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Présidentielles 2025/ Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo veut adapter les langues locales au numérique et à l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Simone Gbagbo, veut intégrer les langues locales dans les modèles Open source de l’IA. La candidate du Mouvement des Générations capables (MGC) aux élections présidentielles (2 tours) du 25 octobre 2025 (1ᵉʳ tour) pense à la codification des langues ivoiriennes. Cela pour améliorer la représentation des langues locales dans les systèmes d’intelligence artificielleintelligence artificielle.

Un projet similaire à celui d’Orange. L’entreprise a signé en novembre 2024 un partenariat avec OpenAI et Meta pour améliorer la représentation des langues africaines dans les systèmes d’intelligence artificielle (IA).

Son lancement était annoncé pour le premier semestre 2025. Le projet vise à développer des intelligences artificielles capables de reconnaître et d’interagir avec les langues africaines.

Le wolof, le pulaar et d’autres langues de l’Afrique de l’Ouest devraient être les premières à être intégrées dans le projet. Ces langues seraient incorporées dans les technologies Whisper d’OpenAI et Llama de Meta, deux modèles d’IA spécialisés dans la reconnaissance et la traduction linguistique.

Avec le projet de la candidate Simone Gbagbo, il est fort probable que le dioula (70 % de la population), le baoulé, le sénoufo et le bété soient ajoutés à ces technologies.

Dans l’ensemble, l’offre numérique de Simone Gbagbo est adossée à six autres engagements :

Open data, portail budgétaire, digitalisation de l’administration (pages 3 à 6)

Simone Ehivet Gbagbo veut « moderniser et digitaliser l’administration », en s’appuyant sur plusieurs projets structurants :

– Recrutement par concours modernisés, garantissant anonymat, digitalisation et automatisation ;

– Open Data et plateformes de suivi des projets publics, avec cartographie en temps réel ;

– Portail budgétaire en ligne, systèmes de dénonciation numérique et protection des lanceurs d’alerte ;

– Digitalisation de l’administration et de l’économie avec un cadre réglementaire renforcé (protection des données, cybersécurité) ;

– Simplification administrative par l’allègement des procédures et la digitalisation des formalités.

Des infrastructures numériques pour soutenir la digitalisation (pages 7 à 11)

La candidate Simone Ehivet Gbagbo propose de soutenir la digitalisation de l’économie à travers des infrastructures numériques.

Création d’usines de montage informatique, de centres technologiques (pages 12 à 15) :

– Création d’usines de montage informatique, électroménager et véhicules ;

– Octroi de stages internationaux en technologies et innovation pour les jeunes et les formateurs ;

– Création de centres technologiques régionaux et Fonds d’innovation industrielle pour les PME ;

– Création d’un Observatoire national des Sciences Technologiques et de l’Innovation pour piloter la recherche appliquée.

Télémédecine et IA dans le secteur de la santé (pages 16 à 20)

– Télémédecine et intelligence artificielle pour améliorer le diagnostic médical et faire de la Côte d’Ivoire un hub régional ;

– Plateforme numérique de suivi des financements pour la protection de l’enfance.

Infrastructures multimédias dans les établissements scolaires, accès numérique aux manuels scolaires (pages 27 à 28)

– Créer des infrastructures multimédias dans les établissements scolaires ;

– Donner un accès numérique aux manuels scolaires et introduire de nouvelles méthodes pédagogiques ;

– Réformer l’alphabétisation avec 2 555 centres bilingues (langues locales + français) et l’usage du numérique (radios, applis, smartphones).

Une Côte d’Ivoire souveraine, influente et solidaire dans le monde (page 29)

Le MGC évoque  la volonté de « maîtriser les leviers d’information socioéconomiques et politiques » et de garantir une communication souveraine.

Par Jean Materne Zambo, sources : digitalmag.ci, Orange.com

Présidentielle 2025/Cameroun : Internet intermittent avant, pendant et après le vote

[DIGITAL Business Africa] – Les internautes Camerounais échangent des données sur les plateformes numériques. Internet reste donc relativement stable.  Les autorités n’ont pas coupé le réseau sur toute l’étendue du territoire comme le le prophétisaient certaines langues. Mais quelques désagréments sont observés par moment.

Murielle Nomo, opératrice de saisie CAMCIS dans une entreprise basée à Yaoundé, raconte son calvaire depuis quelques jours :

« Nous avons plusieurs dossiers en suspens à cause de la mauvaise connexion. La procédure de dédouanement ne suit pas son cours. La déclaration en douane est un document indispensable dans la procédure de dédouanement. Cela dit nous nous retrouvons à passer dés journées à ne rien faire pourtant nous avons plusieurs dossiers sur la table.

Et d’ajouter :

« Et quand même la connexion devient un peu stable, on fait face à une accumulation de dossiers donc à un travail sans relâche jusqu’à des heures tardives. Nous avons aussi la pression qui nous vient de plusieurs clients en même temps », s’indigne-t-elle.

L’opérateur de téléphonie MTN Cameroon à travers des SMS envoyés à ses abonnés, de son côté donne le causes de ce désagrément.

Malgré ces interruptions, les différentes plateformes des administrations continuent d’être animées ; les internautes échangent des données. Les autorités ont donc déjoué les pronostics.

Des acteurs de la société, des lanceurs d’alerte, des ONG et des hommes de médias prédisaient une violation de la liberté d’expression. « Bitchat », une application mobile visant à connecter les utilisateurs sans internet a été promue dans les plateformes numériques. Il s’agit d’une application de messagerie hors ligne appelée Bitchat, basée sur la technologie Bluetooth Mesh.

L’application aurait été expérimenté au Népal lors de la fronde qui a conduit à la démission le 9 septembre 2025 du Premier ministre, Khadga Prasad Oli, 73 ans,

La colère populaire a été déclenchée par la décision du gouvernement de bloquer, le 4 septembre 2025 , pas moins de 26 plateformes et réseaux sociaux, dont WhatsApp, Facebook, Instagram, Snapchat, YouTube, LinkedIn, X, Reddit et Signal. Les autorités souhaitent lutter contre les discours de haine ainsi que des fausses nouvelles en ligne.

Par Jean Materne Zambo

Kenya : Le président William Ruto s’inscrit à un Master en intelligence artificielle à l’Open University of Kenya

[Digital Business Africa] – Le président kényan William Ruto vient de franchir une étape symbolique dans la promotion de l’éducation numérique. Ce 14 octobre 2025, il s’est officiellement inscrit à un Master en Intelligence Artificielle (IA) à l’Open University of Kenya (OUK), première université 100 % digitale du pays.

Lors de sa visite à Konza Technopolis, la future « smart city » du Kenya, le chef de l’État a souligné que cette inscription personnelle traduit sa volonté d’accompagner la révolution numérique et de comprendre en profondeur les transformations provoquées par l’intelligence artificielle.

« Je me suis inscrit comme étudiant en IA parce que je veux comprendre. L’IA est disruptive. Elle va transformer notre manière de faire des affaires, de gouverner, d’éduquer et de soigner. En tant que dirigeants, nous ne devons pas rester à la traîne », a déclaré le président Ruto, non sans humour : « J’espère que vous me traiterez bien comme étudiant ».

Une université modèle pour l’Afrique numérique

Créée en 2023, l’Open University of Kenya est une institution virtuelle qui offre des formations flexibles et accessibles à tous, à travers un environnement 100 % en ligne. Elle ambitionne d’accueillir plus de 100 000 étudiants d’ici 2026, devenant ainsi la plus grande université du Kenya.

Le président Ruto a indiqué que son gouvernement a investi dans des ressources numériques de pointe pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur.

« Le coût des cours en ligne sera une fraction de celui des universités traditionnelles. »

Selon le vice-chancelier de l’université, le Professeur Elijah Omwenga, l’inscription du président est un geste fort en faveur de la formation continue et de l’apprentissage tout au long de la vie.

« C’est un encouragement immense pour des milliers d’apprenants kenyans et internationaux », a-t-il affirmé.

L’Open University of Kenya en chiffres

  • 15 000 étudiants inscrits, dont 590 internationaux issus de 70 pays ;
  • 23 nouveaux programmes allant du premier cycle au doctorat ;
  • 24 formations professionnelles courtes, de 2 à 8 semaines, pour accompagner la requalification des professionnels ;
  • 22 partenariats internationaux ;
  • 20 millions de ressources numériques accessibles en ligne.

Le président du conseil d’administration, le Professeur Ezra Martim, a remis à Ruto une publication recensant les 95 principales universités ouvertes du monde, soulignant que l’OUK figure désormais parmi elles.

Un signal fort pour l’Afrique

L’inscription du président Ruto illustre la montée en puissance de la formation numérique en Afrique et l’importance de l’IA dans les politiques publiques. Ce geste devrait inspirer d’autres dirigeants africains à s’approprier l’intelligence artificielle, non seulement comme outil de développement économique, mais aussi comme levier pour moderniser la gouvernance et les services publics.

Par Digital Business Africa

Présidentielle 2025: Le Barreau du Cameroun condamne la violence et le discours de haine sur les plateformes numériques après le vote

[DIGITAL Business Africa] – Au lendemain du scrutin du 12 octobre 2025, l’Ordre des avocats du Cameroun, à travers le Bâtonnier, recadre les acteurs du processus électoral. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand on sait que la mission fondamentale du Barreau est de défendre l’État de droit et les libertés civiques.

Le bâtonnier Maître Mbah Éric Mbah a signé un communiqué ce 13 octobre 2025 dans lequel il condamne « fermement les actes de violence postélectorale signalés dans certaines régions du pays ».

Sur plusieurs vidéos en circulation sur les réseaux sociaux, l’on peut voir un homme vêtu d’une chasuble verte (uniforme pour les superviseurs du vote) se faire gifler par un individu furieux l’accusant de falsifier les empreintes digitales.

De la violence aux discours de haine, un seul pas les sépare. Depuis la fin du vote, les réseaux sociaux sont inondés de propos haineux, déshumanisants. À l’instar d’un certain Patrick Mballa (identifiant sur Facebook), qui propage de fausses informations aux fins de semer le chaos.

La posture de l’abonné Raoul Christophe Bia, reconnu comme journaliste, ne s’éloigne pas de celle de ce Patrick Mballa. Très actif sur les réseaux sociaux depuis le début du processus électoral, l’ancien employé de la chaîne de télévision Vision 4 a posté sur son compte une vidéo dans laquelle il menace tous les influenceurs web qui n’ont pas soutenu l’un des candidats en lice à cette élection.

Leur faisant comprendre qu’un traitement particulier sera réservé aux influenceurs web en cas de victoire de ce candidat. Une sortie qui a suscité une avalanche d’indignation.

Par Jean Materne Zambo

Tech : La fin de Windows 10 et la solution de Google pour garder en vie les ordinateurs incompatibles à Windows 11 [procédure]

[DIGITAL Business Africa] – L’obsolescence de Windows 10 était programmée. Ce 14 octobre 2025 marque la fin de l’existence du système d’exploitation graphique développé par Microsoft. Ce qui signifie que les mises à jour des fonctionnalités et les mises à jour de sécurité ne seront plus fournies. Il est donc recommandé de mettre à niveau vers Windows 11, c’est-à-dire une expérience informatique plus moderne, sécurisée et hautement efficace.

