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Enregistrement de la commande publique: la DGI lance registrations.dgi.cm pour remplacer Harmony

[DIGITAL Business Africa] – La Direction Générale des Impôts (DGI) du Cameroun annonce un changement important des procédures d’enregistrement relatives à la commande publique. À travers un visuel de sensibilisation publié sur ses plateformes numériques, l’administration fiscale informe qu’à compter du 11 mai 2026, les usagers devront recourir à une nouvelle plateforme dédiée pour obtenir leurs attestations d’enregistrement en ligne.

Le portail registrations.dgi.cm devient ainsi la nouvelle interface numérique destinée aux opérations d’enregistrement de la commande publique.

Un changement de plateforme pour les opérateurs économiques

Contrairement à une simple digitalisation du service, cette annonce marque surtout une migration vers une nouvelle plateforme numérique. Jusqu’ici, les opérations d’enregistrement de la commande publique étaient déjà effectuées en ligne via la plateforme Harmony 2, utilisée par de nombreux opérateurs économiques et administrations dans le cadre des procédures liées aux marchés publics.

Avec registrations.dgi.cm, la DGI introduit donc un nouvel environnement numérique censé prendre le relais pour les démarches d’enregistrement fiscal liées à la commande publique.

Cette transition intervient dans un contexte plus large de la refonte du système fiscal numérique camerounais. Pour rappel, le ministère des Finances a récemment attribué un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA au consortium ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun) pour le développement du futur Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Ce futur dispositif stratégique est appelé à remplacer progressivement plusieurs plateformes actuellement utilisées par l’administration fiscale camerounaise, notamment FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing, ainsi que certains systèmes de télédéclaration des DSF.

L’objectif affiché par les autorités est d’unifier et de moderniser l’ensemble de l’écosystème fiscal autour d’un système intégré, plus centralisé, automatisé et interconnecté.

Dans ce contexte, le lancement de registrations.dgi.cm apparaît comme l’un des premiers mouvements visibles de la réorganisation progressive des services numériques opérée par la DGI avant l’arrivée du futur SIGIT.

Comment procéder ?

Selon les éléments communiqués par la DGI, la procédure s’effectuera principalement en trois étapes :

  1. Se connecter à la nouvelle plateforme
    Les opérateurs économiques devront accéder au portail registrations.dgi.cm à partir d’un ordinateur ou d’un smartphone connecté à internet.
  2. Suivre les instructions de traitement
    La plateforme guidera ensuite les utilisateurs dans la saisie des informations et le dépôt des éléments nécessaires au traitement du dossier d’enregistrement.
  3. Obtenir l’attestation d’enregistrement
    Après validation de la procédure, l’attestation pourra être obtenue directement en ligne.

Une transition importante pour les acteurs des marchés publics

Pour les entreprises habituées à Harmony, cette transition impliquera probablement une phase d’adaptation aux nouvelles procédures, aux interfaces et aux mécanismes de traitement mis en place par la DGI.

L’enjeu sera notamment d’assurer une continuité fluide des opérations administratives, en particulier pour les entreprises engagées dans les marchés publics, où les délais d’enregistrement peuvent avoir un impact direct sur l’exécution des contrats.

Un exemple concret de l’e-gouvernance en construction

Au-delà du simple changement de plateforme, cette évolution illustre plus largement l’accélération de la transformation numérique des services publics au Cameroun. La digitalisation des procédures fiscales, des paiements électroniques et, désormais, des opérations liées à la commande publique traduit une volonté croissante de moderniser l’administration, de réduire les lourdeurs bureaucratiques et d’améliorer les interactions avec les usagers.

Ces enjeux seront justement au cœur du Salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Coorganisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa et placé sous le haut patronage du Minpostel, cet événement panafricain vise à réunir les administrations publiques, les entreprises technologiques, les institutions financières, les startups et les partenaires internationaux autour des défis de la transformation numérique de l’État.

La modernisation engagée par la DGI à travers les plateformes fiscales numériques pourrait ainsi constituer l’un des cas concrets de transformation administrative susceptibles d’alimenter les discussions sur l’avenir des services publics numériques en Afrique.

Vers une consolidation des services fiscaux numériques

Depuis plusieurs années, la DGI accélère l’intégration des outils numériques dans ses services : télédéclarations, paiements électroniques via Tresor Pay, Mobile Money, OTP/OTM, plateformes CFLP ou encore systèmes de gestion des marchés publics.

Avec registrations.dgi.cm et le futur SIGIT en préparation, l’administration fiscale camerounaise poursuit ainsi la restructuration de son architecture numérique afin de centraliser davantage les procédures, fluidifier les interactions avec les contribuables et améliorer la gestion des recettes publiques.

Par Digital Business Africa

Cameroun : la DGI simplifie le paiement des avis d’imposition via MTN MoMo, Orange Money, OTP et Tresor Pay

[DIGITAL Business Africa] – Les contribuables relevant des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) de Yaoundé peuvent désormais régler leurs avis d’imposition sans se déplacer, grâce aux solutions numériques déployées par la Direction Générale des Impôts (DGI) et le Trésor public camerounais via la plateforme Tresor Pay.

À travers une campagne de communication relayée sur ses canaux digitaux, la DGI explique comment les usagers peuvent effectuer leurs paiements d’impôts et de taxes directement en ligne ou via mobile money, en quelques étapes seulement.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de modernisation fiscale engagée par l’administration camerounaise. Pour rappel, la Direction Générale des Impôts, à travers la cartographie des centres régionaux des impôts, a structuré la gestion fiscale de Yaoundé autour des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP), chargés notamment du suivi fiscal des particuliers et des petits contribuables.

Comment payer ses avis d’imposition en ligne ?

La première option proposée aux contribuables consiste à utiliser la plateforme numérique Tresor Pay accessible à l’adresse : dgi.tresorpublic.cm.

Selon les indications de la DGI, la procédure se déroule en quatre étapes principales :

    1. Accéder à la plateforme
      Le contribuable doit se rendre sur le portail dédié depuis son smartphone, sa tablette ou son ordinateur.
    2. Saisir son numéro de déclaration
      Une fois connecté, il lui est demandé d’entrer son numéro de déclaration ou les références figurant sur son avis d’imposition avant de cliquer sur « Valider ».
    3. Choisir son mode de paiement
      Après validation, plusieurs moyens de paiement sont proposés :
    • Mobile Money (MTN MoMo ou Orange Money);
    • Paiement via Campost ;
    • Paiement via OTP ;
    • Virement bancaire ;
    • Carte Visa ;
    • Express Union.

L’usager sélectionne ensuite le moyen de paiement qui lui convient pour finaliser l’opération.

    1. Imprimer sa quittance
      Une fois le paiement effectué, la plateforme permet d’imprimer immédiatement la quittance officielle. La DGI précise également qu’en cas de perte, le contribuable peut retourner sur la page d’accueil et ressaisir son numéro d’avis d’imposition pour retrouver son reçu.

Des paiements également possibles par codes USSD

Outre la plateforme web, la DGI met également à disposition des codes USSD permettant de payer directement depuis un téléphone mobile, sans connexion internet.

Les contribuables peuvent notamment utiliser :

    • MTN MoMo : *206*1#
    • Orange Money : #150*3*4*2#

Ces solutions sont connectées aux services Campost, Orange Money et MTN MoMo, afin de simplifier les paiements électroniques des contribuables des CFLP.

Vers une fiscalité plus numérique au Cameroun

À travers Tresor Pay et les paiements mobiles associés, l’administration fiscale camerounaise poursuit sa transition vers des services publics davantage digitalisés. L’objectif affiché est multiple : réduire les files d’attente dans les centres fiscaux, sécuriser les transactions, améliorer la traçabilité des recettes publiques et faciliter les démarches des contribuables.

Cette évolution illustre également la place croissante du mobile money dans les services publics au Cameroun, où les solutions numériques deviennent progressivement un levier stratégique pour rapprocher l’administration des citoyens.

Par Digital Business Africa

« Dis-moi Robert » : Le dictionnaire Le Robert entre dans l’ère de l’intelligence artificielle conversationnelle.

[DIGITAL Business Africa] – L’éditeur français Le Robert franchit une nouvelle étape dans la transformation numérique des outils linguistiques. À l’occasion des 60 ans du célèbre Petit Robert, la maison d’édition a annoncé, mardi 12 mai 2026, le lancement de « Dis-moi Robert », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle destiné à accompagner les utilisateurs dans l’exploration de la langue française.

Accessible directement sur la plateforme en ligne du dictionnaire, cet agent conversationnel est capable de répondre à des questions variées liées au vocabulaire, à l’orthographe, à la conjugaison ou encore aux expressions françaises. Définition d’un mot émergent comme « agrivoltaïsme », orthographe de « tintamarre », pluriel de « carnaval » ou traduction française du terme « spoiler » : l’outil ambitionne de devenir un nouveau point d’entrée numérique vers la langue française.

Pour Géraldine Moinard, cette innovation répond à l’évolution des usages numériques, notamment chez les jeunes générations. L’objectif affiché est de proposer une expérience conversationnelle moderne tout en maintenant un haut niveau de fiabilité lexicographique.

