[Digital Business Africa] – Au Sénégal, passé la phase des débats, le parlement a adopté le 30 juin 2020 un texte qui fait du bracelet électronique une alternative à la prison ferme. Si pour l’instant aucune date n’a été annoncée pour son entrée en vigueur, le ministère de la Justice indique que son application interviendra “dans les six mois”, soit avant la fin de l’année en cours de 2020.
De manière générale, avec cette disposition, les autorités souhaitent décongestionner les prisons surpeuplées du pays, en offrant des restrictions de libertés dans des cas de peines presque purgées, ou des alternatives à la détention provisoire. Seulement, cette mesure ne concerne pas les personnes condamnées pour “viol, pédophilie et trafic de drogue”.
Le Sénégal devrait recourir avant la fin de l’année au bracelet électronique comme alternative à la détention pour désengorger ses prisons, après l’adoption d’un texte en ce sens par le Parlement, a indiqué mardi un responsable du ministère de la Justice. ‘‘L’introduction du bracelet est destinée à humaniser le milieu carcéral et offrir au condamné une étape intermédiaire avant qu’il ne retourne à la vie civile’’, explique le député de la majorité, Djiby War.
Seulement, le projet qui date de 2018 avait suscité plusieurs réticences de la part d’organisations de la société civile, notamment en raison des interrogations sur les capacités techniques et matérielles du Sénégal à appliquer et contrôler rigoureusement ce système. Mais également sur une équité entre les justiciables qui en bénéficieront ou pas et sur la crainte que l’introduction du bracelet électronique ne vienne obstruer le problème de fond qu’est le recours disproportionné au mandat de dépôt.
[Digital Business Africa] – En Espagne, trente-quatre personnes impliquées dans l’exportation illégale vers le Nigeria et sept autres pays d’Afrique de 2.500 tonnes de déchets d’appareils électriques et électroniques dangereux ont été ont été arrêtées, a annoncé, ce lundi 29 juin, la Garde civile espagnole.
La Garde civile qui annonce cette information dans un communiqué précise que l’opération a été menée en collaboration avec l’agence européenne de police Europol. L’enquête a établi qu’entre 2018 et 2019, 138 transferts illégaux de déchets dangereux ont été effectués de Tenerife vers des pays africains suivants : Sénégal, Ghana, Gambie, Togo, Bénin, Guinée Conakry, Sierra Leone et Nigeria, pays le plus ciblé.
Les suspects, pour la plupart de nationalité ou d’origine africaine, ont été arrêtés à Tenerife et Grande Canarie, deux îles de l’archipel espagnol des Canaries, dans l’Océan Atlantique, apprend-on.
Danger pour la santé
D’après l’enquête, une Italienne de 62 ans était chargée de transmettre les documents nécessaires à la douane, en falsifiant les certificats pour faire croire que ces appareils fonctionnaient parfaitement. Ce qui n’était pas le cas. Selon les enquêteurs espagnols, ces déchets électroniques parvenaient entre des mains d’enfants qui en extrayaient de l’aluminium et du cuivre. Déchets qui contenaient malheureusement des substances dangereuses pour l’environnement et nocives pour la santé humaine.
Généralement, une fois en Afrique, après avoir extrait de ces déchets électroniques l’aluminium et le cuivre, les carcasses sont détruits ou brulés. Or, selon les experts, brûler, détruire ou mener ces déchets électroniques à la décharge ne signifie ni plus ni moins que mettre de côté un problème dont devront s’occuper les générations futures.
Le groupe suisse SGS explique par exemple que plus de 1 000 substances présentes dans les déchets électroniques sont libérées dans l’écosystème, notamment le plomb, le cadmium et le mercure et constituent une menace tant pour les pays africains que pour leurs habitants, compte tenu des graves problèmes que cela pourrait causer en matière de santé et d’environnement, aussi bien aujourd’hui que demain.
L’Afrique destination des déchets électroniques
L’on se rappelle qu’en février 2018, l’ONG Basel Action Network (BAN) avait publié une enquête baptisée Holes in the Circular Economy: WEEE Leakage from Europe, qui indiquait que l’Europe exporte illégalement 352 474 tonnes de déchets électroniques par an dans le monde, soit l’équivalent, de 2,5 milliards de smartphones !
Et l’enquête qui avait inséré des outils de tracking des appareils électroniques défectueux précisait bien que l’Afrique était de loin la région du monde la plus ciblée par les exportateurs de déchets électroniques de l’UE. Des volontaires de l’ONG avaient en effet déposé 314 ordinateurs, écrans plats, et imprimantes équipés d’un tracker GPS dans des points de collectes agréés dans 10 pays européens.
Car d’après l’étude, le continent avait reçu sept unités exportées (5 vers le Nigeria, 1 vers le Ghana et 1 vers la Tanzanie) d’équipement traqué (64% des envois quittant l’UE).
Les exportations illégales de déchets dangereux en provenance de l’UE se sont dirigées vers les pays en développement que sont le Nigeria, le Ghana, la Tanzanie, l’Ukraine, le Pakistan, la Thaïlande et Hong Kong, avait révélé l’étude.
Les exportations des déchets électroniques par pays. Source : BAN. Holes in the Circular Economy: WEEE Leakage from Europe.
La porosité des Etats africains en matière d’accueil de ces déchets électroniques réside également dans le fait que les tous les Etats africains ne disposent pas toujours des mécanismes efficaces de contrôle de l’état des équipements importés d’Europe. Il faut ajouter à cela le manque des moyens, de ressources et/ou outils pour recourir à des inspecteurs portuaires et à des techniques de suivi GPS.
SGS Renovo
Face à ces déficits et face au manque des techniques de destruction de ces déchets électroniques en respectant les normes environnementales et de santé, comme le propose les experts, le groupe suisse SGS SA a mis en place le programme Renovo® qui a déjà démarré et/ou validé au Ghana, en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Burkina Faso.
SGS à travers SGS Renovo®, propose aux pays africains de concevoir, de planifier et de mettre en place un système autofinancé de gestion des déchets à grande échelle pour les pays. Cela passe par la collecte d’une éco-redevance anticipée. Le service couvre toutes les étapes : de la production à la récupération, du recyclage à l’élimination durable des déchets.
Dans ce programme, SGS se propose également, grâce au partenariat signé avec deux entités des Nations Unies (l’ONUDI et l’UNITAR), de former et d’encadrer le personnel local nécessaire pour traiter tous les types de déchets (appareils électriques et électroniques, pneus usagés et véhicules arrivés en fin de vie).
Ce qui permettra par ricochet la création de nouveaux emplois, mais également la création d’un nouveau secteur générateur de recettes et d’une base solide permettant d’accroître la sensibilisation aux comportements écologiques et au recyclage. « Le tout, pour donner lieu à une croissance significative », explique le groupe.
Moïse YAKAN, Directeur Régional Afrique Centrale et de l’Ouest du Programme SGS Renovo®
Moïse YAKAN, leDirecteur Régional Afrique Centrale et de l’Ouest du Programme SGS Renovo®, expliquait l’an dernier sur Digital Business Africa que ce programme permet aux gouvernements africains de lutter contre le problème des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) sans avoir besoin d’investir de fonds propres. Parlant par exemple de l’exemple ghanéen, il expliquait que : « SGS collecte au nom du Gouvernement l’éco-redevance qui va être utilisée pour financer l’infrastructure de recyclage. Le fait que Renovo® soit une solution auto-financée est très intéressant pour le Gouvernement, car il est vrai que de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne n’ont pas à disposition de budget suffisant pour lutter contre le problème des D3E.
Ceci est d’autant plus vrai que ces D3E qui devraient être recyclés en Europe ou en Asie sont en fait exportés vers des pays comme le Ghana, sans la source de financement du recyclage correspondante. Pour la population locale, un programme comme celui-ci doit permettre, à terme, grâce au recyclage, de réduire la pollution environnementale et les risques sanitaires liés à ces déchets ». Une solution que les pays africains gagneraient donc à explorer pour faire face à ce fléau d’exportation illégale des D3E en Afrique.
