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Cameroun : ITGStore lance Añdjeun, une bibliothèque numérique panafricaine de plus de 3 500 ouvrages africains

[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun veut désormais faire du numérique un levier de diffusion massive des savoirs africains. À Douala, l’entreprise ITGStore a officiellement lancé, le 6 mai 2026, la plateforme Añdjeun (https://andjeun.com), une bibliothèque numérique panafricaine qui revendique déjà plus de 3 500 ouvrages accessibles en ligne. Une initiative qui ambitionne de démocratiser l’accès à la connaissance africaine tout en valorisant les identités culturelles du continent à travers les technologies numériques.

Présentée comme une bibliothèque digitale collaborative, Añdjeun cible principalement la jeunesse africaine, avec une offre de contenus variés couvrant aussi bien la littérature africaine que les essais philosophiques, les ouvrages éducatifs ou encore des contenus pratiques liés à l’agriculture, l’élevage et l’apiculture. Les promoteurs annoncent même un objectif de 4 500 titres disponibles dès la première semaine d’exploitation.

Pour Gabriel Fopa, PDG d’ITG Store et promoteur de la plateforme Añdjeun, cette initiative dépasse largement la simple mise à disposition de livres numériques. Elle porte également une ambition intellectuelle et culturelle autour de la souveraineté des savoirs africains.

« Nous offrons à la jeunesse, et à tous ceux qui le souhaitent, l’ensemble des savoirs que l’humanité a déjà produits, des savoirs parfois utilisés pour dominer les autres », explique Gabriel Fopa. Selon lui, l’objectif est aussi de rappeler que chaque territoire africain possède ses propres ressources intellectuelles, culturelles et humaines pour construire son avenir.

Une bibliothèque numérique pensée pour l’Afrique

Accessible depuis tout appareil connecté via le site andjeun.com, la plateforme repose sur un fonctionnement collaboratif inspiré des modèles de type wiki. Les contenus sont progressivement enrichis et validés par les administrateurs afin de garantir leur qualité et leur cohérence avec la vision du projet.

Les concepteurs ont également misé sur une interface simplifiée et des formules d’abonnement adaptées aux réalités économiques africaines. Une stratégie qui vise à réduire les barrières d’accès à la lecture numérique sur le continent, dans un contexte où le coût des ouvrages physiques et les difficultés de distribution limitent encore fortement l’accès aux livres dans plusieurs pays africains.

Au-delà de la technologie, Añdjeun se positionne comme un outil de transmission culturelle et éducative. Une dimension saluée par les autorités publiques présentes lors du lancement officiel.

Pierre Dominique Armand Atangana Mveme, représentant du ministre camerounais de la Jeunesse et de l’Éducation civique, estime notamment que le projet pourrait contribuer aux missions d’éducation civique, d’intégration nationale et d’insertion socio-économique des jeunes portées par le ministère.

Selon lui, cette bibliothèque numérique peut également devenir un instrument de consolidation du vivre-ensemble dans un environnement où les outils numériques prennent une place croissante dans la circulation des connaissances et des valeurs citoyennes.

Le numérique au service de la littérature africaine

L’initiative suscite également un intérêt particulier dans les milieux culturels et littéraires. Pour plusieurs auteurs africains, les plateformes numériques représentent désormais une opportunité majeure pour élargir l’accès aux œuvres africaines et toucher une nouvelle génération de lecteurs connectés.

Junior Haussin, auteur et écrivain camerounais, voit dans Añdjeun « la preuve que nous avons désormais un accès plus fluide et plus large à la lecture ». L’écrivain se réjouit notamment du fait que les lecteurs africains puissent accéder plus facilement à la littérature produite sur le continent.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de digitalisation des contenus culturels africains. Face à la montée des usages mobiles et à l’expansion de l’Internet en Afrique, plusieurs acteurs misent désormais sur les plateformes numériques pour préserver, diffuser et monétiser le patrimoine intellectuel africain.

Une ambition panafricaine

Après son lancement au Cameroun, Añdjeun prévoit déjà son expansion dans plusieurs pays d’Afrique centrale, notamment le Tchad, la République centrafricaine et la République du Congo. À terme, les promoteurs espèrent faire de la plateforme une référence panafricaine de la diffusion des savoirs africains.

Cette initiative intervient dans un contexte où les débats sur la souveraineté numérique africaine prennent de plus en plus d’ampleur. Au-delà des infrastructures et des services numériques, plusieurs experts estiment désormais que la maîtrise des contenus, des données et des savoirs constitue également un enjeu stratégique pour le continent.

Le développement de bibliothèques numériques africaines pourrait ainsi contribuer à renforcer l’accès à l’éducation, soutenir les industries culturelles locales et promouvoir une meilleure visibilité des productions intellectuelles africaines dans l’espace numérique mondial.

À travers Añdjeun, le Cameroun rejoint ainsi la liste des pays africains qui cherchent à utiliser les technologies numériques non seulement comme outils économiques, mais aussi comme instruments de transmission culturelle, d’émancipation intellectuelle et de construction d’une identité numérique africaine forte.

Par Digital Business Africa

Djibouti prépare des « Maisons du numérique » pour former les jeunes et réduire la fracture digitale

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement de Djibouti veut accélérer l’inclusion numérique dans les régions de l’intérieur du pays. Le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation a annoncé le lancement d’une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions intérieures du territoire.

Selon un communiqué publié le 13 mai 2026, cette étude doit permettre de définir les modalités de déploiement de ces futurs espaces de proximité, présentés comme des instruments de réduction de la fracture numérique et de développement des compétences digitales.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le ministère dans une communication relayée sur les réseaux sociaux.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme E-SKILLS, destiné à renforcer les capacités numériques des jeunes et des femmes. Les autorités ambitionnent de former au moins 3000 bénéficiaires d’ici 2029, pour un investissement estimé à 7 millions d’euros, soit environ 8,1 millions de dollars.

Le projet s’aligne sur plusieurs stratégies nationales, notamment la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » ainsi que le Plan national de développement 2025-2030, qui visent à faire de Djibouti un pôle régional des compétences numériques et de l’innovation technologique.

Au-delà de la modernisation des usages, le développement des compétences numériques apparaît comme un enjeu économique et social majeur pour le pays. Selon Organisation internationale du travail, 90 % des métiers dans le monde nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. De son côté, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes à l’horizon 2030.

À Djibouti, cette problématique se heurte à une situation particulièrement tendue sur le marché de l’emploi. D’après les données de la Banque mondiale, le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % en 2024, soit près de cinq fois la moyenne mondiale estimée à 15,7 %.

Les indicateurs liés à l’emploi restent également faibles. Selon le SESRIC, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi en 2024, l’un des taux les plus bas parmi les pays membres de l’Organisation de coopération islamique.

Au-delà de la formation, les futures Maisons du numérique pourraient également jouer un rôle dans l’amélioration de l’accès aux services digitaux dans les régions les moins connectées. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population djiboutienne en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

À travers cette initiative, Djibouti tente ainsi de conjuguer inclusion numérique, développement des compétences et lutte contre le chômage des jeunes dans un contexte africain marqué par la montée en puissance des métiers du numérique.

Par Loic SOUOP

Algérie : plus de 22 millions de cartes bancaires en circulation, le e-paiement change progressivement les habitudes

[DIGITAL Business Africa] -L’Algérie accélère sa transition vers une économie moins dépendante du cash. Devant le Conseil de la nation, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé le 14 mai 2026 que le pays comptait désormais plus de 22 millions de cartes de paiement en circulation à fin mars 2026, dont près de 18 millions de cartes Edahabia émises par Algérie Poste.

Cette évolution s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique engagée par les autorités algériennes afin de moderniser les services financiers, renforcer l’inclusion bancaire et accélérer l’adoption des paiements électroniques.

Les indicateurs communiqués par le ministère traduisent une montée en puissance rapide de l’écosystème monétique algérien. Le parc national de distributeurs automatiques de billets (DAB) a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, avec environ 235 millions d’opérations enregistrées. Dans le même temps, le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre près de 68 000 à fin 2024.

