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Cameroun : Des Américains présentent au MINSANTE une solution IA contre le burn-out du personnel de santé

[DIGITAL Business Africa] – Derrière leurs cache-nez et lunettes se cohabitent souvent en silence frustration, stress et dépression. Les personnels de santé méritent aussi qu’on s’inquiète d’eux. La question a été abordée au cours de l’audience que le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a accordée à une délégation américaine ce 9 mars 2026 à son cabinet à Yaoundé.

Ces experts Americains en santé mentale et en réduction du burn-out sont venus présenter un outil innovant basé sur l’intelligence artificielle. Selon les sources du MINSANT, il s’agit d’une solution qui vise à assurer un suivi plus efficace de la santé mentale des professionnels de santé et à faciliter la détection précoce des situations de stress ou d’épuisement professionnel et une prise en charge plus efficace des patients dans les formations sanitaires du pays. MINSANTE,

Les promoteurs du projet affirment que l’utilisation de l’intelligence artificielle pourrait contribuer à améliorer substantiellement la prise en charge des cas de burn-out, tout en offrant aux structures sanitaires des mécanismes d’alerte et d’accompagnement adaptés.

Selon le MINSANTE, cette démarche s’inscrit dans la recherche de solutions modernes capables de soutenir la performance et la résilience du système de santé camerounais.

La délégation américaine était accompagnée par une équipe de l’ONG Community Health Promotion (CHP), une organisation engagée depuis plusieurs années dans la promotion de la santé et du développement au Cameroun. L’association a été créée le 28 mars 1996 et érigée en ONG le 6 janvier 2009.

Si la solution est achetée par le ministère de la Santé publique, ce sera une autre technologie importée au mépris d’innombrables talents que couve le Cameroun. Le pays dispose pourtant de plusieurs incubateurs ou entrepreneurs de la technologie capables de mâturer des projets innovants pouvant apporter des solutions aux problèmes des citoyens.

Il suffit d’un appel à projets à l’attention des jeunes talents pour que le problème de burn-out des professionnels de la santé soit résolu au niveau local.

Par Jean Materne Zambo, source : MINSANTE

Seychelles : Un partenariat stratégique pour transformer l’archipel en hub numérique africain

[DIGITAL Business Africa] – Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officialisé le 5 mars 2026 un protocole d’accord avec la société technologique Quest Ghana Limited et le gouvernement des Seychelles. Ce partenariat vise à transformer l’archipel en un hub compétitif pour l’économie numérique et le commerce transfrontalier en Afrique.

L’initiative se concentre sur l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur numériques du continent. L’objectif est de permettre aux opérateurs seychellois de participer plus activement aux échanges dématérialisés, en s’appuyant sur les mécanismes de facilitation du commerce prévus par la ZLECAf. Pour ce faire, un cadre technique sécurisé sera mis en place afin de garantir l’intégrité et l’efficacité des transactions numériques transfrontalières. L’accent sera particulièrement mis sur l’interopérabilité des systèmes, indispensable pour simplifier les paiements et les échanges commerciaux entre des entreprises opérant dans différentes juridictions africaines.

Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont au centre de cette stratégie. En améliorant leur accès aux infrastructures numériques, le partenariat entend réduire les barrières à l’entrée du commerce intra-africain et encourager la participation des acteurs locaux aux échanges digitaux du continent.

Pour les Seychelles, cette stratégie de diversification s’appuie sur une maturité numérique avancée. Début 2025, le taux de pénétration d’Internet atteignait 87,4 % de la population, selon DataReportal. Dans ce contexte, le commerce électronique connaît également une croissance notable : le marché devrait atteindre 46,41 millions de dollars en 2027, avec un rythme annuel moyen de 14,35 % entre 2023 et 2027, d’après Statista.

À l’échelle continentale, ce projet pilote s’inscrit dans l’ambition de la ZLECAf de bâtir un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs. Le commerce électronique et les services numériques sont considérés comme des leviers essentiels pour atteindre l’objectif d’un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant la circulation des biens et services à travers l’Afrique.

Par Loic SOUOP

Afrique : L’énergie au cœur de la transformation numérique

[DIGITAL Business Africa] – Lors du Mobile World Congress Barcelona 2026, la conférence « Données, calcul et énergie : l’équation énergétique de l’ère de l’IA » a mis en lumière une réalité incontournable : l’économie numérique moderne repose sur une ressource tangible et stratégique : l’énergie. Si l’intelligence artificielle, le cloud computing et les services numériques sont souvent perçus comme immatériels, leur déploiement massif exige des infrastructures énergétiques fiables et performantes.

La demande en électricité des data centers et des charges de travail liées à l’IA pourrait plus que doubler dans les prochaines années, avec certaines régions où les centres de données représentent déjà jusqu’à 7 % de la consommation nationale d’électricité. Ce constat oblige les gouvernements à repenser l’expansion des infrastructures numériques et à intégrer la question énergétique au cœur des stratégies de transformation digitale.

La transformation numérique du continent africain n’est plus une ambition théorique. Des initiatives comme le New Deal technologique Horizon 2034 au Sénégal ou la Digital Ethiopia 2030 démontrent que les pays africains placent les infrastructures numériques et les data centers au cœur de leur développement économique.

L’adoption rapide du mobile money, des services publics digitaux et des plateformes cloud accentue la demande en puissance de calcul. L’Afrique dispose toutefois d’atouts structurels majeurs : des marchés numériques en pleine expansion, une position géographique stratégique et un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables, notamment solaire. Ces facteurs font du continent un futur hub de connectivité reliant l’Europe et le Moyen-Orient.

Mais cette ambition se heurte à un obstacle majeur : les infrastructures énergétiques peinent à suivre la demande numérique. Dans de nombreux pays africains, l’instabilité des réseaux et la dépendance aux générateurs diesel pour les secours continuent d’alourdir les coûts d’exploitation, l’énergie représentant plus de 50 % du coût d’un data center. De plus, les cycles classiques de déploiement électrique (18 à 24 mois) ralentissent la mise sur le marché de nouveaux services numériques.

La transformation numérique ne peut se résumer à la puissance de calcul et aux logiciels. Les centres de données, véritables pôles énergétiques à haute densité, exigent fiabilité et efficacité. Il ne s’agit plus d’avoir un rôle passif de secours, mais d’intégrer des systèmes capables d’équilibrer les charges et d’intégrer les énergies renouvelables, tout en restant modulaires et évolutifs pour accompagner la croissance numérique.

Comme l’explique Huawei Digital Power, la transformation numérique doit s’accompagner d’approches énergétiques intelligentes. Le data center modulaire Tier III de l’Université de Jimma en Éthiopie illustre cette approche : une conception modulaire réduisant le cycle de déploiement et permettant une montée en puissance progressive sans investissements initiaux massifs.

L’usage de systèmes de confinement des allées et d’outils de gestion proactive a permis d’améliorer l’efficacité opérationnelle de 20 %, tout en réduisant le coefficient d’efficacité énergétique.

L’intégration des solutions solaires et de stockage avancé permet de découpler les data centers des réseaux nationaux et d’assurer fiabilité et disponibilité maximales pour l’activité économique. L’énergie devient ainsi un actif stratégique, moteur de compétitivité et de croissance inclusive.

L’avenir numérique de l’Afrique dépendra de systèmes modulaires, économes en énergie et résilients. Ce n’est qu’à cette condition que la montée en puissance de l’ère numérique deviendra un moteur de développement durable, plutôt qu’une source de contraintes énergétiques.

Par Loic SOUOP

Transformation numérique : Le groupe Pierre Fabre accélère sa transformation numérique avec l’appui d’Atos

Dans un contexte marqué par l’expansion de ses activités à l’international et par l’accélération des usages numériques dans l’industrie pharmaceutique et dermo–cosmétique, le groupe Pierre Fabre a engagé une transformation en profondeur de son système d’information. L’objectif : moderniser une infrastructure IT devenue complexe et hétérogène au fil des années, tout en garantissant la continuité des activités critiques et en soutenant la croissance du groupe sur ses différents marchés.

Cette transformation intervient alors que l’entreprise doit relever plusieurs défis majeurs liés à la digitalisation de ses opérations. Le groupe devait notamment orchestrer la migration des ERP et des applications stratégiques utilisées par ses 32 filiales internationales, tout en renforçant sa posture de cybersécurité et en améliorant la valorisation de ses données. L’ensemble de cette évolution devait également s’inscrire dans une démarche responsable, alignée avec les engagements environnementaux et sociétaux du groupe, sans perturber les opérations métiers.

Pour réussir cette transformation, Pierre Fabre s’est appuyé sur l’expertise technologique d’Atos. L’entreprise a déployé une approche globale combinant transition des infrastructures, modernisation technologique et gouvernance dédiée. Le projet repose sur une architecture technologique unifiée associée à une plateforme d’orchestration multi-cloud intégrant OVHcloud, Atos Nephos certifié SAP S/4HANA et Oracle ainsi que Microsoft Azure. Cette architecture permet une gestion centralisée et plus agile des infrastructures informatiques, facilitant l’intégration des applications stratégiques du groupe.

L’intégration de solutions d’automatisation et d’intelligence artificielle contribue également à améliorer l’efficacité opérationnelle et la qualité de service. Dans le même temps, des dispositifs de sécurité ont été intégrés dès la conception de l’architecture afin de garantir la protection durable des environnements numériques. Cette approche s’inscrit dans une logique de transformation responsable, incluant des considérations liées à la décarbonation et à l’optimisation énergétique des infrastructures IT.

Les bénéfices de cette modernisation sont déjà visibles pour le groupe. Pierre Fabre dispose désormais d’un socle informatique moderne, agile et sécurisé, capable de soutenir ses activités critiques aussi bien en France qu’à l’international. Cette nouvelle infrastructure permet d’offrir une expérience utilisateur plus fluide aux collaborateurs, tout en favorisant l’innovation et l’exploitation des données au service des métiers.