Problème. Tous les appareils ne répondent pas aux exigences techniques pour s’exécuter sur Windows 11. Car pour être éligible, l’appareil doit disposer des composants de base qu’on retrouve aisément dans les ordinateurs sortis depuis 2010. Notamment un processeur Intel ou AMD x86 64 bits, 4 Go de mémoire vive (RAM), 16 Go de stockage.

Mais tout n’est pas perdu. Grâce à Google, vous pouvez donner une seconde vie à votre ordinateur incompatible à Windows 11. Il vous faut simplement installer ChromeOS Flex. Ce système d’exploitation de Google est compatible avec plus de 400 ordinateurs PC ou Mac d’Apple pour les transformer en Chromebook.

ChromeOS Flex permet de transformer un PC ou un Mac en ordinateur de type Chromebook. C’est-à-dire conçus pour être simples, rapides et sécurisés. Leur particularité est qu’ils reposent principalement, comme le nom l’indique, sur le navigateur Chrome et des applications web. Ici, tout est pratiquement stocké sur le nuage.

 

Comment télécharger et installer Chrome OS

 

L’utilisateur requiert une clé USB avec 8 Go de stockage sur laquelle il va installer le fichier exécutable pour installer le système d’exploitation.

Prochaine étape, il se rend sur la page web de ChromeOS Flex,( en anglais pour le moment) https://chromeos.google/intl/fr_fr/products/chromeos-flex/

Il clique sur: Try ChromeOS Flex. Il ne lui reste qu’à suivre les instructions fournies par Google pour installer ChromeOS Flex sur son ordinateur.

Autre technique : le recours au Programme ESU (Extended Security Mises à jour). Si vous avez besoin de plus de temps avant de passer à un Copilot+ PC ou à un autre nouvel appareil Windows 11, le programme Mises à jour de sécurité étendu (ESU) grand public peut protéger votre appareil Windows 10 jusqu’à un an après le 14 octobre 2025.

Pour profiter de ce programme, Il faut « se rendre dans «Paramètres», puis «Mise à jour & Sécurité» puis «Windows Update». Un lien doit alors apparaître pour s’inscrire à l’ESU. Et une fois qu’on a sélectionné «S’inscrire maintenant», le processus démarre. Mais attention, l’ordinateur devra toujours être connecté à ce compte Microsoft », rapporte la source letemps.ch

 

La survie sur Windows

 

Pour rester pris en charge sur un système d’exploitation Windows, quelques étapes doivent être remplies par l’utilisateur :

– Installation de Windows 11 sur votre PC actuel : si votre PC répond à la configuration système minimale requise pour Windows 11 et qu’il peut effectuer une mise à niveau directement vers Windows 11, vous avez peut-être déjà reçu une notification de mise à niveau. Pour case activée si votre PC est éligible à la mise à niveau gratuite, accédez à Démarrer les paramètres > > Mise à jour & > Windows Update sécurité, puis sélectionnez Rechercher les mises à jour.

– Nouveau PC avec Windows 11 : si votre PC n’est pas éligible, ou si vous souhaitez un nouveau PC avec Windows 11 préinstallé, vous pouvez commencer par explorer les dernières Windows 11 PC. Cet outil vous aidera à trouver le PC approprié en fonction de vos besoins uniques.

Par Jean Materne Zambo, source : support.microsoft.com

Alerte deepfake : une fausse vidéo utilise le ministre Louis-Paul MOTAZE et le logo de Digital Business Africa pour arnaquer les internautes

[Digital Business Africa] – Une publicité trompeuse circule actuellement sur Facebook. Elle détourne une vidéo du ministre camerounais des Finances, Louis-Paul MOTAZE, et usurpe l’identité visuelle de Digital Business Africa pour inciter les internautes à « investir » environ 155 000 F CFA en promettant des gains quotidiens équivalents, voire jusqu’à plus de 4 millions de F CFA de gains par mois. Le lien renvoie vers un site suspect (summergjkh.com). Il s’agit d’un montage frauduleux de type deepfake visant à piéger les utilisateurs.

Le deepfake publié ce jour affichait déjà de l’engagement (plus de 90 mentions J’aime et une vingtaine de partages), signe que la publicité a touché des internautes au Cameroun.

Ce que montre la vidéo frauduleuse

Le ministre y apparaît derrière un pupitre lors d’une intervention officielle, tandis qu’un bandeau surimprimé promet des rendements irréalistes tels que « Investissez aujourd’hui 155 000 XAF et recevez plus de 4 650 000 XAF ». Le logo de Digital Business Africa est illégalement apposé sur la vidéo pour crédibiliser le message et faire croire à une caution éditoriale de notre média. Digital Business Africa n’a aucun lien avec cette publication, qui relève d’une tentative manifeste d’escroquerie. Le cybercriminel a donc utilisé une vidéo réelle du ministre, clonée la voix du ministre Motaze et lui a fait dire des paroles de publicité mensongère qu’il n’aurait jamais dites en temps normal.

Qui publie cette vidéo

La vidéo est diffusée par la page Facebook « Kydordor ». D’après les éléments visibles sur Facebook :
– La page a été créée le 26 juillet 2025 et se présente comme « Agence média ».
– L’onglet « À propos » indique une localisation en Ukraine (Dnipro) et affiche des coordonnées douteuses (numéro international +1 203-850-2481 et email seanmiller1939@psychophyudp.com), ainsi qu’un site externe non pertinent (theplanetd.com).
– La page totalise une douzaine d’abonnés seulement au moment de la capture.
– La bibliothèque publicitaire de Meta sur cette page montre 37 publicités lancées depuis la création de cette page en septembre 2025 (ID 1500909997576841). Plusieurs pubs sont marquées « inactive » après quatre heures de diffusion, et d’autres signalées ou encore supprimées pour non-respect des Standards publicitaires de Meta.

Pourquoi c’est un deepfake

Le procédé consiste à récupérer une séquence réelle d’une personnalité publique, à y apposer des textes et bandeaux trompeurs, puis à associer le tout à un site tiers qui capte des dépôts d’argent. L’utilisation non autorisée du logo de Digital Business Africa et la promesse de rendements fixes, rapides et élevés sont deux marqueurs classiques d’arnaques financières amplifiées par des techniques de manipulation (montage, faux habillage télévisuel, sponsorisation ciblée).

Ce que Digital Business Africa demande

Digital Business Africa condamne fermement cette usurpation et demande à ses lecteurs, ainsi qu’aux internautes, d’exercer une vigilance maximale. Nous invitons chacun à signaler la page « Kydordor » et la vidéo incriminée sur Facebook afin d’en accélérer le retrait.

Comment signaler sur Facebook en quelques secondes

  1. Ouvrez la publication. https://m.facebook.com/61578940703439/posts/32364424073156173/?sfnsn=wa&mibextid=6aamW6 

2.Appuyez sur les trois points en haut à droite.

3.Sélectionnez Signaler la publication.

4.Choisissez Arnaque ou fausse information, puis validez.

5.Sur la page « Kydordor », répétez l’opération via Signaler la Page.

 

Conseils pour ne pas tomber dans le piège des deepfakes financiers

  1. Vérifiez toujours la source. Un média sérieux renvoie vers son site officiel et ses comptes certifiés. Le compte Facebook de Digital Business Africa est certifié. https://www.facebook.com/DigitalBusinessAFRIC
  2. Méfiez-vous des promesses de gains garantis, quotidiens et élevés. En finance, un rendement « sûr, automatique et rapide » est un signal d’alerte.
  3. Contrôlez l’URL avant de cliquer. Les sites suspects, récents ou sans mentions légales sont à éviter.
  4. Recherchez la vidéo d’origine. Consultez les canaux officiels du ministère, les comptes institutionnels ou les médias reconnus pour vérifier le contexte de l’extrait.
  5. Analysez les incohérences. Sous-titres approximatifs, bandeaux sensationnalistes, logos mal détourés et appels urgents à payer sont typiques des escroqueries.
  6. Ne partagez pas et ne payez jamais depuis une publicité douteuse. Si vous avez un doute, abstenez-vous et demandez conseil à une source fiable.
  7. Signalez systématiquement. Plus les signalements sont nombreux, plus la plateforme agit vite.

Digital Business Africa poursuit sa veille et déposera, le cas échéant, les signalements et notifications nécessaires auprès des plateformes concernées. Merci de rester vigilants et de relayer cette alerte autour de vous.

Par Digital Business Africa 

Vote, Prési. 2025/Cameroun : La bataille des chiffres sur les réseaux sociaux, Cabral Libii du PCRN invite à la prudence

[DIGITAL Business Africa] – À peine le vote s’est-t-il achevé ce 12 octobre 2025 que les premiers « résultats » ont commencé à fuser. Rien d’anormal. L’Art. 113 du code électoral le permet. « Immédiatement après le dépouillement, le résultat acquis dans chaque bureau de vote est rendu public ».

A la lettre, la consigne a été suivie par des lanceurs d’alerte et des journalistes. Deux camps s’affrontent. D’un côté, « N’zui Manto », « Paul Chouta » et d’autres activistes. De l’autre côté, Bruno Bidjang, le journaliste qui a publié la liste des candidats retenus par le Conseil électoral avant la sortie officielle de l’instance en charge des élections au Cameroun ELECAM.

Il est rejoint par ses anciens collègues de Vison 4, Raoul Christophe Bia et Ernest Obama. Et comme à l’accoutumée, tout ce spectacle a cours sous le regard impuissant des autorités.

Le premier camp, celui des lanceurs d’alerte et des activistes, publie « les résultats » bureau de vote par bureau de vote. Ceux-ci montrent pour la plus part des cas l’ascendance du candidat Issa Tchiroma Bakary du FSNC (bulletin jaune) sur ses concurrents. Dans certains cas aussi, le président sortant Paul Biya du RDPC vient en tête.

Le camp d’en face, celui des journalistes Raoul Christophe Mbia et Ernest Obama et Bruno Bidjang, affiche des chiffres pour lesquels certains internautes émettent des réserves. Où on peut voir que le candidat du RDPC, Paul Biya (bulletin blanc) domine largement dans certains bureaux de vote.

Ce qui a fait dire à l’un d’eux, Bruno Bidjang, sur son mur que Paul Biya « vient en tête des dépouillements ». En citant comme source le média français RFI.

Une sortie qui n’a pas laissé le spécialiste du FactCheking Paul Joël Kamtchang. Le journaliste et formateur dans la vérification des faits a directement fait ce qu’il maîtrise le mieux: vérifier à la source.

Informé de cette manipulation volontaire de ce journaliste qui plus est est DG d’une chaîne de télévision, RFI a mis en garde ses abonnés. Surtout qu’un faux compte à son nom a publié que Issa Tchiroma Bakary a remporté le scrutin avec 73 %.

Cabral Libii, candidat du PCRN, lui aussi a commis un communiqué ce 13 octobre 2025 où il exhorte le peuple à plus de prudence vis-à-vis de ces résultats qui circulent sur les réseaux.

