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CM14 : L’Afrique et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 % de leurs PIB en cas de dissolution de l’OMC [SG de la CCI]

[DIGITAL Business Africa] – La rumeur sur la dissolution de l’OMC enfle. Le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale ne veut pas entendre parler de l’obsolescence de l’Organisation mondiale du Commerce.

En prélude à la cérémonie d’ouverture officielle de la 14ᵉ conférence ministérielle (CM14)ce 25 mars 2026 à Yaoundé, John WH Denton AO, SG de la Chambre de commerce internationale et représentant de plus de 45 millions d’entreprises dans plus de 170 pays a rappelé les risques de la dissolution de l’OMC.

« Une étude d’Oxford Economics commandée par la CCI montre que la dissolution de l’OMC entraînerait une baisse permanente du PIB des pays en développement de plus de 5 %. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 %.

Il ne s’agit pas de chiffres abstraits. Ce sont des emplois, des moyens de subsistance et des progrès en matière de développement, fruits de décennies d’efforts. Ici, au Cameroun, et sur tout le continent, le système commercial multilatéral n’est pas un enjeu géopolitique, mais un outil essentiel au développement », a-t-il dit.

Isaac Ouro-Nimini Hansen, Trade Policy Adviser at the National Board of Trade, explique les principaux défis auxquels l’OMC est confrontée aujourd’hui.

« L’OMC est confrontée à de nombreux défis, dont le principal est peut-être l’incapacité de ses membres à s’entendre sur de nouvelles règles commerciales pour répondre aux besoins d’une économie mondiale en mutation ».

« Les accords multilatéraux – accords négociés et adoptés par tous les membres de l’OMC – ont traditionnellement constitué le principal moyen d’élaborer de nouvelles règles commerciales mondiales. Le problème est qu’il est devenu de plus en plus difficile de parvenir au consensus nécessaire entre 166 membres aux intérêts et priorités divers ».

Le SG de la CCI ajoute à ces défis le non-respect des trois fonctions essentielles de l’OMC. À savoir la négociation, le règlement des différends et la délibération. Et d’ajouter que les membres ont des attentes de plus en plus différentes vis-à-vis du système, et certains ne le considèrent plus comme l’outil adéquat pour défendre leurs intérêts.

« Nous assistons à un niveau d’incertitude inédit, alimenté par les tensions géopolitiques, les conflits, les mesures unilatérales, les différends non résolus et des règles qui n’ont pas su s’adapter à l’évolution de l’économie mondiale. La situation a profondément changé depuis la création de l’OMC en 1995, et la réponse doit être à la hauteur de cette réalité », a-t-il dit.

John WH Denton AO, secrétaire général de la CCI, a dévoilé quelques réformes prévues par l’OMC pour soigner le mal. Notamment la prise de décision, le rôle des accords plurilatéraux et le traitement spécial et différencié. Selon lui, leur levée permettra à l’OMC de déployer pleinement son rôle de négociation sur tous les autres sujets : commerce numérique, services, agriculture.

Il rappelle aussi l’urgence des solutions créatives, « notamment des approches à géométrie variable qui puissent tenir compte de la véritable diversité des membres tout en préservant l’intégrité du système ».

Une note d’espoir pour la survie de l’OMC, c’est l’opérationnalisation du Fonds « Women Exporters in the Digital Economy ». Selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, le premier versement de subventions du fonds WEIDE a été effectué pour un montant total de 1,7 million de dollars. Près de 300 femmes entrepreneures bénéficient déjà de ce soutien, combinant assistance technique ciblée et aide financière directe.

Par Jean Materne Zambo

 

Ngozi Okonjo-Iweala à la MC14 : « Il est temps de passer à l’action pour les femmes entrepreneures »

[DIGITAL Business Africa] En marge de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’OMC (MC14), un événement de haut niveau coorganisé avec le Centre du commerce international (CCI) a mis en lumière les avancées concrètes du Fonds WEIDE. La Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, y a réaffirmé sa volonté de passer des paroles aux actes en mobilisant le levier numérique pour l’autonomisation économique des femmes.

Deux ans après son lancement symbolique à Abou Dhabi, le fonds « Women Exporters in the Digital Economy » (WEIDE) passe à la vitesse supérieure. Ce 25 mars 2026, lors de son allocution d’ouverture marquant un tournant décisif, la Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a dressé un bilan opérationnel prometteur de cette initiative dédiée aux femmes entrepreneures opérant dans l’économie numérique.

De l’ambition à la concrétisation budgétaire

Le ton était pragmatique et résolument tourné vers les résultats. Rappelant son impatience passée face aux longs débats stériles, Ngozi Okonjo-Iweala a martelé :

« Aujourd’hui, je suis fière de dire : nous ne nous contentons plus de parler, nous agissons. Vous vous souvenez, j’avais dit que j’en avais assez des discours. Il est temps de passer à l’action. »

La preuve par les chiffres : le fonds WEIDE est désormais opérationnel. Ce mois-ci marque le premier versement de subventions, pour un montant total de 1,7 million de dollars. Actuellement, près de 300 femmes entrepreneures bénéficient déjà de ce soutien, combinant assistance technique ciblée et aide financière directe.

Cette phase opérationnelle fait suite à une sélection rigoureuse. Quatre organismes de soutien aux entreprises (OSE) ont été retenus via un modèle compétitif par pays, représentant la Jordanie, la Mongolie, la République dominicaine et, notablement pour le continent, le Nigéria.

Le numérique, catalyseur face au déficit de financement

L’engouement pour le programme révèle un besoin critique. Avec plus de 69 000 candidatures reçues, l’OMC et le CCI (dirigé par Pamela Coke Hamilton, saluée comme un partenaire clé) prennent la mesure du défi. Pour la DG de l’OMC, cette demande massive prouve que

« L’ambition est bien présente » et que les femmes sont prêtes, pourvu qu’elles reçoivent le soutien adéquat.

L’enjeu est crucial, car l’accès au capital reste le principal goulot d’étranglement. Ngozi Okonjo-Iweala a rappelé une réalité économique alarmante :

« À l’échelle mondiale, les entreprises dirigées par des femmes font face à un déficit de crédit estimé à 300 milliards de dollars dans l’économie formelle. Il ne s’agit pas seulement d’une contrainte, mais d’une occasion manquée de croissance mondiale. »

Dans ce contexte, le commerce numérique apparaît non seulement comme le segment le plus dynamique (avec une croissance de 10 % du commerce des services numériques en 2025), mais aussi comme un puissant levier d’inclusion. Il permet de réduire les barrières à l’entrée et de connecter directement les entrepreneures aux marchés mondiaux.

 Objectif 2028 : tripler l’impact et réformer les politiques

Loin de se satisfaire de ces premiers succès, la dirigeante de l’OMC a fixé un cap ambitieux pour les deux années à venir : tripler le nombre de bénéficiaires pour atteindre au moins 1 000 femmes entrepreneures.

Pour y parvenir, la stratégie ne se limite pas aux programmes d’aide, mais vise également le niveau structurel et politique. Ngozi Okonjo-Iweala plaide pour une intégration systémique du genre dans l’architecture du commerce mondial.

« Je souhaite voir davantage d’accords commerciaux intégrant la dimension de genre – des accords qui reconnaissent les obstacles auxquels les femmes sont confrontées, qui promeuvent l’inclusion et qui luttent activement contre la discrimination. Car l’inclusion ne peut être une simple réflexion après coup ; elle doit être intégrée au système. »

Soutenue par des partenaires stratégiques tels que les Émirats arabes unis, le Qatar, le Royaume de Bahreïn et la FIFA, l’OMC, via son groupe de travail informel sur le commerce et l’égalité des sexes, s’attelle désormais à transformer l’essai. L’objectif final, comme l’a conclu la Directrice générale, n’est plus seulement d’inclure les femmes dans le commerce existant, mais bien de « repenser le commerce afin qu’il leur soit bénéfique ».

Par Loic SOUOP

Police intelligente : l’Éthiopie digitalise l’accès aux services publics 24h/24

[DIGITAL Business Africa] – L’Éthiopie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses services publics. À Addis-Abeba, les autorités ont inauguré un commissariat de police intelligent, marquant une avancée significative dans l’intégration des technologies numériques au cœur de l’administration. Annoncée le 22 mars par l’Ethiopian News Agency (ENA), cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale visant à améliorer l’accès des citoyens aux services essentiels.

Pensé comme un point de contact nouvelle génération entre l’administration et les usagers, ce commissariat repose sur un modèle entièrement digitalisé. Les citoyens interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service, équipées d’écrans interactifs et de dispositifs d’assistance vidéo à distance. Dépôt de plaintes, soumission de documents ou paiement d’amendes peuvent désormais être effectués sans passer par un guichet physique, avec un accès continu 24 h/24 et 7 j/7.

Selon Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne, « cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police ». Une déclaration qui illustre l’ambition des autorités : faire du numérique un levier d’efficacité institutionnelle.

