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Pourquoi la zone CEMAC a besoin d’une presse économique forte

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Lorsqu’un investisseur international s’apprête à mobiliser plusieurs dizaines de millions d’euros dans la zone CEMAC, où trouve-t-il aujourd’hui une information économique fiable, structurée et contextualisée ? Trop souvent dans des dépêches produites hors de la sous-région. Rarement depuis Yaoundé, Douala, Libreville, N’Djamena, Brazzaville, Malabo ou Bangui.

Ce constat révèle l’une des fragilités les moins discutées de notre architecture économique : la faiblesse relative de notre presse économique et financière. Or une économie ne se développe pas seulement avec des capitaux, des routes, des banques, des matières premières ou des textes réglementaires. Elle se développe aussi avec de l’information fiable, accessible et intelligible. Une économie silencieuse, mal expliquée ou mal couverte est une économie qui avance dans le brouillard.

C’est pourquoi la CEMAC a besoin d’une presse économique forte, crédible, indépendante, pédagogique et influente.

La presse économique est une infrastructure de marché

Dans les cercles de décision, on évoque volontiers les infrastructures nécessaires à un marché financier mature : système de paiement performant, centrale des risques crédible, dépositaire central, agences de notation, cadre prudentiel solide, régulateurs efficaces. On oublie pourtant une infrastructure essentielle : la presse économique professionnelle. Elle n’est pas un accessoire de communication.

Elle est un bien public qui conditionne la profondeur du marché, l’éducation des épargnants, la qualité du dialogue entre régulateurs et opérateurs, ainsi que la résilience face à la rumeur. Dans nos économies, une fausse nouvelle sur la solvabilité d’un établissement financier peut, en quarante-huit heures, déclencher un mouvement de panique aux conséquences systémiques. Une presse économique compétente, indépendante et bien dotée devient alors une véritable infrastructure prudentielle. Elle remplace la rumeur par la donnée, l’émotion par la compréhension et la défiance par la transparence.

Un enjeu de souveraineté informationnelle et narrative

La dimension panafricaine de cette question est non négociable. Aujourd’hui, le récit financier sur l’Afrique centrale est très largement écrit par des médias internationaux ou panafricains dont les centres de gravité éditoriaux sont souvent situés hors de la zone CEMAC.

Ces médias sont respectables et utiles. Mais ils ne peuvent se substituer durablement à des rédactions enracinées dans nos réalités économiques, capables de comprendre les dynamiques locales, les contraintes réglementaires, les stratégies bancaires, les arbitrages publics, les attentes des PME et les signaux faibles du terrain.

Si les banques africaines, les régulateurs, les investisseurs institutionnels et les acteurs du marché ne soutiennent pas l’émergence d’une presse économique forte à l’intérieur de la CEMAC, nous laissons à d’autres le soin de raconter notre transformation. Ce choix a un coût stratégique : moindre attractivité des capitaux, compréhension biaisée des opportunités, marginalisation dans les arbitrages internationaux et perte de souveraineté informationnelle.

Pourquoi les acteurs financiers doivent s’engager

Les banques, les compagnies d’assurances, les établissements de microfinance, les sociétés de bourse, les fonds d’investissement, les fintechs, les institutions de régulation et les organisations professionnelles ne peuvent pas se plaindre de la faible culture économique du public tout en restant absents de l’espace médiatique.

Ils ne peuvent pas regretter la propagation de fausses perceptions sur le crédit, l’épargne, la monnaie, les frais bancaires, les marchés financiers ou la réglementation, sans contribuer activement à l’éducation économique et financière des citoyens.

S’engager auprès de la presse économique ne signifie pas acheter l’opinion. Cela ne signifie pas transformer les médias en relais promotionnels. Cela signifie accepter un dialogue exigeant avec l’espace public : expliquer les métiers financiers, vulgariser les mécanismes économiques, partager des données utiles, soutenir la formation des journalistes spécialisés et participer à des débats de fond.

La finance vit de confiance. Or la confiance ne naît pas du silence. Elle naît de la clarté, de la pédagogie, de la cohérence et de la redevabilité. Une population mieux informée devient une clientèle plus responsable, des entrepreneurs mieux éclairés deviennent de meilleurs partenaires, des décideurs mieux interpellés prennent de meilleures décisions.

Les trois risques à éviter dans le soutien à la presse

Faut-il pour autant soutenir indistinctement toute initiative qui s’auto-déclare presse économique ? Évidemment non. Les acteurs financiers doivent agir avec discernement, car trois écueils peuvent dévoyer des intentions louables.

1. Le risque de capture : Une presse trop dépendante des annonceurs bancaires perd progressivement sa fonction critique et donc son utilité. Une presse domestiquée ne sert ni le marché, ni, paradoxalement, les institutions qui la financent. L’appui doit donc être contractuel, transparent et jamais transactionnel sur la couverture rédactionnelle.

2. La dispersion sans critère : Tout titre qui s’affiche économique ne mérite pas le même soutien. Le critère discriminant doit être la qualité analytique : formation des journalistes, respect de la déontologie, capacité d’enquête, valeur ajoutée de l’analyse et distinction claire entre information, opinion et communication.

3. La confusion des genres : Sponsoring d’événements, achat d’espaces publicitaires, partenariat éditorial, mécénat de formation et soutien institutionnel ne relèvent pas des mêmes logiques. Les confondre dilue l’efficacité de chacun et entretient des ambiguïtés de gouvernance que les comités d’audit ont raison de surveiller.

Trois leviers pour bâtir un écosystème de presse économique robuste

Soutenir efficacement la presse économique suppose de dépasser le réflexe du chèque ponctuel. Il faut concevoir un écosystème durable, structuré autour de trois leviers complémentaires.

– L’accès : Ouvrir aux journalistes économiques l’accès aux dirigeants, aux analystes et aux données sectorielles que les institutions produisent dans le respect strict des règles de confidentialité est sans doute le geste le plus utile et le moins coûteux. Une rédaction qui dispose d’interlocuteurs qualifiés produit une information infiniment supérieure à celle qui se nourrit de rumeurs.

– La formation : Les normes IFRS 9, la réglementation COBAC, les mécanismes du marché financier sous-régional, la lecture des comptes consolidés d’un groupe bancaire ou l’analyse des risques exigent une véritable spécialisation. Soutenir des séminaires, des bourses, des modules universitaires et des partenariats avec les écoles de journalisme élève durablement le niveau du débat public.

–  L’incitation à l’excellence : L’institution d’un Prix du Journalisme Économique de la CEMAC, doté de manière significative et arbitré par un jury indépendant, permettrait de distinguer chaque année les meilleures enquêtes, analyses sectorielles et investigations économiques et financières. Une telle reconnaissance ferait probablement davantage pour la qualité de la presse économique que des années d’insertions publicitaires dispersées.

Un engagement cohérent avec la transformation de l’Afrique centrale

Pour Afriland First Bank, ces convictions ne sont pas théoriques. Elles s’inscrivent dans la cohérence de notre vision stratégique HORIZON 2030, qui fait de la transformation de l’Afrique centrale notre priorité et de l’écosystème africain notre cadre d’action.

Présents dans les pays de la zone CEMAC et accompagnant plus des milliers de clients, nous savons d’expérience qu’il n’y aura ni marché financier profond sans presse économique forte, ni souveraineté économique sans souveraineté informationnelle et narrative.

Notre sponsoring de la Finance Week 2026 procède de cette conviction. Mais il doit ouvrir une dynamique plus large. J’appelle les autres acteurs majeurs du secteur financier de la zone (banques, marchés de capitaux, régulateurs, investisseurs institutionnels, assureurs et fintechs) à inscrire le soutien à la presse économique professionnelle dans leur doctrine d’engagement institutionnel et à en faire un axe à part entière de leur responsabilité économique et sociétale.

La CEMAC mérite mieux qu’une narration d’emprunt

Dans les années à venir, la CEMAC devra relever des défis majeurs : diversification productive, financement des infrastructures, transition énergétique, transformation digitale, sécurité alimentaire, emploi des jeunes, intégration régionale, mobilisation de l’épargne locale et développement des marchés de capitaux.

Aucun de ces défis ne pourra être relevé durablement sans une opinion publique mieux informée, sans un débat économique plus mature et sans des médias capables d’éclairer, de questionner et d’accompagner la transformation de nos économies.

La CEMAC n’a pas seulement besoin de plus de financement. Elle a besoin de plus de compréhension économique. Et cette compréhension passera nécessairement par une presse économique forte, respectée, indépendante et engagée dans l’intérêt général.

