actives, ce qui traduit un écosystème encore en phase de structuration mais en forte progression. Avec ce nouveau partenariat, les autorités et leurs partenaires entendent accélérer le passage à l’échelle et positionner le Sénégal comme un hub technologique majeur en Afrique de l’Ouest.

Par Loic SOUOP

VivaTech 2026 : 15 000 start-ups, 4 000 investisseurs et 170 pays attendus pour une édition record à Paris

[DIGITAL Business Africa] – La souveraineté numérique, la cybersécurité et l’intégration concrète de l’intelligence artificielle (IA) dans des secteurs stratégiques tels que l’automobile, la banque, la logistique ou encore le luxe seront au centre de la 10ᵉ édition du Viva Technology, prévue du 17 au 20 juin 2026 à Paris Expo Porte de Versailles.

Considéré comme le plus grand événement technologique d’Europe, le salon ambitionne de franchir un nouveau cap avec près de 15 000 start-ups et environ 4 000 investisseurs internationaux attendus, selon les organisateurs. L’événement vise également à dépasser les 180 000 visiteurs enregistrés lors de l’édition précédente.

Pour cette édition anniversaire, l’espace d’exposition passe de 50 000 à 70 000 m² et accueillera des participants issus de 170 pays ainsi que 60 pavillons nationaux, confirmant la dimension mondiale de l’événement. En prélude au salon, une opération spéciale est prévue le 14 juin 2026 sur l’avenue des Champs-Élysées, rendue piétonne pour l’occasion, où seront présentées au grand public plusieurs innovations incluant des robots, des drones, des hélicoptères et des solutions d’IA.

Selon les organisateurs, l’intelligence artificielle restera la thématique dominante, mais avec une orientation résolument appliquée. L’enjeu n’est plus uniquement la recherche, mais l’impact concret de l’IA sur les industries et les services. Les innovations attendues devraient notamment concerner la transformation des chaînes logistiques, des services bancaires, de l’industrie du luxe et du secteur automobile.

Cette édition met également en lumière les enjeux de souveraineté technologique en Europe. Après le Canada en 2025, l’Allemagne sera le pays invité d’honneur avec une délégation d’environ 200 start-ups actives dans des domaines clés comme l’IA, la greentech et l’énergie. Plusieurs représentants politiques allemands, dont le ministre du Numérique Karsten Wildberger et la ministre de la Recherche Dorothee Bär, sont attendus à Paris.

Dans un contexte de compétition technologique mondiale, les organisateurs souhaitent mettre en avant les pays européens considérés comme des relais de souveraineté numérique et d’innovation industrielle.

Parmi les personnalités annoncées figurent notamment Yann LeCun, chercheur de référence en intelligence artificielle et cofondateur de la start-up AMI, Shantanu Narayen, PDG d’Adobe, ainsi que Joe Tsai, président du groupe chinois Alibaba.

Pour la première fois, le salon organisera également une cérémonie de distinction en partenariat avec le média Bloomberg, afin de récompenser les acteurs majeurs de l’écosystème technologique mondial.

Par Loic SOUOP

Cybersécurité : l’ANSSI impose un tournant réglementaire avec des audits obligatoires dès 2027 en Côte d’Ivoire

[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion de l’ouverture de la 2ᵉ édition du Salon international de l’intelligence artificielle, de la défense et de l’espace, tenue le lundi 13 avril 2026 au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, la directrice des audits et de la conformité de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, Lepregnon Carole, a réaffirmé le rôle central de l’institution dans la mise en œuvre de la politique nationale de cybersécurité.

Elle a insisté sur le fait que la stratégie de l’État repose désormais sur un cadre réglementaire renforcé, destiné à structurer durablement la gouvernance de la sécurité numérique. Plusieurs textes réglementaires ont déjà été adoptés pour encadrer la sécurité des systèmes d’information, avec une mesure phare annoncée : la mise en place progressive d’audits obligatoires à partir de 2027 pour certaines catégories d’organisations.

Selon elle, cette réforme vise à harmoniser les niveaux de sécurité au sein des administrations et entreprises, tout en réduisant les vulnérabilités dans un contexte de digitalisation accélérée et d’exposition croissante aux cybermenaces.

Au-delà de la contrainte réglementaire, les autorités ambitionnent de structurer un véritable écosystème national de cybersécurité. Face à un tissu de plus de 150 000 organisations publiques et privées, l’ANSSI a engagé un vaste chantier d’agrément de prestataires spécialisés, notamment des cabinets d’audit, des experts en cybersécurité et des entreprises technologiques.

L’objectif est de créer un marché encadré, structuré et crédible, capable d’accompagner efficacement les besoins croissants en sécurisation des systèmes d’information, tout en professionnalisant l’offre locale.

Dans la même dynamique, l’agence prévoit également d’intégrer progressivement des acteurs de la certification électronique, afin de renforcer la confiance dans les transactions numériques et de soutenir la transformation digitale des services publics et privés.

Créée par le décret nᵒ 2024-958 du 30 octobre 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information s’impose ainsi comme un pilier stratégique de la souveraineté numérique de l’État ivoirien. Elle joue un rôle clé dans la définition des normes de sécurité, la protection des infrastructures critiques, la gestion des incidents cyber et la coordination des réponses face aux menaces numériques.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Les entreprises de transport devraient basculer vers la billetterie électronique dès mai 2026

[DIGITAL Business Africa] – Le projet de dématérialisation des billets dans le secteur du transport urbain sur le point d’entrer en vigueur. Une date circule. Celle du premier mai 2026. Plusieurs entreprises de transport annoncent déjà la passage vers le digital. La réforme vise à fluidifier l’accès aux bus pour les usagers et renforcer la traçabilité des recettes. A la clef, un paiement plus rapide, moins de files d’attente, la réduction des fraudes, une meilleure organisation du transport urbain.

Le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a été auditionné le jeudi 10 Avril 2026 par la Commission d’Amenagement du Territoire, Infrastructures et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (ATI-NTIC),de l’Assemblée Nationale.

Face au députés de la nation, Jean-Pierre Bemba a élagué certaines préoccupations liées aux transports , un secteur important de l’économie nationale.

Notamment le plan de relance de Congo-Airways et la problématique de la gestion d’Air Congo; la gestion de la redevance Go-pass, la traçabilité des recettes et les grandes réalisations y afférentes; la problématique de l’octroi de permis de conduire biométriques sécurisés avec puce; la réhabilitation des ports publics de la RDC et la fermeture des ports des illégaux; le plan de lutte contre les embouteillages et le désengorgement des points noirs de trafic dans les grandes villes du Pays; les travaux de construction, réhabilitation et modernisation des infrastructures aéroportuaires à travers le Pays; la gestion de la redevance logistique terrestre (RLT); et la Prolifération des services et la présence des personnes non autrement identifiées dans les différentes installations aéroportuaires.

Par Jean Materne Zambo

 

Côte d’Ivoire : Djibril Ouattara rappelle le rôle stratégique du numérique dans la transformation des industries culturelles et créatives

[DIGITAL Business Africa] – Le pont entre traditions et technologies est tout trouvé en Côte d’Ivoire. L’édition 2026 du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA)  connaît une nouveau visage. Le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Djibril Ouattara, a parrainé l’inauguration de ce rendez-vous  culturel devenu culte le lundi 13 avril 2026.

L’événement s’est tenu au Palais de la Culture de Treichville, en présence de Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire, et de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck. L’événement  se tient du 11 au 18 avril 2026.

Le Village de l’Innovation du MASA 2026 est un laboratoire d’une Afrique qui maîtrise ses données, ses images et ses sons. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation Technologique, Djibril Ouattara, a souligné le rôle stratégique du numérique dans la transformation des industries culturelles et créatives, ainsi que dans l’ouverture des talents africains aux marchés internationaux.

Le lancement de la Cité de l’innovation et de la Culture a été annoncée par le président de la République, S.E Alassane Ouattara en 2025. La cité de l’innovation et de la culture inclura des incubateurs pour les start-up, des espaces dédiés à la création artistique, ainsi que des centres de promotion du patrimoine culturel et des initiatives touristiques.

La cité devrait également être une niche d’emplois durables. Ce qui va contribuer à l’amélioration des conditions de vie des jeunes, à leur autonomie financière et à leur épanouissement personnel.

Anselme Akeko, Responsable éditorial Cio Mag, regrette que sur un marché mondial des industries culturelles estimé à 2 000 milliards de dollars, l’Afrique n’en retire que 3 %. Selon lui, ce manque à gagner ne résulte pas d’un déficit de génie artistique, mais d’une absence d’infrastructures pour protéger, distribuer et monétiser les œuvres.

Le journaliste Fintech estime que l’Afrique pourrait voir ses exportations créatives atteindre 150 milliards de dollars, à condition d’adopter les outils technologiques de demain. Entre autres  l’animation 3D et le licensing de propriété intellectuelle.

Habyba Thiero, fondatrice et présidente d’Orun pense que l’Afrique doit s’emparer des moyens techniques pour imposer son propre récit avec assurance.

Le ministre Djibril Ouattara a réaffirmé la vision du Gouvernement de positionner la Côte d’Ivoire comme un hub régional d’innovation, notamment à travers le projet de Cité de l’Innovation et de la Culture.

Par Jean Materne Zambo

Tchad : Les premiers pas rassurants du ministre de l’Économie numérique Haliki Choua Mahamat

[DIGITAL Business Africa] – Après les réjouissances, place au labeur. Haliki Choua Mahamat entame son magistère par une série de rencontres et de mesures stratégiques. L’ancien directeur général de l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP)Tchad reçoit tour à tour les acteurs clés du numérique tchadien.

Le ministre des Télécommunications, de l’ Économie numérique et de la Digitalisation a officiellement pris contact avec une délégation de l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication(ADETIC) ce 14 avril 2026. Environ deux semaines après sa prise de fonction.

Selon le ministère, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens de collaboration entre le ministère et cette structure stratégique du secteur numérique.