 

 

Conformément au code électoral, le Conseil constitutionnel arrête et proclame les résultats de l’élection présidentielle dans un délai de 15 jours à compter de la date de clôture du scrutin. Entre le 26 et  27 octobre 2025, le nom du président élu sera donc officiellement révélé.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : Le projet Goin’ Digital tient son 2e Comité de pilotage

[DIGITAL Business Africa] – Pour la deuxième fois depuis son lancement, le Comité de pilotage du projet Goin’ Digital se réunit. Avec pour horizon, la transformation numérique du Sénégal. Les travaux présidés par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, cette fin de semaine du 6 octobre 2025, avaient un but:

Faire le point sur l’état d’avancement des activités, de renforcer la coordination et de définir les priorités pour un impact plus fort et mieux aligné sur la Vision Sénégal 2050. Un stratégie portée par S.E Bassirou Diomaye Diakhar Faye, chef de l’ Etat du Sénégal.

Ont pris part à ces travaux, des Partenaires Techniques et Financiers, des acteurs institutionnels et privés de l’écosystème numérique. Le projet Goin’ Digital s’inscrit au cœur du New Deal Technologique, avec pour mission :

-D’affermir la souveraineté numérique, en maîtrisant les infrastructures et la donnée ;

-De stimuler l’innovation citoyenne, au service des politiques publiques et de la modernisation de l’État ;

-De promouvoir l’inclusion numérique, en particulier des femmes et des jeunes, pour que personne ne soit laissé de côté.

Le Directeur de Cabinet, représentant du ministre Alioune Sall a rappelé que « Goin’ Digital doit être l’un des artisans majeurs de cette transformation, un accélérateur tangible de la souveraineté et de la prospérité numériques du Sénégal. »

Le lancement du Goin’ Digital a eu lieu ce 11 avril 2025, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), Alioune Sall au Building administratif président Mamadou Dia.

Chaque activité du projet Goin’ Digital a été réajustée pour s’articuler avec les priorités du New Deal Technologique, conformément à la nouvelle gouvernance des projets numériques au Sénégal.

Goin’ Digital vise  à appuyer la mise en œuvre du New Deal Technologique (NDT) du Sénégal en renforçant les capacités institutionnelles et en libérant le potentiel économique du numérique.

Par Jean Materne Zambo

Côte d’Ivoire : Le CASES 2025 met 6 millions de FCFA en jeu au profit des startups africaines dédiées à l’e-santé [Postulez !]

[DIGITAL Business Africa] – Opportunité d’appui pour les startups africaines dont le domaine d’activité est la santé numérique. Le gouvernement ivoirien a lancé, ce 8 octobre 2025, le CASES 2025 (Concours des Awards des startup en e-Santé), autour du thème : « Développement des innovations technologiques et des applications numériques pour la sécurité sanitaire ».

Une cagnotte de 6 millions de FCFA est mise en jeu. Répartis ainsi qu’il suit : 3 000 000 FCFA pour le premier prix, 2 000 000 FCFA pour le deuxième, et 1 000 000 FCFA pour le troisième prix.

Pour empocher le pactole, les candidats doivent rivaliser d’ingéniosité, a prévenu le directeur de l’informatique et de la santé digitale, Franck Bléhiri.

« Les start-up doivent pouvoir donner des solutions innovantes, adaptées à l’intelligence artificielle, dématérialiser la documentation dans les centres de santé, mais surtout accessibles aux besoins des populations. Ainsi, les critères d’évaluation des projets seront basés sur le profil du porteur du projet, l’efficacité, l’originalité, l’innovation, la cohérence et la crédibilité locale, l’impact technologique local et potentiel de développement », a-t-il expliqué.

Les domaines qui seront suivis de près sont le mobil-Health, les systèmes de gestion informatisée intégrée, la télémédecine, les systèmes d’information hospitaliers et sanitaires, etc. Pour ce qui est des applications, les solutions proposées devront s’aligner sur les stratégies et priorités du pays, avoir un impact social, être conviviales et faciles à utiliser, pouvoir régler un problème global, être économiques. La directrice de la transition numérique et de la digitalisation, Karen Diallo, donne plus de détails.

« Avec 75 % du taux de pénétration du mobile sur le territoire ivoirien, le numérique est une puissance et une opportunité d’emplois. Ce concours concerne donc les développeurs d’applications digitales ou mobiles, les utilisateurs ou soutien au développement de l’implémentation des solutions TIC en santé, les étudiants en informatique et les instituts de formation des sciences de la santé », a-t-elle affirmé.

Les participants devront soumettre leurs projets à l’adresse www.awards-esante.com, du 08 octobre 2025 au 15 janvier 2026.

Ce concours est organisé par le CIMSA 2025, avec le soutien du ministère de la Santé et du ministère de la Transition numérique. Le concours est également placé sous la tutelle de la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises (FIPME).

Par Jean Materne Zambo

Beaugas-Orain Djoyum : « L’information stratégique a un coût, mais c’est un investissement rentable pour les entreprises »

ICT Media Strategies est un cabinet spécialisé en veille stratégique dans le secteur du numérique, en e-Réputation, en Personal branding, en Nation branding et en communication digitale basé à Yaoundé au Cameroun. Son DG, Beaugas – Orain DJOYUM, était l’invité de Cameroun Business Today dans son édition du mercredi 01er au mardi 07 octobre 2025.

Dans un entretien avec Cameroon Business Today, le directeur général d’ICT Media STRATEGIES, rappelle que l’information stratégique de qualité a un coût réel. Fruit d’un travail rigoureux de veille, d’analyse et de recoupement, elle mobilise des ressources humaines qualifiées, des outils technologiques performants et un temps d’expertise. Pour lui, investir dans la veille et l’intelligence informationnelle n’est pas une dépense, mais un levier de compétitivité et de performance durable pour les entreprises.

 

Cameroon Business Today : Peut-on évaluer le coût d’une information stratégique de qualité ?

Beaugas Orain DJOYUM : Oui, clairement. Une information stratégique, ce n’est pas juste un article bien écrit ou une donnée brute. C’est le fruit d’un travail de veille, d’analyse, de recoupement, souvent réalisé par des experts ou des outils spécialisés et envoyé au bon moment.  Et cela a un coût : humain, technologique et temporel.

Quand une entreprise veut anticiper un mouvement de marché, comprendre une tendance, surveiller la réglementation ou surveiller ses concurrents, elle doit investir dans des sources fiables, des outils de veille, parfois même des analystes.

C’est pourquoi l’information de qualité a un prix. C’est aussi un investissement qui rapporte. Cet investissement inclut la rémunération des ressources humaines (analystes, veilleurs, journalistes, et fact-checkers – vérificateurs de faits – spécialisés) ; l’achat et l’acquisition des outils de veille (agrégateurs, plateformes d’analyse sémantique, IA pour le tri, des bases de données payantes, et systèmes de sécurité de l’information.

Dans cet investissement, il faut aussi évaluer le coût du temps passé à la recherche, à la validation croisée des sources, à l’analyse et à la synthèse pour produire une information pertinente, exclusive ou à haute valeur ajoutée.

C’est donc un investissement important qui permet d’éviter des erreurs coûteuses. Il est évalué en fonction des besoins et des objectifs du client. Le montant peut parfois aller jusqu’à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Cameroon Business Today : Quel est l’impact des fake news sur l’accès libre à l’information ?

Beaugas Orain DJOYUM : Les fake news sont un vrai poison pour l’écosystème informationnel. Elles brouillent les repères, saturent les canaux et rendent l’accès à la vérité plus difficile.

Pour le citoyen, ils créent de la confusion. Pour les entreprises, les fake news augmentent le risque de mauvaise décision.

Et pour les médias, cela les oblige à redoubler d’efforts pour se démarquer du bruit ambiant.

En clair, les fake news rendent l’information plus chère à produire, plus complexe à vérifier et plus difficile à faire circuler librement.

Cameroon Business Today : Quel est l’impact économique de la désinformation sur les entreprises ?

Beaugas Orain DJOYUM : Il est énorme. Une rumeur malveillante peut faire chuter une action en bourse, entacher une réputation, ou provoquer une crise auprès de la clientèle.  La désinformation oblige les entreprises à investir dans des dispositifs de veille, de communication de crise et parfois même de cybersécurité.

Donc oui, la désinformation a un coût direct (en gestion de crise) et un coût indirect (en perte de confiance, en ralentissement stratégique).

C’est pour cela que de plus en plus d’entreprises prennent le sujet très au sérieux.

Cameroon Business Today : Pourquoi les entreprises investissent-elles autant dans le contrôle de l’information ?

Beaugas Orain DJOYUM : Parce qu’aujourd’hui, maîtriser l’information, c’est maîtriser son image, sa réputation et parfois même sa survie. Celui qui détient l’info stratégique détient le pouvoir. Les meilleures entreprises ont compris que l’information est un actif stratégique et une matière première incontournable.

Elles veulent anticiper les crises, surveiller les signaux faibles, exploiter les failles ou opportunités et garder la main sur leur narratif. C’est une forme de souveraineté informationnelle et un moyen sûr de protéger ou d’accroître sa rentabilité. Dans un monde où tout peut basculer à cause d’un tweet ou d’une vidéo virale, c’est devenu indispensable.

Cameroon Business Today : Quels sont les services disponibles pour sélectionner la bonne information ?

Beaugas Orain DJOYUM : Tout dépend du besoin et des objectifs du client. Il y a toute une palette de solutions allant des outils de veille automatisée aux plateformes d’intelligence économique en passant par des cabinets spécialisés en veille stratégique comme ICT Media Strategies. L’avantage avec nous, c’est que nous proposons à nos clients des offres qui allient à la fois les outils de veille, les solutions basées sur l’IA, mais surtout les ressources humaines spécialisées ci-dessus citées.

Car, la technologie et les outils IA peuvent permettre de trier plus vite, mais l’analyse humaine pour corréler les données et informations avec les besoins du client reste irremplaçable pour comprendre, contextualiser, proposer et décider.

Et comme indiqué plus haut, les coûts varient en fonction des besoins exprimés. C’est un investissement forcément rentable que nous recommandons aux entreprises et institutions qui visent l’excellence et souhaitent rester au top du marché.

Propos recueillis par Honoré FEUKOUO

Beaugas – Orain DJOYUM : « Deux institutions majeures incarnent la transformation numérique des services publics au Cameroun : la DGI et la CNPS »

ICT Media Strategies est un cabinet spécialisé en veille stratégique dans le secteur du numérique, en e-Réputation, en Personal branding, en Nation branding et en communication digitale. Il est basé à Yaoundé au Cameroun. Son DG, Beaugas – Orain DJOYUM, était l’invité de Cameroun Tribune dans son édition du 20 août 2025 pour la série sur le bilan du président Paul Biya dans le secteur du numérique. Digital Business Africa partage avec vous cet entretien dans lequel il dresse un état des lieux lucide de l’économie numérique camerounaise.