Au cœur de ce dispositif, l’intégration de technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle et les systèmes de gestion centralisée des données, permet d’automatiser une grande partie des processus et de réduire significativement les délais de traitement. En limitant les interventions humaines dans les tâches répétitives, l’administration gagne en rapidité, en fiabilité et en traçabilité.

Pour les usagers, l’impact est immédiat : moins d’attente, une réduction notable des formalités administratives et une expérience plus fluide. Mais au-delà de la performance opérationnelle, cette transformation redéfinit la relation entre citoyens et institutions. La diminution des interactions physiques contribue à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence et la confiance dans le service public.

Le modèle repose également sur une réorganisation des ressources humaines. Avec un personnel réduit sur site, les agents assurent désormais un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des demandes. Cette hybridation entre présence physique et assistance virtuelle ouvre la voie à une administration plus agile et optimisée.

Conçu comme un projet pilote, ce commissariat intelligent pourrait être déployé à plus grande échelle dans d’autres villes du pays. Une perspective qui positionne l’Éthiopie parmi les États africains explorant activement les opportunités offertes par les technologies numériques pour réinventer l’action publique et rapprocher les services de leurs citoyens.

Par Loic SOUOP

New Deal technologique : le Sénégal enclenche sa transformation numérique à grande échelle

[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie numérique. Le 23 mars, le gouvernement a officiellement lancé la phase opérationnelle des projets structurants du New Deal technologique, marquant une étape décisive un an après l’annonce de cette ambition de transformation digitale. L’objectif est clair : moderniser l’administration, renforcer la souveraineté numérique et améliorer concrètement l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics.

Au cœur de ce dispositif figure une approche centrée sur l’expérience usager. La plateforme « e-Sénégal » s’impose comme un levier majeur de simplification administrative, en agrégeant sur un point d’entrée unique l’ensemble des démarches publiques. En réduisant les délais, les déplacements et les lourdeurs bureaucratiques, cette solution vise à instaurer une relation plus fluide et transparente entre l’État et ses usagers. Dans cette même dynamique, « e-Consulat » étend ses services à la diaspora, tandis que « SenTrésor » introduit un système unifié de paiement électronique pour les obligations financières envers l’État, allant des impôts aux services locaux.

Cette modernisation repose sur une infrastructure clé : une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux différentes administrations d’échanger des données en temps réel. En appliquant le principe du « once only », le Sénégal entend mettre fin à la redondance des procédures administratives, en évitant aux citoyens de fournir plusieurs fois les mêmes informations.

Au-delà des outils, c’est toute la gouvernance du numérique qui est repensée. La mise en place du Comité de gouvernance du numérique (GouvNum) traduit une volonté de coordination accrue des initiatives digitales de l’État, afin d’éviter la fragmentation observée par le passé. En parallèle, le Conseil national du numérique vient renforcer l’écosystème décisionnel en apportant une expertise stratégique sur les orientations technologiques.

L’ambition sénégalaise s’inscrit dans une vision de long terme, adossée au programme Sénégal 2050, avec un volume d’investissements estimé à près de 1 100 milliards FCFA sur la prochaine décennie. Une part importante de ces ressources est dédiée à la connectivité et à l’inclusion numérique, avec pour objectif de raccorder plus d’un million de citoyens dans les zones encore non couvertes, réduisant ainsi les inégalités d’accès à Internet.

Sur le plan des infrastructures, l’État accélère le déploiement de data centers souverains, notamment à Diamniadio et Orana, tout en renforçant significativement la bande passante nationale. Celle-ci devrait connaître une montée en puissance majeure, passant de 600 Mbps à 20 Gbps. En parallèle, la mise en place d’un cloud souverain vise à garantir l’hébergement local des données sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique pour les États.

Le secteur privé n’est pas en reste. À travers le Start-up Act désormais en phase d’exécution, les autorités entendent structurer un écosystème d’innovation dynamique, capable de soutenir la croissance d’une économie numérique compétitive. Financement, accompagnement et cadre réglementaire adapté constituent les piliers de cette ambition entrepreneuriale.

Plus qu’une simple digitalisation des services, le New Deal technologique sénégalais s’apparente à une transformation structurelle de l’action publique. L’État amorce un passage d’un modèle administratif fragmenté à un système intégré, piloté par la donnée et orienté vers la performance. En enclenchant cette phase opérationnelle, le Sénégal se positionne ainsi comme l’un des acteurs africains les plus engagés dans la construction d’un écosystème numérique cohérent, au service du développement économique et de l’efficacité publique.

Par Loic SOUOP

 

Commerce RDC/Tanzanie/Zambie : Digitaliser les paiements pour plus de fluidité, de sécurité et de transparence

[DIGITAL Business Africa] – La route commerciale desservant la RDC, la Tanzanie et la Zambie est jalonnée de quelques écueils. Les différents acteurs en ont conscients. Un atelier consacré à la validation et à la diffusion de deux études de faisabilité sur la modernisation du commerce transfrontalier s’est ouvert, ce mardi 24 mars 2026, en RD Congo.

Parmi les freins à la fluidité du commerce transfrontalier, il y a la prédominance des paiements en espèces, source d’irrégularités et de pertes financières ; l’insécurité sur les axes routiers, avec des cas de vols et d’attaques de transporteurs ; la présence de barrières illégales ; une coordination encore limitée entre les services des différents pays. Un véritable impact sur la compétitivité économique et l’attractivité pour les investisseurs.

Le cadre d’échange est une initiative de TradeMark Africa avec l’appui du Royaume-Uni à travers le Foreign Commonwealth and Development Office.

L’atelier réunit des experts, des autorités publiques ainsi que des partenaires techniques autour des enjeux liés à la fluidité et à la sécurisation du commerce régional. La digitalisation des paiements et le renforcement de la sécurité sur la route sud du corridor central est au cœur des discussions.

L’objectif est de faciliter la circulation des marchandises en les rendant plus rapides, moins coûteuses et plus transparentes, au bénéfice des États, des entreprises et des populations.

Le représentant pays de TradeMark Africa en RDC, Manassé Asama, a souligné que le corridor central relie le port de Dar-es-Salaam aux principaux centres miniers et commerciaux du Katanga.

« Nous travaillons étroitement avec les gouvernements, les communautés économiques d’intégration régionale et continentale ainsi que le secteur privé dans le but de réduire les obstacles techniques au commerce, d’harmoniser et de simplifier les procédures aux frontières et de renforcer la sécurité et la fluidité des corridors.

Notre objectif est de faire en sorte que les biens circulent plus vite, à moindre coût et dans la transparence, au bénéfice des États, des entreprises et des citoyens », a-t-il déclaré.

Des sources rapportent que des actions ont déjà été engagées dans le Haut-Katanga pour renforcer la sécurité des transporteurs. TradeMark Africa confirme une réduction des attaques contre les chauffeurs et les vols de cargaisons.

Les études présentées proposent des solutions telles que l’introduction des paiements sans espèces aux postes frontaliers de Kasumbalesa et de Nakonde/Tunduma, la mise en place de systèmes de surveillance des cargaisons, le renforcement de la coopération entre les trois pays et l’amélioration des procédures aux frontières.

Par Jean Materne Zambo

Permis de conduire digitalisé-Gabon : Oligui Nguema donne le la, 10 000 à 20 000 FCFA pour se mettre à jour

[DIGITAL Business Africa] – Comme avec la Carte nationale d’Identité électronique (CNIE), le chef de l’État prêche donne le la. S.E Brice Clotaire Oligui Nguema est devenu officiellement ce 24 mars 2026 le premier Gabonais à obtenir son permis de conduire digitalisé.

Cette digitalisation du permis de conduire vise à réduire les lenteurs administratives et à sécuriser les documents officiels. Elle ambitionne aussi de limiter les risques de fraude, un enjeu récurrent dans la gestion des titres administratifs.

Cette innovation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique. Un cap franchi dans la transformation numérique engagée par les autorités.

L’instauration du permis de conduire digitalisé avait été annoncée par le ministère des Transports, de la Marine marchande le 3 février 2026 sur instruction du président de la République Oligui Nguema.

Le nouveau permis repose sur des technologies avancées, incluant un QR code d’authentification et une puce NFC permettant une communication sans contact. Il intègre également un système de suivi des infractions, renforçant ainsi le contrôle et la régulation du secteur des transports.

Les usagers détenant des permis de conduire dans le Grand Libreville disposent d’un délai de six mois pour convertir leur document en permis digitalisé. Sans quoi, ils feront face à des difficultés administratives, selon le communiqué du ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique.

Selon le communiqué, cette conversion est soumise au paiement de 10 000 FCFA pour la catégorie B et de 20 000 FCFA pour les autres catégories (A, C, D, E et F), via les services de mobile money, notamment Moov Money et Airtel Money.

Plusieurs sites d’enrôlement ont été ouverts dans la capitale et ses environs, notamment au gymnase de Libreville (Petit Paris), à la direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI/CEDOC), à la mairie du 2ᵉ arrondissement, au stade d’Angondjè, à l’École nationale de police d’Owendo ainsi qu’à la préfecture de Ntoum.

