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RD Congo : Améliorer le climat des affaires dans les télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Christian Katende a son rôle à jouer pour rendre attrayante la destination RDC. Le président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a été reçu par le ministre d’État, ministre du Plan & CAD, Guylain Nyembo Nyembo, ce 24 février 2026. Les deux personnalités ont traité la question de l’amélioration du climat des affaires dans le secteur des télécommunications, levier stratégique de la transformation économique de la République démocratique du Congo.

Pour cela, il va falloir mobiliser davantage d’investissements et consolider un cadre réglementaire cohérent, stable et incitatif. Et surtout maximiser sur la digitalisation, comme l’a précisé le président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC).

« La digitalisation constitue aujourd’hui un impératif pour renforcer la compétitivité de notre économie. En améliorant le climat des affaires dans les télécommunications, nous créons les conditions d’une expansion durable et inclusive du numérique en RDC », a déclaré Christian Katende.

L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a organisé du 18 au 19 février 2026 la 10ᵉ session ordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC).

L’événement était placé sous le thème : « Stratégie de coopération sous-régionale pour une régulation harmonisée des services de télécommunications par satellites non géostationnaires (NGSO) ».

Plusieurs recommandations ont émergé de ces travaux : l’amendement des statuts révisés de l’ARTAC, accompagné de l’élaboration d’un cahier des charges pour la désignation du secrétaire exécutif et du régulateur de l’État du siège ; l’harmonisation de la régulation des services satellitaires NGSO ; la mise en œuvre de mesures de sécurité sous-régionales applicables aux services financiers numériques ; la prise en compte des résolutions de l’Union internationale des télécommunications (UIT) relatives à l’intégration du genre ; le renforcement de la cybersécurité et de la coopération technique ; ainsi que la promotion de la souveraineté numérique et de l’hébergement local des données.

Par Jean Materne Zambo

E-gov/Cap vert : Le gouvernement lance un portail numérique pour connecter l’Etat, les citoyens et les entreprises

[DIGITAL Business Africa] – Gov.CV, la plateforme numérique qui devrait révolutionner la gouvernance au Cap vert. Le gouvernement a lancé le portail ce 24 février 2026 lors d’une cérémonie organisée au TechPark en présence de membres du gouvernement et d’autres institutions.

Cette plateforme vient se substituer à ses sœurs plateformes utilisées jusque là. Selon le premier ministre, Ulisses Correia , explique que ce portail marque une évolution importante vers un système plus simple et centralisé.

Il précise: « Nous passons de multiples plateformes isolées à un portail unique, avec une seule entrée et une seule sortie pour les services publics ».

L’autre objectif de Gov.CV est d’ améliorer la communication entre les services publics. Jusqu’à présent, les systèmes ne partageaient pas leurs informations, obligeant les citoyens à fournir plusieurs fois les mêmes documents.

Avec GOV.CV, le gouvernement promet plus d’interopérabilité, de sécurité et d’efficacité, ainsi qu’une réduction des démarches administratives. Le premier ministre affirme que « le citoyen cesse de parcourir plusieurs départements pour obtenir des documents que l’État possède déjà », ce qui devrait permettre des procédures plus rapides, plus transparentes et suivies en temps réel.

Le portail sera mis en place progressivement, avec l’intégration continue de services publics numériques. Il doit intégrer progressivement de nombreux services administratifs. Entre autres notamment  l’éducation, la santé ou du commerce.

L’objectif final est de rassembler toute l’administration publique sur cette plateforme et d’harmoniser les paiements afin de réduire les coûts et le temps pour les utilisateurs. Le gouvernement souhaite ainsi renforcer la confiance dans l’État, améliorer la productivité de l’administration et simplifier la vie des citoyens et des entreprises.

Le Cap Vert occupe la 111e sur 193 à l’Indice de développement de l’e- gouvernement des Nations unies (EGDI). Ce qui lui confère un score de 0,6238 sur 1. Un performance classée en dessous de la moyenne mondiale (0,6382 sur 1).

Par Jean Materne Zambo

 

 

Gouvernance et intégration de l’IA : OpenAI s’appuie sur Accenture, BCG, Capgemini et McKinsey

[DIGITAL Business Africa]OpenAI accélère son offensive sur le segment des grandes entreprises. L’éditeur américain d’intelligence artificielle a annoncé la signature de partenariats pluriannuels avec quatre géants mondiaux du conseil Accenture, Boston Consulting Group (BCG), Capgemini et McKinsey & Company dans le but d’accélérer le déploiement d’agents d’intelligence artificielle au sein des grandes organisations.

Cette alliance s’inscrit dans le prolongement du lancement, début février 2026, de Frontier, une plateforme développée par OpenAI pour concevoir, déployer et administrer des “AI coworkers”, présentés comme de véritables collègues virtuels capables d’exécuter des tâches de bout en bout. L’ambition est limpide : intégrer l’IA générative au cœur des processus métiers, en la connectant aux données internes, aux systèmes existants et aux règles opérationnelles des entreprises.

Concrètement, ces agents peuvent traiter une demande client de manière autonome, interroger un CRM, appliquer des règles de conformité, mettre à jour des bases de données ou déclencher des workflows, sans intervention humaine sauf en cas d’exception. L’objectif n’est plus seulement d’assister les collaborateurs, mais de transformer l’organisation du travail.

Dans ce dispositif, BCG et McKinsey interviennent principalement sur les dimensions stratégiques et organisationnelles. BCG accompagne ses clients dans la définition de leur stratégie IA, l’identification des cas d’usage prioritaires, la refonte du modèle opérationnel et la conduite du changement, notamment via son entité technologique BCG X. McKinsey, de son côté, cible les directions générales afin d’élaborer des feuilles de route IA alignées sur les priorités business, avec l’appui de sa branche spécialisée QuantumBlack.

Accenture et Capgemini se concentrent davantage sur l’intégration technique et l’industrialisation. Accenture prend en charge l’architecture data et cloud, la sécurisation des environnements, la conformité réglementaire et le déploiement à l’échelle internationale. Le cabinet souligne d’ailleurs avoir déjà équipé des dizaines de milliers de ses collaborateurs avec ChatGPT Enterprise. Capgemini mettra pour sa part à profit son expertise sectorielle et ses capacités d’intégration pour moderniser les systèmes d’information et assurer l’exploitation continue des agents IA dans les métiers.

Au-delà de l’aspect technologique, l’enjeu est stratégique pour OpenAI. Les grandes entreprises s’appuient traditionnellement sur ces cabinets pour piloter leurs transformations numériques. En intégrant Frontier dans les feuilles de route élaborées par ces acteurs influents, la société dirigée par Sam Altman maximise ses chances d’imposer sa plateforme comme standard dans les stratégies IA des grands groupes.

Cette approche permet également de consolider sa position face à une concurrence accrue sur le marché entreprise, notamment celle de Google, Anthropic ou encore Microsoft.

L’enjeu financier est tout aussi déterminant. Les projets de transformation numérique portés par ces cabinets représentent souvent des investissements de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars. Selon des informations relayées dans la presse économique internationale, OpenAI viserait environ 600 milliards de dollars de dépenses cumulées en capacité de calcul d’ici 2030, avec un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 280 milliards de dollars à l’horizon de la fin de la décennie. À titre de comparaison, son chiffre d’affaires pour l’exercice écoulé s’élève à 13,1 milliards de dollars.

À travers cette alliance structurante, OpenAI ne cherche pas seulement à déployer des outils d’IA. L’entreprise ambitionne d’ancrer ses technologies au cœur même des modèles opérationnels des grandes organisations, en s’appuyant sur les acteurs qui en définissent les trajectoires stratégiques.

Par Loic SOUOP

 

Coopération : Digitalisation de la Lettre de Voiture Obligatoire et de la taxe à l’essieu sur le corridor Douala–N’Djamena

[DIGITAL Business Africa] – Plus de fluidité du transit Douala–N’Djamena. Le Cameroun et le Tchad tendent vers cet idéal. Les deux parties engagent la dématérialisation de la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO) et de la taxe à l’essieu sur le corridor Douala–N’Djamena. La cérémonie d’inauguration a eu lieu ce lundi 23 février 2026 au siège de cette agence sise au quartier petit paris dans l’arrondissement de Kribi premier.

Le BNFT émet  les lettres de voitures obligatoires (LVO), fluidifie le traffic sur les corridors stratégiques Kribi – Douala – Ndjamena  et lutte également contre les tracasseries routières. Il va sans dire que cette réforme vise à sécuriser les recettes publiques, à réduire les fraudes et à fluidifier le transit sur cet axe stratégique pour les échanges entre le Cameroun et le Tchad.

À Kribi depuis 2018, le BNFT était un poste rattaché à l’agence de Douala aujourd’hui, il est devenue une agence autonome. Une volonté de Mme Fatimé Goukounou Waddeye, Ministres des transports de l’aviation civile et de la Météorologie nationale du Tchad.

Emmanuel Kingue le premier adjoint préfectoral représentait le préfet de l’océan, Bouba Hama, à cette cérémonie. Il  a félicité la  “victoire de solidarité fraternelle sur nos frontières” et a invité les transporteurs Tchadiens à veiller à ce que les coûts logistiques n’ “étouffent” pas les consommateurs tchadiens.

Le lancement officiel de la phase pilote de la dématérialisation des procédures de délivrance de la lettre de voiture obligatoire et de la taxe à l’essieu s’est déroulé le 20 février 2026. C’était sous la présidence du directeur général du Bureau National de Fret Terrestre Saleh Youssouf Erda. Et ce, conformément aux instructions de  Fatima Goukouni Weddeye , ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Météorologie Nationale ainsi que des orientations du gouvernement.