« Il est indispensable que nous fassions davantage pour intégrer le numérique dans le fonctionnement de nos services publics et de notre économie. La société digitale qui s’annonce n’attendra pas les retardataires »
Extrait de l’adresse du Président Paul BIYA à la Nation, 31 décembre 2018
« Derrière chaque crise se cachent de nombreuses opportunités », nous enseigne un proverbe chinois chargé de sens. En effet, l’une des crises les plus violentes que traverse la planète toute entière depuis l’hiver 2019 est bien celle à laquelle font face les nations du monde entier avec, hélas, plus d’infortune que de vertus jusqu’à présent. Bien que le taux de létalité soit relativement bas comparé aux statistiques relevées dans certains pays, le Cameroun vient malheureusement de franchir la barre de 10 000 personnes testées positifs, alors même que les épidémiologies annoncent le pic de la pandémie dans les prochains jours.
Les économistes quant à eux annoncent la récession économique la plus violente du siècle avec un impact redoutable sur les économies en développement. Alors que la Covid-19 se révèle comme étant la catastrophe sanitaire la plus redoutable de ce dernier millénaire par son ampleur et sa gravité[1], il apparaîtrait de prime abord incohérent d’évoquer, voire d’envisager ou même d’identifier quelque vertu que ce soit à son actif. Pourtant, tels l’endroit et le revers d’une même médaille, chaque épreuve, aussi dure soit-elle, renferme en soi les germes d’une opportunité déguisée qu’il convient de repérer afin d’en exploiter les atouts dans leur plein potentiel.
Dans cette veine, force est de reconnaître qu’une riposte technologique robuste visant à démocratiser les outils numériques modernes, a offert aux acteurs sociaux et aux professionnels les moyens de rester connectés et productifs pendant le confinement. Rien de bien surprenant lorsqu’on se souvient que le secteur des TIC a démontré sa résistance face à la crise plusieurs fois au cours des années.
Pendant la récession économique de 2008-2009, qui a causé une diminution des investissements et du nombre de consommateurs, le secteur s’est porté mieux qu’après la crise de 2001-2002. À l’époque déjà, on s’attendait à ce qu’il joue un rôle instrumental dans la transformation positive de l’économie mondiale de l’après-crise.
Aujourd’hui plus qu’hier, l’on pourrait encore se demander en quoi la connexion en ligne peut aider les entreprises après la pandémie ! La dynamique observée avec le recours systématique aux outils technologiques permet cependant d’affirmer que la transformation la plus radicale que connaîtront les nations depuis la révolution industrielle est bien cette révolution numérique dont la principale vertu est l’essor inéluctable de l’économie numérique (I).
Cette mutation irréversible de l’écosystème numérique développé pendant le confinement s’analyse comme un levier important de soutien à la croissance économique (II) dans un contexte global où, face à l’adversité, les résistances intérieures à l’usage des TIC ont été littéralement apprivoisées.
I. Une transformation radicale des habitudes en faveur de la gouvernance numérique
«L’avenir est numérique», sont des mots que l’on entend depuis une décennie et dont la vision institutionnelle impulsée par le Président de la République en 2018 appelle encore des efforts d’ancrage et d’appropriation sociale. Cette vision de développement soutenue par l’économie numérique s’impose comme une réalité incontournable, en partie grâce à la pandémie à la Covid 19. Autrement dit, ceux qui n’ont pas la possibilité de migrer au numérique ne survivront probablement pas après la fin de la crise.
En effet, dès la découverte des premiers cas d’infections à la Covid-19 sur le territoire camerounais le 17 mars 2020, le Chef de l’Etat a instruit au Gouvernement que soit mis en place un dispositif de réponse capable de garantir une riposte prompte et efficace[2] pour réduire les effets néfastes de cette pandémie[3]. Aussi, la mesure n° 11 du plan de riposte à la Covid-19 a-t-elle fait une place de choix au déploiement des outils et ressources numériques comme une alternative efficiente de régulation de la vie humaine en temps de crise, parfois au prix de quelques inconforts jadis inacceptables.
Aucun secteur d’activités n’a échappé à cet ajustement des routines institutionnelles, administratives, professionnelles et sociales. Au contraire, la systématisation de l’usage des TIC dans l’activité gouvernementale, a accéléré l’effectivité du « e.management » de l’action publique, imprimant ainsi sans doute un tournant irréversible vers la réalité de la société digitale.
La crise à la Covid-19 est ainsi apparue comme une « opportunité déguisée » qui a permis de développer de nouvelles habitudes pour exister. L’on peut tout à fait penser, et à juste titre, que telle la révolution industrielle, le numérique est aujourd’hui responsable de la transformation radicale que connaissent les modes de production, d’échanges et de consommation[4]. Le vocable numérique est de plus en plus présent dans notre vocabulaire. Il est même « est en train de devenir un mot passe-partout qui sert à définir un ensemble de pratiques qui caractérisent notre quotidien »[5] ; mieux encore, il est devenu un environnement dans lequel nous sommes plongés, qui détermine et façonne notre monde. Il constitue dorénavant une « véritable culture avec ses enjeux sociaux, politiques et éthiques fondamentaux »[6].
Inévitablement, le numérique représente aujourd’hui un véritable marché en pleine expansion et dont il faut saisir toutes les opportunités qu’il offre pour améliorer les indicateurs de croissance de l’économie camerounaise. Tenez ! Avec le confinement institué par plusieurs pays à travers le monde, la Covid 19 a eu un impact significatif positif sur les communications électroniques.
Le software avec l’application Zoom, est devenu le support indispensable à la continuité du service public dans tous les secteurs : les réunions institutionnelles se tiennent par visioconférence ; le télétravail est devenu la règle et contribue à briser les murs invisibles du management vertical développé dans certaines structures au détriment de la convivialité sociale qui devrait innerver le relationnel professionnel pour une meilleure productivité ; les cours aussi bien dans l’éducation de base que dans l’enseignement supérieur sont dispensés en ligne, certaines consultations médicales se font par visioconférence ; la dématérialisation des procédures dans tous les secteurs de la vie économique s’est vue renforcée ; les consommateurs des services des télécommunications passent leur temps sur Internet ; etc.
La gouvernance numérique s’est imposée de façon radicale dans le quotidien des camerounais. Tout compte fait, sur le plan humain, les murs des résistances intérieures se sont naturellement estompées face aux nécessités du service public dont la continuité s’imposait dans l’intérêt général d’une part, mais aussi dans le but de limiter les répercussions économiques du confinement et la récession économique.
Afin de soutenir l’utilisation massive des services de communications électroniques dans le respect des exigences de qualité de service, la réaction des opérateurs du secteur des TIC s’est montrée rassurante du point de vue du développement. Ces derniers ont pris des mesures d’ordre commercial (gratuité des frais de transferts d’argent effectués de compte à compte via les services financiers mobiles ; gratuité des frais de paiement de factures d’eau via le service Money ; accès gratuit aux contenus éducatifs tels que des livres, épreuves d’examens et corrigés de cours en ligne pour les élèves et étudiants via la plateforme des jeunes pulse.orange.cm au #119# ; baisse des prix sur les modem (clés internet 3G et 4G, etc.) ; baisse sur les prix des forfaits internet résidentiels ; offres promotionnelles) et des mesures d’ordre technique ( disponibilité des services de télécommunications/TIC ; amélioration de la qualité d’expériences ; amélioration de la qualité de service ; amélioration de la couverture ).
Pour une meilleure appréciation de l’utilisation massive des services data, le graphique suivant[7] nous présentent une illustration par le trafic data des consommations de données chez les opérateurs concessionnaires (CAMTEL, MTN Cameroon, ORANGE Cameroun, et VIETTEL Cameroun).
Graphique : Total trafic data des opérateurs concessionnaires (MTN Cameroon +VIETTEL Cameroun +ORANGE Cameroun +CAMTEL)
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
TOTAL DATA en Gb
20 104 139
19 752 328
19 190 793
22 897 341
23 901 153
Les mesures de confinement instaurées par le Gouvernement, qui érige la distanciation sociale en riposte à la Covid 19 n’a donc visiblement causé aucun préjudice aux activités des opérateurs et entreprises du secteur des télécommunications.
L’on note d’ailleurs une forte demande en termes de trafic de communications électroniques notamment les données avec l’utilisation de nouvelles applications Over The Top (OTT) (Zoom, WhatsApp, Viber, Skype, You Tube, Netflix …). Le mois de mars 2020 a connu une forte croissance de l’utilisation de la data.
