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Cameroun : Avec le « Click présidentiel », Armand Claude Abanda retrace les fondements d’une inclusion numérique à grande échelle

[Digital Business Africa] – Au Cameroun, la transformation numérique ne se raconte plus uniquement à travers les infrastructures télécoms, les data centers ou les plateformes administratives. Elle s’écrit aussi dans les salles informatiques de quartiers populaires, les centres de formation communautaires et les zones rurales longtemps éloignées des usages numériques. C’est cette lecture sociale et politique du numérique que propose Armand Claude Abanda dans son nouvel ouvrage intitulé « Click présidentiel et accès TIC : l’exemple du Cameroun ».

Présenté sous le haut patronage de Chantal Biya, l’ouvrage revient sur plus d’une décennie d’initiatives orientées vers la réduction de la fracture numérique au Cameroun. À travers 18 chapitres, l’auteur analyse la manière dont les technologies de l’information et de la communication sont progressivement devenues des outils d’inclusion sociale et d’autonomisation économique.

Pour l’auteur, cette dynamique repose avant tout sur une impulsion politique venue du sommet de l’État. Le concept de « Click présidentiel » renvoie ainsi au geste symbolique du Président de la République lors de plusieurs visites dans des établissements scolaires et espaces de formation numérique. Un symbole que l’auteur présente comme le déclencheur d’une vision plus large de démocratisation des TIC.

« L’avenir numérique de cette jeunesse est lié à la volonté d’abord du Président de la République, et puis avec l’accompagnement de son illustre épouse… le Président a demandé aux jeunes et aux femmes de s’arrimer à la modernité », souligne Armand Claude Abanda.

Au cœur de cette stratégie figure également l’opération « 100 000 femmes horizon 2012 », considérée comme l’un des principaux programmes d’initiation numérique à vocation sociale au Cameroun. Selon les chiffres avancés dans l’ouvrage, l’initiative a finalement permis de former 103 350 femmes aux usages de base des outils numériques.

Initialement concentré dans les grands centres urbains comme Yaoundé et Douala, le programme s’est progressivement étendu vers des localités rurales, avec pour ambition de rapprocher les populations des services digitaux et des opportunités offertes par l’économie numérique.

L’auteur insiste d’ailleurs sur le fait que ces formations ne visaient pas nécessairement à produire des ingénieurs ou des spécialistes des TIC, mais plutôt à diffuser une culture numérique minimale capable de faciliter l’inclusion administrative, économique et sociale.

« On ne les forme pas pour qu’ils deviennent ingénieurs en 40 heures de cours… On les forme pour avoir la culture digitale. Et c’est cette maîtrise de l’outil informatique qui leur permettra donc de mieux utiliser les services digitaux… pour être autonomes », explique-t-il.

Au-delà du discours politique, l’ouvrage tente également d’apporter une dimension documentaire et institutionnelle à cette trajectoire numérique. La présence de contributions et de signatures issues de plusieurs administrations publiques, notamment le DCC, le MINPROFF et le MINFOPRA, vient illustrer le caractère transversal que prennent désormais les TIC dans les politiques publiques camerounaises.

À travers cet essai, Armand Claude Abanda met finalement en avant une idée centrale : la réussite d’une stratégie numérique nationale ne se mesure pas uniquement à la qualité des infrastructures, mais surtout à la capacité des populations à s’approprier les outils digitaux dans leur quotidien.

Par Loic SOUOP

Sénégal : Selon l’APS, 70 Go de données de la DGCPT sont exposées sur le darkweb, le Trésor public rassure les usagers

[DIGITAL Business Africa] – La transformation numérique sénégalaise n’est pas sans conséquence. Une cyberattaque de plus. Peut-être de trop. La Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor a été ciblée par une cyberattaque.

« Dès la détection de l’incident, des mesures conservatoires ont été prises conformément à son plan de continuité d’activité.

La Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor rassure et remercie les usagers pour leur compréhension et leur patience », a communiqué le Trésor public.

Si le Trésor public n’a pas précisé la nature de l’incident ni l’étendue exacte des perturbations enregistrées

annoncé que la situation a été maîtrisée dès la détection de l’incident ce 10 mai 2026, plusieurs sources, dont l’Agence de presse sénégalaise sur ses plateformes numériques, affirment que 70 Go de données sensibles déjà exposées sur le dark web.

Avant cette attaque, plusieurs autres ont ciblé des structures publiques sénégalaises. Notamment la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) et la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID).

La DAF, organe clé du ministère de l’Intérieur responsable de l’état civil et de la production des cartes nationales d’identité, avait été piégée début février 2026 par un ransomware, entraînant une suspension de la production des cartes. Le groupe cybercriminel « The Green Blood » a affirmé avoir exfiltré 139 téraoctets de données.

Cela incluait des informations biométriques, des données personnelles de la population et des documents d’immigration. Avec pour corollaire la publication de données personnelles de millions de citoyens sur le dark web.

Quelques mois plus tôt. Plus précisément, début octobre 2025, la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) était victime d’une intrusion informatique, paralysant les services de déclaration fiscale et de paiement en ligne.

Le groupe « Black Shrantac » avait affirmé détenir 1 To de données fiscales et financières d’individus et d’entreprises, menaçant de les divulguer contre une rançon. Comme mesure, la DGID a temporairement suspendu ses services numériques pour sécuriser ses réseaux, éteignant les ordinateurs, avant un rétablissement progressif.

Par Jean Materne Zambo, source : APS, Trésor public

Nigéria : Le gouvernement fédéral veut former 50 000 jeunes au numérique, dont 5 000 certifiés à l’ international et prêts à l’emploi

[DIGITAL Business Africa] Ayodele Olawande, 37 ans, ministre du Développement de la jeunesse, connaît peut-être mieux les défis de la jeunesse. Parmi ces défis : le chômage. Conscient de ces fléaux à l’origine de la fuite des cerveaux dans plusieurs pays africains, Ayodele Olawande n’a eu de cesse d’ intensifier ses efforts pour autonomiser les jeunes Nigérians depuis sa nomination en 2023.

La récente initiative est ce partenariat historique signé avec la Digital School (TDS), soutenu par le gouvernement des Émirats arabes unis, le 7 mai 2026. Il vise à former 50 000 jeunes Nigérians aux compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Cela grâce au soutien de la Digital School (TDS), mise en œuvre en collaboration avec la National Information Technology Development Agency (NITDA) et le National Youth Service Corps (NYSC).

Le ministre a souligné que cette initiative devrait permettre de former au moins 5 000 jeunes certifiés internationalement et prêts à l’emploi au cours des six premiers mois de sa mise en œuvre.

« Grâce à notre partenariat avec The Digital School et le gouvernement des Émirats arabes unis, nous ne nous contentons pas de former les jeunes ; nous les préparons aux opportunités mondiales, qu’ils choisissent de travailler à distance ou à l’international. »

« Pendant trop longtemps, de nombreux jeunes Nigérians, notamment ceux du secteur informel, ont été exclus des opportunités structurées. Cette administration s’engage à faire en sorte qu’aucun jeune ne soit laissé pour compte. »

« Notre rôle en tant que gouvernement est de créer un environnement favorable où les jeunes peuvent s’épanouir, innover et contribuer de manière significative au développement national. »

« La transparence et le mérite sont au cœur de tous nos programmes. L’accès aux opportunités ne devrait pas dépendre de vos relations, mais de vos capacités et de votre volonté de progresser. », a indiqué Ayodele Olawande.

La directrice de l’information et des relations publiques, Omolara Esan, a déclaré que le ministre Ayodele Olawande avait également mis en avant les collaborations sectorielles du ministère, notamment son partenariat avec l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), visant à stimuler la participation des jeunes à l’agriculture.

Omolara Esan a ajouté que ces mesures sont complétées par des programmes élargis dans le cadre de l’Académie nigériane de la jeunesse et d’autres initiatives clés d’autonomisation des jeunes.