Par Jean Materne Zambo 

Sanction des opérateurs télécoms, Fibre, 5G, cybersécurité, startups : le vrai bilan 2025 du numérique au Cameroun

[DIGITAL Business Africa] – Dans son allocution de présentation des vœux 2026 à la ministre des Postes et Télécommunications, le Secrétaire général du MINPOSTEL, Mohamadou Saoudi, a dressé un état des lieux détaillé de l’action du département ministériel et de l’écosystème du numérique au Cameroun en 2025. Infrastructures, gouvernance sectorielle, cybersécurité, connectivité, innovation, régulation et indicateurs de performance : le discours offre un panorama rare et chiffré de l’avancement réel de la transformation numérique du pays, tout en pointant les défis à relever pour accélérer la cadence en 2026.

Un contexte 2025 sous contraintes, mais une dynamique maintenue
Dans son discours dense et structurée prononcé le 19 février à l’esplanade du MINPOSTEL , Mohamadou Saoudi précise de prime abord que l’année 2025 s’est déroulée dans un environnement international marqué par des pressions inflationnistes, une reprise économique difficile et des tensions géopolitiques persistantes, avec, au plan national, la poursuite de la SND30, la gestion des défis sécuritaires dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et l’accélération de la transformation numérique de l’État et du secteur postal dans un cyberespace sécurisé.

Malgré ce contexte contraint, le MINPOSTEL « a maintenu son rôle de catalyseur essentiel de la croissance et du développement du pays », selon le Secrétaire général, traduisant une continuité de l’action publique sur les chantiers numériques structurants.

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

Infrastructures et connectivité : fibre, capacités internationales et qualité de service

Sur le front des infrastructures, 2025 a été marquée par des avancées significatives portées par CAMTEL et l’ART. Côté opérateur public, la réparation de segments de fibre endommagés, l’extension des capacités du backbone et des boucles métropolitaines de Yaoundé et Douala, la montée en capacité du câble sous-marin NCSCS de 100 Gbps à 300 Gbps avec une étude vers 2,4 Tbps, ainsi que la préparation du raccordement au câble MEDUSA, ont renforcé la résilience et la capacité du réseau national. À cela s’ajoutent la décongestion de 51 sites dans le cadre du projet Mobile Network Expansion et l’accord pour 250 nouveaux sites, l’optimisation satellitaire via AVANTI, le projet Blue Money, et des travaux d’études pour un backbone fibre le long du corridor ferroviaire Douala-Yaoundé-Ngaoundéré.

Côté régulation, l’ART a intensifié le contrôle de la qualité de service, conduit des audits du réseau national de fibre optique, préparé l’introduction de la 5G, élaboré le cahier de charges pour Starlink Cameroun, mené des concertations avec MTN et Orange, et prononcé 13 sanctions pécuniaires pour manquements. La coordination internationale des fréquences, la lutte contre les brouillages affectant parfois la navigation aérienne, ainsi que la validation de conventions d’interconnexion et de catalogues de partage d’infrastructures, ont complété ce dispositif de supervision.

Écosystème numérique et innovation : startups, données et jeunesse

Le développement de l’écosystème numérique national a été soutenu par des événements structurants et des outils de pilotage. La Semaine de l’innovation numérique 2025, placée sous le thème de la mobilisation de l’intelligence artificielle pour une transformation numérique ambitieuse, les Concertations nationales sur l’IA, le Forum des jeunes sur la gouvernance de l’Internet, ainsi que le concours national du meilleur projet TIC, ont contribué à animer l’écosystème et à valoriser l’innovation locale. Une base de données cartographique des startups numériques a été élaborée, tandis que des investissements ont porté sur la collecte et le traitement des données météorologiques, utiles à l’agriculture et à la gestion des risques climatiques.

PATNUC : politiques publiques, inclusion et plateformes de contrôle

Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun a constitué l’ossature de l’action publique en 2025. Sur le plan des politiques et cadres réglementaires, le Plan Cameroun numérique 2025-2030 a été élaboré, une stratégie de service universel définie, des équipements critiques de cybersécurité acquis au profit de l’ANTIC, et des plateformes de contrôle de la qualité de service installées pour l’ART. Les composantes connectivité et inclusion numérique ont progressé, tout comme les volets solutions axées sur les données pour l’agriculture et la gouvernance de projet, avec un pilotage renforcé des instances de coordination.

Cybersécurité et confiance numérique : équipements, culture et protection des usagers
La sécurisation de l’écosystème numérique a connu un renforcement notable en 2025. Les Journées nationales de cybersécurité, des campagnes de sensibilisation à l’usage responsable des réseaux sociaux, la mise en place d’un laboratoire de cybersécurité à l’Université de Maroua, une plateforme de management de la sécurité des systèmes d’information, un mini centre de veille sécuritaire au MINPOSTEL, ainsi que la révision de la politique nationale de sécurité des réseaux et systèmes d’information, ont consolidé l’architecture nationale de cybersécurité. L’ANTIC a renforcé la sécurité du domaine .cm via le DNSSEC, mené des audits de sécurité dans 66 structures, émis des alertes et bulletins, soutenu des collectivités territoriales décentralisées dans la mise en place de leurs systèmes d’information, et intensifié la lutte contre la cybercriminalité.

Gouvernance sectorielle et capacités humaines

Sur le plan institutionnel, le programme d’appui à la gouvernance interne du MINPOSTEL a permis d’améliorer le cadre de travail et la coordination administrative. SUP’PTIC a poursuivi l’alignement de l’offre de formation aux exigences du numérique, la rénovation d’infrastructures de recherche et le renforcement des capacités des enseignants, contribuant à la formation des compétences nécessaires à l’économie numérique. Au plan international, la participation du Cameroun aux grandes rencontres du secteur, ainsi que l’organisation de l’Africa Digital Expo à Douala, ont renforcé la visibilité du pays et l’alignement sur les standards globaux.

Poste et services numériques : modernisation et e-commerce

Le volet postal, souvent sous-estimé dans la transformation numérique, a connu des avancées concrètes : réhabilitation de bureaux de poste, dotations en équipements IT et énergie solaire, outils de suivi des envois, audit pour la mise en place d’un hub e-commerce sous-régional, restructuration du marché postal, régularisation d’opérateurs et préparation de textes réglementaires. CAMPOST a engagé des chantiers structurants, dont l’upgrade de son data center et l’acquisition d’un core banking system, éléments clés pour la digitalisation des services financiers postaux.

Indicateurs 2025 : des progrès mesurables, mais des marges à combler

Les indicateurs présentés par le Secrétaire général témoignent d’avancées mesurables : la proportion des points de contacts postaux connectés à Internet atteint 84 pour cent, l’Indice de Développement des TIC progresse à 3,5, le taux de réalisation des activités budgétisées du ministère est de 100 pour cent, et l’Indice national de cybersécurité s’établit à 0,48, proche de la cible.

L’exécution budgétaire atteint 90 pour cent pour les dépenses courantes et 93 pour cent pour l’investissement, signal d’une capacité d’absorption en amélioration. Pour autant, des retards et obstacles opérationnels subsistent, appelant à une meilleure coordination interinstitutionnelle et à une accélération de l’exécution des projets.

Un bilan 2025 qui prépare le cap 2026

Au total, 2025 aura été une année de consolidation pour le numérique au Cameroun, marquée par des investissements dans les infrastructures, un renforcement de la régulation, des avancées en cybersécurité et une animation soutenue de l’écosystème d’innovation. Le bilan dressé par le Secrétaire général du MINPOSTEL met en évidence une trajectoire positive, mais encore insuffisante au regard des ambitions de la SND30.

La feuille de route implicite pour 2026 est claire : accélérer l’inclusion numérique, améliorer la qualité de service des réseaux, renforcer la confiance numérique, déployer davantage de capacités internationales et locales, et transformer les progrès techniques en impacts tangibles pour les citoyens, les entreprises et l’administration publique.

Par Digital Business Africa

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2-https://www.digitalbusiness.africa/mohamadou-saoudi-a-minette-libom-li-likeng-vous-etes-la-personne-idoine-pour-mener-a-bon-port-la-barque-du-minpostel-et-du-secteur-numerique-au-cameroun/

Madagascar : 664 000 équipements numériques subventionnés pour briser la fracture digitale et doper l’inclusion

[DIGITAL Business Africa] – À Madagascar, le numérique est désormais érigé en pilier stratégique du développement socio-économique. Le gouvernement entend faire de la digitalisation des services publics un levier de transformation structurelle, avec pour ambition de rapprocher l’administration des citoyens et de stimuler l’économie numérique. Mais face à une fracture digitale encore profonde, l’accès aux équipements reste un défi majeur.

Le 21 février, les autorités malgaches ont officiellement lancé un programme national de commercialisation de 664 000 équipements numériques subventionnés. Sur ce volume, 400 000 terminaux sont spécifiquement réservés aux femmes et aux jeunes filles, traduisant une volonté affichée de réduire les inégalités d’accès et de promouvoir une inclusion numérique plus équitable.

Le dispositif s’appuie sur un réseau de neuf distributeurs officiels contractualisés, chargés d’assurer la transparence du processus et une couverture progressive du territoire, y compris dans les zones rurales. L’initiative est financée dans le cadre du fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), doté d’une enveloppe de 24 millions de dollars, à travers sa sous-composante dédiée aux « équipements numériques abordables ».