La CEMAC mérite mieux qu’une narration d’emprunt. Elle mérite des plumes, des rédactions, des enquêtes et des analyses qui parlent depuis l’intérieur de sa propre transformation. À nous, acteurs financiers, de prendre notre part dans la construction de cette voix.

Par Celestin GUELA SIMO, Directeur Général d’Afriland First BankAfriland First Bank

Yaoundé, 27 avril 2026

Tchad : le gouvernement accélère la refonte du cadre juridique du numérique pour encadrer l’IA et renforcer la souveraineté digitale

[Digital Business Africa] – Le gouvernement tchadien intensifie sa stratégie de transformation numérique en faisant de la modernisation du cadre réglementaire une priorité nationale. Face à l’évolution rapide des technologies et à la multiplication des usages digitaux, les autorités entendent renforcer l’encadrement juridique du secteur afin de prévenir les dérives, sécuriser les usages et consolider la souveraineté numérique du pays.

C’est dans cette dynamique qu’un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena, le lundi 27 avril, par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat. Cette instance a pour mission d’actualiser l’ensemble des textes encadrant le numérique, devenus insuffisamment adaptés aux profondes mutations technologiques observées ces dernières années.

Lors de la cérémonie d’installation, le ministre a souligné que les textes actuellement en vigueur sont devenus obsolètes face à la vitesse de transformation du secteur numérique. Selon lui, les réglementations existantes ne permettent plus de répondre efficacement aux défis liés à la cybersécurité, à la protection des données personnelles, à la gouvernance de l’Internet ou encore à l’encadrement de l’intelligence artificielle. Le comité dispose ainsi d’un délai de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

La mission consistera notamment à harmoniser les dispositions existantes en s’appuyant sur les travaux déjà menés par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). L’objectif est de doter le Tchad d’un cadre juridique plus cohérent, plus robuste et davantage aligné sur les exigences actuelles de l’économie numérique mondiale.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs mois. Quelques temps auparavant, Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, avait annoncé l’élaboration d’un Code du numérique pour le Tchad. Ce futur texte doit intégrer les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données, de gouvernance de l’Internet et de régulation des plateformes numériques, afin de positionner le pays sur les standards mondiaux.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale tchadienne avait déjà franchi une étape importante en ratifiant une ordonnance modifiant la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Cette réforme visait à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser une meilleure concurrence entre les opérateurs, à améliorer la couverture des réseaux sur l’ensemble du territoire et à renforcer la souveraineté numérique nationale.

Ces efforts interviennent dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique et l’émergence de nouvelles technologies aux impacts multiples. L’intelligence artificielle, par exemple, s’impose progressivement dans les usages administratifs, économiques et sociaux, mais elle soulève également des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut favoriser la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la production de contenus trompeurs comme les deepfakes, ou encore faciliter des arnaques numériques de plus en plus sophistiquées.

D’autres innovations comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques renforcent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données personnelles. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer davantage les citoyens, les entreprises et les institutions aux cyberattaques, à la fraude numérique et à l’exploitation abusive des données sensibles.

Pour le Tchad, l’enjeu dépasse donc la simple réforme administrative. Il s’agit de bâtir un véritable socle de confiance numérique capable d’accompagner durablement la transformation de l’État, l’inclusion digitale des populations et la compétitivité économique du pays. Dans un contexte africain où la souveraineté numérique devient un enjeu stratégique majeur, N’Djamena veut clairement éviter que l’innovation technologique ne se transforme en facteur de vulnérabilité institutionnelle. La refonte du cadre juridique apparaît ainsi comme une étape indispensable pour faire du numérique un véritable levier de développement durable.

Par Loïc SOUOP

Côte d’Ivoire : l’ARTCI renforce la conformité réglementaire des communications électroniques et prépare l’essor de la 5G

[Digital Business Africa] – En Côte d’Ivoire, la régulation du secteur des communications électroniques entre dans une nouvelle phase. L’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) a réuni, du 15 au 17 avril 2026 à Yamoussoukro, l’ensemble des acteurs clés de l’écosystème numérique autour de son séminaire annuel consacré à la conformité réglementaire.

Cette rencontre stratégique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi n°2024-352 du 06 juin 2024 relative aux communications électroniques, un texte majeur destiné à moderniser la gouvernance du secteur et à renforcer la transparence des pratiques des opérateurs.

Plus de cinquante participants ont pris part aux travaux, parmi lesquels des représentants du Ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, ainsi que plusieurs institutions sectorielles telles que l’AIGF, l’ANSUT et l’ANSSI, aux côtés des principaux opérateurs télécoms du pays.

Une régulation plus participative pour un marché plus compétitif

Dans la continuité de l’édition 2025, qui avait permis l’élaboration de plans d’actions de mise en conformité par catégorie d’acteurs, les discussions de 2026 ont porté sur plusieurs chantiers structurants.

Parmi les principaux axes abordés figuraient le bilan de mise en œuvre des plans d’actions précédents, la finalisation de la révision des cahiers des charges des titulaires de licences individuelles conformément à l’article 251 de la nouvelle loi, ainsi que la définition des orientations d’un référentiel commun de conformité.

Les participants ont également examiné des propositions visant à renforcer la protection des consommateurs, tout en formulant des recommandations sur les mutations du marché, notamment le développement des offres satellitaires et les nouvelles pratiques de partage de connectivité.

Présidant les travaux en plénière, Mme Patricia Amand, membre du Conseil de Régulation de l’ARTCI, a accompagné les échanges autour de ces enjeux stratégiques.

Dans son allocution d’ouverture, au nom du Directeur Général de l’ARTCI, Kouakou Guy Michel, Directeur de la Régulation des Télécommunications, a réaffirmé la vision d’une « régulation d’accompagnement et participative », soulignant que la conformité ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un levier d’assainissement du marché et de stimulation des investissements.

Qualité de service et 5G parmi les priorités

Représentant le Ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Kanvoli Stanislas a salué la dynamique de concertation engagée entre le régulateur et les opérateurs, tout en insistant sur la nécessité de produire des résultats concrets sur les dossiers prioritaires.

Parmi ces priorités figurent notamment l’amélioration de la qualité de service, enjeu central pour les usagers. L’accélération du déploiement de la 5G, technologie appelée à soutenir la transformation numérique du pays et le développement de nouveaux usages industriels et économiques, fait également partie des priorités.

À l’issue des travaux, un rapport de synthèse assorti de recommandations a été adopté afin de consolider la conformité réglementaire et d’adapter la régulation aux évolutions rapides du secteur.

Faire de la réglementation un moteur de croissance

À travers cette démarche, l’ARTCI confirme sa volonté de transformer les exigences réglementaires en véritables instruments de développement, dans un contexte où la compétitivité numérique devient un enjeu de souveraineté économique.

Pour la Côte d’Ivoire, l’objectif est clair : construire un environnement télécom plus transparent, plus attractif pour les investisseurs et mieux préparé aux défis technologiques de demain.

La conformité réglementaire apparaît ainsi non seulement comme une obligation juridique, mais aussi comme un pilier stratégique pour accompagner l’innovation, protéger les consommateurs et garantir une croissance durable du secteur des communications électroniques.

Par Loic SOUOP

Tchad : l’ADETIC sensibilise les jeunes filles aux opportunités des TIC et de l’intelligence artificielle

[Digital Business Africa] – À l’occasion de la Journée internationale des jeunes filles, l’Agence du Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC) a organisé, en collaboration avec plusieurs acteurs institutionnels du secteur numérique, une conférence-débat dédiée à la promotion des TIC et de l’intelligence artificielle auprès des jeunes filles tchadiennes.

La rencontre s’est tenue ce dimanche 26 avril, au lycée Boustane Alariffine autour du thème : « L’importance des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’intelligence artificielle ». Elle visait à sensibiliser les élèves aux enjeux de la transformation numérique et à encourager leur implication dans les métiers d’avenir liés au digital.

L’événement a réuni plusieurs responsables administratifs et représentants d’institutions stratégiques du secteur, parmi lesquels Abdelhamid Hassaballah Djello, délégué provincial des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, ainsi que des représentants de la SOTEL Tchad, de l’ADETIC et de l’ARCEPT.

Prenant la parole à cette occasion, le proviseur du lycée Boustane Alariffine s’est réjoui du choix de son établissement pour accueillir cette initiative, soulignant l’importance d’un tel accompagnement dans l’orientation des jeunes filles vers des carrières porteuses et des perspectives professionnelles prometteuses.

Animée par Mahamat Saleh Adoudou Sikhel et Mahamat Sossal, la conférence a permis de mettre en avant le rôle stratégique des technologies de l’information et de l’intelligence artificielle dans les transformations économiques, sociales et éducatives contemporaines.

Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les jeunes filles de s’approprier ces outils devenus incontournables dans la société moderne. Ils ont rappelé que la maîtrise du numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel d’autonomisation, d’employabilité et de participation active au développement national.

De son côté, le délégué provincial des Télécommunications a souligné l’engagement des pouvoirs publics en faveur du développement du numérique, notamment à travers des actions visant à renforcer l’inclusion des jeunes filles dans les filières technologiques et les nouveaux métiers du digital.

Au-delà de la sensibilisation, cette initiative traduit la volonté des autorités tchadiennes de réduire la fracture numérique de genre et de promouvoir une participation plus équilibrée des femmes dans l’économie numérique.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les TIC redéfinissent les compétences de demain, l’enjeu est désormais de préparer les jeunes générations, et particulièrement les jeunes filles, à devenir des actrices à part entière de cette transformation.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Contexte et objectifs des premiers états généraux des postes et télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Pour une première, la RD Congo tient les états généraux des postes et télécommunications. Il le fallait bien eu égard au tumulte observé dans le secteur. Février 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a instruit une prise en charge technique du dossier relatif à l’utilisation illégale des fréquences congolaises par la société de télécommunications MTN Rwanda.

S’agissant de la poste, les autorités souhaitaient que la Banque postale soit relancée et que la spoliation, l’occupation illégale des biens fonciers et immobiliers de la Société congolaises des Postes et Télécommunications ( SCPT) ne soient qu’un lointain souvenir. La liste des griefs du secteur des Postes et Télécommunications n’est pas exhaustive.

Deux mois après, S.E Félix Tshisekedi décide de donner de l’oxygène à ce secteur qui était presqu’ au bord de l’asphyxie, en lançant officiellement les premiers états généraux des postes et télécommunications, qui se tiennent du 27 au 29 avril 2029.

Les premiers états généraux des postes et télécommunications visent la modernisation des infrastructures, le développement du capital humain et la réduction des inégalités territoriales conformément au Projet de Transformation numérique de la RDC. Un plan ambitieux de plus d’un milliard USD qui entend porter la RDC au statut de hub numérique régional.

Trois objectifs majeurs ont été assignés aux états généraux des postes et télécommunications : établir un diagnostic « lucide » de l’écosystème postal et télécom, élaborer une feuille de route opérationnelle à court, moyen et long terme, et mettre en place un cadre permanent de concertation et de régulation pour assurer le suivi des réformes.

Prenant la parole pour son discours d’ouverture, le chef de l’État a rappelé l’impact du numérique et les télécoms  pour le développement de son économie.

« Il nous revient donc d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. C’est dans cet esprit que s’inscrit notre ambition de faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030, en cohérence avec les priorités du gouvernement », a-t-il déclaré.

Et de préciser que le secteur des Postes et Télécommunications se trouve à l’intersection de plusieurs enjeux majeurs, notamment celui de la connectivité territoriale.

« Dans un pays-continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale », a-t-il souligné.

Félix Tshisekedi a également insisté sur les enjeux de sécurité liés au secteur, dans un contexte marqué par la montée des cybermenaces et la dépendance technologique. Il a appelé à une meilleure maîtrise des réseaux et à la sécurisation des infrastructures critiques, considérées comme des leviers essentiels de souveraineté.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : L’ État stimule la création de centaines de milliers d’emplois estudiantins dans le numérique

[DIGITAL Business Africa] – Deux initiatives stratégiques du New Deal technologique sont sur les rails. Avec trajectoire vers le succès. Le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Alioune Sall, a assisté à l’inauguration de l’University Innovation Pod (UniPod) à l’Université Amadou Mahtar Mbow et au lancement de « Sénégal Digital Factory » ce lundi 27 avril 2026. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a officialisé l’initiative.

À travers ces deux initiatives, le Sénégal ambitionne de renforcer le poids du numérique dans l’économie nationale et de créer des centaines de milliers d’emplois dans les années à venir.

L’UniPod est un espace où les étudiants peuvent développer des projets réels.

– des équipements pour prototyper et tester des idées

– un accompagnement pour structurer un projet

– des opportunités pour travailler en équipe et avec des partenaires

– un cadre pour passer d’un projet académique à une solution utilisable

Le pôle de Diamniadio est le premier d’une série nationale, avec des projets similaires prévus à Ziguinchor et Saint-Louis. Le projet bénéficie du soutien des partenaires tels que le PNUD.

Un programme impactant vient parfaitement se coller à l’UniPod : le Sénégal Digital Factory. L’objectif du programme Sénégal Digital Factory est d’accompagner, structurer et déployer ces innovations à plus grande échelle, à travers tout le territoire. Avec pour modèle de faire travailler ensemble l’État, l’université, le secteur privé et les partenaires techniques.

Il s’agit d’une approche de co-construction appelée à se déployer dans les différents pôles territoriaux d’innovation, avec l’appui du Startup Act pour structurer durablement l’écosystème. Un écosystème où les enseignants trouvent un pont entre la recherche et l’impact.

Selon le MCTN, le choix du Sénégal est assumé : faire du numérique un levier de souveraineté, de création d’emplois et de croissance durable.

Par Jean Materne Zambo, source : MCTN

Cameroun / Télécoms : Kakotel menace d’engager une procédure judiciaire contre Camtel, symbole d’un marché sous tension

[DIGITAL Business Africa] – Le bras de fer entre Kakotel et les opérateurs télécoms au Cameroun franchit un nouveau cap. Dans un communiqué daté du 26 avril 2026, Kakotel Limited Cameroon SA annonce une nouvelle offensive judiciaire, cette fois contre Camtel, pour exiger la réactivation de ses services et faire valoir ses droits après plusieurs années de blocages persistants.

Selon l’entreprise dirigée par Joseph Kamgue Takougang, malgré un cadre contractuel formel, des engagements écrits et même des injonctions du régulateur, les services liés à l’interconnexion et à la fourniture de communications électroniques restent suspendus de manière unilatérale. Une situation que Kakotel qualifie de préjudiciable non seulement pour ses activités, mais aussi pour ses clients et partenaires.

Un nouveau front judiciaire contre Camtel

Le différend avec Camtel s’inscrit dans une longue série de tensions entre Kakotel et les acteurs dominants du marché. Dans son communiqué, l’entreprise rappelle plusieurs éléments factuels : un contrat cadre dûment signé, le versement d’une caution de 30 millions de FCFA, des engagements formels pris en réunion, ainsi qu’une reconnaissance de créance par Camtel lui-même.

« Depuis plus de cinq (5) ans, malgré : un Contrat Cadre n° 07D régulièrement signé entre les deux parties ; le versement d’une caution de 30 000 000 FCFA pour la mise en production des services Voix et SMS ; l’engagement écrit de CAMTEL pris lors de la séance de travail du 9 juin 2021 ; l’injonction formelle de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) en date du 22 septembre 2020 et le relevé de compte de CAMTEL lui-même du mois d’avril 2026 reconnaissant un crédit de 29 895 098,04 FCFA en faveur de KAKOTEL, CAMTEL maintient de manière unilatérale et injustifiée la suspension totale des services contractuels (revente de trafic, terminaison d’appels internationaux, SMS, internet, FTTX, SVA, USSD, etc.) », écrit le PDG de Kakotel.

Malgré cela, les services liés notamment à la voix, aux SMS, à l’internet, à la terminaison d’appels internationaux ou encore aux services à valeur ajoutée restent suspendus.

Kakotel a ainsi adressé une mise en demeure à Camtel, avec un délai de huit jours pour rétablir l’ensemble des services, faute de quoi une procédure en référé sera engagée devant le Tribunal de grande instance, assortie de demandes de dommages et intérêts sur une période de cinq ans.

Une stratégie judiciaire assumée

Cette nouvelle action judiciaire confirme une constante dans la trajectoire de Kakotel : le recours systématique aux voies réglementaires et judiciaires pour faire valoir ses droits dans un marché qu’elle juge déséquilibré.

En décembre 2025 déjà, l’opérateur avait obtenu une décision historique du Tribunal de grande instance du Mfoundi condamnant MTN, Orange et Nexttel à verser plus de 5,8 milliards de FCFA de dommages et intérêts. Une victoire majeure pour un acteur longtemps marginalisé, qui avait mis en lumière les dysfonctionnements structurels du marché de l’interconnexion au Cameroun.

En amont, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) avait, à plusieurs reprises, donné raison à Kakotel dans ses différends avec ces opérateurs, ordonnant la signature de conventions d’interconnexion ou la reprise de services suspendus. Mais faute de pouvoir accorder des réparations financières, ces décisions avaient trouvé leurs limites, ouvrant la voie à une judiciarisation accrue du secteur.