Entre mars et mai 2020, la croissance enregistrée est de 24%. L’éloquence de ces statistiques permet de constater que l’augmentation du nombre d’abonnés s’est faite progressivement, en même temps que l’amélioration de la qualité des infrastructures. Le chiffre d’affaires des opérateurs sur le segment de la data devrait naturellement connaitre une hausse, ce qui leur permettrait entre autres de s’acquitter de leurs redevances plus aisément et sans contrainte auprès du régulateur.Pr Justine Diffo TCHUNKAM
Entre mars et mai 2020, la croissance enregistrée est de 24%. L’éloquence de ces statistiques permet de constater que l’augmentation du nombre d’abonnés s’est fait progressivement, en même temps que l’amélioration de la qualité des infrastructures. Le chiffre d’affaires des opérateurs sur le segment de la data devrait naturellement connaitre une hausse, ce qui leur permettrait entre autres de s’acquitter de leurs redevances plus aisément et sans contrainte auprès du régulateur.
Nul doute que l’importance relevée du numérique dans la gestion de la crise actuelle permettra de renforcer davantage l’écosystème numérique dans l’optique d’une meilleure capitalisation des retombées technologiques et financières des ressources numériques engagées pendant la crise, cette aubaine devant également permettre aux entreprises d’envisager plus sereinement l’après crise, et à l’économie d’amorcer une reprise plus audacieuse.
II. Une mutation irréversible de l’écosystème numérique au service de la croissance économique
Bien que le recours aux outils numériques semble la voie à suivre pour asseoir définitivement la gouvernance numérique et accélérer l’essor de l’économie numérique au Cameroun, il convient de reconnaitre qu’un socle institutionnel solide existe depuis belle lurette. Dans son adresse de fin d’année 2015 à la nation, le Chef de l’Etat relevait déjà l’impérieuse nécessité d’investir dans les infrastructures de base pour soutenir le développement du secteur des télécommunications afin de permettre une meilleure couverture réseau et une accessibilité équitable à l’information sur l’étendue du territoire.
Par Arrêté du Premier Ministre n° 051/PM du 12 mai 2020, un Centre de Coordination des Opérations d’Urgences de Santé Publique, en abrégé « CCOUSP » ; le Centre d’appel des opérations d’urgence de la Santé Publique a été renforcé pour recevoir les sollicitations diverses des populations par le numéro vert 1510.
Toutefois, bien que la couverture réseau reste encore faible, l’on note une amélioration des infrastructures supports des télécommunications, en réponse aux différentes politiques publiques définies par le Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) dans le Plan Stratégique Numérique 2020[8] et mises en oeuvre par les pouvoirs publics pour rattraper le retard accusé par le Cameroun dans le domaine du numérique.
C’est dans le même sens que l’initiative « Barcamp Cameoun », lancé le 24 avril 2020 et parrainé par le Ministre des Postes et Télécommunications. Articulé autour du thème « Digitalizing Cameroon after Covid-19 », l’édition de cette année 2020 avait pour objectif majeur, de « proposer des idées et solutions (numériques) concrètes pouvant permettre à l’Etat du Cameroun de gérer la crise occasionnée par la Covid-19.
Dans le domaine de la santé, le Ministère de la Santé Publique a mis sur pied un Plan Stratégique National Santé Numérique 2020-2024[9] dont l’objectif est, entre autres, d’améliorer l’infrastructure TIC qui est l’épine dorsale des systèmes d’informations incluant la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité.
Ce plan Stratégique aux allures futuristes, bénéficie d’un budget de 11 327 570 000 Francs CFA, soit 19 037 933 US Dollars, sur une période de cinq ans. Le domaine de la santé publique est donc désormais consubstantiel de celui du numérique.
Par ailleurs, alors que le taux de pénétration de la téléphonie fixe soit en constante augmentation depuis 2005 en raison principalement de la forte propension de l’abonnement au CDMA, il y a lieu de noter une faible pénétration du réseau filaire qui reste pratiquement en déclin sur la période[10].
S’agissant de la téléphonie mobile, l’on observe un déploiement des infrastructures de qualité portant taux de pénétration de l’ordre de 12% en 2005 à un taux de 82,87 % en 2016, selon les données recueillies par le régulateur.
L’on peut également relever une augmentation du taux de pénétration l’internet entre 2011 et 2016, soit de 0,24% à 35,43%. Cette augmentation du taux de pénétration des TIC[11] est de nature à favoriser l’interconnexion des hommes et es objets interconnectés, le développement de la finance digitale, la télévision numérique par le Web 2.0 notamment, la tenue des conseils d’administration par voie numérique, la dématérialisation des plateformes de suivi de l’action gouvernementale, la digitalisation des plateformes d’interconnexion des Collectivités Territoriales Décentralisées pour un meilleur ancrage de la décentralisation, et la liste des opportunités susceptibles de capitalisation des retombées de la Covid-19 du point de vue technologique est loin d’être exhaustive. Il convient une fois de plus d’entrevoir « derrière chaque épreuve une opportunité », une occasion de rebondir autrement.
Alors que le gouvernement s’est principalement concentré sur les PME et les ménages à faible revenu, une autre solution plus ambitieuse que le gouvernement chinois a déjà entreprise est l’augmentation des investissements dans l’économie numérique et la technologie numérique. Avec l’augmentation du nombre de services en ligne – et ceux déjà en ligne qui connaissent un boom – cela pourrait représenter un grand potentiel pour les marchés de consommation.
Il pourrait bien jouer un rôle prépondérant dans la reprise de l’économie mondiale. Dans ce sens, il est démontré que les TIC facilitent l’accès à l’éducation, elles contribuent à l’augmentation de la productivité des entreprises[12], elles sont une véritable valeur ajoutée dans le secteur agricole, en permettant par exemple aux producteurs familiaux d’accéder à des informations ciblées sur des techniques d’amélioration de leurs rendements. Face à ce constat, il semble urgent d’intégrer dans les stratégies de sortie de crise le renforcement des facilités technologiques et d’opérabilité aux opérateurs du Secteur des télécom désireux d’accompagner la reconstruction du NOSO, en alignement avec le plan de développement des régions érigées en « zones économiquement sinistrées », selon le cahier des charges du régulateur.
Pour conclure, il convient de relever qu’alors que pratiquement tous les secteurs d’activités économiques redoutent l’après crise, celui des Télécommunications a développé, au-delà de la résilience, un écosystème support robuste susceptible de soutenir la reprise économique de même que la relance des activités des entreprises dont le principal challenge va être de gérer l’après crise.
La solution technologique numérique développée par les opérateurs sur le segment de la data ayant été confortée par la numéro 11 de la riposte gouvernementale, ces derniers devraient s’acquitter plus naturellement de leurs redevances dont la cote part, perçue à juste titre comme leur contribution au développement du secteur, permettra de renforcer plus durablement les infrastructures technologiques dédiées à l’éducation (Formation Ouverte et à distance), à la télémédecine, au télé-enseignement, à la démocratisation de l’accès aux ressources numériques et bases de données numériques (bibliothèques numériques).
Le choc violent de la récession économique annoncée pourrait ainsi être amorti grâce à une implication plus volontariste des opérateurs du secteur des télécom à travers le Fonds Spécial des Télécommunications.
Professeur Justine DIFFO TCHUNKAM
*Par leProfesseur Justine DIFFO TCHUNKAM
Maître de Conférences des Universités, Chercheur/Observatoire Africain de la Pratique des Affaires
[2]– Ce plan est un document-cadre qui déroule les composantes essentielles, selon l’OMS, dont les actions prioritaires sont à mener dans les 30, 60, et 90 prochains jours. Le coût de sa mise en œuvre est estimé à Six milliards Cinq Cent Millions Neuf Cent Soixante Trois Mille Deux Cent Trente Un francs (6 500 963 231) FCFA.
[4]-VITALI-ROSATI (Marcello), « Pour une définition du « numérique » », In Marcello VITALI-ROSATI et Michael E. SINATRA, Pratiques de l’édition numérique, Presses Universitaires de Montréal, 2014, Chapitre 4, p.2.
[6]– VITALI-ROSATI (Marcello), « Pour une définition du numérique », in Marcello VITALI-ROSATI et Michael E. SINATRA (dir.), Pratiques de l’édition numérique, op. cit., p. 69.
[7] – Source : Agence de Régulation des Télécommunications, Direction des Licences, de la Concurrence et de l’Interconnexion, Juin 2020
[8]– Ce plan stratégique « Cameroun numérique 2020 » se situant en droite ligne de la mise en œuvre de la politique des « Grandes Réalisations » prônée par le Chef de l’Etat, devra contribuer grandement à l’atteinte des objectifs de croissance et de plein emploi visés par le Gouvernement dans les cinq prochaines années, à travers un usage plus intensif des TIC dans les outils de production qui devrait induire une amélioration conséquente de la productivité nationale.