Elle contribue également à renforcer la continuité opérationnelle et à optimiser la gestion financière des infrastructures grâce à un modèle basé sur des ressources disponibles à la demande. Cette évolution se traduit par des gains de productivité mesurables ainsi qu’une réduction significative des coûts, tout en permettant un meilleur alignement du système d’information avec la stratégie globale et les engagements RSE du groupe.

Comme le souligne Olivier Siegler, Directeur de l’accélération digitale et des systèmes d’information du Groupe Pierre Fabre :

« Le numérique est au cœur de la stratégie de transformation globale de Pierre Fabre et il sera la clé de notre succès futur. Atos est devenu notre partenaire de confiance pour relever ces défis, non seulement pour son excellence technologique, mais aussi pour ses valeurs de responsabilité sociale et environnementale, qui sont particulièrement importantes pour notre Groupe. Par ailleurs, son origine européenne est un gage de sécurité qui nous permet d’accéder aux technologies numériques de pointe sans sacrifier notre souveraineté. »

En s’appuyant sur l’expertise d’Atos, le groupe Pierre Fabre renforce ainsi sa capacité à piloter des transformations numériques complexes. Grâce à une approche intégrée combinant cloud, cybersécurité et automatisation, ce partenariat contribue à améliorer la performance opérationnelle, à réduire le time-to-market des projets numériques et à créer de la valeur durable pour l’entreprise. Cette initiative illustre également la manière dont les grandes entreprises industrielles s’appuient sur des architectures numériques modernes pour soutenir leur compétitivité dans un environnement de plus en plus digitalisé.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Kinshasa veut instaurer un système d’identification numérique aux taxis afin de résorber les kidnappings

[DIGITAL Business Africa] – Le gouverneur de la province de Kinshasa mise sur le numérique pour renforcer la sécurité des enfants. Face au phénomène de kidnapping qui prend de l’ampleur, Daniel Bumba Lubaki a annoncé, ce 9 mars 2026 une série de mesures, dont l’instauration d’un système d’identification numérique des taxis.

La solution technologique devrait intégrer un badge, un QR code, une application, et devra permettre de recenser et d’identifier, en temps réel, les conducteurs et leur véhicule, souvent par biométrie ou géolocalisation. Le système vise à sécuriser les passagers, lutter contre la fraude et organiser le transport urbain. Ce procédé a été implémenté au Kenya et dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.

À Libreville, au Gabon, en plus d’instaurer le système d’identification numérique aux taxis, les autorités communales ont lancé, en 2024, des vignettes de portière sur les taxis de la capitale. Cette avancée vise à permettre un meilleur suivi de la transparence, de la sécurité et de la qualité des usagers. Le gouverneur de Kinshasa a aussi donné quelques consignes aux 3 000 agents de la mission mixte de contrôle routier présents lors de son adresse.

Daniel Bumba Lubaki leur a rappelé l’obligation pour tous les usagers de la route de se conformer strictement aux dispositions du Code de la route, notamment en disposant de l’ensemble des documents de bord exigés.

Il a également réaffirmé l’interdiction de circulation pour les véhicules en mauvais état. La circulation des camions et des véhicules de livraison reste limitée aux lundis, mardis et mercredis entre 22 h et 5 h, sans aucune dérogation pour les entreprises.

Un moratoire d’une semaine a été accordé aux propriétaires de véhicules abandonnés sur la voie publique ainsi qu’aux garages pirates pour désengorger les espaces publics. Une fois ce délai passé, une opération de casse sera lancée dès le lundi suivant afin d’évacuer les épaves.

Par Jean Materne Zambo

IA et sécurité nationale : Anthropic attaque l’administration Trump en justice après son inscription sur la liste noire du Pentagone

[DIGITAL Business Africa] – Une bataille juridique inédite s’ouvre aux États-Unis autour de l’usage militaire de l’intelligence artificielle. La startup américaine d’IA Anthropic a engagé une action en justice contre l’administration du président Donald Trump afin de contester sa désignation par le Pentagone comme « supply chain risk », une catégorie habituellement réservée aux entreprises étrangères considérées comme une menace pour la sécurité nationale.

Dans sa plainte déposée le 9 mars 2026 devant un tribunal fédéral en Californie, l’entreprise affirme que cette décision est « illégale » et viole ses droits constitutionnels, notamment la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière. Anthropic demande au juge d’annuler cette désignation et d’empêcher les agences fédérales américaines d’appliquer cette mesure.

Un conflit inédit entre l’État américain et une entreprise d’IA

La décision du département de la Défense américain est intervenue après plusieurs mois de tensions entre Anthropic et les autorités militaires. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a décidé de classer l’entreprise comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement nationale après que la startup a refusé de lever certaines limitations intégrées à son système d’IA, Claude.

Ces « garde-fous » empêchent notamment deux types d’usages jugés sensibles par l’entreprise :

  • l’utilisation de l’intelligence artificielle pour des armes entièrement autonomes ;

  • l’exploitation de l’IA dans des programmes de surveillance de masse visant les citoyens américains.

Pour le Pentagone, ces restrictions pourraient limiter les capacités opérationnelles de l’armée américaine. L’administration Trump estime que les technologies d’IA doivent pouvoir être utilisées pour « tout usage légal » dans le cadre de la défense nationale.

En réaction, Anthropic affirme que les modèles d’IA actuels ne sont pas suffisamment fiables pour être utilisés dans des systèmes d’armes totalement autonomes et que leur déploiement dans ce domaine pourrait s’avérer dangereux.

Une sanction sans précédent contre une entreprise américaine

La désignation « supply chain risk » constitue un instrument juridique couramment utilisé pour bloquer des entreprises étrangères suspectées de menacer les systèmes de sécurité américains. Selon plusieurs observateurs du secteur technologique, c’est la première fois que ce mécanisme est appliqué à une entreprise américaine.

Cette classification a un impact immédiat : elle coupe l’accès d’Anthropic à certains contrats et projets liés au département de la Défense. Elle s’accompagne également d’un ordre présidentiel demandant aux employés fédéraux de cesser d’utiliser le chatbot Claude dans le cadre de leurs activités professionnelles.

L’administration américaine a également annoncé une période de transition de six mois pour retirer progressivement les outils de l’entreprise des systèmes concernés.

Une rivalité croissante entre géants de l’IA

L’affaire intervient dans un contexte de concurrence intense entre les principales entreprises d’intelligence artificielle aux États-Unis. Quelques heures seulement après la sanction visant Anthropic, la société OpenAI a annoncé un partenariat avec le Pentagone pour développer certaines applications liées à la défense.

Ce timing alimente les interrogations quant à l’équilibre entre les impératifs de sécurité nationale et l’autonomie stratégique des entreprises technologiques dans le développement de l’intelligence artificielle.

Pour Anthropic, l’enjeu est aussi économique. L’entreprise, valorisée à environ 380 milliards de dollars lors d’un récent tour de financement, prévoit de réaliser près de 14 milliards de dollars de revenus en 2026. Plus de 500 organisations paieraient déjà au moins un million de dollars par an pour utiliser Claude, notamment pour le développement logiciel et les applications professionnelles.

Un débat mondial sur l’usage militaire de l’IA

Au-delà du bras de fer judiciaire entre Anthropic et Washington, cette affaire illustre un débat stratégique de plus en plus central : celui du rôle de l’intelligence artificielle dans les systèmes militaires et les dispositifs de surveillance.

D’un côté, les gouvernements cherchent à intégrer rapidement l’IA à leurs capacités de défense. De l’autre, certaines entreprises technologiques tentent d’imposer des limites éthiques à l’utilisation de leurs technologies.

Le résultat de ce litige pourrait ainsi créer un précédent majeur pour l’ensemble de l’industrie de l’IA, en déterminant dans quelle mesure une entreprise peut refuser certaines applications militaires de ses technologies face aux exigences d’un État.

Un enjeu également stratégique pour l’Afrique

Alors que les grandes puissances redéfinissent les règles d’usage de l’intelligence artificielle dans les domaines de la sécurité et de la gouvernance, les pays africains s’interrogent eux aussi sur les cadres réglementaires à adopter.

Ces enjeux seront au cœur des discussions du salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».

L’événement entend réunir les gouvernements, les entreprises technologiques et les experts pour examiner les implications de l’IA sur la souveraineté numérique, la gouvernance publique et la sécurité des États africains.

Par Digital Business Africa

Le conseil IT en Afrique : sortir des mythes, affronter la réalité

On parle beaucoup du numérique en Afrique. Des startups, de la fintech, de l’intelligence artificielle, du mobile money. Mais un acteur reste souvent dans l’ombre, mal compris ou caricaturé : le conseil IT.

Est-il inexistant ? Importé ? Inadapté ? Réservé à une élite ? À force d’entendre ces discours, une question s’impose : le conseil IT en Afrique est-il un mythe ou une réalité ?

Après plusieurs années passées à observer, accompagner et analyser des projets numériques sur le continent, ma réponse est claire : le conseil IT en Afrique existe, mais il ne ressemble ni aux fantasmes qu’on lui prête, ni aux modèles « occidento-asiatico-indiens… » que l’on tente parfois d’y plaquer.

Un conseil IT ancien, mais longtemps mal identifié

Contrairement à une idée reçue, le conseil IT n’est pas nouveau en Afrique. Dès les années 1970, les premières grandes administrations, banques et entreprises publiques ont engagé des experts pour informatiser la comptabilité, la paie ou la gestion fiscale.

À l’époque, ce conseil était largement porté par des cabinets/groupes informatiques étrangers, souvent dans le cadre de projets financés par des bailleurs internationaux. Le problème n’était pas son absence, mais son caractère invisible et exogène. Le conseil IT était perçu comme une affaire de spécialistes, éloignée des réalités opérationnelles locales. Cette distance a nourri un premier mythe : celui d’un conseil IT « importé », sans racines africaines. Et pour cause !