Sont concernés par cette opération les détenteurs d’un permis provisoire expiré, d’une fiche d’enregistrement ou de tout permis encore en cours de validité.

Après le paiement, un récépissé est délivré et le nouveau permis digitalisé est disponible dans un délai maximal de sept jours. L’ancien document est, quant à lui, récupéré par l’administration et automatiquement invalidé.

Consultez les conditions sur le site officiel du ministère (www.transport.gouv.ga).

Par Jean Materne Zambo

 

 

CM14-Cameroun : Le matériel informatique déjà prêt à 2 jours du début de la fête

[DIGITAL Business Africa] – Le décor est presque planté. Au Palais des Congrès de Yaoundé ce 24 mars 2026, c’est le branle-bas. Les préparatifs de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) sont visibles à l’entrée arrière du Palais du bâtiment.

Certains acteurs institutionnels, délégations, experts et partenaires de l’événement viennent en reconnaissance du site. Les journalistes accrédités découvrent l’espace à leur dédié. Une vingtaine de postes de travail flambant neufs attendent avec impatience les premiers doigts qui feront crépiter les claviers.

Les ordinateurs de la marque HP Elite One 800 G2 23-in Non-Touch AiO laissent échapper un parfum de neuf. Le processeur est de type Intel(R) CORE(TM) I5-6600 CPU @ 3.30 GHz. La mémoire de la RAM quant à elle est de 8 Go, et le système est à 64 bits.

On peut voir certains journalistes naviguer en toute aisance sur internet. Signe que la connexion internet est fluide et stable. Les infographes, eux, rencontrent  un sérieux souci : les ordinateurs ne disposent pas (encore) de logiciels de montage : Adobe Premier Pro (montage vidéo), Photoshop (affiches, traitement des photos et création de visuels), Adobe Audition (pour le son), Media Encoder (pour faciliter les exportations des vidéos), CapCut (montages type réels pour les réseaux sociaux), entre autres. On peut déjà se faire une idée de l’ambiance du 26 mars 2026, jour de lancement des travaux.

Quelques écrans vitrines et écrans de téléviseurs sont également disposés, sans doute pour permettre de vivre en temps réel la cérémonie d’ouverture qui sera retransmise sur les différentes plateformes numériques de l’OMC.

La 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14) se tient du 26 au 29 mars 2026. L’objectif principal est d’examiner le système commercial multilatéral, d’aborder les défis actuels et de prendre des mesures pour les travaux futurs de l’OMC.

Le commerce électronique sera au cœur des discussions. L’événement devra réunir les ministres des 164 membres. Plus de 3000 délégués attendus, incluant des ministres du monde entier. La CM14 traitera des défis du commerce mondial, après la CM13 de 2024 à Abou Dhabi.

La Conférence ministérielle, organe de décision suprême de l’OMC, se réunit habituellement une fois tous les deux ans.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : 3 leviers stratégiques du New Deal Technologique activés pour une connectivité universelle

[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal passe à la vitesse supérieure pour sa transformation numérique. Le gouvernement a lancé ce 24 mars 2026, trois projets structurants au service des citoyens et de la performance publique.

Cet événement majeur est placé sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. Les projets lancés visent à bâtir un écosystème numérique robuste, inclusif et souverain, au service du développement national. Ces projets sont :

– Le Cloud souverain, l’État garantit un hébergement sécurisé, performant et maîtrisé des données publiques, renforçant ainsi sa souveraineté numérique et sa résilience.

• La Connectivité universelle, l’accès à Internet haut débit s’étend à plus d’un million de Sénégalais, y compris dans les zones les plus reculées, grâce à une combinaison de technologies innovantes.

– Le renforcement de la bande passante et des infrastructures, les administrations sont désormais interconnectées, modernisées et capables de fonctionner à haut débit, offrant des services publics plus rapides, plus fiables et plus efficaces.

Depuis le lancement du New Deal Technologique en 2025, le pays a engagé plusieurs chantiers structurants. Au rang desquels, le guichet unique numérique e-Sénégal, vitrine de cette mutation en cours. Cette plateforme, conçue pour centraliser les démarches administratives, propose une interface unifiée accessible en continu.

Ou encore la mise en place d’une plateforme nationale d’interopérabilité. Ce dispositif permet aux différentes administrations d’échanger des données de manière sécurisée, renforçant ainsi la fluidité des procédures et la cohérence de l’action publique.

L’introduction du principe du « Once Only », qui prévoit qu’un usager ne fournisse qu’une seule fois ses informations à l’administration, marque à cet égard une rupture dans la relation entre l’État et le citoyen.

Le New Deal Technologique devrait mobiliser 1,7 milliard de dollars d’ici 2034. L’ambition stratégique de ce New Deal technologique est d’assurer la connectivité universelle avec le living Lab (innovation basée sur la co-construction : universités, populations, collectivités), les équipements numériques.

Mais aussi le renforcement de capacités. La fibre et les satellites pour une connexion gratuite. Bref, des plateformes pour moderniser l’action publique.

Par Jean Materne Zambo

Programme TEF 2026 : 30 startups du Cameroun reçoivent chacune 5000 $ en capital de démarrage non remboursable [liste ]

[DIGITAL Business Africa] – L’homme d’affaires Tony Elumelu reste déterminé à leur mettre le pied à l’étrier. Sur 265 000 candidatures enregistrées, 3 200 ont été reçues, dont 30 venant du Cameroun. La Tony Elumelu Foundation a livré le verdict des jeunes Africains retenus pour la cohorte 2026 du Programme Tony Elumelu Foundation du 22 mars 2026. Les lauréats ont de quoi amorcer véritablement leurs activités.

Ils reçoivent chacun 5000 dollars en capital de démarrage non remboursable. Mieux, ils bénéficient des opportunités d’accès à des financements complémentaires pouvant atteindre 50 000 euros et d’un accompagnement en formation, mentorat et mise en réseau.

La Tony Elumelu Foundation associe des partenaires financiers à ce programme. Le groupe Heirs Holdings va accueillir dans son matelas financier 1 751 sur les 3 200 entrepreneurs sélectionnés.

La Commission européenne, l’OACPS, le BMZ et la GIZ abritent sous leurs ailes 1049 audacieux de l’entrepreneuriat en Afrique.

100 entrepreneurs issus du fichier de la Tony Elumelu Foundation bénéficient de l’escarcelle de Sèmè City, et 100 autres de l’agence allemande de développement.

Et le Programme des Nations Unies pour le développement, le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts s’engagent à prendre en charge 100 entrepreneurs sélectionnés de la Tony Elumelu Foundation.

Tony Elumelu a réaffirmé sa philosophie de l’afrocapitalisme :

« Tout ce que nous faisons, c’est participer à la transformation de notre société. Démocratiser la prospérité. Personne d’autre que nous ne développera ce continent. Notre futur est entre nos mains. » Insistant sur l’urgence de la création d’emplois, il a appelé à ne pas « trahir la jeunesse africaine », a-t-il Programme TEF 2026 : 30 startups du Cameroun reçoivent chacune 5000 $ en capital de démarrage non remboursable [liste ].

Âgés de 18 ans et plus avec une entreprise opérant en Afrique (0–5 ans), les lauréats sont issus de l’agriculture, l’agribusiness, l’énergie, la mode, l’économie circulaire. Ci-dessous la liste des 30 Camerounais sélectionnés et leurs domaines spécifiques.

Akenji Belinda Umekum, Waste and circular economy

– Antony Ahanda, Waste and ciruclar Economy

– Bery Wingo, Waste and ciruclar Economy

– Chia Seintie, Agriculture and Agrobusiness

– Clinton Takang, professionnal services

– Dornell Gilistro Tchamadeu Weladji, Agriculture and Agrobusiness

– Emmanuella Nyongo, Agriculture and Agrobusiness

– Etinge Mabian, Education and training

– Fortu Sullivan Fon, Energy and cleantech

– Hapsatou Ousmanou, Waste and ciruclar Economy

– Ikose Seraphine Diale, Logistics and mobility

– Jean Kegale Nguele, Agriculture and Agrobusiness

– Jones Kamga, Agriculture and Agrobusiness

– Joseph IV Njoh Njoh, Agriculture and Agrobusiness

– Liroy Wiraghan, Agriculture and Agrobusiness

– Lum Anicho, Agriculture and Agrobusiness

– Mubarack Zynu Labidine, Agriculture and Agrobusiness

– Neba Binwi, Agriculture and Agrobusiness

– Ousmanou Rabihou, Waste and Circular Economy

– Péter Abouengmoh, Agriculture and Agrobusiness

– Princeley Kangmia Gana, Energy and cleantech

– Reina Kpossou, Agriculture and Agrobusiness

– Sonnita Nshari Yibir, Agriculture and Agrobusiness

– Stephen Dave Mbongue Nkengfack, Financial Services- Fintech

– Vanessa Lum Ambe, Waste and ciruclar Economy

Retrouvez tous les noms de lauréats en cliquant sur le lien ci-après. https://www.tonyelumelufoundation.org/wp-content/uploads/dlm_uploads/2026/03/Selected-names-2026-Updated-Design-copy.pdf

Le Programme  Tony Elumelu Foundation vise à consentir 100 millions de dollars au bénéfice de 10 000 entrepreneurs sur une période de dix ans. La première cohorte a été lancée en 2015.