Toujours cette semaine du 13 avril 2026, il y a eu cette réunion hautement stratégique avec l’équipe de coordination, les bureaux de contrôle et Huawei autour du Projet de Modernisation des Infrastructures de Communications Électroniques (PMICE). L’ objectif était de comprendre les causes du retard et accélérer la mise en œuvre du projet.

Le Projet de Modernisation des Infrastructures de Communications Électroniques (PMICE) au Tchad est une initiative stratégique majeure visant à développer le datacenter national et à étendre le réseau de fibre optique. Pour ce projet, le gouvernement a débloqué environ 175,1 millions d’euros (soit près de 204,7 millions de dollars). L’inauguration de la première phase a été annoncée pour le 20 décembre 2025.

Pour accélérer la mise en œuvre  du PMICE, le ministre Haliki Choua Mahamat appelle à des solutions concrètes et rapides. Notamment une collaboration renforcée entre tous les acteurs, y compris l’ADETIC, la SOTEL et la SOGEC, afin de proposer rapidement des solutions concrètes pour la réception des travaux déjà réalisés. Il a cependant salué l’engagement de Huawei et insisté sur l’exigence de qualité dans le suivi des travaux..

Comment parler se cette semaine marathon du ministre Haliki Choua Mahamat sans évoquer l’audience avec William Flens ? Le Chargé d’Affaires de l’ambassade des États-Unis à est venu renforcer la coopération et nouer des partenariats techniques dans les secteurs des télécommunications, de l’économie numérique et de la santé digitale. Le climat des affaires sous le leadership d’Haliki Choua s’annonce rayonnant.

Le ministre des Télécommunications, de l’ Économie numérique et de la Digitalisation a indiqué que les équipes techniques sont mobilisées pour finaliser, en coordination avec la partie américaine, les aspects administratifs, notamment le calendrier et les formalités de visas. La rencontre s’est achevée par la remise d’un document portant sur la stratégie américaine en matière de cybersécurité.

Par Jean Materne Zambo, sources : Présidence de la République du Tchad, Primature du Tchad, U.S. Embassy N’Djamen

Guinée : « AI Xcelerate » pour propulser 250 entreprises dans l’ère de l’intelligence artificielle

[DIGITAL Business Africa] – La Confédération Générale des Entreprises de Guinée engage une nouvelle offensive dans la transformation numérique avec le lancement du programme « AI Xcelerate », en partenariat avec Organisation Internationale des Employeurs et Microsoft.

L’initiative cible plus de 250 entreprises guinéennes. L’objectif consiste à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans un tissu économique encore faiblement digitalisé. Le programme ambitionne d’améliorer la productivité, de moderniser les outils de gestion et de renforcer la compétitivité des entreprises locales face aux mutations globales.

Le dispositif repose sur un accompagnement structuré. Les entreprises bénéficient de formations, mais aussi de phases d’expérimentation permettant de tester des solutions d’IA dans leurs activités. Le programme vise un passage à l’échelle opérationnelle, avec un accent particulier sur les PME, qui constituent l’essentiel du tissu productif national.

L’initiative intervient dans un contexte de montée en puissance de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale. La Guinée cherche à éviter un décrochage technologique en dotant ses entreprises de capacités adaptées à un environnement économique en transformation rapide.

Le lancement du programme s’inscrit dans une dynamique institutionnelle déjà engagée. Selon Rose Pola Pricemou, conseillère à la présidence en charge des nouvelles technologies et de l’IA, le pays a adopté l’approche AILA du Programme des Nations Unies pour le développement. Cette démarche a conduit à l’élaboration d’une feuille de route nationale de l’intelligence artificielle couvrant la période 2026-2035.

Cette orientation stratégique est renforcée par les conférences DounIA, dédiées à la structuration d’une politique nationale des données. L’enjeu porte sur la création d’un écosystème numérique cohérent, capable de soutenir l’innovation et d’accompagner la transformation digitale du secteur privé.

Le programme « AI Xcelerate » apparaît comme un levier opérationnel pour traduire ces ambitions en résultats concrets, en rapprochant les entreprises guinéennes des usages réels de l’intelligence artificielle et des standards internationaux.

Par Loic SOUOP

Namibie : +37 % de cyberattaques en un an, l’IA et les deepfakes propulsent une nouvelle ère de cybercriminalité

[DIGITAL Business Africa] – La Namibie fait face à une intensification rapide des menaces numériques. Entre janvier et décembre 2025, le pays a enregistré près de 1,7 million de cyberattaques, soit une hausse de 37 % en glissement annuel, selon le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».

Publié le 11 avril 2026 par la NAM-CSIRT, le rapport met en évidence plus de 2,2 millions de vulnérabilités identifiées au cours de l’année. Ces failles ont facilité des attaques variées, allant des dénis de service distribués (DDoS) à la diffusion de malwares, en passant par des accès non autorisés aux systèmes.

L’année 2025 marque un tournant dans les modes opératoires. Les cybercriminels exploitent désormais massivement la confiance des utilisateurs, en combinant ingénierie sociale et intelligence artificielle. Des campagnes de deepfakes ont été utilisées pour promouvoir de faux investissements, tandis que le phishing via des plateformes comme Telegram s’est intensifié. Les techniques de fraude gagnent en sophistication et en crédibilité.

Le rapport souligne également l’essor de ransomwares ciblant les collectivités locales, avec des stratégies de double extorsion. Des campagnes de smishing imitant des services de livraison se multiplient, tout comme les vidéos truquées mettant en scène des personnalités publiques. L’écosystème de la cyberfraude devient plus structuré, alimenté par des contenus générés par l’IA.

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large à l’échelle africaine. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que la croissance des services numériques, du commerce en ligne et de la banque mobile favorise l’expansion de la cybercriminalité sur le continent. Les cybercriminels s’appuient sur des techniques avancées, exploitant en priorité les vulnérabilités humaines.

Face à cette pression croissante, les autorités namibiennes insistent sur l’urgence d’intégrer la cybersécurité au cœur du développement numérique. Le déploiement de l’identité numérique (e-ID), l’expansion des infrastructures et la digitalisation des services renforcent l’exposition aux risques.

Le rapport recommande le renforcement du cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle à consolider les capacités de la NAM-CSIRT pour améliorer la détection et la coordination des incidents.

Parmi les priorités figurent la création de centres de réponse sectoriels (CSIRT), la réduction des vulnérabilités liées aux systèmes obsolètes, ainsi que l’accélération de l’identité numérique et des services de confiance. L’authentification multifactorielle, la sensibilisation aux menaces comme le phishing et les deepfakes, ainsi que le partage d’informations sur les cybermenaces sont également mis en avant.

Le document insiste enfin sur la nécessité de renforcer la gouvernance cyber selon les standards internationaux et de soutenir davantage les PME et administrations les plus vulnérables, afin de garantir la résilience de l’écosystème numérique national.

Par Loic SOUOP

Meta : un “clone IA” de Mark Zuckerberg pour diriger l’entreprise, entre rupture managériale et choc social

[DIGITAL Business Africa] – Meta accélère sa transformation autour de l’intelligence artificielle avec un projet inédit : la création d’un double numérique de son PDG, Mark Zuckerberg. Une initiative qui s’inscrit dans une phase de restructuration marquée par une réduction significative des effectifs et un repositionnement stratégique.

Selon le Financial Times, cet agent IA repose sur une base de données massive issue des contenus internes du dirigeant : courriels, notes, rapports et documents stratégiques. Le système reproduit son raisonnement, son ton et sa logique décisionnelle. Il analyse des situations complexes, propose des arbitrages et formule des orientations stratégiques.

Le dispositif permet au PDG d’être virtuellement présent à tous les niveaux de l’entreprise. Les collaborateurs peuvent interagir directement avec ce double numérique sans passer par les circuits hiérarchiques traditionnels. Le modèle organisationnel évolue vers une prise de décision plus rapide et un accès direct à l’information stratégique.

Le projet reste en phase de développement. Des mécanismes de contrôle doivent encadrer les capacités décisionnelles de cet agent afin de limiter les risques opérationnels et juridiques. La question de la responsabilité en cas d’erreur ou de décision contestable demeure ouverte.

Meta prévoit également de généraliser les agents IA à l’ensemble de ses effectifs. Chaque employé disposerait d’un assistant capable d’exploiter les bases de données internes en temps réel. Les processus de travail s’orientent vers une automatisation accrue et une productivité renforcée.

Le groupe opère un virage stratégique après le ralentissement de ses ambitions dans le métavers. L’intelligence artificielle devient le principal levier d’innovation, soutenu notamment par l’acquisition de la startup Manus spécialisée dans l’IA agentique.

Cette transformation intervient dans un contexte social tendu. Environ 20 % des effectifs, soit près de 15 800 postes, pourraient être supprimés dans le cadre d’une réorganisation globale. Une dynamique qui illustre les arbitrages entre réduction des coûts, adoption de l’IA et redéfinition des modèles de management.

Ce projet de « PDG augmenté » ouvre une nouvelle séquence dans la gouvernance des entreprises technologiques. Une expérimentation à fort potentiel, porteuse de gains d’efficacité, mais aussi de profondes interrogations sur l’avenir du travail et du leadership.

Par Loic SOUOP

 Intelligence artificielle : Sundar Pichai appelle les États-Unis à reprendre le leadership mondial face à une révolution « sans précédent »

[DIGITAL Business Africa] – Dans un contexte de recomposition accélérée de l’économie numérique mondiale, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme une technologie pivot. Pour Sundar Pichai, PDG de Alphabet Inc., elle constitue tout simplement « la technologie la plus profonde de tous les temps », appelant les États-Unis à reprendre le leadership dans son développement.

En effet, lors d’une intervention dans l’émission 60 Minutes diffusée par CBS, le dirigeant a rappelé que les grandes révolutions technologiques ont historiquement été portées par les États-Unis. Dans cette logique, il plaide pour une approche à la fois ambitieuse et responsable, afin de maximiser les retombées économiques et sociétales de l’IA.