Cette progression témoigne d’une accélération du déploiement des infrastructures de paiement numérique chez les commerçants et dans les services de proximité.

La croissance se confirme également au niveau des usages. Selon les données du GIE Monétique, les transactions électroniques réalisées via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars, soit environ 7 milliards de dollars, en 2025. Cela représente une hausse de 46 % sur un an.

Le commerce électronique apparaît comme l’un des principaux moteurs de cette dynamique. Plus de 27 millions de transactions en ligne ont été enregistrées durant l’année, pour une valeur supérieure à 145 milliards de dinars. Les services de transfert d’argent via mobile connaissent également une forte progression, notamment grâce aux applications BaridMob et Wimpay.

Pour soutenir cette transformation, les autorités algériennes multiplient les réformes structurelles. En 2024, le gouvernement avait créé une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin de renforcer la sécurité des transactions et d’accélérer le développement de la monétique nationale.

L’essor des services publics numériques, la progression du e-commerce et la généralisation progressive du paiement en ligne participent également à l’évolution des habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.

Malgré cette avancée, plusieurs défis persistent. Le cash demeure encore largement prédominant dans l’économie algérienne. Selon des chiffres récemment relayés par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.

Les autorités entendent néanmoins poursuivre la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements digitaux. Au-delà de la modernisation des transactions, le gouvernement vise aussi une meilleure traçabilité des flux financiers, la réduction de l’économie informelle et un élargissement de l’inclusion financière à l’échelle nationale.

Par Loic SOUOP

 GSR-26 : l’ART  s’invite au cœur des règles mondiales du numérique et des télécoms

[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun veut désormais peser dans les grandes décisions qui structurent l’avenir du numérique mondial. À travers l’Agence de Régulation des Télécommunications, l’ART, le pays prend part au 26e Symposium mondial des régulateurs (GSR-26) de l’Union internationale des télécommunications, organisé du 12 au 15 mai 2026 à Ankara, en Turquie.

Conduite par le Pr. Philémon Zoo Zame, la délégation camerounaise participe à cette rencontre internationale considérée comme la principale plateforme mondiale de réflexion sur la régulation des télécommunications et de l’économie numérique.

Placée sous le thème « Naviguer à l’ère du numérique », l’édition 2026 du GSR rassemble les dirigeants des autorités de régulation des télécoms et des TIC du monde entier autour des nouveaux défis liés à la transformation numérique. Au centre des débats : la 6G, les constellations satellitaires, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, mais aussi l’adaptation des cadres réglementaires face à l’accélération technologique.

Durant les travaux, les participants ont notamment exploré deux outils stratégiques développés par l’UIT : la Connectivity Planning Platform (CPP) et le Global Economic Model for Spectrum (GEMS). Ces dispositifs permettent d’anticiper les besoins en infrastructures numériques, de mieux orienter les investissements et de renforcer la planification de la connectivité dans les pays émergents.

Pour le Cameroun, ces discussions rejoignent directement les priorités actuelles de l’ART : extension du haut débit, inclusion numérique, amélioration de la gouvernance des données et coopération réglementaire régionale.

Les échanges ont également insisté sur la nécessité de disposer de données fiables pour construire des politiques réglementaires plus prospectives, ainsi que sur le renforcement du Digital Regulation Network (DRN), réseau international dédié à la coopération entre régulateurs.

À travers cette participation, l’ART entend afficher la montée en puissance du système réglementaire camerounais dans les débats internationaux sur la gouvernance numérique. Une présence qui intervient dans un contexte africain marqué par l’expansion de la 5G, l’arrivée des satellites en orbite basse et les enjeux croissants liés à la souveraineté numérique.

Le symposium devrait déboucher sur l’adoption de nouvelles lignes directrices internationales de bonnes pratiques réglementaires, auxquelles le Cameroun contribue également.

En s’impliquant dans ces discussions stratégiques, l’ART cherche à positionner le Cameroun non plus comme simple consommateur de technologies, mais comme acteur engagé dans la définition des futures règles du numérique mondial.

Par Loïc SOUOP

Tchad : La gouvernance des données, parmi les priorités majeure de l’ ADETIC

[DIGITAL Business Africa] – Parmi les enjeux stratégiques de l’ ADETIC, il y a la gouvernance des données. L’ Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication veut en faire un levier de souveraineté, de développement et de performance publique.

Une importante réunion stratégique consacrée à la gouvernance des données a été organisée ce 14 mai 2026 , en présence de Madame Maimouna Diop, consultante mandatée par Union africaine dans les locaux de l’ADETIC.

La séance de travail, présidée par le Directeur Général de Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC), Adoum Djimet Saboun, intervient dans le prolongement des orientations définies lors de la réunion conduite par le Secrétaire Général du Ministère des Télécommunications, de l’Économie Numérique et de la Digitalisation pour le lancement du processus de mise en œuvre de la SNGD.

Le Directeur Général de l’ADETIC a rappelé l’importance stratégique des données dans la construction d’une administration moderne, performante et sécurisée. Il a présenté les grandes missions de l’Agence ainsi que les réformes engagées pour moderniser les infrastructures technologiques nationales, accélérer la digitalisation des services publics et renforcer l’écosystème numérique tchadien.

Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux stratégiques au cœur de la souveraineté numérique du pays :

-la sécurisation et la maîtrise des données publiques ;

-l’ interopérabilité des systèmes d’information;

-la protection des données à caractère personnel ;

-la valorisation des données pour une prise de décision publique plus efficace ;

-le renforcement de la souveraineté numérique ;

-ainsi que la mise en place d’un cadre national de gouvernance des données adapté aux ambitions du Tchad numérique.

À l’issue de cette rencontre, il a été convenu de l’organisation d’une session de formation spécialisée sur la gouvernance des données, prévue le lundi prochain au Radisson Blu Hotel N’Djamena. Cette formation réunira les points focaux et cadres techniques des institutions concernées afin de renforcer les capacités nationales et d’accélérer la mise en œuvre d’une gouvernance des données moderne, efficace et inclusive.

À travers cette initiative d’envergure, le Tchad confirme sa volonté de se positionner comme un acteur engagé de la transformation numérique en Afrique, où la donnée devient désormais un outil stratégique au service de la modernisation de l’État, de l’innovation et du développement durable.

Par Jean Materne Zambo, source : DCRI/ADETIC

Crise au Moyen-Orient : La fibre optique en ligne de mire de l’Iran après les datacenters d’AWS

[DIGITAL Business Africa] – La prochaine cible de l’Iran après les datacenters d’AWS serait les câbles à fibre optique. Les médias israéliens et iraniens en font écho depuis début mai 2026. Ces infrastructures numériques rapporteraient chaque jour aux Américains plus de 10 000 milliards de dollars de transactions financières (système SWIFT, opérations boursières et transferts d’argent) selon l’agence iranienne Tasnim.

La source affirme qu’une interruption de ces infrastructures pourrait provoquer d’importantes perturbations d’Internet et de l’économie numérique mondiale.

Rappelons que 99 % du trafic internet mondial passe par des câbles au fond des océans. La mer Rouge concentre à elle seule 17 % du trafic internet mondial, tandis que le détroit d’Hormuz constitue l’artère numérique vitale de toutes les économies du CCG (Conseil de coopération du Golfe).

 

Les câbles sous-marins en danger

 

Si un internaute en Europe consulte un site web hébergé à Singapour, sa requête transite presque certainement par des câbles sous-marins, et plusieurs des itinéraires les plus courts et à la latence la plus faible passent par le golfe Persique. Lui et les eaux environnantes abritent plusieurs tracés de câbles sous-marins essentiels :

EPEG (Europe-Persia Express Gateway) : câble de 25 000 km reliant l’Europe au Moyen-Orient, puis à l’Inde et à l’Asie du Sud-Est. Il traverse le golfe Persique.

OMRAN : Un câble de 600 km reliant Oman à l’Iran. L’une des principales connexions iraniennes à l’internet mondial.

Câbles Émirats arabes unis-Iran : plusieurs câbles plus courts reliant les points d’échange des Émirats arabes unis aux stations d’atterrissage iraniennes – une partie de l’infrastructure de routage qui a été perturbée lors des attaques de février 2026.