Joseph Kamgue, figure atypique du secteur

Au cœur de cette stratégie se trouve Joseph Kamgue Takougang, Directeur général de Kakotel, dont le profil tranche avec celui des dirigeants classiques du secteur. Réputé pour sa combativité, il s’est progressivement imposé comme une figure singulière capable d’obtenir des sanctions contre des opérateurs télécoms pourtant puissants et bien établis.

Sa démarche repose sur une lecture rigoureuse du cadre réglementaire et une volonté assumée de tester ses limites devant les juridictions compétentes. Une posture qui, au fil des années, a contribué à repositionner Kakotel non plus comme un simple acteur de niche, mais comme un catalyseur des débats sur la concurrence et la régulation.

Un symptôme des fragilités du marché

Au-delà du cas Kakotel, cette nouvelle affaire avec Camtel relance une question centrale : celle du respect des décisions du régulateur dans le secteur des télécommunications au Cameroun.

Car si l’Agence de régulation des télécommunications (ART) a, à plusieurs reprises, tranché en faveur de Kakotel en ordonnant la mise en œuvre effective de l’interconnexion ou la reprise de services suspendus, l’exécution de ces décisions reste problématique.

Dans plusieurs cas, les opérateurs concernés tardent à s’y conformer pleinement, installant de facto un décalage entre la décision réglementaire et sa traduction concrète sur le terrain.

Ce déficit d’exécution pose un enjeu majeur de crédibilité. Les nouveaux entrants peuvent ainsi voir leurs droits reconnus sans pour autant être immédiatement garantis.

Dans ce contexte, le recours à la justice apparaît de plus en plus comme un prolongement nécessaire de l’action du régulateur. Les décisions judiciaires, assorties de sanctions financières, deviennent alors le levier permettant de contraindre à l’exécution ce que la régulation seule ne parvient pas toujours à imposer.

Cette articulation entre régulation et justice révèle une réalité du secteur : le respect des règles ne repose plus uniquement sur l’autorité du régulateur, mais aussi sur la capacité des juridictions à faire appliquer ses décisions.

Dès lors, l’enjeu dépasse largement le différend entre Kakotel et Camtel. Il ne s’agit plus seulement de trancher un litige entre opérateurs, mais de s’interroger sur l’architecture même de la régulation au Cameroun.

Car une question s’impose désormais avec acuité : le régulateur dispose-t-il des moyens suffisants pour faire appliquer ses décisions de manière immédiate et contraignante, sans que les acteurs lésés soient systématiquement contraints de saisir les tribunaux ?

Dans un secteur aussi stratégique que les télécommunications, où les rapports de force économiques sont particulièrement marqués, l’efficacité de la régulation repose autant sur la qualité des arbitrages que sur leur force exécutoire. Tant que cette dernière demeure limitée, le recours au juge continuera d’apparaître comme une étape incontournable.

Renforcer les pouvoirs du régulateur — notamment en matière de sanctions financières et d’exécution directe de ses décisions — pourrait ainsi constituer un levier déterminant pour fluidifier le marché, réduire les contentieux et garantir une concurrence plus équilibrée.

Au fond, l’affaire Kakotel pose une question de gouvernance sectorielle : le Cameroun est-il prêt à franchir un cap en dotant son régulateur des moyens d’imposer, sans délai, le respect des règles du jeu ?

Par Digital Business Africa

Cameroun: La CEMAC digitalise le Système d’Enregistrement des faits d’État Civil et des Statistiques 

[DIGITAL Business Africa] – L’ état civil en zone CEMAC se modernise. Six pays de la communauté ont validé le Guide pratique ESEC, au sortir d’un atelier tenu du 20 au 22 avril 2026 à Yaoundé. Le nouvel outil stratégique permettra aux États membres de la CEMAC de renforcer l’enregistrement des faits d’état civil et d’améliorer la production de statistiques vitales.

Un acte fort. Tant l’état civil fiable conditionne tout : transparence des élections, lutte contre la mortalité maternelle et infantile, aménagement du territoire, atteinte des objectifs de Développement durable (ODD) des Nations unies.

Selon des sources, la digitalisation dans le cadre de l’application de ce guide est identifiée comme le levier principal. Cette modernisation de l’ESEC doit permettre d’augmenter le taux d’enregistrement et de réduire les délais de production des statistiques.

Attentes du guide :

– Harmoniser les procédures d’état civil (naissances, mariages, décès).

– Garantir l’inclusion des populations vulnérables.

– Produire des données fiables pour la planification publique.

Le guide pratique ESEC couvre quatre axes :

1. Les procédures d’enregistrement des faits d’état civil ;

2. La production et l’exploitation des statistiques vitales ;

3. L’inclusion des populations vulnérables dans les statistiques officielles ;

4. La stratégie pour déployer le guide dans chaque pays

Selon le Bureau national de l’Etat civil (BUNEC), cette validation marque une étape décisive : l’état civil devient le socle du contrat social entre l’État et le citoyen, en Afrique centrale.

Pour les États, il s’agit de souveraineté statistique : disposer de données fiables pour décider juste et peser face aux investisseurs et partenaires internationaux.

Les travaux étaient placés sous la présidence de Nicolas Beyeme Nguema, commissaire de la CEMAC, et ont réuni une quarantaine d’experts ainsi que des partenaires internationaux (UNFPA, Banque mondiale, UNICEF, OMS, CEA, AFRISTAT).

Par Jean Materne Zambo, source : BUNEC

Algérie : un programme national de formation en IA pour bâtir 500 000 talents numériques d’ici 2027

[Digital Business Africa] – Face à l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les secteurs économiques et administratifs, l’Algérie entend faire de la formation un pilier central de sa stratégie numérique. Le gouvernement vient ainsi de lancer un vaste programme national de formation en intelligence artificielle (IA), destiné à renforcer les compétences locales et à préparer l’économie nationale aux mutations technologiques en cours.

Le lancement officiel a eu lieu ce dimanche 26 avril à l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Rahmania, à Alger, en présence de Nacima Arhab, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et de Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.

À travers cette initiative, les autorités ambitionnent de faire émerger rapidement une nouvelle génération de profils qualifiés capables de s’intégrer dans l’économie numérique, mais aussi de développer des solutions innovantes adaptées aux besoins des entreprises algériennes et du marché local.

Le programme repose sur une approche fortement orientée vers la pratique et l’immersion professionnelle. Le cycle complet s’étend sur 12 semaines, dont 8 semaines intensives de formation technique suivies de 4 semaines consacrées à la réalisation de projets concrets.

Afin de garantir la qualité de l’encadrement, une phase préalable de formation des formateurs a été lancée dès le 15 janvier 2026. Cette étape vise à doter les encadreurs des compétences pédagogiques et techniques nécessaires pour accompagner efficacement les apprenants.

L’objectif est clair : réduire l’écart entre la formation académique et les besoins réels du marché. Les participants seront amenés à travailler sur des cas pratiques, souvent en collaboration avec des start-up, en utilisant les modèles et outils d’IA les plus récents.

Ce programme s’inscrit dans une vision plus large portée par l’État algérien : la future stratégie nationale de transformation numérique, actuellement en préparation. Celle-ci prévoit notamment la formation de 500 000 spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), avec l’ambition de limiter la fuite des talents et de renforcer la souveraineté technologique du pays.

Le gouvernement veut ainsi positionner l’Algérie comme un acteur crédible de l’économie de la connaissance sur le continent, tout en captant une part significative de la valeur créée par l’intelligence artificielle.

Les autorités estiment d’ailleurs que l’IA pourrait contribuer jusqu’à près de 7 % du PIB national d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, plusieurs leviers sont activés : mécanismes de financement dédiés, création de centres d’excellence, renforcement de l’accès aux technologies numériques et soutien accru à l’entrepreneuriat innovant.

Au-delà du volet formation, le programme vise également à structurer un véritable écosystème d’innovation. Dans cette logique, un incubateur d’entreprises a été inauguré au sein même de l’Institut d’El Rahmania afin d’accompagner les porteurs de projets et de stimuler la création de start-up technologiques.

Cette approche intégrée illustre la volonté des autorités de faire de l’intelligence artificielle non seulement un outil de modernisation, mais aussi un moteur de croissance économique et de création d’emplois qualifiés.

Avec cette initiative, l’Algérie confirme sa volonté d’inscrire durablement l’IA au cœur de son modèle de développement et de sa compétitivité future.