Par Jean Materne Zambo

E-Gov’A 2026 reporté en octobre : un repositionnement stratégique pour maximiser son impact

[Smart Click Africa] – Yaoundé, le 23 mars 2026 – Le Comité d’organisation du Salon E-Gov’A – Salon de l’e-Gouvernance et de l’Innovation Digitale en Afrique – informe le public, les partenaires et l’ensemble des parties prenantes du report de l’édition 2026, initialement prévue du 14 au 16 mai, aux nouvelles dates du 14 au 16 octobre 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé.

Placée sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », cette édition ambitionne de réunir les administrations publiques, les institutions, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de l’écosystème numérique autour des leviers concrets de la transformation digitale des services publics.

Un report dicté par un contexte particulièrement dense

Cette décision, actée à l’issue d’une réunion de travail tenue le 17 mars 2026 au Ministère des Postes et Télécommunications, sous le haut patronage duquel se tient l’événement, fait suite à une analyse approfondie des calendriers nationaux et internationaux.

Le premier semestre 2026 se caractérise en effet par une forte concentration d’événements institutionnels et économiques d’envergure, entraînant une mobilisation importante des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé.

Dans ce contexte, le maintien du Salon pendant la période initiale aurait pu limiter sa visibilité, disperser les ressources et réduire la mobilisation des parties prenantes.

Octobre 2026 : une fenêtre optimale pour un salon à fort impact

Le repositionnement du Salon E-Gov’A aux dates du 14 au 16 octobre 2026 vise à :

  • garantir une mobilisation optimale des institutions publiques et des partenaires internationaux ;
  • offrir une visibilité médiatique renforcée, en dehors des périodes de forte concurrence événementielle ;
  • permettre une préparation plus ambitieuse en termes de contenu, d’exposition et de participation.

Une édition renforcée autour des talents numériques

Le choix du mois d’octobre permet également d’inscrire le Salon dans la dynamique de la rentrée académique et professionnelle, en intégrant un axe structurant dédié aux talents numériques, à la formation et à l’innovation.

À ce titre, E-Gov’A 2026 proposera notamment :

  • un pavillon spécial « Campus & Digital Skills Africa » pour les stands des écoles et institutions de formation en IT;
  • une Journée nationale des talents numériques, prévue le 15 octobre ;
  • un hackathon étudiant, dédié à l’innovation au service des services publics.

Un rendez-vous structurant pour la transformation digitale en Afrique

E-Gov’A s’impose comme une plateforme panafricaine de référence pour :

  • promouvoir la modernisation de l’action publique ;
  • encourager les partenariats public-privé dans le numérique ;
  • accélérer l’adoption de solutions innovantes (IA, GovTech, e-paiement, identité numérique, cybersécurité) ;
  • renforcer la coopération entre États africains en matière de transformation digitale.

Au programme : deux jours d’expositions, de démonstrations, d’ateliers et de conférences (14 et 15 octobre 2026), suivis d’une journée de visites de terrain (16 octobre 2026) auprès d’institutions et d’entreprises engagées dans la transformation numérique.

Appel à la mobilisation

Le Comité d’organisation invite l’ensemble des parties prenantes – administrations publiques, entreprises, startups, institutions de formation et partenaires techniques et financiers – à se mobiliser activement pour faire de cette édition 2026 un succès majeur pour le Cameroun et pour l’Afrique.

Contacts presse et organisation

Beaugas Orain DJOYUM
Président, Smart Click Africa
Président du Comité d’organisation
Email : [email protected]
Tél. : +237 674 61 01 68 / +237 699 41 60 15
Site web : www.e-gov.africa

À propos d’E-Gov’A

E-Gov’A est le Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique. Il vise à accompagner les États et les entreprises dans la modernisation des services publics grâce au numérique et à l’intelligence artificielle, dans une perspective de développement inclusif et durable.

Il est organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, avec le REPTIC et le Cadit comme partenaires stratégiques, sous le haut patronage du Ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun.

Signature officielle

E-Gov’A
Sans cash. Sans papier. Sans rupture.
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(é) Smart Click Africa

Tchad : L’invite aux solutions innovantes pour transformer durablement l’éducation

[DIGITAL Business Africa] – La modernisation du système éducatif tchadien demeure une priorité. Le Représentant résident de l’UNICEF Tchad a été reçu par le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Michel Boukar, ce 23 mars 2026. Les échanges ont porté sur l’urgence de renforcer le capital humain et de moderniser le système éducatif.

Une conférence internationale est prévue du 9 au 16 mai 2026. L’initiative vise à mobiliser de nouveaux partenaires et à promouvoir des solutions innovantes pour transformer durablement l’éducation au Tchad.

Le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Michel Boukar, a salué cette initiative et proposé d’ouvrir la conférence à des partenaires technologiques, notamment ceux rencontrés lors de sa récente mission à Bakou, afin d’apporter expertise, innovation et nouvelles opportunités.

 

Lois, politiques, plans et régulations en matière de technologie en éducation.

 

Le Tchad a adopté une armada de lois, politiques, plans et régulations en matière de technologie en éducation.

La Loi 06-016 2006-03-13 PR portant orientation du système éducatif tchadien veut adapter facilement le système éducatif aux mutations technologiques.

La stratégie Éducation 2030 Tchad (2020) porte sur l’inclusion éducative des réfugiés au Tchad et vise à ce que les enfants et les jeunes réfugiés achèvent l’ensemble des niveaux d’enseignement avec de meilleurs taux de réussite, par la mise en place de programmes d’éducation innovants, incluant l’usage des TIC.

Similairement, le Plan de réponse pour les réfugiés pour 2019-2020 réitère l’importance de promouvoir les nouvelles technologies dans les zones isolées, de faciliter l’accès universel aux réseaux de téléphonie mobile, d’améliorer le développement de la culture numérique et des plateformes numériques et d’améliorer la communication et la connectivité.

Le Plan stratégique de développement du numérique et des postes 2020-30 vise à mettre en place d’un système de suivi dynamique des indicateurs des TIC-éducation.

Parallèlement, le Plan de développement du numérique et des postes 2021-25, lui, comporte neuf axes stratégiques, dont l’économie numérique, les infrastructures, le capital humain, le contenu et les applications numériques, la cybersécurité et la sûreté, le cadre juridique et institutionnel, la e-gouvernance et l’accès et l’inclusion numérique.

L’axe 8 sur la gouvernance prévoit par exemple la mise en œuvre d’un schéma directeur TIC par toutes les administrations, dont l’éducation.

Le Tchad a adhéré à la conception commune et aux concepts fondamentaux énoncés dans la Déclaration de principes du Sommet mondial sur la société de l’information (2004). Le Plan d’action de ce texte vise à atteindre progressivement les objectifs de la scolarisation universelle en favorisant l’utilisation des produits, réseaux, services et applications qui reposent sur les TIC.

 

À propos d’ UNICEF Tchad

 

L’UNICEF Tchad a contribué à l’amélioration des résultats d’apprentissage en se concentrant sur l’amélioration des pratiques d’enseignement et de la gestion de classe en formant 25 268 enseignants sur les pratiques d’enseignement, le genre, le leadership, l’éducation inclusive et le soutien psychosocial.

L’UNICEF Tchad a soutenu la construction et la réhabilitation de 15 centres de formation des enseignants pour la formation initiale et continue des enseignants et a assuré la fourniture de matériels pédagogiques individuels à 2 505 006 élèves.

Le bureau a capitalisé sur le programme d’enseignement à distance initié pendant la pandémie de COVID-19, complété par des évaluations d’apprentissage et des activités de rattrapage pour assurer la continuité de l’éducation des enfants dans les écoles touchées par les inondations en 2022.

Grâce au partenariat développé avec la compagnie de téléphonie mobile Airtel, 13 lycées et 23 écoles normales d’instituteurs bénéficient gratuitement d’une fourniture en connexion internet, et les élèves aussi accèdent gratuitement à des plateformes d’éducation en ligne.

Par Jean Materne Zambo, source : unicef.org

 

Pourquoi la PropTech camerounaise doit pivoter vers la “certification des acteurs”

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert] – Après 90 jours à confronter l’algorithme de ProprioLink à la réalité brute du terrain entre Douala et Yaoundé, une vérité stratégique s’est imposée : digitaliser l’immobilier au Cameroun en tentant de vérifier chaque annonce individuellement est une bataille perdue d’avance. C’est une approche opérationnelle lourde, coûteuse et, par définition, non “scalable” dans un marché aussi volatil.

Pour assainir durablement le secteur et répondre aux exigences de sécurité des investisseurs, notamment ceux de la diaspora, le véritable levier technologique ne doit plus être la surveillance des biens, mais la labellisation des professionnels.