[10] MINPOSTEL, Annuaire Statistique des Télécommunicationset des Tic au Cameroun, 2017, p. 2. Cette première édition de l’annuaire statistique des télécommunications et TIC au Cameroun est l’un des fruits de la coopération fonctionnelle entre le MINPOSTEL et l’INS, matérialisée par la convention d’assistance technique n°00000001/MINPOSTEL-INS signée le 14 janvier 2016 entre les deux administrations pour la conception et la mise en place d’un système d’information statistique pour la production de l’annuaire statistique, entre autres.
[11]– Il faudrait relever qu’au 31 décembre 2004, malgré l’ouverture du marché camerounais des télécommunications, le Cameroun accusait un retard avec une densité téléphonique fixe estimée à 0,07% ; un taux de pénétration téléphonique mobile de l’ordre de 11,73% et un taux d’utilisateurs d’internet de 0,16%. En 2014, il a est à noter que le parc d’abonnés de la téléphonie mobile a connu une forte croissance, soit plus de 11,7 % pour environ plus de 1,7 millions d’abonnés supplémentaires par rapport à l’année précédente. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile était quant à lui estimé en 2014 à 77,5 % de la population, soit une progression de 6,3 par rapport à 2013. Toutes ces statistiques montrent suffisamment que la téléphonie mobile s’enracine progressivement dans les usages des populations camerounaises. Pour plus d’analyse, lire AWONO (Louis Christian), La régulation du Mobile Money au Cameroun, Mémoire de Master en Administration des Postes, des Télécommunications et Tic, (Spécialité Réglementation, régulation et planification du secteur des PTTic), Ecole Nationale Supérieure des Postes, des Télécommunications et Tic, 2015-2016, 134 p. Spéc. p. 8. Sur l’utilisation des TIC, l’on observe que la proportion des ménages disposant d’un téléphone (fixe et/ou mobile) augmente au fil du temps (30,2% en 2005) et (89,4% en 2017). Il est évident que cette proportion est plus importante en milieu urbain et surtout dans les deux grandes métropoles que sont Douala et Yaoundé. Le constat est le même pour la proportion de ménages disposant d’un ordinateur. De même, la proportion de ménages disposant d’un accès à l’Internet à domicile est en augmentation depuis 2007 mais reste très faible (15,6%en 2017). Concernant l’utilisation de l’ordinateur et de l’Internet par les populations, l’enquête réalisée en 2017 auprès des ménages montre que l’appropriation de cet outil reste très faible. Durant les trois mois ayant précédé l’enquête, une personne seulement sur dix a utilisé un ordinateur et environ 47% d’individus ont eu recours à l’Internet, principalement à domicile pour les courriels, les posts et les messages instantanés. Cf. MINPOSTEL, Annuaire Statistique des Télécommunications et Tic au Cameroun, 2017, p. 3.
[Digital Business Africa – Avis d’expert – Par Cédric Ndawa*] – La pandémie de Covid-19 a créé une crise sanitaire inédite. La quasi-totalité de la population mondiale s’est retrouvée enfermée à domicile et contrainte de revoir ses habitudes de vie du tout au tout. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont fortement fait la promotion des mesures barrières, conditions sine qua non pour la limitation de la propagation de la pandémie. Des concepts innovants et de nouveaux mots sont devenus d’usage courant et c’est bien en période de crise que se mesure les engagements RSE d’une entreprise.
Alors que la plupart des agences internationales préconisaient un avenir sombre pour les employés et les employeurs en Afrique, force a été de constater que la destruction de 20 millions d’emplois estimée par les prévisions comme dommage collatéral découlant de la crise économique générée par la Covid-19 n’a pas eu lieu. Bien plus, de nombreuses entreprises ont pris les devants en usant d’innovation afin de préserver les emplois et même d’en créer des nouveaux, à l’instar du géant chinois Huawei présent sur le continent (Égypte, Maroc, Tunisie, Algérie, Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, République Démocratique du Congo…).
Afin de tirer une leçon des événements récents et de capitaliser les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour l’avenir, il y a lieu de faire un point pour comprendre comment les entreprises en Afrique se sont mobilisées en interne pour faire face à la crise sanitaire et comment elles ont conjugué protection des salariés et poursuite de leur activité.
La mobilisation des entreprises face à la crise
Les deux principales solutions recommandées par l’OIT sont : le recours au télétravail et l’observation des mesures barrières. La mise en œuvre d’un système de travail à distance en Afrique n’est pas toujours évidente. Si même il était possible de faire abstraction du faible taux de pénétration d’internet et de l’insuffisance des équipements de travail à usage privé, alors ce serait la nature même des activités qui porterait naturellement un frein à l’implémentation du télétravail. Avec une économie reposant majoritairement sur les secteurs primaires et tertiaires, il est vrai que cette alternative n’est pas à la portée de la plupart des entreprises.
Toutefois, certaines entreprises de prestations de service ont testé ce modèle de fonctionnement avec plus ou moins de succès. Les entreprises du secteur du conseil et de l’accompagnement ont notamment eu plus de facilités à intégrer cette nouvelle modalité de travail. Pour encourager le télétravail et en assurer les meilleures conditions, Huawei a notamment pris un ensemble de mesures en totale adéquation avec le contexte socioprofessionnel local à travers la publication d’un guide du travail à distance ; la mise à disposition d’outils de travail à distance (casque, support de clavier, etc.) aux employés ou encore l’octroi de subventions de forfait mobile.
L’application effective des mesures barrières
Seule une faible partie des employés africains peuvent être mis en télétravail. Il a fallu trouver des moyens pour garantir la connaissance, la compréhension et la mise en application des mesures barrières par tout le personnel chargé d’assurer la continuité du service. Des outils tels que la « Check-list des mesures à prendre pour la prévention et la limitation de la propagation de la COVID-19 » mis à disposition sur le site de l’OIT ont permis aux PME et même aux grandes entreprises de procéder à une meilleure évaluation des risques inhérents à la pandémie et de les gérer plus aisément. L’entreprise chinoise s’est également inscrite dans cette démarche en mettant l’accent sur la prévention et la sensibilisation de ses employés. La plateforme Novel Coronavirus Toolbox Talk a ainsi été créée pour répondre aux questions des employés sur la pandémie.
D’autres bonnes pratiques ont été observées notamment dans les PME qui ne disposent pas d’assez de moyens pour apporter tout le matériel nécessaire pour la protection individuelle des employés. La distanciation sociale a généralement été leur principal outil de prévention. Ces entreprises ont pu réduire ainsi les risques de contamination en limitant le nombre de personnes présentes dans les locaux, tout en assurant la continuité de leurs services.
La préservation des emplois
À cause du ralentissement des activités, il n’a pas toujours été possible de maintenir la masse salariale. Même si de nombreuses entreprises ont préféré éviter les licenciements massifs, des réductions de salaire ont tout de même été observées notamment dans les PME et les TPE. Heureusement, des entreprises bien implantées ont pu assurer la sécurité de l’emploi de leurs employés tout en améliorant leurs conditions de travail à bien des égards.
Pour la RSE, les prochains mois seront charnières. Huawei peut à nouveau être citée à titre d’exemple, pour le remarquable tour de force qu’elle a effectué pour maintenir les salaires, les subventions et les primes dans leur intégralité. Certaines primes ont admirablement été augmentées et des indemnités spéciales ont été accordées aux employés qui étaient en poste pour assurer la qualité et la sécurité du réseau.
Cédric Ndawa
*Par Cédric Ndawa, Coordonnateur des ressources humaines dans une entreprise industrielle
[Digital Business Africa] – La première conférence virtuelle et 38ème conférence de district du Rotary International District 9150 se tiendra à Douala au Cameroun du 27 au 28 juin 2020 sous le thème : “Santé, vecteur de connexion du Rotary au Monde”. La partie virtuelle de cette conférence se tiendra sur Youtube et Zoom.
Parmi les sous-thèmes qui seront abordés lors de cette rencontre, le 27 juin notamment, “L’apport du Digital après la Covid 19”. Un exposé qui sera présenté par Mr Omer BADANG, ingénieur de conception des systèmes d’information et des travaux en informatique.
Autres sous-thèmes à développer, “Comment tirer profit de la diversité ?” par la Professeure Viviane ONDOUA BIWOLE; “La santé, vecteur de connexion du Rotary au monde” par le Professeur TETANYE EKOE ou encore “Comment améliorer l’image publique du Rotary ?”, par Jean Paul TCHOMDOU, expert en communication.