 

Beaugas Orain DJOYUM salue les avancées enregistrées, notamment la digitalisation des services de la DGI et de la CNPS, tout en soulignant les défis persistants : lenteur institutionnelle, faible coordination et déficit de culture numérique. Pour lui, le Cameroun doit désormais miser sur une gouvernance numérique forte, la formation de masse aux compétences digitales et l’exploitation stratégique de l’intelligence artificielle pour transformer durablement son économie.

Cameroon Tribune : Quelle évaluation faites-vous de l’arrimage du Cameroun au train de l’économie numérique ces sept dernières années ?

Beaugas Orain DJOYUM : L’arrimage du Cameroun à l’économie numérique a connu des avancées notables, mais reste contrasté. Le pays a posé des fondations importantes à travers la stratégie nationale de développement (SND30), la Stratégie nationale du développement de l’économie numérique (qui a connu un bilan contrasté), la mise en place d’infrastructures comme le Backbone national en fibre optique, la création de centres d’incubation publics et privés, ainsi que la digitalisation progressive de certains services publics (e-visa, e-procurement, etc.).

 

Cependant, l’impact réel de ces initiatives reste limité par des défis structurels. On peut citer la lente exécution des projets, une faible coordination institutionnelle, une faible culture numérique au sein des administrations et un cadre réglementaire parfois inadapté à l’innovation rapide du secteur. Le Cameroun est encore dans une phase de rattrapage par rapport aux économies numériques émergentes. 

Cameroon Tribune : Quelles sont les avancées les plus palpables dans le domaine ?

Beaugas Orain DJOYUM : Parmi les avancées les plus significatives de ces dernières années au Cameroun, deux initiatives majeures incarnent à mes yeux la transformation numérique effective du pays. En premier lieu, la généralisation de la déclaration fiscale en ligne, à travers des plateformes mises en place par la Direction générale des impôts (DGI) du Ministère des Finances. Les contribuables camerounais peuvent déclarer et payer leurs impôts via les portails en ligne. Ces outils ont significativement réduit le recours aux guichets physiques, contribuant à la lutte contre la corruption et facilitant la conformité fiscale, notamment pour les PME.

En deuxième lieu, la digitalisation des services de la CNPS (Caisse nationale de prévoyance sociale), qui a permis la dématérialisation complète des déclarations sociales et du paiement des cotisations. Désormais, les entreprises peuvent effectuer leurs obligations sociales en ligne via une plateforme unifiée, évitant les longues files d’attente dans les agences. Tout comme les assurés peuvent avoir plus facilement leur dus. Ces innovations ont amélioré la traçabilité, la transparence et l’efficacité du système de protection sociale.

Outre ces deux institutions publiques, on peut relever  la dématérialisation de certaines procédures administratives comme l’e-visa avec le Minrex), l’e-procurement avec le Minmap, ou encore Ngomna et Tresor Pay avec le MINFI et le Cename. Ces avancées marquent des pas importants vers une administration digitale plus agile. Mais, sur le plan général de nombreux départements ministériels doivent encore faire beaucoup d’efforts.

Sur le plan infrastructurel, on peut relever le développement d’un réseau de fibre optique étendu. Pour le réseau d’accès à l’international, le Cameroun dispose de cinq câbles sous-marins et d’un linéaire de près de 20 000 Km de fibre optique, déployé dans les dix régions du pays et adossé sur le pipeline Tchad-Cameroun. Nous disposons également des bretelles vers les pays voisins.

Par ailleurs, on constate la montée en puissance de datacenters publics et privés et des plateformes cloud locales qui commencent à offrir de meilleures garanties d’hébergement des services publics et privés.

Malgré les défis d’interopérabilité et d’adoption à grande échelle, ces avancées témoignent d’une volonté d’adaptation de l’administration camerounaise aux exigences de l’ère numérique. D’autant plus que le Président de la République Paul Biya a clairement indiqué à plusieurs reprises la nécessité de digitaliser les services publics et de rattraper le retard du Cameroun en la matière. Malheureusement, de nombreuses administrations n’ont toujours pas suivi les recommandations du président.

 

Cameroon Tribune : Selon vous, quels sont les leviers à activer pour une meilleure contribution de l’économie numérique dans la croissance du pays ?

Beaugas Orain DJOYUM : L’économie numérique représente une formidable opportunité pour accélérer la transformation structurelle du Cameroun. Mais, pour qu’elle contribue efficacement à la croissance, plusieurs leviers stratégiques doivent être activés simultanément.

Je peux citer le renforcement de la gouvernance numérique, la formation massive aux compétences numériques, la mise en place d’un cadre réglementaire agile et incitatif, l’interconnexion locale et la résilience du réseau national et enfin le développement de services publics numériques efficaces.

a). Le renforcement de la gouvernance numérique

Le Cameroun a besoin d’une meilleure coordination interinstitutionnelle dans la mise en œuvre des politiques numériques. La dispersion des initiatives freine l’impact global.
La création d’une agence spécialisée dans la digitalisation des services publics comme Irembo au Rwanda et la création Conseil national du numérique, doté d’un pouvoir d’arbitrage, s’impose pour garantir la cohérence des actions publiques, superviser les chantiers structurants (cloud souverain, e-gouvernement, cybersécurité, interopérabilité) et piloter les réformes.

En effet, le secteur privé, les opérateurs, les startups et la société civile doivent être pleinement associés dans ce Conseil national du numérique. Il doit regrouper les pouvoirs publics, entreprises et organisations professionnelles.  Ce sera un outil stratégique pour co-construire les politiques publiques et faire remonter les préoccupations du terrain.

b). La formation massive aux compétences numériques

Le véritable moteur de l’économie numérique, c’est le capital humain. Il faut lancer un plan national d’alphabétisation numérique dès le primaire, tout en renforçant les filières techniques et professionnelles. Il est aussi urgent de développer des centres de formation avancée en cybersécurité, IA, développement logiciel, data science, pour alimenter le marché en talents et attirer des investissements dans la tech.

c). La mise en place d’un cadre réglementaire agile et incitatif

Le Cameroun doit rapidement adopter une législation complète adaptée à la dynamique numérique mondiale :

  • Loi sur les startups avec un statut fiscal et administratif clair,
  • Les textes d’application et la mise en service des structures publiques prescrites dans la réglementation sur les données personnelles,
  • Renforcement de la cybersécurité (CERT national, protection des infrastructures critiques),
  • Incitations fiscales pour les investissements privés dans les startups et infrastructures (datacenters, fibre, cloud, etc.).

d). L’interconnexion locale et la résilience du réseau national

Il y a un an, des coupures de la fibre optique sous-marine aux larges des côtes africaines ont révélé la vulnérabilité de notre connectivité. Pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs, il est vital d’assurer :

  • L’interconnexion efficace entre les points d’échange Internet (IXP) du Cameroun, pour garder localement le trafic entre administrations, entreprises et citoyens.
  • Le routage local des plateformes nationales, notamment celles des ministères, banques, opérateurs et startups, dans des datacenters camerounais.
  • La diversification des liaisons régionales (via la CEMAC, le Central African Backbone, ou le Nigeria) pour réduire notre dépendance aux câbles internationaux.

Ces recommandations font partie des 10 propositions portées par le collectif des acteurs camerounais du numérique.

e). Le développement de services publics numériques efficaces

Des avancées majeures ont été enregistrées dans la digitalisation des déclarations fiscales (avec la Direction générale des impôts), et la dématérialisation des procédures sociales (notamment à la CNPS). Ces innovations doivent servir de modèles pour d’autres administrations. Mais au-delà, il faut rendre interopérables les plateformes publiques, intégrer l’IA dans les services de santé, d’éducation, de sécurité et de justice et enfin simplifier l’accès aux documents administratifs via guichets uniques numériques.

Le numérique ne peut contribuer durablement à la croissance que s’il est pensé comme un levier transversal : éducation, fiscalité, gouvernance, infrastructures, investissement, sécurité, tout est interconnecté. Il faut une approche systémique, audacieuse et inclusive pour transformer les potentialités en véritable moteur de croissance.

Cameroon Tribune : Malgré les gros investissements, les infrastructures actuelles ne parviennent pas à réduire la fracture numérique et améliorer l’accès à Internet. Que faut-il faire ?

Beaugas Orain DJOYUM : Le problème est autant quantitatif que qualitatif. Pour y remédier, il va falloir subventionner la connectivité rurale via des partenariats public-privé ; encourager l’investissement dans les infrastructures last mile ( dernier kilomètre, réseaux d’accès) ; mieux gérer les ressources du Fonds d’accès universel des télécoms qu’on appelle au Cameroun le Fonds spécial des télécoms (FST).

Il faudra également penser à stimuler la concurrence sur les infrastructures et services internet pour faire baisser les coûts d’accès et décentraliser l’hébergement des services numériques avec des datacenters régionaux, ce qui réduit la latence et les coûts de bande passante.

Cameroon Tribune : Comment peut-on tirer avantage des prouesses de l’intelligence artificielle pour stimuler la croissance et l’innovation dans notre environnement ?

Beaugas Orain DJOYUM : L’intelligence artificielle (IA) est un catalyseur potentiel pour la transformation de l’économie camerounaise. Pour tirer avantage des prouesses de l’intelligence artificielle pour stimuler la croissance et l’innovation au Cameroun, il est essentiel de finaliser la stratégie nationale de l’IA qui a été amorcée. Elle doit être inclusive et articulée autour des besoins du pays (santé, agriculture, éducation, administration).

Il faut également favoriser la création des centres de données locales structurés, car l’IA performante repose sur la qualité des données d’apprentissage.

Il faudra également former des spécialistes et sensibiliser les décideurs, pour éviter l’effet buzz sans maîtrise réelle. C’est ce que ICT Media STRATEGIES et Smart Click Africa s’évertuent à faire au quotidien. Il faut formater l’esprit de nombreux agents publics et y installer des logiciels d’acceptation de l’innovation et de la transformation digitale. Préalable pour une meilleure formation, acceptation et assimilation des solutions et outils IA disponibles.

Il ne faudra pas oublier d’encadrer l’usage de l’IA par un cadre éthique et légal, notamment pour protéger les droits fondamentaux.

Enfin, il faut soutenir les startups et projets IA camerounais, qui répondent aux réalités du Cameroun et de l’Afrique (chatbots multilingues, IA pour la prévision agricole, diagnostic médical à distance, etc.).

Propos recueillis par Sonia OMBOUDOU

Beaugas ORAIN DJOYUM : « L’IA est une alliée pour les communicants et journalistes. À condition de rester maître du message »

Dans sa dernière édition de septembre 2025, MINCOM News, le magazine officiel du ministère de la Communication du Cameroun, met en lumière les initiatives d’ICT Media STRATEGIES. Une reconnaissance du rôle que joue le cabinet dans la transformation numérique du paysage médiatique et institutionnel au Cameroun. Retrouvez ici l’interview de DJOYUM Beaugas Orain, expert en e-réputation, en veille stratégique et en Personal branding et par ailleurs président de l’association Smart Click Africa.