SMW5 (SeaMeWe-5) : L’un des plus longs systèmes de câbles sous-marins au monde, reliant Singapour à la France via le Moyen-Orient.

 

Attaque contre les datacenters d’AWS 

 

La première attaque iranienne sur les infrastructures numériques dans le cadre du conflit au Moyen-Orient remonte au 1ᵉʳ mars 2026. Des drones iraniens avaient ciblé et endommagé des centres de données d’Amazon Web Services (AWS) aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.

Ces frappes avaient entrainé des perturbations des services bancaires et cloud dans la région. Deux sites AWS aux Émirats (dont le ME-CENTRAL-1) et un à Bahreïn étaient pris pour cibles, entraînant des inondations par les systèmes d’incendie et la destruction de serveurs. Une réponse au soutien présumé d’AWS aux opérations militaires et de renseignement ennemies.

La guerre numérique actuelle remonte au 28 février 2026, lorsque l’Iran a instauré une politique restrictive de transit dans le détroit d’Ormuz. Cette mesure faisait suite aux frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Les USA ont ensuite répondu par un blocus naval total, en coupant l’accès maritime aux ports iraniens, également bien pour les navires entrants et sortants.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : La formation professionnelle au rendez-vous de la transformation numérique

[DIGITAL Business Africa] – À l’horizon 2030, le Cameroun souhaite hisser la formation pratique aux standards modernes. Cela commence par un plan coordonné qui définit des objectifs pour l’atteinte de cet idéal. Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) a procédé ce mercredi 13 mai 2026 à la validation officielle de la Stratégie nationale de Digitalisation de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) au Cameroun.

La stratégie vise à créer un environnement propice à l’innovation pédagogique et à l’acquisition de compétences numériques. Elle est alignée sur le marché du travail. Tant elle permet d’adapter les compétences des apprenants aux besoins réels des entreprises dans un contexte de transformation numérique (IA, robotique).

Elle apporte une amélioration de l’employabilité. Cela en dotant les jeunes de compétences techniques et numériques, elle facilite leur insertion professionnelle et la création d’emplois.

La stratégie offre également la modernisation de la pédagogie. Cela grâce à l’introduction des méthodes d’apprentissage innovantes (simulation, réalité virtuelle, plateformes en ligne) qui renforcent l’engagement et la rétention des compétences.

Autre importance de la stratégie, l’élargissement de l’accès à la formation, l’inclusion et l’équité et le renforcement des capacités. À ce propos, la stratégie prévoit la formation des formateurs et le renforcement des infrastructures numériques dans les centres de formation.

La cérémonie s’est tenue au Centre national de Formation des Formateurs et du Développement des Programmes (CNFFDP) de Yaoundé en présence de Prudence Forchap Nkong, Secrétaire général du MINEFOP et des représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des experts sectoriels ainsi que des membres de l’équipe technique nationale.

La stratégie est structurée autour de quatre axes stratégiques majeurs. Notamment le renforcement des infrastructures numériques, l’amélioration de la qualité pédagogique, le développement des systèmes d’information et la consolidation de la gouvernance du secteur.

Les travaux d’élaboration de sa stratégie nationale de transformation numérique de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (EFTP) ont été lancés par le MINEFOP à Yaoundé en 2025.

Cette initiative est portée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP), avec l’appui de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) et de plusieurs partenaires internationaux (UNESCO, GIZ, IDEP, UA, BAD, NEPAD).

L’ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Issa Tchiroma Bakary, avait salué une démarche essentielle pour préparer la jeunesse camerounaise aux exigences du marché de l’emploi, où les compétences numériques deviennent incontournables.

Par Jean Materne Zambo, source : MINEFOP

Gabon : Le point d’échange Internet (IXP) GAB-IX prêt à renaître de ses cendres

[DIGITAL Business Africa] – Mark-Alexandre Doumba veut revigorer le point d’échange Internet (IXP) du Gabon. Selon une source locale, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation engage une nouvelle phase de relance de GAB-IX, début mai 2026.

Le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation a engagé une nouvelle phase de relance de GAB-IX, le point d’échange Internet (IXP) du Gabon, dans le but de renforcer l’autonomie numérique du pays et d’améliorer les performances des services Internet.

GAB-IX voit le jour en 2014. Le point d’échange est ouvert à tous les acteurs qui souhaitent se connecter (opérateurs, FAI, sociétés de services, grands comptes, collectivités locales, particuliers, etc.).

Le point d’échange Internet devait permettre aux opérateurs télécoms et fournisseurs d’accès Internet d’échanger directement les données numériques au niveau national, sans devoir faire transiter systématiquement le trafic par des infrastructures situées à l’étranger. Un tel mécanisme contribue à réduire les délais de connexion, limiter les coûts techniques et améliorer la sécurité des échanges numériques.

Mais GAB-IX va faire face à plusieurs difficultés dans son déploiement. Notamment le manque d’implication et de participation des membres fondateurs, le refus de peering, le manque de coopération entre les opérateurs locaux, le non-respect des obligations (cotisation, soutien technique, etc.), la faible densité de contenu et services locaux, la plupart des contenus seront toujours hébergés à l’étranger (ex : Europe) et la disparition de plusieurs FAI.

Conséquences directes : l’infrastructure restera peu utilisée ces dernières années. De plus, depuis 2019, seuls l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) et CanalBox/GVA seront en activité, avec un trafic local limité à environ 80 Mbps.

Malgré les difficultés, quelques signes encourageants permettent de croire en une amélioration du point d’échange Internet national. Gabon Telecom et Airtel Gabon ont récemment reconnecté leurs réseaux à GAB-IX, permettant une hausse immédiate du trafic local, désormais supérieur à 250 Mbps.

Par Jean Materne Zambo

Technologie : Le PDG de Nvidia invité par Trump à la dernière minute au sommet bilatéral USA- Chine

[DIGITAL Business Africa] – Dans la délégation d’investisseurs qui accompagnent Donald Trump en Chine ce 13 mai 2026, un nom manquait. Celui de Jensen Huang, PDG de Nvidia, un homme d’affaires et ingénieur américano-taïwanais. Cette absence va rapidement créer un tollé médiatique. Entendu que Ndivia occupe une place dominante sur le marché mondial des processeurs graphiques.

Les puces H200 de Ndivia alimentent toute une gamme d’appareils électroniques, des smartphones aux équipements médicaux, et elles sont essentielles au fonctionnement de l’intelligence artificielle.

Finalement, d’autres sources à l’instar d’ euronews, CNBC indiquent que Jensen Huang a été invité in extremis à rejoindre le président Trump en Chine. « Jensen participe au sommet à l’invitation du président Trump afin de soutenir les États-Unis et les objectifs de l’administration », a indiqué une source de Ndivia.

Huang s’est rendu en Alaska pour embarquer à bord d’Air Force One. Il va rejoindre la délégation américaine, qui s’apprête à rencontrer le président chinois Xi Jinping jeudi et vendredi.

Trump a confirmé la présence de Huang à bord d’Air Force One et dément l’ information selon laquelle le patron de Nvidia n’a pas été invité. Il a ajouté que l’ouverture de la Chine aux entreprises américaines serait sa « première demande » à son homologue Chinois.

« Je demanderai au président Xi, un dirigeant d’une distinction extraordinaire, d’« ouvrir » la Chine afin que ces personnes brillantes puissent faire des merveilles et contribuer à hisser la République populaire à un niveau encore plus élevé ! », a déclaré Trump,

Pour certains supports médiatiques, comme BFM Tv, cet incident n’est pas fortuit. Il llustre les tensions technologiques croissantes entre les États-Unis et Xi Jinping, président Chinois.

Selon le site developper.com, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, reproche à Donald Trump les contrôles à l’exportation américains et déclare que la société ne prévoit désormais plus aucun chiffre d’affaires en provenance de Chine. En 2025, Nvidia annonçait que ses ventes de puces IA avancées à la Chine avaient complètement cessé en raison des contrôles à l’exportation américains.