Au-delà de l’accès aux terminaux, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large structurée autour du Plan stratégique quinquennal du numérique (PSN) 2023-2028. Ce document de référence fixe l’objectif de positionner Madagascar comme un acteur significatif de l’économie numérique africaine, en misant sur le développement des télécommunications, l’e-gouvernement et l’inclusion digitale. Les autorités ambitionnent de porter la contribution du secteur numérique à 6 % du PIB d’ici 2028, contre 1,5 % en 2019.

Cependant, les défis restent considérables. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 18,7 % des Malgaches utilisaient Internet en 2024. Par ailleurs, si 44,4 % de la population disposait d’un téléphone mobile, cette statistique ne distingue pas les appareils basiques des smartphones compatibles avec les services numériques avancés. De son côté, la GSMA souligne que le coût des smartphones demeure un frein important, malgré l’apparition d’appareils à moins de 100 dollars.

La couverture réseau constitue un autre facteur limitant. Fin 2023, les réseaux 2G et 3G couvraient respectivement 88,5 % et 69,2 % de la population, tandis que la 4G atteignait 34,6 % en 2024. La 5G, encore embryonnaire, ne concernait que 6,12 % de la population. À ces contraintes techniques s’ajoutent le coût des offres Internet, le déficit de compétences numériques, les enjeux de cybersécurité et la perception parfois limitée de la valeur ajoutée des services numériques.

En l’état, les 664 000 équipements subventionnés représentent une avancée significative, mais encore marginale au regard d’une population estimée à près de 33 millions d’habitants. Les autorités n’ont pas encore précisé l’existence de phases supplémentaires ni le calendrier d’extension du programme.

En misant sur l’accessibilité des terminaux, Antananarivo pose une première brique essentielle. Reste à transformer l’essai en combinant équipements, connectivité de qualité, formation aux usages et pertinence des services publics numériques. Car au-delà des chiffres, c’est bien l’appropriation effective du digital par les citoyens qui conditionnera l’impact réel de la stratégie numérique malgache.

Par Loic SOUOP

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux 2026 au ministre des Postes et Télécommunications, Monsieur Mohamadou Saoudi, Secrétaire général du MINPOSTEL, a dressé le bilan complet de l’action du département ministériel en 2025 et esquissé les priorités pour 2026. Dans cette allocution dense et structurée prononcé le 19 février à l’esplanade du MINPOSTEL, il revient notamment sur les avancées du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun (PATNUC), les progrès enregistrés dans le développement de l’écosystème numérique national, le renforcement de la cybersécurité, l’extension des infrastructures de connectivité, la modernisation du secteur postal, ainsi que les actions menées par l’ART, CAMTEL, l’ANTIC et SUP’PTIC.

Le Secrétaire général met également en lumière les indicateurs de performance du secteur, l’exécution budgétaire 2025 et les perspectives ouvertes pour 2026, avec l’ambition de faire éclore les prémices d’une économie numérique renouvelée, catalyseur de croissance et d’emplois pour la jeunesse camerounaise. Digital Business Africa vous propose l’intégralité de ce Discours.

“Your excellency, the Minister of Posts and Telecommunications;

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

  • The Representative of the International Telecommunication Union (ITU) Area Office for Central Africa and Madagascar;
  • Inspectors General;
  • General Managers;
  • Technical Advisers;
  • Inspectors;
  • Directors and Heads of Division;
  • The Director of the National Advanced School of Posts, Telecommunications and Information and Communication Technologies (SUP’PTIC);
  • Regional Delegates following us online;
  • Sub-Directors and Heads of Units;
  • Heads of Services and Offices;
  • Dear collaborators;
  • Distinguished guests;
  • Ladies and Gentlemen,

It is a distinct honour as well as a pleasant duty for me to address you once more today, on behalf of all the staff members of the Ministry of Posts and Telecommunications and the whole P & T sector in our country, on the occasion of the solemn traditional presentation ceremony of new year wishes to the Head of the Government Department in charge of Posts, Telecommunications and Information and Communication Technologies, Mrs Minette LIBOM Li LIKENG.

Beyond the traditional nature of this ceremony, it is first of all a special opportunity of friendly exchange and in-depth brainstorming between the various structures of the national community of Posts, Telecommunications and Information and Communication Technologies. The workshop for public Administrations on the challenges of artificial intelligence in Cameroon under the supervisory authority of MINPOSTEL organised prior to this ceremony constitute one of the most friendly and professional moment shared within the department.

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

When I speak of the genuine pleasure I feel in taking the floor, I can hardly express the gratitude and constant satisfaction that has inspired me since 20 July 2020, when His Excellency Paul Biya appointed me to these high offices. This mark of presidential confidence, which you demonstrate with demanding kindness on a daily basis, is the driving force behind my commitment to serve the state.

Your Excellency,
Permit-me to express my deepest gratitude for your constant support and for giving me the opportunity once again to coordinate this solemn ceremony of presenting New Year’s Wishes.

I would like to seize this happy and memorable occasion, to thank this prestigious assembly of personalities who put aside their busy schedule to massively rekindle with their presence the splendour of this ceremony. It is a great pleasure to have you among the participants.

Your Excellency,
Tradition requires that on the occasion of the presentation of new year wishes, a balance sheet of the activities carried out during the previous financial year is drawn up, before defining the outlines of the current one. This is the task I shall now set forth, pending new instructions that will serve as our roadmap throughout the year 2026.

As you all know, 2025 was a challenging year at the international level, characterised by persistent inflationary pressures, difficult economic recovery, the ongoing Russian–Ukrainian conflict, and deteriorating climatic conditions. At the national level, this context has been marked by the continued implementation of NDS-30, the management of security challenges in the Far North, North-West and South-West regions, the import substitution process, the continuation and acceleration of Cameroon’s digital transformation and the digitisation of the postal service in a secure cyberspace.

Despite a challenging economic and social context, MINPOSTEL, under your enlightened leadership and constant determination, has maintained its role as an essential catalyst for the country’s growth and development.

Mohamadou Saoudi à Minette Libom Li Likeng : « Vous êtes la personne idoine pour mener à bon port la barque du MINPOSTEL et du secteur numérique au Cameroun »

With regard to programme 129 on network densification and improvement of national postal coverage, several activities have been carried out, namely:

  • the rehabilitation and maintenance of six (06) post offices;
  • the provision of IT equipment and solar energy in some post offices;
  • the completion of an infrastructural, technical and operational audit with a view to setting up a sub-regional e-commerce hub for Central Africa in Cameroon;
  • the restructuring of the postal market to ensure healthy and fair competition between operators;
  • the regularisation of illegal operators by MINPOSTEL, pending the creation of a dedicated autonomous entity;
  • an increase in the number of authorised private postal operators from 41 to 44 between 2023 and 2025 (including 42 postal courier services and 2 postal money transfer services);
  • the drafting and submitting to the hierarchy 11 draft texts in compliance with Law No. 2020/0004 of 23 April 2020 governing postal activity in Cameroon;
  • the evaluation of the quality of postal services provided to the public;
  • the development of a tool for processing and tracking postal items;
  • the connection of three (03) post offices to the electricity supply grid;
  • equipping the Lolordof post office with office furniture;
  • assessing the cost of providing the Universal Postal Service (UPS) by CAMPOST for the 2023 financial year in accordance with the regulations in force;

At Cameroon Postal Services (CAMPOST), whose activities we monitor in our capacity as supervisory authority, the following actions were carried out as part of the programme:

  • The general audit of the 2018-2020 financial years by the Directorate-General for Large Enterprises (DGE), which was carried out at the company from January to June 2025.
  • The signing by MINEPAT, MINFI, MINPOSTEL and CAMPOST of the minutes and final report on the implementation of the State-CAMPOST Contract Plan for the 2019, 2020, 2021 and 2022 financial years.
  • the signing with MINFI of an agreement to open and operate a postal current account (CCP) for the benefit of the Public Treasury and postal current accounts (CCP) for the benefit of Local and Regional Authorities (LRAs) for the collection of local tax revenues and the settlement of public expenditure.
  • Receipt of the contract for the development of the Strategic Development Plan (2025-2030), which was awarded to the AFRIQ BRAIN CONSULTING/GROUPE BFC consortium.
  • The continuation of the execution by Moore Stephens of contracts relating to the development of process and risk mapping and the development of the CAMPOST procedures handbook.
  • The continuation of the execution by ORYX Consulting Sarl of the contract for the inventory of CAMPOST‘s fixed assets.
  • Finalisation by the publisher Capital Banker (CBK) of the contract for the acquisition of a CBS core banking system.
  • Finalisation by the HUAWEI/ITG Store consortium of the contract for the ‘Upgrade of the CAMPOST Data Centre’.

S’agissant du programme 130 consacré au développement de l’écosystème numérique national, les actions ci-après ont été entreprises :

  • L’organisation de la 4ème édition de la semaine de l’innovation numérique s’est tenue du 20 au 27 juin 2025, à Yaoundé, sous le thème : « Mobiliser l’intelligence artificielle pour une transformation numérique ambitieuse et répondant aux besoins de la société camerounaise ».
  • L’organisation du concours national du meilleur projet TIC, à l’issue duquel les dix (10) meilleurs projets ont été primés.
  • L’organisation du 7 au 8 juillet 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé, de la 2ème édition des concertations nationales sur l’Intelligence artificielle (CONIA), sur le thème « promouvoir une économie numérique inclusive et durable par la mobilisation de l’Intelligence Artificielle pour un Cameroun émergent ».
  • L’organisation de la 5ème édition du Forum des jeunes sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun, sous le thème « Jeunesse et transformation numérique : vers un Internet inclusif, sécurisé, et durable ».
  • L’élaboration d’une base de données cartographique des startups numériques au Cameroun.
  • Le renforcement des outils de collecte et de traitement des données météorologiques.
  • La mise en œuvre de la phase II du projet relatif aux données météorologiques.

Dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC), plusieurs activités ont été mises en œuvre et sont déclinées comme suit :

Pour la composante I dédiée à la mise en place des Stratégies, des politiques et des réglementations favorables à l’inclusion et à la transformation numérique, l’on peut citer entre autres activités réalisées :

  • La réalisation de l’étude d’évaluation et l’élaboration du Plan Cameroun numérique 2025-2030.
  • L’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre du service universel dans les communications électroniques.
  • L’acquisition d’équipements critiques pour la cybersécurité au profit de l’ANTIC.
  • L’acquisition et l’installation de plateformes de contrôle de la qualité de service pour l’ART.

Pour la composante II dédiée à la connectivité et l’inclusion numériques, 05 activités sont achevées, 02 sont en cours d’exécution, 06 sont en phase de passation des marchés et 14 restent à démarrer.

Au niveau de la composante III dédiée à la facilitation de la mise en œuvre de solutions axées sur les données dans le secteur agricole, 32 activités ont été menées à leur terme, 23 actions sont engagées dont 14 en cours d’exécution et 9 en phase de passation des marchés tandis que 14 activités restent à démarrer.

Pour la composante IV dédiée à la coordination, la gestion et l’engagement citoyens, l’accent a été mis sur la consolidation de notre gouvernance à travers le fonctionnement régulier des instances de pilotage. Parallèlement, nous avons veillé à une gestion rigoureuse des ressources, garantissant ainsi la prise en charge des frais opérationnels et la réalisation des acquisitions indispensables à la pérennité de nos missions.

Dans le prolongement de l’action de notre département ministériel, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) quant à elle, a mené les actions suivantes en droite ligne de ce programme. Il s’agit de :

  • L’élaboration du projet de Convention de Concession et du cahier de charges pour Starlink Cameroun Sarl.
  • L’élaboration d’un document de synthèse pour l’introduction de la 5G.
  • La tenue des concertations avec MTN et Orange pour améliorer la qualité de service.
  • La réalisation de contrôles de couverture et de qualité de service, l’inspection des sites, l’identification des abonnés et la conformité tarifaire.
  • La réalisation de la deuxième phase de l’audit du réseau national de fibre optique.
  • La finalisation de l’étude sur la coexistence fibre optique noire / capacités managées.
  • La signature de 13 décisions de sanctions pécuniaires contre MTN et Orange.
  • La résolution de brouillages de fréquences, dont certains affectant la navigation aérienne.
  • L’audit technique des réseaux d’opérateurs et du réseau fibre optique de CAMTEL.
  • L’acquisition d’équipements pour le laboratoire d’homologation des terminaux.
  • La délivrance de licences, récépissés, accords de fréquences, agréments et attestations d’homologation.
  • La coordination internationale des fréquences pour les réseaux terrestres et satellites.
  • La révocation d’une assignation de fréquences notifiée à ALINK TELECOM.
  • L’examen de 63 rapports d’activités des opérateurs et la production de données de facturation.
  • La validation de 5 conventions d’interconnexion et 6 catalogues de partage d’infrastructures.
  • La participation à la 3ème session extraordinaire de la Conférence des Régulateurs de l’ARTAC.
  • La réalisation de missions conjointes avec l’ARCEP Tchad pour éradiquer les signaux irréguliers au Tchad.
  • La mise en œuvre de la révision de l’Accord de coordination des fréquences Cameroun-Tchad.
  • La signature de l’Accord de coordination des fréquences aux frontières Cameroun-Gabon.
  • La sensibilisation des usagers aux communications électroniques.
  • La finalisation du projet d’extension de la plateforme de contrôle de trafic.

La Cameroon Télécommunications (CAMTEL) a pour sa part, mené les activités ci-après, dans le cadre de ce même programme :

  • La correction des segments de fibres optiques endommagés du backbone de CAMTEL et des last mile des opérateurs MTN et ORANGE.
  • Le lancement des projets d’extension des capacités du backbone et des boucles Métro de Yaoundé et Douala.
  • La mise à niveau du câble sous-marin NCSCS de 100 Gbps à 300 Gbps et l’étude pour l’augmentation à 2,4 Tbps.
  • La décongestion de 51 sites dans le cadre du projet Mobile Network Expansion (MNE) et l’obtention de l’accord pour la construction de 250 nouveaux sites.
  • L’élaboration d’un projet de MoU pour le raccordement du Cameroun au câble sous-marin MEDUSA.
  • L’optimisation des liaisons satellitaires via un contrat avec AVANTI, avec 19 sites réceptionnés en phase pilote.
  • La mise sur pied de l’équipe projet, du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale pour le projet Blue Money, avec le déploiement technique effectif.
  • La mise à niveau des BRAS et l’amélioration de la qualité de service sur le réseau DATA FTTH.
  • La fourniture et l’installation d’équipements pour le déploiement d’un réseau AIRPON pour 10 000 lignes FTTX.
  • La réalisation des études pour un backbone fibre optique le long des rails Douala-Yaoundé-Ngaoundéré.
  • L’augmentation du maillage par la création de six nouveaux Centres de Transmission Terrestre (CTT).
  • La relance des activités du STEERCO avec MTN Cameroon.
  • La préparation de la signature d’une convention de partenariat entre CAMTEL et SONATREL.
  • La mise à disposition de bandes passantes dédiées pour la CRTV et ELECAM lors des élections et de l’investiture présidentielle.
  • La mise en œuvre d’une organisation spéciale pour garantir une qualité de service optimale pendant les périodes électorales.

Concernant le programme 132 relatif à la sécurisation de l’écosystème national du numérique, les actions suivantes ont été menées à l’instar de :

  • L’organisation de la 2ème édition des journées nationales de cybersécurité tenue à Bafoussam du 16 au 18 septembre 2025.
  • La tenue de campagnes nationales de promotion de la culture de la cybersécurité et de sensibilisation à l’utilisation responsable des réseaux sociaux dans les régions.
  • La mise en place d’un laboratoire de cybersécurité à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de l’Université de Maroua.
  • La mise en place d’une plateforme de management de la sécurité des systèmes d’information.
  • L’acquisition des logiciels de sécurité pour la protection des applications web et les équipements de bureau du MINPOSTEL.
  • La mise en place d’un mini centre de veille sécuritaire au Ministère des Postes et Télécommunications.
  • L’élaboration d’un manuel de procédures d’investigation numérique.
  • La révision de la politique nationale de sécurité des réseaux et des systèmes d’information.
  • L’élaboration d’un plan d’actions national de protection des enfants en ligne.

Pour l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), les activités menées qui rentrent dans ce programme ont porté sur :

  • L’évaluation du niveau de transformation digitale d’échantillons de structures publiques et privées.
  • L’organisation de l’événement « Digitize Cameroon 2025 » pour le renforcement des capacités des startups.
  • L’élaboration d’une cartographie TIC des structures publiques.
  • Le renforcement de la sécurité du domaine « .cm » avec l’implémentation du DNSSEC.
  • L’appui à plus de 10 Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) dans la mise en place de leur Système d’Information.
  • L’organisation de séminaires sur la sécurisation des documents administratifs et le renforcement des capacités des opérateurs et des CTD.
  • La sensibilisation de masse et ciblée sur les enjeux du numérique.
  • La lutte contre la cybercriminalité (recensement et fermeture de plateformes d’arnaque, détection de vulnérabilités, fermeture de faux comptes, traitement de plaintes).
  • L’émission d’alertes et de bulletins de sécurité.
  • La mise en place d’une infrastructure de gestion des certificats SSL/TLS.
  • La réalisation d’audits de sécurité dans 66 structures et le suivi des recommandations.
  • L’adhésion au Réseau Interrégional sur la confiance numérique (AAECANet).

Dans le cadre du programme 131 consacré à la gouvernance et l’appui institutionnel dans le sous-secteur des postes et Télécommunications, l’on a pu veiller à la coordination administrative, l’amélioration du cadre de travail et la gouvernance interne du ministère, à travers la réfection des bureaux et l’acquisition du mobilier de bureau et du matériel informatique dans les services centraux et déconcentrés ainsi que la prise en charge des dépenses en personnels.

SUP’PTIC a pour sa part mené les activités suivantes :

  • Le développement et la rénovation des infrastructures innovantes (Intranet, centre de recherches).
  • L’arrimage de l’offre de formation aux exigences du numérique.
  • L’adoption du plan de formation pour renforcer les capacités des enseignants et personnel.
  • La participation au Salon du Génie et du Talent de l’Étudiant Camerounais (GETEC), qui s’est déroulé du 16 au 21 juin 2025 à Yaoundé.

Au plan de la coopération internationale, il est à noter les activités ci-après :
Dans le domaine postal, le Cameroun a pris part du 08 au 19 septembre 2025, à Dubaï aux Émirats Arabes Unis, au 28ème Congrès Postal Universel de l’Union Postale Universelle (UPU) où son siège de membre du Conseil d’Administration a été reconduit.