Selon la même source, le gouvernement étend ses programmes de stages, d’économie collaborative et de soutien aux start-ups afin d’atteindre un plus grand nombre de bénéficiaires à travers le pays, tout en intensifiant ses efforts pour promouvoir l’alphabétisation numérique des jeunes.

Par Jean Materne Zambo

Télécoms : le Cameroun s’inspire du modèle nigérian pour moderniser sa régulation numérique

[DIGITAL Business Africa] – Le rapprochement entre les régulateurs africains des télécommunications franchit une nouvelle étape. Dans le cadre du renforcement de la coopération régionale et du partage des meilleures pratiques réglementaires, le Directeur général de l’Agence de Régulation des Télécommunications du Cameroun (ART), le Pr Philemon Zoo Zame, a conduit le 06 mai 2026 une délégation camerounaise à Abuja pour une visite de travail et de benchmarking auprès de la Nigerian Communications Commission (NCC).

La délégation de l’ART a été reçue par Aminu Maida, Executive Vice Chairman et Chief Executive Officer de la NCC. Dès la cérémonie d’ouverture, les responsables des deux institutions ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération, de partage d’expertise et de collaboration entre les régulateurs africains face aux nouveaux défis du numérique.

Les discussions ont porté sur plusieurs sujets stratégiques liés au développement de l’économie numérique et à la mARodernisation de la régulation des télécommunications en Afrique. Les deux institutions ont notamment échangé sur la cybersécurité, la gestion du spectre des fréquences, le développement des infrastructures numériques, la protection des consommateurs ainsi que les mécanismes de conformité et d’application des réglementations.

Les travaux techniques ont également permis d’aborder des thématiques plus spécifiques telles que l’encadrement réglementaire des services commerciaux innovants, la sécurité des services satellitaires, la protection des consommateurs dans les nouveaux modèles de réseaux non traditionnels, ainsi que l’adoption de codes de bonnes pratiques pour les opérateurs. Des sujets qui s’inscrivent dans la stratégie de la NCC visant à adapter la régulation aux évolutions rapides du secteur des télécommunications et des services numériques.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, Aminu Maida et Philemon Zoo Zame ont également défini les objectifs et les orientations des différentes sessions de travail. La rencontre a par ailleurs été marquée par un échange symbolique de présents entre les deux institutions, illustrant la volonté commune de bâtir un partenariat durable entre le Cameroun et le Nigeria dans le domaine de la régulation numérique.

Pour la NCC, le renforcement des partenariats régionaux constitue aujourd’hui un levier essentiel pour accompagner la croissance numérique du continent africain. Aminu Maida a ainsi rappelé que la coopération entre régulateurs africains demeure indispensable pour développer des réseaux de communication résilients, renforcer la sécurité des services numériques et élargir l’accès des populations aux opportunités offertes par le digital.

De son côté, Philemon Zoo Zame a salué les progrès réalisés par le Nigeria dans le secteur des télécommunications ainsi que l’expérience réglementaire développée par la NCC. Selon lui, cette visite représente une opportunité importante pour l’ART d’observer des modèles réglementaires éprouvés et d’identifier des pistes d’amélioration susceptibles de renforcer davantage les pratiques institutionnelles au Cameroun.

Cette mission intervient dans un contexte où les autorités africaines de régulation cherchent à harmoniser davantage leurs cadres réglementaires afin de mieux accompagner l’innovation technologique, les nouveaux services numériques et l’essor des économies digitales africaines. Elle témoigne également de l’importance croissante accordée à la coopération Sud-Sud dans la construction d’un écosystème numérique africain plus intégré, sécurisé et compétitif.

À l’heure où l’intelligence artificielle, les services satellitaires, les plateformes numériques et les nouveaux modèles de connectivité transforment profondément le paysage des télécommunications, ce type d’initiative pourrait contribuer à accélérer l’émergence d’une gouvernance numérique africaine plus coordonnée et adaptée aux réalités du continent.

Par Digital Business Africa

100 jours de Djibril Ouattara : une méthode, sept priorités et un cap pour transformer le numérique ivoirien

[DIGITAL Business Africa] – Nommé ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire le 23 janvier 2026 par le président Alassane Ouattara au sein du gouvernement dirigé par Robert Beugré Mambé, Djibril Ouattara a publié, le 6 mai 2026 sur Facebook, un message marquant le cap symbolique de ses 100 premiers jours à la tête du département ministériel.

Dans cette publication largement relayée sur les réseaux sociaux, le ministre affiche une méthode qu’il veut pragmatique : écouter avant d’agir, comprendre avant de promettre. « Il y a ceux qui annoncent. Et ceux qui construisent. J’ai choisi de construire », écrit-il, insistant sur la nécessité de privilégier des actions concrètes plutôt que des effets d’annonce.

Une posture qui traduit la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer la transformation numérique du pays dans un contexte africain marqué par une compétition croissante autour des infrastructures numériques, de l’innovation et de l’intelligence artificielle.

Cent jours après sa prise de fonction à la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire dresse le bilan de ses premiers mois aux commandes du secteur numérique ivoirien et esquisse les grandes priorités qui devraient guider l’action publique dans les prochaines années.

Dans un ton sobre et orienté résultats, Djibril Ouattara affirme avoir privilégié l’immersion au sein des principales structures de l’écosystème numérique ivoirien depuis son arrivée au gouvernement. Il cite notamment des séances de travail avec plusieurs institutions stratégiques telles que l’ARTCI, la SNDI, l’ANSUT, l’ANSSI, l’AIGF, l’ESATIC, l’VITIB ou encore La Poste de Côte d’Ivoire.

Sept priorités stratégiques pour accélérer la transformation numérique

Le ministre structure désormais son action autour de sept piliers qu’il considère comme essentiels pour bâtir une économie numérique plus compétitive et inclusive en Côte d’Ivoire.

Le premier concerne le renforcement de la connectivité. Dans un pays où l’accès au haut débit demeure encore inégal selon les territoires, l’enjeu consiste à étendre davantage les infrastructures numériques et améliorer l’accès des populations aux services numériques.

La deuxième priorité porte sur l’accélération de la digitalisation des services publics. Cette orientation rejoint une dynamique observée dans plusieurs pays africains cherchant à moderniser l’administration publique afin de réduire les lenteurs bureaucratiques, améliorer la transparence et rapprocher les services des citoyens.

Le soutien à l’innovation et aux startups figure également parmi les axes stratégiques annoncés. La Côte d’Ivoire ambitionne depuis plusieurs années de renforcer son attractivité pour les entrepreneurs technologiques et les investisseurs du numérique, notamment à travers des structures comme le VITIB ou des programmes dédiés à l’innovation.

Autre chantier prioritaire : la cybersécurité. Face à la montée des cybermenaces sur le continent, le gouvernement ivoirien entend renforcer la résilience de ses systèmes d’information et protéger davantage les données des institutions, des entreprises et des citoyens.

Le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales apparaît aussi comme un signal fort. Alors que plusieurs pays africains commencent à élaborer leurs stratégies nationales en matière d’IA, la Côte d’Ivoire semble vouloir éviter une simple consommation passive des technologies étrangères pour promouvoir des usages répondant aux besoins locaux.

La modernisation des services postaux fait également partie des ambitions affichées. Dans plusieurs pays africains, les postes publiques cherchent aujourd’hui à se repositionner comme acteurs de services financiers, logistiques et numériques.

Enfin, le renforcement des compétences numériques est présenté comme un levier indispensable pour accompagner la transformation du pays. La question de la formation demeure en effet centrale dans un contexte où les besoins en talents numériques augmentent rapidement sur le continent.

Une stratégie de proximité numérique à travers les réseaux sociaux

Au-delà des réformes institutionnelles et des projets structurants, Djibril Ouattara mise également sur une communication de proximité pour accompagner la transformation numérique ivoirienne. Le ministre est désormais actif sur plusieurs plateformes sociales, notamment Facebook, Instagram , Tiktok, LinkedIn et X.