Contrairement aux modèles d’intelligence artificielle générative généralistes, « Dis-moi Robert » repose exclusivement sur les bases de données internes du dictionnaire. Selon Charles Bimbenet, l’assistant « ne puise que dans les données du Dico en ligne Le Robert », garantissant ainsi des réponses sourcées, transparentes et contrôlées. L’éditeur affirme également que l’outil signalera explicitement lorsqu’aucune réponse fiable ne peut être fournie.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale de modernisation des ressources linguistiques grâce à l’intelligence artificielle. Des expériences similaires existent déjà aux États-Unis et au Royaume-Uni, où plusieurs éditeurs de dictionnaires ont intégré des assistants conversationnels à leurs plateformes numériques.

Le lancement intervient dans un contexte particulier pour l’éditeur français, alors que l’édition 2027 du Petit Robert arrive simultanément en librairie et en ligne. L’ouvrage emblématique revendique aujourd’hui plus de 65 000 mots, 350 000 définitions et exemples, ainsi que 35 000 citations.

Malgré cette avancée technologique, Le Robert insiste sur le fait que l’intelligence artificielle ne signe pas la disparition du dictionnaire papier. L’éditeur rappelle que les ouvrages physiques demeurent largement utilisés dans les établissements scolaires et continuent de séduire les passionnés de langue française.

Face à son concurrent historique Larousse, davantage positionné sur le segment encyclopédique illustré, Le Robert confirme ainsi sa volonté d’accélérer sa mutation numérique tout en préservant son héritage éditorial. Les deux maisons restent indépendantes de l’Académie française, institution de référence qui a finalisé en 2024 la neuvième édition complète de son propre dictionnaire.

Par Loic SOUOP

Source : France 24

 

 

Tchad : les demandes de visa désormais 100 % numériques via la plateforme eVisa.td

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de ses services administratifs et de contrôle migratoire. Depuis le lundi 11 mai 2026, toutes les demandes de visa pour entrer sur le territoire tchadien doivent obligatoirement être effectuées en ligne via la plateforme officielle eVisa Tchad. L’annonce a été faite par la sous-direction de l’E-Visa du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration dans un communiqué publié le vendredi 8 mai 2026.

Déjà opérationnelle depuis décembre 2024, la plateforme eVisa Tchad devient désormais l’unique canal officiel de traitement des demandes de visa pour l’ensemble des catégories de voyageurs, à l’exception des visas diplomatiques et de courtoisie, qui continueront d’être gérés directement par les représentations diplomatiques tchadiennes.

Selon les autorités tchadiennes, cette réforme s’inscrit dans le cadre de l’application du décret n°2299/PR/PM/MSPI/2025 ainsi que d’un arrêté conjoint publié en 2026 encadrant les conditions d’entrée et de séjour des étrangers sur le territoire national.

À travers cette dématérialisation, le gouvernement ambitionne de moderniser le système de délivrance des visas, renforcer la sécurisation des procédures administratives et centraliser le traitement des demandes sur une plateforme numérique unique.

L’objectif affiché est également de réduire les délais de traitement, améliorer la traçabilité des demandes et limiter les procédures manuelles souvent associées à des lenteurs administratives.

Les autorités précisent qu’une période transitoire est actuellement en cours afin de permettre l’adaptation progressive des usagers au nouveau système numérique. Les visas délivrés avant l’entrée en vigueur du dispositif resteront valables jusqu’à leur date d’expiration. En revanche, à compter du 21 mai 2026, tout visa obtenu en dehors de la plateforme officielle sera considéré comme invalide et ne permettra plus l’entrée sur le territoire tchadien.

Le gouvernement annonce également la suppression définitive des autorisations manuelles d’entrée, marquant ainsi une rupture avec les anciens mécanismes administratifs. Avec cette réforme, le Tchad rejoint un nombre croissant de pays africains engagés dans la digitalisation des services migratoires et consulaires.

Des pays comme le Rwanda, le Kenya ou encore le Ghana ont déjà adopté des systèmes entièrement numériques pour la gestion des visas et des formalités d’entrée sur leur territoire.

Cette tendance s’inscrit dans une dynamique continentale plus large de modernisation des administrations publiques, d’amélioration de l’expérience des voyageurs et de renforcement des dispositifs de contrôle migratoire grâce aux technologies numériques.

Au-delà de la simplification administrative, les plateformes d’eVisa sont également perçues par plusieurs gouvernements africains comme un levier stratégique pour renforcer l’attractivité économique, faciliter la mobilité internationale et soutenir la transformation numérique des services publics.

Par Loic SOUOP

 

Mozambique : Letshego et Mastercard lancent une carte de débit pour accélérer l’inclusion financière et les paiements numériques

[DIGITAL Business Africa] – Le fournisseur de services financiers Letshego et le géant américain des paiements Mastercard renforcent leur offensive sur le marché mozambicain du numérique. Les deux partenaires ont annoncé le lancement d’une nouvelle carte de débit au Mozambique, avec l’ambition d’accélérer l’inclusion financière et de soutenir la transformation digitale du pays. Dans un communiqué publié le lundi 11 mai, Mastercard précise que cette carte s’appuie sur son réseau mondial de paiement, permettant aux utilisateurs d’effectuer des transactions sécurisées aussi bien au niveau local qu’à l’international, partout où la technologie Mastercard est acceptée.

Au-delà du simple moyen de paiement, cette initiative vise à faciliter l’accès des populations aux services financiers formels dans un contexte marqué par une forte progression des usages numériques et du commerce en ligne.

Le lancement intervient alors que le Mozambique connaît une accélération progressive de sa transformation numérique, portée notamment par l’adoption croissante des smartphones, des services mobiles et des plateformes digitales.

Les nouveaux usages numériques se multiplient : achats sur des plateformes internationales comme Alibaba ou Jumia, abonnements à des services de streaming tels que Netflix et Spotify, paiements de services en ligne ou encore transactions digitales du quotidien.

Pour une partie importante de la population, notamment les personnes encore exclues du système bancaire traditionnel, l’accès à ces services reste toutefois limité par l’absence d’outils de paiement adaptés.

« En donnant à davantage de personnes les outils nécessaires pour participer à l’économie numérique, nous contribuons à renforcer la résilience financière et à permettre aux communautés de prospérer dans un monde de plus en plus connecté », a déclaré Gabriel Swanepoel.

Au-delà des particuliers, cette initiative vise également les petites et moyennes entreprises, qui représentent une composante essentielle de l’économie mozambicaine. L’accès à des solutions de paiement numérique fiables pourrait permettre aux PME de développer leurs activités en ligne, de sécuriser leurs transactions commerciales et d’élargir leur accès à de nouveaux marchés, y compris à l’international.

Dans un environnement où les paiements en espèces dominent encore largement les échanges économiques, les solutions digitales apparaissent comme un levier stratégique pour améliorer la traçabilité des flux financiers et favoriser la formalisation de l’économie.

Malgré l’expansion des services financiers numériques sur le continent, la disponibilité des outils ne garantit pas automatiquement leur adoption à grande échelle. Plusieurs facteurs continuent d’influencer l’usage des services digitaux : confiance des utilisateurs, niveau de littératie numérique, accès aux smartphones et à Internet, coût des services ou encore habitudes fortement ancrées autour du cash.

Pour les acteurs financiers, le défi ne consiste donc plus uniquement à déployer des solutions numériques, mais également à construire des écosystèmes capables de favoriser une adoption durable et inclusive des paiements digitaux. Avec cette nouvelle carte de débit, Letshego et Mastercard misent ainsi sur l’accélération des usages numériques au Mozambique pour renforcer la participation des populations et des entreprises à l’économie digitale émergente du pays.

Par Loic SOUOP

 

Coopération : Rabat et Accra scellent un partenariat stratégique pour accélérer la transformation numérique des administrations

[Digital Business Africa] – Le Maroc et le Ghana franchissent une nouvelle étape dans leur coopération numérique. Les deux pays ont signé, le jeudi 7 mai à Rabat, une déclaration d’intention visant à renforcer leur collaboration dans les domaines de la transition numérique et de la modernisation de l’administration publique. La signature est intervenue en marge de la clôture des Assises africaines du gouvernement, organisées dans la capitale marocaine.

Le protocole d’accord a été paraphé par Amal El Fallah Seghrouchni et Akanvariva Lydia Lamisi. À travers cette initiative, Rabat et Accra affichent leur volonté commune d’accélérer la digitalisation des services publics et d’améliorer l’efficacité administrative grâce aux technologies numériques.

L’accord définit plusieurs axes de coopération prioritaires, parmi lesquels la numérisation des services administratifs, le développement du gouvernement ouvert, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques, ainsi que la gouvernance et la valorisation des données. Les deux États ambitionnent également de promouvoir les technologies émergentes afin de renforcer la performance des administrations et la qualité des services rendus aux citoyens.

Au-delà du cadre institutionnel, ce partenariat prévoit des mécanismes opérationnels destinés à favoriser une coopération technique durable. Des échanges d’expertise, des missions techniques conjointes, des ateliers de renforcement des capacités ainsi que des initiatives d’innovation collaborative, notamment des hackathons, devraient être organisés pour encourager le développement de projets numériques à fort impact.

Cette dynamique traduit une volonté croissante des États africains de mutualiser leurs expériences face aux défis de souveraineté numérique, de modernisation des administrations et d’inclusion digitale. Le Maroc poursuit notamment le déploiement de sa stratégie numérique à l’horizon 2030, avec l’ambition de consolider son rôle de hub régional des services numériques et de l’innovation technologique sur le continent.