Par Loic SOUOP

Congo : Serge ou Frédéric NZE ? Confusion autour de l’identité du nouveau ministre des Postes, des Télécoms et de l’Économie numérique

[DIGITAL Business Africa] – De l’expertise avérée au ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique. Léon Juste Ibombo cède le fauteuil à Frédéric Nzé, passionné par la transformation numérique financière. C’est ce que relayent la plupart des sites d’information locaux à la suite du décret n° 2026-6176 du 24 avril 2026 du chef de l’État, S.E. Denis Sassou-Nguesso. Sans toutefois apporter de précisions ni de détails. Car le décret portant nomination du nouveau gouvernement dit le contraire.

 

Le décret indique bel et bien qu’il s’agit de « M. Serge Nze » qui, informé de la « bonne » nouvelle, a adressé un message de gratitude au président de la République pour la confiance placée en lui.

Message repris par plusieurs comptes sur les réseaux sociaux.

Dans la vidéo annonçant également le gouvernement, on parle de Serge NZE. Suivre à partir de la neuvième minute (9 min 42 s).

Dans la foulée, les messages de félicitations ont déferlé. Sur le post de Serge NZE, il faut scroller la section des commentaires pour espérer trouver un démenti officiel. Que non. Une telle confusion peut également être source d’arnaques en ligne. Certains abonnés estiment que, sur le plan légal, le ministre est celui dont le nom figure dans le décret.

Les différentes plateformes numériques de la Primature, du ministère en charge  du numérique et de la Présidence de la République n’ont apporté aucune précision ni le moindre portrait du promu pour dissiper la confusion qui a gagné les esprits.

De plus, aucun communiqué officiel n’est signé pour confirmer qu’il s’agit d’une confusion entre Serge NZE et Frédéric NZE, ou que Frédéric a pour second prénom Serge. Sur les réseaux sociaux, d’autres indiquent que ce sont les fils de l’ancien ministre Pierre Nze, co-fondateur du PCT, principal parti politique du pays.

Sans communication officielle, la confusion persiste donc. Mais si l’on s’en tient aux dires et aux écrits des médias locaux congolais, qui n’indiquent pas leurs sources, le nouveau ministre est Frédéric Nzé, entrepreneur engagé et passionné par la transformation digitale et financière en Afrique.

L’expert en technologie (ici, en image d’archives avec son prédécesseur, Léon Juste Ibombo) est le PDG d’Akieni, une entreprise congolaise spécialisée dans la digitalisation des services publics et privés depuis 2023. Son ambition est de préparer l’Afrique de demain en formant une jeunesse compétente, prête à s’approprier les outils numériques et à contribuer à la croissance du continent.

Frédéric Nzé est également cofondateur d’Akieni Academy, une plateforme de formation visant à développer les compétences numériques des jeunes talents africains. Tout comme CAPI Think Tank, qui élabore des stratégies d’innovation et de développement économique pour le continent.

Depuis 2022, il dirige Kamoa Ltd, une fintech innovante opérant en Afrique de l’Est et de l’Ouest, qui facilite l’accès au crédit grâce à l’analyse de données alternatives, favorisant ainsi l’inclusion financière des populations non bancarisées. Le Techpreneur a par ailleurs dirigé Ohakam LTD. Il est diplômé de l’ENSAE de Paris M.s.c, Mathematics & Economics en 1992.

Par Jean Materne Zambo

 

Tunisie : l’ONE scelle une alliance stratégique avec l’ICT Africa Summit pour accélérer l’expansion des entrepreneurs africains

[Digital Business Africa] – L’Organisation Nationale des Entrepreneurs (ONE) de Tunisie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’ouverture continentale. En marge de l’édition 2026 de l’ICT Africa Summit, tenue du 21 au 23 avril à Alger, l’organisation a officialisé un partenariat stratégique de cinq ans avec l’un des plus prestigieux rendez-vous technologiques du continent.

Cette alliance vise à renforcer les passerelles entre l’écosystème entrepreneurial tunisien et les dynamiques de transformation numérique qui redessinent aujourd’hui l’économie africaine. À travers cet accord, l’ONE entend offrir à ses membres un accès privilégié à des opportunités de financement, de partenariats stratégiques et d’expansion commerciale à l’échelle régionale et continentale.

Au-delà d’un partenariat institutionnel modeste, cette collaboration traduit une volonté affirmée de connecter davantage les entrepreneurs tunisiens aux grands réseaux d’innovation africains. Elle s’inscrit dans la vision portée par l’ICT Africa Summit, qui ambitionne d’accélérer la transition numérique du continent, de promouvoir les technologies émergentes et de stimuler les synergies entre les secteurs public et privé.

Pour l’ONE, cette alliance représente un levier important pour accompagner ses membres dans un environnement économique de plus en plus compétitif et digitalisé. En rejoignant cette plateforme d’influence continentale, l’organisation renforce sa capacité à positionner les PME tunisiennes sur des marchés plus larges et à favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur africaines.

Créée en 2020, l’Organisation Nationale des Entrepreneurs fédère un large éventail d’acteurs de l’économie réelle tunisienne. Elle regroupe notamment les propriétaires de petites et moyennes entreprises, les très petites entreprises, les artisans, les professions libérales ainsi que les opérateurs des secteurs agricole, industriel, commercial et des services. Son approche transversale lui confère un rôle central dans la représentation du tissu entrepreneurial national.

De son côté, l’ICT Africa Summit s’impose comme une plateforme majeure de convergence technologique en Afrique. Né de la fusion de trois événements phares le Digital Africa Summit, le salon ICT Maghreb et ALVETIC, dédié aux métiers et à la formation numérique, ce rendez-vous annuel réunit décideurs publics, investisseurs, experts et porteurs de projets autour des grands enjeux du numérique africain.

L’édition 2026, organisée au Palais des expositions des Pins maritimes à Alger, a une nouvelle fois servi de carrefour stratégique pour les discussions sur l’innovation, l’investissement technologique et la coopération économique interafricaine.

Avec cette alliance, la Tunisie confirme sa volonté de renforcer sa présence dans les grands espaces de coopération numérique africaine, tout en consolidant la compétitivité de ses entrepreneurs sur un marché continental en pleine mutation.

Par Loic SOUOP

Citation du jour : « L’intelligence artificielle est une véritable révolution » – Christel Heydemann souligne l’urgence d’innover vite

[Digital Business Africa] À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les modèles économiques mondiaux, Christel Heydemann, Directrice générale d’Orange, rappelle avec force que cette technologie n’est plus une simple tendance, mais une transformation structurelle profonde.

« L’intelligence artificielle est une véritable révolution. Ce qui impressionne le plus, c’est la vitesse à laquelle elle progresse, avec des innovations toujours plus rapides. Son potentiel est immense : nous l’utilisons pour améliorer l’expérience client, optimiser nos réseaux, gagner en efficacité et accompagner nos clients dans la sécurisation de leurs données », affirme la dirigeante.

Cette déclaration illustre parfaitement la stratégie engagée par Orange, qui place l’IA au cœur de sa transformation opérationnelle et de sa relation client. Dans un contexte où les opérateurs télécoms font face à une pression croissante sur la performance, la cybersécurité et la personnalisation des services, l’intelligence artificielle devient un levier incontournable de compétitivité.

Le groupe mise notamment sur l’automatisation intelligente pour améliorer la qualité de service, anticiper les incidents réseau et renforcer la protection des données sensibles. L’IA permet également d’optimiser les parcours clients grâce à des outils prédictifs et conversationnels plus performants.

Au-delà de la performance technologique, cette vision traduit aussi une volonté plus large : celle d’accompagner les entreprises et les États africains dans leur transition numérique, en intégrant des solutions responsables, sécurisées et adaptées aux réalités locales.

Alors que l’Afrique accélère sa transformation digitale, la réflexion portée par Christel Heydemann rappelle une évidence : l’enjeu n’est plus de savoir si l’IA doit être adoptée, mais à quelle vitesse elle doit être intégrée dans les stratégies de croissance.

Dans un environnement économique de plus en plus piloté par la donnée, l’intelligence artificielle s’impose ainsi comme l’un des principaux moteurs de la compétitivité future.

Par Loic SOUOP

Guinée : Mamadi DOUMBOUYA appelle à un usage responsable du numérique face aux dérives sur les réseaux sociaux

[Digital Business Africa] – Dans un contexte marqué par la montée des tensions entre influenceurs, créateurs de contenus et acteurs de l’espace public numérique en Guinée, le président Mamadi Doumbouya a pris la parole pour rappeler les principes fondamentaux qui doivent encadrer l’usage des réseaux sociaux et de la liberté d’expression dans le pays.