Par ailleurs, les applications de cette technologie se multiplient déjà dans plusieurs secteurs stratégiques. De la recherche médicale à l’éducation, en passant par la gestion des situations d’urgence, l’IA permet d’accélérer les découvertes, de personnaliser les apprentissages et d’optimiser les interventions. Dans le domaine grand public, les avancées en matière de conduite autonome illustrent également cette transformation, avec des expériences jugées « révolutionnaires » par le patron de Alphabet Inc.

Toutefois, cette dynamique s’accompagne de défis majeurs. La transformation du marché du travail, la nécessité d’adapter les compétences et l’encadrement réglementaire figurent au cœur des préoccupations. Sundar Pichai insiste ainsi sur l’importance d’investir dans la formation et la reconversion, tout en mettant en place des politiques publiques adaptées.

Dans le même temps, la montée en puissance de l’IA exerce une pression croissante sur les infrastructures numériques. Des acteurs majeurs comme Amazon, Microsoft et Alphabet Inc. intensifient leurs investissements dans les centres de données. Néanmoins, certains projets aux États-Unis font face à des résistances liées à la consommation d’énergie, à l’utilisation des ressources en eau et aux impacts environnementaux.

À l’inverse, d’autres modèles émergent à l’international. En Chine, des initiatives innovantes, notamment des centres de données sous-marins, sont expérimentées pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire l’empreinte écologique des infrastructures.

Au-delà des performances technologiques, la course à l’IA se joue désormais sur plusieurs fronts : innovation, régulation, infrastructures et acceptabilité sociale. Dans cette compétition mondiale, les prises de position de Sundar Pichai traduisent une volonté claire : maintenir l’avance stratégique américaine dans une technologie appelée à redéfinir durablement les équilibres économiques mondiaux.

Par Loic SOUOP

Jusqu’à 1,5 million $ pour financer les startups africaines entre avril et mai [Conseils et liens de candidatures]

[DIGITAL Business Africa] – Afflux massif de capitaux dédiés aux startups africaines. Plusieurs organisations ont lancé des initiatives visant à mettre en selle les startups prometteuses dans des secteurs à fort impact. Au nombre des facilités prévues, des financements allant de 35 000 euros à 1,5 million de dollars. Les candidats ont jusqu’au mois de mai 2026 pour envoyer leurs soumissions.

Pour rivaliser avec d’autres candidats, trois facteurs doivent être pris au sérieux.  Le business plan. C’est un document stratégique structuré qui détaille le projet de création ou de développement d’une entreprise, incluant l’étude de marché, le modèle économique (comment gagner de l’argent), et les prévisions financières sur 3 à 5 ans.

À côté du business plan, le pitch deck. Il s’agit d’une présentation visuelle concise (généralement 10 à 15 slides) destinée à convaincre des investisseurs ou partenaires du potentiel d’une startup ou d’une entreprise. Le pitch deck résume le problème, la solution, le modèle économique, le marché, la traction et l’équipe. Son but est de susciter l’intérêt pour obtenir un rendez-vous.

Lorsqu’on a évoqué le business plan et le pitch deck, il est de bon ton d’ajouter le recours au mentor. Il apporte un accompagnement psychologique pour gérer le stress et la solitude du dirigeant ; aide à analyser la stratégie globale, le marché et à anticiper les étapes clés ; connecte aux investisseurs, partenaires ou clients potentiels, transfère le savoir-être et le vécu entrepreneurial, plutôt que de connaissances théoriques.

Financements proprement dits

50 000 dollars en jeu pour le concours « Innovate for Impact Challenge ». L’initiative de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation, en collaboration avec America’s Cultivation Corridor, vise à accélérer l’innovation dans le domaine des technologies agricoles (AgTech).

Ce concours a pour objectif d’identifier et de soutenir les jeunes entreprises technologiques dont les solutions novatrices répondent aux enjeux cruciaux de la sécurité alimentaire mondiale et du développement durable.

https://www.worldfoodprize.org/en/nominations/innovate_for_impact_challenge/

100 000 euros dans le cadre de la 7ᵉ édition du fonds « La Francophonie avec Elles ». Il s’agit d’un dispositif de solidarité ayant vocation à renforcer l’autonomie économique et sociale des femmes de l’espace francophone, en situation de vulnérabilité, et dans une perspective de développement durable.

https://appelsaprojets.francophonie.org/fr/applications/fae7

1,5 million de dollars US pour l’Africa’s Business Heroes (ABH). Le programme vise à inspirer 10 millions d’entrepreneurs africains à l’horizon 2030 en soutenant, mettant en valeur et développant les talents locaux qui créent des changements positifs au sein de leurs communautés et au-delà.

Le premier pilier du programme Africa’s Business Heroes est d’aider les entrepreneurs africains talentueux et prometteurs à développer leur activité et avoir plus d’impact.

https://africabusinessheroes.org/fr/

50 000 dollars en faveur de 54 pays africains dans le cadre du programme Appel de l’UA pour l’innovation dans l’éducation en Afrique. Le programme invite les innovateurs à proposer des innovations éducatives nouvelles et pratiques ayant un potentiel de durabilité, d’extensibilité et de reproduction à grande échelle.

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScGIFFJSx6B7P5qQikMyn_KMx0RdDsqlXSPp4cGK_8a9uKKfA/viewform

Jusqu’à 1 million de dollars pour le THRIVE Global Impact Challenge. Un concours mondial visant à identifier les startups développant des solutions innovantes aux défis les plus critiques de la chaîne de valeur agroalimentaire.

https://thriveagrifood.com/thrive-global-impact-challenge-2026/

Africa’s Leading Catalyst of Ocean-Impact Entrepreneurship. L’initiative met en relation et investit dans les entrepreneurs, les projets et les communautés qui ont un impact positif sur les océans. Ce programme apporte un soutien aux startups qui luttent contre la pollution, la surexploitation et le changement climatique.

https://oceanhub.africa/

35 000 euros pour le Fonds Pierre Castel – Agir avec l’Afrique, en collaboration avec Castel Afrique. La 9ᵉ édition du Prix Pierre Castel implique sept pays africains : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Madagascar et République démocratique du Congo. Ce programme panafricain vise à valoriser l’innovation sur le continent et à soutenir des entrepreneurs à fort potentiel, engagés dans la transformation durable des systèmes alimentaires.

L’édition 2026 s’inscrit dans une dynamique d’excellence entrepreneuriale et distingue des entreprises innovantes, capables de générer un impact économique, social et environnemental concret, tout en portant une ambition de croissance à l’échelle de leur marché.

https://www.fonds-pierre-castel.org/prix-pierre-castel/prix-pierre-castel-2026/

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RCA : Une vingtaine d’entrepreneures formées à développer leurs activités dans l’espace numérique

[DIGITAL Business Africa] – Elles vont à la conquête de l’espace numérique.  Sans doute doubleront-elles les bénéfices de leurs activités grâce aux compétences nouvellement acquises. Une vingtaine de femmes Centrafricaines entrepreneures ont pris part à une formation de trois qui s’est achevé ce 10 avril 2026. L’atelier, dédié à l’autonomisation des femmes sur le plan économique était organisé par la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), et a bénéficié de l’appui de la Division des droits de l’Homme de la Minusca.

Portia Deya Abazene, la présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), a exhorté les participantes à transformer les compétences acquises en actions concrètes

 « Je vous invite à transformer ces acquis en actions concrètes, à oser vous positionner. C’est ensemble, solidairement et déterminés, que nous allons bâtir une économie numérique plus inclusive, où les femmes centrafricaines occupent toutes leurs places »a précisé Portia Deya Abazene

Les femmes entrepreneures, membres de la FAFECA, auront dont pour mission de sensibiliser d’autres femmes sur le terrain, afin de renforcer l’impact et la présence féminine dans la sphère numérique en République centrafricaine.

Elle a notamment insisté sur la nécessité pour les femmes de s’imposer dans l’espace numérique et de valoriser leurs talents, dans un esprit de solidarité et de détermination.

Jessica Tengué, présidente du secteur numérique de la FAFECA et participante à l’atelier a surtout été seduite par l’espace  numérique  qu’elle a découvert  grâce  a cette formation.

« Le module qui m’a impressionnée, c’est celui qui porte sur l’apport de la Minusca qui nous accompagne, qui nous encourage et qui informe celles qui n’étaient pas informées que nous avons le droit d’entreprendre. En tant que femme, nous avons aujourd’hui le droit d’entreprendre, de rendre visibles nos talents, d’avoir accès à l’espace numérique », a avoué Jessica Tengué, présidente du secteur numérique de la FAFECA.

La FAFECA est présente dans l’ensemble des 20 préfectures du pays. Selon sa présidente, un élargissement de ces formations permettrait de toucher davantage de femmes entrepreneures à l’échelle nationale, avec l’appui de la Minusca.

 

Par Jean Materne Zambo 

Et si nos forêts ancêstrales hébergeaient aussi nos données?

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – La forêt africaine, entre mémoire du monde et avenir numérique à l’heure de l’Intelligence Artificielle

Depuis des millénaires, nos ancêtres vivent avec la forêt. Ils y ont trouvé de quoi se nourrir, se soigner, se protéger, penser et dire le monde, bien au délà de l’actuelle « pensée scientifique ». La forêt n’était pas seulement un espace naturel. Elle était une mémoire vivante, un lieu de transmission, de régulation et d’équilibre.

Aujourd’hui, cette même forêt joue un rôle vital pour toute l’humanité : elle capte le CO₂, freine le dérèglement climatique et protège la biodiversité. Mais une question nouvelle émerge, à la croisée de l’écologie et du numérique :

Et si la forêt africaine pouvait aussi accueillir nos données ?