« Le numérique se construit aussi dans la proximité », souligne la communication autour de cette présence digitale renforcée. À travers ces plateformes, le ministre entend partager plus régulièrement les actions engagées, les projets en cours et les ambitions numériques de la Côte d’Ivoire, tout en favorisant les échanges avec les citoyens, les jeunes, les startups et les professionnels du secteur.

Cette approche traduit une évolution des pratiques de communication publique en Afrique, où les responsables gouvernementaux utilisent de plus en plus les réseaux sociaux comme outils de transparence, de pédagogie et de mobilisation autour des politiques publiques numériques.

Une approche inspirée du secteur privé

Fort de ses 35 années d’expérience dans le secteur privé, Djibril Ouattara défend une approche fondée sur « la méthode, le travail et une vision claire ». Une manière de souligner son attachement à une gouvernance orientée performance et exécution.

Cette communication intervient également dans un contexte où plusieurs gouvernements africains cherchent à accélérer leurs politiques de transformation numérique afin de stimuler la croissance économique, attirer les investissements et améliorer l’efficacité des services publics.

En ouvrant le débat sur Facebook autour des priorités numériques de la Côte d’Ivoire, le ministre semble aussi vouloir instaurer une relation plus directe avec les citoyens et les acteurs de l’écosystème technologique.

Au-delà du bilan des « 100 jours », cette sortie publique donne surtout un aperçu des grands chantiers numériques qui devraient marquer les prochaines années en Côte d’Ivoire.

Une dynamique qui résonne avec les débats continentaux autour de l’e-gouvernance, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la souveraineté numérique, autant de thématiques qui seront également au cœur du salon E-Gov’A 2026, prévu à Yaoundé au Cameroun du 14 au 16 octobre 2026 autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».

Par Digital Business Africa

Sommet Africa Forward : Renforcer la compétitivité dans le domaine du numérique

Tribune de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Sylvain Riquier, Ambassadeur de France au Cameroun

Près de dix ans après le discours du Président de la République française Emmanuel Macron à Ouagadougou, qui a posé les bases d’un renouvellement des relations entre la France et les pays africains, le Kenya et la France coorganisent le sommet Africa Forward les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi.

Ce qui est visé, ce sont des relations partenariales fondées sur des intérêts partagés et des résultats concrets. Ainsi, depuis neuf ans, de nombreuses initiatives ont été mises en œuvre : fin de notre présence militaire permanente et fermeture des bases au Sénégal, au Tchad, au Gabon et en Côte d’Ivoire privilégiant les actions de formation (21 écoles nationales à vocation régionale) ; soutien à la représentativité du continent africain dans les instances internationales ; mobilisation de nos partenaires avec l’organisation de sommets en faveur de l’essor économique du continent (Conférence sur le financement des économies africaines en 2021 et Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte financier mondial en 2023), de la lutte contre le réchauffement climatique (One Forest Summit au Gabon en 2023), du renforcement de la souveraineté alimentaire (initiative Food & Agriculture Resilience Mission en 2022), ou encore de la production de vaccins en Afrique (Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinale en 2024).

De la même manière, la France a su regarder son passé colonial en face, avec la volonté d’avancer dans un esprit de dialogue. Le travail de mémoire sur les actions de l’Etat et de l’administration française a été lancé partout où il était souhaité, comme au Rwanda et au Sénégal, avec un mouvement sans précédent sur les questions de restitution des biens culturels dans plusieurs autres pays au Bénin, en Algérie, au Sénégal, à Madagascar et en Côte d’Ivoire. Au Cameroun, des actes historiques ont été posés. La reconnaissance de la guerre du Cameroun par le président de la République française a marqué une étape issue d’un travail historique porté par des chercheurs des deux pays.

L’engagement de la France se traduit par des actions concrètes, répondant aux priorités du Cameroun. Il repose sur un choix clair : investir dans des projets structurants qui soutiennent la croissance de long terme et renforcent l’indépendance économique du Cameroun. La modernisation des infrastructures urbaines en est un pilier, à travers le programme « Capitales régionales » et le projet « Yaoundé Cœur de Ville », qui contribuent à améliorer la mobilité et la qualité de vie des citadins. Dans le domaine énergétique, notre coopération accompagne des transformations décisives : notre appui au déploiement de l’éclairage public dans les grandes villes, ainsi que le barrage de Nachtigal, pleinement fonctionnel et capable de couvrir un tiers des besoins énergétiques du Cameroun, marquent une avancée majeure pour la production électrique du pays.

Dans le secteur agricole, plusieurs programmes structurants accompagnent les acteurs de terrain : le programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (ACEFA) a déjà soutenu plus de 300 000 exploitations ; le programme d’appui à la formation professionnelle (AFOP) a permis l’insertion de 17 000 jeunes dans les métiers agricoles ; le programme national de développement participatif (PNDP) a généré plus de 4 500 emplois en zone pastorale.

En matière de santé, la coopération franco-camerounaise s’inscrit dans les priorités nationales : le programme C2D Santé II soutient notamment l’accès aux soins des femmes enceintes. Le projet RESINA contribue à répondre davantage aux besoins nutritionnels, notamment pour les mères dans les zones les moins connectées. Le déploiement du chèque santé appuyé par l’AFD ouvre aussi l’accès aux soins, notamment aux Femmes dans les régions prioritaires.

L’engagement de la France au Cameroun se veut résolument bénéfique à la jeunesse et à la société civile. Des initiatives en faveur de la formation et de l’insertion professionnelles, comme le programme Form Pro 237, apportent un appui à l’innovation et à l’entrepreneuriat, avec le fonds Start-Up 237, qui a déjà accompagné plus d’une centaine de porteurs de projets. Cet engagement passe également par le sport et la culture : le programme « Pépites du Cameroun » soutient les talents sportifs de demain et « MBOA Jeunes Créatifs » valorise une jeunesse dynamique.

Le sommet Africa Forward, accueilli à Nairobi les 11 et 12 mai, est l’occasion de démontrer l’action de la France, du Kenya et des pays africains pour accélérer les investissements croisés, tout en construisant et en finançant des solutions concrètes aux défis communs. Parmi les thèmes centraux, beaucoup font écho au partenariat franco-camerounais : renforcement des systèmes de santé, souveraineté alimentaire, compétitivité dans le domaine du numérique, accès à l’énergie et connectivité. Ce sommet illustre de la richesse et de la diversité des relations entre le continent africain et la France, qui se tissent autour d’une pluralité d’acteurs – Etats, entreprises, jeunesses, artistes, diasporas, avec une place centrale accordée aux jeunesses et au secteur privé.

Le sommet, ancré dans l’action et construit avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement du continent, permettra de consolider les liens qui unissent l’Afrique et la France, et de nouer des partenariats tournés vers l’avenir.

Les 10ᵉ Journées camerounaises de santé numérique pour l’avancement de la couverture santé universelle

[DIGITAL Business Africa] – Et si chaque Camerounais pouvait accéder sans risque financier aux soins dont il a besoin ? Le rêve peut devenir réalité grâce aux retombées des 10ᵉ journées camerounaises de la santé numérique qui ont été s’achèvent ce 8 mai 2026 à Yaoundé. Trois jours durant, le gratin de la santé nationale et internationalee s’est réuni pour examiner le système de santé camerounais à la peine.

En raison de nombreux obstacles comme les effectifs pléthoriques de patients ou encore l’absence de connexion internet, l’illettrisme numérique, la vétusté des équipements

L’événement met l’accent sur le rôle crucial du numérique dans l’avancement de la Couverture santé universelle (CSU) au Cameroun. Il est placé sous le thème « Santé numérique et mise en œuvre de la couverture santé universelle : expériences, défis, opportunités et perspectives au Cameroun ».