À travers une déclaration solennelle adressée aux citoyens, le chef de l’État a salué « l’engagement et la vitalité de la jeunesse », tout en reconnaissant « le rôle important que jouent les acteurs du numérique, les journalistes et les blogueurs dans l’animation du débat public pour une gouvernance participative en République de Guinée ».

Cette reconnaissance intervient dans un environnement numérique de plus en plus influent dans la vie politique, sociale et économique du pays, où les plateformes sociales sont devenues de véritables espaces de mobilisation, d’information et parfois de confrontation.

Mais pour le président guinéen, cette liberté ne peut exister sans responsabilité. « La liberté d’expression, à laquelle nous sommes profondément attachés, s’accompagne d’un devoir : celui du respect de l’autre, de la vérité et de notre cohésion nationale », a-t-il déclaré.

Une mise au point qui intervient alors que plusieurs affrontements verbaux entre influenceurs et personnalités publiques ont récemment alimenté la polarisation sur les réseaux sociaux, avec des contenus parfois marqués par des insultes, des accusations sans fondement et des discours de haine.

Pour Mamadi Doumbouya, ces dérives numériques constituent une menace directe pour la stabilité sociale. « Les propos injurieux, les discours de haine et les divisions ne sauraient constituer une voie pour bâtir la Guinée que nous appelons tous de nos vœux. Notre force réside dans notre unité, notre capacité à dialoguer et à construire ensemble, dans le respect mutuel », a-t-il insisté.

Le président appelle ainsi à une réorientation de l’usage des réseaux sociaux vers des finalités plus constructives. Il invite les citoyens, particulièrement les jeunes et les influenceurs, à faire du numérique un levier de développement plutôt qu’un instrument de fracture.

« Faisons des réseaux sociaux un espace de contribution positive, d’idées constructives et d’engagement au service du développement de notre pays », a-t-il lancé.

Cette sortie présidentielle remet au centre du débat la question de la gouvernance numérique et de la responsabilité citoyenne dans l’écosystème digital africain. À l’heure où les réseaux sociaux façonnent l’opinion publique et influencent fortement les dynamiques sociales, la régulation ne repose pas uniquement sur les institutions, mais aussi sur l’éthique individuelle des utilisateurs.

En Guinée comme ailleurs sur le continent, le défi n’est plus seulement l’accès au numérique, mais la qualité de son usage.

« L’avenir de la Guinée ne se construira ni dans l’invective, ni dans la division, mais dans le travail, la solidarité et la recherche constante du bien-être de nos populations », a conclu le président.

Un message fort qui résonne bien au-delà des frontières guinéennes, à l’heure où l’Afrique cherche à bâtir un espace numérique plus responsable, inclusif et porteur de progrès collectif.

Par Loic SOUOP

Tchad : Haliki Choua Mahamat « confiant » des diplômés de l’université virtuelle de N’Djamena

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration continue sa campagne de prise de contact avec les entités sous tutelle. Ce 23 mars 2026, c’était au tour de l’équipe dirigeante de l’Université virtuelle de N’Djamena d’être reçue par Haliki Choua Mahamat.

Le président de l’Université Virtuelle de N’Djamena, Dr Mahamat Charfadine Salim, a présenté au ministre Haliki Choua Mahamat les missions et les difficultés rencontrées de l’Université virtuelle de N’Djamena.

Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration a réaffirmé tout son soutien à l’Université virtuelle pour l’atteinte de ses objectifs et l’amélioration continue de son offre de formation.

Haliki Choua Mahamat s’est dit particulièrement confiant quant aux compétences des jeunes talents formés localement. Il a réitéré son engagement à les accompagner, tout en menant les plaidoyers nécessaires auprès des instances compétentes afin que les bénéficiaires de ces formations acquièrent les expertises indispensables pour contribuer efficacement au développement de l’économie numérique du pays, selon le ministère.

Dans la même journée du 23 avril 2026, le ministre Haliki Choua Mahamat a reçu un autre invité : le représentant du HCR au Tchad, Dossou Patrice Ahouansou. L’objectif de la rencontre était de poser les bases d’une collaboration entre le ministère et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), notamment dans le domaine du numérique et de l’accès aux services services digitaux pour les populations vulnérables.

Les acteurs réunis ont échangé sur les perspectives de coopération, en particulier en matière de connectivité, d’inclusion numérique et d’amélioration de l’accès aux services pour les réfugiés et les communautés qui les accueillent.

Là encore, le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration, Haliki Choua Mahamat, a réaffirmé la volonté du gouvernement de promouvoir un écosystème numérique inclusif, capable de répondre aux besoins de toutes les couches sociales, y compris les plus vulnérables.

Par Jean Materne Zambo, source : AT/ABB

Derrière chaque clic, il y a une vie. Adoptez le Réflexe Smart click.

[Smart Click Africa] – L’espace numérique camerounais traverse une zone de turbulences. Ce qui devait être un levier d’émancipation, d’innovation et de participation citoyenne s’apparente de plus en plus, pour une frange d’usagers, à un espace de règlement de comptes, de stigmatisation et de violence symbolique.

L’actualité récente, marquée par l’interpellation de la cyberactiviste Aïcha Kamoise à la suite d’une plainte déposée par l’homme d’affaires Steven Nbienou Kouadjo, PDG de NBIKO TV, illustre à quel point les tensions numériques peuvent rapidement basculer dans le domaine judiciaire. La comédienne est accusée d’avoir tenu des propos injurieux et provocateurs sur les réseaux sociaux à l’encontre de Nbiko TV, de son PDG et de son épouse.

Entre prises de position passionnées, campagnes de soutien et lynchage numérique, une réalité s’impose : le débat public en ligne au Cameroun perd ses repères.

Face à cette dérive et sans préjuger de l’issue judiciaire de cette affaire, il devient impératif de replacer la responsabilité au cœur de l’usage des outils numériques.

Car derrière chaque clic, il y a une vie.

La banalisation des violences numériques : un risque systémique

Le cyberespace camerounais n’est plus seulement un lieu d’échanges ; il est devenu, dans certains cas, un tribunal parallèle où l’injure, la diffamation, l’atteinte à l’honneur et le cyberharcèlement sont érigés en modes d’expression.

Cette banalisation n’est pas anodine. Elle traduit une crise plus profonde : celle de la régulation sociale du discours à l’ère numérique. L’illusion d’anonymat, la recherche de visibilité à tout prix et la viralité des contenus créent un environnement propice aux dérives.

Or, ces dérives sont juridiquement encadrées :

  • L’injure dégrade le débat sans produire de valeur ;
  • La diffamation détruit la réputation sur la base d’allégations non prouvées ;
  • L’atteinte à l’honneur fragilise la dignité individuelle et collective ;
  • Le cyberharcèlement installe une violence répétée aux conséquences psychologiques parfois irréversibles.
  • Le discours de haine fracture la société en ciblant des personnes ou des groupes en raison de leur appartenance raciale, religieuse, tribale ou ethnique.

Au-delà des individus directement visés, c’est le tissu social lui-même qui est affecté. Perte d’estime de soi, familles exposées, carrières brisées, réputation numérique durablement altérée : les dégâts dépassent largement le cadre de l’écran et peuvent aller de la dépression au suicide.

Le numérique n’est pas un espace hors-la-loi

Contrairement à une idée encore répandue, Internet n’est pas une zone de non-droit. Le Cameroun dispose d’un arsenal juridique clair pour encadrer les usages numériques et sanctionner les abus.

Un principe fondamental doit être rappelé : à l’ère du numérique, chaque internaute est à la fois éditeur, diffuseur et responsable. Cette responsabilité ne s’arrête pas à la publication. Elle s’étend à la diffusion.

Partager une information non vérifiée, relayer une accusation sans preuve, amplifier une rumeur, porter atteinte à l’honneur d’autrui, tenir des propos injurieux ou tenir des discours de haine sur le web — c’est potentiellement s’exposer à des poursuites judiciaires.

Beaucoup pensent être à l’abri derrière un écran ou derrière un faux compte. Pourtant, des astuces existent pour retrouver l’identité et la localisation des comptes anonymes ou des faux comptes. Car il existe des collaborations et des échanges entre ces réseaux sociaux, les fournisseurs d’adresses e-mail, les opérateurs de téléphonie et les gouvernements. De plus, les adresses IP peuvent être retracées.

Encore une fois, la loi ne se limite pas à interdire la publication de fausses informations et d’injures : elle impose également la responsabilité de leur diffusion. Si vous ne disposez ni de preuves ni de sources crédibles, le simple fait de liker ou de cliquer sur « Partager » peut vous exposer à des poursuites judiciaires.