De son côté, le Ghana continue de renforcer sa position parmi les économies numériques les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, porté par ses avancées dans les services financiers numériques, l’identité numérique et les plateformes de services publics digitaux.

La signature de cette déclaration intervient dans un contexte continental marqué par une montée des attentes autour de la transparence, de la gouvernance ouverte et de la participation citoyenne. À Rabat, plusieurs organisations de la société civile réunies lors des Assises africaines du gouvernement ont d’ailleurs adopté une déclaration commune appelant à un engagement politique renforcé en faveur d’une gouvernance publique plus ouverte et inclusive en Afrique.

Par Loic SOUOP

 

 

Cameroun : Le MINPOSTEL renforce sa stratégie de promotion d’un cyberespace plus apaisé

 [DIGITAL Business Africa] – Un nouvel acteur entre en scène pour assainir le cyberespace camerounais. One Nation, présentée comme une association camerounaise pour l’élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble, a signé une convention de partenariat avec le ministère des Postes et Télécommunications, ce 12 mai 2026 à Yaoundé.

Même si jusqu’à la date de signature l’organisation n’a pas une identité numérique (aucune présence en ligne), elle a décliné son objectif, qui est de renforcer et promouvoir un cyberespace camerounais plus apaisé, plus responsable et plus respectueux des valeurs de paix, d’unité et de solidarité qui fondent la Nation.

L’initiative apparaît salutaire, surtout dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus un canal de diffusion de la haine, du tribalisme et de la désinformation. Un véritable vecteur des dérives qui mettent à mal la cohésion sociale. Minette Libom Li Likeng n’a pas hésité à rappeler le pari.

« L’enjeu n’est donc pas seulement de combattre certains contenus. Il est de préserver un bien essentiel : notre cohésion nationale. Il (est de protéger ce lien qui unit les Camerounaises et les Camerounais au-delà de leurs différences, et de faire en sorte que le numérique demeure compatible avec les exigences de paix, d’unité, de tolérance, de patriotisme, de respect de l’autre et de solidarité nationale gouvernement du Cameroun à travers le MINPOSTEL », a-t-elle dit.

Cette convention est alignée à la campagne nationale pour la promotion de la culture de la cybersécurité et la sensibilisation à l’utilisation responsable des réseaux sociaux débutée le 12 août 2020.

À côté de cette initiative gouvernementale, d’autres organisations se sont lancées dans cette bataille ardue contre les discours de haine en ligne. Defyhatenow avec l’appui technique du laboratoire camerounais d’études et de recherches sur les sociétés contemporaines (CERESC), en collaboration avec le département de sociologie de l’Université de yaoundé I, ont organisé un colloque national du 10 au 12 Mai 2023 à l’Université de Yaoundé I.

Le thème était : discours de haine et violences au Cameroun : genèses sociales, formes émergentes et pistes de réponse. Du 10 au 12 mai 2023, Université de Yaoundé I, Cameroun.

Mais malgré cette mutualisation d’énergie, les discours de haine, le tribalisme et la désinformation continuent de faire florès en ligne. L’association One Nation va devoir montrer du panache pour vaincre le mal qui s’est emparé de la toile.

Par Jean Materne Zambo

« Les mathématiques doivent résoudre les inconnues du futur africain », plaide Pr Abdon Atangana à Yaoundé

[DIGITAL Business Africa] – La science peut-elle devenir le véritable moteur de la renaissance africaine au XXIe siècle ? C’est autour de cette interrogation stratégique que la ville de Yaoundé a accueilli une importante conférence internationale consacrée au rôle des mathématiques dans la transformation du continent africain. Organisée par The Pondi Foundation, cette rencontre a réuni universitaires, chercheurs, déqcideurs publics et acteurs du secteur privé autour d’une conviction commune : l’Afrique ne pourra durablement se développer sans une appropriation profonde des sciences et des technologies.

Placée sous le thème des mathématiques comme levier de développement, la conférence a mis en lumière la nécessité pour les États africains de repenser leurs modèles de croissance en s’appuyant davantage sur la recherche scientifique, l’innovation et la production locale des savoirs.

Parmi les figures majeures de cette rencontre figurait Abdon Atangana, considéré comme l’un des mathématiciens africains les plus influents au monde dans le domaine des mathématiques appliquées. Reconnu à l’échelle internationale pour ses travaux sur la modélisation des phénomènes complexes, le chercheur camerounais a rappelé que les mathématiques ne constituent pas uniquement une discipline académique, mais un outil stratégique de transformation économique, industrielle et technologique.

Selon lui, le Cameroun et plus largement l’Afrique doivent désormais adopter une nouvelle « équation du développement » fondée sur la science. « Aucune société ne peut résoudre les inconnues de son avenir sans intégrer dans son système les variables essentielles que sont les mathématiques, la physique, la chimie et la recherche scientifique », a-t-il déclaré devant un auditoire fortement mobilisé.

Le scientifique a également insisté sur la nécessité de valoriser davantage les chercheurs et académiciens africains afin de créer des modèles inspirants pour la jeunesse. À ses yeux, le patriotisme moderne doit être nourri par les avancées scientifiques nationales. « Les jeunes développeront davantage de fierté nationale lorsqu’ils verront que des formules mathématiques, des théories physiques ou des innovations majeures ont été conçues par des Camerounais », a soutenu le mathématicien.

Initialement annoncé parmi les intervenants, Faustin-Archange Touadéra n’a finalement pas pris part aux échanges. Sa participation revêtait toutefois une forte portée symbolique. Mathématicien de formation et titulaire de deux doctorats, le président centrafricain incarne pour plusieurs participants une convergence rare entre expertise scientifique et exercice du pouvoir politique.

Pour Jean Emmanuel Pondi, président de The Pondi Foundation, cette conférence répondait à une réflexion fondamentale : comment permettre à l’Afrique d’assurer elle-même sa propre transformation ?

Le chercheur estime que le développement du continent ne peut plus être analysé uniquement à travers des indicateurs économiques classiques comme le Produit intérieur brut (PIB) ou le Produit national brut (PNB). Selon lui, les mathématiques constituent le socle de toutes les sciences et représentent un instrument stratégique de souveraineté.

« La maîtrise des mathématiques appliquées permettrait aux peuples africains de concevoir eux-mêmes les mécanismes de leur développement, conformément à leurs intérêts stratégiques et non selon des modèles extérieurs qui leur seraient imposés », a-t-il expliqué.

Le Pr Jean Emmanuel Pondi s’est par ailleurs félicité de la qualité des experts mobilisés ainsi que de l’intérêt suscité par cette rencontre scientifique. Selon lui, les réflexions développées durant cette seule après-midi de travaux sont susceptibles de transformer durablement la perception des enjeux liés au développement africain, en replaçant la science au cœur des politiques publiques et des stratégies de souveraineté.

Les différents panels ont permis d’explorer les multiples applications des mathématiques dans les domaines de l’innovation technologique, de la gouvernance, de l’industrie, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité ou encore de la transformation économique. Les participants ont également insisté sur l’urgence de renforcer la formation scientifique des jeunes Africains afin de préparer les compétences nécessaires aux économies numériques émergentes.

Au-delà des débats académiques, la conférence a surtout mis en évidence la nécessité de bâtir des passerelles plus solides entre universités, centres de recherche, gouvernements et entreprises privées. L’ambition affichée est de créer un véritable écosystème africain de l’innovation scientifique capable d’accompagner les mutations technologiques mondiales.

Dans un contexte marqué par l’accélération de l’intelligence artificielle, de la souveraineté numérique et des transformations industrielles, plusieurs intervenants ont estimé que l’Afrique ne pourra jouer un rôle stratégique sur la scène mondiale sans un investissement massif dans les disciplines scientifiques fondamentales.

À Yaoundé, le message porté par les chercheurs et experts réunis par The Pondi Foundation apparaît ainsi clair : la renaissance africaine passera aussi par les mathématiques.

Par Digital Business Africa

AFRICATEK 2026 : Ouagadougou veut faire de l’IA et des technologies émergentes un levier de transformation pour l’Afrique du 25 au 27 juin 2026

[DIGITAL Business Africa] – Du 25 au 27 juin 2026, Ouagadougou accueillera la 9ᵉ conférence internationale de l’EAI sur les technologies émergentes pour les pays en développement, plus connue sous le nom d’EAI AFRICATEK 2026. Organisé en format hybride, l’événement réunira chercheurs, gouvernements, universités, start-ups, industriels, investisseurs et acteurs publics autour des enjeux de l’intelligence artificielle, de l’innovation numérique et de la transformation digitale en Afrique.

Portée notamment par MALO Sadouanouan, cette nouvelle édition ambitionne de créer une plateforme panafricaine d’échanges et de collaboration autour des technologies émergentes appliquées au développement économique et social des pays africains.

Face à l’accélération mondiale des usages de l’intelligence artificielle, les organisateurs estiment que les pays africains doivent désormais structurer des cadres favorables à l’innovation et à l’industrialisation numérique. L’EAI AFRICATEK 2026 entend ainsi mettre en lumière le rôle stratégique des start-ups africaines, de la recherche scientifique et des politiques publiques dans la construction d’un écosystème numérique plus souverain et compétitif.

