[Digital Business Africa] – Ils ont participé à un atelier de formation sur l’intelligence artificielle (IA), animé par les professionnels de l’intelligence artificielle. La session s’est tenue ce samedi 17 octobre 2026, en marge du salon e-Gov’A, organisé par Digital Business Africa et Smart Click Africa.
L’intelligence artificielle gagne tous les secteurs d’activité et aucun domaine n’y échappe. Les professionnels des médias en font l’expérience à leurs dépens. Pourtant, cet outil qui intervient dans l’analyse, la rédaction et l’édition des articles et des documents reste mal compris par les rédacteurs. Ce constat a motivé l’atelier organisé le troisième jour du Salon africain de la gouvernance électronique et de l’intelligence artificielle (e-Gov’A), ce samedi 17 octobre 2026 à Yaoundé.
L’initiative de Digital Business Africa et Smart Click a réuni une vingtaine de journalistes dans une salle de conférence du Palais des Congrès de Yaoundé. L’atelier vise à sensibiliser les journalistes à l’usage responsable de l’IA. Il vise aussi à outiller les journalistes et les commerciaux sur les outils d’IA utilisables dans leur environnement de travail.
« Le but de cette formation est d’apprendre aux journalistes et aux commerciaux à bien comprendre l’IA et à savoir l’utiliser tout en restant professionnels », explique le Dr Hervé Tiwa. Media IA Laboratory a pour mission d’accompagner les journalistes dans la transformation du secteur. Elle veille à ce que les technologies émergentes renforcent les principes fondamentaux du journalisme, à savoir la rigueur, la vérité et le service à l’intérêt public, au lieu de les affaiblir.
Au cours de l’atelier, les formateurs ont présenté plusieurs outils, dont Tuboscribe, Whisper, ChatGPT, Claude, Gemini, Notebook LM, Copilot, pour ne citer que ceux-ci. Chaque présentation s’est accompagnée d’exemples pratiques, afin que les professionnels des médias comprennent le fonctionnement de ces solutions et leur usage dans le travail quotidien.
Les jeunes journalistes présents ont accueilli ces outils avec intérêt. « Cet atelier m’a beaucoup appris. Je connais peu les applications en général. En matière d’IA, j’ai déjà utilisé ChatGPT. Ici, j’ai découvert Claude, qui sert à faire des recherches et à apprendre à collecter les informations », se réjouit Lovely Zang, journaliste à L’Économie quotidien. Lovely Zang ajoute : « Ce qui m’a également marqué, c’est le processus du prompt, c’est-à-dire la manière de passer une commande à l’IA. Quand un journaliste cherche une information, il doit savoir quelle question poser à l’IA pour obtenir la meilleure réponse. »
Cécile Ambatinda, journaliste au quotidien Le Jour, compte davantage d’expérience. Elle s’opposait auparavant à l’usage de l’IA par les journalistes. « Ce n’est pas la première fois que je suis un atelier sur l’IA, mais il y a toujours un apport. Au départ, je faisais partie de ceux qui disent que le journaliste ne doit pas utiliser l’IA. Mon argument était la paresse, et aussi le risque qu’à la longue, nos salles de rédaction n’aient plus besoin de nous. J’ai changé d’avis après une formation suivie il y a un an ou deux. J’ai compris comment approfondir mes compétences avec l’IA et comment elle peut me rendre utile. Je pense aujourd’hui que l’IA nous facilite le travail, à nous journalistes », affirme-t-elle.
Le Dr Hervé Tiwa a également fixé une limite à cet usage. « Je ne suis pas d’accord pour que vous demandiez à l’IA de rédiger l’article, mais de faire le plan de rédaction, le plan d’échafaudage, ou de faire de l’édition… », a-t-il déclaré aux participants. Il conseille d’ailleurs aux médias d’avoir une charte de l’utilisation de l’IA.
Par: Ghislaine Deudjui