  1. L’impasse opérationnelle du “Tout-Vérifié”

Au lancement d’une PropTech, l’ambition est souvent de certifier physiquement chaque produit : envoyer un agent vérifier un studio à Logpom ou une villa à Bastos. Cependant, la réalité du marché camerounais nous rattrape : entre la volatilité des stocks et la rapidité des transactions informelles, un bien “certifié” le matin est souvent déjà loué ou vendu le soir. Vouloir tout vérifier manuellement revient à essayer de vider l’océan avec une petite cuillère.

  1. Le pivot vers la responsabilité : La force du “KYC Immobilier”

Le changement de paradigme que nous prônons consiste à déplacer le curseur de la confiance : de l’objet vers le sujet. En appliquant une logique de KYC (Know Your Customer) stricte aux promoteurs, agences et agents immobiliers, nous créons un filtre de sécurité structurel.

Un promoteur disposant d’actifs réels ou une agence ayant pignon sur rue ne prendra jamais le risque de ternir sa réputation pour une annonce frauduleuse. En certifiant l’existence juridique et physique de l’acteur, nous responsabilisons l’émetteur de la donnée. Chez ProprioLink, nous ne vendons plus seulement de la visibilité, mais un accès exclusif à des professionnels qui ont “trop à perdre” pour mentir.

  1. La réputation numérique comme rempart contre l’arnaque

À Douala comme à Yaoundé, l’arnaque immobilière prospère grâce à l’anonymat. En imposant une transparence totale sur l’identité et les agréments des professionnels, la PropTech transforme la réputation en une véritable monnaie d’échange. Un acteur labellisé devient un partenaire de confiance de l’écosystème. Cette approche réduit drastiquement le risque pour le client final tout en éliminant les frictions opérationnelles inutiles. C’est ici que la technologie devient réellement efficace : elle simplifie au lieu de complexifier.

  1. Le Pay-per-Lead : Un modèle de performance pour les certifiés

Cette vision redéfinit également notre business model. En collaborant exclusivement avec des acteurs “propres” et audités, nous pouvons passer à une monétisation à la performance via le Pay-per-Lead. L’agent certifié ne paie plus pour une simple espérance de visibilité ; il investit via Mobile Money ou Stripe pour obtenir un prospect dont le sérieux et le budget ont été pré-qualifiés par nos outils. C’est un cercle vertueux : la qualité de l’acteur garantit la qualité de l’annonce, attirant ainsi des clients à forte valeur ajoutée.

Conclusion : Vers une infrastructure de confiance

La PropTech au Cameroun ne doit pas se contenter d’être une “police” de l’immobilier, elle doit devenir une infrastructure de confiance. En fédérant les promoteurs et agents rigoureux de nos deux capitales au sein d’un écosystème normé, nous utilisons la technologie pour valoriser enfin l’intégrité professionnelle. Après trois mois de terrain, notre conviction est faite : c’est par la labellisation des hommes que nous sécuriserons durablement le marché des pierres.

Par Kana Patrick, fondateur de ProprioLink

Note de Digital Business Africa : La PropTech (contraction de Property et Technology) désigne l’ensemble des start-ups et des entreprises qui utilisent la technologie pour innover, améliorer ou réinventer les services de l’immobilier, de la construction à la gestion de biens. Ce secteur numérique transforme la transaction, la location et l’expérience utilisateur.

“Content City” : le pari de Wadagni pour faire du Bénin un hub africain de la création de contenus

[DIGITAL Business Africa] – Au-delà de son ambition de faire du Bénin un exportateur de solutions technologiques, Romuald Wadagni consacre une place stratégique à un autre levier souvent sous-estimé : l’économie de la création de contenus. Dans son projet de société présenté ce samedi 21 mars 2026 à Cotonou, le candidat de la majorité propose une transformation en profondeur du secteur des médias et des industries culturelles, avec l’objectif de structurer un écosystème compétitif, créateur de valeur et d’emplois.

Avec son projet de “Content City”, Romuald Wadagni veut structurer une véritable industrie des contenus au Bénin. Formation, production, financement et monétisation : le candidat mise sur un écosystème intégré pour faire émerger un hub africain de la création numérique.

Face à la montée des fake news, à la fragmentation des audiences et à la faible structuration des filières créatives, Wadagni entend faire émerger un modèle où les contenus deviennent un véritable actif économique, au service de l’influence culturelle et du développement numérique du pays.

Une réponse à la désinformation et à la fragilité des médias

Le programme prévoit le déploiement de plusieurs initiatives pour améliorer la qualité de l’information et renforcer les capacités des acteurs du secteur. Parmi les mesures phares figure la création d’une application de contenus audiovisuels publics, accessible gratuitement, notamment en langues locales, afin de toucher les populations les plus vulnérables.

En parallèle, des programmes de formation seront mis en place pour structurer un vivier de professionnels capables de produire des contenus diversifiés et de qualité. Un programme d’éducation aux médias est également envisagé, avec un accent particulier sur les jeunes, afin de leur permettre de mieux décrypter l’information et de lutter contre les fausses nouvelles.

Le projet inclut aussi un renforcement de la collaboration entre l’État et les médias, avec des mécanismes de soutien à la production de contenus éducatifs et un meilleur financement du secteur.

Vers une industrie structurée de la création de contenus

Au cœur de la stratégie figure la création d’une zone spéciale dédiée aux créateurs de contenus, un espace de plusieurs hectares conçu comme un hub de production multimédia.

Cette “Content City” regrouperait des studios de production (y compris virtuels intégrant l’intelligence artificielle), des espaces dédiés à l’animation, aux jeux vidéo et aux contenus interactifs. L’ambition est de créer un environnement intégré où créateurs, producteurs et investisseurs peuvent collaborer efficacement.

Le projet prévoit également la mise en place d’une école spécialisée, en partenariat avec des institutions internationales de référence, pour former une nouvelle génération de créateurs capables de répondre aux standards mondiaux.

Des programmes d’incubation viendront compléter le dispositif, en offrant mentorat, accès aux équipements et opportunités de financement.

Un modèle économique pour monétiser les contenus africains

Au-delà de la production, le projet de Romuald Wadagni s’attaque à une problématique clé : la monétisation des contenus.

Des accords avec les plateformes de distribution et les réseaux sociaux sont envisagés pour garantir des conditions de rémunération plus équitables pour les créateurs. Des mécanismes de co-production devraient également permettre de financer des projets à plus grande échelle.

La mise en place d’un label “Bénin Originals” vise à valoriser les contenus locaux et à faciliter leur exportation vers d’autres marchés. Dans le même temps, un cadre renforcé de protection de la propriété intellectuelle est prévu, avec un accompagnement juridique pour les créateurs dans la gestion de leurs droits.

Enfin, des dispositifs de bourses et de résidences artistiques sont annoncés pour attirer et retenir les talents, notamment dans le cadre d’événements structurants à portée internationale.

Un levier d’influence et de souveraineté culturelle

À travers cette approche, le candidat inscrit la création de contenus dans une logique plus large de souveraineté numérique et culturelle. L’objectif est double : renforcer l’identité culturelle béninoise tout en positionnant le pays sur les marchés internationaux de l’économie créative.

Dans un contexte où les plateformes globales dominent la diffusion des contenus, la capacité à produire, distribuer et monétiser des contenus locaux devient un enjeu stratégique. Le projet présenté à Cotonou traduit ainsi une volonté de faire du Bénin non seulement un hub technologique, mais aussi un acteur influent dans l’économie mondiale des contenus.

Reste à savoir si cette vision ambitieuse pourra se traduire en résultats concrets, dans un secteur où les défis de financement, de régulation et de compétitivité restent particulièrement élevés.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM 

Présidentielle au Bénin : l’ambitieux plan de Romuald Wadagni pour faire du pays un exportateur de solutions numériques grâce à la tech

[DIGITAL Business Africa] – Le ton est donné. Et il est résolument tourné vers l’avenir numérique. À Cotonou, à quelques jours du coup d’envoi de la campagne présidentielle, Romuald Wadagni a choisi de marquer les esprits avec une démonstration politique et stratégique calibrée.

Devant une salle comble au Palais des Congrès de Cotonou, le candidat de la majorité au pouvoir — considéré comme le successeur naturel du président Patrice Talon — a dévoilé une vision structurée qui place la technologie au cœur du repositionnement économique du Bénin.

Dans une mise en scène sobre mais maîtrisée, sans notes ni prompteur, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances s’est livré à un exercice rare dans le paysage politique africain : dérouler seul, de bout en bout, un projet de société à forte densité stratégique. Plus qu’un discours de campagne, il s’agit d’une feuille de route assumée, articulée autour d’un objectif clair : faire du Bénin non plus un simple consommateur, mais un producteur et exportateur de solutions technologiques.