Une plateforme de convergence entre recherche, innovation et politiques publiques

Depuis plusieurs années, l’EAI AFRICATEK s’impose progressivement comme un espace de dialogue entre universités, centres de recherche, entreprises technologiques, administrations publiques et jeunes innovateurs africains. L’édition 2026 devrait renforcer cette dynamique à travers des conférences scientifiques, des panels d’experts, des ateliers techniques, des présentations de projets innovants et des sessions de networking.

L’événement mettra particulièrement l’accent sur les usages concrets de l’intelligence artificielle dans les secteurs prioritaires du continent : administration publique, santé, agriculture, éducation, finance numérique, cybersécurité ou encore villes intelligentes.

Les échanges viseront également à favoriser la collaboration entre le secteur privé, les institutions publiques et le monde académique afin d’accélérer le transfert de technologies, le développement des compétences numériques et l’émergence de solutions africaines adaptées aux réalités locales.

L’intelligence artificielle et les start-ups africaines au cœur des discussions

Pour les organisateurs, l’essor des technologies émergentes constitue une opportunité majeure pour renforcer la compétitivité des économies africaines. L’EAI AFRICATEK 2026 entend ainsi valoriser les travaux de recherche capables de déboucher sur des applications concrètes au sein des start-ups et des entreprises technologiques du continent.

Des sessions dédiées aux jeunes entrepreneurs, aux chercheurs et aux innovateurs permettront notamment de présenter des solutions établies sur l’intelligence artificielle et d’encourager la création de synergies entre investisseurs, universités et incubateurs africains.

Au-delà des enjeux technologiques, la conférence souhaite également promouvoir une réflexion sur les cadres réglementaires, l’éthique de l’IA, la gouvernance des données et les politiques de souveraineté numérique nécessaires au développement durable des écosystèmes numériques africains.

Un rendez-vous stratégique pour la transformation numérique de l’Afrique

À travers cette 9ᵉ édition, l’EAI AFRICATEK confirme son ambition de devenir l’un des rendez-vous académiques et technologiques majeurs dédiés aux technologies émergentes en Afrique. Pour le Burkina Faso, l’accueil de cette conférence représente également une opportunité de renforcer son positionnement dans les dynamiques régionales liées à l’innovation numérique et à la recherche technologique.

En réunissant chercheurs, décideurs publics, entreprises, étudiants et start-ups, AFRICATEK 2026 veut contribuer à bâtir un écosystème africain capable d’accélérer l’adoption des technologies émergentes et de soutenir une transformation numérique plus inclusive et durable sur le continent.

En bref…

Nom de l’événement
EAI AFRICATEK 2026 – 9ᵉ conférence internationale de l’EAI sur les technologies émergentes pour les pays en développement

Pays et ville
Burkina Faso, Ouagadougou

Dates
25 au 27 juin 2026

Format
Hybride

Grands axes

– Intelligence artificielle et transformation numérique
– Technologies émergentes et innovation africaine
– Recherche scientifique et industrialisation numérique
– Start-ups, gouvernance des données et souveraineté numérique
– Collaboration entre universités, gouvernements et secteur privé

Formats et temps forts

– Conférences scientifiques et panels d’experts
– Ateliers techniques et échanges académiques
– Présentation de projets innovants et articles de recherche
– Sessions de networking et de collaboration
– Rencontres entre chercheurs, entreprises et décideurs publics

Public cible
Chercheurs, universités, gouvernements, administrations publiques, entreprises technologiques, start-ups, investisseurs, incubateurs, étudiants, scientifiques et acteurs de l’écosystème numérique africain

Site officiel

https://africatek.eai-conferences.org/2026/

En s’affirmant comme une plateforme de dialogue entre recherche, innovation et politiques publiques, AFRICATEK 2026 entend contribuer à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes au service du développement numérique de l’Afrique.

Par Digital Business Africa

 

 

Africa Forward : Emmanuel Macron annonce un investissement de 3,76 MDS € dans le numérique et l’ IA en direction de l’Afrique

[DIGITAL Business Africa] – 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique annoncés. C’est l’annonce faite par le président français Emmanuel Macron lors de l’Africa Forward ce 11 mai 2026. Parmi les secteurs ciblés, le numérique et l’intelligence artificielle.

Les deux secteurs concentrent 3,76 milliards d’euros. L’objectif affiché est de développer le commerce entre la France et le continent africain et de favoriser la transition énergétique, le numérique, l’intelligence artificielle (IA), l’économie bleue, l’agriculture et l’industrialisation.

Sur ces fonds, 14 milliards seront portés par des entreprises françaises. Ils devraient provenit d’acteurs privés et publics (AFD, Proparco et DG Trésor). Les neuf milliards restants viennent d’investisseurs africains. Ces investissements, selon le président français, « vont créer plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique ».

« L’Afrique a besoin d’investissements, plutôt que de l’aide, pour être plus souveraine et nous, on a envie d’être des partenaires d’égal à égal », a plaidé Emmanuel Macron.

Et d’ajouter sur sa page Facebook: “Quand l’Afrique réussit, l’Europe réussit, et vice-versa ” .

Le président kényan a fait bon accueil à cette annonce du président Macron. William Ruto a affirmé ne plus “être en quête d’aide ou de prêts”, mais d’investissements dans l’éducation et les infrastructures, notamment pour prendre le train de la révolution technologique de l’intelligence artificielle.

L’Africa Forward réunit près de 7 000 personnes présentes, plus de 700 rencontres d’affaires. C’est le premier sommet franco-africain organisé dans un pays anglophone, au Kenya.

D’après plusieurs sources, la France manifeste son ambition de reprendre pied sur un continent où son influence s’effrite pendant que d’autres puissances gagnent progressivement du terrain.

Par Jean Materne Zambo

Commerce numérique mondial : l’OMC à Genève tente de sauver le moratoire enterré à Yaoundé, Washington relance la bataille avec 20 partenaires

[DIGITAL Business Africa] – Un mois après l’échec historique de la 14e Conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé sur la question du moratoire relatif aux transmissions électroniques, les discussions reprennent à Genève avec un signal fort : la dynamique en faveur d’une prorogation du moratoire semble regagner du terrain.

Réunis les 6 et 7 mai 2026 dans le cadre du Conseil général de l’OMC, les membres ont affiché une volonté commune de capitaliser sur les convergences obtenues à Yaoundé, malgré l’absence d’accord final lors de la CM14.

La nouvelle Présidente du Conseil général, l’Ambassadrice Clare Kelly de Nouvelle-Zélande, a indiqué que de nombreux membres estimaient que les négociations de Yaoundé avaient permis d’atteindre un niveau inédit de convergence sur le programme de travail relatif au commerce électronique et sur le moratoire.

« Cette convergence représente un investissement considérable en matière de persuasion et de pragmatisme de la part de nombreux membres », a-t-elle déclaré, soulignant que la majorité souhaite poursuivre les discussions plutôt que de repartir de zéro.

La Türkiye rejoint la dynamique favorable au moratoire

L’un des faits marquants de cette réunion est la décision de la Türkiye de ne plus bloquer le consensus en faveur d’une extension temporaire du moratoire sur les transmissions électroniques.

Cette évolution est loin d’être anodine. Elle réduit davantage le cercle des membres opposés à la prorogation du moratoire et renforce l’idée qu’un compromis pourrait finalement émerger à Genève dans les prochains mois.

Lors de la CM14 de Yaoundé, les membres avaient échoué à renouveler le moratoire en vigueur depuis 1998, ouvrant théoriquement la voie à l’imposition de droits de douane sur les transmissions électroniques transfrontalières.

Cet échec avait constitué un revers majeur pour les États-Unis et plusieurs puissances numériques qui défendent la circulation sans barrières des flux numériques à l’échelle mondiale.

Les États-Unis maintiennent leur initiative plurilatérale

En parallèle des discussions multilatérales, les États-Unis ont officiellement présenté au Conseil général une déclaration conjointe sur le moratoire, désormais soutenue par 21 membres de l’OMC.

À partir du 8 mai 2026, les cosignataires continueront à ne pas imposer entre eux de droits de douane sur les transmissions électroniques.

Le document officiel présenté au Conseil général précise davantage les contours de cette initiative plurilatérale portée par les États-Unis et plusieurs membres favorables au maintien du moratoire sur les transmissions électroniques.

Dans cette communication conjointe, les co-signataires se disent « déçus » par l’expiration du moratoire historique sur le commerce électronique lors de la CM14 à Yaoundé, tout en affirmant leur volonté de préserver « un minimum de prévisibilité et de certitude » pour les entreprises et les consommateurs dans l’économie numérique mondiale.

Le texte précise qu’à compter du 8 mai 2026, les membres signataires « continueront à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques entre eux ».

Plus important encore, les signataires donnent une définition élargie des transmissions électroniques. Selon eux, une transmission électronique désigne « toute transmission effectuée par des moyens électromagnétiques et inclut le contenu de cette transmission ».

Cette précision est stratégique. Elle signifie que l’engagement ne couvre pas uniquement les flux de données numériques, mais également le contenu transmis : logiciels, vidéos, streaming, services cloud, musique, jeux vidéo, plateformes numériques ou contenus dématérialisés.