La même source rapporte que Donald Trump reproche principalement au PDG de Nvidia (Jensen Huang) sa stratégie de contournement des restrictions américaines à l’exportation vers la Chine. L’administration américaine accusé Nvidia de chercher à maximiser ses profits aux dépens de la suprématie et de la sécurité technologiques des États-Unis.

Par Jean Materne Zambo

Enregistrement de la commande publique: la DGI lance registrations.dgi.cm pour remplacer Harmony

[DIGITAL Business Africa] – La Direction Générale des Impôts (DGI) du Cameroun annonce un changement important des procédures d’enregistrement relatives à la commande publique. À travers un visuel de sensibilisation publié sur ses plateformes numériques, l’administration fiscale informe qu’à compter du 11 mai 2026, les usagers devront recourir à une nouvelle plateforme dédiée pour obtenir leurs attestations d’enregistrement en ligne.

Le portail registrations.dgi.cm devient ainsi la nouvelle interface numérique destinée aux opérations d’enregistrement de la commande publique.

Un changement de plateforme pour les opérateurs économiques

Contrairement à une simple digitalisation du service, cette annonce marque surtout une migration vers une nouvelle plateforme numérique. Jusqu’ici, les opérations d’enregistrement de la commande publique étaient déjà effectuées en ligne via la plateforme Harmony 2, utilisée par de nombreux opérateurs économiques et administrations dans le cadre des procédures liées aux marchés publics.

Avec registrations.dgi.cm, la DGI introduit donc un nouvel environnement numérique censé prendre le relais pour les démarches d’enregistrement fiscal liées à la commande publique.

Cette transition intervient dans un contexte plus large de la refonte du système fiscal numérique camerounais. Pour rappel, le ministère des Finances a récemment attribué un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA au consortium ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun) pour le développement du futur Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Ce futur dispositif stratégique est appelé à remplacer progressivement plusieurs plateformes actuellement utilisées par l’administration fiscale camerounaise, notamment FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing, ainsi que certains systèmes de télédéclaration des DSF.

L’objectif affiché par les autorités est d’unifier et de moderniser l’ensemble de l’écosystème fiscal autour d’un système intégré, plus centralisé, automatisé et interconnecté.

Dans ce contexte, le lancement de registrations.dgi.cm apparaît comme l’un des premiers mouvements visibles de la réorganisation progressive des services numériques opérée par la DGI avant l’arrivée du futur SIGIT.

Comment procéder ?

Selon les éléments communiqués par la DGI, la procédure s’effectuera principalement en trois étapes :

  1. Se connecter à la nouvelle plateforme
    Les opérateurs économiques devront accéder au portail registrations.dgi.cm à partir d’un ordinateur ou d’un smartphone connecté à internet.
  2. Suivre les instructions de traitement
    La plateforme guidera ensuite les utilisateurs dans la saisie des informations et le dépôt des éléments nécessaires au traitement du dossier d’enregistrement.
  3. Obtenir l’attestation d’enregistrement
    Après validation de la procédure, l’attestation pourra être obtenue directement en ligne.

Une transition importante pour les acteurs des marchés publics

Pour les entreprises habituées à Harmony, cette transition impliquera probablement une phase d’adaptation aux nouvelles procédures, aux interfaces et aux mécanismes de traitement mis en place par la DGI.

L’enjeu sera notamment d’assurer une continuité fluide des opérations administratives, en particulier pour les entreprises engagées dans les marchés publics, où les délais d’enregistrement peuvent avoir un impact direct sur l’exécution des contrats.

Un exemple concret de l’e-gouvernance en construction

Au-delà du simple changement de plateforme, cette évolution illustre plus largement l’accélération de la transformation numérique des services publics au Cameroun. La digitalisation des procédures fiscales, des paiements électroniques et, désormais, des opérations liées à la commande publique traduit une volonté croissante de moderniser l’administration, de réduire les lourdeurs bureaucratiques et d’améliorer les interactions avec les usagers.

Ces enjeux seront justement au cœur du Salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Coorganisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa et placé sous le haut patronage du Minpostel, cet événement panafricain vise à réunir les administrations publiques, les entreprises technologiques, les institutions financières, les startups et les partenaires internationaux autour des défis de la transformation numérique de l’État.

La modernisation engagée par la DGI à travers les plateformes fiscales numériques pourrait ainsi constituer l’un des cas concrets de transformation administrative susceptibles d’alimenter les discussions sur l’avenir des services publics numériques en Afrique.

Vers une consolidation des services fiscaux numériques

Depuis plusieurs années, la DGI accélère l’intégration des outils numériques dans ses services : télédéclarations, paiements électroniques via Tresor Pay, Mobile Money, OTP/OTM, plateformes CFLP ou encore systèmes de gestion des marchés publics.

Avec registrations.dgi.cm et le futur SIGIT en préparation, l’administration fiscale camerounaise poursuit ainsi la restructuration de son architecture numérique afin de centraliser davantage les procédures, fluidifier les interactions avec les contribuables et améliorer la gestion des recettes publiques.

Par Digital Business Africa

Cameroun : la DGI simplifie le paiement des avis d’imposition via MTN MoMo, Orange Money, OTP et Tresor Pay

[DIGITAL Business Africa] – Les contribuables relevant des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) de Yaoundé peuvent désormais régler leurs avis d’imposition sans se déplacer, grâce aux solutions numériques déployées par la Direction Générale des Impôts (DGI) et le Trésor public camerounais via la plateforme Tresor Pay.

À travers une campagne de communication relayée sur ses canaux digitaux, la DGI explique comment les usagers peuvent effectuer leurs paiements d’impôts et de taxes directement en ligne ou via mobile money, en quelques étapes seulement.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de modernisation fiscale engagée par l’administration camerounaise. Pour rappel, la Direction Générale des Impôts, à travers la cartographie des centres régionaux des impôts, a structuré la gestion fiscale de Yaoundé autour des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP), chargés notamment du suivi fiscal des particuliers et des petits contribuables.

Comment payer ses avis d’imposition en ligne ?

La première option proposée aux contribuables consiste à utiliser la plateforme numérique Tresor Pay accessible à l’adresse : dgi.tresorpublic.cm.

Selon les indications de la DGI, la procédure se déroule en quatre étapes principales :

    1. Accéder à la plateforme
      Le contribuable doit se rendre sur le portail dédié depuis son smartphone, sa tablette ou son ordinateur.
    2. Saisir son numéro de déclaration
      Une fois connecté, il lui est demandé d’entrer son numéro de déclaration ou les références figurant sur son avis d’imposition avant de cliquer sur « Valider ».
    3. Choisir son mode de paiement
      Après validation, plusieurs moyens de paiement sont proposés :
    • Mobile Money (MTN MoMo ou Orange Money);
    • Paiement via Campost ;
    • Paiement via OTP ;
    • Virement bancaire ;
    • Carte Visa ;
    • Express Union.

L’usager sélectionne ensuite le moyen de paiement qui lui convient pour finaliser l’opération.

    1. Imprimer sa quittance
      Une fois le paiement effectué, la plateforme permet d’imprimer immédiatement la quittance officielle. La DGI précise également qu’en cas de perte, le contribuable peut retourner sur la page d’accueil et ressaisir son numéro d’avis d’imposition pour retrouver son reçu.

Des paiements également possibles par codes USSD

Outre la plateforme web, la DGI met également à disposition des codes USSD permettant de payer directement depuis un téléphone mobile, sans connexion internet.

Les contribuables peuvent notamment utiliser :

    • MTN MoMo : *206*1#
    • Orange Money : #150*3*4*2#

Ces solutions sont connectées aux services Campost, Orange Money et MTN MoMo, afin de simplifier les paiements électroniques des contribuables des CFLP.

Vers une fiscalité plus numérique au Cameroun

À travers Tresor Pay et les paiements mobiles associés, l’administration fiscale camerounaise poursuit sa transition vers des services publics davantage digitalisés. L’objectif affiché est multiple : réduire les files d’attente dans les centres fiscaux, sécuriser les transactions, améliorer la traçabilité des recettes publiques et faciliter les démarches des contribuables.