La forêt, poumon du monde… et socle d’avenir

La Forêt du Bassin du Congo absorbe chaque année des quantités colossales de carbone, contribuant à stabiliser le climat mondial. Pourtant, sa valeur est encore trop souvent réduite à une fonction passive : absorber, compenser, protéger , subissant ainsi les conséquences du développement mondial, Je proposerais aux Chefs d’Etats des pays du Bassin du Congo que cette forêt devienne aussi une actrice centrale du monde numérique et de l’intélligence

Artificielle :

Le monde numérique a un problème… éco-écologique

Chaque photo stockée, chaque vidéo regardée, chaque message envoyé repose sur des data centers — ces immenses infrastructures de stockage des données, qui consomment énormément d’énergie, d’argent, et produisent beaucoup de chaleur. Résultat : le monde digital, souvent perçu comme immatériel, est en réalité très polluant.

Nos ancêtres savaient une chose essentielle : la sève des arbres n’est pas un stock, c’est un flux vital. Elle ne s’accumule pas inutilement, elle circule, nourrit, s’adapte, puis disparaît là où elle n’est plus utile. Le numérique, lui, fait exactement l’inverse : Il accumule sans fin : images oubliées, vidéos jamais revues, données stockées « au cas où ». Cette accumulation a un coût invisible mais bien réel : énergie gaspillée, chaleur produite, climat fragilisé.

Une idée simple, mais puissante

La forêt africaine ne peut évidemment pas “stocker” des données comme elle stocke le carbone.

Mais elle peut rendre possible un autre modèle dans les territoires et pays forestiers : les températures sont plus stables, l’humidité et l’environnement naturel facilitent le refroidissement passif, les ressources locales permettent de produire de l’énergie propre (hydroélectricité, solaire, biomasse maîtrisée). Autrement dit, la forêt offre ce que le numérique cherche désespérément : de l’énergie propre et du refroidissement naturel.

Héberger des données pour protéger la forêt

Imaginez des centres de données conçus non pas contre la nature, mais avec elle. Des infrastructures sobres alimentées par des énergies renouvelables locales, intégrées dans des territoires protégés et dont une partie des revenus financerait directement : la préservation forestière, les communautés locales, les services essentiels (éducation, santé, connectivité).

Chaque donnée hébergée contribuerait alors à maintenir la forêt debout. Ce ne serait plus :

“On détruit pour se développer” Mais “On héberge pour préserver.”

Une révolution économique africaine

Un tel modèle, que nous nommons « LIBAG », changerait profondément la place de l’Afrique dans le monde. L’Afrique ne serait plus seulement : un réservoir de ressources naturelles,un territoire à protéger par les autres, ou encore un espace périphérique du numérique mondial.

Elle deviendrait : un acteur central du numérique durable, un fournisseur de services de données à faible impact carbone, un pôle d’emplois qualifiés pour sa jeunesse. La forêt ne serait plus un frein au développement, elle en deviendrait le socle.

Une question de souveraineté et de mémoire

Ce projet LIBAG ne peut réussir que s’il respecte une condition fondamentale : les données, comme la forêt, doivent rester sous contrôle local : hébergement des données en Afrique, leur valeur doit bénéficier aux territoires et la technologie doit servir les populations, pas les déposséder.

Nos ancêtres comme boussole

En réalité, le modèle LIBAG n’est pas une rupture. C’est un retour à une sagesse ancienne, appliquée à un monde nouveau. Nos ancêtres ont protégé la forêt sans serveurs, sans algorithmes, sans climatiseurs. Ils savaient que l’équilibre est une richesse. Aujourd’hui, il revient aux décideurs de ces pays africains d’orchestrer la réalisation des projets LIBAG afin de traduire cette sagesse dans le langage du XXIᵉ siècle : celui de l’Intelligence Artificielle.

Via Digital Business Africa, mon équipe de sept experts africains se tient à la disposition des Etats pour initier des PSLG (Partenariats Stratégiques Libag Global), de l’étude de faisabilité, à mise en oeuvre et la recherche/levée de fonds.

Si nos ancêtres ont protégé la forêt, à nous maintenant de la faire entrer dans l’avenir.

Par Pierre Ndjop POM

Conseil en stratégie et Transformation Numérique

Frais de douane sur les téléphones au Cameroun : la taxe n’est qu’un détail, le vrai danger est ailleurs

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Le ministre camerounais des Finances Louis-Paul MOTAZE vient de trancher : à partir du 1er avril 2026, le dédouanement numérique des terminaux via CAMCIS devient strictement obligatoire. Sur la toile, la panique s’installe et tout le monde tourne en boucle sur la vie chère.

Mais en tant qu’ingénieur et expert en cybersécurité, ce n’est pas le montant de cette taxe qui m’empêche de dormir. C’est le braquage silencieux de nos données.

 Pour que l’État et les opérateurs (MTN, Orange, Camtel) puissent bloquer un appareil avec cette précision chirurgicale, il faut croiser trois éléments critiques :

– Votre IMEI (l’empreinte digitale unique et physique de votre téléphone).

– Votre numéro de téléphone (qui est légalement lié à votre CNI).

– Vos données de paiement (via Mobile Money pour le dédouanement).

Soyons clairs : nous assistons en direct à la création de la plus grande base de données de traçabilité et de profilage jamais déployée au Cameroun.

Avant d’applaudir la digitalisation des recettes de l’État, posons les vraies questions qui fâchent :

1. Qui héberge cette bombe à retardement ? La plateforme MPIE et la base CAMCIS tournent-elles sur des serveurs 100% souverains situés sur le territoire national, ou nos données sont-elles sous-traitées dans des data centers étrangers ?

2. Quel est le niveau de blindage ? Si cette base centralisée subit une brèche ou une attaque ransomware, les hackers auront la cartographie exacte des équipements, des numéros et des identités de millions de Camerounais. C’est une menace directe pour la sécurité nationale.

3. Où est la transparence ? Imposer une collecte massive sans un audit de sécurité public et sans garanties légales sur l’utilisation de ces datas (en dehors du douanier) est une faute stratégique.

L’État a totalement raison d’imposer la dématérialisation et de capter les flux numériques. C’est le sens de l’histoire, et c’est exactement le type d’infrastructure que nous bâtissons au quotidien avec nos solutions cloud et fintech.

Mais la transformation numérique d’une nation forte ne s’improvise pas avec des plateformes opaques. L’innovation technologique doit protéger le citoyen, pas seulement le traquer et le taxer.

Il est temps de passer d’une logique de simple guichetier à une véritable vision de souveraineté numérique.

Par Narcisse Emmanuel FOKOU

CEO de Ma’a Suh LLC | Expert Cybersécurité & Ingénierie Cloud et promoteur de Media

Protection des données personnelles et douane 2.0 sur les terminaux mobiles au Cameroun : quid de vos données d’identité et bancaires  

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Depuis le 1er avril 2026, le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux mobiles, applicable au Cameroun est désormais effectif. A titre de rappel, c’est l’article 7 de la Loi de Finances de 2019 qui a consacré ledit mécanisme, mettant en interactions l’Etat à travers les services de douanes, les commerçants importateurs, les opérateurs de téléphonie mobile, les banques et opérateurs de services de paiement, les utilisateurs et détenteurs de terminaux mobiles.

Le mécanisme est déclenché dès la toute première connexion au réseau de l’un des opérateurs de téléphonie mobile. Or, il n’y a pas de connexion sans puce de numéro de téléphone attribué par l’opérateur à l’utilisateur, et il n’y a pas d’activation du module d’identité d’abonné sans identification personnelle de l’utilisateur, laquelle identification se fait au moyen de la collecte et du traitement des données personnelles de ce dernier, contenues dans tout document indiqué à cet effet : la protection des données personnelles constitue donc l’une des problématiques centrales de ce mécanisme de collecte électronique des droits et taxes.

Lorsqu’il avait été institué en 2019, ce mécanisme était sous l’empire du  décret n°2015/3759/PM du 3 septembre 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés et des équipements terminaux des réseaux de communications électroniques, tandis qu’à date, moment de son application effective, la primauté revient à la Loi n°2024/017 du 23 décembre 2024 relative à la protection des données à caractère personnel au Cameroun, mais pas que. C’est donc un mille feuilles de législations et réglementations, dont le point commun est le triptyque universel : confidentialité, intégrité et disponibilité des données personnelles.

Quoi qu’il en soit, dans un contexte de dématérialisation des procédures douanières, comment l’implémentation du mécanisme de collecte électronique des taxes sur les terminaux mobiles concilie-t-elle l’impératif de souveraineté fiscale de l’État avec les nouvelles exigences de protection des données personnelles consacrées par la loi y relative ainsi que d’autres instruments ? En d’autres termes, le passage d’une simple identification administrative à un régime de protection juridique strict garantit-il une sécurité réelle pour l’utilisateur détenteur du terminal, ou la collecte automatisée présente-t-elle des risques patents de dérive ?

L’analyse de cette problématique va porter sur trois axes principaux : le mécanisme de collecte originelle des données, le renforcement théorique de la protection des usagers et, les défis persistants et les risques de dérive.

I.   MECANISME DE COLLECTE FONDE SUR L’INTERCONNEXION DES DONNEES

Contrairement au régime de 2019 qui s’appuyait sur un texte réglementaire, le mécanisme actuel s’inscrit dans un cadre législatif protecteur de rang supérieur, renforçant de la sorte les obligations des acteurs et les droits conférés aux personnes concernées.

A.     Le déclenchement du traitement par l’identification de l’abonné : collecte originelle des données personnelles

Les opérations de traitement des données personnelles[1] sont déclenchées par l’identification de l’abonné, à travers la collecte de ses données personnelles au moment de l’acquisition de sa ligne téléphonique, et qui se poursuivent avec les autres activités notamment, les transfert, l’interconnexion, le contrôle du régulateur des communications électroniques, le stockage et la conservation.