MINCOM NEWS : On entend beaucoup parler de l’IA ces temps-ci. Qu’est-ce que c’est ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est mangée à toutes les sauces. Il faut préciser que l’IA en elle-même existe depuis longtemps. Nos ordinateurs de l’époque était déjà dotés d’IA. C’est le qualificatif « générative » qui apporte une nouveauté avec les capacités de génération des réponses aux requêtes en temps réel. Cette l’IA générative est récente. Popularisée par OpenAI en 2023 avec ChatGPT.

L’intelligence artificielle en elle-même désigne l’ensemble des technologies capables de simuler certaines capacités humaines : compréhension du langage, reconnaissance d’images, prise de décision, génération de contenu, etc. L’IA permet à des machines ou logiciels d’analyser des données, d’apprendre et de produire des résultats de plus en plus pertinents.

MINCOM NEWS : En quoi consiste votre expertise ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Je travaille depuis plusieurs années dans la définition et la mise en place des stratégies d’e-réputation, de Personal branding, de Nation branding et de veille stratégique dans plusieurs domaines avec un accent dans le domaine des TIC, télécoms et numérique.

Nous aidons les entreprises, les organisations, les départements ministériels et particuliers à mieux communiquer sur le web et les réseaux sociaux.

Par ailleurs, pour les décideurs, nous offrons des services de veille stratégique pour qu’ils soient informés en temps réel sur les sujets qui les tiennent à cœur et qu’ils disposent des notes de veille régulières qui sont en effet des outils d’aide à la décision.

Pour cela, nous utilisons des outils d’IA de pointe de veille, d’analyse de tendances, mais aussi des outils de détection de deepfakes et de manipulation d’images. Le tout associé à notre système de veille révolutionnaire qui vous transmet directement et en temps réel sur votre numéro WhatsApp et Telegram les liens URL des noms, mots clés, marques ou expressions postées sur le web et sur les réseaux sociaux. Ce qui nous permet par la suite de faire, dans nos notes de veille, des recommandations pertinentes aux personnes ressources, aux dirigeants et aux décideurs.

Pour le cas de la désinformation, ce système d’alerte permet de montrer aux responsables concernés comment réagir à temps et efficacement, car les fake news circulent malheureusement plus vite que les infos vérifiées.

Nous travaillons sur l’intégration de l’IA dans les métiers de l’information et de la communication.

En résumé, mon expertise porte sur la veille stratégique avec des outils de pointe, la détection et l’anticipation des risques informationnels, l’identification des opportunités, la lutte contre la désinformation et l’accompagnement des médias, des communicants et des entreprises dans l’usage éthique et productif des outils IA. Ce qui passe par les formations que nous dispensons régulièrement à l’attention de ces cibles principales.

MINCOM NEWS : En quoi l’IA constitue-t-elle un atout pour les métiers de la communication ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Nous vivons une révolution technologique où l’intelligence artificielle transforme tous les secteurs, y compris ceux de l’information et de la communication. En tant qu’expert des usages numériques et de la veille stratégique, je considère essentiel d’accompagner nos professionnels de la communication dans l’appropriation maîtrisée et éthique de ces nouveaux outils.

Car, l’IA est un formidable levier de productivité. Elle permet aux communicants et aux journalistes de gagner du temps dans la rédaction et l’illustration de contenus, d’automatiser certaines tâches répétitives, d’enrichir l’expérience utilisateur grâce à des contenus personnalisés.

Le temps où il fallait décrypter et retranscrire manuellement les interviews est révolu. Une IA comme Go Transcribe le fait rapidement pour vous. Vous pouvez efficacement enrichir vos textes, les corriger, les publier et les partager en utilisant les outils IA appropriés. Mais, l’IA ne remplace pas la réflexion éditoriale ni l’éthique professionnelle. Il faut rester maître du jeu. Il faut questionner les choix et les réponses que vous donne l’IA. Questionner ses sources, car l’IA peut vous rendre nul et ridicule. Si vous l’utilisez mal. Mais, si vous êtes formé.e, l’IA générative peut décupler votre productivité.

MINCOM NEWS : Grâce aux atouts technologiques de l’IA et à leur marge de manipulation des données informatives, le professionnel ne sera-t-il pas tenté de céder à la paresse sur le plan déontologique ?

Beaugas-Orain DJOYUM : C’est un vrai risque. Les outils IA peuvent faciliter la tentation du copier-coller ou de la génération de contenus sans vérification. Il est donc crucial d’accompagner cette transition avec une formation éthique. C’est le sens des formations que nous dispensons régulièrement avec l’association Smart Click Africa en direction des journalistes, communicants et influenceurs. Dans le cadre de la journée mondiale de la liberté de la presse, nous avons renforcé les capacités des journalistes de l’UPF à Douala dans ces problématiques.

J’ai insisté à l’occasion sur la nécessité des journalistes à s’approprier et respecter la charte de Paris sur l’usage de l’IA dans le journalisme. Cette charte oblige par exemple les journalistes à signaler au public les contenus générés ou améliorés par les systèmes d’IA.

De manière générale, le journaliste ou le communicant qui utilise une IA générative doit rester maître du processus éditorial et garantir la fiabilité et l’humanité du message.

MINCOM NEWS : Citez-nous quelques outils de l’IA utiles à un professionnel des médias.

Beaugas-Orain DJOYUM : Il y en a plusieurs. Je peux vous citer mon Top 10 des outils IA utiles aux professionnels des médias et aux communicants.

  • ChatGPT, Gemini, Meta AI, Copilot et Grok pour la correction, la traduction et la génération d’articles ou de synthèses.
  • InVID-WeVerify et Deepware.AI pour la vérification de l’authenticité des vidéos et photos.
  • io pour la vérification de l’authenticité d’une audio
  • GPTZero et ai pour vérifier si un contenu a été produit par une IA.

MINCOM NEWS : Quel type de formation est nécessaire au journaliste pour être qualifié dans ce domaine ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Il est essentiel que les journalistes acquièrent une culture générale de l’IA. Il faut comprendre son fonctionnement et ses limites. Le journaliste doit développer des compétences pratiques sur les outils adaptés à leur métier. En fin, une formation en éthique numérique et en détection des deepfakes et de la désinformation est plus que nécessaire. Notamment en cette période pré-électorale où l’on assiste à une prolifération des Fake news et deepfakes vocaux et vidéos. Le récent faux débat de RFI sur le mandat impératif au Cameroun avec des voix des journalistes et experts clonées en est une illustration.

Avec l’association Smart Click Africa et en collaboration  avec le ministère de la Communication et d’autres partenaires, nous comptons organiser dans les semaines qui arrivent d’autres formations à l’intention des journalistes et influenceurs, afin qu’ils ne soient plus des relais sur les réseaux sociaux des Fake news et deepfakes, mais des phares et étoiles qui décortiquent et dévoilent les manœuvres des manipulateurs et agents propagateurs de fausses informations avant, pendant et après les différents échéances électorales prévues au Cameroun en 2025 et en 2026. Ce sera notre manière de participer à la lutte contre la désinformation au Cameroun.

MINCOM NEWS :  À contrario, quel est le mauvais côté de cette efficacité ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Le danger, c’est la perte de l’esprit critique. Trop de journalistes utilisent les outils IA comme des boîtes noires, sans vérifier les résultats. L’autre risque c’est la banalisation des contenus standardisés. Ce qui affaiblit la créativité et la singularité éditoriale. Comme je l’ai indiqué plus haut, le journaliste ou le communicant doit rester le maître du jeu.

L’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une menace pour nos métiers, mais comme un levier d’excellence et de créativité, à condition d’en comprendre les limites et d’en maîtriser l’usage. C’est dans cet esprit que nous, à ICT Media STRATEGIES et à Smart Click Africa, nous œuvrons pour accompagner les professionnels de la communication et des médias vers un numérique plus éthique, plus souverain et plus humain.

MINCOM NEWS : Pour ce qui est du journalisme, l’IA peut-elle remplacer la créativité du journaliste ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Non. L’IA ne produit que ce qu’elle a appris des humains. Elle ne génère pas d’idées nouvelles, de lignes éditoriales audacieuses ou de récits profondément humains. Une IA ne peut faire un bon reportage sur le terrain.  Or, un reportage c’est choses vues, choses entendues, choses vécues, choses senties et choses ressenties. Impossible pour l’instant à l’IA de raconter tout cela. Elle est un outil d’assistance, pas un substitut à la créativité, au terrain ni à l’analyse.

MINCOM NEWS : Quelle est votre perception du droit d’auteur vis-à-vis de l’IA ?

Beaugas-Orain DJOYUM : Le débat est complexe. Les œuvres produites par IA posent des questions de propriété intellectuelle, car elles se nourrissent souvent de bases de données d’œuvres existantes.
Je plaide pour une régulation claire qui protège le travail des créateurs humains, assure la transparence des outils IA, et oblige à déclarer quand un contenu est généré ou coproduit par IA.

Par ailleurs, j’invite le ministère de la Communication et le ministère des Postes et Télécommunications à joindre leur voix pour demander ou exiger aux Gafam et autres grands acteurs de l’économie numérique qui utilisent les contenus des médias camerounais et des médias africains pour entraîner leur modèle d’IA de participer à la subvention des médias camerounais. Ou encore, dans une moindre mesure, de financer la formation des journalistes des médias camerounais qui participent, avec les contenus qu’ils produisent, à améliorer les performances de leur IA.

Propos recueillis par Mvodo Nnama Michelle / OMOP

BOD dans MINCOM NEWS ZOOM

Beaugas Orain DJOYUM sur le web et les réseaux sociaux :

 

 

Deepfakes et Fake News : L’alerte de SMART CLICK Africa aux journalistes politiques du Cameroun

[Digital Business Africa] – La désinformation, amplifiée par l’Intelligence artificielle (IA), est l’un des défis majeurs pour les médias africains, en particulier à l’approche des élections. Face à cette menace, l’association SMART CLICK Africa a organisé une session de formation cruciale pour les professionnels des médias au Cameroun.

Le 27 septembre 2025, l’association SMART CLICK Africa, en partenariat avec le Club des Journalistes Politiques du Cameroun (CJPC), a réuni les professionnels des médias pour aborder une thématique d’une importance capitale : « Comment lutter contre les Fake News et les Deepfakes en période électorale ? ». Une session de formation placée sous le haut patronage du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.

L’IA au service de la désinformation : une menace réelle

Lors de cette session tenue dans la salle de conférence du ministère de la Communication, Beaugas Orain DJOYUM, président de SMART CLICK Africa, a mis en garde contre la montée en puissance des deepfakes, ces contenus visuels ou vocaux truqués par l’IA.

« Les deepfakes peuvent faire dire ou faire à une personne ce qu’elle n’a jamais dit ou fait. Pour les médias, le risque est double : perdre leur crédibilité s’ils relaient une fausse information et devenir des vecteurs involontaires de désinformation politique », a-t-il souligné, insistant sur l’urgence d’agir avant l’élection présidentielle d’octobre 2025.

L’impact de la session a été immédiatement salué par les participants.

« Il était important et essentiel pour les journalistes politiques que nous sommes de nous mettre à l’école des techniques de détection et de lutte contre la désinformation et les deepfakes. Nous remercions en cela l’association Smart Click Africa et son président pour les astuces et outils présentés pour mieux lutter contre la désinformation », a indiqué Jules Elobo, le président du Club Po.