Une ambition construite sur des acquis numériques

Cette projection vers une économie technologique ne part pas de zéro. Le candidat s’appuie sur une décennie de réformes et d’investissements dans les infrastructures et la gouvernance numérique. Le Bénin affiche aujourd’hui une couverture étendue en 4G, un réseau de fibre optique en expansion et un cadre réglementaire modernisé en matière de cybersécurité, de protection des données et de commerce électronique.

À cela s’ajoutent des initiatives structurantes comme la stratégie nationale en intelligence artificielle et mégadonnées, ou encore le développement de plateformes numériques publiques destinées à améliorer la relation entre l’État et les citoyens. L’ambition est désormais de transformer ces fondations en véritable industrie technologique nationale.

Quatre piliers pour bâtir une “nation intelligente”

Le projet présenté repose sur une architecture en quatre leviers.

Le premier concerne les infrastructures, avec la mise en place de data centers sécurisés, de capacités de calcul intensif et d’une plateforme nationale de valorisation des données locales. L’objectif est clair : faire de la donnée un actif stratégique au service de l’économie.

Le deuxième pilier porte sur les talents. Un programme massif de formation en intelligence artificielle, en data science et en robotique est annoncé, avec un accent particulier sur l’employabilité des jeunes et la mobilisation de la diaspora béninoise pour le transfert de compétences.

Le troisième levier vise le cadre réglementaire. Il prévoit notamment des mesures en faveur de la localisation des données, des incitations fiscales pour l’innovation industrielle et un renforcement de la protection de la propriété intellectuelle.

Enfin, le quatrième pilier concerne les usages. Il s’agit d’accélérer l’adoption du numérique dans les territoires et au sein des entreprises, afin de générer des gains concrets de productivité et de compétitivité.

Des secteurs clés ciblés

Le projet ne se limite pas à une vision abstraite. Il identifie des secteurs prioritaires où les technologies pourraient produire des effets rapides et mesurables.

Dans l’éducation, l’intelligence artificielle est envisagée comme un outil de personnalisation des apprentissages et de suivi des élèves. Dans la santé, des centres de simulation et des outils d’aide au diagnostic doivent améliorer la formation et la prise en charge des patients.

L’agriculture, pilier de l’économie béninoise, bénéficierait de solutions d’irrigation intelligente, de capteurs connectés et de plateformes numériques facilitant l’accès aux marchés.

Dans le domaine de la sécurité et de la défense, l’usage de drones et de systèmes autonomes est envisagé pour la surveillance du territoire et la protection des infrastructures critiques.

Un écosystème pour industrialiser l’innovation

Au-delà des intentions, le projet détaille des instruments concrets pour structurer un écosystème technologique.

Une “IA Factory” serait chargée de former des jeunes à la résolution de problématiques réelles à travers l’intelligence artificielle. Des structures de type venture builders accompagneraient la création et la croissance de startups, tandis qu’un fonds national d’amorçage public-privé viendrait financer les projets à fort potentiel.

La création d’un label national pour les solutions technologiques est également envisagée, avec l’objectif de certifier leur qualité et de faciliter leur accès aux marchés internationaux.

Une stratégie à l’épreuve du réel

Si la vision séduit par sa cohérence et son ambition, sa mise en œuvre constituera le véritable test. Transformer un pays en exportateur de technologies suppose non seulement des investissements massifs, mais aussi une capacité à créer des champions locaux capables de rivaliser sur des marchés hautement compétitifs.

Dans un contexte africain marqué par la montée des enjeux de souveraineté numérique, le projet porté par Romuald Wadagni s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un continent qui cherche à passer du statut de consommateur de technologies à celui de producteur.

Reste désormais à savoir si cette ambition, clairement formulée à Cotonou, pourra se traduire en résultats concrets une fois confrontée aux réalités économiques, institutionnelles et politiques du pays.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM 

IA : Meta veut s’assayer à la gouvernance par l’intelligence artificielle 

[DIGITAL Business Africa] – Le dirigeant de plus haut rang de Meta, après Mark Zuckerberg, pourrait être un Chatbot. La société Meta est entrain de développer un assistant virtuel qui aidera le PDG Zuckerberg dans ses fonctions, rapportent plusieurs sources ce 22 mars 2026. L’annonce d’un tel projet n’est pas une surprise. La société en fait l’un de ses objectifs pour accélérer la productivité des employés et fluidifier le travail.

Lors d’une conférence téléphonique sur les résultats fin janvier, Mark Zuckerberg avait prédit que 2026 serait l’année où « l’IA commencerait à transformer radicalement le fonctionnement » de Meta, tout en indiquant que la structure organisationnelle de l’entreprise pourrait évoluer.

« Dans ce contexte, notre priorité absolue est de créer le meilleur environnement possible pour que chacun puisse avoir un impact significatif. Pour ce faire, nous investissons dans des outils natifs d’IA afin que les collaborateurs de Meta puissent être plus productifs, nous valorisons les contributeurs individuels et nous réorganisons les équipes », disait-il.

Meta pourrait suivre les traces de l’ Albanie, en termes de gouvernance par intelligence artificielle. En septembre 2025, le pays a nommé au poste de ministre des Marchés publics, «Diella », une intelligence artificielle. Cette décision visait à lutter contre la corruption. L’avatar numérique supervise les appels d’offres pour garantir l’impartialité et la transparence.

Avant l’Abanie, ST Digital en 2024. La société panafricaine de services cloud, créée par un Camerounais, a développé Isaac Ahmed, une IA dite responsable. L’assistant virtuel est chargé de gérer la stratégie I.A de cette entreprise. Il fonctionne selon la politique de licence que l’entreprise va lui donner. C’est une IA dite responsable, encadrée et à usage d’entreprise.

Meta fait planer le spectre de licenciements massifs suite aux rumeurs de création d’un PDG assistant virtuel. Selon quelques-unes, Meta pourrait envisager des licenciements susceptibles de toucher jusqu’à 20 % de l’entreprise.

Le secteur des cryptomonnaies a connu une vague de licenciements en 2026, plusieurs entreprises annonçant un regain d’intérêt pour l’IA.
Messari, fournisseur de données blockchain, a annoncé un remaniement de sa direction et des licenciements afin de préparer la « prochaine phase » de sa transformation en une entreprise axée sur l’IA.

La plateforme d’échange Crypto.com a aussi annoncé une réduction de 12 % de ses effectifs dans le cadre de son propre développement axé sur l’intelligence artificielle.

Par Jean Materne Zambo, sources : Wall Street Journal, Tradingview.com, freepressjournal, techflowpost, businesstimes.com

E‑commerce à l’OMC : En route vers la CM14 de Yaoundé, les lignes bougent sur le moratoire et la gouvernance du commerce électronique

[Digital Business Africa] – À quelques semaines de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) prévue à Yaoundé, les discussions sur l’e‑commerce s’intensifient à Genève. Le commerce numérique, devenu un pilier de l’économie mondiale, est au cœur d’enjeux stratégiques majeurs pour les pays développés comme pour les économies en développement. Les travaux avancent aujourd’hui sur plusieurs fronts, avec des propositions parfois convergentes, parfois opposées, mais toutes révélatrices d’un moment charnière pour la gouvernance mondiale du digital.

Trois dynamiques parallèles structurent les négociations

Les travaux sur l’e‑commerce progressent simultanément à travers :

– Le Programme de travail sur le commerce électronique, qui réunit l’ensemble des 166 membres de l’OMC.

– Les négociations autour de l’Accord sur le commerce électronique (ECA), soutenu par environ 70 membres.

– Les initiatives connexes menées dans d’autres organes de l’OMC.

Cette architecture à plusieurs vitesses reflète la diversité des intérêts et des niveaux de préparation numérique des membres.

Programme de travail sur l’e‑commerce : un débat central autour du moratoire

Depuis 1998, les membres de l’OMC renouvellent à chaque Conférence ministérielle un moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques. Ce moratoire est devenu l’un des sujets les plus sensibles à l’approche de la CM14.

Quatre propositions sont actuellement sur la table :

 

Groupe / Pays Proposition
Groupe ACP Réinvigorer le Programme de travail avec un accent sur le développement + prolonger le moratoire jusqu’à la prochaine Conférence ministérielle
États-Unis et co‑sponsors Instaurer un moratoire permanent
Groupe de membres favorables à un Comité sur le commerce numérique Créer un Comité dédié pour stabiliser les discussions + s’appuyer sur les acquis du Programme de travail
Brésil Créer un Comité sur le commerce numérique + prolonger le moratoire jusqu’à la prochaine Conférence ministérielle

 

Les positions se cristallisent autour du moratoire

– Certains membres souhaitent poursuivre la pratique actuelle : renouvellement à chaque Conférence, tout en approfondissant les analyses sur les coûts et bénéfices.

– D’autres sont prêts à aller plus loin : moratoire permanent ou prolongation sur une période plus longue pour renforcer la prévisibilité.

– Un petit groupe de membres s’y oppose, invoquant des enjeux de recettes fiscales et de marges de manœuvre politiques.

Lors de la CM13 d’Abu Dhabi en 2024, les membres avaient convenu de maintenir le moratoire jusqu’à MC14 ou le 31 mars 2026, selon la date la plus proche. La CM14 de Yaoundé sera donc décisive.