[Digital Business Africa] – Au Congo, le projet « Timbre électronique » piloté par l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce)devrait entrer dans quelques jours, notamment dès le 1er juillet dans sa phase d’implémentation. De manière générale, il vise à permettre à l’Etat d’avoir une meilleure traçabilité sur le paiement de plusieurs taxes, notamment la TVA, le centime additionnel, la taxe audiovisuelle et bien d’autres. De ce fait, il sera davantage mis l’accent sur les paiements électroniques des services, qu’il s’agisse du téléphone, de l’eau, de l’électricité ou des abonnements TV.
« Nous demandons à tous les Congolais de privilégier le paiement de leurs factures par mobile money. Ainsi, ils ne seront plus obligés de se déplacer vers des agences. Ces derniers recevront après chaque paiement, un message certifié, émis par l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce) qui confirmera pour l’Etat que vous avez bel et bien payé votre facture », a expliqué le directeur général de l’Arpce, Louis–Marc Sakala, cité par journaldebrazza.com.
En ce qui concerne le calendrier d’implémentation du projet, on apprend du directeur général des impôts et des domaines, Ludovic Itoua la phase de production est fixée au 1er juillet 2020, qui représente la date de lancement officielle. Cependant, explique-t-il, « on devra prendre une marge de deux mois pour suivre son évolution avant son démarrage effectif en septembre 2020». Le Timbre électronique sera doté d’une valeur de 50 F Cfa, supporté entièrement par le consommateur final à chaque paiement de facture.
Rappelons que c’est au regard de son expertise dans le monitoring des flux du trafic des communications électroniques que l’Arpce a été chargée de la mise en œuvre de ce dispositif. D’une valeur de cinquante francs CFA, le timbre électronique sera entièrement supporté par le consommateur final, à chaque paiement des factures, conformément à la loi.
[Digital Business Africa] – En Afrique du Sud, la pandémie de la Covid 19 n’a pas épargné Telkom, l’entreprise de télécommunications spécialisée dans la téléphonie mobile et détenue à 39 % par l’État. Après une chute de 66% de ses bénéfices annuels, l’opérateur a annoncé le 22 juin 2020 la suspension du versement des dividendes aux actionnaires sur une période de trois ans, soit jusqu’en 2022.
Outre la baisse importante des bénéfices, l’opérateur annonce également revoir à la baisse ses objectifs de croissance sur le moyen terme, pour consolider davantage son cœur de métier. Ainsi, l’argent qui devrait initialement être redistribué aux actionnaires en raison de 50,1 cents par action sera réinvestit dans l’achat de spectre hertzien.
Toutes ces mesures rentrent dans le cadre d’un vaste plan de restructuration de l’entreprise, mis sur pied dès mars 2020 et qui avait abouti au départ volontaire de 2 220 travailleurs. Telkom avait alors dû payer 1,2 milliard de rands (69,1 millions de dollars) pour les indemnités de départ volontaire et de retraite anticipée. Ce qui a également contribué à creuser les revenus de l’entreprise.
[Digital Business Africa] – En Guinée, le ministère en charge des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique a un nouveau patron. A l’issue du réaménagement ministériel du 19 juin 2020, le président Alpha Condé a nommé Koulibaly Oumar Saïd au poste de ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique. Il remplace à ce poste Moustapha Mamy Diaby, par ailleurs président du Conseil des ministres en charge des TIC de l’Alliance Smart Africa.
Le moins qu’on puisse dire est que le secteur des TIC ne lui est pas du tout inconnu. Il a en effet été directeur général adjoint de l’autorité de régularisation des télécommunications, avant d’assurer, des années durant l’intérim du directeur général, sans jamais être confirmé. Bien au contraire, il sera même limogé de son poste. C’est donc un retour en force qu’effectue ainsi Koulibaly Oumar Saïd, en devenant le patron du ministère en charge des TIC et de l’Economie numérique.
Même si le contexte politique actuel en Guinée n’est pas des plus stables, le nouveau ministre devra relever d’énormes défis dans ses nouvelles fonctions. En premier, la qualité tant décriée des services de télécommunications dans le pays, notamment Internet.
Pour ce faire, il devra gérer le dossier de l’opérationnalisation de la Société Guinéenne du Backbone (Sogeb), en charge de la gestion de la fibre optique dans le pays. Il devra aussi travailler à l’interconnexion de la Guinée avec les autres pays de la sous-région, notamment dans le cadre des projets tels que ACE.
Autre dossier chaud, le démarrage effectif des activités de la nouvelle société Guinée Télécoms, créée sur les cendres de l’ancienne Société des télécommunications guinéennes, Sotelgui. En raison de plusieurs difficultés rencontrées, cette entreprise n’a jamais pu décoller.
[Digital Business Africa] – Au Gabon, les villes de Booué et de Bitam seront bientôt connectées à la fibre optique. L’annonce a été faite le 19 juin 2020 au président Ali Bongo par le ministre de la Communication et de l’Economie Numérique, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, au cours d’une audience que lui a accordé le président de la République (photo).
D’après le ministre, la fibre optique qui reliera les deux villes sur 528 Km sera livrée dans les tous prochains jours. Ceci, dans le cadre du projet Central African Backbone « CAB 4 plus » dont l’enveloppe globale est de près de 13 milliards de F Cfa, qui vise l’interconnexion des pays d’Afrique centrale, et l’amélioration de la fluidité du trafic Internet avec en prime une amélioration des coûts.
[Digital Business Africa] – « ecommercesenegal.sn » et « E-KomKom » sont les nouvelles plateformes lancées par le gouvernement sénégalais dans l’optique de promouvoir le e-commerce dans le pays. Elles ont été lancées le 18 juin 2020 par le ministre sénégalais du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises, Aminata Assome Diatta. Selon elle, cette initiative est conçue pour impulser la promotion et la vente en ligne de toutes les catégories de produits en particulier ceux locaux.
La plateforme« E-KomKom » permet aux entreprises de renforcer leur présence sur internet par la création et l’administration de leur espace boutique avec la mise en ligne de leur profil entreprise, leur catalogue de produits, les modalités de vente et de livraison, la gestion et le suivi des commandes et autres. Pour ce qui est de la plateforme « Ecommercesenegal.sn », elle est unportail qui permet aux ménages d’identifier les sites e-marchands disponibles et qualifiés pour s’approvisionner en denrées de premières nécessités , de se faire livrer et de payer sans se déplacer .Elle permet également aux marchands de savoir sur quels supports s’appuyer pour passer en mode e-commerce.
D’après la ministre, les deux nouvelles plateformes visent également à présenter aux acteurs de l’écosystème du commerce électronique le dispositif d’accompagnement institutionnel qui a été mis en place par le gouvernement pour aider les entreprises sénégalaises et les ménages dans la pratique du commerce électronique.
[Digital Business Africa] – Le Congo a une nouvelle fois affuté son cadre juridique pour garantir plus de sécurité dans son cyberespace. Sur proposition du gouvernement, le parlement a en effet adopté deux nouvelles lois dont l’une porte sur la cybersécurité, et l’autre, contre la cybercriminalité.
Concernant la première loi, elle comporte 42 articles qui balisent le cadre juridique national de sécurité des systèmes d’information et des réseaux de communications électroniques. Ils définissent par exemple l’organisation et la coordination de la sécurité des systèmes d’information et des réseaux de communications électroniques au Congo.
Pour ce qui est de la seconde loi, celle portant sur la cybercriminalité, elle est constituée de 108 articles qui répriment à divers niveaux les crimes commis via les TIC. Entre autres innovations, la nouvelle loi sanctionne les atteintes à la confidentialité et à l’intégrité des systèmes d’information, l’introduction frauduleuse de données dans un système d’information, l’interception frauduleuse de données d’un système d’information, ou encore des infractions relatives aux données à caractères personnelles.
[Digital Business Africa] – Au-delà des services de messagerie et d’appels, le réseau social américain WhatsApp se lance dans les services de transfert d’argent. D’après Mark Zuckerberg qui a fait l’annonce via sa page Facebook, le service a été lancé au Brésil où la fonctionnalité est pleinement opérationnelle, et sera disponible prochainement dans le reste du monde. Il s’agit d’une solution de paiement intégrée qui repose sur l’écosystème Facebook Pay que l’on retrouve déjà au sein de l’application Messenger.