L’objectif de l’intervention était clair : armer les journalistes d’outils concrets et de réflexes pratiques pour se prémunir contre la manipulation de l’information.

Les 8 pratiques essentielles pour contrer les Deepfakes et Fake News

Pour garantir l’intégrité de l’information, Beaugas DJOYUM a détaillé les bonnes pratiques que les journalistes doivent adopter à l’ère de l’IA :

  1. Croiser les sources : Ne jamais se fier à une seule source. Vérifiez toujours l’authenticité auprès des sources autorisées.
  2. Recouper avec rigueur : Méfiez-vous systématiquement des messages non vérifiés (WhatsApp, réseaux sociaux).
  3. Détecter l’usurpation vocale : Face à un contenu audio suspect, privilégiez les échanges directs ou utilisez des questions pièges.
  4. Vigilance SIM Swapping : Soyez conscients des risques d’arnaque par permutation de carte SIM qui permet aux cybercriminels de prendre le contrôle de vos comptes.
  5. Sécurité des accès : Privilégiez l’authentification via applications (comme Google Authenticator) plutôt que par SMS, moins sécurisée.
  6. Analyser les incohérences visuelles : Recherchez les signes révélateurs de trucage : expressions figées, décalage audio/vidéo ou intonations robotiques.
  7. Provoquer des émotions : Les IA peinent encore à simuler des réactions spontanées et complexes (pleurs, cris, rire).
  8. Vérifier les métadonnées : Utilisez des outils pour remonter à la source d’un fichier et identifier les modifications.

Outils spécialisés de détection IA recommandés

Le président de SMART CLICK Africa a également présenté une série d’outils basés sur l’IA que les rédactions peuvent utiliser pour l’investigation et la vérification :

  • Voix : WhiSpeak
  • Vidéos : Deepware
  • Images et Vidéos (Général) : InVid WeVerify
  • Analyse poussée : Resemble AI, Attestiv, Sensity AI et Reality Defender

Plaidoyer pour l’éthique et l’éducation face à l’IA

S’appuyant sur la Charte de Paris sur l’IA et le journalisme, l’intervenant a conclu en insistant sur la nécessité pour les journalistes de rester maîtres des outils technologiques et de ne jamais céder leur responsabilité éditoriale à la machine.

L’appel de Beaugas Orain DJOYUM est clair : dans un contexte où la manipulation numérique devient sophistiquée, la vigilance, l’éthique et la formation des journalistes sont les meilleures armes pour garantir l’intégrité de l’information en Afrique.

Par Digital Business Africa

Voir en vidéo le compte rendu de la CRTV

RD Congo : 1,5 milliard de $ pour implémenter le Plan national du numérique 2026-2030 et la Stratégie nationale de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Deux stratégies à fort impact pour la société numérique congolaise. Le Plan national du Numérique et la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle. Leur implémentation a un coût : 1,5 milliard de dollars. Le Trésor public mobilisera 1 milliard USD pour le secteur numérique entre 2026 et 2030 quand plus de 500 millions de dollars d’appuis extérieurs sont déjà garantis par les partenaires internationaux pour la période 2025-2029.

Le ministre de l’ Economie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a donné le la de l’élaboration de ces deux stratégies ce jeudi 9 octobre 2025. C’était au coursdes travaux de la Commission interinstitutionnelle de rédaction desdites initiatives.

Le premier document, le Plan national du Numérique est un texte de planification stratégique qui résulte de la réflexion amorcée dans le cadre de l’Atelier de Validation du Plan National du Numérique « Horizon 2025 » qui s’est tenue à Kinshasa le 03 septembre 2019.

Il servira à fédérer les Congolais autour des objectifs communs d’appropriation populaire des technologies, d’économie numérique et de développement durable. Le Plan national du Numérique contient de grandes orientations devant conduire à la transformation de la société congolaise en une société de l’information avec, à la clé, l’élaboration des stratégies pour une réelle structuration de l’industrie Numérique en RDC.

Les quatre piliers fondamentaux qui constituent le Plan National du Numérique ont été présentés par le ministre Augustin Kibassa Maliba. Il s’agit des infrastructures et de la connectivité, des plateformes et services publics numériques, du capital humain et de l’inclusion numérique, et enfin de la cybersécurité et de la confiance numérique.

À en croire le ministre de l’Économie numérique, au -delà de ces quatre piliers, le PNN 2026-2030 sera irrigué par cinq axes transversaux essentiels qui serviront d’accélérateurs de transformation. Ces axes sont : l’entrepreneuriat, de l’intelligence artificielle, de l’innovation, de la souveraineté numérique et des partenariats stratégiques.

La Stratégie nationale de l’intelligence artificielle, qualifiée de « révolution comparable à l’invention de l’électricité ou d’internet » répond à plusieurs interrogations : C omment l’IA peut-elle améliorer les services publics ? Comment former la jeunesse aux métiers de demain ? Comment garantir une IA éthique, responsable et souveraine ? Comment attirer les investisseurs dans ce secteur ? Comment protéger les données et la souveraineté numérique dans un monde dominé par quelques géants technologiques dont les chiffres d’affaires dépassent de loin les budgets de certains États ?

Augustin Kibassa Maliba a indiqué que les secteurs prioritaires identifiés incluent la santé, l’agriculture, l’éducation, la sécurité et l’administration publique. Le ministre de l’ Economie numérique a aussi annoncé que le gouvernement envisage également de créer une infrastructure de calcul souveraine, de soutenir la recherche et l’innovation, et de favoriser l’émergence d’un écosystème local de talents et d’investissements.

Par Jean Materne Zambo, source : presidence.cd, congoquotidien.com

Maroc : 20,7 millions de tentatives d’attaques détectées au Maroc au SEM1 2025 [Kaspersky]

[DIGITAL Business Africa] – Les systèmes marocains n’ont pas été épargnés par les cybermenaces ces derniers temps. Selon une étude de Kaspersky Security Network, partagée le mardi 7 octobre 2025, le Maroc a enregistré 41 % de ces menaces d’attaques informatiques en Afrique. En effet, près de 15 millions de menaces locales et près de 6 millions d’attaques liées à l’usage d’internet ont été enregistrées entre janvier et juin 2025.

De plus, les systèmes marocains ont en outre subi 800 000 attaques exploitant des failles logicielles (exploits), 390 000 tentatives de vol d’identifiants par des « stealers », 2,1 millions d’attaques RDP visant les accès à distance, 230 000 détections de logiciels espions (spyware) et 8 000 backdoors implantées à distance. Par rapport au premier semestre 2024, le vol d’identifiants et les spywares progressent chacun de 22 %, signe d’une pression accrue sur les secteurs bancaire, industriel et des télécommunications.

Le rapport précise qu’au Maroc, « les attaques numériques au Maroc prennent de multiples formes, notamment la formule de not-a-virus (55 %), suivie des fichiers suspects ou exploits rangés sous l’étiquette Dangerous Object (14 %), puis des chevaux de Troie (13 %) ».

Des chiffres qui classent le Maroc parmi les pays les plus touchés par la cybercriminalité en Afrique. Il est suivi de la Tunisie (24 %), de l’Algérie (16 %), du Sénégal et du Cameroun (7 %) quand la Côte d’Ivoire ne représente que 5 % ».

Ces données ont été partagées lors du KNext Rabat 2025, qui a rassemblé experts et entreprises autour des enjeux majeurs de la cybersécurité. Placé sous l’égide du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, l’événement a mis en lumière les dernières avancées technologiques, les stratégies innovantes et les solutions concrètes pour renforcer la résilience des entreprises marocaines face aux cybermenaces.

Plusieurs recommandations ont été émises pour avoir une approche proactive. Celle-ci mêlant technologies spécialisées, gestion rigoureuse des accès, sauvegardes régulières et distribuées, formation continue et surveillance/réponse aux incidents avec des partenaires de confiance.

Par Jean Materne Zambo

PI-SPI vs GIMACPAY : la CEMAC prend l’avantage technologique sur l’UEMOA dans la bataille des paiements numériques entre la BCEAO et la BEAC

[DIGITAL Business Africa] – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) rivalisent désormais d’innovation technologique pour le leadership des paiements numériques en Afrique francophone.

Après le lancement, le 30 septembre 2025, de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) par la BCEAO dans la zone UEMOA, la BEAC et le GIMAC confirment la maturité du système GIMACPAY en Afrique centrale.

Si la BCEAO entre à son tour dans l’ère de l’interopérabilité, la BEAC, elle, dispose déjà d’un écosystème pleinement opérationnel, capable d’assurer des transferts transfrontaliers et interafricains. Un duel stratégique où, pour la première fois, l’Afrique centrale prend une longueur d’avance sur l’Afrique de l’Ouest.
Deux approches, deux cadres réglementaires, mais une même ambition : construire des économies intégrées, cashless et inclusives.

UEMOA : la BCEAO accélère avec la PI-SPI

La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a marqué un tournant historique le 30 septembre 2025 avec le lancement officiel de la PI-SPI, une infrastructure régionale d’interopérabilité permettant des paiements instantanés 24h/24, 7j/7 dans les huit pays de l’Union.

Conçue entièrement par les ingénieurs de la BCEAO, la plateforme permet aux particuliers d’effectuer des transferts gratuits, instantanés et interbancaires, quel que soit le pays ou le prestataire.

« Chacun peut envoyer ou recevoir des fonds à tout moment, sans se soucier de la banque, de l’institution de microfinance, de l’émetteur de monnaie électronique ou du pays du bénéficiaire », a déclaré Jean-Claude Kassi BROU, gouverneur de la BCEAO.

Avec 62 institutions agréées dès la première phase — dont Ecobank, Orabank, Coris Bank, BOA, Orange Money ou Baobab —, la BCEAO étend immédiatement la portée de la PI-SPI à plus de 100 millions d’usagers potentiels.

L’objectif est clair : fluidifier les échanges intra-régionaux et réduire la dépendance au cash.

Entre 2014 et 2024, la BCEAO a observé une explosion des paiements numériques :

  • de 260 millions à 11 milliards de transactions,
  • et de 18 millions à 248 millions de comptes de monnaie électronique.

Ces performances placent la zone UEMOA dans le top 3 africain pour l’usage du mobile money et des paiements digitaux.

CEMAC : GIMACPAY, un modèle d’interopérabilité déjà éprouvé

Dans la zone de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC dans la  CEMAC), la BEAC a pris de l’avance dès 2018 avec l’instruction 001/GR/2018 du Gouverneur relative à l’interopérabilité et à l’interbancarité des systèmes de paiement.
Sous son impulsion, le Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique centrale (GIMAC) a déployé un écosystème convergent carte, mobile et transfert d’argent baptisé GIMACPAY.