Dans le domaine des télécommunications et TIC, nous pouvons citer :

  • La visite officielle effectuée à Yaoundé du 13 au 16 mai 2025, par la délégation tchadienne sous la conduite de S.E Dr BOUKAR Michel, Ministre des Télécommunications, de l’Economie Numérique et de la Digitalisation de l’Administration de la République du Tchad.
  • La participation du Cameroun du 02 au 06 juin 2025, à la Conférence sur « le numérique de la Russie industrielle » et au Forum Numérique mondial en Russie.
  • La participation du Cameroun à la Conférence Mondiale de Développement des Télécommunications (CMDT-25) qui s’est tenue du 17 au 28 novembre 2025 à Baku en Azerbaïdjan.
  • L’organisation de la 14ème édition de l’Africa Digital Expo (ADEX) en partenariat avec One Africa Forums du 15 au 16 juillet 2025 à Douala.

Grâce à la réalisation de ces activités, les indicateurs de progression vers l’atteinte des objectifs stratégiques marquent ce qui suit :

  • dans le programme 129, la « Proportion des points de contacts postaux ayant une connexion internet » passe à 84% pour une cible de 84,78% ;
  • dans le programme 130, l’Indice de Développement des TIC (IDI) passe à 3,5 pour une cible de 4,8 ;
  • dans le programme 131, le « Taux de réalisation des activités budgétisées au sein du ministère » est de100% ;
  • dans le programme 132, l’Indice National de Cybersécurité passe à 0,48 pour une cible de 0,5.

D’une manière globale, l’enveloppe budgétaire allouée à notre département ministériel au titre de l’année 2025, a été exécutée à hauteur de 90% pour les dépenses courantes et de 93% pour les dépenses de capital.

Il convient cependant de relever que la mise en œuvre de certaines actions s’est heurtée à des obstacles imprévus, imputable à des contingences indépendantes de la diligence des différents intervenants. Néanmoins, notre département ministériel a pu honorer plusieurs de ses engagements, témoignant ainsi de notre résilience et de notre détermination.

Excellence, Madame le Ministre,
Dans l’exécution des missions et des tâches qui sont quotidiennement les nôtres, notre souci permanent reste et demeure le plein investissement de soi, dans la loyauté et la probité, pour la réalisation des objectifs que nous nous assignons collectivement. Nous resterons toujours à vos côtés et déterminés à remporter de nouvelles victoires sur les multiples chantiers du développement de notre secteur.

Nous formulons le vœu ardent que les acquis consolidés au cours de l’exercice 2025 constituent le socle fertile de nos chantiers futurs. Il nous appartient, dès 2026, d’y faire éclore les prémices d’une économie numérique renouvelée, véritable catalyseur de croissance et génératrice de perspectives d’emploi inédites pour notre jeunesse.

Excellence,
Dans cette perspective très ambitieuse, nous ne doutons pas un seul instant que vous êtes la personne idoine qui peut mener à bon port la barque du MINPOSTEL, voir du secteur.

Pour ce faire, les personnels des Services centraux et déconcentrés, par ma voix, s’engagent à continuer à vous apporter tout le soutien qu’il vous faut pour réussir dans vos hautes et oh combien exaltantes missions, pour le développement du secteur des Postes, des Télécommunications et TIC et surtout pour le plus grand bonheur des communautés.

A cet égard, les personnels des services centraux et déconcentrés, de même que ceux des structures sous tutelle, par ma voix, vous témoigne sa gratitude pour la dynamique managériale du Secteur menée sous vos auspices. Elle ne doute pas un seul instant de votre disponibilité à maintenir le cap, et à garantir chaque jour, à travers le déploiement méthodique des Grands Projets et Programmes du secteur des Postes et Télécommunications, la Marche Sereine et Inexorable du Cameroun vers l’Emergence en 2035.

Excellence Madame le Ministre,
En exprimant ici et maintenant, notre ferme détermination à rester mobilisés autour de vous, pour vous soutenir dans l’accomplissement de votre lourde mission, l’honneur m’échoie, en ce moment tant attendu, de vous présenter, au nom de la Grande famille des Postes, des Télécommunications et des TIC, à votre époux le Révérend Dr LIBOM LI LIKENG, à toute votre famille ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, nos vœux les meilleurs de santé, de bonheur et de prospérité pour l’année 2026 qui commence. Que la paix et la grâce de Dieu vous accompagnent dans toutes vos actions à venir à la tête de notre département ministériel.

Ayez toujours le Seigneur comme Guide car c’est lui qui vous fera réaliser des choses grandes et insondables.

Vive le secteur des Postes, des Télécommunications et des TIC en pleine mutation ;
Vive le Ministère des Postes et Télécommunications.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2026.

Je vous remercie de votre bienveillante attention. »

E-santé & GovTech au Cameroun : Diaspora Santé, la plateforme qui connecte l’expertise mondiale au système de santé national

[DIGITAL Business Africa] – Le ministère de la Santé publique du Cameroun (MINSANTE), le Dr Manaouda Malachie, a officiellement présenté, le 13 février 2026 à Yaoundé, la plateforme numérique « Diaspora Santé Cameroun », un nouvel outil digital conçu pour mobiliser les compétences, les investissements et l’expertise des professionnels de santé camerounais vivant à l’étranger au service du système sanitaire national. À travers cette initiative accessible sur la plateforme web https://diaspora.minsante.cm/, les autorités entendent faire du numérique un levier concret de modernisation de la santé publique, en structurant la contribution de la diaspora dans un cadre sécurisé, traçable et orienté résultats.

Une plateforme numérique au service de la transformation du système de santé

Développée par le MINSANTE, « Diaspora Santé Cameroun » se positionne comme une interface de collaboration entre l’État et les Camerounais de l’étranger. Elle permet aux membres de la diaspora de s’inscrire en ligne, de proposer des projets d’investissement ou d’appui technique, de consulter les besoins prioritaires des structures sanitaires du pays et de suivre l’évolution des initiatives soutenues. Les projets validés bénéficieront d’un suivi technique du ministère ainsi que d’un accompagnement dans les démarches administratives, avec une mise en avant des réussites dans un espace « Success Stories » destiné à valoriser l’impact des contributions et à encourager d’autres engagements.

Numérique et gouvernance sanitaire : structurer, sécuriser, piloter

Pour le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, l’enjeu est de structurer et de sécuriser la participation de la diaspora afin de la rendre plus efficace et mesurable. La plateforme introduit des mécanismes de pilotage et de gouvernance avec une équipe technique dédiée, des réunions mensuelles d’évaluation des projets et la publication régulière des réalisations. Ce cadre de suivi et de transparence vise à renforcer la confiance des contributeurs et à inscrire les initiatives dans la durée, tout en améliorant la coordination entre les acteurs publics, les établissements de santé et les partenaires de la diaspora.

Mobiliser la diaspora, une orientation présidentielle

L’initiative s’inscrit dans la droite ligne des orientations du Chef de l’État, Paul Biya, qui appelle à intégrer pleinement les compétences de la diaspora dans le développement national. Pour les autorités sanitaires, la santé publique constitue un domaine prioritaire où l’expertise internationale des Camerounais de l’étranger peut produire un impact rapide et structurant, notamment en matière de renforcement des capacités, de transfert de compétences, d’équipement des structures et d’appui à l’innovation médicale. Le ministre a rappelé que « la santé n’est plus l’affaire de quelques spécialistes ; elle est une responsabilité collective », soulignant la nécessité d’actions concrètes et d’une coordination rigoureuse pour améliorer durablement la qualité des soins.

Une plateforme ouverte à des profils variés, au-delà des médecins

Contrairement à une approche centrée uniquement sur les professionnels médicaux, Diaspora Santé Cameroun se veut inclusive. Médecins, chercheurs, ingénieurs biomédicaux, experts en management, investisseurs, étudiants et acteurs humanitaires sont appelés à contribuer. La plateforme propose également un annuaire interne facilitant la mise en relation entre membres de la diaspora, afin de favoriser les partenariats, la constitution d’équipes projets et l’émergence d’initiatives collectives à fort impact. Cette approche écosystémique reflète une compréhension élargie des enjeux de la transformation du système de santé, où les compétences techniques, organisationnelles, financières et numériques se complètent.

Financement, partenariats et durabilité du dispositif

Le financement de l’initiative est assuré par le budget de l’État, consolidé par la contribution de partenaires institutionnels. À terme, la réussite de Diaspora Santé Cameroun dépendra de sa capacité à attirer des projets pertinents, à garantir un suivi rigoureux, et à produire des résultats tangibles sur le terrain, qu’il s’agisse d’amélioration de l’offre de soins, de modernisation d’équipements, de formation du personnel ou d’innovations organisationnelles dans les structures sanitaires.

Quand le numérique devient un outil de politique publique en santé

Avec Diaspora Santé Cameroun, le MINSANTE illustre comment une plateforme numérique peut devenir un instrument de politique publique au service de la gouvernance sanitaire, de la mobilisation des compétences et de la transformation des services. En structurant l’engagement patriotique de la diaspora autour d’un dispositif digital piloté par l’État, les autorités camerounaises font le pari d’un numérique utile, orienté impact, et capable de rapprocher les expertises internationales des besoins concrets du terrain.

Par Digital Business Africa

Transformation numérique, IA et cybersécurité : la ministre Minette Libom Li Likeng trace la feuille de route 2026 sous l’impulsion de Paul Biya

[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An 2026 le 19 février au ministère des Postes et Télécommunications, la ministre Minette Libom Li Likeng a livré un discours fortement orienté vers l’accélération de la transformation numérique de l’État camerounais, le déploiement responsable de l’intelligence artificielle et le renforcement de la cybersécurité, dans la droite ligne de l’ambition du Chef de l’État, S.E. Paul Biya, pour faire du numérique un levier de performance publique, de souveraineté et de croissance.