Cette évolution illustre également la place croissante du mobile money dans les services publics au Cameroun, où les solutions numériques deviennent progressivement un levier stratégique pour rapprocher l’administration des citoyens.

Par Digital Business Africa

« Dis-moi Robert » : Le dictionnaire Le Robert entre dans l’ère de l’intelligence artificielle conversationnelle.

[DIGITAL Business Africa] – L’éditeur français Le Robert franchit une nouvelle étape dans la transformation numérique des outils linguistiques. À l’occasion des 60 ans du célèbre Petit Robert, la maison d’édition a annoncé, mardi 12 mai 2026, le lancement de « Dis-moi Robert », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle destiné à accompagner les utilisateurs dans l’exploration de la langue française.

Accessible directement sur la plateforme en ligne du dictionnaire, cet agent conversationnel est capable de répondre à des questions variées liées au vocabulaire, à l’orthographe, à la conjugaison ou encore aux expressions françaises. Définition d’un mot émergent comme « agrivoltaïsme », orthographe de « tintamarre », pluriel de « carnaval » ou traduction française du terme « spoiler » : l’outil ambitionne de devenir un nouveau point d’entrée numérique vers la langue française.

Pour Géraldine Moinard, cette innovation répond à l’évolution des usages numériques, notamment chez les jeunes générations. L’objectif affiché est de proposer une expérience conversationnelle moderne tout en maintenant un haut niveau de fiabilité lexicographique.

Contrairement aux modèles d’intelligence artificielle générative généralistes, « Dis-moi Robert » repose exclusivement sur les bases de données internes du dictionnaire. Selon Charles Bimbenet, l’assistant « ne puise que dans les données du Dico en ligne Le Robert », garantissant ainsi des réponses sourcées, transparentes et contrôlées. L’éditeur affirme également que l’outil signalera explicitement lorsqu’aucune réponse fiable ne peut être fournie.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale de modernisation des ressources linguistiques grâce à l’intelligence artificielle. Des expériences similaires existent déjà aux États-Unis et au Royaume-Uni, où plusieurs éditeurs de dictionnaires ont intégré des assistants conversationnels à leurs plateformes numériques.

Le lancement intervient dans un contexte particulier pour l’éditeur français, alors que l’édition 2027 du Petit Robert arrive simultanément en librairie et en ligne. L’ouvrage emblématique revendique aujourd’hui plus de 65 000 mots, 350 000 définitions et exemples, ainsi que 35 000 citations.

Malgré cette avancée technologique, Le Robert insiste sur le fait que l’intelligence artificielle ne signe pas la disparition du dictionnaire papier. L’éditeur rappelle que les ouvrages physiques demeurent largement utilisés dans les établissements scolaires et continuent de séduire les passionnés de langue française.

Face à son concurrent historique Larousse, davantage positionné sur le segment encyclopédique illustré, Le Robert confirme ainsi sa volonté d’accélérer sa mutation numérique tout en préservant son héritage éditorial. Les deux maisons restent indépendantes de l’Académie française, institution de référence qui a finalisé en 2024 la neuvième édition complète de son propre dictionnaire.

Par Loic SOUOP

Source : France 24

 

 

Tchad : les demandes de visa désormais 100 % numériques via la plateforme eVisa.td

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de ses services administratifs et de contrôle migratoire. Depuis le lundi 11 mai 2026, toutes les demandes de visa pour entrer sur le territoire tchadien doivent obligatoirement être effectuées en ligne via la plateforme officielle eVisa Tchad. L’annonce a été faite par la sous-direction de l’E-Visa du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration dans un communiqué publié le vendredi 8 mai 2026.

Déjà opérationnelle depuis décembre 2024, la plateforme eVisa Tchad devient désormais l’unique canal officiel de traitement des demandes de visa pour l’ensemble des catégories de voyageurs, à l’exception des visas diplomatiques et de courtoisie, qui continueront d’être gérés directement par les représentations diplomatiques tchadiennes.

Selon les autorités tchadiennes, cette réforme s’inscrit dans le cadre de l’application du décret n°2299/PR/PM/MSPI/2025 ainsi que d’un arrêté conjoint publié en 2026 encadrant les conditions d’entrée et de séjour des étrangers sur le territoire national.

À travers cette dématérialisation, le gouvernement ambitionne de moderniser le système de délivrance des visas, renforcer la sécurisation des procédures administratives et centraliser le traitement des demandes sur une plateforme numérique unique.

L’objectif affiché est également de réduire les délais de traitement, améliorer la traçabilité des demandes et limiter les procédures manuelles souvent associées à des lenteurs administratives.

Les autorités précisent qu’une période transitoire est actuellement en cours afin de permettre l’adaptation progressive des usagers au nouveau système numérique. Les visas délivrés avant l’entrée en vigueur du dispositif resteront valables jusqu’à leur date d’expiration. En revanche, à compter du 21 mai 2026, tout visa obtenu en dehors de la plateforme officielle sera considéré comme invalide et ne permettra plus l’entrée sur le territoire tchadien.

Le gouvernement annonce également la suppression définitive des autorisations manuelles d’entrée, marquant ainsi une rupture avec les anciens mécanismes administratifs. Avec cette réforme, le Tchad rejoint un nombre croissant de pays africains engagés dans la digitalisation des services migratoires et consulaires.

Des pays comme le Rwanda, le Kenya ou encore le Ghana ont déjà adopté des systèmes entièrement numériques pour la gestion des visas et des formalités d’entrée sur leur territoire.

Cette tendance s’inscrit dans une dynamique continentale plus large de modernisation des administrations publiques, d’amélioration de l’expérience des voyageurs et de renforcement des dispositifs de contrôle migratoire grâce aux technologies numériques.

Au-delà de la simplification administrative, les plateformes d’eVisa sont également perçues par plusieurs gouvernements africains comme un levier stratégique pour renforcer l’attractivité économique, faciliter la mobilité internationale et soutenir la transformation numérique des services publics.

Par Loic SOUOP

 

Mozambique : Letshego et Mastercard lancent une carte de débit pour accélérer l’inclusion financière et les paiements numériques

[DIGITAL Business Africa] – Le fournisseur de services financiers Letshego et le géant américain des paiements Mastercard renforcent leur offensive sur le marché mozambicain du numérique. Les deux partenaires ont annoncé le lancement d’une nouvelle carte de débit au Mozambique, avec l’ambition d’accélérer l’inclusion financière et de soutenir la transformation digitale du pays. Dans un communiqué publié le lundi 11 mai, Mastercard précise que cette carte s’appuie sur son réseau mondial de paiement, permettant aux utilisateurs d’effectuer des transactions sécurisées aussi bien au niveau local qu’à l’international, partout où la technologie Mastercard est acceptée.

Au-delà du simple moyen de paiement, cette initiative vise à faciliter l’accès des populations aux services financiers formels dans un contexte marqué par une forte progression des usages numériques et du commerce en ligne.

Le lancement intervient alors que le Mozambique connaît une accélération progressive de sa transformation numérique, portée notamment par l’adoption croissante des smartphones, des services mobiles et des plateformes digitales.

Les nouveaux usages numériques se multiplient : achats sur des plateformes internationales comme Alibaba ou Jumia, abonnements à des services de streaming tels que Netflix et Spotify, paiements de services en ligne ou encore transactions digitales du quotidien.

Pour une partie importante de la population, notamment les personnes encore exclues du système bancaire traditionnel, l’accès à ces services reste toutefois limité par l’absence d’outils de paiement adaptés.

« En donnant à davantage de personnes les outils nécessaires pour participer à l’économie numérique, nous contribuons à renforcer la résilience financière et à permettre aux communautés de prospérer dans un monde de plus en plus connecté », a déclaré Gabriel Swanepoel.

Au-delà des particuliers, cette initiative vise également les petites et moyennes entreprises, qui représentent une composante essentielle de l’économie mozambicaine. L’accès à des solutions de paiement numérique fiables pourrait permettre aux PME de développer leurs activités en ligne, de sécuriser leurs transactions commerciales et d’élargir leur accès à de nouveaux marchés, y compris à l’international.