Il est organisé par la Société camerounaise de santé numérique (Socasan) conjointement avec la Société camerounaise d’informatique médicale (Socim) et en étroite collaboration avec les départements ministériels en charge de la santé publique, des TIC et de l’enseignement supérieur,

Les objectifs principaux de ces 10ᵉ journées de la santé numérique incluent le rôle du numérique dans l’avancement de la Couverture santé universelle (CSU), la présentation du nouveau Plan stratégique national de santé numérique 2026-2030, officiellement lancé en mars 2026, et la modernisation du système de santé pour améliorer l’accès aux soins.

Le professeur Georges Wylfred Bediang, spécialiste de la santé publique et de l’informatique médicale et président de la Société camerounaise de santé numérique (Socasan), a souligné l’importance de ce plan pour la transformation du système de santé, en relevant surtout l’impact négatif de « la fracture numérique » qui, selon lui, « devient une réalité douloureuse pour des millions de personnes qui n’ont pas accès au numérique. »

On se souvient que le gouvernement camerounais a officiellement lancé, le 4 mars 2026 à Yaoundé, son Plan stratégique national de santé numérique (PSNSN) 2026-2030. Doté d’un budget de 29 milliards FCFA (44 millions €), le nouveau plan stratégique de santé numérique 2026-2030 vise à améliorer l’accès aux soins, la gestion des données médicales et la coordination des services.

Par Jean Materne Zambo

Burundi : le gouvernement accélère la numérisation de l’état civil et prépare une carte d’identité biométrique

[Digital Business Africa] – Le Burundi poursuit sa transition vers une administration publique numérisée. Le gouvernement burundais a officiellement présenté, le 6 mai dernier, une plateforme numérique destinée à la gestion des documents administratifs ainsi qu’à la production d’une nouvelle carte nationale d’identité biométrique.

Porté par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, ce projet vise à moderniser un système d’état civil encore largement dominé par des procédures manuelles, souvent critiquées pour leur lenteur et leurs limites en matière de sécurisation des données.

Pour Valentin Nahimana, cette réforme numérique était en préparation depuis plusieurs années. Sa concrétisation a toutefois nécessité une révision du cadre réglementaire existant, notamment certaines dispositions du code de la famille qui imposaient encore l’enregistrement manuel des actes d’état civil.

L’adaptation de ce dispositif juridique devait permettre l’intégration des outils numériques dans les mécanismes administratifs et ouvrir la voie à une gestion centralisée et modernisée des données d’identité.

Au cœur du projet figure la future carte nationale d’identité biométrique. Celle-ci intégrera plusieurs dispositifs de sécurité visant à limiter les risques de fraude, de falsification et d’usurpation d’identité. Les autorités prévoient également l’attribution d’un numéro d’identification unique qui pourra être utilisé comme référence dans d’autres documents officiels, notamment les passeports et différents services administratifs.

À travers cette initiative, le gouvernement burundais cherche à renforcer la fiabilité de l’identification des citoyens tout en améliorant l’efficacité des services publics. Le programme prévoit notamment la numérisation complète des actes d’état civil, jusqu’ici majoritairement conservés sous format papier, ainsi que la mise en place d’un système d’identification aligné sur les standards internationaux.

Sur le plan opérationnel, les autorités indiquent que les infrastructures techniques nécessaires sont quasiment achevées. Le lancement effectif du système reste cependant conditionné à l’adoption du décret réglementaire devant encadrer officiellement son exploitation.

Le projet devra néanmoins faire face à plusieurs contraintes structurelles, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’électricité et à Internet demeure limité. Selon les données publiées par DataReportal, le taux de pénétration d’Internet au Burundi atteignait seulement 11,1 % à la fin de l’année 2025, figurant parmi les plus faibles niveaux enregistrés en Afrique subsaharienne.

Au-delà de la délivrance d’une simple pièce d’identité, cette réforme apparaît comme une étape stratégique dans la transformation numérique de l’administration burundaise. Les autorités misent sur ce chantier pour améliorer la gouvernance publique, fluidifier l’accès aux services administratifs et jeter les bases d’un écosystème numérique plus intégré et sécurisé.

Par Loic SOUOP

Cameroun : ARABSOFT, C2D, ORADIST et DBS décrochent le SIGIT, le futur système numérique des impôts à plus de 4,7 milliards de F.CFA

[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun s’apprête à tourner une nouvelle page dans la digitalisation de son administration fiscale. Après plusieurs années de fonctionnement de plateformes comme FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing ou encore les systèmes de télédéclaration des DSF, la Direction générale des Impôts (DGI) va progressivement migrer vers un nouveau Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Ce futur dispositif, appelé à remplacer et unifier les outils actuellement utilisés par l’administration fiscale camerounaise, sera développé sur une période de 24 mois dans le cadre d’un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA attribué à un consortium regroupant ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun).

Par une décision signée le 10 avril 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a attribué le marché relatif à la conception, à la fourniture et à l’installation d’un Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT), un projet stratégique appelé à transformer durablement la collecte et la gestion des recettes fiscales dans le pays.

Selon la décision N°00000294/D/MINFI/DGI/DAG/SDBME/SB, publiée dans le système intégré de gestion ouvert et multiplateforme des marchés publics de l’Agence de Régulation des Marchés Publics, le marché a été attribué au groupement ARABSOFT (Tunisie) / C2D (Canada) / ORADIST (Tunisie) / DBS (Cameroun).

Près de 4,7 milliards de F.CFA

Le montant hors taxes du contrat s’élève à 5 997 400 euros, soit environ 3,9 milliards de FCFA, pour un montant TTC de 7 151 899,50 euros, correspondant à près de 4,7 milliards de FCFA. Le délai d’exécution retenu est de 24 mois.

À travers ce projet, le gouvernement camerounais ambitionne de renforcer l’efficacité de l’administration fiscale, d’améliorer la traçabilité des opérations, de fluidifier la collecte des impôts et taxes, mais également de réduire les risques de fraude et les lenteurs administratives. Ce futur SIGIT devrait permettre la centralisation intelligente des données fiscales, l’automatisation de plusieurs procédures et une meilleure interaction entre l’administration et les contribuables.

L’attribution de ce marché intervient dans un contexte où plusieurs États africains accélèrent la digitalisation de leurs régies financières afin d’accroître leurs recettes internes et de moderniser leurs services publics.

Pour le Cameroun, cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes de transformation numérique de l’État, notamment dans les domaines des finances publiques, de la dématérialisation administrative et de la gouvernance électronique.

Le projet bénéficie également de l’implication de la coopération financière allemande à travers la KfW, dont la non-objection du 7 avril 2026 a permis de finaliser le processus d’attribution après l’évaluation financière de deuxième étape. Cette dimension internationale illustre l’importance accordée à la fiabilité technique et à la transparence dans la conduite du projet.

Quelles sont les entreprises du groupement retenues pour le SIGIT du Cameroun ?

ARABSOFT (Tunisie)

Entreprise tunisienne spécialisée dans le développement de logiciels de gestion et de solutions numériques pour les administrations publiques. Fondée en 1985, ARABSOFT dispose d’une solide expérience dans les systèmes de gestion fiscale et les plateformes de digitalisation des finances publiques en Afrique et au Moyen-Orient.

C2D Services (Canada)

Cabinet canadien de conseil basé à Montréal, spécialisé dans la modernisation des administrations publiques, les réformes fiscales et les systèmes intégrés de gestion publique. L’entreprise collabore régulièrement avec des bailleurs internationaux tels que la Banque mondiale, la BAD ou encore la KfW.

ORADIST (Tunisie)

Intégrateur technologique tunisien fondé en 1998, ORADIST est spécialisé dans les solutions Oracle, les infrastructures numériques, les bases de données et les systèmes critiques de gestion. L’entreprise accompagne plusieurs projets de transformation digitale en Afrique.