Dès l’entame, la ministre a rappelé l’orientation présidentielle pour 2026, citant le message du Chef de l’État à la Nation du 31 décembre 2025 : « Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique… ». Elle a souligné que cette orientation constitue « une véritable feuille de route pour l’action gouvernementale », engageant l’ensemble des acteurs publics et privés à faire du numérique un moteur de croissance, d’inclusion sociale et de création d’emplois.

Transformation numérique, IA et cybersécurité : la ministre Minette Libom Li Likeng trace la feuille de route 2026 sous l’impulsion de Paul Biya

Vision présidentielle et transformation numérique de l’État

Minette Libom Li Likeng a insisté sur la cohérence de l’action gouvernementale avec la vision portée par Paul Biya, rappelant que « le Président de la République n’a eu de cesse d’insister, en diverses circonstances, sur l’importance de l’économie numérique ». Elle a également mis en exergue les avancées de 2025 dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun (PATNUC), qui traduisent la volonté de concrétiser la vision présidentielle visant à faire de l’économie numérique « un moteur de l’économie nationale ».

Sur le fond, la ministre a réaffirmé l’alignement avec la SND30, qui vise notamment à « moderniser l’administration publique par la transformation digitale des procédures, des services et des modes de gestion, afin d’améliorer l’efficacité et la transparence de l’action publique » et à « promouvoir la gouvernance électronique en déployant des plateformes numériques intégrées au service des citoyens, des entreprises et des administrations ».

Elle y associe l’exigence de souveraineté numérique et la réduction de la fracture numérique, en appelant à « accroître l’inclusion numérique afin de réduire la fracture territoriale, sociale et générationnelle ».

Transformation numérique, IA et cybersécurité : la ministre Minette Libom Li Likeng trace la feuille de route 2026 sous l’impulsion de Paul Biya

Intelligence artificielle, levier stratégique de modernisation

La ministre a placé l’intelligence artificielle au cœur de la modernisation de l’action publique. Revenant sur l’atelier d’imprégnation organisé en amont de la cérémonie, elle a rappelé que l’objectif était « d’analyser les enjeux liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration publique camerounaise, d’en identifier les opportunités et les conditions de mise en œuvre, et de définir une feuille de route nationale ».

Elle a tranché sans ambiguïté : « l’intelligence artificielle constitue désormais un enjeu stratégique majeur pour la modernisation de l’action publique, tant du point de vue de la performance administrative, de la qualité du service rendu au citoyen, que du renforcement de la souveraineté numérique nationale ». Et de préciser la portée de la rupture technologique en cours : « L’intelligence artificielle ne se résume pas à une simple innovation technologique. Elle constitue un changement de paradigme… ». Dans ce contexte, la ministre estime que « le Cameroun ne saurait rester en marge » et appelle à une action publique « cohérente, anticipative et coordonnée ».

Transformation numérique, IA et cybersécurité : la ministre Minette Libom Li Likeng trace la feuille de route 2026 sous l’impulsion de Paul Biya

Cybersécurité et confiance numérique, condition de la transformation digitale

La cybersécurité a été présentée comme un pilier de la confiance numérique. Minette Libom Li Likeng a rappelé la nécessité de « sécuriser le cyberespace national et protéger les données sensibles, face à l’intensification des menaces cybernétiques ». Elle a évoqué le renforcement des capacités de l’ANTIC et du CERT national, la sensibilisation aux usages responsables des réseaux sociaux et l’accompagnement des jeunes vers les métiers de la cybersécurité. La ministre a également annoncé l’intégration de l’IA « dans la détection automatique des anomalies, des menaces et des comportements malveillants », afin d’améliorer la prévention et la réponse aux incidents.

Mobilisation générale de l’écosystème public-privé

Au cœur du discours, la ministre a lancé un appel à l’engagement collectif, rappelant l’ampleur du chantier :

« Le chantier dans lequel nous sommes résolument engagés, est d’une ampleur exceptionnelle, qui interpelle l’ensemble des acteurs de l’écosystème : l’administration, les services centraux et déconcentrés, les structures sous tutelle, les opérateurs du secteur, les usagers, ainsi que toutes les parties prenantes concernées. »

Elle a insisté sur la nécessité d’un changement de posture : « Ce chantier exige au préalable une véritable conversion au numérique », avant d’appeler à une mobilisation totale des structures placées sous la tutelle du MINPOSTEL : « Il est évident que tous ces défis ne sauraient être relevés sans une mobilisation totale de toutes les structures placées sous la tutelle du MINPOSTEL. »

À l’endroit du secteur privé, l’appel est direct : « Aux acteurs du secteur privé, je lance un appel à un soutien accru à l’action du Gouvernement, afin de contribuer plus activement à la croissance du secteur et, au-delà, à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. »

E-Gov’A, catalyseur des ambitions de l’État numérique

Dans la dynamique d’engagement collectif prônée par la ministre, le Salon E-Gov’A, organisé par l’association Smart Click Africa et votre plateforme web d’infos stratégiques sur le numérique, Digital Business Africa, s’inscrit comme une plateforme de mobilisation, de dialogue et de co-construction de solutions pour l’État numérique.

Prévu du 14 au 16 mai 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications, le salon se tiendra autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».

Transformation numérique, IA et cybersécurité : la ministre Minette Libom Li Likeng trace la feuille de route 2026 sous l’impulsion de Paul Biya

E-Gov’A réunira administrations, régulateurs, opérateurs, startups, experts, partenaires techniques et citoyens autour des enjeux de gouvernance électronique, de services publics numériques, d’identité numérique, d’IA responsable et de cybersécurité.

À l’heure où la ministre parle d’un chantier « d’une ampleur exceptionnelle » qui « interpelle l’ensemble des acteurs », le salon entend catalyser les synergies public-privé, valoriser les innovations locales et accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes pour des services publics plus efficaces, inclusifs et sécurisés.

Sous la Très Haute Impulsion du Chef de l’État, et alors que 2026 est annoncée comme une étape décisive pour l’intelligence artificielle et la confiance numérique, ce discours constitue une orientation stratégique qui confirme que la transformation numérique n’est plus un chantier technique, mais bien un projet politique structurant pour l’avenir du Cameroun.

Par Digital Business Africa

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2-https://www.digitalbusiness.africa/sanction-des-operateurs-telecoms-fibre-5g-cybersecurite-startups-au-cameroun/

RD Congo : Le gouvernement veut digitaliser l’Examen d’État ou baccalauréat

[DIGITAL Business Africa] – L’Éducation nationale en RD Congo fait sa mue peu à peu. La ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, organise un atelier sur la modernisation et l’optimisation des procédures de gestion des données de l’examen d’ Etat du 23 au 26 février 2026.

Trois jours d’échanges qui permettront à n’en point douter au système de minimiser les erreurs humaines, de renforcer la traçabilité et la sécurité des informations, tout en améliorant la coordination entre les différentes instances impliquées. Sont invités à prendre part à ces travaux, les inspecteurs principaux provinciaux, les directeurs des provinces éducatives et les responsables techniques.

Au terme de l’atelier, plusieurs solutions innovantes pourraient jaillir. Notamment des plateformes de saisie et de traitement sécurisées des notes, des systèmes de vérification biométrique des candidats, des bases de données centralisées permettant un suivi en temps réel, ou encore des portails de publication des résultats accessibles par SMS dans les zones à zones à faible connectivité.

Il est clair que le système éducatif de la République démocratique du Congo se dote de tous les atouts pour s’ériger en modèle d’excellence et référence sur le continent africain tel que souhaité par Raïssa Malu, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté.

« Notre projet phare est que le système éducatif congolais, que l’école congolaise, soit promu comme un modèle d’excellence en Afrique. Voilà le travail qui va nous occuper et qui est repris dans ce plan quinquennal », a déclaré Raïssa Malu lors de la cérémonie de briefing de la rentrée scolaire 2025-2026 de septembre 2025.

Cet atelier s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du plan quinquennal du système éducatif congolais 2024-2029. Le document stratégique accorde une place primordiale à l’intégration des technologies de l’information et de la communication.

Le Plan quinquennal repose sur cinq principes directeurs :

1. le dialogue avec les parties prenantes,

2. le renforcement de l’administration,

3. l’investissement dans la formation et le développement des enseignants,

4. la promotion de l’équité et de l’inclusion,

5. et l’intégration des technologies de l’information et de la communication.

Plus encore, il poursuit cinq objectifs stratégiques :

1. Amélioration de l’accès à une éducation de qualité,

2. Promotion de l’équité et de l’inclusion,

3. Renforcement des enseignants et des inspecteurs,

4. Modernisation du système éducatif grâce aux technologies,

5.  Développement de la nouvelle citoyenneté.

Par Jean Materne Zambo, source : RTNC

Côte d’Ivoire : en digitalisant les exonérations pour les énergies renouvelables, Abidjan veut lever les freins fiscaux et accélérer l’investissement vert

[DIGITAL Business Africa] – La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans un contexte marqué par la montée en puissance des investissements dans les énergies renouvelables, les autorités accélèrent la dématérialisation des procédures administratives liées au secteur énergétique, avec l’ambition de bâtir un écosystème public plus agile, transparent et compétitif.

Le 20 février à Abidjan, la Direction générale de l’énergie a procédé au lancement officiel d’une plateforme numérique dédiée aux demandes d’attestations d’exonération de TVA (taxe sur la valeur ajoutée), de TOB (taxe sur les opérations bancaires) et de droits de douane pour les équipements d’énergies renouvelables. À travers cet outil, les importateurs et porteurs de projets peuvent désormais soumettre leurs dossiers en ligne, suivre en temps réel l’évolution de leurs requêtes et interagir directement avec l’administration.