Les membres signataires invitent également tous les autres membres de l’OMC souhaitant bénéficier de « conditions commerciales stables » à rejoindre ultérieurement cette initiative, avec l’objectif affiché de parvenir, à terme, à un nouvel engagement multilatéral sur le moratoire.

Les membres signataires de cette initiative sont :
– Argentine,
– Australie,
– Costa Rica,
– Équateur,
– Guatemala,
– Islande,
– Israël,
– Japon,
– République de Corée,
– Malaisie,
– Mexique,
– Nouvelle-Zélande,
– Macédoine du Nord,
– Norvège,
– Panama,
– Paraguay,
– Pérou,
– Singapour,
– Territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen et Matsu,
– États-Unis,
– Uruguay.

Le document révisé publié le 8 mai 2026 précise par ailleurs que la Macédoine du Nord et le Pérou ont été ajoutés comme co-sponsors dans cette nouvelle version du texte.

Cette initiative prolonge la dynamique enclenchée après la CM14, lorsque plusieurs membres avaient décidé de maintenir entre eux le moratoire malgré l’absence de consensus à l’échelle mondiale.

Ce mécanisme inédit marque une transformation progressive du fonctionnement de l’OMC : face aux blocages multilatéraux, des coalitions de membres avancent désormais par accords plurilatéraux ou arrangements intérimaires.

Vers une OMC numérique « à plusieurs vitesses » ?

L’évolution actuelle des discussions révèle une fracture grandissante autour du commerce électronique mondial.

D’un côté, les grandes puissances numériques – États-Unis, Japon, Singapour ou encore Australie – souhaitent préserver la libre circulation des flux numériques afin de sécuriser les activités des plateformes mondiales, du cloud computing, du streaming et des services numériques transfrontaliers.

De l’autre, plusieurs pays en développement considèrent que le moratoire limite leur capacité future à taxer l’économie numérique et à élargir leur assiette fiscale.

Même si les discussions semblent désormais s’orienter vers un compromis temporaire, le débat de fond reste entier : les transmissions électroniques doivent-elles rester définitivement exemptées de droits de douane ?

Pour l’Afrique, l’enjeu devient stratégique

Pour les pays africains, le débat dépasse désormais la simple question commerciale.

Le moratoire touche directement :
– la souveraineté numérique,
– la fiscalité du numérique,
– la capacité des États à mobiliser de nouvelles recettes,
– et leur position dans l’économie numérique mondiale.

L’échec de Yaoundé avait placé l’Afrique au cœur des fractures du commerce numérique international. Les discussions de Genève montrent aujourd’hui que le dossier est loin d’être refermé.

La prochaine réunion du Conseil général, prévue les 14 et 15 juillet 2026, pourrait devenir une étape décisive pour déterminer si le moratoire retrouvera une base multilatérale… ou si l’OMC continuera de glisser vers un modèle fragmenté où des « clubs numériques » prendront progressivement le relais du consensus mondial.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Cameroun : Avec le « Click présidentiel », Armand Claude Abanda retrace les fondements d’une inclusion numérique à grande échelle

[Digital Business Africa] – Au Cameroun, la transformation numérique ne se raconte plus uniquement à travers les infrastructures télécoms, les data centers ou les plateformes administratives. Elle s’écrit aussi dans les salles informatiques de quartiers populaires, les centres de formation communautaires et les zones rurales longtemps éloignées des usages numériques. C’est cette lecture sociale et politique du numérique que propose Armand Claude Abanda dans son nouvel ouvrage intitulé « Click présidentiel et accès TIC : l’exemple du Cameroun ».

Présenté sous le haut patronage de Chantal Biya, l’ouvrage revient sur plus d’une décennie d’initiatives orientées vers la réduction de la fracture numérique au Cameroun. À travers 18 chapitres, l’auteur analyse la manière dont les technologies de l’information et de la communication sont progressivement devenues des outils d’inclusion sociale et d’autonomisation économique.

Pour l’auteur, cette dynamique repose avant tout sur une impulsion politique venue du sommet de l’État. Le concept de « Click présidentiel » renvoie ainsi au geste symbolique du Président de la République lors de plusieurs visites dans des établissements scolaires et espaces de formation numérique. Un symbole que l’auteur présente comme le déclencheur d’une vision plus large de démocratisation des TIC.

« L’avenir numérique de cette jeunesse est lié à la volonté d’abord du Président de la République, et puis avec l’accompagnement de son illustre épouse… le Président a demandé aux jeunes et aux femmes de s’arrimer à la modernité », souligne Armand Claude Abanda.

Au cœur de cette stratégie figure également l’opération « 100 000 femmes horizon 2012 », considérée comme l’un des principaux programmes d’initiation numérique à vocation sociale au Cameroun. Selon les chiffres avancés dans l’ouvrage, l’initiative a finalement permis de former 103 350 femmes aux usages de base des outils numériques.

Initialement concentré dans les grands centres urbains comme Yaoundé et Douala, le programme s’est progressivement étendu vers des localités rurales, avec pour ambition de rapprocher les populations des services digitaux et des opportunités offertes par l’économie numérique.

L’auteur insiste d’ailleurs sur le fait que ces formations ne visaient pas nécessairement à produire des ingénieurs ou des spécialistes des TIC, mais plutôt à diffuser une culture numérique minimale capable de faciliter l’inclusion administrative, économique et sociale.

« On ne les forme pas pour qu’ils deviennent ingénieurs en 40 heures de cours… On les forme pour avoir la culture digitale. Et c’est cette maîtrise de l’outil informatique qui leur permettra donc de mieux utiliser les services digitaux… pour être autonomes », explique-t-il.

Au-delà du discours politique, l’ouvrage tente également d’apporter une dimension documentaire et institutionnelle à cette trajectoire numérique. La présence de contributions et de signatures issues de plusieurs administrations publiques, notamment le DCC, le MINPROFF et le MINFOPRA, vient illustrer le caractère transversal que prennent désormais les TIC dans les politiques publiques camerounaises.

À travers cet essai, Armand Claude Abanda met finalement en avant une idée centrale : la réussite d’une stratégie numérique nationale ne se mesure pas uniquement à la qualité des infrastructures, mais surtout à la capacité des populations à s’approprier les outils digitaux dans leur quotidien.

Par Loic SOUOP

Sénégal : Selon l’APS, 70 Go de données de la DGCPT sont exposées sur le darkweb, le Trésor public rassure les usagers

[DIGITAL Business Africa] – La transformation numérique sénégalaise n’est pas sans conséquence. Une cyberattaque de plus. Peut-être de trop. La Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor a été ciblée par une cyberattaque.

« Dès la détection de l’incident, des mesures conservatoires ont été prises conformément à son plan de continuité d’activité.

La Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor rassure et remercie les usagers pour leur compréhension et leur patience », a communiqué le Trésor public.

Si le Trésor public n’a pas précisé la nature de l’incident ni l’étendue exacte des perturbations enregistrées

annoncé que la situation a été maîtrisée dès la détection de l’incident ce 10 mai 2026, plusieurs sources, dont l’Agence de presse sénégalaise sur ses plateformes numériques, affirment que 70 Go de données sensibles déjà exposées sur le dark web.

Avant cette attaque, plusieurs autres ont ciblé des structures publiques sénégalaises. Notamment la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) et la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID).

La DAF, organe clé du ministère de l’Intérieur responsable de l’état civil et de la production des cartes nationales d’identité, avait été piégée début février 2026 par un ransomware, entraînant une suspension de la production des cartes. Le groupe cybercriminel « The Green Blood » a affirmé avoir exfiltré 139 téraoctets de données.

Cela incluait des informations biométriques, des données personnelles de la population et des documents d’immigration. Avec pour corollaire la publication de données personnelles de millions de citoyens sur le dark web.

Quelques mois plus tôt. Plus précisément, début octobre 2025, la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) était victime d’une intrusion informatique, paralysant les services de déclaration fiscale et de paiement en ligne.

Le groupe « Black Shrantac » avait affirmé détenir 1 To de données fiscales et financières d’individus et d’entreprises, menaçant de les divulguer contre une rançon. Comme mesure, la DGID a temporairement suspendu ses services numériques pour sécuriser ses réseaux, éteignant les ordinateurs, avant un rétablissement progressif.

Par Jean Materne Zambo, source : APS, Trésor public

Nigéria : Le gouvernement fédéral veut former 50 000 jeunes au numérique, dont 5 000 certifiés à l’ international et prêts à l’emploi

[DIGITAL Business Africa] Ayodele Olawande, 37 ans, ministre du Développement de la jeunesse, connaît peut-être mieux les défis de la jeunesse. Parmi ces défis : le chômage. Conscient de ces fléaux à l’origine de la fuite des cerveaux dans plusieurs pays africains, Ayodele Olawande n’a eu de cesse d’ intensifier ses efforts pour autonomiser les jeunes Nigérians depuis sa nomination en 2023.

La récente initiative est ce partenariat historique signé avec la Digital School (TDS), soutenu par le gouvernement des Émirats arabes unis, le 7 mai 2026. Il vise à former 50 000 jeunes Nigérians aux compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Cela grâce au soutien de la Digital School (TDS), mise en œuvre en collaboration avec la National Information Technology Development Agency (NITDA) et le National Youth Service Corps (NYSC).