Le mythe persistant d’un conseil réservé aux grandes structures

Pendant longtemps en effet, le conseil IT a effectivement été l’apanage des grandes organisations : banques, télécoms, États. Les PME, pourtant majoritaires sur le continent, en étaient largement exclues. Mais cette réalité est en train de changer. Le cloud, la généralisation du mobile et la baisse des coûts technologiques ont ouvert de nouvelles possibilités. Aujourd’hui, des cabinets africains proposent des accompagnements plus courts, plus ciblés, plus accessibles. Le conseil IT n’est plus nécessairement synonyme de projets lourds et coûteux. Il devient, progressivement, un outil de structuration et de montée en maturité, y compris pour des organisations modestes.

Une réalité africaine, encore inégale mais bien vivante

Ce que je constate sur le terrain, c’est l’émergence d’un écosystème africain du conseil IT. Des cabinets fondés par des professionnels formés localement ou à l’international, capables de naviguer entre contraintes techniques, réalités organisationnelles et enjeux humains. Ces acteurs interviennent aujourd’hui sur des sujets concrets : structuration des systèmes d’information, digitalisation des processus, e-gouvernement, fintech, cybersécurité. Leur valeur ajoutée ne réside pas dans la sophistication technologique, mais dans l’adaptation aux usages réels.

Il serait malhonnête de parler d’un secteur homogène. Les niveaux de maturité varient fortement selon les pays, les secteurs et les contextes. Mais nier l’existence de ce conseil IT africain serait ignorer une dynamique bien réelle.

Copier l’Occident ? Une impasse de plus en plus visible

L’un des grands pièges du conseil IT en Afrique a longtemps été le copier-coller de modèles occidentaux. Des solutions trop complexes, trop coûteuses, mal appropriées par les utilisateurs.Aujourd’hui, les projets les plus pertinents suivent une autre logique. Ils privilégient la simplicité, la robustesse et l’utilité. En Afrique, la meilleure technologie n’est pas celle qui impressionne, mais celle qui fonctionne dans la durée.C’est là que le conseil IT africain trouve sa singularité : dans une approche pragmatique, frugale et orientée impact, loin des effets de mode.

Le facteur humain, souvent sous-estimé

S’il y a une leçon que le terrain enseigne sans relâche, c’est celle-ci : les projets IT échouent rarement à cause de la technologie. Ils échouent à cause des hommes et des organisations. Manque de formation, résistance au changement, gouvernance floue, absence de vision… En Afrique plus qu’ailleurs, le rôle du consultant IT est aussi celui d’un pédagogue, d’un traducteur, parfois même d’un médiateur. Les cabinets qui réussissent sont ceux qui comprennent que la transformation numérique est avant tout une transformation humaine.

Défis réels, potentiel immense

Le conseil IT en Afrique reste confronté à des défis majeurs : pénurie de compétences spécialisées, dépendance technologique, accès limité au financement, cadres réglementaires parfois instables, sans oublier la politique. Ces contraintes freinent, mais n’annulent pas la dynamique en cours. À mesure que les besoins numériques s’intensifient dans les entreprises, les administrations et les territoires, le conseil IT devient un maillon stratégique. Non pas pour promettre des miracles technologiques, mais pour structurer, accompagner et sécuriser les transformations.

Mythe ou réalité ? Une réponse lucide

Le conseil IT en Afrique n’est ni un mythe, ni une success story achevée. C’est une réalité en construction, faite d’avancées, de tâtonnements et d’adaptations permanentes. Son avenir ne se jouera ni dans l’imitation, ni dans des arrangements politico-financiers (*), mais dans la capacité à concevoir des solutions ancrées dans les réalités africaines, orientées vers l’usage, la valeur et l’impact durable.C’est à cette condition que le conseil IT pourra pleinement jouer son rôle : non pas comme un luxe importé, mais comme un levier de transformation au service du développement.

(*)- Lire aussi l’article DBA « jusqu’à quand « dealer » nos problèmes numériques avec des solutions étrangères ?

Pierre Ndjop POM
Pierre Ndjop POM

Par Pierre Ndjop POM, Conseil en stratégie et Transformation Numérique

OMC – CM14 à Yaoundé : pourquoi l’Inde veut réformer les règles du transfert de technologies sur les semi-conducteurs et les terres rares

[DIGITAL Business Africa] – À quelques semaines de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, l’Inde propose un projet de déclaration ministérielle visant à faciliter le transfert de technologies avancées vers les pays en développement et les pays les moins avancés.
Le document, transmis le 26 février 2026 par la délégation indienne dans le cadre des travaux du Groupe de travail du commerce et du transfert de technologie, met en avant l’importance stratégique de l’accès aux technologies pour permettre aux économies en développement de participer pleinement au commerce international.
Au-delà de la dimension commerciale, la proposition indienne s’inscrit dans un débat mondial de plus en plus intense sur l’accès aux technologies critiques, la souveraineté technologique et la réduction des inégalités numériques entre le Nord et le Sud.

Réduire les inégalités technologiques

Dans ce contexte, l’Inde estime que la concentration mondiale des capacités technologiques constitue aujourd’hui un frein majeur à la participation des pays du Sud au commerce mondial.
Plusieurs obstacles sont ainsi pointés du doigt dans le document : les contrôles restrictifs à l’exportation sur certains intrants stratégiques comme les puces semi-conductrices ou les terres rares, le coût élevé de l’accès aux technologies, les régimes rigides de propriété intellectuelle, mais aussi les contraintes liées au financement, aux compétences et aux infrastructures.
Selon le texte, ces facteurs compromettent l’accès équitable aux technologies et contribuent à accentuer les inégalités commerciales à l’échelle mondiale.
Dans le même temps, la communication indienne insiste sur l’importance des technologies respectueuses de l’environnement. Celles-ci sont présentées comme un levier essentiel pour renforcer la participation des pays en développement au commerce des services et améliorer la compétitivité de leurs économies dans un contexte de transition écologique mondiale.

Les semi-conducteurs et les terres rares au cœur des tensions technologiques

Au-delà des principes généraux, le projet de déclaration attire plus particulièrement l’attention sur les restrictions à l’exportation visant certains intrants technologiques critiques, notamment les puces semi-conductrices et les terres rares.
Ces ressources sont devenues, ces dernières années, un enjeu géopolitique majeur. Les grandes puissances technologiques ont multiplié les mesures de contrôle visant à limiter l’accès à certaines technologies avancées, en particulier dans le domaine des semi-conducteurs.
Les États-Unis ont par exemple renforcé les restrictions sur l’exportation de certaines puces et équipements de fabrication vers plusieurs pays jugés stratégiques, tandis que d’autres États ont adopté des politiques similaires afin de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.
Pour les pays en développement, ces restrictions ont des conséquences directes. L’accès limité aux composants électroniques avancés complique le développement d’industries numériques locales, la production d’équipements électroniques ou encore la participation aux chaînes de valeur mondiales dans des secteurs clés comme l’intelligence artificielle, les télécommunications, les véhicules électriques ou les infrastructures numériques.
Dans cette perspective, l’Inde considère que ces barrières technologiques accentuent les déséquilibres du commerce mondial. Selon New Delhi, les pays en développement se retrouvent confrontés à une double contrainte : d’un côté des règles commerciales qui les incitent à participer davantage au commerce international, et de l’autre un accès limité aux technologies nécessaires pour renforcer leur compétitivité.
C’est dans ce contexte que l’Inde propose que l’Organisation mondiale du commerce examine plus en profondeur les obstacles au transfert de technologies, notamment ceux liés aux contrôles à l’exportation, aux régimes de propriété intellectuelle ou encore aux coûts élevés d’accès aux technologies avancées.

Pourquoi les semi-conducteurs sont devenus stratégiques

Pour comprendre l’importance de ce débat, il faut rappeler le rôle central des semi-conducteurs dans l’économie numérique mondiale.
Les semi-conducteurs sont des composants électroniques essentiels qui servent de base à la fabrication des puces utilisées dans la quasi-totalité des équipements numériques modernes.
Ces puces sont présentes dans les smartphones et les ordinateurs, les réseaux de télécommunications, les centres de données, les systèmes d’intelligence artificielle, les satellites ou encore les véhicules électriques.
Autrement dit, sans semi-conducteurs, il n’existerait ni internet moderne, ni smartphones, ni intelligence artificielle.
Or la production mondiale de ces composants reste fortement concentrée. Une grande partie des puces les plus avancées est aujourd’hui fabriquée par un nombre très limité d’entreprises, principalement en Asie de l’Est.
Cette concentration rend l’accès à ces technologies particulièrement sensible sur le plan géopolitique et explique pourquoi la question des semi-conducteurs est devenue l’un des principaux champs de rivalité industrielle entre grandes puissances.

TSMC, acteur clé d’un marché sous tension

Cette concentration technologique s’illustre notamment dans le rôle central joué par l’entreprise taïwanaise TSMC dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs.
Le groupe fabrique près de 90 % des semi-conducteurs avancés utilisés dans les iPhone, les puces Nvidia ou encore les serveurs d’intelligence artificielle. Pendant des décennies, TSMC a concentré sa production de pointe à Taïwan, faisant de l’île un maillon critique de l’économie numérique mondiale.
Cette dépendance a toutefois poussé plusieurs pays, notamment les États-Unis, à chercher à relocaliser une partie de la production de semi-conducteurs.
Dans ce cadre, TSMC a annoncé en mars 2026 un programme d’investissement dépassant 100 milliards de dollars (environ 57 712 milliards de FCFA) pour développer ses capacités industrielles aux États-Unis, notamment autour de son usine en Arizona.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie industrielle plus large soutenue par la loi américaine CHIPS and Science Act, qui vise à reconstruire une base nationale de production de semi-conducteurs et à réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de l’Asie.

Cette politique bénéficie d’un soutien bipartisan à Washington. L’administration Biden avait notamment mis en scène en 2022 le lancement des investissements de TSMC dans son usine de l’Arizona, symbole du retour de la fabrication de puces avancées sur le sol américain.

De son côté, Donald Trump revendique également la paternité de cette dynamique industrielle. L’actuel président affirme que la décision de TSMC d’annoncer plus de 100 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis résulte directement des pressions commerciales et des menaces de droits de douane élevés qu’il avait brandies contre Taïwan et le marché mondial des semi-conducteurs.