Suivant les informations du géant américain, le transfert d’argent entre contacts se fera gratuitement pour les deux parties. Outre les transferts d’argent, la nouvelle fonctionnalité permet également de payer des factures et services auprès des entreprises présentes du WhatsApp Business.
Pour cette catégorie, le service reste complètement gratuit pour les particuliers. Cependant, « les entreprises paieront une commission similaire à celle des transactions par cartes de crédit », indique WhatsApp. A terme, Facebook entend proposer un service de paiement unifié pour toutes ses plateformes et applications. C’est ainsi que le service s’étendra prochainement à Instagram.
Pour ce qui est du volet de la sécurité et de la confidentialité, WhatsApp dit s’appuyer sur les moyens d’authentification classiques disponibles sur les smartphones. Chaque paiement devra être validé par un code PIN à six chiffres, la reconnaissance faciale ou le lecteur d’empreintes digitales afin d’empêcher les transactions non autorisées.
[Digital Business Africa] – Alors que la bataille contre le nouveau coronavirus 20019 se poursuit sur le continent, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA) lance le 23 mai l’ACIP, une plate-forme de communication publique basée sur la téléphonie mobile. L’initiative présentée comme révolutionnaire devrait permettre de fournir à plus de 600 millions d’utilisateurs à travers le continent les derniers conseils de santé publique.
La plate-forme africaine d’information sur les communications fournira aux groupes de travail nationaux et régionaux sur la COVID 19 des données d’enquête générées par les utilisateurs et des informations exploitables sur la santé et l’économie. Elle permettra également aux groupes de travail sur la COVID 19 de déployer des ressources sanitaires et économiques pour atténuer les effets de la pandémie.
« Robuste et facile à utiliser, la plate-forme utilise un mélange de menus à commande vocale et textuelle…La plate-forme exploite les canaux mobiles à bande étroite en utilisant une combinaison de texte de Données de services supplémentaires non structurées (USSD) et d’interactions vocales, de Réponse vocale interactive (VRI). Du côté du haut débit, la plate-forme utilise les données publiques des canaux numériques, y compris les médias en ligne et réseaux sociaux. En utilisant la bande étroite et le haut débit mobiles, la plate-forme peut atteindre les utilisateurs 3G / smartphones et les abonnés mobiles avec des portables 2G de génération antérieure, également appelés téléphones de fonction », explique dans un communiqué la CEA, à l’initiative du projet.
Le déploiement de la phase 1, commençant le 23 juin 2020 et couvrira les utilisateurs mobiles dans plus de 23 pays, représentant plus de 80% du total des abonnés mobiles en Afrique. Les utilisateurs pourront accéder aux avis de santé et aux conseils médicaux locaux, y compris à un détecteur de symptômes. « Au cours de la Phase II, dans quelques mois, le service englobera 20% d’utilisateurs mobiles africains supplémentaires – et s’élargira pour inclure la communication économique et humanitaire », ajoute la CEA qui rappelle que c’est la première fois qu’une plate-forme mobile USSD est associée de manière interactive à une IA de méga données pour fournir des informations que ni l’une ni l’autre ne pourrait atteindre.
Au Cameroun, l’association Smart Click Africa a lancé en avril 2020 Covid19.CM (www.covid19.cm), une plateforme web d’information, de sensibilisation et de factchecking sur la Covid-19 au Cameroun.
L’ACIP, une plateforme de santé numérique pour 600 millions d’abonnés mobiles en Afrique
« Avec cette plate-forme, nous avons la possibilité d’atteindre entre 600 millions et 800 millions d’abonnés mobiles en Afrique », déclare Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors du lancement virtuel de la Plate-forme africaine de communication et d’information pour la santé et l’action économique (ACIP), le 23 juin 2020.
L’ACIP est un outil mobile pour l’information et la communication à double sens entre les citoyens et les gouvernements. Il fournit aux groupes de travail nationaux et régionaux sur la COVID des données d’enquête générées par les utilisateurs et des informations sanitaires et économiques exploitables qui permettront aux autorités de mieux analyser les problèmes liés à la pandémie et de mettre en œuvre des réponses appropriées.
Dr John Nkengasong, Directeur du CDC-Afrique, indique que la plate-forme offre « une opportunité unique de changer la façon dont nous menons la surveillance des maladies, d’améliorer notre capacité à acquérir de bonnes données en temps opportun et de s’assurer que tous les Africains comptent ».
Le lancement a été présidé par le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, qui salue l’initiative et note qu’elle « répond aux demandes d’assistance des États membres pour la collecte et le traitement des données essentielles pour répondre efficacement à la COVID-19 ».
Le Président de Guinée, Alpha Condé, s’engage à « convaincre les 55 États membres de l’UA d’adhérer à cette initiative (ACIP) ». Il dit que les incertitudes entourant la COVID-19 incitent fortement l’Afrique à embrasser rapidement la quatrième révolution industrielle, garantissant un meilleur accès à Internet et à un prix abordable.
Mme Songwe déplore également la question de l’accès à Internet et à un prix abordable en Afrique, déclarant : « Dans une période de pandémie et de crise économique, il est encore plus difficile pour les gens de dépenser le peu de ressources dont ils disposent pour s’offrir un accès ».
La bonne nouvelle, cependant, c’est que pendant que la CEA travaille avec des parties prenantes clés pour résoudre le problème de l’accès à Internet, de sa fiabilité et des coûts, l’ACIP peut déjà atteindre plus de 80% des utilisateurs de téléphones mobiles en Afrique sans que les coûts habituels ne leur soient imposés.
« En tant qu’opérateurs, nous pouvons renoncer aux frais de Données de services supplémentaires non structurées (USSD) car il est probable que de nombreuses personnes aux prises avec la pandémie dans certaines zones rurales ne disposent pas de temps de communication », affirme Robert Shuter, PDG de MTN. Il déclare que le caractère unique de l’initiative ACIP incite MTN et ses « concurrents à convenir qu’il s’agit d’un domaine de collaboration et de coopération ».
M. Shuter précise que la technologie peut être utilisée sur n’importe quel téléphone portable ou appareil et que la plate-forme « présente un menu très simple aux utilisateurs et nous permet de collecter des informations très importantes que les décideurs politiques peuvent utiliser pour identifier et localiser les problèmes et les zones sensibles ».
Les ministres africains en charge des TIC qui participent également au lancement, exhortent les parties prenantes à garantir qu’il y ait des synergies entre l’ACIP et les efforts fournis dans le domaine de la technologie numérique pour lutter contre la COVID-19 au niveau national.
Le Secrétaire général de l’UIT, Houlin Zhao, appelle les régulateurs africains et les ministres des TIC à « soutenir cette nouvelle plate-forme ». Il déclare que l’intelligence artificielle et les méga données sont au cœur de l’ACIP et que le soutien des régulateurs des télécommunications de chaque pays est « absolument nécessaire ».
Trente-six États membres africains ont déjà adhéré à l’initiative. La plate-forme permettra également aux groupes de travail sur le COVID de déployer des ressources sanitaires et économiques pour atténuer les effets de la pandémie.
Boutheina Guermazi, qui dirige la Pratique mondiale du développement numérique, de la Banque mondiale, se déclare réconfortée de voir « la rapidité avec laquelle l’Afrique a réagi pour créer cette plate-forme », réunissant les principales parties prenantes du continent pour tirer parti de l’analyse mobile des méga données.
« Nous savons que des informations précises et à jour sur les modèles de mobilité agrégés anonymisés pourraient clairement être utilisées pour surveiller, prévoir les épidémies et planifier les activités à l’avenir », dit-elle.
Lacina Koné, PDG de Smart Africa, décrit l’ACIP comme « l’une des initiatives numériques qui, selon nous, transformera l’Afrique ». Il félicite la CEA pour son rôle d’avoir mobilisé les principaux opérateurs mobiles, régulateurs et gouvernements africains sur une plate-forme unique.
« L’année 2020 devra être une année où nous adoptons et accélérons la collaboration grâce à la transformation numérique. Elle devra entrer dans l’histoire comme une période charnière pour l’Afrique d’un point de vue technologique, sanitaire et économique », déclare M. Koné.
Mme Songwe exhorte les jeunes africains à « travailler avec nous » pour concevoir des systèmes et des plates-formes d’intelligence artificielle qui peuvent être sélectionnés pour obtenir de meilleures données et aider à identifier et « garantir que le secteur informel fasse partie intégrante d’un tissu économique actif de notre continent ».