« Désormais les populations de la CEMAC peuvent transférer de l’argent depuis un compte mobile vers un compte bancaire et vice-versa, effectuer des achats, retirer des fonds via un code ou recevoir des transferts internationaux dans leurs comptes mobiles ou bancaires », indique-t-on du côté de la BEAC

Lancé commercialement en 2020, le GIMACPAY affiche en 2025 une maturité technologique et une montée en puissance impressionnante :

  • 124 participants : 58 banques, 12 établissements de paiement, 14 institutions de microfinance, 37 agrégateurs, 2 Trésors publics, et la Banque centrale.

  • 37 millions de portemonnaies électroniques mobiles et 2 millions bancaires,

  • 3,2 millions de cartes GIMAC et internationales,

  • 2 036 guichets automatiques (GAB) et 3 096 terminaux de paiement électronique (TPE),

  • 66,19 millions de transactions cumulées depuis 2015, pour un volume global de 2 904 milliards FCFA.

Sur la seule période janvier à septembre 2025, le GIMAC a déjà traité 14,9 millions de transactions, représentant 625 milliards FCFA, soit une progression continue après 654 milliards en 2024 et 602 milliards en 2023.

En 2023, le GIMAC avait déjà traité 8,9 millions de transactions interopérables pour un montant dépassant 393 milliards FCFA, confirmant le rôle pivot de cette infrastructure dans les échanges régionaux.PI-SPI vs GIMACPAY : la CEMAC prend l’avantage technologique sur l’UEMOA dans la bataille des paiements numériques entre la BCEAO et la BEACPI-SPI vs GIMACPAY : la CEMAC prend l’avantage technologique sur l’UEMOA dans la bataille des paiements numériques entre la BCEAO et la BEAC

Le point fort de la CEMAC : les remittances sortantes, une première en Afrique

L’un des atouts majeurs du système GIMACPAY, encore inédit dans la zone UEMOA et sur la plupart des marchés africains, réside dans la possibilité d’envoyer de l’argent depuis la CEMAC vers d’autres pays africains.

Le service de remittance sortante, lancé par le GIMAC en janvier 2025, permet aux utilisateurs d’envoyer des fonds depuis leurs wallets mobiles ou comptes bancaires vers d’autres pays du continent. Une avancée qui place la CEMAC parmi les pionniers mondiaux de l’interopérabilité intégrale, internationale et régionale.

« Grâce à cette solution, les utilisateurs peuvent désormais envoyer des fonds depuis leurs wallets mobiles ou bancaires de la zone CEMAC vers le reste de l’Afrique, simplifiant ainsi les transactions internationales », indiquait, en janvier 2025, le GIMAC.

Cette fonctionnalité stratégique confère à la CEMAC une longueur d’avance sur la BCEAO, dont la PI-SPI reste à ce jour centrée sur les paiements intra-UEMOA.

Des performances en forte croissance

Selon le gouverneur Yvon Sana Bangui, dans une interview à Financial Afrik (25 septembre 2025), la CEMAC affiche elle aussi une progression fulgurante :

  • 40 millions de comptes de monnaie électronique en 2023 (contre 37 millions en 2022), soit +7,1 %,
  • 3,5 milliards de transactions en 2023 (contre 2,4 milliards en 2022), soit +46 %,
  • pour une valeur totale de 28 911 milliards FCFA, en hausse de 23,9 %.

« Les pays de la CEMAC ne sont pas à la traîne dans cette révolution numérique. Certaines administrations ont adopté les paiements électroniques pour la fiscalité, la scolarité ou les passeports », a déclaré Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la BEAC.

Une réglementation forte et en évolution constante

Sur le plan réglementaire, l’exercice de l’activité d’émission de monnaie électronique en Afrique centrale est encadré par le Règlement n° 03/16/CEMAC/UMAC/CM du 21 décembre 2016 relatif aux systèmes, moyens et incidents de paiement, le Règlement CEMAC n° 04/18/CEMAC/UMAC/CM/COBAC du 21 décembre 2018 relatif aux services de paiement dans la CEMAC, le Règlement n° 01/20/CEMAC/UMAC/COBAC du 03 juillet 2020 relatif à la protection des consommateurs des produits et services bancaires dans la CEMAC et le Règlement COBAC R-2020/04 du 30 juillet 2020 relatif au service bancaire minimum garanti.

Yvon Sana Bangui entend d’ailleurs aller plus loin :

« la BEAC et la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC), en concertation avec le Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique Centrale (GIMAC), ont engagé, depuis quelques mois, des travaux visant à améliorer l’accès aux services de paiement, renforcer le cadre juridique et règlementaire ainsi que les infrastructures techniques indispensables à l’inclusion financière.

Les réformes ainsi engagées devront renforcer la protection des consommateurs des services de paiement et consolider la résilience en matière de sécurité des opérations et de cybersécurité des plateformes de paiement dans la CEMAC. Elles devraient se traduire par une meilleure organisation de l’environnement des paiements dans la CEMAC.

Comme à chaque fois, en pareille circonstance, ces ajustements réglementaires feront l’objet d’une large concertation avec les différentes parties prenantes pour garantir leur adhésion et la prise en compte d’éventuels points additionnels qui pourraient avoir été omis dans les textes proposés ou qui nécessiteraient plus de clarifications », explique le gouverneur de la Béac.

Comparatif : deux modèles, une même vision

PI-SPI vs GIMACPAY : la CEMAC prend l’avantage technologique sur l’UEMOA dans la bataille des paiements numériques entre la BCEAO et la BEACDeux zones, une ambition panafricaine

Malgré des temporalités différentes, les deux institutions monétaires partagent une même conviction : le paiement numérique est le socle de la souveraineté économique africaine.

La CEMAC, plus avancée techniquement grâce à ses services de remittance et QR code interopérable, agit comme un laboratoire d’intégration monétique panafricaine.

L’UEMOA, de son côté, mise sur une interopérabilité “de masse” via la PI-SPI, capable d’inclure banques, microfinances et opérateurs télécoms dans un réseau unifié.

Ces dynamiques pourraient, à terme, favoriser la convergence monétaire et financière entre les deux blocs, un enjeu stratégique alors que la Zone franc explore de nouvelles formes de coopération monétaire.

Vers une interconnexion BEAC–BCEAO ?

Les experts plaident désormais pour une interopérabilité inter-zones entre la PI-SPI et GIMACPAY, afin de permettre des transferts instantanés de Dakar à Douala, de Lomé à Libreville, sans passer par des circuits étrangers.
Une telle interconnexion, sous supervision conjointe des deux Banques centrales, constituerait une étape historique vers un marché monétaire africain unifié, au cœur de la ZLECAf et de la souveraineté économique continentale.

Mais au-delà des infrastructures, c’est une affirmation de leadership technologique qui se joue : L’Afrique ne doit plus seulement consommer la technologie des paiements ; elle doit en devenir la référence mondiale.

Et surtout, s’appuyer sur ses propres talents, à l’image de la PI-SPI, entièrement conçue et mise en œuvre par les ingénieurs africains de la BCEAO.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Article mis à jour le 10 octobre 2025

Gabon : La dotation de 10 000 ordinateurs portables aux étudiants débute dans quelques jours

[DIGITAL Business Africa] – « 1 étudiant, 1 ordinateur ». Le gouvernement en passe de tenir parole. Le lancement du programme présidentiel devrait avoir lieu ce 14 octobre 2025. Le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation en a donné l’assurance dans un communiqué publié sur ses plateformes numériques ce 09 octobre 2025.

« À travers ce programme, le numérique se met résolument au service des étudiants, des entrepreneurs et de la transformation du pays », indique le communiqué.

Il s’agit des ordinateurs de marque Lenovo Core i5 de dernière génération, équipés du pack Office.

L’objectif affiché est clair : réduire la fracture numérique et offrir à la jeunesse gabonaise les outils nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus connecté. Ces ordinateurs seront distribués dans les principales universités du pays, avec une priorité accordée aux étudiants les plus méritants et issus de milieux modestes, a-t-on appris.

La dotation avait été annoncée lors du discours traditionnel à la Nation du chef de l’État, chef du Gouvernement, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema le 16 août 2025.

Selon plusieurs sources, ces ordinateurs ont été acheminés au Gabon depuis le 25 août 2025.

Pour rappel, le Gabon sous le magistère de l’ex-président de la République Ali Bongo Ondimba avait déjà doté 500 ordinateurs aux étudiants des universités.

Ces dons rappellent celui du voisin Cameroun. S. E. Paul Biya, le chef de l’État, avait instruit la distribution dès janvier 2018 de 500 000 ordinateurs portables aux étudiants camerounais du public et du privé dans le cadre de son programme baptisé « higher education vision ». L’ardoise se chiffrait à 75 milliards de FCFA (114 336 763 €).

Par Jean Materne Zambo

Tech Event : Annoncé au Forum Fii Sénégal, le Startup Act veut métamorphoser le secteur du numérique

 [DIGITAL Business Africa] – Le ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique annonce le lancement prochain du Startup Act. Alioune Sall, s’exprimant à la tribune du Forum Fii Sénéga, ce 08 octobre 2025, a présenté ce cadre comme un outil destiné à stimuler l’innovation, soutenir les jeunes entrepreneurs et renforcer l’attractivité de l’écosystème numérique national.

L’objectif est de doter le pays d’une loi d’ici la fin de l’année 2025 qui va permettre de renforcer la compétitivité et l’attractivité du secteur numérique.

Sera considérée comme startup au Sénégal l’entreprise qui répond à un certain nombre de critères, tels que l’âge de la structure, la composition du capital, l’innovation, la viabilité économique, l’impact sociétal, et la gouvernance responsable.

Les critères d’évaluation détaillés dans le draft :

1. Innovation (30%) : les startups doivent démontrer des objectifs clairs d’innovation dans le développement, la production et la commercialisation de technologies numériques. Cela inclut la propriété de produits ou procédés innovants, ainsi que leur enregistrement et leur protection.

2. Viabilité économique (20%) : les startups doivent prouver leur rentabilité économique à travers des ratios financiers positifs, notamment le ratio de rentabilité économique et le ratio d’endettement, démontrant ainsi leur solidité financière sur le long terme.

3. Impact sociétal (10%) : les entreprises doivent proposer des solutions ou services ayant un impact environnemental et social positif, en s’alignant sur des objectifs de développement durable.

4. Gouvernance responsable (20%) : une attention particulière est portée à l’inclusion de l’approche genre et à la formation continue du personnel, assurant ainsi une gestion éthique et équitable des ressources humaines.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du New Deal technologique promu par les nouvelles autorités, qui entendent faire du Sénégal un acteur central du numérique africain.

Par Jean Materne Zambo

Paiements instantanés : 62 institutions financières autorisées à ouvrir les services PI-SPI au public dans l’UEMOA

[DIGITAL Business Africa] – La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit le déploiement effectif de sa Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI).

Selon la liste officielle publiée le 3 octobre 2025, 62 institutions financières et établissements de monnaie électronique ont été autorisés à ouvrir les services au public dans les huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Ce jalon marque le passage de la théorie à la pratique : l’interopérabilité et les paiements instantanés sont désormais une réalité pour des millions de citoyens ouest-africains.