Accord plurilateral sur le commerce électronique : un texte prêt, mais pas encore adopté

En parallèle, 72 membres soutiennent l’Accord sur le commerce électronique (ECA), un texte qui établit des règles de base pour faciliter le commerce numérique, renforcer la confiance et garantir un environnement ouvert.

Points clés de l’ECA :

– Facilitation du commerce électronique

– Engagement pour un moratoire permanent

– Règles sur la protection des données, les flux transfrontières, la cybersécurité, etc.

Les négociations, lancées à la CM11 en 2017, ont été officiellement conclues en juillet 2024 par les co‑conveneurs (Australie, Japon, Singapour).

Mais son intégration dans l’architecture juridique de l’OMC reste bloquée : les demandes soumises au Conseil général en 2025 n’ont pas obtenu le consensus requis.

Un potentiel économique massif

Selon une étude du Secrétariat de l’OMC :

– L’adoption de l’ECA par les membres qui le soutiennent pourrait générer 2,4 trillions USD de commerce supplémentaire d’ici 2040.

– Les économies participantes verraient leur PIB augmenter de 0,43 % et leur commerce de 0,97 %.

– À l’échelle mondiale, l’impact serait également positif :

+0,14 % de PIB et +0,58 % de commerce.

En d’autres termes, ne pas adopter l’ECA revient à laisser 159 milliards USD de commerce sur la table chaque année.

Quel rôle pour l’Afrique et pour la CM14 de Yaoundé ?

La CM14, organisée pour la première fois en Afrique centrale, place le continent au centre des débats sur la gouvernance du commerce numérique. Le Groupe ACP, très actif, défend une approche centrée sur :

– le développement,

– le renforcement des capacités,

– la prise en compte des réalités fiscales et technologiques des pays en développement.

Pour l’Afrique, l’enjeu est double :

  1. Ne pas être spectatrice d’un débat qui façonne l’économie mondiale de demain.
  2. S’assurer que les règles du commerce numérique soutiennent la transformation digitale du continent, plutôt que de la contraindre.

Yaoundé, un moment de vérité pour le commerce numérique mondial

La CM14 pourrait devenir un tournant historique pour l’e‑commerce à l’OMC. Entre la question du moratoire, la création potentielle d’un Comité sur le commerce numérique et l’avenir de l’ECA, les décisions prises à Yaoundé auront un impact durable sur la manière dont les économies échangent, innovent et se connectent.

Pour l’Afrique, c’est une occasion unique d’influencer les règles du jeu et de défendre une vision inclusive du commerce numérique mondial.

Digital Business Africa suivra de près les négociations et leurs implications pour les acteurs du digital sur le continent.

Par Digital Business Africa

Moratoire sur l’e-commerce à l’OMC : Donald Trump pousse, l’Inde bloque. Yaoundé devient le ring du commerce mondial

[Digital Business Africa] – À l’approche de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) à Yaoundé, les tensions montent autour d’un enjeu central : le maintien ou non du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques, en vigueur depuis 1998.

Les États‑Unis et un large groupe de pays — dont Singapour, la Suisse, le Japon, la Corée, l’Australie et plusieurs pays d’Amérique latine — proposent officiellement de maintenir le moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques.   Ils veulent le prolonger, voire le rendre permanent.

L’Inde, elle, s’y oppose frontalement.

Et l’issue de ce bras de fer pourrait déterminer l’avenir du commerce numérique mondial… et celui de l’OMC elle-même.

Washington veut un Internet mondial sans droits de douane

Dans une communication officielle du 17 mars 2026, les États‑Unis et leurs partenaires affirment que :

 « La pratique de ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques a joué un rôle important dans le développement de l’économie numérique.»

Ils demandent donc de maintenir le moratoire, définissant les transmissions électroniques comme : « toute transmission effectuée par un moyen électromagnétique, y compris son contenu. »

Le moratoire est la priorité absolue de Washington à Yaoundé.

L’ambassadeur américain Joseph Barloon l’a résumé ainsi : le maintien du moratoire donnerait aux États‑Unis la confiance nécessaire pour « rester pleinement engagés » dans l’OMC.

Un diplomate cité par Reuters prévient :

« Si Jamieson Greer ( the 20th United States Trade Representative (USTR), ndlr) quitte Yaoundé sans moratoire, les proclamations américaines sur la mort de l’OMC seront encore plus fortes. »

Trump poussait déjà cette vision dès octobre 2025

Dès octobre 2025, Donald Trump annonçait vouloir instaurer : « a global digital economy free of tariffs and taxes ».

Selon Bloomberg, son administration avait déjà obtenu des engagements de la Malaisie, du Cambodge et de la Thaïlande pour soutenir le moratoire de l’OMC.

Washington cherchait même à le rendre permanent, afin de verrouiller un ordre numérique mondial aligné sur les intérêts américains et la domination des géants du numérique.

L’Inde dit non : une opposition ferme, argumentée et stratégique

Alors que la position de l’Afrique du Sud reste floue, l’Inde confirme qu’elle s’opposera à toute extension permanente du moratoire.

Un représentant indien, cité dans les minutes d’une réunion de l’OMC du 2 décembre, a déclaré :

« Nous ne soutenons pas l’extension du moratoire. Le développement de l’e‑commerce ne doit pas être confondu avec les prétendus bénéfices du moratoire. Le coût du moratoire est presque entièrement supporté par les pays en développement importateurs nets de produits numériques, tandis que ses bénéfices profitent à quelques pays développés. »

Pour New Delhi, le moratoire prive les pays en développement de recettes fiscales cruciales, alors que les biens physiques migrent vers le numérique.

L’Inde insiste :

« Une reconsidération du moratoire est essentielle pour préserver l’espace politique et atteindre l’industrialisation domestique.»

Et elle ne se contente pas de dire non.

Elle propose des actions concrètes :

– assistance technique ciblée sur la littératie numérique et les compétences e‑commerce ;

– transfert de technologies numériques vers les pays en développement et les PMA ;

– mécanisme international pour connecter les besoins en infrastructures numériques aux financements disponibles.

En clair, pas de moratoire sans un véritable agenda de développement numérique.

Les États‑Unis répliquent : taxer le numérique aggraverait la fracture digitale

Lors de la même réunion, le représentant américain a répondu :

 « Imposer des droits de douane sur les transmissions électroniques minerait les efforts visant à réduire la fracture numérique. Cela imposerait des charges administratives importantes et détournerait des ressources qui pourraient être mieux employées pour combler cette fracture. »

Washington veut donc faire du moratoire un pilier du futur ordre numérique mondial.

Un contexte de réformes explosif

Les discussions sur le moratoire s’inscrivent dans un climat déjà tendu.

Des documents internes de l’OMC montrent que :

– les États‑Unis veulent des réformes,

– mais refusent un plan de travail détaillé,

– alors que l’UE, le Royaume‑Uni et la Chine en réclament un.

La DG de l’OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala, prévient :

« Je m’attends à une conférence ministérielle difficile. »

Les ministres débattront également du principe de la nation la plus favorisée (NPF), qui régit 72 % du commerce mondial.

Washington estime que la NPF est « inadaptée à cette époque ».

Un enjeu majeur pour l’Afrique

Pour les pays africains, le maintien du moratoire :

– réduit les coûts d’accès aux technologies ;

– soutient les startups numériques ;

– évite une fragmentation tarifaire pénalisante ;

– facilite l’intégration dans les chaînes de valeur numériques mondiales.

Mais certains gouvernements africains partagent les préoccupations de l’Inde : Comment compenser les pertes fiscales liées à la dématérialisation ?

La CM14, première conférence ministérielle de l’OMC organisée en Afrique centrale, place donc le continent au cœur d’un débat mondial sur l’avenir du commerce numérique.

Yaoundé, théâtre d’une bataille pour l’ordre numérique mondial

Entre les États‑Unis qui veulent un Internet sans droits de douane, l’Inde qui refuse de céder, l’UE qui cherche à redéfinir les règles, et la Chine qui défend le multilatéralisme, la CM14 s’annonce comme l’une des plus tendues de l’histoire récente de l’OMC.

Ce qui se joue à Yaoundé dépasse largement le cadre technique du commerce électronique : c’est l’architecture du futur ordre numérique mondial qui se dessine.

Digital Business Africa, que vous retrouverez au Palais des Congrès à la CM14, suivra de près les négociations et les réactions des délégations africaines dans les jours à venir.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM

Lire aussi :

OMC, commerce électronique et CM14 à Yaoundé : comment le Cameroun peut réconcilier développement, fiscalité numérique et accords plurilatéraux

 

CM14 à Yaoundé : Vers un Comité de l’OMC sur le commerce électronique – Un tournant stratégique pour l’Afrique et le monde

[Digital Business Africa] – À quelques jours de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) prévue à Yaoundé du 26 au 29 mars 2026, un groupe de quinze pays – dont l’Australie, le Canada, le Japon, Singapour, la Suisse, le Royaume‑Uni et l’Uruguay – propose une évolution majeure de la gouvernance mondiale du commerce numérique.