[Digital Business Africa] – Le contexte sanitaire actuel lié à la crise du Covid-19 a contraint le gouvernement camerounais à interrompre les cours dans tous les établissements scolaires et universitaires du pays. Mais depuis peu de temps, les cours ont repris sous réserve du respect strict de mesures préventives pour éviter la propagation du virus.
A Sup’Ptic, les cours ont eux aussi repris depuis deux semaines, et la ministre des Postes et Télécommunications, Mme Minette Libom Li Likeng a tenu à vérifier par elle-même la mise en œuvre effective des très hautes directives du président de la République, relayé au gouvernement par le Premier ministre dans le cadre du plan national de riposte gouvernemental contre la Covid 19.
« J’ai pu me rendre compte pour m’en réjouir, de l’implémentation absolument rigoureuse des diverses mesures prescrites par les plus hautes autorités, en particulier le respect scrupuleux des mesures barrières et la conduit harmonieuse des enseignements aussi bien en présentiel qu’à distance », a-t-elle déclaré face à la presse, au cours de la visite quelle a effectué sur le campus de l’établissement, ce lundi 15 juin 2020.
« Je puis dire que nous nous acheminons vers la fin d’une année académique plutôt sereine et réussie », ajoute la ministre, en précisant avoir exprimé son entière satisfaction au top management de l’établissement, ainsi que ses encouragements.
Mais, elle a également profité de cette visite pour faire une annonce, à savoir la mise à la disposition de Sup’ptic d’une plate-forme collaborative et de télétravail offerte par MTN Cameroun : « il s’agit de densifier le dispositif existant et accroître l’offre des facilités nécessaires en cette période de Covid 19 lourde de contraintes », a-t-elle expliqué.
[Digital Business Africa] – C’est une opération inédite dans le secteur des télécommunications en Afrique. La Société nationale des télécommunications (Sonatel) du Sénégal a lancé le 15 juin un emprunt obligataire de 100 milliards de Franc CFA sur le marché financier régional de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest. L’opération s’étalera sur un mois, notamment entre le 15 juin et le 15 juillet 2020. Il s’agit en effet de la plus grande levée obligataire du secteur privé à la BRVM, la bourse Ouest-africaine.
« L’objectif principal de cet emprunt est donc de permettre à Sonatel de diversifier ses sources de financement dans un contexte de raréfaction de la liquidité́ pour continuer à financer les investissements nécessaires à son développement tout en maintenant une politique de dividendes adaptée et à la hauteur de l’attente de ses actionnaires », explique Sékou Dramé, le directeur général de la Sonatel lors d’une interview accordée à Financial Afrik. Pour ce qui est des aspects techniques de l’opération, elle est conduite par Impaxis en qualité d’arrangeur et chef de file de l’opération globale.
[Digital Business Africa] – La Fondation Internet Society a annoncé le 11 juin 2020 avoir lancé un nouveau programme de bourses qui vise à soutenir la croissance économique, à améliorer le niveau de santé et à développer l’offre éducative en aidant les personnes et les communautés à utiliser Internet d’une manière plus experte et plus efficace.
‘‘Le programme de bourse SCILLS vise à réduire cet écart en soutenant les organisations dont le travail permet aux communautés d’acquérir des compétences numériques essentielles.
Au cours de son année pilote, le programme de bourses SCILLS (Strengthening Communities/Improving Lives and Livelihoods, soit renforcer les communautés / améliorer les vies et les moyens de subsistance) est ouvert aux organisations éligibles au Bangladesh, en Colombie et au Sénégal; avec une extension à d’autres pays prévue dans les années à venir’’, explique le communiqué de la Fondation Internet Society.
On apprend de la même source que des bourses pouvant atteindre 150 000 $ seront ainsi accordées à des organisations pour des projets d’une durée maximale de 24 mois. Le programme est ouvert aux candidatures entre le 9 juin et le 5 septembre, et les candidats retenus seront annoncés début septembre.
[Digital Business Africa] – Le réseau social américain Facebook a annoncé le 11 juin 2020 le déploiement en Afrique subsaharienne de Messenger Kids, une application de messagerie et de chat vidéo qui aide les enfants à se connecter avec leurs amis et leur famille dans un espace amusant et contrôlé par les parents.
‘‘Nous savons que les parents se tournent plus que jamais vers la technologie pour aider leurs enfants à se connecter avec leurs amis et leur famille en ligne. Avec le respect de la vie privée, la sécurité et le contrôle parental au cœur de l’application, Messenger Kids offre un espace sûr et amusant, contrôlé par les parents, pour faire exactement cela”, explique Kojo Boakye, le directeur des affaires publiques de Facebook pour l’Afrique cité dans le communiqué de Facebook.
D’après un communiqué de Facebook, Messenger Kids est disponible en téléchargement sur l’Apple App et les Google Play Stores, Messenger Kids a été conçue pour les enfants de 6 à 12 ans. Elle comprend deux nouvelles fonctionnalités visant à aider les enfants à se connecter avec leurs amis et leur famille. On apprend de la même source que Messenger Kids est désormais disponible dans toute l’Afrique subsaharienne.
[Digital Business Africa] – ‘‘L’Afrique contribue moins de 1% à l’économie numérique mondiale, qui représente environ 15% du PIB mondial’’. L’affirmation est du directeur de la division de la Technologie, du Changement climatique et de la Gestion des ressources naturelles, à la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Jean-Paul Adam. Au cours d’une conférence de presse virtuelle tenue le 10 juin 2020, il a estimé que le continent a besoin d’environ 100 milliards de dollars pour mettre à disposition un accès Internet universel, abordable et de bonne qualité d’ici 2030. Ceci même, alors qu’actuellement, seulement 17,8% des ménages en Afrique ont Internet à la maison et que le continent ne représente que 21% des utilisateurs d’Internet dans le monde. Dans ce sillage, la Banque mondiale estime que plus de 250 millions d’écoliers en Afrique ont été affectés par le COVID-19 et la plupart d’entre eux n’ont pas les outils numériques pour poursuivre leurs cours en ligne.
« Ceci est très préoccupant et transmet un message fort selon lequel la connectivité à large bande est absolument cruciale pour les établissements d’enseignement et les entreprises afin de continuer à fournir des services essentiels. Un internet à haut débit et fiable est essentiel pour garantir que les hôpitaux et les établissements et les institutions médicaux puissent accéder au réseau mondial d’information et aux ressources nécessaires pour lutter contre le COVID-19 », explique Jean-Paul Adam. Dans la foulée, il cite l’accessibilité financière comme l’un des plus grands obstacles à l’accès à Internet en Afrique, déclarant que « le coût moyen de 1 Go de données sur le continent représente 7,12% du revenu moyen, certains pays ayant des taux pouvant atteindre 20%, ce qui est bien au-dessus du 1 à 2% jugés abordables ».
Dans ce sillage, Jean-Paul Adam note qu’en termes de bande passante, de nombreux pays africains ont encore une bande aussi faible que 64 kilo-octets : « dans certaines situations, les bandes passantes pour un pays entier sont inférieures à celles dont dispose un abonné résidentiel individuel aux États-Unis… Les données montrent que le téléchargement d’un film de 5 Go dure 734 minutes en République démocratique du Congo, 788 minutes à Sao Tomé, 850 minutes en Éthiopie, 965 minutes au Niger, 1 342 minutes en Guinée équatoriale et seulement environ 11 minutes et 8 secondes à Singapour, ». Une comparaison qui veut tout dire sur la pertinence du problème.
[Digital Business Africa] – C’est une innovation majeure que vient d’annoncer Facebook. Innovation qui risque bouleverser les rapports de force entre les différents acteurs de paiements mobiles dans le monde. Et aussi en Afrique. L’entreprise de Mark Zuckerberg a annoncé ce 15 juin 2020 le lancement de Facebook Pay qui permet l’envoi et la réception d’argent sur toutes les plateformes du groupe (Facebook, WhatsApp et Instagram).
Pour commencer avec cette innovation, c’est l’application WhatsApp qui expérimentera en premier les paiements mobiles via Facebook Pay. Et ce, pour les abonnés du Brésil pour un début. C’est Mark Zuckerberg lui-même qui l’annonce sur son compte Facebook ce jour. « Nous rendons l’envoi et la réception d’argent aussi facile que le partage de photos. Nous permettons également aux petites entreprises de réaliser des ventes directement avec WhatsApp. Pour ce faire, nous nous appuyons sur Facebook Pay, qui offre un moyen sûr et cohérent d’effectuer des paiements à travers nos applications », explique le fondateur de Facebook
Zuckerberg explique que le réseau social, pour lancé ce service au Brésil, a noué des partenariats avec des banques locales, notamment Banco do Brasil, Nubank, Sicredi ainsi que Cielo, le principal processeur de paiements pour les commerçants au Brésil.