Cette rivalité narrative illustre à quel point la question des semi-conducteurs est devenue un enjeu central de politique industrielle et de sécurité économique pour les grandes puissances.

Une feuille de route sur le transfert de technologie

Face à ces enjeux, la proposition indienne vise à inscrire la question du transfert de technologies au cœur de l’agenda de l’OMC.
Le document suggère notamment de confier au Groupe de travail du commerce et du transfert de technologie la mission de conduire des discussions ciblées sur les moyens de faciliter l’accès aux technologies pertinentes et avancées pour les pays en développement.
Ce groupe devra analyser les difficultés rencontrées par ces pays pour obtenir une part plus équitable du commerce international en raison de leur déficit technologique et identifier les lacunes existantes.
Il devra également formuler des recommandations pratiques pour faciliter le transfert de technologies, notamment dans les domaines liés à la transition écologique.

Vers une coopération internationale renforcée

Au-delà du cadre strict de l’OMC, la proposition indienne appelle également à une coopération internationale renforcée.
Le texte évoque notamment la nécessité de renforcer les synergies entre l’OMC et plusieurs organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l’Organisation mondiale de la santé, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ou encore la Banque mondiale.
L’objectif est de créer un environnement international plus favorable au transfert de technologies vers les pays en développement.

Pression sur les pays développés

Dans le même esprit, la communication indienne encourage les pays développés à partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques en matière de transfert de technologies.
Mais, elle va plus loin en les exhortant à mettre en place, sans retard indu, des mesures concrètes visant à faciliter l’accès aux technologies avancées pour les pays en développement et les pays les moins avancés.
Ces initiatives pourraient notamment contribuer à améliorer les flux commerciaux provenant de ces économies et à renforcer leur participation au système commercial multilatéral.

Yaoundé au cœur des débats sur la technologie et le commerce

Dans ce contexte, la Conférence ministérielle de l’OMC prévue à Yaoundé du 26 au 29 mars pourrait devenir un moment clé pour les discussions internationales sur l’accès aux technologies.
Organisée pour la première fois en Afrique centrale, cette réunion intervient dans un contexte marqué par une intensification des rivalités technologiques mondiales et par la montée des débats sur la souveraineté numérique.
Pour de nombreux pays africains, la question du transfert de technologies apparaît désormais comme un levier essentiel pour accélérer l’industrialisation, développer les infrastructures numériques et renforcer leur participation au commerce mondial.
La réunion de Yaoundé pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase de discussions sur l’accès équitable aux technologies dans le système commercial international.
Par Beaugas ORAIN DJOYUM 

Suspension des réseaux sociaux /Gabon : La HAC veut corser la mesure

[DIGITAL Business Africa] – La Haute Autorité de la Communication ne démord pas. Le régulateur gabonais entend s’attaquer aux Virtual Private Number (VPN). Le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a annoncé le 2 mars 2026 dans une interview à L’Union vouloir interdire les VPN.

Plusieurs utilisateurs resteraient connectés aux réseaux sociaux suspendus grâce à ces logiciels qui leur permettent de se géolocaliser hors du Gabon. Et cela n’a pas échappé à la vigilance de Germain Ngoyo Moussavou.

” Nous avons conscience de cela et nos services techniques partenaires travaillent à une exécution totale de la décision, y compris en intégrant la question des VPN qui se trouve être un moyen de contournement de notre mesure de suspension.

Cette mesure, rappelons-le, ne vise nullement à bâillonner les opinions qui continuent du reste de s’exprimer par d’autres canaux numériques non impactés par la suspension prononcée par la HAС.

Il faut savoir qu’il y a 3 types de VPN. Les VPN sécurisés sont d’ordre professionnel. Ils ne sont pas coupés et continuent de fonctionner en toute sécurité. Les VPN téléchargés avant la décision de la HAC fonctionnent sous surveillance des fournisseurs d’accès internet (FAI). Nous y veillons.

En revanche, les VPN non sécurisés dédiés aux réseaux sociaux ne fonctionnent pas ou du moins pas correctement.

Les fournisseurs d’accès internet veillent à ce que les décisions de la HAC soient appliquées jusqu’à ce que la mesure de suspension soit levée par les voies réglementaires qui sont en train d’être mises en place », a indiqué le président de la HAC.

La suspension des réseaux sociaux avait été prononcée le 17 février 2026. La HAC disait avoir constaté « la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux “.

Dans la foulée, une délégation de TikTok était annoncée au Gabon pour venir présenter les plans de signalement des contenus polémiques.

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

Mali : La plateforme de soutien scolaire « EDUMALI » officiellement lancée [Visitez !]

[DIGITAL Business Africa] – Une école en ligne arrimée au programme malien à portée de main. La plateforme EDUMALI a été officiellement lancée ce 7 mars 2026 par un groupe de jeunes. Le PDG de la plateforme EDUMALI, Amadou Cissé, a confié que cette plateforme dépasse le cadre de l’enseignement en ligne. Elle apporte une innovation, à savoir un accompagnement personnalisé des apprenants.

Cette plateforme s’adresse à un large public : les élèves cherchant l’excellence, les parents souhaitant suivre le parcours de leurs enfants, et les organisations désireuses de moderniser leurs approches pédagogiques.

Cette initiative vise donc à contribuer au développement de l’éducation numérique au Mali à travers une plateforme dédiée au partage de connaissances et à l’apprentissage.

La plateforme EduMali propose une plateforme de soutien scolaire comprenant :

• Cours vidéo : vidéos pédagogiques structurées par chapitre et leçon, conformes au programme national malien.

• Cours texte : supports écrits détaillés et structurés.

• Mentorat : suivi personnalisé par un tuteur-mentor qualifié pour chaque cohorte d’élèves.

• Quiz interactifs : auto-évaluations après chaque leçon.

• Devoirs structurés : exercices pratiques avec correction par les mentors.

• Examens blancs : préparation aux épreuves officielles (DEF, baccalauréat).

• Suivi parental : interface de suivi de la progression des enfants pour les parents

Visitez le site après avoir cliqué sur le lien suivant https://edumali.ml/about-us

Pas de confusion entre EduMali et EduMali SAS. Il s’agit d’une même entité. EduMali (la plateforme/app) est le service numérique d’apprentissage en ligne, incluant un “Coach Pro” vocal. EduMali SAS (l’entreprise) désigne la structure légale basée à Bamako (immeuble Kimi, Baco-Djicoroni).

Par Jean Materne Zambo, source : edumali.ml

 

Celestin GUELA SIMO : “À Afriland First Bank, notre stratégie de transformation numérique place la femme au centre”

[Digital Business Africa-Avis d’expert]-  Digital Business Africa propose la TRIBUNE du Directeur Général Afriland First Bank à l’occasion du 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes. Il présente la vision d’Afriland First Bank pour l’autonomisation économique des femmes
Pour lui, INVESTIR DANS LA FEMME, C’EST BÂTIR LE Cameroun ET L’AFRIQUE DE DEMAIN
Chaque 8 mars, le monde s’arrête un instant pour célébrer la femme. Au-delà des fleurs et des discours, cette journée doit être l’occasion d’un engagement sincère et mesurable. En Afrique centrale où les femmes représentent près de 52 % de la population et sont le pilier de l’économie informelle, l’enjeu n’est plus de savoir si nous devons agir, mais comment nous devons accélérer l’inclusion sociale.
A Afriland First Bank, nous avons fait un choix stratégique : l’autonomisation économique des femmes n’est pas un programme social en marge de notre activité. C’est un levier central de notre mission et de notre plan stratégique Horizon 2030.

Les obstacles persistent

Dans la zone CEMAC, moins de 25 % des femmes détiennent un compte bancaire formel. L’accès au crédit reste un obstacle majeur : les femmes entrepreneures reçoivent une fraction infime des financements accordés par le secteur bancaire. Non pas par manque de talent, de créativité ou de résilience – mais par manque de garanties formelles, de réseaux et d’accompagnement adapté. Evidemment ce ne sont pas les femmes qui manquent de capacités. C’est parfois le système financier qui manque d’imagination. Et c’est précisément ce paradigme qu’Afriland First Bank entend transformer.

Notre conviction : la femme est au cœur de la croissance africaine

Depuis sa création, Afriland First Bank porte la vision d’une banque au service de l’Afrique réelle, celle des marchés, des champs, des ateliers et des foyers. Cette Afrique a un visage majoritairement féminin. La commerçante de Douala qui traverse les frontières avec sa marchandise, l’agricultrice du Grand Nord qui nourrit sa communauté, la jeune diplômée de Yaoundé qui lance sa start-up technologique… Voilà autant de pistons du moteur de la transformation que nous devons accompagner.
D’après plusieurs études internationales, chaque franc investi dans l’autonomisation économique d’une femme génère un effet multiplicateur considérable sur l’éducation des enfants, la santé communautaire et la croissance locale. Investir dans la femme, ce n’est pas faire de la philanthropie. C’est faire de la bonne stratégie économique.

Notre engagement

A Afriland First Bank, nous ne croyons pas aux déclarations d’intention sans lendemain. Notre engagement pour l’autonomisation des femmes se traduit en actions mesurables :
• Un accès facilité au crédit : Nous avons développé des produits financiers adaptés aux réalités des femmes entrepreneures : des lignes de crédit avec des conditions souples, des mécanismes de garantie alternatifs qui tiennent compte des spécificités de l’entrepreneuriat féminin, et un accompagnement personnalisé de la création à la croissance de l’entreprise.
• L’inclusion financière par le digital : Notre stratégie de transformation numérique place la femme au centre. Le mobile banking, les solutions de paiement simplifiées et les plateformes d’épargne digitale que nous déployons à travers notre présence dans toutes les localités visent en priorité à bancariser les femmes qui n’ont que rarement eu accès aux services financiers formels.
• La formation et le mentorat : Financer ne suffit pas. Nous investissons dans des programmes d’éducation financière, de gestion d’entreprise et de leadership féminin. Parce que l’autonomisation véritable passe par le savoir et la confiance en soi.
• La parité en interne : L’engagement commence chez nous. Afriland First Bank travaille activement à renforcer la représentation des femmes aux postes de responsabilité, à garantir l’équité salariale et à créer un environnement de travail où chaque personne peut réaliser pleinement son potentiel.