 

DBS – Development Business Services SARL (Cameroun)

Entreprise camerounaise active dans les technologies de l’information et les services numériques. DBS apporte au consortium une présence locale stratégique pour le déploiement, l’assistance technique et le support opérationnel du futur système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Un consortium à forte coloration internationale

Le consortium retenu par le MINFI combine donc :

  • une expertise tunisienne en logiciels fiscaux et intégration Oracle ;
  • une expertise canadienne en réforme des finances publiques ;
  • une présence opérationnelle locale camerounaise.

Ce type de consortium hybride est fréquent dans les grands projets publics de transformation numérique, financés ou supervisés avec l’appui de partenaires internationaux tels que la KfW.

Le Cameroun rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les plateformes intégrées d’administration fiscale afin :

  • d’améliorer la mobilisation des recettes internes ;
  • de renforcer la transparence ;
  • de réduire les fraudes ;
  • et d’accélérer la digitalisation des services publics.
SIGIT, dépasser les limites des plateformes actuelles

Au regard des acquis actuels de la DGI en matière de digitalisation, le futur SIGIT semble justement vouloir dépasser les limites des plateformes actuelles :

  • multiplicité des systèmes ;
  • cloisonnement des données ;
  • architecture vieillissante pour certains modules ;
  • difficulté d’interconnexion ;
  • expérience utilisateur encore perfectible ;
  • besoin d’analyse intelligente des données fiscales ;
  • nécessité d’intégrer davantage l’intelligence artificielle, les paiements numériques et l’automatisation.

Le nouveau système devrait donc probablement :

  • fusionner plusieurs plateformes existantes ;
  • centraliser les données fiscales ;
  • automatiser davantage les contrôles ;
  • améliorer l’interconnexion avec les banques, douanes, Trésor et administrations publiques ;
  • renforcer le pilotage des recettes de l’État.

En réalité, le Cameroun ne part donc pas de zéro : la DGI dispose déjà d’une base numérique relativement solide et avancée en Afrique centrale. Le SIGIT apparaît davantage comme une nouvelle génération de systèmes intégrés destinés à moderniser, à unifier et à industrialiser l’ensemble de l’écosystème fiscal numérique camerounais.

Le futur système pourrait ainsi devenir un levier majeur pour renforcer la performance fiscale du Cameroun, à l’heure où les administrations africaines cherchent à bâtir des services publics plus efficaces, interconnectés et orientés vers le numérique.

Une ambition qui rejoint directement les grands débats actuels autour de l’e-gouvernance et de la transformation digitale des États africains, au cœur notamment du salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sur le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ». Un événement organisé par Digital Business Africa et l’association Smart Click Africa, sous le patronage du ministère des Postes et Télécommunications.

Par Digital Business Africa

AEW 2026 : l’Afrique veut faire de l’IA et des centres de données un moteur de sa transformation énergétique

[Digital Business Africa] – L’édition 2026 de l’African Energy Week 2026 (AEW), prévue du 12 au 16 octobre au Cap en Afrique du Sud, marque un tournant stratégique dans la convergence entre infrastructures numériques et transition énergétique sur le continent africain. Pour la première fois, l’événement piloté par l’African Energy Chamber (AEC) accueillera un segment entièrement dédié à l’intelligence artificielle et aux centres de données.

Cette nouvelle plateforme ambitionne de réunir décideurs publics, investisseurs, énergéticiens et acteurs technologiques autour d’une vision commune : utiliser la montée en puissance de l’économie numérique comme levier de développement énergétique pour l’Afrique. Dans un contexte marqué par la persistance de la pauvreté énergétique sur le continent, l’AEC entend démontrer que les investissements liés à l’IA et aux infrastructures de données peuvent devenir un catalyseur de production électrique et d’industrialisation.

L’initiative intervient alors que les centres de données s’imposent progressivement comme l’un des principaux moteurs mondiaux de consommation énergétique. Portés par l’essor de l’intelligence artificielle, du cloud computing et des services numériques, ces équipements devraient générer une demande mondiale en alimentation électrique sans interruption estimée à 249 GW à l’horizon 2030, pour une capacité installée totale de 374 GW.

En Afrique, le marché reste encore émergent, mais les signaux d’accélération se multiplient. L’Afrique du Sud domine actuellement le paysage continental avec la présence de zones cloud opérées par Microsoft et AWS, tandis que Google prépare également son déploiement. Le Kenya affiche de son côté une capacité informatique estimée à 40 MW, avec un taux de croissance annuel composé projeté à 30 % jusqu’en 2028.

Cette dynamique s’inscrit dans un environnement où les usages numériques explosent. Les projections indiquent notamment que la consommation de données mobiles pourrait quadrupler par appareil d’ici 2028, sous l’effet de l’IA générative, de l’apprentissage automatique et de la digitalisation croissante des économies africaines.

Longtemps dépendante des infrastructures européennes pour le traitement et l’hébergement des données, l’Afrique voit aujourd’hui émerger de nouveaux impératifs liés à la souveraineté numérique et à la réduction des temps de latence. Ces enjeux renforcent l’intérêt stratégique pour le développement de centres de données nationaux et régionaux.

Dans le même temps, la demande énergétique du continent devrait plus que doubler d’ici 2040, ouvrant la voie à une nouvelle approche où la croissance énergétique pourrait être structurée dès l’origine autour des besoins des infrastructures numériques.

 

« L’Afrique dispose d’une occasion unique de dépasser les systèmes hérités en alignant sa croissance énergétique sur l’économie numérique. Les centres de données et l’IA ne sont pas seulement des consommateurs d’énergie : ce sont des catalyseurs d’investissement, d’innovation et d’accès. Si nous structurons cela correctement, nous n’alimentons pas seulement des serveurs ; nous alimentons des économies et comblons le fossé d’accès à l’énergie à grande échelle. Nous allons lancer une révolution des centres de données et de l’IA au Cap », déclare NJ Ayuk président exécutif de l’AEC.

À travers ce nouveau segment, l’AEW 2026 veut positionner l’économie numérique comme un pilier central de l’expansion énergétique africaine. L’équation défendue par l’AEC repose sur une double logique : les centres de données créent une demande énergétique stable et prévisible susceptible d’attirer des investissements massifs, tout en justifiant l’extension des capacités de production électrique et des réseaux nationaux.

L’organisation souhaite également faire évoluer la perception des centres de données, souvent considérés comme de simples infrastructures technologiques. L’AEC entend au contraire les présenter comme des actifs stratégiques capables de stimuler l’industrialisation énergétique du continent.

Dans cette perspective, la plateforme abordera aussi les questions réglementaires, fiscales et politiques liées à l’essor de l’IA et des centres de données. L’objectif affiché est d’accompagner les gouvernements africains dans la mise en place de cadres favorables au développement simultané des infrastructures numériques et énergétiques.

En intégrant officiellement les enjeux liés à l’IA et aux centres de données dans le programme de l’AEW 2026, l’African Energy Chamber confirme sa volonté d’inscrire la révolution numérique au cœur des stratégies énergétiques africaines. Une orientation qui pourrait repositionner le continent dans la nouvelle économie mondiale portée par les données, l’intelligence artificielle et les infrastructures critiques.

Par Loic SOUOP

Gabon : Derniers ajustements du Système intégré de Gestion des Ressources humaines (SIGRH) avant sa mise en œuvre

[DIGITAL Business Africa] – Laurence Ndong procède encore aux derniers ajustements. La ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités est proche de doter le Gabon d’un instrument stratégique : le Système intégré de Gestion des Ressources humaines (SIGRH). Mais avant, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, François Djamono, a présidé, ce jeudi 7 mai 2026, la cérémonie de clôture de l’atelier de consolidation et de validation des termes de référence (TDR) et du cahier des charges (CDC).