Le ministre a souligné que cette initiative devrait permettre de former au moins 5 000 jeunes certifiés internationalement et prêts à l’emploi au cours des six premiers mois de sa mise en œuvre.

« Grâce à notre partenariat avec The Digital School et le gouvernement des Émirats arabes unis, nous ne nous contentons pas de former les jeunes ; nous les préparons aux opportunités mondiales, qu’ils choisissent de travailler à distance ou à l’international. »

« Pendant trop longtemps, de nombreux jeunes Nigérians, notamment ceux du secteur informel, ont été exclus des opportunités structurées. Cette administration s’engage à faire en sorte qu’aucun jeune ne soit laissé pour compte. »

« Notre rôle en tant que gouvernement est de créer un environnement favorable où les jeunes peuvent s’épanouir, innover et contribuer de manière significative au développement national. »

« La transparence et le mérite sont au cœur de tous nos programmes. L’accès aux opportunités ne devrait pas dépendre de vos relations, mais de vos capacités et de votre volonté de progresser. », a indiqué Ayodele Olawande.

La directrice de l’information et des relations publiques, Omolara Esan, a déclaré que le ministre Ayodele Olawande avait également mis en avant les collaborations sectorielles du ministère, notamment son partenariat avec l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), visant à stimuler la participation des jeunes à l’agriculture.

Omolara Esan a ajouté que ces mesures sont complétées par des programmes élargis dans le cadre de l’Académie nigériane de la jeunesse et d’autres initiatives clés d’autonomisation des jeunes.

Selon la même source, le gouvernement étend ses programmes de stages, d’économie collaborative et de soutien aux start-ups afin d’atteindre un plus grand nombre de bénéficiaires à travers le pays, tout en intensifiant ses efforts pour promouvoir l’alphabétisation numérique des jeunes.

Par Jean Materne Zambo

Télécoms : le Cameroun s’inspire du modèle nigérian pour moderniser sa régulation numérique

[DIGITAL Business Africa] – Le rapprochement entre les régulateurs africains des télécommunications franchit une nouvelle étape. Dans le cadre du renforcement de la coopération régionale et du partage des meilleures pratiques réglementaires, le Directeur général de l’Agence de Régulation des Télécommunications du Cameroun (ART), le Pr Philemon Zoo Zame, a conduit le 06 mai 2026 une délégation camerounaise à Abuja pour une visite de travail et de benchmarking auprès de la Nigerian Communications Commission (NCC).

La délégation de l’ART a été reçue par Aminu Maida, Executive Vice Chairman et Chief Executive Officer de la NCC. Dès la cérémonie d’ouverture, les responsables des deux institutions ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération, de partage d’expertise et de collaboration entre les régulateurs africains face aux nouveaux défis du numérique.

Les discussions ont porté sur plusieurs sujets stratégiques liés au développement de l’économie numérique et à la mARodernisation de la régulation des télécommunications en Afrique. Les deux institutions ont notamment échangé sur la cybersécurité, la gestion du spectre des fréquences, le développement des infrastructures numériques, la protection des consommateurs ainsi que les mécanismes de conformité et d’application des réglementations.

Les travaux techniques ont également permis d’aborder des thématiques plus spécifiques telles que l’encadrement réglementaire des services commerciaux innovants, la sécurité des services satellitaires, la protection des consommateurs dans les nouveaux modèles de réseaux non traditionnels, ainsi que l’adoption de codes de bonnes pratiques pour les opérateurs. Des sujets qui s’inscrivent dans la stratégie de la NCC visant à adapter la régulation aux évolutions rapides du secteur des télécommunications et des services numériques.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, Aminu Maida et Philemon Zoo Zame ont également défini les objectifs et les orientations des différentes sessions de travail. La rencontre a par ailleurs été marquée par un échange symbolique de présents entre les deux institutions, illustrant la volonté commune de bâtir un partenariat durable entre le Cameroun et le Nigeria dans le domaine de la régulation numérique.

Pour la NCC, le renforcement des partenariats régionaux constitue aujourd’hui un levier essentiel pour accompagner la croissance numérique du continent africain. Aminu Maida a ainsi rappelé que la coopération entre régulateurs africains demeure indispensable pour développer des réseaux de communication résilients, renforcer la sécurité des services numériques et élargir l’accès des populations aux opportunités offertes par le digital.

De son côté, Philemon Zoo Zame a salué les progrès réalisés par le Nigeria dans le secteur des télécommunications ainsi que l’expérience réglementaire développée par la NCC. Selon lui, cette visite représente une opportunité importante pour l’ART d’observer des modèles réglementaires éprouvés et d’identifier des pistes d’amélioration susceptibles de renforcer davantage les pratiques institutionnelles au Cameroun.

Cette mission intervient dans un contexte où les autorités africaines de régulation cherchent à harmoniser davantage leurs cadres réglementaires afin de mieux accompagner l’innovation technologique, les nouveaux services numériques et l’essor des économies digitales africaines. Elle témoigne également de l’importance croissante accordée à la coopération Sud-Sud dans la construction d’un écosystème numérique africain plus intégré, sécurisé et compétitif.

À l’heure où l’intelligence artificielle, les services satellitaires, les plateformes numériques et les nouveaux modèles de connectivité transforment profondément le paysage des télécommunications, ce type d’initiative pourrait contribuer à accélérer l’émergence d’une gouvernance numérique africaine plus coordonnée et adaptée aux réalités du continent.

Par Digital Business Africa

100 jours de Djibril Ouattara : une méthode, sept priorités et un cap pour transformer le numérique ivoirien

[DIGITAL Business Africa] – Nommé ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire le 23 janvier 2026 par le président Alassane Ouattara au sein du gouvernement dirigé par Robert Beugré Mambé, Djibril Ouattara a publié, le 6 mai 2026 sur Facebook, un message marquant le cap symbolique de ses 100 premiers jours à la tête du département ministériel.

Dans cette publication largement relayée sur les réseaux sociaux, le ministre affiche une méthode qu’il veut pragmatique : écouter avant d’agir, comprendre avant de promettre. « Il y a ceux qui annoncent. Et ceux qui construisent. J’ai choisi de construire », écrit-il, insistant sur la nécessité de privilégier des actions concrètes plutôt que des effets d’annonce.

Une posture qui traduit la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer la transformation numérique du pays dans un contexte africain marqué par une compétition croissante autour des infrastructures numériques, de l’innovation et de l’intelligence artificielle.

Cent jours après sa prise de fonction à la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de Côte d’Ivoire dresse le bilan de ses premiers mois aux commandes du secteur numérique ivoirien et esquisse les grandes priorités qui devraient guider l’action publique dans les prochaines années.

Dans un ton sobre et orienté résultats, Djibril Ouattara affirme avoir privilégié l’immersion au sein des principales structures de l’écosystème numérique ivoirien depuis son arrivée au gouvernement. Il cite notamment des séances de travail avec plusieurs institutions stratégiques telles que l’ARTCI, la SNDI, l’ANSUT, l’ANSSI, l’AIGF, l’ESATIC, l’VITIB ou encore La Poste de Côte d’Ivoire.

Sept priorités stratégiques pour accélérer la transformation numérique

Le ministre structure désormais son action autour de sept piliers qu’il considère comme essentiels pour bâtir une économie numérique plus compétitive et inclusive en Côte d’Ivoire.

Le premier concerne le renforcement de la connectivité. Dans un pays où l’accès au haut débit demeure encore inégal selon les territoires, l’enjeu consiste à étendre davantage les infrastructures numériques et améliorer l’accès des populations aux services numériques.

La deuxième priorité porte sur l’accélération de la digitalisation des services publics. Cette orientation rejoint une dynamique observée dans plusieurs pays africains cherchant à moderniser l’administration publique afin de réduire les lenteurs bureaucratiques, améliorer la transparence et rapprocher les services des citoyens.

Le soutien à l’innovation et aux startups figure également parmi les axes stratégiques annoncés. La Côte d’Ivoire ambitionne depuis plusieurs années de renforcer son attractivité pour les entrepreneurs technologiques et les investisseurs du numérique, notamment à travers des structures comme le VITIB ou des programmes dédiés à l’innovation.

Autre chantier prioritaire : la cybersécurité. Face à la montée des cybermenaces sur le continent, le gouvernement ivoirien entend renforcer la résilience de ses systèmes d’information et protéger davantage les données des institutions, des entreprises et des citoyens.

Le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales apparaît aussi comme un signal fort. Alors que plusieurs pays africains commencent à élaborer leurs stratégies nationales en matière d’IA, la Côte d’Ivoire semble vouloir éviter une simple consommation passive des technologies étrangères pour promouvoir des usages répondant aux besoins locaux.

La modernisation des services postaux fait également partie des ambitions affichées. Dans plusieurs pays africains, les postes publiques cherchent aujourd’hui à se repositionner comme acteurs de services financiers, logistiques et numériques.

Enfin, le renforcement des compétences numériques est présenté comme un levier indispensable pour accompagner la transformation du pays. La question de la formation demeure en effet centrale dans un contexte où les besoins en talents numériques augmentent rapidement sur le continent.

Une stratégie de proximité numérique à travers les réseaux sociaux

Au-delà des réformes institutionnelles et des projets structurants, Djibril Ouattara mise également sur une communication de proximité pour accompagner la transformation numérique ivoirienne. Le ministre est désormais actif sur plusieurs plateformes sociales, notamment Facebook, Instagram , Tiktok, LinkedIn et X.