Horizon 2030 : une ambition transformatrice

Dans le cadre de notre plan stratégique Afriland Horizon 2030, nous nous fixons des objectifs ambitieux : augmenter significativement la part des femmes dans notre portefeuille de crédit PME, déployer des programmes dédiés à l’entrepreneuriat féminin dans chacune de nos localités et devenir la banque de référence en matière de finance inclusive pour les femmes en Afrique centrale et au-delà.
Nous renforçons également nos partenariats avec les institutions de développement telles que Proparco, la Société Financière Internationale (IFC), la Islamic Development Bank (IDB) et l’African Guarantee Fund (AGF) pour mobiliser des ressources dédiées au financement des femmes. Ces alliances stratégiques nous permettent de démultiplier notre impact et de créer un écosystème favorable à l’émancipation économique de la femme.

Un appel à l’action collective

L’autonomisation économique des femmes ne peut être l’affaire d’une seule institution. C’est un défi systémique qui appelle une réponse collective. J’invite mes pairs du secteur bancaire, les régulateurs de la COBAC et de la BEAC, les pouvoirs publics et la société civile à conjuguer nos efforts.
Ensemble, nous pouvons faire de la zone CEMAC un espace où être femme n’est plus un handicap économique mais un atout. Un espace où le talent, l’ambition et le travail sont les seuls critères de réussite.

Au-delà du 8 mars…

Le 8 mars n’est pas une destination. C’est un point de départ renouvelé chaque année. A Afriland First Bank, notre engagement envers les femmes ne se limite pas à une journée. Il est inscrit dans notre ADN, dans notre stratégie, dans chaque décision que nous prenons.
Parce que nous en sommes profondément convaincus : une Afrique qui libère le potentiel économique de ses femmes est une Afrique qui avance deux fois plus vite.
Bonne fête à toutes les femmes ! Et surtout, bon courage pour les 364 autres jours de l’année où l’essentiel reste à construire.
Afriland First Bank
La Banque Africaine du Millénaire
Par Celestin GUELA SIMO, Directeur Général

Starlink Direct to Cell : MTN Zambia devient le premier opérateur africain à connecter un smartphone directement aux satellites

[DIGITAL Business Africa] – L’opérateur télécoms MTN Zambia annonce une première sur le continent africain : la réussite des tests sur le terrain de la technologie satellitaire « Direct to Cell » de Starlink, une innovation qui permet de connecter directement les téléphones mobiles aux satellites sans infrastructure terrestre.
Dans un communiqué publié le 6 mars 2026 à Lusaka, MTN Zambia indique avoir réalisé avec succès la première session de données ainsi qu’une transaction fintech via cette technologie, en utilisant le spectre de l’opérateur combiné à la constellation de satellites Starlink.
Selon l’opérateur, cette étape ouvre la voie à un lancement commercial du service dans les prochaines semaines, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires.
Une connectivité mobile via satellite
La technologie Starlink Direct to Cell permet aux utilisateurs d’accéder à des services de données, de voix et de vidéo directement depuis leurs smartphones compatibles LTE ou 4G, même dans les zones les plus isolées où les réseaux terrestres sont inexistants.
Concrètement, les satellites Starlink agissent comme des stations de base cellulaires dans l’espace. Équipés d’antennes à réseau phasé de dernière génération, ils peuvent se connecter aux téléphones mobiles au sol puis transmettre les données à travers le réseau satellitaire Starlink grâce à des liaisons laser inter-satellites.
Ce système permet une intégration du réseau comparable à celle d’un partenaire d’itinérance classique pour les opérateurs mobiles.
WhatsApp, MoMo et services numériques accessibles partout
Selon MTN Zambia, les utilisateurs pourront accéder à plusieurs applications populaires, notamment les appels vocaux et vidéo WhatsApp, l’application de mobile money MoMo, l’application MyMTN ainsi que des services de navigation ou de météo.
Cette innovation vise particulièrement les zones rurales ou difficilement accessibles, notamment les parcs nationaux, les régions enclavées ou encore les zones entourées de lacs et de rivières où l’installation d’infrastructures télécoms est souvent complexe et coûteuse.
Vers une nouvelle étape dans la couverture mobile en Afrique
Avec ces essais réussis, MTN Zambia devient le premier opérateur africain à franchir cette étape dans l’intégration de la connectivité satellitaire directe aux réseaux mobiles.
L’opérateur a salué l’accompagnement du ministère zambien de la Technologie et de la Science ainsi que du régulateur Zambia Information and Communication Technology Authority (ZICTA), qui ont supervisé le processus.
Cette expérimentation confirme la montée en puissance des technologies satellitaires dans les stratégies de couverture des opérateurs mobiles, à l’heure où plusieurs acteurs comme SpaceX, AST SpaceMobile ou encore Lynk Global cherchent à connecter directement les smartphones aux satellites.
Pour l’Afrique, où des millions de personnes vivent encore hors de portée des réseaux mobiles traditionnels, ces solutions pourraient accélérer l’inclusion numérique et réduire les zones blanches.
Par Digital Business Africa 

Numérique en Afrique : le Malawi sollicite l’expertise du Ghana pour accélérer sa transformation digitale

[DIGITAL Business Africa] – Le Malawi entend s’appuyer sur l’expérience du Ghana afin d’accélérer sa transformation numérique et de renforcer les bases de son économie digitale. Cette volonté de coopération a été exprimée en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du 2 au 5 mars, un rendez-vous international qui réunit gouvernements, entreprises technologiques et acteurs majeurs de l’écosystème numérique.

Lors de cet événement, le ministre malawite de l’Information et de la Numérisation, Shadric Namalomba, a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George, à établir un partenariat bilatéral visant à reproduire au Malawi les succès du Ghana en matière d’innovation numérique et de transformation digitale.

Dans une interview accordée au média Techfocus24 et relayée par son ministère, Samuel Nartey George a indiqué que le Malawi souhaite bénéficier de l’expertise ghanéenne dans plusieurs domaines clés du numérique. Parmi les secteurs identifiés figurent notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour l’accès à Internet en zones rurales, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech ainsi que les solutions intégrant l’intelligence artificielle.

Afin de concrétiser cette coopération, le ministre ghanéen prévoit de conduire prochainement une délégation composée de 15 à 20 entreprises technologiques du Ghana au Malawi. Cette mission aura pour objectif d’accompagner le déploiement de plusieurs solutions numériques, notamment dans les domaines de l’identification nationale, des services fintech et des plateformes d’e-gouvernement.

« Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’intelligence artificielle afin qu’ils puissent s’appuyer dessus », a expliqué Samuel Nartey George.

Cette dynamique de coopération intervient dans un contexte où le Malawi cherche à faire du numérique un moteur de développement socio-économique inclusif. Le pays a notamment lancé le programme Digital Malawi, soutenu par la Banque mondiale, dont l’objectif est de jeter les bases d’une économie et d’une administration publique davantage axées sur les technologies numériques afin d’améliorer l’accès aux services pour les citoyens.

Les autorités malawites reconnaissent toutefois que la transformation numérique ne repose pas uniquement sur les infrastructures technologiques. Selon le gouvernement, il est tout aussi essentiel d’investir dans le leadership numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la transparence ainsi que dans le développement des compétences numériques.

Malgré ces ambitions, le Malawi reste confronté à plusieurs défis structurels. Dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI), le pays occupe la 163ᵉ place mondiale en 2024, avec un score de 0,3753, inférieur aux moyennes régionale et mondiale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Malawi affiche également un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025, avec un taux de pénétration d’Internet estimé à seulement 18 %.

Sur le plan de la cybersécurité, le pays se situe au troisième niveau (tier 3) sur cinq dans l’indice mondial de cybersécurité de l’UIT, ce qui traduit des progrès dans les cadres réglementaires et organisationnels, mais également des efforts encore nécessaires en matière de mesures techniques, de renforcement des capacités et de coopération internationale.

À l’inverse, le Ghana figure parmi les pays africains les plus avancés dans ce domaine. Il est classé au premier niveau mondial de maturité en cybersécurité par l’UIT, tandis qu’il occupe la 108ᵉ place à l’EGDI, avec un score de 0,6317, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent.

L’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique suscite d’ailleurs un intérêt croissant sur le continent. Avant le Malawi, la Zambie avait également manifesté son intention de s’inspirer du modèle ghanéen pour accélérer la modernisation de son écosystème numérique.

Cette coopération Sud-Sud pourrait ainsi contribuer à renforcer l’intégration technologique africaine et à accélérer la transition numérique de plusieurs économies du continent.

Par Loic SOUOP

Maroc : le programme “Stay Cashless” accélère la digitalisation des paiements dans le tourisme

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc accélère la modernisation de son industrie touristique en misant sur les paiements numériques. Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire a lancé, le 18 février 2026 à Rabat, le programme “Stay Cashless”, en partenariat avec Attijariwafa Bank et Visa. Cette initiative vise à promouvoir les paiements électroniques dans l’écosystème touristique, tout en accompagnant les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) dans leur transition vers des solutions de paiement modernes.

Selon les autorités marocaines, ce partenariat public-privé doit permettre de simplifier et sécuriser les transactions pour les visiteurs internationaux, tout en facilitant l’accès des opérateurs touristiques aux technologies financières. L’objectif est d’améliorer l’expérience des touristes, dont les habitudes de consommation évoluent vers les paiements dématérialisés, mais également de renforcer la compétitivité du secteur face aux grandes destinations mondiales.