1.       Le rôle central du binôme SIM/IMEI

La SIM et l’IMEI, respectivement la puce et le terminal, sont les outils centraux de ce traitement, sur le fondement du décret fixant les modalités d’identification des abonnés[2], les opérateurs de téléphonie mobile sont tenus d’identifier leurs abonnés, ainsi que les équipements terminaux de la souscription à tout service de communications électroniques

a.      Les supports de données personnelles du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles 

Les supports contenant des données personnelles relatifs aux mécanismes de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles sont, pour les personnes physiques, les suivants : la Carte Nationale d’Identité, le titre de séjour, l’attestation de conformité fiscale, l’acte de naissance, le relevé d’identification bancaire, plan de situation de la résidence ou domicile habituel, l’adresse d’une part, et pour les personnes morales, l’attestation de soumission à l’organisme en charge de la sécurité sociale, en plus des supports exigés aux personnes physiques, le cas échéant, d’autre part.

b.      Les contenus de données personnelles du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles 

Les données personnelles traitées dans la cadre de la collecte électronique des droits et taxes sont notamment le nom, le prénom, le Numéro d’Identification Unique (NIU), la localisation géographique, le numéro de compte bancaire, le numéro fiscal et le numéro de sécurité sociale.

2.       Les interactions entre les acteurs : un mille feuilles de législations et de réglementations

Les interactions des acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles font apparaître deux principales catégories d’opérations et donc d’instruments de traitements : les instruments de traitement techniques et les instruments de traitement des paiements

a.      Les instruments juridiques de traitement techniques   

Premièrement, il y a la loi relative à la cybersécurité et la cybercriminalité[3], qui règle la question de la sécurité des données personnelles dans l’espace du numérique, en protégeant l’intégrité, la confidentialité et la disponibilité desdites données, conformément au respect de la vie privée.

Deuxièmement, il y a la loi n°2015/006 du 20 avril 2015 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun, laquelle est le fondement du décret fixant les modalités d’identification des abonnés

Troisièmement, il y a la loi relative aux archives[4], dont l’utilité est très pertinente dans le cadre du stockage et la conservation des données, y compris les données électroniques, publiques et privées, dans la mesure où la conservation des données personnelles relève de l’une ou plusieurs de ces catégories.

Quatrièmement, il y a la loi de finances 2024, notamment en ce qui concerne l’Attestation de conformité fiscale[5] exigée aux importateurs de terminaux mobiles.

Cinquièmement, les lois sur l’état civil[6]  et les dispositions concernant la délivrance de l’Attestation de Conformité Sociale[7].

b.      Les instruments juridiques de traitement des paiements 

Pour ce qui est des instruments juridiques de traitement des données personnelles de paiement, l’on peut citer le Règlement de la CEMAC[8], qui prescrit l’identification du consommateur sur la base d’un document officiel présenté par ce dernier. Ledit instrument prescrit la collecte, l’enregistrement, le traitement, le stockage et le partage des données personnelles des consommateurs. Il interdit aux établissements assujettis de collecter, conserver, traiter ou diffuser les données sensibles des consommateurs. Enfin, les mêmes assujettis doivent observer une obligation d’intégrité, de confidentialité et de disponibilité des informations couvertes par le secret bancaire.

En second lieu, la loi sur le secret bancaire[9], qui permet la collecte d’informations bancaires nominatives, lesquelles sont des données personnelles. Ledit secret bancaire induit une obligation de confidentialité pour les informations concernant les clients. Enfin, ledit secret bancaire est non opposable aux services de douane.

B.     Le renforcement du cadre légal : l’avenue de la loi de 2024

Le cadre préexistant aux lois de 2024 notamment celle relative à la protection des données personnelles, et celle relative aux archives, peut être qualifié d’anorexique et a minima, au regard de son caractère éparse et peu profond. Ce que n’est pas le double nouveau régime actuel qui apporte un nouveau paradigme pour le traitement des données personnelles.

1.       L’insuffisance du cadre préexistant : une protection anorexique et incomplète des données personnelles  

Le cadre préexistant de protection des données personnelles est incomplet pour assurer efficacement le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

a.      L’incomplétude du cadre préexistant de protection des données personnelles

Le cadre préexistant de protection des données personnelles brille par son incomplétude et son caractère anorexique. Seules certaines règles sont mentionnées et effleurées comme l’obligation de confidentialité, d’intégrité et de disponibilité, la finalité, la durée de conservation, le droit d’accès et de rectification, etc. En revanche, la qualification des acteurs, conformément au système de la protection des données personnelles, n’existe pas, comme bien d’autres éléments et critères. En définitive, le cadre préexistant manque d’âme et de substance.

b.      La multitude de régulateurs

Le cadre préexistant de protection des données personnelles met en présence une multitude de régulateurs. Ainsi, peuvent être mis en concurrence l’Agence d’Investigation Financière, la Commission, la Commission Bancaire, l’Agence de Régulation des Télécommunications, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication, les Archives Nationales, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, le Bureau National de l’État Civil, etc.

2.       L’apport du nouveau régime : un nouveau paradigme pour le traitement des données 

La loi de 2024 relative à la protection des données personnelles est de type omnibus[10] dans le jargon des systèmes de protection des données personnelles car elles incluent toutes les catégories de données et de traitements en principe, y compris celles regardant toutes les opérations effectuées dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

a.      La clarification des principes, obligations, droits de l’utilisateur des terminaux

La loi de 2024 relative à la protection des données personnelles apporte la clarification pour ce qui concerne les bases légales, le respect d’une obligation légale à laquelle le responsable du traitement est soumis[11], et les principes du traitement des données personnelles. De même, la qualification par les interactions et les rôles des acteurs des traitements de données sont déterminées clairement. En outre, leurs obligations sont détaillées et distribuées de façon précise, de sorte que même dans des situations de fait, il est possible de déterminer la qualification de chacun des acteurs au regard de la nature et de l’impact de ses actes dans le processus de traitement des données personnelles. Enfin, un ensemble de droits sont conférés à la personne concernée, qui est en même temps utilisatrice des terminaux mobiles et redevable légal d’exception ou accessoire auprès des services douaniers.

b.      L’unification de la régulation : l’Autorité de protection des données comme chef de file 

Le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, met en présence de nombreuses institutions régulatrices. Or, avec la loi relative à la protection des données personnelles et son caractère omnibus, l’Autorité de protection des données à caractère personnel endosse le statut de régulateur unique ou, du moins le statut de régulateur chef de file.

L’hypothèse de l’Autorité de protection des données personnelles comme régulateur unique : le cas de l’absence de plusieurs de régulateurs

L’Autorité de protection des données à caractère personnel peut être le régulateur unique des traitements des données personnelles. A ce titre, les autres régulateurs sectoriels s’effacent devant elle, y compris dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles. Ce cas est difficilement applicable au cas du Cameroun à cause de certaines exclusions contenues dans la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles, et des sanctions spécifiques en vigueur dans les différents instruments juridiques en présence.

L’hypothèse de l’Autorité de protection des données personnelles comme régulateur chef de file : le cas de la présence de plusieurs régulateurs

L’Autorité de protection des données à caractère personnel peut être, à tout le moins, le chef de file des autres régulateurs c’est-à-dire l’autorité nationale de protection des données qui devient l’interlocuteur unique pour les acteurs intervenant dans la collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles. Une telle approche est particulièrement pertinente lorsqu’on est en présence de régulateurs qui ont des prérogatives exclusives.

C’est dans ce sens que l’on devrait prendre en compte les exclusions indiquées dans la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles[12]. Autrement dit, l’attribution exclusive des prérogatives au profit d’institutions autres que l’Autorité de protection des données à caractère personnel, ou l’exclusion explicite de certaines prérogatives de l’empire de ladite Autorité de protection, devrait donner lieu, non pas à un passage en force de cette dernière mais une coopération intelligente et consensuelle avec les autres régulateurs.

Par exemple, l’article 3 de la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles exclut de son empire des copies temporaires de données personnelles faites dans le cadre des activités techniques de transmission et de fourniture d’accès utilisant un réseau de communication en vue du stockage intermédiaire et transitoire desdites données, une telle exclusion de la loi relative à la protection des données personnelles semble implicitement et exclusivement attribuer la compétence de régulation à l’Agence de Régulation des Télécommunications et/ou aux Archives Nationales en raison des questions de stockage des données personnelles. Il en est de même de l’exclusion des traitements aux seules fins littéraires ou artistiques, archivistiques dans l’intérêt public, de recherche scientifique ou historique, statistique ou de journalisme, dont le champ de compétence touche à la fois les Archives Nationales et le Conseil National de la Communication, régulateurs desdits domaines. Enfin, il y a les articles 4 et 5 de ladite loi de protection des données personnelles qui lui enlèvent la compétence sur les traitements de données effectuées par les autorités compétentes en matière de sécurité et de défense, de santé, de justice et d’état civil, et qui, de manière implicite, désignent un ou plusieurs autres régulateurs possibles, à l’instar du Bureau National de l’Etat civil pour le cas l’état civil par exemple.

II.     CERTITUDES : UN RENFORCEMENT THEORIQUE DE LA PROTECTION DES ACTEURS DU DISPOSITIF DE COLLECTE ELECTRONIQUE DES DROITS ET TAXES

La loi relative à la protection des données personnelles apporte un certain nombre de garanties aux acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, en ce qui concerne notamment la qualification, les obligations et les responsabilités nouvelles pesant sur les acteurs dudit mécanisme.

A.     La qualification et les obligations nouvelles pesant sur les acteurs du mécanisme de collecte électronique des taxes et droits de douane

Pour établir la qualification et les obligations nouvelles pesant sur les acteurs du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, le fondement est désormais la loi de 2024, induisant dès lors automatiquement les obligations et les droits qui vont avec.

1.       La qualification des acteurs : responsables de traitement, sous-traitants et personnes concernées[13]

Au regard de la protection des données personnelles, les acteurs sont le responsable de traitement, les sous-traitants et les personnes concernées. Leur qualification repose tantôt sur les dispositions juridiques, tantôt sur leurs interactions factuelles.

a.      La distribution de jure des qualifications des intervenants : cas de détermination des rôles dans des instruments juridiques

Les intervenants dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, sont les suivants : les services douaniers et éventuellement leur(s) délégataire(s), le redevable soit l’importateur soit l’utilisateur du terminal mobile, les banques et services de paiement, et les opérateurs de téléphonie mobile. Cette sémantique est différente dans la protection des données personnelles.