Pour Narcisse Kalifa Éhouman, directeur général de l’Énergie, cette plateforme constitue « une avancée majeure dans la transformation numérique de l’administration énergétique ». Développée en étroite collaboration avec le Guichet unique du Commerce extérieur, elle vise à fluidifier les échanges entre l’État et les opérateurs économiques, tout en renforçant la transparence et la traçabilité des décisions.

Au-delà de la simplification des démarches, l’enjeu est économique. En centralisant et en automatisant le traitement des demandes d’exonération, les autorités entendent réduire les délais d’instruction, limiter les coûts indirects et sécuriser l’environnement réglementaire des projets solaires, éoliens et hybrides. Cette optimisation administrative pourrait contribuer à améliorer la bancabilité des projets et à renforcer l’attractivité du marché ivoirien pour les investisseurs nationaux et internationaux.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale de l’action publique. Ces dernières années, l’État ivoirien a accéléré l’automatisation des formalités du commerce extérieur, étendu les services fiscaux en ligne et intégré progressivement des outils numériques dans la gestion des services publics économiques. La digitalisation des exonérations énergétiques apparaît ainsi comme une brique supplémentaire dans la construction d’un gouvernement pleinement numérique.

Elle intervient également dans un contexte de transition énergétique accélérée. La Côte d’Ivoire ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à environ 42 % à 45 % de son mix électrique d’ici 2030, à travers le déploiement de nouvelles centrales solaires et d’infrastructures énergétiques structurantes destinées à accompagner la croissance de la demande en électricité.

En combinant réforme administrative et stratégie énergétique, Abidjan envoie un signal limpide : la transformation numérique devient un levier central de compétitivité et un accélérateur de la transition verte. À terme, les autorités envisagent d’étendre cette dématérialisation à d’autres procédures sectorielles, avec pour objectif de généraliser le suivi en ligne des démarches stratégiques et d’ancrer durablement la culture du e-gouvernement au cœur de l’action publique.

Par Loic SOUOP

RDC : 500 millions $ pour accélérer le numérique, Kinshasa mise sur les infrastructures et l’e-gouvernement pour changer d’échelle

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officialisé, mardi 17 février, l’opérationnalisation d’un financement de 500 millions de dollars destiné à soutenir le développement du numérique. L’annonce a été faite à l’issue d’une séance de travail présidée par le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, en présence d’une délégation d’experts de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD).

Selon le ministère, les assistances techniques sont en cours de finalisation afin d’engager les investissements autour de deux axes structurants. Le premier concerne le renforcement des infrastructures numériques. Des travaux d’envergure sont prévus pour connecter les principales villes du pays au haut débit, avec un double objectif : améliorer la qualité des services et réduire significativement le coût d’accès à Internet pour les populations et les entreprises. Dans un pays-continent comme la RDC, l’extension des réseaux constitue un prérequis à toute transformation digitale durable.

Le second axe porte sur la digitalisation des services publics et le développement des compétences. La dématérialisation de l’état civil figure parmi les priorités affichées, afin de simplifier les démarches administratives, de fiabiliser les données publiques et de renforcer l’inclusion. Cette composante inclut également des programmes de formation et de renforcement des capacités pour accompagner la modernisation de l’administration et stimuler l’employabilité dans les métiers du numérique.

Cette nouvelle enveloppe s’inscrit dans une dynamique plus large. En juin 2025, la RDC avait signé avec la Banque mondiale une série d’accords de financement d’un montant global de 1,9 milliard de dollars, dont 400 millions spécifiquement dédiés au numérique. L’Union européenne s’est, de son côté, engagée à mobiliser 100 millions d’euros supplémentaires. Ces appuis extérieurs viennent compléter l’effort budgétaire national prévu dans le cadre du Plan national du numérique 2026–2030 (PNN2), lancé en octobre 2025, qui prévoit un investissement public d’un milliard de dollars sur cinq ans.

Pour les autorités, le numérique est désormais identifié comme un levier stratégique de développement socio-économique. Les projections de la GSMA estiment que le digital pourrait générer environ 4,1 milliards de dollars pour l’économie congolaise d’ici 2029, à condition d’investir massivement dans des secteurs clés tels que l’industrie et l’agriculture.

Le défi reste toutefois considérable. La RDC occupe actuellement le 179ᵉ rang sur 193 pays à l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI), se situant en dessous des moyennes régionale et mondiale. L’opérationnalisation des 500 millions de dollars annoncés constitue ainsi un test grandeur nature pour la capacité du pays à transformer les engagements financiers en résultats concrets sur le terrain.

À travers ce programme, Kinshasa envoie un signal clair aux investisseurs et aux partenaires techniques : la transformation numérique n’est plus une ambition déclarative, mais un chantier structuré, financé et appelé à devenir un pilier de la compétitivité nationale.

Par Loic SOUOP

AI Impact Summit : La déclaration du Sénégal lors du GPAI Global Partnership on Artificial Intelligence

[DIGITAL Business Africa] – Au crépuscule du AI impact Summit tenu à New Delhi, plusieurs pays ont pris des engagements. Notamment le Sénégal, représenté par Alioune Sall. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a indiqué  le positionnement  du Sénégal sur la gouvernance mondiale de l’IA.

Le ministre Alioune, représentant du chef de l’ Etat, S.E Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé la déclaration du Sénégal lors du GPAI (Global Partnership on Artificial Intelligence). Le Sénégal est par ailleurs le premier pays africain à avoir intégré, en 2023, cette initiative internationale regroupant 44 pays membres et dédiée à la promotion d’une intelligence artificielle responsable, centrée sur l’humain et fondée sur une approche multipartite associant gouvernements, secteur privé, monde académique et société civile.

Le ministre Alioune Sall a affirmé :

• La volonté du Sénégal de jouer pleinement son rôle dans la gouvernance internationale de l’intelligence artificielle ;

• L’engagement du pays en faveur d’une IA inclusive, responsable et centrée sur l’humain ;

• La maturité stratégique du Sénégal, parmi les premiers pays africains à s’être dotés d’une stratégie nationale en matière d’IA.

Le Sénégal a également endossé la déclaration finale du Sommet en faveur d’une gouvernance inclusive et responsable de l’intelligence artificielle.

En marge des sessions plénières, le ministre a tenu plusieurs échanges de haut niveau, notamment dans le cadre d’une audience avec le Sous-Secrétaire général des Nations unies et envoyé spécial pour les technologies numériques et émergentes, au cours de laquelle ont été abordés :

• le renforcement des capacités, en particulier des agents de l’Etat,

• la formation aux métiers de l’IA,

• l’interopérabilité des infrastructures numériques,

• et la nécessité de mutualiser les efforts africains dans les initiatives dans le domaine du numérique.

Le périple de la délégation sénégalaise en terre indienne s’est achevée par une visite au Africa AI Village. Ce qui a permis d’échanger avec des innovateurs africains et sénégalais engagés dans le développement de solutions d’IA au service des systèmes publics.

Par Jean Materne Zambo, source : MCTN

Cameroun : Le projet du carnet électronique du patient en couveuse

[DIGITAL Business Africa] – Un patient, un numéro d’identification. Le système sanitaire camerounais se rapproche de cela. Manaouda Malachie a annoncé un projet encore en étude : le carnet électronique du patient. Le ministre de la Santé publique était l’invité de la journaliste Yolande Bodiong dans « ENTRE HÔTE » sur Sun TV, ce dimanche 22 février 2026.

Comme en France, le carnet électronique permet aux chirurgiens esthétiques de consulter, alimenter et partager des documents (comptes rendus, photos, suivis) en toute sécurité, favorisant la coordination des soins et le respect des normes.

Chaque patient en possession de son carnet numérisé, une fois rendu à n’importe quel hôpital du Cameroun, n’aura qu’à donner son identifiant. Cela pour que le médecin ait accès à son parcours clinique et médical.

« Nous travaillons également à la mise en réseau de toutes les formations sanitaires du pays, publiques comme privées. Ce projet permettra aussi un lien entre les structures de santé et les pharmacies. Concrètement, cela veut dire que si vous allez en consultation à l’hôpital Laquintinie de Douala, et que l’on vous réfère à l’hôpital général, vous ne repartirez avec rien », a-t-il indiqué.

Pas besoin d’être bardé de la paperasse. Il vous fait juste des données mentionnées sur un support ou mémorisées si vous en avez la capacité.

« Il suffira de donner votre date de naissance, et votre parcours sera consultable. Quand le médecin vous prescrit un médicament, par exemple du Doliprane, vous n’aurez pas besoin d’ordonnance papier. Vous pourrez vous rendre dans n’importe quelle pharmacie, donner votre date de naissance, et le pharmacien verra que le Doliprane vous a été prescrit ; il vous le délivrera, et vous paierez directement », a-t-il  ajouté.

En France, le carnet électronique du patient fait partie des pièces qui constituent le Dossier médical partagé (DMP). La plateforme numérique iDocteur sert d’interface directe pour le carnet de santé numérique du patient.

Par Jean Materne Zambo

 

Cyberattaque contre Air Côte d’Ivoire : quelles leçons pour la cybersécurité des entreprises africaines ?