« La majorité des touristes préfèrent le paiement électronique. Il est donc essentiel que le Maroc favorise cette voie. Notre tourisme national connaît une dynamique exceptionnelle grâce à la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Avec 20 millions de touristes enregistrés en 2025 et environ 138 milliards de dirhams de recettes grâce au secteur, et pour rester dans cet élan, il faut que la digitalisation des paiements se développe »,déclare FATIM-ZAHRA AMMOR, ministre marocaine du Tourisme.

Concrètement, le programme permettra aux opérateurs touristiques : hôtels, restaurants, agences de voyage ou encore commerces liés au tourisme d’accepter plus facilement les paiements électroniques grâce à des solutions telles que les terminaux de paiement modernes, les portefeuilles numériques et la conversion dynamique de devises (DCC). Ce mécanisme permet notamment aux voyageurs de payer dans leur monnaie d’origine, améliorant la transparence et la confiance dans les transactions.

Les entreprises participantes bénéficieront également d’un accompagnement technique et commercial, incluant la formation à l’usage des outils numériques, des conditions tarifaires préférentielles sur les solutions de paiement et un appui à la digitalisation de leurs activités.

« Renforcer la compétitivité des acteurs, accompagner la digitalisation de l’ensemble des entreprises touristiques. Je dirais même plus largement l’écosystème touristique. Mais au-delà de l’amélioration de l’expérience des nouvelles solutions innovantes de paiement et d’un programme d’accompagnement des PME touristiques dans leur digitalisation et leur distribution. »HAMID BENTAHAR, président de la Confédération nationale du tourisme marocain

Selon les premières estimations du ministère du Tourisme, plus de 1 000 professionnels du secteur devraient être équipés de solutions de paiement numériques sécurisées dans le cadre de cette initiative. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale du Maroc et dans la feuille de route touristique 2023-2026, qui vise notamment à atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030, dans la perspective de la Coupe du monde 2030 que le Royaume coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Pour les partenaires financiers, le programme constitue également un levier d’inclusion financière. D’après Visa, les paiements numériques contribuent à améliorer la traçabilité des transactions, à réduire l’économie informelle et à faciliter l’accès des petites entreprises aux services financiers.

En modernisant les moyens de paiement et en accompagnant la transformation digitale des acteurs du tourisme, le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement comme destination touristique innovante et compétitive, tout en soutenant l’intégration des TPME dans l’économie numérique.

Par Loic SOUOP

Royaume-Uni – Politique migratoire : Pourquoi Londres suspend les visas étudiants camerounais malgré un faible volume de demande d’asile

[DIGITAL Business Africa] – La décision du gouvernement britannique du 04 mars 2026 d’imposer un « visa brake » visant notamment le Cameroun continue de susciter des interrogations. Les statistiques officielles du Home Office montrent en effet que le pays d’Afrique centrale ne figure pas parmi les principales nationalités qui demandent l’asile au Royaume-Uni. Pourtant, Londres a choisi de suspendre les visas étudiants sponsorisés pour les ressortissants camerounais, invoquant une hausse rapide des demandes d’asile par certaines voies d’entrée légales.

Très vite, le haut-commissaire du Royaume-Uni au Cameroun, Matt Woods, a déclaré dans un communiqué que  « dès le 26/03/26, les demandes de visa des ressortissants camerounais relevant de la catégorie Student Visa seront REFUSÉES, selon le mécanisme du “Visa Brake” introduit par le gouvernement britannique pour certaines catégories de visas. ». Tout en expliquant plus tard, dans une vidéo, que plus de 30 % des Camerounais ayant obtenu un visa étudiant ces deux dernières années ont ensuite demandé l’asile, en violant ainsi les termes de leur visa.

Selon les données du ministère britannique de l’Intérieur pour l’année 2025, les demandes d’asile proviennent majoritairement de pays tels que le Pakistan (10 638 demandes), l’Érythrée (8 948), l’Iran (7 419) et l’Afghanistan (6 462). Plusieurs autres nationalités dépassent également largement le seuil de 5 000 demandes.

À l’inverse, le Cameroun n’apparaît pas dans le Top 20 des nationalités ayant enregistré le plus de demandes d’asile. Les ressortissants camerounais sont regroupés dans la catégorie « Other », qui rassemble l’ensemble des nationalités représentant chacune un volume de demandes plus faible.

Cette réalité statistique soulève donc une question centrale : pourquoi Londres cible-t-il le Cameroun alors que son poids global dans les demandes d’asile reste relativement limité ?

Top 20 des nationalités demandant l’asile au Royaume-Uni en 2025

Rang Nationalité Demandes d’asile Décisions initiales Protections accordées Refus Taux d’acceptation
1 Pakistan 10 638 16 054 5 201 10 853 35%
2 Eritrea 8 948 10 017 8 748 1 269 87%
3 Iran 7 419 11 487 7 113 4 374 58%
4 Afghanistan 6 462 11 946 4 616 7 330 34%
5 Bangladesh 6 247 8 981 1 174 7 807 16%
6 Sudan 5 869 7 450 7 029 421 94%
7 India 5 751 4 095 23 4 072 0%
8 Somalia 4 777 3 330 1 237 2 093 35%
9 Nigeria 2 904 3 623 856 2 767 28%
10 Vietnam 2 428 3 515 659 2 856 19%
11 Brazil 2 416 1 592 14 1 578 1%
12 Iraq 2 370 4 252 1 284 2 968 29%
13 Sri Lanka 2 243 4 114 1 090 3 024 29%
14 Ethiopia 2 096 2 065 1 189 876 57%
15 Syria 1 959 660 64 596 9%
16 Turkey 1 883 4 988 977 4 011 19%
17 Albania 1 816 1 874 121 1 753 5%
18 Yemen 1 776 2 594 2 506 88 97%
19 Ukraine 1 503 2 040 256 1 784 12%
20 China 1 471 1 717 230 1 487 11%

Dans le même temps, les visas étudiants délivrés aux Camerounais restent relativement modestes, oscillant autour de quelques centaines par an. Les données issues du Home Office britannique indiquent par exemple :

Année Nombre de demandes
2018 262
2019 262
2020 249
2021 437
2022 520
2023 489
2024 455
2025* 507

Une décision basée sur les ratios plutôt que sur le volume

L’explication avancée par le Home Office ne repose pas sur le volume total des demandes d’asile, mais sur leur évolution récente et les voies d’entrée utilisées. Le gouvernement britannique affirme avoir constaté une forte hausse des demandes d’asile déposées par des personnes entrées légalement au Royaume-Uni, notamment avec des visas étudiants.

Les autorités indiquent que les demandes d’étudiants originaires de quatre pays — l’Afghanistan, le Cameroun, le Myanmar et le Soudan — auraient augmenté de plus de 470 % entre 2021 et 2025.

Selon les déclarations du Home Office, les demandes d’étudiants originaires du Cameroun auraient augmenté de plus de 330 % sur la même période. Sur le site web du ministère britannique de l’Intérieur, les données détaillées sur le nombre exact d’étudiants camerounais ayant demandé l’asile ne sont toutefois pas publiées. Digital Business Africa reviendra sur cette question dans un prochain article.

Néanmoins, une analyse croisée des données du Home Office apporte un éclairage supplémentaire. Les statistiques montrent que le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni — c’est-à-dire des demandes enregistrées « In Country » par les demandeurs principaux (étudiants, touristes, travailleurs ou autres statuts) — est passé d’environ 101 cas en 2021 à 544 en 2025.

Lorsque l’on compare ces deux séries statistiques, un phénomène particulier apparaît. En 2024 et 2025, le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni dépasse le nombre de visas étudiants délivrés au cours de ces mêmes années.

En 2024, par exemple, 478 demandes d’asile « In Country » ont été enregistrées pour 455 visas étudiants délivrés. En 2025, les statistiques indiquent 544 demandes d’asile pour 507 visas étudiants délivrés (données disponibles jusqu’en septembre).

Ce ratio inhabituellement élevé semble constituer l’un des principaux signaux d’alerte pour les autorités britanniques.

Tableau comparatif Cameroun vs Nigeria des demandes d’asile faites par les résidents au Royaume-Uni (étudiants, touristes, travailleurs ou autres statuts)

 

Année Cameroun Nigeria
2010 80 716
2011 76 657
2012 104 863
2013 111 882
2014 125 860
2015 129 880
2016 147 1130
2017 205 1013
2018 185 802
2019 214 818
2020 102 480
2021 101 490
2022 218 667
2023 167 704
2024 478 1721
2025 544 1846

 

Ratio Cameroun : Visas étudiants vs demandes d’asile

Année Visas étudiants Demandes d’asile Ratio Asile / Visa
2018 262 185 71 %
2019 262 214 82 %
2020 249 102 41 %
2021 437 101 23 %
2022 520 218 42 %
2023 489 167 34 %
2024 455 478 105 %
2025 (jusqu’en septembre 2025) 507 544 107 %

NB: Demande d’asile, comprenant tous les Camerounais au Royaume-Uni

Jusqu’en 2023, les demandes d’asile restent inférieures au nombre de visas étudiants délivrés. Une analyse croisée des statistiques du Home Office montre qu’en 2024 et 2025, le nombre de demandes d’asile déposées par des Camerounais déjà présents au Royaume-Uni dépasse celui des visas étudiants délivrés au cours de ces mêmes années. Ce ratio inhabituellement élevé, même sur un volume global relativement limité, pourrait expliquer la décision des autorités britanniques de restreindre l’accès aux visas étudiants pour cette nationalité.

Un contraste frappant avec le Nigeria

La comparaison avec d’autres pays africains éclaire davantage la logique du gouvernement britannique. Le Nigeria, par exemple, est l’une des principales nationalités étudiantes au Royaume-Uni.

Les données du Home Office indiquent que plus de 58 000 visas étudiants ont été délivrés à des Nigérians en 2022. Même après un recul récent, le pays compte encore plus de 25 000 visas étudiants en 2025 (données jusqu’en septembre).

Dans le même temps, les demandes d’asile déposées par des Nigérians déjà présents au Royaume-Uni restent faibles par rapport. En 2025, on dénombre 1 846 demandes d’asile « In Country – Main Applicant » pour plus de 25 000 visas étudiants délivrés, soit un ratio d’environ 7 %.