Si le Brésil est le premier pays dans le monde où Facebook déploie les paiements mobiles dans WhatsApp, Mark Zuckerberg indique que des informations et surprises arrivent bientôt !
[Digital Business Africa] – Le système informatique Sud-coréen Unipass mis en place au Ghana en vue du dédouanement des marchandises n’arrête pas de faire couler beaucoup d’encre et de salives et de susciter des interrogations et surtout des dénonciations.
La dernière en date, celle de l’Association des armateurs et agents du Ghana (Soaag). Son secrétaire exécutif, Perpetua Osei-Bonsu, a écrit à l’Autorité des chargeurs du Ghana, une institution sous tutelle du ministère des Transports, pour expliquer que l’incompétence de la plateforme Ghana Link/UNIPASS-ICUMS à Tema perturbe la facilitation du commerce et par ricochet la génération de revenus par les entreprises affectées par ce système.
« Comme nous le savons tous, le système ICUMS est entré en service il y a environ une semaine. Cependant, l’état actuel des choses a suscité l’inquiétude de nos membres. Nous devons faire savoir que nos membres n’ont pas ménagé leurs efforts et ont offert leur coopération maximale pendant la période de transition afin de s’assurer qu’il y aurait un système fonctionnel d’ici la fin du déploiement du système. Malheureusement, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu et, à ce jour, nous ne sommes pas en mesure de télécharger la plupart de nos fichiers sur le système. Nous avons donc dû recourir à un téléchargement manuel qui s’avère être un processus lent et laborieux », se plaint Perpetua Osei-Bonsu.
Pour le secrétaire exécutif de la Soaag, la situation actuelle n’est pas due à une faute de ses membres qui ne sauraient être tenus responsables des retards ou des inconvénients qui doivent être supportés par les responsables de la plateforme Ghana Link/UNIPASS-ICUMS. Le secrétariat exécutif de la Soaag invite par ailleurs tous les acteurs et parties prenantes du port à orienter leurs plaintes vers les bureaux d’UNIPASS-ICUMS.
L’appel des transitaires
En plus des armateurs, les transitaires du port de Tema ont réitéré leur appel au président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo pour qu’il intervienne afin de trouver des solutions aux problèmes qui entravent la mise en œuvre du système intégré de gestion douanière (ICUMS) proposé par UNIPASS.
Au cours d’une conférence de presse le 08 juin dernier, Edward Akrong, le président national de l’Institut ghanéen des transitaires (GIFF), a indiqué que non seulement le système UNIPASS-ICUMS créait des retards dans les processus de dédouanement au port, mais également faisait perdre de l’argent au contribuable.
Pour ce qui concerne par exemple le dédouanement des véhicules, Edward Akrong laisse entendre qu’ils ont dû faire face « à tant de problèmes avec ce changement. Les coûts augmentent parce que tous les frais liés au temps, tels que les surestaries, le loyer du terminal, le loyer de l’entrepôt d’État, le loyer des manutentionnaires à l’aéroport et les surestaries pour les camions aux frontières terrestres, n’ont pas été maîtrisés, car nous sommes confrontés à des retards massifs en raison de la modification des processus ».
Face à cette situation, Edward Akrong demande au gouvernement ghanéen d’évaluer avec soin la situation qu’il qualifie de désastreuse et de rétablir le système de la Ghana Community Network Services Ltd (GCNet) en tant que mesure temporaire pour permettre aux opérateurs de l’ICUMS de procéder à un examen de leurs opérations pour un meilleur rendement.
Last but not the least, le même appel est lancé par Isaac Adongo. Le député de la circonscription centrale de Bolgatanga a révélé que seuls 450 des 750 agents de dédouanement peuvent accéder au nouveau système intégré de gestion douanière (ICUMS d’UNIPASS) dans les ports.
Selon lui, quelque 300 agents de dédouanement ne sont pas enregistrés dans le nouveau système, ce qui signifie que les 450 agents activement présents ne font que provoquer des goulets d’étranglement dans le dédouanement des marchandises dans les ports.
Dans une tribune, il lance un appel : « Je lance un appel à tous les Ghanéens bien intentionnés à résister à cette fraude odieuse commise à l’encontre des importateurs et des milieux d’affaires ghanéens par Nana Addo et Osafo Marfo et demander au Président d’annuler l’accord Unipass et de faire prévaloir le caractère sacré des contrats en rétablissant et en permettant aux contrats Wes Blue/GCNET d’expirer ».
La défense de d’Unipass ICUMS
Lors d’une autre conférence de presse, l’équipe de mise en œuvre technique de l’ICUMS a soutenu que les problèmes liés aux Numéros d’identification du contribuable (TIN) avaient été résolus le deuxième jour du déploiement du système.
Elle a démenti les allégations selon lesquelles l’ICUMS n’était pas sécurisé, affirmant que le système avait une isolation claire des données et que la confidentialité des données était appliquée.
Le chef de projet de l’ICUMS, le commissaire adjoint des douanes, Emmanuel Ohene, a déclaré qu’à la suite de l’intégration de la communauté portuaire sur la plate-forme, les fonctionnaires avaient inscrit plus de 6 000 utilisateurs de la communauté portuaire sur le système.
Selon lui, la plupart des défis qui se sont posés résultent de l’incapacité de l’équipe de mise en œuvre à accéder aux données historiques du système dépassé pour servir de solutions pratiques pour la continuité de l’apurement, d’où le recours à l’approche manuelle comme mesure alternative.
“Les transactions d’une entité ne peuvent être consultées par une autre agence. De plus, il y a un contrôle clair du travail, de sorte que même les utilisateurs d’une même entreprise ne peuvent pas voir le travail d’un autre, à moins qu’un rôle de superviseur ne leur soit attribué, puisque le système permet aux administrateurs d’une entreprise de créer, d’attribuer des rôles, de suspendre, de révoquer et de supprimer un utilisateur“, a-t-il déclaré.
Emmanuel Ohene a ajouté que l’ICUMS avait enregistré environ 1.452 transactions aux frontières terrestres, dont 408 étaient des importations directes pour usage domestique, 900 des importations temporaires de véhicules (TVI), 34 sur l’entreposage, 20 sur le transit et neuf comme transactions de zones franches.
Toutefois, il reconnaît que des challenges existent : “Je dois admettre que nous avons certainement des défis à relever, mais ceux-ci sont abordés au fur et à mesure qu’ils se présentent, et notre espoir est que la formation continue qui est en cours offrira quelques solutions sur la familiarité des utilisateurs pour réduire les défis“, a-t-il ajouté.
Toute chose qui ne convainc pas les acteurs portuaires.
Dans un entretien accordé à Joy FM, Kwaku Okyere Darko, membre du comité technique de l’Institut ghanéen des transitaires, a réaffirmé que le nouveau système d’opérations portuaires UNIPASS mis en place au port de Tema ne fonctionnait pas et entraînait un arriéré de déclarations dans le système, ce qui ralentit les processus.
“Un mois après le déploiement à Takoradi, le président (des transitaires) est allé faire un rapport de la situation à Takoradi. Il a identifié 25 défis majeurs à relever. Ces défis ont été envoyés au ministre et à certains d’entre nous. Nous avons discuté avec le ministre du Commerce et de l’Industrie, le vice-ministre, et nous leur avons présenté la situation à Takoradi. Donc, s’ils ne sont pas capables de résoudre ces défis à Takoradi, il n’est pas nécessaire de transposer ce système à Tema“, révèle-t-il.
Plus encore, soutient-il, “on ne déploie pas un tel projet à Tema sans un pilote”. « Takoradi ne fait pas 1% de ce que nous faisons à Tema. Donc, si Takoradi a commencé et qu’un mois plus tard ils ont toujours des défis à relever, alors nous devons être prudents lorsque nous déménageons à Tema. Tema est le lieu de passage de 90 % des marchandises du pays », explique-t-il.
Pour sortir de cette situation, il propose d’utiliser dans un premier temps les deux systèmes : celui de GCNet et WestBlue d’une part et un système pilote d’Unipass, d’autre part.