La distribution des rôles dans le mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles

Dans le cadre du dispositif de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, les rôles sont distribués. Premièrement, le service de douane détermine les modalités et les interactions entre les acteurs au regard des bases de données dont chacun de ces acteurs devrait disposer. Ce rôle peut aussi être joué par le délégataire du service de douane, le cas échéant. Deuxièmement, l’importateur, redevable légal de principe ou principal transmet les données en sa possession, données techniques de l’IMEI de l’appareil et ses données personnelles contenues, entre autres, dans son Attestation de conformité fiscale et l’Attestation de soumission de la CNPS. L’utilisateur, détenteur ou propriétaire du terminal mobile est le redevable légal d’exception ou accessoire. Le service de paiement est chargé d’organiser le paiement des droits et taxes de douane exigibles, en traitant les données personnelles à la fois du redevable principal et du redevable accessoire : mobile money, monnaie électronique, cartes bancaires, virement bancaire, etc. Les opérateurs de téléphonie ont pour rôle de bloquer et débloquer les téléphones en cas de non-paiement des droits et taxes de douane.

La distribution des rôles au titre de la protection des données personnelles

Dans le cadre de la protection des données personnelles, la distribution des rôles et des statuts met en exergue trois rôles : responsable de traitement, sous-traitant et personne concernée.

Au sens du système de la protection des données personnelles, le responsable du traitement ou le responsable conjoint du traitement, est la personne physique ou morale qui, soit seule soit conjointement, collecte et traite des données personnelles et en détermine les moyens et les finalités. Le sous-traitant est toute personne physique ou morale qui traite des données à caractère personnel pour le compte du responsable du traitement ou le responsable conjoint du traitement, et sous ses instructions. La personne concernée est toute personne dont les données à caractère personnel font l’objet d’un traitement.

b.      Les techniques de qualification in concreto des acteurs du traitement : cas de non-détermination de la qualité dans les instruments juridiques

Au regard de sa nature omnibus, la loi relative à la protection des données personnelles garde un caractère général et se garde d’empiéter les espaces sectoriels de traitements de données personnelles. Il en résulte une certaine difficulté à qualifier d’emblée les acteurs, en cas de silence des textes sectoriels et d’absence d’instrument contractuel : comme c’est le cas avec le mécanisme de collecte électronique. La solution réside dans les techniques de qualification de facto des acteurs notamment la qualification juridictionnelle et la qualification indicielle.

La technique de qualification juridictionnelle des acteurs du traitement

La qualification du responsable du traitement. Sur le plan juridictionnel, est qualifiée responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui : soit procède aux traitements à des fins personnelles, en créant d’autres services, sans aucune instruction en ce sens, ou sans que la personne qui donne l’instruction en ait connaissance ; soit détermine de manière indépendante les finalités et les moyens du traitement nécessaires pour fournir le service ; soit reçoit des demandes d’exercice de droit, communique aux moteurs de recherche, ou prend des mesures techniques et organisationnelles appropriées pour informer le redevable ou l’opérateur de téléphonie de qui il a obtenu les données personnelles considérées.

La qualification du responsable conjoint du traitement. La qualité de responsable conjoint du traitement est reconnue de facto lorsque le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie : soit prend des décisions communes au regard des finalités et des moyens du traitement de manière générale, de manière particulière, et rédige des documents clés tels qu’une directive relative à la gestion des données personnelles ; soit réalise des formations auprès du personnel ; soit signe des contrats avec plusieurs entités tierces fournissant des outils essentiels au fonctionnement du service ; soit gère des conséquences de la violation de données personnelles ; soit prend des décisions convergentes, complémentaires et nécessaires ayant un impact significatif sur la détermination des finalités et des moyens du traitement, administre à des degrés divers un dispositif de traitement de données à caractère personnel avec des responsabilités non équivalentes, ou procède à des opérations de cloud computing.

La technique indicielle de qualification des acteurs du traitement

La qualification indicielle du responsable du traitement. L’on peut recourir à plusieurs indices pour identifier le responsable et le responsable conjoint du traitement. Sur la base de l’indice de la transparence, le responsable du traitement est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui se présente sous son propre nom. Sur la base de l’indice du niveau d’instruction, le responsable du traitement est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui a le droit de donner des directives et instructions générales, en laissant expressément une grande autonomie à l’autre partie. Sur la base de l’indice du niveau de contrôle, est qualifié de responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui ne s’intéresse pas à la façon dont le prestataire réalise ses prestations et laisse ce dernier libre d’utiliser les données comme bon lui semble. Enfin, sur la base de l’indice de l’expertise, est responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui impose et ne peut modifier les outils car, le client n’a pas de compétences ou l’outil ne fait pas l’objet d’un développement spécifique.

La qualification du sous-traitant sur la base d’indices

Sur le plan factuel, le sous-traitant est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui n’a pas de pouvoir de décision ou qui ne décide que des aspects pratiques de la mise en œuvre du traitement à l’instar du choix du matériel ou du logiciel, du choix des mesures de sécurité concrètes, etc.

Sous les indices respectivement de la transparence, du niveau d’instruction, du niveau de contrôle et de liberté, ainsi que de l’expertise, est qualifié de sous-traitant, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui se présente sous le nom de son partenaire, travaille sous des instructions et directives très précises, est audité et rend régulièrement des comptes, et utilise l’infrastructure technique de l’autre pour réaliser sa prestation.

En dehors d’une telle posture, ou en s’affranchissant des règles et des prérogatives déterminées, sous le prisme d’un instrument contractuel, le sous-traitant devient responsable du traitement de fait.

Eu égard à ce qui précède, les obligations des acteurs découlent de leurs qualifications, que ces dernières soient de jure ou de facto.

2.       Les obligations des acteurs intervenant dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles

Au titre de la protection des données personnelles, les obligations du délégataire, de la banque ou le service de paiement, de l’opérateur de téléphonie, intervenant dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, sont celles découlant de la codification établie dans la loi relative à la protection des données personnelles, en combinaison avec les instruments juridiques connexes.

a.      Le respect des principes de traitement des données personnelles collectées et traitées

La loi relative à la protection des données personnelles pose un certain nombre de principes qui ne pourraient être ignorés dans les opérations relatives au nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

Le principe du respect de la vie privée. Le respect de la vie privée est le principe maître du traitement. Il est dépositaire de l’esprit, de l’objet, de l’objectif et de la raison d’être d’une législation de protection des données personnelles.

Le respect de la dignité de l’être humain et des libertés humaines. Le principe de respect de la dignité de l’être humain et des libertés humaines de la dignité humaine, couvre le respect de la dignité et de l’identité humaines, le respect des libertés individuelles et collectives, et le respect des droits humains.

Le principe de non-discrimination. Le principe de non-discrimination prescrit à tout acteur du traitement de ne pas tenir compte de la classe sociale, de l’origine ethnique ou régionale, de l’appartenance syndicale, de l’opinion politique ou de la conviction religieuse de la personne concernée.

Le principe de licéité. Le principe de licéité du traitement signifie qu’un traitement ne peut être mis en œuvre que s’il est fondé sur l’une des bases légales retenues à cet effet. Il est question, d’exigence de licéité et de probité, d’une part, et d’exigence de licéité, de loyauté et d’absence de fraude, d’autre part : ces notions recouvrent la même réalité.

Le principe de finalité. La finalité déterminée est le principe qui gouverne le cycle de vie opérationnelle de la donnée personnelle. En exigeant que les données personnelles soient traitées pour une finalité précisément définie, légitime, explicite, et compatible, le législateur pose les fondements de la gestion et de la conservation des données personnelles. Les finalités ultérieures compatibles peuvent être de principe, faisceau d’indices, consensuelles et/ou impératives.

Le principe d’exactitude. Le principe d’exactitude exige des données personnelles d’être exactes, mises à jour, pour respecter les finalités préalablement déterminées. Cela induit la possibilité offerte à la personne concernée de compléter, fiabiliser, tenir à jour, corriger ou demander l’effacement de ses données incomplètes ou inexactes, le cas échéant.

Le principe de transparence. Le principe de transparence est intimement lié aux exigences d’information et de clarté. Il en ressort que les personnes concernées doivent être informées de toutes les modalités entourant le traitement de leurs données personnelles.

Le principe de sécurité. Le principe de sécurité recouvre la garantie de la confidentialité, la confidentialité et la protection, ainsi que les garanties suffisantes et le respect des mesures de sécurité, l’existence et l’effectivité du principe de sécurité sont les véritables protectrices de la vie privée et des données personnelles.

Le principe de minimisation. Le principe de minimisation commande que seules les données strictement nécessaires pour atteindre la finalité, peuvent être collectées et traitées. Ce principe appelle l’adéquacité, la pertinence et la limitation des données et des traitements avec la finalité.

Le principe de conservation. Pour le principe de conservation, les données personnelles doivent être conservées jusqu’à l’atteinte de la finalité pour laquelle elles ont été collectées et sont traitées. Le principe de conservation crée une extension vers la législation relative aux archives.

Le principe de respect des droits de la personne concernée. Premièrement, le principe de respect des droits des personnes concernées énonce que les personnes concernées ont des droits. Deuxièmement, ce principe garantit aux personnes concernées la maîtrise desdits droits. Troisièmement, ledit principe permet aux personnes concernées d’exercer leurs droits.

b.      Le respect des obligations et des droits : la gestion des droits des personnes concernées

Le respect obligations des acteurs et des droits des personnes concernées englobe la gestion des droits des personnes concernées.

L’étendue des personnes concernées

Dans le présent cas, les personnes concernées sont les redevables, dont les données personnelles sont collectées et traitées.