Une couverture régionale complète dès le lancement

La liste communiquée par la BCEAO démontre une mobilisation régionale particulière.
Les huit pays membres de l’UEMOA sont représentés, avec une combinaison équilibrée entre banques commerciales, institutions de microfinance, et établissements de monnaie électronique (opérateurs de mobile money).

  • Bénin (5 institutions) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Moov Money
  • Burkina Faso (7) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Orange Money, Baobab, Cofina
  • Côte d’Ivoire (13) : Afrika Banque, BMS, BOA, Bridge Bank, Coris Bank, Ecobank, Mansa Bank, Orabank, Orange Bank, SIB, Orange Money, Baobab, Cofina
  • Guinée-Bissau (4) : BDU, Coris Bank, Ecobank, Orabank
  • Mali (8) : BCI Mali, BDM, BIM, BMS, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Baobab
  • Niger (4) : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank
  • Sénégal (15) : Afrika Banque, BNDE, BOA, Bridge Bank, CBAO (Groupe Attijariwafa Bank), Coris Bank, Crédit du Sénégal, Ecobank, FBNBank, Orabank, Mobile Cash SA, Orange Finances Mobiles, Touchpoint Financial Services, Baobab, UM-ACEP
  • Togo (6) : BIA, BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, Cofina

« Plusieurs banques, institutions de microfinance et établissements de monnaie électronique des huit pays de l’Union ont satisfait aux exigences techniques, de sécurité, de connectivité et d’homologation définies par la Banque Centrale. »
— Jean-Claude Kassi BROU, Gouverneur de la BCEAO

Des acteurs de premier plan prêts à opérer

Cette première vague d’institutions reflète la diversité du paysage financier de l’UEMOA :

  • les banques régionales telles qu’Ecobank, Orabank, Coris Bank, BOA ou Bridge Bank, déjà interconnectées sur plusieurs marchés ;
  • les opérateurs de mobile money comme Orange Money, Moov Money ou Mobile Cash ;
  • et les institutions financières inclusives telles que Cofina, Baobab ou UM-ACEP.

Cette mixité d’acteurs garantit que la PI-SPI ne sera pas un outil réservé aux grandes banques, mais un réseau véritablement inclusif, au service des particuliers, des PME et des gouvernements.

Une homologation technique et sécuritaire exigeante

Pour figurer sur cette liste, chaque institution a dû répondre à des normes strictes fixées par la BCEAO :

  • conformité aux exigences de sécurité et de connectivité,
  • tests techniques et fonctionnels validés par la Banque Centrale,
  • intégration au système en temps réel et interopérable 24h/24.

L’objectif est clair : garantir la fiabilité et la performance du système dès sa phase de lancement public.

Une étape clé vers une UEMOA “cashless”

La BCEAO a fait de la PI-SPI un pilier central de sa stratégie d’inclusion financière.
En rendant possibles des transferts instantanés, sécurisés et interconnectés entre toutes les institutions agréées, la plateforme constitue un levier pour :

  • réduire l’usage du cash,
  • fluidifier les échanges commerciaux régionaux,
  • et stimuler la compétitivité et la transparence dans le système financier ouest-africain.

« Cet élan est appelé à s’élargir jusqu’à la pleine participation de l’ensemble des institutions de paiement de l’Union : telle est notre ambition », a récemment indiqué Jean-Claude Kassi BROU

Prochaine étape : l’intégration des Trésors publics

Le gouverneur a précisé que la BCEAO accompagnera les Trésors publics et administrations pour leur intégration à la plateforme.
À terme, le paiement des salaires, des aides sociales et des recettes fiscales pourrait transiter directement via la PI-SPI, réduisant les délais et les coûts pour les États.

Une dynamique appelée à s’amplifier

L’infrastructure PI-SPI s’inscrit dans un contexte d’essor sans précédent des paiements numériques dans l’Union : entre 2014 et 2024, le volume de transactions en monnaie électronique est passé de 260 millions à 11 milliards, selon la BCEAO.
Avec cette interopérabilité désormais effective, la région s’apprête à franchir un nouveau cap historique vers une économie connectée, fluide et inclusive.

Liste des participants autorisés à ouvrir les services au public

Liste des participants autorisés à ouvrir les services au public

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Monnaie électronique : de 260 millions à 11 milliards de transactions en dix ans dans l’UEMOA

[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique de l’Ouest connaît une véritable révolution financière. En une décennie, la monnaie électronique est passée du statut d’innovation périphérique à celui de pilier central de l’inclusion financière et du développement économique.
Entre 2014 et 2024, selon le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi BROU, le volume des transactions en monnaie électronique dans l’UEMOA a explosé, passant de 260 millions à 11 milliards d’opérations, tandis que le nombre de comptes est passé de 18 millions à près de 248 millions.

« Ces initiatives se sont notamment traduites par un accroissement significatif du volume des transactions en monnaie électronique au sein de l’Union, passé de 260 millions à 11 milliards entre 2014 et 2024. Le nombre de comptes a également progressé, évoluant de 18 millions à près de 248 millions sur la même période », a récemment déclaré Jean-Claude Kassi BROU, gouverneur de la BCEAO

Une croissance exceptionnelle en dix ans

Ce bond spectaculaire illustre la transformation profonde des habitudes financières dans les huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

D’après le dernier Rapport de la BCEAO sur les services financiers numériques (2023), l’Union a enregistré une progression continue du mobile money :

  • 157 millions de comptes de monnaie électronique fin 2022,
  • 209 millions fin 2023,
  • et près de 248 millions en 2024, selon les estimations officielles citées par le Gouverneur.

C’est un taux de croissance de plus de 32 % entre 2022 et 2023, et une multiplication par près de 14 en dix ans. Le volume de transactions, lui, a été multiplié par plus de 40, confirmant une adoption massive et une confiance accrue des populations dans les paiements numériques.

Plus encore, l’activité de monnaie électronique poursuit ses progrès, marqués par la hausse significative des principaux indicateurs, notamment d’accès et d’utilisation.

63 initiatives d’émission de monnaie électronique ont été enregistrées dans l’Union au 31 décembre 2023, à travers deux canaux, à savoir la téléphonie mobile (58) et la carte prépayée (5). Au cours de l’année 2023, 19 nouvelles initiatives ont été autorisées par la Banque Centrale, dont l’agrément de 2 établissements de monnaie électronique.

Les moteurs de cette expansion fulgurante

Plusieurs facteurs expliquent cette progression significative.

  1. Un cadre réglementaire visionnaire

Dès 2015, la BCEAO a adopté un cadre légal et prudentiel pour les activités de monnaie électronique, créant un environnement sécurisé pour les opérateurs et les utilisateurs.
Ce cadre a permis la délivrance d’autorisations à des établissements de monnaie électronique (EME), notamment adossés à des opérateurs télécoms et à des banques, favorisant la confiance et la diversité des offres.

  1. L’essor du mobile money et de l’écosystème Fintech

Les partenariats entre opérateurs télécoms et institutions financières ont facilité l’accès aux paiements mobiles dans les zones rurales.
La concurrence entre acteurs – Orange Money, Moov Money, Wave, MTN Mobile Money, etc.  –   a stimulé l’innovation, la baisse des coûts et la multiplication des cas d’usage : transferts, paiements marchands, factures, taxes, salaires.

  1. Une stratégie régionale d’inclusion financière

Portée par la BCEAO et les États membres, la stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF-UEMOA) vise un objectif clair : permettre à au moins 75 % de la population adulte d’avoir accès à un service financier d’ici 2025.
Aujourd’hui, ce taux atteint déjà 74 %, contre moins de 15 % au début des années 2000 – un changement d’échelle historique.

  1. L’amélioration des infrastructures et de l’interopérabilité

La mise en place d’infrastructures de paiement modernes, comme le Système de Règlement Brut en Temps Réel (STAR-UEMOA), a posé les bases techniques nécessaires.
L’arrivée de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), lancée le 30 septembre 2025 à Dakar, vient désormais boucler le cycle : permettre à tous les acteurs –  banques, microfinances, Fintech, opérateurs –  d’interagir dans un même réseau instantané et sécurisé.

Une révolution économique et sociale

L’explosion de la monnaie électronique a eu des effets tangibles sur la vie économique de l’Union :

  • Simplification des transferts familiaux et du petit commerce : plus besoin d’espèces, moins de risque de vol.
  • Digitalisation du paiement des salaires, pensions et aides sociales : une meilleure traçabilité et transparence.
  • Facilitation de la fiscalité locale et du paiement des services publics.
  • Formalisation progressive du secteur informel, grâce à la traçabilité des flux financiers.

Ces dynamiques contribuent directement à l’intégration économique régionale, en rapprochant les populations des services financiers formels et en favorisant la confiance dans la monnaie commune : le franc CFA.

Un impact structurant sur les usages numériques

Selon la BCEAO, plus de 95 % des transactions numériques dans l’UEMOA passent désormais par la monnaie électronique.
Les paiements marchands représentent la nouvelle frontière : ils ont progressé de plus de 60 % en 2023, portés par la généralisation des QR codes et par la montée en puissance des Fintech régionales.

Cette croissance s’appuie aussi sur la digitalisation des PME, qui utilisent de plus en plus la monnaie électronique pour leurs encaissements et règlements, réduisant les coûts et améliorant la gestion de trésorerie.

Des défis à surmonter

Malgré ces avancées impressionnantes, plusieurs défis demeurent :

  • L’inactivité d’une partie des comptes : tous les comptes créés ne sont pas actifs, notamment dans les zones rurales.
  • La sécurité et la lutte contre la fraude : la BCEAO renforce ses mécanismes de supervision et de cybersécurité.
  • L’éducation financière et numérique : essentielle pour élargir encore la base des utilisateurs actifs.
  • L’interopérabilité totale : la PI-SPI doit désormais être pleinement adoptée par tous les acteurs pour que les transferts soient vraiment sans frontière.

PI-SPI : la prochaine étape d’une décennie numérique

La Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), dévoilée par la BCEAO, représente le prolongement logique de cette évolution.
Elle permettra des paiements instantanés, gratuits pour les particuliers et accessibles à tous, renforçant la dynamique d’inclusion et de modernisation.

 « PI est un système de paiement instantané, interopérable et disponible en continu dans les huit pays de l’Union, répondant aux exigences les plus élevées en matière de performance et de sécurité. »
–   Jean-Claude Kassi BROU

Avec la PI-SPI, les 11 milliards de transactions enregistrées en 2024 pourraient n’être qu’un début.
La BCEAO se fixe pour ambition d’ancrer la culture du paiement numérique instantané dans tous les secteurs de la société, du commerce de rue à l’administration publique.

Vers une UEMOA “cashless” et inclusive

L’Union monétaire ouest-africaine est désormais l’un des espaces les plus dynamiques du continent en matière de paiements électroniques.
Cette transformation –   soutenue par la régulation, l’innovation et la confiance –   constitue une référence continentale.

Alors que la BCEAO appelle à “adopter le réflexe PI”, les chiffres le confirment : la monnaie électronique n’est plus un simple outil de transfert, mais un levier stratégique de croissance, de transparence et de souveraineté économique pour l’Afrique de l’Ouest.

Par Beaugas-Orain DJOYUM