Dans un environnement où les paiements en espèces dominent encore largement les échanges économiques, les solutions digitales apparaissent comme un levier stratégique pour améliorer la traçabilité des flux financiers et favoriser la formalisation de l’économie.

Malgré l’expansion des services financiers numériques sur le continent, la disponibilité des outils ne garantit pas automatiquement leur adoption à grande échelle. Plusieurs facteurs continuent d’influencer l’usage des services digitaux : confiance des utilisateurs, niveau de littératie numérique, accès aux smartphones et à Internet, coût des services ou encore habitudes fortement ancrées autour du cash.

Pour les acteurs financiers, le défi ne consiste donc plus uniquement à déployer des solutions numériques, mais également à construire des écosystèmes capables de favoriser une adoption durable et inclusive des paiements digitaux. Avec cette nouvelle carte de débit, Letshego et Mastercard misent ainsi sur l’accélération des usages numériques au Mozambique pour renforcer la participation des populations et des entreprises à l’économie digitale émergente du pays.

Par Loic SOUOP

 

Coopération : Rabat et Accra scellent un partenariat stratégique pour accélérer la transformation numérique des administrations

[Digital Business Africa] – Le Maroc et le Ghana franchissent une nouvelle étape dans leur coopération numérique. Les deux pays ont signé, le jeudi 7 mai à Rabat, une déclaration d’intention visant à renforcer leur collaboration dans les domaines de la transition numérique et de la modernisation de l’administration publique. La signature est intervenue en marge de la clôture des Assises africaines du gouvernement, organisées dans la capitale marocaine.

Le protocole d’accord a été paraphé par Amal El Fallah Seghrouchni et Akanvariva Lydia Lamisi. À travers cette initiative, Rabat et Accra affichent leur volonté commune d’accélérer la digitalisation des services publics et d’améliorer l’efficacité administrative grâce aux technologies numériques.

L’accord définit plusieurs axes de coopération prioritaires, parmi lesquels la numérisation des services administratifs, le développement du gouvernement ouvert, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques, ainsi que la gouvernance et la valorisation des données. Les deux États ambitionnent également de promouvoir les technologies émergentes afin de renforcer la performance des administrations et la qualité des services rendus aux citoyens.

Au-delà du cadre institutionnel, ce partenariat prévoit des mécanismes opérationnels destinés à favoriser une coopération technique durable. Des échanges d’expertise, des missions techniques conjointes, des ateliers de renforcement des capacités ainsi que des initiatives d’innovation collaborative, notamment des hackathons, devraient être organisés pour encourager le développement de projets numériques à fort impact.

Cette dynamique traduit une volonté croissante des États africains de mutualiser leurs expériences face aux défis de souveraineté numérique, de modernisation des administrations et d’inclusion digitale. Le Maroc poursuit notamment le déploiement de sa stratégie numérique à l’horizon 2030, avec l’ambition de consolider son rôle de hub régional des services numériques et de l’innovation technologique sur le continent.

De son côté, le Ghana continue de renforcer sa position parmi les économies numériques les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, porté par ses avancées dans les services financiers numériques, l’identité numérique et les plateformes de services publics digitaux.

La signature de cette déclaration intervient dans un contexte continental marqué par une montée des attentes autour de la transparence, de la gouvernance ouverte et de la participation citoyenne. À Rabat, plusieurs organisations de la société civile réunies lors des Assises africaines du gouvernement ont d’ailleurs adopté une déclaration commune appelant à un engagement politique renforcé en faveur d’une gouvernance publique plus ouverte et inclusive en Afrique.

Par Loic SOUOP

 

 

Cameroun : Le MINPOSTEL renforce sa stratégie de promotion d’un cyberespace plus apaisé

 [DIGITAL Business Africa] – Un nouvel acteur entre en scène pour assainir le cyberespace camerounais. One Nation, présentée comme une association camerounaise pour l’élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble, a signé une convention de partenariat avec le ministère des Postes et Télécommunications, ce 12 mai 2026 à Yaoundé.

Même si jusqu’à la date de signature l’organisation n’a pas une identité numérique (aucune présence en ligne), elle a décliné son objectif, qui est de renforcer et promouvoir un cyberespace camerounais plus apaisé, plus responsable et plus respectueux des valeurs de paix, d’unité et de solidarité qui fondent la Nation.

L’initiative apparaît salutaire, surtout dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus un canal de diffusion de la haine, du tribalisme et de la désinformation. Un véritable vecteur des dérives qui mettent à mal la cohésion sociale. Minette Libom Li Likeng n’a pas hésité à rappeler le pari.

« L’enjeu n’est donc pas seulement de combattre certains contenus. Il est de préserver un bien essentiel : notre cohésion nationale. Il (est de protéger ce lien qui unit les Camerounaises et les Camerounais au-delà de leurs différences, et de faire en sorte que le numérique demeure compatible avec les exigences de paix, d’unité, de tolérance, de patriotisme, de respect de l’autre et de solidarité nationale gouvernement du Cameroun à travers le MINPOSTEL », a-t-elle dit.

Cette convention est alignée à la campagne nationale pour la promotion de la culture de la cybersécurité et la sensibilisation à l’utilisation responsable des réseaux sociaux débutée le 12 août 2020.

À côté de cette initiative gouvernementale, d’autres organisations se sont lancées dans cette bataille ardue contre les discours de haine en ligne. Defyhatenow avec l’appui technique du laboratoire camerounais d’études et de recherches sur les sociétés contemporaines (CERESC), en collaboration avec le département de sociologie de l’Université de yaoundé I, ont organisé un colloque national du 10 au 12 Mai 2023 à l’Université de Yaoundé I.

Le thème était : discours de haine et violences au Cameroun : genèses sociales, formes émergentes et pistes de réponse. Du 10 au 12 mai 2023, Université de Yaoundé I, Cameroun.

Mais malgré cette mutualisation d’énergie, les discours de haine, le tribalisme et la désinformation continuent de faire florès en ligne. L’association One Nation va devoir montrer du panache pour vaincre le mal qui s’est emparé de la toile.

Par Jean Materne Zambo

« Les mathématiques doivent résoudre les inconnues du futur africain », plaide Pr Abdon Atangana à Yaoundé

[DIGITAL Business Africa] – La science peut-elle devenir le véritable moteur de la renaissance africaine au XXIe siècle ? C’est autour de cette interrogation stratégique que la ville de Yaoundé a accueilli une importante conférence internationale consacrée au rôle des mathématiques dans la transformation du continent africain. Organisée par The Pondi Foundation, cette rencontre a réuni universitaires, chercheurs, déqcideurs publics et acteurs du secteur privé autour d’une conviction commune : l’Afrique ne pourra durablement se développer sans une appropriation profonde des sciences et des technologies.

Placée sous le thème des mathématiques comme levier de développement, la conférence a mis en lumière la nécessité pour les États africains de repenser leurs modèles de croissance en s’appuyant davantage sur la recherche scientifique, l’innovation et la production locale des savoirs.

Parmi les figures majeures de cette rencontre figurait Abdon Atangana, considéré comme l’un des mathématiciens africains les plus influents au monde dans le domaine des mathématiques appliquées. Reconnu à l’échelle internationale pour ses travaux sur la modélisation des phénomènes complexes, le chercheur camerounais a rappelé que les mathématiques ne constituent pas uniquement une discipline académique, mais un outil stratégique de transformation économique, industrielle et technologique.

Selon lui, le Cameroun et plus largement l’Afrique doivent désormais adopter une nouvelle « équation du développement » fondée sur la science. « Aucune société ne peut résoudre les inconnues de son avenir sans intégrer dans son système les variables essentielles que sont les mathématiques, la physique, la chimie et la recherche scientifique », a-t-il déclaré devant un auditoire fortement mobilisé.

Le scientifique a également insisté sur la nécessité de valoriser davantage les chercheurs et académiciens africains afin de créer des modèles inspirants pour la jeunesse. À ses yeux, le patriotisme moderne doit être nourri par les avancées scientifiques nationales. « Les jeunes développeront davantage de fierté nationale lorsqu’ils verront que des formules mathématiques, des théories physiques ou des innovations majeures ont été conçues par des Camerounais », a soutenu le mathématicien.