Leur communication, datée du 17 mars 2026, appelle à la création d’un Comité de l’OMC sur le commerce numérique, destiné à remplacer et institutionnaliser le Work Programme on Electronic Commerce (WPEC) lancé en 1998.

Un contexte marqué par l’urgence numérique

Depuis près de trois décennies, le WPEC examine les enjeux du commerce électronique. Mais selon les auteurs de la communication, ce programme a été freiné par des « questions procédurales » qui ont absorbé une grande partie des ressources des membres. Pendant ce temps, les technologies numériques – notamment l’intelligence artificielle – ont profondément transformé les échanges mondiaux.

Les signataires rappellent que le mandat actuel du WPEC arrive à expiration en même temps que le moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, soit à MC14, soit le 31 mars 2026. Ils estiment donc nécessaire de franchir une nouvelle étape.

Un Comité sur le Commerce Numérique : un cadre modernisé

La proposition est claire : « Nous identifions la nécessité d’un comité formel de l’OMC doté d’un mandat actualisé et tourné vers l’avenir » afin de traiter les enjeux complexes du commerce numérique mondial.

Le futur Comité aurait plusieurs missions clés :

  1. Institutionnaliser le WPEC et moderniser son mandat

Il deviendrait un forum multilatéral permanent de dialogue sur les politiques numériques, y compris l’IA et les technologies émergentes. Le document souligne qu’il s’agirait d’un espace « de dialogue, de collaboration et de transparence ».

  1. Renforcer la coordination internationale

Le Comité collaborerait avec d’autres organes de l’OMC, des organisations internationales et des acteurs externes pour mieux traiter les opportunités et les défis du numérique.

  1. Réduire la fracture numérique

Un volet essentiel porte sur les pays en développement et les PMA. Le texte insiste sur la nécessité d’« identifier les lacunes du soutien visant à réduire la fracture numérique ». Les membres développés – et les pays en développement en mesure de le faire – sont encouragés à soutenir les autres membres.

  1. Créer une base de données conjointe sur le renforcement des capacités

Le document propose la mise en place d’une base de données internationale recensant les formations et les programmes de renforcement des capacités en matière de commerce numérique, notamment pour les PME.

  1. Définir des termes de référence d’ici 2027

Le Comité devra soumettre ses termes de référence au Conseil général lors de sa première réunion de 2027.

Un signal fort pour la réforme de l’OMC

Pour les signataires, la création de ce Comité serait un « signal de la pertinence continue de l’OMC » dans un monde où le commerce numérique devient central. Elle constituerait également un résultat concret pour MC14, renforçant la fonction délibérative de l’organisation. Un projet de décision ministérielle a déjà été soumis en ce sens et sera débattu à Yaoundé.

Quel impact pour l’Afrique ?

La tenue de CM14 à Yaoundé confère à cette proposition une résonance particulière sur le continent. L’Afrique, encore marquée par de profondes inégalités d’accès au numérique, pourrait bénéficier :

– d’un cadre multilatéral plus structuré pour défendre ses priorités ;

– d’un meilleur accès aux programmes de renforcement des capacités ;

– d’une visibilité accrue pour ses PME numériques ;

– d’un espace pour influencer les règles émergentes relatives à l’IA, aux données et aux plateformes.

Pour les pays africains, l’enjeu est stratégique : participer activement à la définition des règles du commerce numérique mondial plutôt que de les subir.

Un moment charnière

La proposition de créer un Comité sur le commerce numérique marque une étape décisive dans l’évolution de la gouvernance du commerce mondial. À l’heure où l’IA, les données et les plateformes redéfinissent les chaînes de valeur, l’OMC cherche à se réinventer. MC14 pourrait ainsi devenir un moment historique, non seulement pour l’organisation, mais aussi pour les pays africains qui accueillent pour la première fois une conférence ministérielle.

Digital Business Africa que vous allez retrouver au Palais des Congrès à la CM14, suivra de près les négociations et les réactions des délégations africaines dans les jours à venir.

Par Digital Business Africa

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OMC, commerce électronique et CM14 à Yaoundé : comment le Cameroun peut réconcilier développement, fiscalité numérique et accords plurilatéraux

Gabon : La plateforme « Marigest » pour mieux gérer et sécuriser les données de la Marine marchande

[DIGITAL Business Africa] – La Marine pêche à la ligne un outil technologique lui permettant de mieux gérer et sécuriser ses données. La plateforme Marigest a été lancée ce jeudi 19 mars 2026 au cours d’une cérémonie présidée par le ministre d’État, ministre des Transports. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a présenté les atouts du Gabon en raison de sa localisation géographique tout en rappelant l’apport de cette plateforme.

“La modernisation de l’administration maritime apparaît comme une nécessité impérieuse afin de renforcer la gouvernance du secteur, d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers et de garantir une meilleure compétitivité de notre pavillon. Le secteur maritime constitue l’un des piliers essentiels du développement économique de notre pays.

Par sa position géographique stratégique et centrale sur la façade atlantique, le Gabon dispose d’atouts majeurs pour s’affirmer comme un acteur important du commerce maritime régional et international”, a indiqué le ministre d’État, ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, “

Présent à cette cérémonie, Mark Alexandre Doumba, ministre gabonais en charge de l’Économie numérique, a lui salué les avancées constatées au sein de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences. « La transformation numérique constitue désormais une exigence de souveraineté, de performance et de compétitivité économique », a-t-il dit.

Et de donner quelques pistes pour que la plateforme soit davantage bénéfique au Gabon.

« Numériser la Marine marchande, c’est mieux réguler, mieux contrôler, mieux tracer et mieux décider. Mais ce lancement n’est qu’une étape : la réussite exige appropriation, qualité des données, formation des équipes, maintenance, cybersécurité et interopérabilité avec l’ensemble des systèmes de l’État.

Cette ambition, portée par le gouvernement et traduite dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD), doit se transformer en résultats concrets pour les populations et pour l’économie nationale”, a-t-il dit.

La directrice générale de la Marine marchande, Madame Olivera Angue Avome Frédérique, épouse Guevit, a affirmé que le lancement de la plateforme Marigest marque une étape importante dans le processus de modernisation et de transformation numérique de notre administration.

Par Jean Materne Zambo

Angola : 3,5 millions $ de chiffre d’affaires exigé aux startups, un assouplissement fiscal prévu

[DIGITAL Business Africa] – L’ Angola se prépare à promulguer la loi sur les startups. Un texte devant encadrer et stimuler l’innovation technologique. L’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité, ce jeudi 19 mars 2026, en première lecture, le loi sur les startups, avec 181 voix pour.

Le texte a été présenté lors de la 7e séance plénière ordinaire de la 4e session législative de la cinquième législature de l’Assemblée nationale par Rui Miguêns de Oliveira. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a reconnu que les startups peuvent dynamiser l’économie, créer des emplois qualifiés et contribuer à la formalisation des activités économiques, alignant ainsi le pays sur les tendances internationales.

Rui Miguêns a précisé que le texte fixe un plafond de chiffre d’affaires annuel équivalent à 3,5 millions de dollars, sans exiger de montant minimum, permettant. Cela permettra ainsi à des initiatives sans recettes d’être reconnues dans cette catégorie.

Dans le même temps, des mesures d’incitation au financement sont prévues. Notamment une réduction de 75 % de l’impôt sur le montant investi pour les investisseurs qui injectent des capitaux dans des start-ups, un mécanisme destiné à stimuler l’investissement privé dans ce secteur.

L’Institut national de soutien aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises a indiqué, dans un communiqué, qu’il s’agissait « d’un jalon structurant pour un nouveau modèle économique, fondé sur l’innovation, la technologie et la valorisation des talents nationaux ».

Le texte s’inscrit dans les objectifs du Plan de développement national 2023-2027, qui donne la priorité à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à la modernisation de l’économie.

Approuvé en 2023 par le conseil de ministre, le Plan national de développement 2023-2027 est un instrument de planification stratégique. Il vise à atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie à long terme (SLT) « Angola 2050 ».

Le Plan national de développement 2023-2027 est orienté vers le renforcement de sept axes de développement prioritaires, à savoir :

– Consolider la paix et l’état de droit démocratique, poursuivre la réforme de l’État, de la justice, de l’administration publique, de la communication sociale, de la liberté d’expression et de la société civile ;

– Promouvoir le développement équilibré et harmonieux du territoire ;

– Développer le capital humain, élargir l’accès aux services de santé, aux connaissances et compétences techniques et scientifiques, promouvoir la culture et le sport et stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation ;

– Réduire les inégalités sociales en éradiquant la faim et l’extrême pauvreté, en promouvant l’égalité des sexes et en relevant des défis multidimensionnels et transversaux pour améliorer la qualité de vie des populations ;

– Moderniser et rendre plus efficace l’infrastructure du pays et préserver l’environnement ;

– Assurer une économie durable, entre autres axes.

Par Jean Materne Zambo