« Le numérique se construit aussi dans la proximité », souligne la communication autour de cette présence digitale renforcée. À travers ces plateformes, le ministre entend partager plus régulièrement les actions engagées, les projets en cours et les ambitions numériques de la Côte d’Ivoire, tout en favorisant les échanges avec les citoyens, les jeunes, les startups et les professionnels du secteur.

Cette approche traduit une évolution des pratiques de communication publique en Afrique, où les responsables gouvernementaux utilisent de plus en plus les réseaux sociaux comme outils de transparence, de pédagogie et de mobilisation autour des politiques publiques numériques.

Une approche inspirée du secteur privé

Fort de ses 35 années d’expérience dans le secteur privé, Djibril Ouattara défend une approche fondée sur « la méthode, le travail et une vision claire ». Une manière de souligner son attachement à une gouvernance orientée performance et exécution.

Cette communication intervient également dans un contexte où plusieurs gouvernements africains cherchent à accélérer leurs politiques de transformation numérique afin de stimuler la croissance économique, attirer les investissements et améliorer l’efficacité des services publics.

En ouvrant le débat sur Facebook autour des priorités numériques de la Côte d’Ivoire, le ministre semble aussi vouloir instaurer une relation plus directe avec les citoyens et les acteurs de l’écosystème technologique.

Au-delà du bilan des « 100 jours », cette sortie publique donne surtout un aperçu des grands chantiers numériques qui devraient marquer les prochaines années en Côte d’Ivoire.

Une dynamique qui résonne avec les débats continentaux autour de l’e-gouvernance, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la souveraineté numérique, autant de thématiques qui seront également au cœur du salon E-Gov’A 2026, prévu à Yaoundé au Cameroun du 14 au 16 octobre 2026 autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».

Par Digital Business Africa

Sommet Africa Forward : Renforcer la compétitivité dans le domaine du numérique

Tribune de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Sylvain Riquier, Ambassadeur de France au Cameroun

Près de dix ans après le discours du Président de la République française Emmanuel Macron à Ouagadougou, qui a posé les bases d’un renouvellement des relations entre la France et les pays africains, le Kenya et la France coorganisent le sommet Africa Forward les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi.

Ce qui est visé, ce sont des relations partenariales fondées sur des intérêts partagés et des résultats concrets. Ainsi, depuis neuf ans, de nombreuses initiatives ont été mises en œuvre : fin de notre présence militaire permanente et fermeture des bases au Sénégal, au Tchad, au Gabon et en Côte d’Ivoire privilégiant les actions de formation (21 écoles nationales à vocation régionale) ; soutien à la représentativité du continent africain dans les instances internationales ; mobilisation de nos partenaires avec l’organisation de sommets en faveur de l’essor économique du continent (Conférence sur le financement des économies africaines en 2021 et Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte financier mondial en 2023), de la lutte contre le réchauffement climatique (One Forest Summit au Gabon en 2023), du renforcement de la souveraineté alimentaire (initiative Food & Agriculture Resilience Mission en 2022), ou encore de la production de vaccins en Afrique (Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinale en 2024).

De la même manière, la France a su regarder son passé colonial en face, avec la volonté d’avancer dans un esprit de dialogue. Le travail de mémoire sur les actions de l’Etat et de l’administration française a été lancé partout où il était souhaité, comme au Rwanda et au Sénégal, avec un mouvement sans précédent sur les questions de restitution des biens culturels dans plusieurs autres pays au Bénin, en Algérie, au Sénégal, à Madagascar et en Côte d’Ivoire. Au Cameroun, des actes historiques ont été posés. La reconnaissance de la guerre du Cameroun par le président de la République française a marqué une étape issue d’un travail historique porté par des chercheurs des deux pays.

L’engagement de la France se traduit par des actions concrètes, répondant aux priorités du Cameroun. Il repose sur un choix clair : investir dans des projets structurants qui soutiennent la croissance de long terme et renforcent l’indépendance économique du Cameroun. La modernisation des infrastructures urbaines en est un pilier, à travers le programme « Capitales régionales » et le projet « Yaoundé Cœur de Ville », qui contribuent à améliorer la mobilité et la qualité de vie des citadins. Dans le domaine énergétique, notre coopération accompagne des transformations décisives : notre appui au déploiement de l’éclairage public dans les grandes villes, ainsi que le barrage de Nachtigal, pleinement fonctionnel et capable de couvrir un tiers des besoins énergétiques du Cameroun, marquent une avancée majeure pour la production électrique du pays.

Dans le secteur agricole, plusieurs programmes structurants accompagnent les acteurs de terrain : le programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (ACEFA) a déjà soutenu plus de 300 000 exploitations ; le programme d’appui à la formation professionnelle (AFOP) a permis l’insertion de 17 000 jeunes dans les métiers agricoles ; le programme national de développement participatif (PNDP) a généré plus de 4 500 emplois en zone pastorale.

En matière de santé, la coopération franco-camerounaise s’inscrit dans les priorités nationales : le programme C2D Santé II soutient notamment l’accès aux soins des femmes enceintes. Le projet RESINA contribue à répondre davantage aux besoins nutritionnels, notamment pour les mères dans les zones les moins connectées. Le déploiement du chèque santé appuyé par l’AFD ouvre aussi l’accès aux soins, notamment aux Femmes dans les régions prioritaires.

L’engagement de la France au Cameroun se veut résolument bénéfique à la jeunesse et à la société civile. Des initiatives en faveur de la formation et de l’insertion professionnelles, comme le programme Form Pro 237, apportent un appui à l’innovation et à l’entrepreneuriat, avec le fonds Start-Up 237, qui a déjà accompagné plus d’une centaine de porteurs de projets. Cet engagement passe également par le sport et la culture : le programme « Pépites du Cameroun » soutient les talents sportifs de demain et « MBOA Jeunes Créatifs » valorise une jeunesse dynamique.

Le sommet Africa Forward, accueilli à Nairobi les 11 et 12 mai, est l’occasion de démontrer l’action de la France, du Kenya et des pays africains pour accélérer les investissements croisés, tout en construisant et en finançant des solutions concrètes aux défis communs. Parmi les thèmes centraux, beaucoup font écho au partenariat franco-camerounais : renforcement des systèmes de santé, souveraineté alimentaire, compétitivité dans le domaine du numérique, accès à l’énergie et connectivité. Ce sommet illustre de la richesse et de la diversité des relations entre le continent africain et la France, qui se tissent autour d’une pluralité d’acteurs – Etats, entreprises, jeunesses, artistes, diasporas, avec une place centrale accordée aux jeunesses et au secteur privé.

Le sommet, ancré dans l’action et construit avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement du continent, permettra de consolider les liens qui unissent l’Afrique et la France, et de nouer des partenariats tournés vers l’avenir.

Les 10ᵉ Journées camerounaises de santé numérique pour l’avancement de la couverture santé universelle

[DIGITAL Business Africa] – Et si chaque Camerounais pouvait accéder sans risque financier aux soins dont il a besoin ? Le rêve peut devenir réalité grâce aux retombées des 10ᵉ journées camerounaises de la santé numérique qui ont été s’achèvent ce 8 mai 2026 à Yaoundé. Trois jours durant, le gratin de la santé nationale et internationalee s’est réuni pour examiner le système de santé camerounais à la peine.

En raison de nombreux obstacles comme les effectifs pléthoriques de patients ou encore l’absence de connexion internet, l’illettrisme numérique, la vétusté des équipements

L’événement met l’accent sur le rôle crucial du numérique dans l’avancement de la Couverture santé universelle (CSU) au Cameroun. Il est placé sous le thème « Santé numérique et mise en œuvre de la couverture santé universelle : expériences, défis, opportunités et perspectives au Cameroun ».

Il est organisé par la Société camerounaise de santé numérique (Socasan) conjointement avec la Société camerounaise d’informatique médicale (Socim) et en étroite collaboration avec les départements ministériels en charge de la santé publique, des TIC et de l’enseignement supérieur,

Les objectifs principaux de ces 10ᵉ journées de la santé numérique incluent le rôle du numérique dans l’avancement de la Couverture santé universelle (CSU), la présentation du nouveau Plan stratégique national de santé numérique 2026-2030, officiellement lancé en mars 2026, et la modernisation du système de santé pour améliorer l’accès aux soins.

Le professeur Georges Wylfred Bediang, spécialiste de la santé publique et de l’informatique médicale et président de la Société camerounaise de santé numérique (Socasan), a souligné l’importance de ce plan pour la transformation du système de santé, en relevant surtout l’impact négatif de « la fracture numérique » qui, selon lui, « devient une réalité douloureuse pour des millions de personnes qui n’ont pas accès au numérique. »

On se souvient que le gouvernement camerounais a officiellement lancé, le 4 mars 2026 à Yaoundé, son Plan stratégique national de santé numérique (PSNSN) 2026-2030. Doté d’un budget de 29 milliards FCFA (44 millions €), le nouveau plan stratégique de santé numérique 2026-2030 vise à améliorer l’accès aux soins, la gestion des données médicales et la coordination des services.