Initialement annoncé parmi les intervenants, Faustin-Archange Touadéra n’a finalement pas pris part aux échanges. Sa participation revêtait toutefois une forte portée symbolique. Mathématicien de formation et titulaire de deux doctorats, le président centrafricain incarne pour plusieurs participants une convergence rare entre expertise scientifique et exercice du pouvoir politique.

Pour Jean Emmanuel Pondi, président de The Pondi Foundation, cette conférence répondait à une réflexion fondamentale : comment permettre à l’Afrique d’assurer elle-même sa propre transformation ?

Le chercheur estime que le développement du continent ne peut plus être analysé uniquement à travers des indicateurs économiques classiques comme le Produit intérieur brut (PIB) ou le Produit national brut (PNB). Selon lui, les mathématiques constituent le socle de toutes les sciences et représentent un instrument stratégique de souveraineté.

« La maîtrise des mathématiques appliquées permettrait aux peuples africains de concevoir eux-mêmes les mécanismes de leur développement, conformément à leurs intérêts stratégiques et non selon des modèles extérieurs qui leur seraient imposés », a-t-il expliqué.

Le Pr Jean Emmanuel Pondi s’est par ailleurs félicité de la qualité des experts mobilisés ainsi que de l’intérêt suscité par cette rencontre scientifique. Selon lui, les réflexions développées durant cette seule après-midi de travaux sont susceptibles de transformer durablement la perception des enjeux liés au développement africain, en replaçant la science au cœur des politiques publiques et des stratégies de souveraineté.

Les différents panels ont permis d’explorer les multiples applications des mathématiques dans les domaines de l’innovation technologique, de la gouvernance, de l’industrie, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité ou encore de la transformation économique. Les participants ont également insisté sur l’urgence de renforcer la formation scientifique des jeunes Africains afin de préparer les compétences nécessaires aux économies numériques émergentes.

Au-delà des débats académiques, la conférence a surtout mis en évidence la nécessité de bâtir des passerelles plus solides entre universités, centres de recherche, gouvernements et entreprises privées. L’ambition affichée est de créer un véritable écosystème africain de l’innovation scientifique capable d’accompagner les mutations technologiques mondiales.

Dans un contexte marqué par l’accélération de l’intelligence artificielle, de la souveraineté numérique et des transformations industrielles, plusieurs intervenants ont estimé que l’Afrique ne pourra jouer un rôle stratégique sur la scène mondiale sans un investissement massif dans les disciplines scientifiques fondamentales.

À Yaoundé, le message porté par les chercheurs et experts réunis par The Pondi Foundation apparaît ainsi clair : la renaissance africaine passera aussi par les mathématiques.

Par Digital Business Africa

AFRICATEK 2026 : Ouagadougou veut faire de l’IA et des technologies émergentes un levier de transformation pour l’Afrique du 25 au 27 juin 2026

[DIGITAL Business Africa] – Du 25 au 27 juin 2026, Ouagadougou accueillera la 9ᵉ conférence internationale de l’EAI sur les technologies émergentes pour les pays en développement, plus connue sous le nom d’EAI AFRICATEK 2026. Organisé en format hybride, l’événement réunira chercheurs, gouvernements, universités, start-ups, industriels, investisseurs et acteurs publics autour des enjeux de l’intelligence artificielle, de l’innovation numérique et de la transformation digitale en Afrique.

Portée notamment par MALO Sadouanouan, cette nouvelle édition ambitionne de créer une plateforme panafricaine d’échanges et de collaboration autour des technologies émergentes appliquées au développement économique et social des pays africains.

Face à l’accélération mondiale des usages de l’intelligence artificielle, les organisateurs estiment que les pays africains doivent désormais structurer des cadres favorables à l’innovation et à l’industrialisation numérique. L’EAI AFRICATEK 2026 entend ainsi mettre en lumière le rôle stratégique des start-ups africaines, de la recherche scientifique et des politiques publiques dans la construction d’un écosystème numérique plus souverain et compétitif.

Une plateforme de convergence entre recherche, innovation et politiques publiques

Depuis plusieurs années, l’EAI AFRICATEK s’impose progressivement comme un espace de dialogue entre universités, centres de recherche, entreprises technologiques, administrations publiques et jeunes innovateurs africains. L’édition 2026 devrait renforcer cette dynamique à travers des conférences scientifiques, des panels d’experts, des ateliers techniques, des présentations de projets innovants et des sessions de networking.

L’événement mettra particulièrement l’accent sur les usages concrets de l’intelligence artificielle dans les secteurs prioritaires du continent : administration publique, santé, agriculture, éducation, finance numérique, cybersécurité ou encore villes intelligentes.

Les échanges viseront également à favoriser la collaboration entre le secteur privé, les institutions publiques et le monde académique afin d’accélérer le transfert de technologies, le développement des compétences numériques et l’émergence de solutions africaines adaptées aux réalités locales.

L’intelligence artificielle et les start-ups africaines au cœur des discussions

Pour les organisateurs, l’essor des technologies émergentes constitue une opportunité majeure pour renforcer la compétitivité des économies africaines. L’EAI AFRICATEK 2026 entend ainsi valoriser les travaux de recherche capables de déboucher sur des applications concrètes au sein des start-ups et des entreprises technologiques du continent.

Des sessions dédiées aux jeunes entrepreneurs, aux chercheurs et aux innovateurs permettront notamment de présenter des solutions établies sur l’intelligence artificielle et d’encourager la création de synergies entre investisseurs, universités et incubateurs africains.

Au-delà des enjeux technologiques, la conférence souhaite également promouvoir une réflexion sur les cadres réglementaires, l’éthique de l’IA, la gouvernance des données et les politiques de souveraineté numérique nécessaires au développement durable des écosystèmes numériques africains.

Un rendez-vous stratégique pour la transformation numérique de l’Afrique

À travers cette 9ᵉ édition, l’EAI AFRICATEK confirme son ambition de devenir l’un des rendez-vous académiques et technologiques majeurs dédiés aux technologies émergentes en Afrique. Pour le Burkina Faso, l’accueil de cette conférence représente également une opportunité de renforcer son positionnement dans les dynamiques régionales liées à l’innovation numérique et à la recherche technologique.

En réunissant chercheurs, décideurs publics, entreprises, étudiants et start-ups, AFRICATEK 2026 veut contribuer à bâtir un écosystème africain capable d’accélérer l’adoption des technologies émergentes et de soutenir une transformation numérique plus inclusive et durable sur le continent.

En bref…

Nom de l’événement
EAI AFRICATEK 2026 – 9ᵉ conférence internationale de l’EAI sur les technologies émergentes pour les pays en développement

Pays et ville
Burkina Faso, Ouagadougou

Dates
25 au 27 juin 2026

Format
Hybride

Grands axes

– Intelligence artificielle et transformation numérique
– Technologies émergentes et innovation africaine
– Recherche scientifique et industrialisation numérique
– Start-ups, gouvernance des données et souveraineté numérique
– Collaboration entre universités, gouvernements et secteur privé

Formats et temps forts

– Conférences scientifiques et panels d’experts
– Ateliers techniques et échanges académiques
– Présentation de projets innovants et articles de recherche
– Sessions de networking et de collaboration
– Rencontres entre chercheurs, entreprises et décideurs publics

Public cible
Chercheurs, universités, gouvernements, administrations publiques, entreprises technologiques, start-ups, investisseurs, incubateurs, étudiants, scientifiques et acteurs de l’écosystème numérique africain

Site officiel

https://africatek.eai-conferences.org/2026/

En s’affirmant comme une plateforme de dialogue entre recherche, innovation et politiques publiques, AFRICATEK 2026 entend contribuer à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes au service du développement numérique de l’Afrique.

Par Digital Business Africa

 

 

Africa Forward : Emmanuel Macron annonce un investissement de 3,76 MDS € dans le numérique et l’ IA en direction de l’Afrique

[DIGITAL Business Africa] – 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique annoncés. C’est l’annonce faite par le président français Emmanuel Macron lors de l’Africa Forward ce 11 mai 2026. Parmi les secteurs ciblés, le numérique et l’intelligence artificielle.