  1. Loi n°2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybercriminalité et la cybersécurité
  • Article 78 alinéa 1 (fausses nouvelles) :
    « Est puni d’un emprisonnement de six (06) mois à deux (02) ans et d’une amende de 5 000 000 à 10 000 000 de FCFA, ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui publie ou propage, par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité ou justifier qu’il avait de bonnes raisons de croire à la vérité de ladite nouvelle. »
  • Article 78 alinéa 2 :
    « Les peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus sont doublées lorsque l’infraction est commise dans le but de porter atteinte à la paix publique. »
  • Article 77 alinéa 1 (outrage race ou religion) :
    « Est puni d’un emprisonnement de deux (02) à cinq (05) ans et d’une amende de 2.000.000 (deux millions) à 5.000.000 (cinq millions) F CFA,ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui, par la voie de communications électroniques ou d’un système d’information, commet un outrage à l’encontre d’une race ou d’une religion.

 

  • Article 77 alinéa 2 (outrage race ou religion) :

 

(2) Les peines prévues-à l’alinéa 1 ci-dessus sont doublées lorsque l’infraction est commise dans le but de susciter la haine ou le mépris entre les citoyens. »

  1. Code pénal camerounais (Loi n°2016/007 du 12 juillet 2016)

Le Code pénal sanctionne clairement les atteintes à l’honneur et à la dignité :

  • Article 305 – Diffamation :
    « Est puni d’un emprisonnement de six (06) jours à six (06) mois et d’une amende de 5 000 à 2 000 000 de francs, ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne en lui imputant des faits dont il ne peut rapporter la preuve. »
  • Article 307 – Injure :
    « Est puni d’un emprisonnement de cinq (05) jours à trois (03) mois et d’une amende de 5 000 à 100 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui adresse à une personne une expression outrageante, un terme de mépris ou une invective ne renfermant l’imputation d’aucun fait. »
  1. Discours de haine – Code pénal (Loi n°2019/020 du 24 décembre 2019)
  • Article 241 nouveau, alinéa 1 – Outrage à la tribu ou à l’ethnie :

« Est puni d’un emprisonnement de un (01) à deux (02) ans et d’une amende de trois cent mille (300 000) à trois millions (3 000 000) de francs, celui qui, par quelque moyen que ce soit, tient des discours de haine ou procède aux incitations à la violence contre des personnes en raison de leur appartenance tribale ou ethnique. »

  • Article 241 nouveau, alinéa 3 :

« Lorsque l’auteur du discours de haine est un fonctionnaire au sens de l’article 131 du présent Code, un responsable de formation politique, de média, d’une organisation non gouvernementale ou d’une institution religieuse, les peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus sont doublées et les circonstances atténuantes ne sont pas admises. »

Imposer le Réflexe Smart : une exigence citoyenne

Dans ce contexte, il ne suffit plus d’appeler à la prudence. Il faut instaurer une culture.

C’est le sens du « Réflexe Smart » promu par Smart Click Africa : un mécanisme simple, mais structurant, qui doit précéder chaque publication, chaque commentaire, chaque partage.

Quatre questions doivent guider tout acte numérique et se poser avant tout post:

  • Est-ce vrai ?
  • Est-ce utile ?
  • Est-ce bienveillant ?
  • Est-ce assumable devant la loi ?

Ce réflexe n’est pas une contrainte. C’est une condition de maturité numérique.

Il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression, mais de la responsabiliser. Car une société démocratique forte ne se construit pas sur le bruit, l’injure, la diffamation ou le discours de haine, mais sur la qualité du débat.

Pour un espace numérique crédible, responsable et constructif

Le Cameroun ambitionne de renforcer son économie numérique, d’accélérer la digitalisation de ses services publics (objet du prochain Salon E-Gov’A du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé e-gov.africa) et de positionner son écosystème technologique sur l’échiquier africain. Cette ambition ne saurait prospérer dans un environnement numérique marqué par la défiance, la violence et l’irresponsabilité.

Il est temps de réhabiliter l’éthique de la parole numérique.

Il est temps de transformer le clic en un acte conscient.

Il est temps d’imposer le Réflexe Smart.

Smart Click Africa: Je clique pour construire, pas pour détruire.

Par Beaugas-Orain DJOYUM
Président de l’association Smart Click Africa
Directeur de publication, Digital Business Africa

AgriTech Innovation Challenge : L’équipe du PATNUC prépare le sol

[DIGITAL Business Africa] – Les préparatifs du bootcamp de l’AgriTech Innovation Challenge s’intensifient. À quelques jours du lancement de la deuxième édition du concours prévue du 28 au 30 avril, l’équipe du projet Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC) en collaboration avec Inter’Activ, a tenu hier une séance de travail ce 22 avril 2026. La rencontre a également permis d’anticiper sur l’organisation de la grande finale, qui se tiendra du 4 au 7 mai 2026.

Cette nouvelle édition est portée par le PATNUC, en collaboration avec le MINPOSTEL, le MINADER, le MINEPIA et la Banque mondiale. Elle vise à identifier, valoriser et accompagner les solutions numériques innovantes qui transforment durablement le secteur agropastoral au Cameroun. L’acte 2 se présente donc comme une plateforme stratégique de visibilité, de partenariats et d’impact pour les startups agritechs, les jeunes et les femmes entrepreneurs.

Le projet Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC) est un programme structurant qui vise à faire du numérique un levier de développement inclusif, au service de l’État, des citoyens et du monde agricole.

– Stratégie, politiques et réglementation numériques

Mettre en place un cadre juridique, institutionnel et réglementaire moderne pour sécuriser, encadrer et stimuler le développement du numérique au Cameroun.

– Connectivité et inclusion numériques

Étendre l’accès à Internet et aux infrastructures numériques, notamment dans les zones rurales et au sein des services publics essentiels (écoles, hôpitaux, collectivités).

– Agriculture numérique basée sur les données

Déployer des plateformes numériques agricoles, valoriser les données (sols, production, élevage) et accompagner les agriculteurs et startups AgriTech vers plus de productivité et de valeur.

– Gestion du projet et engagement citoyen

Assurer une gouvernance efficace, le suivi-évaluation, la communication, la transparence et l’implication active des citoyens.

Le PATNUC a été lancé le 23 août 2023, et est financé par la Banque mondiale à hauteur de 60 millions de dollars.

Par Jean Materne Zambo, source : PATNUC

Côte d’Ivoire : De beaux jours attendent la digitalisation des services publics

[DIGITAL Business Africa] – Moderniser l’administration ivoirienne. Le chantier progresse. Le maître d’ouvrage poursuit l’œuvre entamée par ses prédécesseurs. Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, a reçu ce 22 avril 2026, une délégation de Huawei Afrique de l’Ouest, conduite par son président Afrique de l’Ouest, Auguste Dong, afin d’explorer des solutions concrètes pour moderniser nos services publics.

Lors des discussions, les deux parties ont abordé plusieurs points. Dont les solutions de Huawei pour la digitalisation des administrations, déjà éprouvées sur le continent, notamment en Algérie ; l’expérience du groupe autour des super applications gouvernementales ; la vision du ministère : convergence des services de l’État et déploiement d’une super application au service du citoyen ivoirien.

Le choix de l’entreprise chinoise pour accompagner le gouvernement ivoirien dans cette tâche n’est pas anodin. Huawei résout de soutenir la transition de l’Afrique vers une ère numérique intelligente. L’entreprise se présente comme un acteur majeur de la transformation numérique et de la modernisation des services publics en Afrique. Le géant de la technologie agit principalement comme fournisseur d’infrastructures technologiques (TIC) et de solutions de cloud computing.

Huawei déploie aussi des solutions de datacenters intelligents, des réseaux de campus gouvernementaux et des réseaux métropolitains (MAN) aux fins d’améliorer l’efficacité administrative.

À côté de Huawei, il y a d’autres partenaires comme la Corée du Sud pour accompagner la transformation digitale des services publics en Côte d’Ivoire. Le 16 avril 2025, le gouvernement a signé une convention de 10 millions de dollars, soit un peu plus de 6 milliards de FCfa, avec la Corée du Sud à travers la Korea International Cooperation Agency (Koica), l’agence gouvernementale sud-coréenne. La convention s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à la Modernisation et à la Transformation de l’Administration publique en Côte d’Ivoire. Le projet quinquennal (2025–2029) vise à accélérer le processus de modernisation et de transformation de l’administration.

Le projet s’articule autour de trois (3) composantes majeures : la digitalisation du système de formation de l’École nationale d’Administration (ENA) ; le développement du système d’information et le renforcement du dispositif de formation du ministère et le perfectionnement des compétences des fonctionnaires et agents de l’État.