Ratio Nigeria : Visas étudiants vs demandes d’asile

Année Visas étudiants Demandes d’asile Ratio Asile / Visa
2018 5641 802 14 %
2019 7027 818 12 %
2020 9876 480 5 %
2021 27011 490 2 %
2022 58673 667 1 %
2023 40869 704 2 %
2024 21109 1721 8 %
2025 (jusqu’en septembre 2025) 25362 1846 7 %

Pour le Cameroun, ce ratio dépasse en revanche 100 % certaines années, ce qui signifie que les demandes d’asile enregistrées peuvent être comparables, voire supérieures, au nombre de visas étudiants délivrés.

Comparaison révélatrice des ratios Cameroun vs Nigeria

Année Ratio Cameroun Ratio Nigeria
2022 42 % 1 %
2023 34 % 2 %
2024 105 % 8 %
2025 107 % 7 %

Autrement dit, même si le nombre total d’étudiants camerounais au Royaume-Uni reste faible, la proportion de demandes d’asile parmi les personnes déjà présentes dans le pays apparaît nettement plus élevée.

Une transformation du système d’asile britannique

Cette situation s’inscrit dans une transformation plus large du système d’asile britannique. Selon le Home Office, près de 39 % des demandes d’asile déposées au Royaume-Uni en 2025 proviennent désormais de personnes entrées légalement sur le territoire, notamment avec des visas étudiants ou de travail.

Les statistiques du ministère indiquent qu’au cours de l’année se terminant en décembre 2025, 39 095 demandeurs d’asile détenaient un visa ou une autre forme de séjour avant de déposer leur demande.

Parmi eux :

  • 35 % détenaient un visa de travail
    • 32 % détenaient un visa étudiant
    • 19 % détenaient un visa de visiteur
    • 14 % détenaient d’autres formes de séjour

Ces chiffres illustrent une évolution majeure : une part croissante des demandes d’asile émane désormais de personnes entrées légalement au Royaume-Uni.

Pourquoi ce sujet concerne aussi l’écosystème numérique africain

Au-delà des questions migratoires, ce dossier concerne également l’écosystème technologique africain. Une part importante des étudiants africains qui se rendent au Royaume-Uni choisit des formations dans des domaines liés aux technologies, notamment l’informatique, la science des données, l’ingénierie, la cybersécurité ou encore l’intelligence artificielle.

Selon les statistiques de l’Agence britannique des statistiques de l’enseignement supérieur (HESA), les étudiants internationaux au Royaume-Uni se concentrent principalement dans des domaines tels que Business and Management, l’informatique (Computing/IT), l’ingénierie et les sciences sociales, qui figurent parmi les filières les plus populaires dans les universités britanniques.

Pour de nombreux étudiants camerounais, les universités britanniques représentent ainsi une voie d’accès à des compétences technologiques avancées qui sont ensuite valorisées dans les secteurs du numérique, des télécommunications, de la fintech ou encore de l’innovation.

La décision britannique de suspendre certains visas étudiants pourrait donc avoir des implications au-delà des questions migratoires, en touchant également les trajectoires de formation de nombreux jeunes Africains dans les domaines stratégiques des technologies et du numérique.

C’est aussi pour cette raison que Digital Business Africa, média spécialisé dans l’actualité des TIC, des télécommunications et de l’innovation en Afrique, s’intéresse à cette décision et à ses éventuelles conséquences sur les dynamiques de formation et de circulation des compétences numériques entre l’Afrique et les grands pôles technologiques internationaux.

Une mesure qui interroge la cohérence de la politique migratoire

Malgré les explications avancées par Londres, la décision continue de susciter des interrogations. Si le Cameroun présente un ratio élevé entre visas étudiants et demandes d’asile, le volume global reste très inférieur à celui de plusieurs autres nationalités présentes dans le système d’asile britannique.

La question posée dépasse donc largement le seul cas camerounais. Pourquoi choisir de suspendre l’accès aux visas étudiants pour l’ensemble d’une nationalité plutôt que de traiter directement les situations individuelles dans lesquelles des titulaires de visas étudiants demandent l’asile après leur arrivée au Royaume-Uni ? Et pourquoi une telle mesure intervient-elle alors que d’autres pays, comme le Nigeria, continuent d’envoyer des dizaines de milliers d’étudiants vers les universités britanniques chaque année ?

Au-delà du débat migratoire, cette décision renvoie en réalité à une transformation plus profonde : celle de la géopolitique mondiale de la formation et des talents. Depuis deux décennies, les grandes universités anglo-saxonnes sont devenues des pôles majeurs de formation pour les élites scientifiques, technologiques et entrepreneuriales du Sud global.

Dans ce contexte, les politiques de visas étudiants ne relèvent plus seulement de la gestion administrative des migrations. Elles deviennent aussi des instruments de politique économique, scientifique et géopolitique.

La décision britannique pose dès lors une question plus large pour l’Afrique : dans un monde où les grandes puissances durcissent progressivement leurs politiques migratoires, comment les pays du continent pourront-ils continuer à former, attirer et retenir les compétences technologiques dont dépend leur transformation numérique ?

Pour les universités britanniques, les étudiants africains et les écosystèmes numériques émergents du continent, l’évolution de ces politiques pourrait bien annoncer une nouvelle phase de la compétition mondiale pour les talents.

Par Beaugas Orain DJOYUM

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Royaume-Uni : Londres suspend les visas étudiants pour les Camerounais après une explosion des demandes d’asile

Royaume-Uni : Londres suspend les visas étudiants pour les Camerounais après une explosion des demandes d’asile

[DIGITAL Business Africa] – Le Royaume-Uni durcit sa politique migratoire et place désormais le Cameroun parmi les pays visés par une mesure exceptionnelle de restriction des visas. Dans une annonce publiée le 4 mars 2026, le Home Office britannique a indiqué l’instauration pour la première fois d’un « emergency brake » (frein d’urgence) sur certains visas, après une hausse jugée préoccupante des demandes d’asile déposées par des personnes arrivées par des voies légales.

Cette décision concerne quatre pays : l’Afghanistan, le Cameroun, le Myanmar et le Soudan. Concrètement, Londres va mettre fin à la délivrance de visas d’études sponsorisés pour les ressortissants de ces États, tandis que les visas de travail qualifié seront également suspendus pour les ressortissants afghans.

Selon les autorités britanniques, cette mesure est motivée par l’augmentation rapide des demandes d’asile déposées par des étudiants entrés légalement au Royaume-Uni. Entre 2021 et 2025, ces demandes auraient progressé de plus de 470 % dans les quatre pays concernés. Au Cameroun et au Soudan, les demandes d’asile introduites par des étudiants auraient augmenté de plus de 330 % sur la période.

Le Home Office affirme également que le nombre de personnes demandant l’asile après une entrée légale au Royaume-Uni a fortement progressé ces dernières années. En 2025, ces cas représentaient 39 % des 100 000 demandes d’asile enregistrées dans le pays. Au total, plus de 133 000 personnes auraient demandé l’asile après être arrivées légalement au Royaume-Uni au cours des cinq dernières années.

Les autorités britanniques expliquent que cette situation pèse lourdement sur les finances publiques. Le système d’aide aux demandeurs d’asile coûterait actuellement plus de 4 milliards de livres sterling par an aux contribuables britanniques. Près de 16 000 ressortissants des quatre pays concernés bénéficieraient actuellement d’un soutien public, dont plus de 6 000 hébergés dans des hôtels.

La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, prend une décision qu’elle qualifie d’« inédite ». « La Grande-Bretagne offrira toujours refuge aux personnes qui fuient la guerre et les persécutions, mais notre système de visas ne doit pas être détourné », a-t-elle déclaré. « C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser des visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité. »

Cette mesure s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire britannique. Le gouvernement prévoit de présenter de nouvelles réformes législatives visant à « restaurer l’ordre et le contrôle aux frontières ». Londres indique également vouloir réduire les « facteurs d’attraction » qui encouragent les migrations irrégulières vers le Royaume-Uni.

Les nouvelles restrictions entreront officiellement en vigueur le 26 mars 2026, à la suite d’une modification des règles d’immigration prévue le 5 mars.

Selon les statistiques officielles du Home Office britannique, le Cameroun figure parmi les dix premiers pays africains dont les ressortissants obtiennent des visas d’études sponsorisés pour le Royaume-Uni. Entre 2018 et 2025, 3 181 visas étudiants ont été délivrés à des Camerounais, plaçant le pays à la 10e position en Afrique, loin toutefois derrière le Nigeria qui domine largement avec plus de 195 000 visas accordés sur la même période.

Visas étudiants sponsorisés accordés au Cameroun par le Royaume Uni

Année Nombre de demandes
2018 262
2019 262
2020 249
2021 437
2022 520
2023 489
2024 455
2025* 507

 

Top 10 des pays africains ayant obtenu des visas étudiants sponsorisés au Royaume Uni

Rang Pays Nombre total de visas
1 Nigeria 195 568
2 Ghana 23 933
3 Egypt 12 978
4 Kenya 12 805
5 Morocco 6 878
6 South Africa 4 921
7 Zimbabwe 4 398
8 Algeria 4 387
9 Uganda 3 491
10 Cameroon 3 181

 

Pour les ressortissants camerounais, cette décision pourrait avoir des conséquences importantes, notamment pour les étudiants souhaitant poursuivre leurs études au Royaume-Uni. Le pays figure en effet parmi les destinations privilégiées pour les formations supérieures internationales, notamment dans les domaines du management, des technologies et de la finance.

Cette évolution intervient dans un contexte global de durcissement des politiques migratoires en Europe et dans plusieurs pays occidentaux, où les gouvernements cherchent à mieux contrôler les flux migratoires tout en maintenant des dispositifs d’accueil pour les réfugiés considérés comme les plus vulnérables.