Les deux secteurs concentrent 3,76 milliards d’euros. L’objectif affiché est de développer le commerce entre la France et le continent africain et de favoriser la transition énergétique, le numérique, l’intelligence artificielle (IA), l’économie bleue, l’agriculture et l’industrialisation.

Sur ces fonds, 14 milliards seront portés par des entreprises françaises. Ils devraient provenit d’acteurs privés et publics (AFD, Proparco et DG Trésor). Les neuf milliards restants viennent d’investisseurs africains. Ces investissements, selon le président français, « vont créer plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique ».

« L’Afrique a besoin d’investissements, plutôt que de l’aide, pour être plus souveraine et nous, on a envie d’être des partenaires d’égal à égal », a plaidé Emmanuel Macron.

Et d’ajouter sur sa page Facebook: “Quand l’Afrique réussit, l’Europe réussit, et vice-versa ” .

Le président kényan a fait bon accueil à cette annonce du président Macron. William Ruto a affirmé ne plus “être en quête d’aide ou de prêts”, mais d’investissements dans l’éducation et les infrastructures, notamment pour prendre le train de la révolution technologique de l’intelligence artificielle.

L’Africa Forward réunit près de 7 000 personnes présentes, plus de 700 rencontres d’affaires. C’est le premier sommet franco-africain organisé dans un pays anglophone, au Kenya.

D’après plusieurs sources, la France manifeste son ambition de reprendre pied sur un continent où son influence s’effrite pendant que d’autres puissances gagnent progressivement du terrain.

Par Jean Materne Zambo

Commerce numérique mondial : l’OMC à Genève tente de sauver le moratoire enterré à Yaoundé, Washington relance la bataille avec 20 partenaires

[DIGITAL Business Africa] – Un mois après l’échec historique de la 14e Conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé sur la question du moratoire relatif aux transmissions électroniques, les discussions reprennent à Genève avec un signal fort : la dynamique en faveur d’une prorogation du moratoire semble regagner du terrain.

Réunis les 6 et 7 mai 2026 dans le cadre du Conseil général de l’OMC, les membres ont affiché une volonté commune de capitaliser sur les convergences obtenues à Yaoundé, malgré l’absence d’accord final lors de la CM14.

La nouvelle Présidente du Conseil général, l’Ambassadrice Clare Kelly de Nouvelle-Zélande, a indiqué que de nombreux membres estimaient que les négociations de Yaoundé avaient permis d’atteindre un niveau inédit de convergence sur le programme de travail relatif au commerce électronique et sur le moratoire.

« Cette convergence représente un investissement considérable en matière de persuasion et de pragmatisme de la part de nombreux membres », a-t-elle déclaré, soulignant que la majorité souhaite poursuivre les discussions plutôt que de repartir de zéro.

La Türkiye rejoint la dynamique favorable au moratoire

L’un des faits marquants de cette réunion est la décision de la Türkiye de ne plus bloquer le consensus en faveur d’une extension temporaire du moratoire sur les transmissions électroniques.

Cette évolution est loin d’être anodine. Elle réduit davantage le cercle des membres opposés à la prorogation du moratoire et renforce l’idée qu’un compromis pourrait finalement émerger à Genève dans les prochains mois.

Lors de la CM14 de Yaoundé, les membres avaient échoué à renouveler le moratoire en vigueur depuis 1998, ouvrant théoriquement la voie à l’imposition de droits de douane sur les transmissions électroniques transfrontalières.

Cet échec avait constitué un revers majeur pour les États-Unis et plusieurs puissances numériques qui défendent la circulation sans barrières des flux numériques à l’échelle mondiale.

Les États-Unis maintiennent leur initiative plurilatérale

En parallèle des discussions multilatérales, les États-Unis ont officiellement présenté au Conseil général une déclaration conjointe sur le moratoire, désormais soutenue par 21 membres de l’OMC.

À partir du 8 mai 2026, les cosignataires continueront à ne pas imposer entre eux de droits de douane sur les transmissions électroniques.

Le document officiel présenté au Conseil général précise davantage les contours de cette initiative plurilatérale portée par les États-Unis et plusieurs membres favorables au maintien du moratoire sur les transmissions électroniques.

Dans cette communication conjointe, les co-signataires se disent « déçus » par l’expiration du moratoire historique sur le commerce électronique lors de la CM14 à Yaoundé, tout en affirmant leur volonté de préserver « un minimum de prévisibilité et de certitude » pour les entreprises et les consommateurs dans l’économie numérique mondiale.

Le texte précise qu’à compter du 8 mai 2026, les membres signataires « continueront à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques entre eux ».

Plus important encore, les signataires donnent une définition élargie des transmissions électroniques. Selon eux, une transmission électronique désigne « toute transmission effectuée par des moyens électromagnétiques et inclut le contenu de cette transmission ».

Cette précision est stratégique. Elle signifie que l’engagement ne couvre pas uniquement les flux de données numériques, mais également le contenu transmis : logiciels, vidéos, streaming, services cloud, musique, jeux vidéo, plateformes numériques ou contenus dématérialisés.

Les membres signataires invitent également tous les autres membres de l’OMC souhaitant bénéficier de « conditions commerciales stables » à rejoindre ultérieurement cette initiative, avec l’objectif affiché de parvenir, à terme, à un nouvel engagement multilatéral sur le moratoire.

Les membres signataires de cette initiative sont :
– Argentine,
– Australie,
– Costa Rica,
– Équateur,
– Guatemala,
– Islande,
– Israël,
– Japon,
– République de Corée,
– Malaisie,
– Mexique,
– Nouvelle-Zélande,
– Macédoine du Nord,
– Norvège,
– Panama,
– Paraguay,
– Pérou,
– Singapour,
– Territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen et Matsu,
– États-Unis,
– Uruguay.

Le document révisé publié le 8 mai 2026 précise par ailleurs que la Macédoine du Nord et le Pérou ont été ajoutés comme co-sponsors dans cette nouvelle version du texte.

Cette initiative prolonge la dynamique enclenchée après la CM14, lorsque plusieurs membres avaient décidé de maintenir entre eux le moratoire malgré l’absence de consensus à l’échelle mondiale.

Ce mécanisme inédit marque une transformation progressive du fonctionnement de l’OMC : face aux blocages multilatéraux, des coalitions de membres avancent désormais par accords plurilatéraux ou arrangements intérimaires.

Vers une OMC numérique « à plusieurs vitesses » ?

L’évolution actuelle des discussions révèle une fracture grandissante autour du commerce électronique mondial.

D’un côté, les grandes puissances numériques – États-Unis, Japon, Singapour ou encore Australie – souhaitent préserver la libre circulation des flux numériques afin de sécuriser les activités des plateformes mondiales, du cloud computing, du streaming et des services numériques transfrontaliers.

De l’autre, plusieurs pays en développement considèrent que le moratoire limite leur capacité future à taxer l’économie numérique et à élargir leur assiette fiscale.

Même si les discussions semblent désormais s’orienter vers un compromis temporaire, le débat de fond reste entier : les transmissions électroniques doivent-elles rester définitivement exemptées de droits de douane ?

Pour l’Afrique, l’enjeu devient stratégique

Pour les pays africains, le débat dépasse désormais la simple question commerciale.

Le moratoire touche directement :
– la souveraineté numérique,
– la fiscalité du numérique,
– la capacité des États à mobiliser de nouvelles recettes,
– et leur position dans l’économie numérique mondiale.

L’échec de Yaoundé avait placé l’Afrique au cœur des fractures du commerce numérique international. Les discussions de Genève montrent aujourd’hui que le dossier est loin d’être refermé.

La prochaine réunion du Conseil général, prévue les 14 et 15 juillet 2026, pourrait devenir une étape décisive pour déterminer si le moratoire retrouvera une base multilatérale… ou si l’OMC continuera de glisser vers un modèle fragmenté où des « clubs numériques » prendront progressivement le relais du consensus mondial.

Par Beaugas Orain DJOYUM