La nomenclature des droits conférés aux personnes concernées

De nombreux droits sont conférés aux redevables dans le cadre des opérations de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

Le droit d’information et communication au redevable. Il y a le droit à l’information soit donnée unilatéralement soit demandée par le redevable. Le débiteur de cette obligation est, le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie mobile. Ce droit devrait être respecté soit au moment où les données sont collectées soit au moment où une autorisation est requise pour un traitement. Les informations à communiquer au redevable sont les suivantes : l’identité du représentant du service de douane et/ou de son délégataire, de la banque ou du service de paiement, de l’opérateur de téléphonie mobile, la base légale du traitement, la finalité du traitement, les catégories de données considérées, les destinataires auxquels les données sont susceptibles d’être communiquées, la possibilité de refuser le fichier en cause, l’existence d’un droit, et la durée de conservation des données.

Le droit d’accès aux données par la personne concernée. L’exercice du droit d’accès permet au redevable de savoir l’effectivité et les modalités de traitement de ses données personnelles. L’exercice dudit droit conduit aussi à l’obtention de la communication desdites données dans un format compréhensible.

Le droit d’opposition au traitement. Le redevable a le droit de s’opposer à tout moment, pour des raisons tenant à sa situation particulière, à un traitement de ses données personnelles.

Le droit de ne pas faire l’objet d’une décision individuelle automatisée, y compris le profilage. Le profilage consiste à utiliser les données à caractère personnel du redevable, en vue d’analyser et de prédire son comportement.

Le droit d’introduire une réclamation auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel. Le droit d’introduire une réclamation auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel, est normalement ouvert lorsque le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie mobile, en sa qualité de responsable du traitement, n’a pas pris en compte les observations faites par le redevable dans le cadre de l’exercice de ses droits, ou lorsque la prise en compte de l’exercice des droits du redevable n’a pas respecté les juridiques et techniques prescrites.

Le droit d’exercer ses droits. Tout redevable, dont les données ont été violées, a le droit d’exercer ses droits, soit en estant elle-même soit en se faisant représenter en justice. Dans le cadre de la facilitation de l’exercice des droits du redevable, il y a la possibilité d’engager des poursuites juridictionnelles, sur plainte d’un tiers, sur plainte de la victime, sur plainte du représentant légal de la victime. Il y a aussi la possibilité d’engager des poursuites, sur la base d’une plainte d’une association, avec possibilité de représenter la victime.

Le droit de rectification. Le droit de rectification permet de corriger les données personnelles inexactes et de compléter celles qui sont incomplètes. Il est de pratique que la rectification soit faite dans les meilleurs délais. Le droit de rectification participe au respect du principe d’exactitude et de qualité des données personnelles, lequel principe s’impose au service de douane et/ou son délégataire, à la banque ou le service de paiement, à l’opérateur de téléphonie mobile, lorsqu’il est responsable du traitement.

Le droit à l’effacement des données ou à l’oubli numérique. Le droit à l’effacement des données personnelles ou le droit à l’oubli numérique, est exécuté dans les cas ci-après : les données ne sont plus nécessaires au regard des finalités de leur collecte, le redevable retire son consentement au traitement de ses données personnelles, le redevable s’oppose au traitement, le traitement est illicite, ou alors les données personnelles doivent être effacées pour respecter une obligation légale.

Le droit à la détermination des directives de traitement post mortem. Tout redevable peut définir les directives de traitement post-mortem de ses données personnelles. Il s’agit de cesser le traitement dès la constatation du décès. Lesdites directives déterminent la manière dont le redevable voudrait que soient exercés, après son décès, les droits dont il est titulaire concernant ses données personnelles.

Le droit à la limitation du traitement. Le droit à la limitation du traitement est une alternative à la demande de suppression des données personnelles. Ce droit est utilisé lorsque le redevable conteste l’exactitude de ses données personnelles, la façon dont ses données personnelles sont traitées, et qu’il souhaite que lesdites données soient supprimées.

Le droit à la portabilité. Les objectifs du droit à la portabilité des données personnelles sont les suivants : permettre au redevable de gérer ses données personnelles ; faciliter la libre circulation des données personnelles ; récupérer les données personnelles fournies au service de douane et/ou son délégataire, à la banque ou au service de paiement, à l’opérateur de téléphonie mobile ; transmettre les données personnelles à un nouveau délégataire, banque ou service de paiement, opérateur de téléphonie mobile.

B.     La responsabilité des acteurs : déterminants, critères et garants de l’effectivité des recours et sanctions en cas de violation des données personnelles

Le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles présente toutes les caractéristiques d’une automatisation complexe des traitements. Les déterminants, la distribution, les critères et les garants de la responsabilité des acteurs reposent à la fois sur leurs qualifications de facto et de jure et leurs interactions opérationnelles.

1.       Les déterminants et les critères de distribution de la responsabilité des acteurs

Les déterminants de la responsabilité des acteurs concernent la révélation de leur qualification, tandis que les critères de distribution de la responsabilité des acteurs concernent le terrain et le degré d’implication de ces derniers.

a.      Les déterminants de la responsabilité des acteurs : la qualification prima facie 

La qualification des acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, va dépendre de la combinaison et du rapprochement de leurs actions et interactions, sur la base des définitions établies par la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles.

Les probables responsables du traitement. Au regard des positions et des interactions, et de la nécessité pour de déterminer les moyens et les finalités des traitements, le service de douanes et son délégataire, le cas échéant, devront assumer le statut soit de responsables du traitement soit de responsables conjoints du traitement.

Les probables sous-traitants. Au rang de sous-traitants, il est fort probable que le délégataire du service de douane, dans le cas où il ne détermine ni les moyens ni les finalités du traitement, ainsi que l’importateur, la banque ou le service de paiement, et l’opérateur de téléphonie ne gardent que la qualité de sous-traitant. Parce que leur intervention se fera pour le compte et sous les instructions du service de douane et/ou son délégataire.

Les personnes concernées. Le redevable a la qualité de la personne concernée.

b.      Les critères de distribution de la responsabilité : la qualification ultima facie  

La qualification ultima facie va dépendre du terrain de l’implication et du degré d’implication des acteurs, lesquels correspondent aux qualifications in concreto.

L’acquisition finale de la qualité de responsable du traitement. Dans le cas où le délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie, originellement sous-traitant, déborde de son champ d’action et de ses prérogatives normales, y compris dans le cas où il est dépositaire de la solution logicielle, sa responsabilité ne pourra plus se limiter à la sous-traitance et va basculer à la responsabilité du traitement.

L’acquisition de la qualité de sous-traitant. Le service de douane, le délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie mobile dont les prérogatives sont récupérées et exercées par l’un quelconque des acteurs pourrait logiquement être qualifié de sous-traitant.

La responsabilité in solidum. Il n’est pas possible, de prime abord, d’évoquer le déséquilibre dans les missions et les prérogatives partagées par le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie mobile. Néanmoins, il y a le principe la responsabilité in solidum.

2.       Les garants de la responsabilité des acteurs : régulateurs et juridictions 

Les garants de la responsabilité des acteurs sont le/les régulateur(s), les juridictions étatiques et les instances alternatives de règlement de différends.

a.      Le ou les régulateur(s)

Le régulateur principal est l’Autorité de protection des données à caractère personnel, laquelle peut prononcer une ou plusieurs sanctions administratives notamment l’astreinte sur mise en demeure, la suspension de l’activité, le retrait de l’autorisation, l’interdiction d’exercer toute activité de traitement des données à caractère personnel, ainsi que l’amende administrative. Elle a été instituée dans la loi relative à la protection des données personnelles[14], bien que sa création, son organisation et son fonctionnement restent attendues.

Nonobstant, les autres régulateurs, pour autant qu’ils sont compétents, peuvent exercer leurs missions de contrôle et établir la responsabilité des acteurs, en tant que de besoin.

b.      Les juridictions administratives, civiles et pénales, et les instances

6 millions de bénéficiaires visés : Orange accélère sa stratégie africaine avec les Digital Centers

[Digital Business Africa] – En dévoilant au Maroc son nouveau plan stratégique 2026-2030, baptisé “Trust the Future”, le groupe Orange opère un repositionnement clair : faire de la confiance le socle de sa croissance dans un environnement numérique de plus en plus complexe. Au cœur de cette ambition, la région pilotée par Orange Middle East and Africa s’impose comme un levier stratégique, notamment à travers le déploiement des Orange Digital Centers (ODC).

Pour l’opérateur, la confiance ne se limite plus à la qualité des réseaux ou à la cybersécurité. Elle englobe désormais l’innovation, la responsabilité sociétale et surtout la capacité à accompagner les transformations économiques locales. En Afrique, cette approche se matérialise par une proximité renforcée avec la jeunesse, les entrepreneurs et les écosystèmes d’innovation.

Loin d’une logique expérimentale, les Orange Digital Centers constituent aujourd’hui un dispositif structuré. Le réseau compte 53 centres répartis dans 17 pays africains ainsi qu’en Jordanie, en partenariat avec 167 universités. En 2025, plus de 1,4 million de bénéficiaires ont été accompagnés, dont 42 % de femmes, tandis que 450 startups ont été soutenues, avec 24 financements assurés par Orange Ventures.

Selon Alia Sahaly, directrice des ODC et de la RSE pour OMEA, la force du modèle repose sur son intégration. Les centres combinent plusieurs briques complémentaires : École du Code, FabLab, programme d’accélération Orange Fab et fonds d’investissement Orange Ventures. Cette chaîne de valeur, de la formation à l’investissement, traduit une stratégie cohérente : créer les conditions d’une économie numérique durable en dotant les jeunes de compétences concrètes et de débouchés.

L’un des piliers majeurs des ODC reste l’employabilité. Le programme a déjà permis la délivrance de plus de 42 000 certifications en partenariat avec des acteurs de référence comme Amazon Web Services, Coursera et Google. Plus de 277 000 heures de formation ont été dispensées, couvrant des domaines clés tels que la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la data, le cloud ou encore le design UX/UI.

Des initiatives comme le programme Master Repair illustrent également une volonté de répondre aux enjeux d’insertion professionnelle et de reconversion, en formant aux métiers techniques liés à la maintenance des équipements numériques et aux énergies.