Le SIGRH est un levier central pour la maîtrise des effectifs réels, la rationalisation de la masse salariale et la restauration de la confiance dans la gestion publique. Autrement dit, il est conçu pour sonner le glas des dysfonctionnements liés à la dispersion des données, à l’obsolescence des outils et à l’absence de mécanismes automatisés de contrôle. Le système s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique du Gabon.

L’atelier organisé par le ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités a épluché plusieurs thématiques. Notamment la gestion des carrières, les stages professionnels, la validation des actes administratifs, l’archivage et les directions centrales des ressources humaines. Après trois jours de travaux, les participants ont adopté les termes de référence du SIGRH.

Selon le ministère, ces échanges ont permis d’identifier les principales faiblesses du système actuel, notamment l’obsolescence du fichier unique de référence, les lenteurs procédurales, l’absence de traçabilité et les difficultés de maîtrise des effectifs et de la masse salariale de l’État.

Une séance de travail de ce type a été organisée le 17 février 2026. Elle a réuni la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, Laurence Ndong, et son homologue de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba. En plus du Système intégré de Gestion des Ressources humaines et de la Paie (SIGRH), les deux personnalités ont discuté de l’archivage numérique.

Lors de cette  rencontre, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, Laurence Ndong, avait recommandé la mise en place d’un SIGRH de nouvelle génération. Lequel système devrait permettre  de dématérialiser l’ensemble des processus RH, d’intégrer l’identification par Numéro d’Identification Personnel (NIP), de recourir à la biométrie pour sécuriser les données, de fiabiliser les fichiers du personnel et de disposer de tableaux de bord décisionnels pour un pilotage moderne et transparent de l’administration.

Par Jean Materne Zambo, source: ministère de la Fonction publique, MENDI

Côte d’Ivoire : Les nouveaux membres du Conseil de Régulation de l’ARTCI prennent fonction

[DIGITAL Business Africa] – Le navire Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) a un nouvel équipage. Composé de sept membres, il devra assurer la gestion technique, administrative et financière de l’ARTCI en plus de définir et d’appliquer les modalités d’organisation du travail.

Le Conseil de régulation est composé de 7 membres dont un président pour une durée de 6 ans non renouvelable. Ces membres sont choisis en raison de leur probité, de leurs qualifications et compétences avérées dans le domaine des technologies de l’information et de la communication suite à une procédure transparente conduite sous la responsabilité du ministère en charge des Télécommunications/TIC.

C’est ce jeudi 7 mai 2026 que le président du Conseil de régulation, Roger Adom, et ses collaborateurs ont pris fonction après avoir prêté serment au Palais de justice, en présence de hautes autorités administratives et institutionnelles. De nouveaux visages font leur entrée au sein du Conseil. Notamment Isaac Gnamba-Yao, Laure Besse et Coulibaly Nibe.

Selon l’ ARTCI, par cette prestation de serment, les membres du Conseil traduisent leur engagement à accompagner les missions de l’ARTCI dans le renforcement d’une régulation transparente, efficace et adaptée aux enjeux du numérique en Côte d’Ivoire.

Les missions clés de l’ARTCI 

Le régulateur des télécommunications ivoirien a des missions. En voici quelques unes :

• Régulation sectorielle : Faire appliquer les lois et règlements des télécommunications/TIC et de la poste.

• Gestion des licences : Instruire les demandes de licences et préparer les procédures d’attribution pour les opérateurs.

• Contrôle du marché : Veiller à la concurrence et surveiller le marché de la téléphonie mobile.

• Protection des consommateurs : Garantir le respect des obligations des opérateurs envers les usagers.

• Gestion des ressources : Définir les règles d’interconnexion et de partage des infrastructures.

Depuis le 30 avril 2025, l’ARTCI a transféré ses missions de cybersécurité et de confiance numérique à l’ANSSI-CI.

Par Jean Materne Zambo, source: ARTCI 

Agritech Innovation Challenge 2026 : le numérique au service des secteurs productifs

[Digital Business Africa] – Clap de fin pour l’édition 2026 de l’Agritech Innovation Challenge. Le Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé a servi de cadre, ce 7 mai 2026, à la finale nationale de cette édition. Présidée par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, cette initiative s’est confirmée comme un levier majeur pour la transformation structurelle de l’économie camerounaise par le biais du digital.

Dans son allocution de clôture, la Ministre a souligné la portée stratégique de cet événement, qui va bien au-delà d’une simple compétition entre développeurs. Pour elle, l’enjeu réside dans la valorisation du génie local :

« À travers cette compétition, il s’agit de mettre en lumière la capacité de nos jeunes, de nos chercheurs, de nos étudiants, de nos start-ups et de nos innovateurs à proposer des réponses concrètes aux besoins des secteurs productifs. C’est pourquoi au moment où ce processus arrive à son terme, il est particulièrement heureux de relever la qualité des projets présentés par les différents candidats dont certains ont été développés dans le cadre des projets académiques. »

L’ingéniosité des candidats a permis de démontrer que le numérique est capable de transformer en profondeur les chaînes de valeur traditionnelles. De l’élevage à la pêche, en passant par le développement rural, les solutions présentées offrent des perspectives inédites pour accroître la productivité.

« Par leur engagement, leur créativité et leur sens de l’innovation, ces porteurs de solution ont su démontrer que le numérique peut apporter une contribution utile à la modernisation des chaînes de valeur liées à l’agriculture, au développement rural, à l’élevage, à la pêche et aux industries animales. » ajoute la ministre.

Cette réussite repose également sur une synergie institutionnelle forte. La Ministre a salué l’implication des départements ministériels partenaires (MINADER et MINEPIA) et a magnifié le soutien de la Banque Mondiale via le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC). Pour elle, l’Agritech Innovation Challenge dépasse le cadre de la performance technologique :

« Ce concours de volonté, de compétences et de partenariat démontre que l’Agritech Innovation Challenge n’est pas seulement une compétition technologique, elle constitue avant tout un cadre de mobilisation des idées, des expertises et des initiatives en faveur de secteurs qui occupent une place centrale dans notre économie et dans la vie quotidienne de nos populations. »

 

La diversité des projets accès à l’information, gestion des exploitations, traçabilité et financement témoigne de l’étendue des possibles. La Ministre a partagé une vision forte sur la place de la technologie, rappelant que le digital est avant tout un outil de développement global :

« Le numérique ne doit pas être perçu uniquement comme un domaine réservé aux spécialistes des technologies ; il doit être mis au service de la transformation de notre économie. C’est en cela que cette initiative revêt une importance particulière. Elle crée un pont entre l’innovation numérique et le secteur productif. Elle permet de rapprocher les talents technologiques des besoins des acteurs de terrain. Elle contribue également à faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs capab

les de concevoir des solutions locales pour les défis locaux. »

Au-delà des trophées décernés, cette édition 2026 de l’Agritech Innovation Challenge s’impose comme le manifeste d’un Cameroun qui refuse d’être un simple consommateur de technologies. En transformant le Palais des Sports en un laboratoire d’idées fertiles, le gouvernement, soutenu par le PATNUC, sème les graines d’une souveraineté alimentaire dopée par le digital. Le véritable défi commence maintenant : celui de l’incubation et du passage à l’échelle de ces solutions, afin que l’innovation née dans les amphithéâtres et les hubs technologiques finisse par transformer durablement le quotidien du planteur de l’Est ou de l’éleveur du Grand-Nord.

Par Loic SOUOP

Coopération : La BEAC et la BCEAO misent sur le numérique pour l’intégration monétaire et financière en Afrique centrale et de l’Ouest 

 [DIGITAL Business Africa] – Ce pourrait être le début d’un nouveau chapitre dans le cadre de la coopération entre l’Afrique centrale et occidentale (ouest). La BEAC et la BCEAO, deux institutions monétaires centrales de la zone franc en Afrique, cherchent à renforcer leur coopération.

Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, et le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Jean-Claude Kassi Brou, se sont concertés ce 6 mai 2026 à Dakar, au siège de la BCEAO, comme cela était prévu lors de la dernière rencontre entre les deux institutions en 2025.à Yaoundé, au Siège de la BEAC.