Le résultat escompté est l’émergence d’une nouvelle génération d’agents publics compétents, engagés et pleinement outillés pour répondre aux défis de la construction d’une Côte d’Ivoire plus moderne, inclusive, solidaire et toujours au travail, selon les autorités.

Par Jean Materne Zambo

Éducation numérique : La Zambie projette de connecter 2 500 écoles supplémentaires d’ici fin 2026

[Digital Business Africa] La Zambie franchit une nouvelle étape décisive dans sa quête de souveraineté numérique à travers la modernisation de son système éducatif. Le gouvernement a récemment annoncé son intention de raccorder 2 500 établissements scolaires supplémentaires au réseau internet d’ici la fin de l’année 2026. Ce passage à l’échelle bénéficie d’un soutien stratégique de poids, les géants des télécommunications et le secteur financier national s’étant officiellement engagés à accompagner le ministère de l’Éducation dans cette extension massive de la connectivité. Cette synergie public-privé vise à briser les barrières de l’apprentissage traditionnel en introduisant des outils numériques dans des salles de classe autrefois limitées en ressources.

Pour Noriana Muneku, secrétaire permanente au ministère de l’Éducation, cette collaboration permet déjà de migrer vers un modèle d’apprentissage personnalisé et inclusif. Selon le dernier Education Statistics Bulletin 2025, le déploiement des outils de l’information et de la communication (TIC) offre aux apprenants la flexibilité d’évoluer à leur propre rythme, dépassant ainsi les rigidités des méthodes d’enseignement classiques. Cette ambition s’appuie notamment sur le succès du « Digital Learning Passport », une plateforme lancée avec le concours de l’UNESCO, de l’UNICEF et de Microsoft, qui permettait déjà à plus de 300 000 utilisateurs en 2024 d’accéder à des contenus pédagogiques alignés sur le programme national.

Cependant, le défi de la « connectivité réelle » reste entier au regard des statistiques actuelles. Sur les 13 987 écoles que compte le pays, si plus de 8 000 disposent d’internet pour des besoins administratifs, seules 5 487 l’utilisent effectivement pour l’enseignement, et à peine 3 276 bénéficient d’une connexion jugée réellement fiable. Au-delà de la fibre optique et du satellite, le succès de cette transformation numérique demeure tributaire de l’infrastructure de base : le rapport 2025 souligne que 5 812 écoles zambiennes ne sont toujours pas raccordées au réseau électrique, constituant un obstacle majeur à l’utilisation durable des équipements informatiques.

En analyse de fond, la Zambie illustre une tendance forte en Afrique australe où régulateurs, banques et opérateurs convergent pour financer l’avenir numérique. Toutefois, comme dans de nombreux pays du continent, le déploiement massif de l’IA et des manuels numériques se heurtera inévitablement au mur de l’accès à l’énergie, premier maillon indispensable de la chaîne de valeur éducative. L’équation zambienne devra donc impérativement intégrer la pérennité des réseaux et la formation continue des enseignants pour transformer ces investissements technologiques en véritables leviers de réussite scolaire.

Par Loic SOUOP

Souveraineté numérique et IA : Le plaidoyer du commissaire Papa Guèye pour une « Doctrine Africaine » de défense

[Digital Business Africa] – Au cœur des échanges du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, la question de l’autonomie technologique a dominé les débats. Entre guerre informationnelle et nécessité d’une cyberdéfense mutualisée, le commissaire divisionnaire Papa Guèye a tracé les contours d’une stratégie continentale pour ne plus « subir » les révolutions technologiques.

Le numérique et l’intelligence artificielle (IA) ne sont plus de simples vecteurs de croissance économique, mais de véritables instruments de puissance qui redéfinissent les équilibres stratégiques mondiaux. Ce constat, posé avec fermeté par le commissaire de police divisionnaire Papa Guèye, directeur de l’École nationale de la cybersécurité, souligne une mutation profonde : l’IA a transformé les dynamiques de défense en comprimant le « temps stratégique ». Dans ce nouvel environnement, la vitesse d’exécution est devenue le facteur déterminant de la supériorité opérationnelle : « Celui qui agit le plus vite, frappe le plus juste et prend l’avantage », a-t-il affirmé, rappelant que la souveraineté numérique est désormais une réalité opérationnelle incontournable pour les États.

Pour le directeur de cet établissement à vocation sous-régionale, ces mutations technologiques accélèrent les logiques de confrontation et déplacent les champs d’affrontement traditionnels. La survie stratégique repose désormais sur une capacité d’anticipation accrue, laquelle doit s’appuyer sur la détection des « signaux faibles » et une compréhension fine des transformations de l’environnement sécuritaire, dépassant ainsi la simple gestion de crise réactive. Un enjeu majeur émerge dans cette course à la puissance : la domination informationnelle. Le contrôle et l’exploitation de l’information constituent aujourd’hui un champ de bataille à part entière, capable de stabiliser un État ou, au contraire, de le fragiliser de manière irréversible à travers la perception et l’influence.

Face à cette « guerre informationnelle », Papa Guèye préconise une transformation radicale des secteurs de la sécurité et de la défense. L’intégration de l’IA dans le renseignement et les dispositifs stratégiques n’est plus une option, car « ne pas anticiper, c’est déjà subir ». Pour structurer cette riposte, il plaide pour l’élaboration d’une véritable « doctrine africaine » reposant sur cinq piliers fondamentaux : la souveraineté algorithmique, la résilience, l’anticipation, la domination informationnelle et la mutualisation des ressources. Seule une approche collective permettra au continent de relever les défis posés par ces technologies de rupture.

Cette stratégie doit se traduire par des mesures concrètes : sécurisation des infrastructures critiques, développement des compétences locales et mise en place d’une cyberdéfense à l’échelle du continent. Le commissaire a insisté sur l’urgence de créer des structures dédiées à l’IA stratégique, avec une priorité accordée au renseignement dans des secteurs vitaux tels que l’énergie, les télécommunications et les processus électoraux.

En écho à cette analyse, Nabeelah Wada Aliyu, experte en stratégie Cloud chez Galaxy Backbone Limited (Nigéria), a pointé du doigt la dépendance persistante de l’Afrique. En important massivement des technologies et des cadres réglementaires exogènes, le continent limite son autonomie stratégique et fragilise sa capacité d’action. Selon elle, l’Afrique doit impérativement cesser d’être un simple marché d’importation pour devenir l’architecte de son futur numérique. Cela exige des investissements massifs dans les systèmes de données locaux et les infrastructures de stockage, tout en intégrant les impératifs de sécurité dès la conception des outils numériques.

Par Loic SOUOP

Burundi : La Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle validée [axes et objectifs]

[DIGITAL Business Africa] – Une étape significative dans la transformation numérique du Burundi. Le gouvernement vient de valider la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle. Après deux jours de réflexion ( du 21 au 22 avril 2026), les représentants du PNUD Burundi et du ministère des Finances, du Budget et de l’Economie numérique ont donné une nouvelle trajectoire à l’intelligence artificielle au Burundi. Faisant officiellement de cette technologie émergente un moteur concret de progrès social pour chaque citoyen comme l’a indiqué Jonas Mfouatie, Représentant résident IA du PNUD au Burundi.

« L’IA représente une opportunité de renforcer la performance des services publics et de stimuler l’innovation en faveur de la transformation économique », a-t-il dit.

Selon Jonas Mfouatie, Représentant résident IA du PNUD au Burundi, cette initiative reflète la vision et le leadership du gouvernement du Burundi pour faire du numérique un levier d’accélération du développement. Jonas Mfouatie a également relevé que la mobilisation des acteurs publics, privés, académiques et de la société civile traduit une volonté commune de placer l’innovation au service du développement durable, de la compétitivité et de l’inclusion.

La Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle qui vient d’être validée par les autorités repose sur cinq axes stratégiques. Dont la gouvernance et leadership public. Elle prévoit la création de la Commission Nationale de l’Intelligence Artificielle (CNIA) et d’un Centre d’Intelligence Stratégique (CIS).

Ensuite, l’Infrastructure digitale et données. Le résultat escompté parmi tant d’autres est l’amélioration de la connectivité et gestion des données. Troisième axe: la formation, la recherche et le développement des compétences locales en IA.

Le soutien à l’offre d’IA, l’éthique, l’ inclusion et conformité devraient se ressentir par une utilisation responsable de l’IA représentent les 4e, 5e et 6e axes de la stratégie dont les secteurs prioritaires restent l’agriculture (détection de maladies des plantes), la santé, et l’ éducation.

La Stratégie nationale de l’intelligence artificielle du Burundi est aligné sur la « Vision Burundi Émergent 2040 et Développé 2060 ».

Par Jean Materne Zambo, source : PNUD Burundi