Au-delà de la formation, Orange mise sur l’entrepreneuriat comme moteur de transformation. Depuis plus de seize ans, le groupe accompagne les innovateurs à travers des initiatives comme l’Orange Summer Challenge ou le Prix Orange de l’Entrepreneuriat social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Le fonds Orange Ventures, doté de 50 millions d’euros, vient renforcer cet écosystème en finançant les startups à fort potentiel.

 

Les résultats témoignent de l’impact du dispositif : 69 % des bénéficiaires estiment avoir significativement amélioré leurs compétences, 71 % soulignent un impact positif sur leur parcours professionnel, et près de trois quarts déclarent utiliser régulièrement les acquis. Dans certains pays, la demande de formation dépasse jusqu’à 40 fois les capacités d’accueil.

À travers les Orange Digital Centers, Orange donne une traduction concrète à sa stratégie “Trust the Future”. Plus qu’un opérateur télécoms, le groupe cherche à s’imposer comme un acteur structurant de l’économie numérique africaine.

Dans une région que l’entreprise considère comme un moteur de croissance, l’ODC apparaît ainsi comme un actif stratégique à double dimension : un outil d’impact social et un accélérateur de talents, de crédibilité et, à terme, de performance économique durable.

Par Loic SOUOP

“Muse Spark” : le pari de Meta pour revenir au sommet de l’intelligence artificielle

[Digital Business Africa] – Le groupe américain Meta amorce un tournant stratégique majeur avec le lancement de « Muse Spark », son nouveau modèle d’intelligence artificielle générative. Première innovation d’envergure depuis la profonde restructuration de ses activités IA, cette technologie marque une volonté claire de rattraper son retard face aux leaders du secteur.

Conçu pour être intégré à l’ensemble de son écosystème numérique, Muse Spark alimente déjà Meta AI, avec des perspectives de déploiement dans Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. À l’instar des solutions développées par OpenAI, Google ou Anthropic, le modèle permet de générer du contenu, de répondre à des requêtes complexes et d’assister les utilisateurs dans diverses tâches numériques.

Sa principale innovation repose sur un double mode de réponse : instantané pour des interactions rapides, et réflexion pour des analyses plus approfondies. Une approche qui traduit l’ambition de Meta d’améliorer à la fois la pertinence et la qualité des échanges.

Muse Spark se distingue également par ses capacités multimodales, lui permettant de traiter du texte, des images ou encore des données contextuelles. Il intègre aussi des fonctionnalités de génération de code, facilitant la création d’applications simples sans compétences techniques avancées.

Selon plusieurs évaluations, ses performances se rapprochent désormais des standards des modèles les plus avancés du marché, bien que certaines limites subsistent, notamment sur les usages liés aux agents autonomes.

Ce lancement intervient après une réorganisation majeure pilotée par le PDG Mark Zuckerberg, marquée par un investissement massif dans Scale AI et le recrutement de son dirigeant Alexandr Wang. La création du Meta Super-intelligence Lab et le départ de figures comme Yann LeCun illustrent ce changement de cap.

Avec Muse Spark, Meta ne se contente pas de lancer un nouveau produit : l’entreprise tente de restaurer sa crédibilité technologique et de s’imposer durablement dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.

Par Loic SOUOP

GITEX Africa : la cybersécurité devient une urgence stratégique pour le continent

[Digital Business Africa] – La cybersécurité s’impose désormais comme un pilier incontournable de la transformation numérique africaine. Réunis au GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, décideurs publics, experts et acteurs du numérique ont dressé un constat sans équivoque : face à la montée en puissance des cyberattaques, les réponses nationales isolées ne suffisent plus.

Au cœur des discussions, le sommet Strategic Digital Defence AI Readiness (STAR), organisé en partenariat avec la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, a mis en lumière l’urgence de bâtir une stratégie coordonnée à l’échelle continentale. L’objectif est clair : structurer une défense collective face à une cybercriminalité en pleine expansion.

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, les pertes liées à la cybercriminalité sont estimées à près de 5 milliards de dollars par an. Les organisations du continent subissent en moyenne plus de 3 000 attaques hebdomadaires, un niveau supérieur à la moyenne mondiale.

Dans ce contexte, l’essor de l’intelligence artificielle agit comme un accélérateur de risques. Si elle offre de nouvelles capacités de défense, elle complexifie également les modes opératoires des cybercriminels, rendant les attaques plus sophistiquées et plus difficiles à détecter. Les approches traditionnelles de cybersécurité montrent ainsi leurs limites.

Pour Abdellah Boutrig, directeur général de la DGSSI, la priorité est de dépasser les cadres nationaux pour mettre en place des mécanismes de coopération efficaces entre États, institutions et secteur privé. Au-delà de la technologie, les échanges ont insisté sur la nécessité d’une vision stratégique intégrée, combinant investissements, partage d’informations et renforcement des capacités.

La question des compétences constitue également un point critique. Le continent fait face à un déficit important de professionnels qualifiés en cybersécurité, accentuant la vulnérabilité des infrastructures critiques. Les participants ont appelé à des investissements massifs dans la formation, notamment en direction des jeunes, afin de bâtir une main-d’œuvre capable de sécuriser durablement les écosystèmes numériques africains.

Autre enseignement majeur : malgré les avancées technologiques, le facteur humain demeure la principale faille. Plus de 95 % des incidents de cybersécurité seraient liés à des erreurs humaines ou à un manque de sensibilisation. Dès lors, l’éducation aux usages numériques et le développement d’une véritable culture de cybersécurité apparaissent comme des leviers essentiels.

À travers ces échanges, GITEX Africa confirme son rôle de plateforme stratégique pour penser la souveraineté numérique du continent. À Marrakech, la cybersécurité s’affirme désormais comme un enjeu structurant, à la croisée des impératifs technologiques, économiques et géopolitiques. Un chantier continental appelé à s’inscrire durablement au cœur des priorités africaines.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Le Fonds de promotion de l’Industrie digitalise « totalement » ses services

[DIGITAL Business Africa] – Cap sur la digitalisation du côté du Fonds de promotion de l’industrie. Le DG du FPI, Hervé Claude Batukonke, a lancé officiellement le mercredi 8 avril 2026 à Kinshasa, le système de gestion intégrée (ERP). La toute première à être intégrée dans le registre national des applications des systèmes d’informations de l’État. La cérémonie a connu la présence du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibasa.

Grâce à ce nouveau système, le FPI pourra piloter ses flux financiers et ses engagements en temps réel, améliorer la qualité et la rapidité du service aux entreprises et aux investisseurs, et produire des données analytiques fiables pour orienter la politique d’industrialisation du pays. L’outil ouvre également la voie à une gouvernance par la donnée, en dépassant la logique purement administrative qui caractérisait jusqu’ici la gestion de l’institution.

Le lancement FPI s’inscrit dans la vision DRC Digital Nation 2030, qui ambitionne de faire de la RDC le hub technologique de l’Afrique centrale. Il L’initiative s’inscrit aussi dans le cadre du programme gouvernemental 2024-2028, qui engage toutes les institutions publiques sur la voie de la digitalisation.

Le projet a été réalisé par la société tunisienne Système Informatique de Gestion Automatisée (SIGA), sélectionnée à l’issue d’un appel d’offres international. Le directeur général de SIGA, Ben Ali, a présenté toutes les étapes pour un traitement plus rapide des dossiers en indiquant que la digitalisation vise la standardisation, l’optimisation des processus et l’amélioration des services. Il a souligné l’importance de l’intelligence artificielle dans plusieurs opérations au sein d’une entreprise.

Le DG de la FPI Ntumba Batukonke a salué un travail professionnel abattu par l’équipe de SIGA dans la conception, le paramétrage, la migration et les tests. Selon le directeur des Systèmes d’informations du FPI et chef du projet, Stéphane Tshitende, le processus de digitalisation a connu cinq étapes majeures. Notamment l’élaboration du schéma directeur des Systèmes d’Informations, la mise à jour complète du système d’informations du FPI, la conception d’un cahier des charges, le lancement d’un appel d’offres international et l’implémentation.

Par Jean Materne Zambo

Éthiopie : Ethio Telecom lance « teleSign » pour la signature numérique et la vérification d’identité

[DIGITAL Business Africa] – Une plateforme nationale dédiée à la signature numérique et à la vérification d’identité. Ethio Telecom a frappé un grand coup dans la mise en œuvre de sa stratégie de transformation numérique quinquennale adoptée en décembre 2025. Cette stratégie préconise une couverture universelle de l’identité numérique et la numérisation des services publics dans tout le pays.

La plateforme TeleSign a été officiellement lancée ce 9 avril 2026. Elle devrait permettre aux citoyens éthiopiens de mener leurs démarches en ligne de manière sécurisée, sans avoir à se déplacer. Les utilisateurs peuvent désormais signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents et donner des procurations, le tout à distance et à tout moment.

Le ministre d’État aux Affaires étrangères, Berhanu Tsegaye, a qualifié teleSign de « solution révolutionnaire » pour rendre les services d’authentification plus accessibles et fiables. Le ministre d’État à la Justice a déclaré que la plateforme pourrait réduire les coûts de transport, créer des emplois et alléger la pression sur le système judiciaire.

La plateforme est intégrée au système de paiement Telebirr et au registre national d’identité Fayda. Des canaux où sont traitées, stockées les données en toute sécurité sur l’infrastructure cloud d’Ethio Telecom.

TeleSign exploite des technologies avancées, notamment la vérification d’identité vidéo basée sur l’IA (détection de présence), garantissant une authentification sécurisée et fiable. Autres avantages de cette plateforme : l’élimination de la bureaucratie papier, la réduction des délais de traitement à quelques minutes et la garantie de la sécurité des données grâce à un hébergement sur un cloud local et souverain.

TeleSign est développée en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Justice et le Service fédéral d’authentification et d’enregistrement des documents.

La plateforme TeleSign est liée à la stratégie plus large du gouvernement, Digital Ethiopia 2030, soulignant son potentiel pour desservir plus de 110 millions de personnes, dont 87 millions d’utilisateurs actifs de télécommunications et des centaines d’entreprises tirant parti des services cloud.

Par Jean Materne Zambo