Comme d’habitude, pendant les échanges, les dirigeants des deux institutions ont abordé des points importants de leur coopération, notamment la politique monétaire, la transformation digitale et l’inclusion financière, l’innovation, la cybersécurité et les systèmes d’information, la modernisation et l’interconnexion des systèmes et moyens de paiement et les relations financières extérieures . Des points de la coopération qui permettront sans doute une intégration monétaire et financière dans les sous-régions Afrique centrale et occidentale.

Cette rencontre bilatérale s’inscrit dans le cadre de l’accord de coopération signé entre les deux institutions en 2008 fixant les principes directeurs et les modalités de la coopération entre les deux institutions.

À travers cet accord, les deux banques centrales s’engageaient à renforcer la synergie d’actions face aux défis communs des banques centrales africaines. Il est question de bâtir une relation solide, se fondant sur le partage d’expériences et l’harmonisation de leurs positions sur des enjeux internationaux.

Cette coopération permettra de contribuer à une plus grande intégration monétaire et financière dans le cadre de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), selon la BCEAO.

Lire le rapport annuel 2008  de la BCEAO en cliquant sur le lien: https://www.bceao.int/sites/default/files/2018-05/rapportannuelbceao2008.pdf

Par Jean Materne Zambo

Internet : L’ ONU alerte sur les risques de perturbations mondiales causées par les catastrophes naturelles

[DIGITAL Business Africa] – Le monde serait menacé de shutdown numérique. Les experts de l’Organisation des Nations unies l’ont fait savoir à la suite d’une conférence de presse de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), tenue à Genève , Suisse, ce 5 mai 2026.

Selon les experts de l’ONU, internet pourrait subir une coupure générale. Ce qui entraînerait inéluctablement des paiements bloqués, des hôpitaux privés de données, des alertes d’urgence réduites au silence, des réseaux électriques en chute, entre autres inconvénients.

Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’UIT et Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Réduction des Risques de Catastrophes, a rappelé le rôle crucial d’internet.

« Nous ne pourrions pas suivre cette conférence de presse en direct. Les lumières de cette salle s’éteindraient probablement. Les systèmes de paiement finiraient par se bloquer, les appels d’urgence auraient du mal à passer et il serait de plus en plus difficile d’accéder à des informations fiables sur la conduite à tenir. Une telle panne est plus probable que vous ne le pensez », a déclaré Doreen Bogdan-Martin, SG de l’UIT.

À l’origine de cette possible « pandémie numérique », les catastrophes naturelles, à l’instar d’une tempête solaire de l’ampleur de celle qui a frôlé la Terre en 2012.

L’ONU conclut qu’un tel incident pourrait perturber les satellites et les réseaux électriques, interrompant les transactions financières et les communications. Comme autre phénomène naturel que redoute l’Organisation : une vague de chaleur. Celle-ci, selon l’ONU, pourrait surcharger les centres de données, affectant les hôpitaux et les services d’urgence.

On ne saurait parler de phénomènes nocifs pour l’infrastructure numérique sans évoquer l’activité humaine dans les océans. Celle-ci est souvent à l’origine des dommages causés sur les câbles sous-marins. La fibre qui représente 99 % du trafic Internet mondial. Les autres 1 % des données transitent par les satellites. Et donc ces pannes sur les câbles sous-marins.

L’ONU annonce le lancement d’un rapport conjoint intitulé “Quand les systèmes numériques échouent : Les risques cachés de notre monde numérique

Par Jean Materne Zambo, source : un.org

Tchad : 30 jours pour l’élaboration du Code du Numérique

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad souhaite se doter d’un cadre juridique de la cybersécurité : le code du numérique. L’avant-projet doit passer au peigne fin par les soins d’un comité chargé du suivi de l’élaboration  du texte.

Le secrétaire d’État aux Télécommunications, à l’Économie numérique et à la Digitalisation de l’Administration, Ibangolo Abel Maina, a procédé ce 6 mai 2026 à l’installation dudit comité.

Selon le ministère des Postes et de l’Économie numérique, ce texte majeur vise à doter le Tchad d’un cadre juridique moderne, garantissant la cybersécurité, la protection des données personnelles et une lutte renforcée contre la cybercriminalité.

Le comité est chapeauté par le secrétaire général du ministère Télécommunications, de l’Économie Numérique et de la Digitalisation de l’Administration, Ibangolo Abel Maina, et dispose de 30 jours pour formuler ses observations sur l’avant-projet.

Le Tchad entend ainsi le pas à la République démocratique du Congo, qui a adopté la loi n°23/10 du 13 mars 2023 portant code du numérique. D’un volume de 168 pages, le texte couve 390 articles répartis en plusieurs chapitres. Avec des thématiques qui sont d’actualité comme la cybersécurité.

En République démocratique du Congo, le législateur n’a pas fait de cadeau aux internautes véreux. De lourdes sanctions sont prévues à cet effet, allant jusqu’à vingt milliards de francs congolais, soit environ 818 millions de FCFA.

Pour l’heure, la législation sur la cybersécurité au Tchad est principalement encadrée par la loi n°009/PR/2015, complétée par l’ordonnance n°008/2022.

Ce cadre juridique sécurise le cyberespace, définit les infractions numériques, protège les données personnelles et renforce l’ANSICE. L’Agence nationale de Sécurité informatique et de Certification électronique (ANSICE) est l’autorité centrale de régulation.

Par Jean Materne Zambo, source : ministère des Postes et de l’Économie numérique Tchad

À l’UNESCO de Yaoundé, Beaugas Orain DJOYUM plaide pour la formation des lanceurs d’alerte et des internautes contre la désinformation

[DIGITAL Business Africa] – Former les internautes, influenceurs et lanceurs d’alerte aux bonnes pratiques de vérification de l’information devient une urgence démocratique. C’est le principal message porté par Beaugas Orain DJOYUM, Directeur général de ICT Media STRATEGIES et président de l’association Smart Click Africa, lors de la 3ᵉ édition des « Universités de la Presse », organisée le 05 mai 2026 à Yaoundé par le Syndicat national des professionnels de l’Information et de la communication (SPIC) et l’ UN Press Club, avec l’appui technique de l’UNESCO.

L’événement, tenu au siège de l’UNESCO à Dragage dans le cadre de la 34ᵉ Journée mondiale de la liberté de la presse, s’inscrivait sous le thème mondial : « Façonner un avenir en paix ». Plusieurs professionnels des médias, experts du numérique, journalistes, étudiants et acteurs de la société civile y ont débattu du rôle des médias face aux profondes mutations numériques qui transforment les sociétés africaines.

Invité à intervenir sur le thème « Journalisme citoyen : pour une société plus juste », Beaugas Orain DJOYUM a défendu une approche équilibrée du journalisme citoyen, qu’il considère à la fois comme une opportunité démocratique majeure et un défi important pour la qualité de l’information.

« Le journalisme citoyen ne remplace pas le journalisme professionnel. Il le complète, le bouscule et parfois le sauve. Mais les lanceurs d’alerte et influenceurs doivent être formés afin de contribuer à une information plus fiable et à la réduction de la désinformation, de la manipulation et de la diffamation », a-t-il déclaré.

Pour le responsable de ICT Media STRATEGIES, le développement massif des smartphones et des réseaux sociaux a profondément modifié l’écosystème médiatique. Désormais, chaque citoyen connecté peut produire et diffuser de l’information en temps réel, parfois avant même les médias traditionnels.

S’appuyant sur les travaux de Bowman & Willis dans We Media (2003), il a rappelé que le journalisme citoyen désigne la collecte, le traitement et la diffusion de l’information par des individus non professionnels agissant dans l’intérêt public grâce aux outils numériques.