Elle pourrait également relancer le débat au Cameroun sur les dynamiques migratoires, l’attractivité des universités locales et les politiques de mobilité internationale des étudiants.

Par Digital Business Africa

Cameroun : La 1ère classe intelligente au secondaire inaugurée, 40 millions de FCFA pour les 12 lauréats de l’Agritech Innovation Challenge [postulez !]

[DIGITAL Business Africa] – Le lycée général Le Clerc accueille la toute première classe intelligente au secondaire. Le premier ministre, Joseph Dion Ngute, a inauguré l’infrastructure ce 3 mars 2026 à Yaoundé. La salle comprend des ordinateurs, des tableaux interactifs, des outils collaboratifs…

Offerte par le Commonwealth Enterprise and Investment Council, la classe intelligente devrait accélérer le processus de transformation numérique dans l’enseignement secondaire au Cameroun. Une infrastructures révolutionnaire selon Simon Leung, maître d’ouvrage.

« L’infrastructure est capable de fonctionner pleinement, même dans des endroits où celles traditionnelles sont limitées. Là est d’ailleurs l’idée qui a motivé la conception de cette salle de classe », a-t-il dit.

Le Commonwealth Enterprise and Investment Council ne compte pas s’arrêter à Yaoundé, 350 autres écoles secondaires à travers le Cameroun seront également équipées de classes intelligentes, a promis le chef du Gouvernement.

Le projet est né d’un partenariat entre le gouvernement camerounais, le Conseil des entreprises et des investissements du Commonwealth et l’entreprise technologique Promethean, et ambitionne de préparer les élèves aux exigences du monde numérique et de rompre avec le modèle strictement magistral.

 

Agritech Innovation Challenge : 40 millions de FCFA à distribuer aux 12 lauréats

 

Pour cette deuxième édition de l’Agritech Innovation Challenge, le nombre de lauréats devant se partager la cagnotte de 40 millions de FCFA passe de 10 à 12. Les candidatures sont ouvertes depuis le 27 février 2026 jusqu’au 15 mars 2026. Le concours s’adresse aux startups proposant des solutions innovantes dans l’agriculture, l’élevage, la pêche ou la finance agricole.

Vous avez jusqu’au 15 mars 2026 pour postuler via :

-Site web : agritechchallenge.cm

– LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/patnuc/

– Facebook : https://web.facebook.com/patnuc

– Chaîne WhatsApp : https://whatsapp.com/channel/0029VafFjsy0bIdjXMeeDZ3h

L’ Agritech Innovation Challenge est porté parle Projett d’Accélération de la Transformation numérique au Cameroun (PATNUC). C’est un programme structurant qui vise à faire du numérique un levier de développement inclusif, au service de l’État, des citoyens et du monde agricole.

– Stratégie, politiques et réglementation numériques

Mettre en place un cadre juridique, institutionnel et réglementaire moderne pour sécuriser, encadrer et stimuler le développement du numérique au Cameroun.

– Connectivité et inclusion numériques

Étendre l’accès à Internet et aux infrastructures numériques, notamment dans les zones rurales et au sein des services publics essentiels (écoles, hôpitaux, collectivités).

– Agriculture numérique basée sur les données

Déployer des plateformes numériques agricoles, valoriser les données (sols, production, élevage) et accompagner les agriculteurs et startups AgriTech vers plus de productivité et de valeur.

– Gestion du projet et engagement citoyen

Assurer une gouvernance efficace, le suivi-évaluation, la communication, la transparence et l’implication active des citoyens.

Par Jean Materne Zambo, source: patnuc.cm

Algérie : une stratégie nationale 2025-2029 pour renforcer la cybersécurité et protéger la souveraineté numérique

[DIGITAL Business Africa] – Face à la multiplication des menaces dans le cyberespace, l’Algérie se dote d’une nouvelle feuille de route pour renforcer la sécurité de ses systèmes d’information. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a présenté, mardi 3 mars, la Stratégie nationale 2025-2029 pour la sécurité des systèmes d’information, un document validé par le président Abdelmadjid Tebboune.

Cette stratégie vise à structurer la réponse de l’État face à la montée des cybermenaces et à améliorer la résilience numérique du pays dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation digitale. Elle repose sur plusieurs axes prioritaires, notamment le renforcement des capacités techniques, l’amélioration de la coordination entre les institutions publiques, ainsi que le développement de mécanismes plus efficaces de prévention et de gestion des crises cyber. Les autorités entendent également intensifier les actions de sensibilisation auprès des administrations, des entreprises et des citoyens, afin de promouvoir une culture de cybersécurité à l’échelle nationale.

Selon le ministère de la Défense nationale, cette stratégie poursuit trois objectifs majeurs : protéger les infrastructures critiques, sécuriser les données sensibles de l’État et assurer la continuité des services publics face aux risques numériques. À travers cette initiative, le gouvernement ambitionne également de renforcer la souveraineté numérique du pays et de restaurer la confiance dans l’environnement digital national.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte pression cyber. D’après les données publiées par l’entreprise de cybersécurité Kaspersky, l’Algérie a subi plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été détectées et neutralisées, illustrant l’ampleur des menaces visant les systèmes numériques du pays.

Sur le plan international, l’Algérie se situe actuellement au niveau « établissement » (T3) dans la 5ᵉ édition de l’International Telecommunication Union Global Cybersecurity Index 2024, un classement qui reflète un cadre de cybersécurité déjà structuré mais encore en phase de consolidation.

Au-delà des enjeux de sécurité nationale, le renforcement des capacités de cybersécurité apparaît également comme un impératif économique. À l’échelle mondiale, la cybercriminalité représente aujourd’hui un coût annuel de plusieurs milliers de milliards de dollars pour les entreprises et les États. Dans ce contexte, la stratégie 2025-2029 entend créer un environnement numérique plus sûr afin de soutenir le développement de l’économie digitale algérienne et de protéger les investissements liés à la transformation numérique.

Par Loic SOUOP

MWC 2026 : La GSMA sélectionne 6 pays africains pour tester les smartphones 4G à 40$

[DIGITAL Business Africa] – La Global System for Mobile Communications (GSMA) milite pour un accès au smartphone pour tous. Le Mobile World Congress a été l’occasion pour l’organisation de réaffirmer cet engagement. Une table ronde organisée par la GSMA ce 2 mars 2026 a réuni les acteurs de l’écosystème du numérique, notamment des Africains, pour trouver les solutions adéquates à la fracture numérique.

Parmi ces solutions, il y a la commercialisation de smartphones 4G d’entrée de gamme à 40 dollars. Objectif : réduire le coût des smartphones d’entrée de gamme dans le monde entier et accélérer l’inclusion numérique sur les marchés où l’accessibilité financière demeure un obstacle majeur.

La généralisation des smartphones 4G abordables pourrait connecter des dizaines de millions de personnes, leur donnant ainsi accès à l’éducation, aux soins de santé, aux services financiers, au commerce électronique et aux outils basés sur l’IA.

Ces projets est l’une des recommandations du MWC Kigali en 2025 et constitue une avancée significative pour traduire l’alignement de l’industrie en actions concrètes sur le terrain selon Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA.

« Les smartphones abordables sont la clé de l’inclusion numérique et financière, des opportunités économiques et de l’innovation. 3,1 milliards de personnes bénéficient d’une couverture mobile, mais ne sont pas connectées à Internet mobile ».

Six pays africains ont été identifiés pour expérimenter la mesure. Il s’agit notamment de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Éthiopie, du Nigéria, du Rwanda, de la Tanzanie et de l’Ouganda.

« Avec le G6, le groupe des principaux opérateurs africains, nous exprimons clairement notre volonté de commercialiser des appareils 4G à bas prix. Dans un contexte mondial de hausse des coûts de la mémoire, les gouvernements ont un rôle crucial à jouer pour réduire la fracture numérique. La suppression des taxes et droits d’importation sur les smartphones 4G d’entrée de gamme sera essentielle pour atteindre une échelle significative », a poursuivi Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA.

Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique, n’y voit aucun inconvénient. Il a indiqué que même avec des avancées en matière de connectivité et de services digitaux, la transformation numérique restera limitée si la population ne dispose pas de smartphones pour accéder à ces services.

Augustin Kibassa Maliba a ainsi annoncé la volonté du gouvernement de travailler avec les opérateurs, la Banque centrale et les partenaires du secteur afin de structurer des solutions adaptées à la réalité congolaise.

Par Jean Materne Zambo, source : gsma.com, MEN RDC

JIF 2026/Cameroun : Minette Libom Li Likeng découvre les saveurs du ministère des Postes et Télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Les femmes du MINPOSTEL troquent leurs équipements informatiques et autres contre tabliers et ustensiles de cuisine. Vêtues de tenues traditionnelles, la TUTELLE (organisation des femmes du MINPOSTEL) organise la foire de la gastronomie ce 5 mars 2026. Histoire de faire valoir le talent culinaire de ces employées et d’afficher son attachement à la culture camerounaise.

Un mélange de fumets émis par des plats raffinés envahit l’esplanade du ministère. Toutes les dix régions du Cameroun sont représentées. Les visiteurs scrutent avec attention les mets savamment présentés par celles qui les ont concoctés.

La ministre des Postes et Télécommunications passe par là. Minette Libom Li Likeng, sourire aux lèvres, découvre  les savoir culinaire de ses collaboratrices. Comme elle, d’autres employés du MINPOSTEL visitent les stands avant de s’attabler dans espace aménagé pour la circonstance.

La foire gastronomique attire les regards des passants. Des produits  Made in Cameroon écument les étales des exposants. Boissons, friandises, huiles… Tout y est pour soutirer au premier venu le billet de banque enfui dans la poche. L’événement connait plusieurs activités. Notamment la journée portes ouvertes, des expositions, des jeux et animations diverses. Le tout sous des rythmes endiablés du terroir.

Cette foire de la gastronomie est organisée en prélude à la 41ᵉ édition de la Journée internationale de la Femme qui se tiendra le 8 mars 2026. Le thème de cette édition est « Droit. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ».

Par Jean Materne Zambo