Par Jean Materne Zambo

Burundi : le gouvernement accélère la numérisation de l’état civil et prépare une carte d’identité biométrique

[Digital Business Africa] – Le Burundi poursuit sa transition vers une administration publique numérisée. Le gouvernement burundais a officiellement présenté, le 6 mai dernier, une plateforme numérique destinée à la gestion des documents administratifs ainsi qu’à la production d’une nouvelle carte nationale d’identité biométrique.

Porté par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, ce projet vise à moderniser un système d’état civil encore largement dominé par des procédures manuelles, souvent critiquées pour leur lenteur et leurs limites en matière de sécurisation des données.

Pour Valentin Nahimana, cette réforme numérique était en préparation depuis plusieurs années. Sa concrétisation a toutefois nécessité une révision du cadre réglementaire existant, notamment certaines dispositions du code de la famille qui imposaient encore l’enregistrement manuel des actes d’état civil.

L’adaptation de ce dispositif juridique devait permettre l’intégration des outils numériques dans les mécanismes administratifs et ouvrir la voie à une gestion centralisée et modernisée des données d’identité.

Au cœur du projet figure la future carte nationale d’identité biométrique. Celle-ci intégrera plusieurs dispositifs de sécurité visant à limiter les risques de fraude, de falsification et d’usurpation d’identité. Les autorités prévoient également l’attribution d’un numéro d’identification unique qui pourra être utilisé comme référence dans d’autres documents officiels, notamment les passeports et différents services administratifs.

À travers cette initiative, le gouvernement burundais cherche à renforcer la fiabilité de l’identification des citoyens tout en améliorant l’efficacité des services publics. Le programme prévoit notamment la numérisation complète des actes d’état civil, jusqu’ici majoritairement conservés sous format papier, ainsi que la mise en place d’un système d’identification aligné sur les standards internationaux.

Sur le plan opérationnel, les autorités indiquent que les infrastructures techniques nécessaires sont quasiment achevées. Le lancement effectif du système reste cependant conditionné à l’adoption du décret réglementaire devant encadrer officiellement son exploitation.

Le projet devra néanmoins faire face à plusieurs contraintes structurelles, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’électricité et à Internet demeure limité. Selon les données publiées par DataReportal, le taux de pénétration d’Internet au Burundi atteignait seulement 11,1 % à la fin de l’année 2025, figurant parmi les plus faibles niveaux enregistrés en Afrique subsaharienne.

Au-delà de la délivrance d’une simple pièce d’identité, cette réforme apparaît comme une étape stratégique dans la transformation numérique de l’administration burundaise. Les autorités misent sur ce chantier pour améliorer la gouvernance publique, fluidifier l’accès aux services administratifs et jeter les bases d’un écosystème numérique plus intégré et sécurisé.

Par Loic SOUOP

Cameroun : ARABSOFT, C2D, ORADIST et DBS décrochent le SIGIT, le futur système numérique des impôts à plus de 4,7 milliards de F.CFA

[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun s’apprête à tourner une nouvelle page dans la digitalisation de son administration fiscale. Après plusieurs années de fonctionnement de plateformes comme FISCALIS, Harmony, OTP (Online Tax Payment), E-Billing ou encore les systèmes de télédéclaration des DSF, la Direction générale des Impôts (DGI) va progressivement migrer vers un nouveau Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Ce futur dispositif, appelé à remplacer et unifier les outils actuellement utilisés par l’administration fiscale camerounaise, sera développé sur une période de 24 mois dans le cadre d’un marché de plus de 4,7 milliards de FCFA attribué à un consortium regroupant ARABSOFT (Tunisie), C2D (Canada), ORADIST (Tunisie) et DBS (Cameroun).

Par une décision signée le 10 avril 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a attribué le marché relatif à la conception, à la fourniture et à l’installation d’un Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT), un projet stratégique appelé à transformer durablement la collecte et la gestion des recettes fiscales dans le pays.

Selon la décision N°00000294/D/MINFI/DGI/DAG/SDBME/SB, publiée dans le système intégré de gestion ouvert et multiplateforme des marchés publics de l’Agence de Régulation des Marchés Publics, le marché a été attribué au groupement ARABSOFT (Tunisie) / C2D (Canada) / ORADIST (Tunisie) / DBS (Cameroun).

Près de 4,7 milliards de F.CFA

Le montant hors taxes du contrat s’élève à 5 997 400 euros, soit environ 3,9 milliards de FCFA, pour un montant TTC de 7 151 899,50 euros, correspondant à près de 4,7 milliards de FCFA. Le délai d’exécution retenu est de 24 mois.

À travers ce projet, le gouvernement camerounais ambitionne de renforcer l’efficacité de l’administration fiscale, d’améliorer la traçabilité des opérations, de fluidifier la collecte des impôts et taxes, mais également de réduire les risques de fraude et les lenteurs administratives. Ce futur SIGIT devrait permettre la centralisation intelligente des données fiscales, l’automatisation de plusieurs procédures et une meilleure interaction entre l’administration et les contribuables.

L’attribution de ce marché intervient dans un contexte où plusieurs États africains accélèrent la digitalisation de leurs régies financières afin d’accroître leurs recettes internes et de moderniser leurs services publics.

Pour le Cameroun, cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes de transformation numérique de l’État, notamment dans les domaines des finances publiques, de la dématérialisation administrative et de la gouvernance électronique.

Le projet bénéficie également de l’implication de la coopération financière allemande à travers la KfW, dont la non-objection du 7 avril 2026 a permis de finaliser le processus d’attribution après l’évaluation financière de deuxième étape. Cette dimension internationale illustre l’importance accordée à la fiabilité technique et à la transparence dans la conduite du projet.

Quelles sont les entreprises du groupement retenues pour le SIGIT du Cameroun ?

ARABSOFT (Tunisie)

Entreprise tunisienne spécialisée dans le développement de logiciels de gestion et de solutions numériques pour les administrations publiques. Fondée en 1985, ARABSOFT dispose d’une solide expérience dans les systèmes de gestion fiscale et les plateformes de digitalisation des finances publiques en Afrique et au Moyen-Orient.

C2D Services (Canada)

Cabinet canadien de conseil basé à Montréal, spécialisé dans la modernisation des administrations publiques, les réformes fiscales et les systèmes intégrés de gestion publique. L’entreprise collabore régulièrement avec des bailleurs internationaux tels que la Banque mondiale, la BAD ou encore la KfW.

ORADIST (Tunisie)

Intégrateur technologique tunisien fondé en 1998, ORADIST est spécialisé dans les solutions Oracle, les infrastructures numériques, les bases de données et les systèmes critiques de gestion. L’entreprise accompagne plusieurs projets de transformation digitale en Afrique.

 

DBS – Development Business Services SARL (Cameroun)

Entreprise camerounaise active dans les technologies de l’information et les services numériques. DBS apporte au consortium une présence locale stratégique pour le déploiement, l’assistance technique et le support opérationnel du futur système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT).

Un consortium à forte coloration internationale

Le consortium retenu par le MINFI combine donc :

  • une expertise tunisienne en logiciels fiscaux et intégration Oracle ;
  • une expertise canadienne en réforme des finances publiques ;
  • une présence opérationnelle locale camerounaise.

Ce type de consortium hybride est fréquent dans les grands projets publics de transformation numérique, financés ou supervisés avec l’appui de partenaires internationaux tels que la KfW.

Le Cameroun rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les plateformes intégrées d’administration fiscale afin :

  • d’améliorer la mobilisation des recettes internes ;
  • de renforcer la transparence ;
  • de réduire les fraudes ;
  • et d’accélérer la digitalisation des services publics.
SIGIT, dépasser les limites des plateformes actuelles

Au regard des acquis actuels de la DGI en matière de digitalisation, le futur SIGIT semble justement vouloir dépasser les limites des plateformes actuelles :

  • multiplicité des systèmes ;
  • cloisonnement des données ;
  • architecture vieillissante pour certains modules ;
  • difficulté d’interconnexion ;
  • expérience utilisateur encore perfectible ;
  • besoin d’analyse intelligente des données fiscales ;
  • nécessité d’intégrer davantage l’intelligence artificielle, les paiements numériques et l’automatisation.

Le nouveau système devrait donc probablement :

  • fusionner plusieurs plateformes existantes ;
  • centraliser les données fiscales ;
  • automatiser davantage les contrôles ;
  • améliorer l’interconnexion avec les banques, douanes, Trésor et administrations publiques ;
  • renforcer le pilotage des recettes de l’État.

En réalité, le Cameroun ne part donc pas de zéro : la DGI dispose déjà d’une base numérique relativement solide et avancée en Afrique centrale. Le SIGIT apparaît davantage comme une nouvelle génération de systèmes intégrés destinés à moderniser, à unifier et à industrialiser l’ensemble de l’écosystème fiscal numérique camerounais.

Le futur système pourrait ainsi devenir un levier majeur pour renforcer la performance fiscale du Cameroun, à l’heure où les administrations africaines cherchent à bâtir des services publics plus efficaces, interconnectés et orientés vers le numérique.

Une ambition qui rejoint directement les grands débats actuels autour de l’e-gouvernance et de la transformation digitale des États africains, au cœur notamment du salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sur le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ». Un événement organisé par Digital Business Africa et l’association Smart Click Africa, sous le patronage du ministère des Postes et Télécommunications.

Par Digital Business Africa