Mais cette démocratisation de la production de contenus soulève également des défis majeurs liés à la vérification des faits, à la manipulation de l’opinion, aux campagnes de désinformation et aux atteintes à la réputation.

Pour illustrer ces dérives, l’intervenant a évoqué plusieurs situations observées dans l’espace numérique camerounais : diffusion d’accusations sans vérification préalable, interpellations publiques sans démarche contradictoire ou encore propagation virale de contenus non contextualisés.

En parallèle, il a également mis en avant le potentiel positif du numérique citoyen, citant notamment la mobilisation #EndPhoneTax d’octobre 2020. Cette campagne numérique spontanée contre la taxation des téléphones portables avait conduit à une intervention du président de la République ordonnant l’arrêt immédiat de la mesure.

Pour Beaugas Orain DJOYUM, cet exemple démontre qu’un citoyen numérique bien informé et bien encadré peut contribuer à influencer positivement les politiques publiques.

Face à ces enjeux, il plaide pour une stratégie nationale de renforcement des capacités numériques des citoyens, des influenceurs et des lanceurs d’alerte.

« La lutte contre la désinformation ne peut pas être laissée aux seuls journalistes professionnels. Elle doit commencer dès l’école, dans les universités, dans les associations et dans les espaces numériques eux-mêmes », a-t-il insisté.

Au cours de son intervention, plusieurs initiatives engagées dans la promotion de la vérification de l’information ont été citées, notamment :

* Smart Click Africa et son Media Tour dans les rédactions et établissements ;
* Data Check d’ADISI ;
* Stop Intox ;
* ainsi qu’Africa Check.

L’intervenant a également appelé à une collaboration plus structurée entre journalistes professionnels et lanceurs d’alerte. Selon lui, l’avenir de l’information crédible repose sur une complémentarité entre :

* le citoyen qui alerte ;
* et le journaliste qui vérifie, contextualise et recoupe les informations.

Dans un contexte marqué par la montée des fake news, des contenus manipulés et désormais des deepfakes générés par l’intelligence artificielle, cette coopération devient, selon lui, indispensable pour préserver la confiance dans l’information.

Cette réflexion intervient au moment où plusieurs pays africains s’interrogent sur l’encadrement des plateformes numériques, la responsabilité des créateurs de contenus et les mécanismes de lutte contre la désinformation, tout en préservant les libertés fondamentales et la liberté d’expression.

Pour Digital Business Africa, cette intervention illustre également une tendance lourde : le débat sur l’avenir des médias ne concerne plus uniquement les journalistes, mais désormais l’ensemble des citoyens producteurs de contenus dans un environnement numérique en mutation permanente.

Par Digital Business Africa

RD Congo : Le plaidoyer de la GSMA pour résoudre le problème de connectivité et de digitalisation

[DIGITAL Business Africa] – Les premiers États généraux des Postes et Télécommunications passés, la suite est attendue. En attendant la mise en œuvre des recommandations issues des travaux, revenons sur celles émises par Daddy Mukadi, président de la Global System for Mobile Communications Association ( GSMA)-Afrique et responsable de la réglementation d’Airtel Africa.

Lors des États généraux des Postes et Télécommunications du 27 avril 2026, Daddy Mukadi, a dévoilé les principaux obstacles à l’inclusion numérique, notamment le coût des smartphones et l’impact des droits d’importation sur les infrastructures de télécommunications.

Pour résorber la fracture numérique en RDC, le président de la GSMA-Afrique a présenté la formule magique. Selon lui, la RDC devrait procéder à l’exemption des droits et taxes à l’importation pendant 2 ou 3 ans sur les téléphones intelligents d’entrée de gamme qui coutent entre 40 USD et 150 USD ; à la suppression des droits d’entrée sur les équipements des télécommunications pour 3 ans minimum.

Pour Daddy Mukadi, il est urgent de procéder aux ajustements de la politique publique, du cadre juridique et réglementaire dans le secteur des télécommunications.

« Le secteur des télécommunications ne peut plus être considéré comme un simple secteur de soutien… C’est désormais un secteur clé. Les deux sont essentiels, et tous les autres secteurs, de la sécurité et de la finance aux transports et à la santé, dépendent des technologies numériques pour leur croissance », a-t-il dit.

Le représentant de la GSMA a suggéré une synergie d’action entre le gouvernement et le secteur privé afin de créer un environnement réglementaire qui encourage l’innovation, protège les intérêts des consommateurs et soutienne les investissements à long terme.

Par Jean Materne Zambo, source: présidence RDC 

E-gouv/Sénégal : Cap sur l’Infrastructure publique numérique (DPI)

[DIGITAL Business Africa] – Centraliser ses plateformes numériques de base. Le Sénégal veut s’attaquer à ce serpent de mer. Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, avec Sénégal Numérique (SENUM), organise un atelier de deux jours (du 4 au 5 mai 2026) pour poser les fondations de l’Infrastructure publique numérique ou digital public infrastructure (DPI).

Il s’agit d’un écosystème de plateformes numériques de base (identité, paiements, partage de données) déployé par l’État pour moderniser les services publics, renforcer la souveraineté numérique et favoriser l’inclusion, dans le cadre de la stratégie du New Deal Technologique.

La DPI apporte des innovations telles que : la digitalisation des procédures foncières permettant le suivi en ligne des dossiers. Dans le domaine de l’éducation, elle permettra de connecter les écoles avec le SIMEN (Système d’information et de management de l’éducation nationale)

Concernant les services aux citoyens, la DPI devrait faciliter l’accès aux documents administratifs et le paiement numérique.

Pour ce qui est de l’infrastructure numérique, le système permettra d’héberger et de sécuriser les données.

Un système qui devrait métamorphoser le service public à en croire le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique.

« Aujourd’hui, l’État fonctionne encore avec des systèmes d’information construits de manière isolée, qui communiquent peu entre eux. Des architectures différentes, des données fragmentées, des logiques qui se superposent avec, à la clé, des inefficacités et une complexité qui pèse sur l’action publique. Ce fonctionnement en silos n’est pas une fatalité, c’est un état que nous devons collectivement dépasser », indique-t-il.

Selon la source, la journée du 5 mai 2026 accouchera du projet de décret encadrant la plateforme d’interopérabilité, l’introduction du cadre national d’interopérabilité, la définition des architectures d’échange de données, des normes techniques, ainsi que des exigences en matière de sécurité et de protection des données.

Par Jean Materne Zambo, source: MCTN 

Hajj 2026 : Le passeport électronique pour faciliter le séjour des fidèles

[DIGITAL Business Africa] – Une avancée majeure pour le nouveau électronique saoudien. Le Visitor digital ID, depuis début mai 2026, est officiellement le pass pour les pèlerins en séjour en Arabie saoudite. Doté d’une puce chiffrée, le nouveau passeport électronique marque la transition du passeport lisible par machine vers un format électronique conforme aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

Ce document vise à fluidifier les déplacements pendant le pèlerinage, réduire la dépendance aux documents physiques et améliorer la gestion logistique de flux de plusieurs millions de personnes».

Le Visitor digital ID repose sur trois niveaux :

• passeport électronique physique avec puce sécurisée ;

• identité numérique administrative accessible sur Absher ;

• usage ponctuel renforcé pour les pèlerins, notamment durant le Hajj.

Le passeport est équipé d’une puce électronique contenant des données biométriques et personnelles pour une sécurité renforcée. Il est conçu pour être lu automatiquement aux portes intelligentes (smart gates) des aéroports internationaux.

Les fidèles pourront solliciter le document sur la plate-forme Absher. Celui-ci ne remplace pas le passeport original pour franchir les frontières internationales. Les autorités saoudiennes ont rappelé que la simple image numérique du passeport n’autorise pas le voyage international.

En d’autres termes, le passeport électronique est utile pour l’identification à l’intérieur du Royaume, mais ne supprime pas l’obligation de porter le document physique pour les déplacements internationaux.

Par Jean Materne Zambo