[DIGITAL Business Africa] – Fuite de données, notification aux autorités, intervention du CERT national… L’incident de cybersécurité subi par Air Côte d’Ivoire rappelle la vulnérabilité croissante des infrastructures numériques critiques en Afrique et pose la question de la maturité cyber des entreprises stratégiques du continent.
La compagnie aérienne nationale Air Côte d’Ivoire a annoncé avoir été victime, dans la nuit du dimanche 8 février 2026, d’un incident majeur de cybersécurité ayant affecté une partie de son système d’information et entraîné l’extraction illégale de fichiers contenant des données sensibles. Dans son communiqué du 20 février 2026, la compagnie précise notamment qu’il s’agit de « l’extraction illégale de fichiers contenant des données sensibles ».
Air Côte d’Ivoire indique que l’attaque n’a pas perturbé ses opérations aériennes, les équipes techniques ayant activé les mécanismes de résilience prévus. La compagnie affirme ainsi que la situation a permis « la poursuite régulière, sans discontinuité, des vols et autres opérations de la compagnie ». Un élément important dans un secteur où toute interruption d’activité peut avoir des conséquences lourdes, tant sur le plan économique que sur la confiance des passagers.
Conformément aux exigences légales en matière de protection des données personnelles, la compagnie a procédé aux notifications réglementaires auprès des autorités compétentes. Le communiqué précise qu’« une notification de l’incident a été faite à l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI-CI) et à l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI) en raison des exigences légales en matière de protection des données à caractère personnel ». Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les cadres réglementaires africains sur la protection des données et la cybersécurité gagnent progressivement en maturité, sous l’impulsion des autorités nationales et régionales.
Par ailleurs, des investigations techniques sont en cours avec l’appui du CERT national et d’experts internationaux. Air Côte d’Ivoire indique que « des investigations sont en cours avec l’appui de Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team (CI-CERT) et d’experts internationaux pour circonscrire l’incident, déterminer l’origine et l’impact de cette violation de données informatiques afin de prendre les mesures idoines susceptibles de prévenir toute autre attaque ». Cette coopération entre acteurs nationaux et partenaires internationaux illustre l’importance d’une approche collective face à des menaces cyber de plus en plus transfrontalières.
Au-delà du cas Air Côte d’Ivoire, cet incident met en lumière la vulnérabilité persistante des infrastructures numériques critiques en Afrique de l’Ouest. Compagnies aériennes, ports, opérateurs télécoms, banques et administrations publiques sont désormais des cibles privilégiées des cybercriminels. La cybersécurité n’est plus un sujet purement technique : elle relève aujourd’hui de la gouvernance d’entreprise, de la conformité réglementaire, de la protection de la réputation et de la confiance des usagers.
Pour les compagnies aériennes en particulier, la surface d’attaque est considérable : systèmes de réservation, bases de données passagers, solutions de paiement, applications mobiles, interconnexions avec les aéroports, les autorités de l’aviation civile et les partenaires internationaux. Une compromission de ces systèmes peut entraîner des impacts opérationnels, juridiques, financiers et réputationnels majeurs.
L’incident rappelle aussi l’importance de la préparation aux crises cyber. La capacité d’Air Côte d’Ivoire à maintenir ses opérations grâce à l’activation d’un plan de continuité d’activités constitue un signal positif. Mais il pose, en creux, la question du niveau réel de maturité cyber des grandes entreprises africaines en matière de prévention, de détection précoce, de réponse à incident et de communication de crise.
Enfin, cette cyberattaque relance le débat sur la nécessité pour les États africains d’accélérer la mise en œuvre de stratégies nationales de cybersécurité, de renforcer leurs capacités institutionnelles (CERT, agences nationales de cybersécurité, autorités de protection des données), d’harmoniser les cadres juridiques régionaux et de développer les compétences locales. À mesure que l’Afrique investit dans la digitalisation des transports, de la finance, du commerce et des services publics, la cybersécurité devient un pilier central de la souveraineté numérique et de la résilience économique du continent.
Air Côte d’Ivoire se veut rassurante quant à la continuité de ses activités, indiquant « le maintien de son programme de vols dans le respect scrupuleux des standards internationaux de sécurité ». Reste désormais à transformer cette gestion de crise en levier d’apprentissage stratégique, pour renforcer durablement la posture cyber des entreprises africaines face à des menaces appelées à se multiplier.
Par Digital Business Africa

ICT Media STRATEGIES, Digital Business Africa, Smart Click Africa et Africa Defense victimes d’une désactivation massive et inexpliquée de leurs comptes et pages Facebook

[ICT Media STRATEGIES] – Yaoundé, le 20 février 2026.   ICT Media STRATEGIES, entreprise camerounaise spécialisée dans l’e-réputation (communication digitale), la veille stratégique, le conseil stratégique et l’édition de plateformes numériques d’information dédiées à l’économie numérique africaine, informe le public et ses partenaires qu’une désactivation simultanée et inexpliquée de plusieurs de ses actifs Facebook a été constatée ce 14 février 2026.

Cinq comptes personnels appartenant à cinq membres de l’entreprise, ainsi que cinq pages professionnelles – Digital Business Africa, ICT Media STRATEGIES, Smart Click Africa, Africa Defense et Beaugas ORAIN DJOYUM – Page officielle – ont été désactivés sans notification préalable et sans possibilité d’appel, celui‑ci étant conditionné à une connexion au compte, connexion devenue impossible du fait de la désactivation.

Parmi les comptes désactivés figure le compte personnel certifié de notre Directeur Général, Beaugas ORAIN DJOYUM, pourtant protégé par une double authentification. Aucun courrier électronique explicatif ne nous a été adressé. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’ensemble des comptes concernés respecte strictement les standards de la plateforme. La désactivation simultanée de plusieurs comptes et pages stratégiques constitue un incident inhabituel dont l’origine reste à ce stade inconnue.

Conséquences sur nos activités

Cette interruption soudaine perturbe :

– la diffusion des contenus éditoriaux destinés à nos lecteurs et abonnés,

– la publication d’informations et de communiqués de nos partenaires,

– la continuité de nos campagnes de communication en cours,

– la visibilité de nos plateformes suivies par plusieurs dizaines de milliers d’abonnés.

– l’indisponibilité temporaire de nos pages Facebook, affectant la visibilité de nos activités et références auprès de nos partenaires et interlocuteurs institutionnels.

Démarches entreprises

Dans l’impossibilité d’accéder au Help Center de Meta, à Meta Business Support, à Meta Journalism Project ou encore à Meta Verified Support – tous nécessitant une connexion préalable au compte Facebook – ICT Media STRATEGIES a immédiatement entrepris des démarches officielles auprès de Meta afin d’obtenir la réactivation urgente des comptes et pages désactivés et une clarification officielle sur les raisons de cet incident. Les équipes de Meta que nous avons pu contacter ont indiqué être en train d’examiner la situation. Nous sommes dans l’attente d’un retour officiel.

Nous restons mobilisés pour assurer la continuité de nos activités et informer nos partenaires et notre communauté en toute transparence. Nous présentons nos sincères excuses à nos abonnés, partenaires et clients dont les contenus devaient être relayés sur nos pages Facebook.

Continuité de service

En attendant une solution à cette situation, l’ensemble de nos contenus reste accessible sur :

– les chaînes WhatsApp d’ICT Media STRATEGIES et Digital Business Africa (https://digt.al/DBA)

– nos comptes X (@DigitalBusiness @ICTMediaCM @SmartClickAfric)

– et nos pages LinkedIn (https://linkedin.com/company/digitalbusinessafrica).

ICT Media STRATEGIES, Digital Business Africa, Smart Click Africa et Africa Defense réaffirment leur engagement indéfectible en faveur d’une information fiable, indépendante et au service de l’écosystème numérique africain.

(é) Beaugas-Orain DJOYUM, DG de ICT Media STRATEGIES

Le communiqué

Gouvernance mondiale de l’IA : le non catégorique de Washington et ses conséquences pour l’Afrique

[DIGITAL Business Africa] – À l’issue du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé à New Delhi en Inde, les États-Unis ont pris une position tranchée : Washington rejette « totalement » toute forme de gouvernance mondiale de l’IA. Une posture assumée par Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies, qui estime qu’un cadre multilatéral contraignant freinerait l’innovation et renforcerait une bureaucratie internationale jugée inefficace.
Cette déclaration intervient dans un contexte de montée en puissance des initiatives internationales visant à encadrer le développement de l’IA. Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, annonçait le lancement d’une commission scientifique internationale chargée de faire du « contrôle humain » de l’IA une réalité technique, sur le modèle du GIEC pour le climat. L’objectif affiché : produire des recommandations scientifiques indépendantes pour guider les États face aux risques systémiques de l’IA.
Pour l’administration américaine, cette approche multilatérale comporte un risque majeur : celui d’installer une régulation excessive susceptible de « tuer une industrie en plein essor ». À New Delhi, Michael Kratsios a assumé une ligne idéologique claire, dénonçant ce qu’il qualifie « d’obsessions sur les risques » liés notamment au climat ou à l’équité, qu’il perçoit comme des prétextes à une centralisation bureaucratique du contrôle technologique. Selon lui, focaliser les politiques publiques sur des scénarios de risques « spéculatifs » pourrait freiner la concurrence, consolider les positions dominantes des géants technologiques déjà établis et, paradoxalement, exclure les pays en développement d’une participation pleine et entière à l’économie mondiale de l’IA.
Un argument qui interpelle particulièrement les pays africains. Car derrière le rejet américain d’une gouvernance mondiale de l’IA se joue aussi une bataille d’influence normative : qui fixera les standards techniques, éthiques et économiques de l’IA de demain ? L’Union européenne avance ses propres cadres réglementaires, l’ONU tente de structurer un consensus multilatéral, tandis que les États-Unis privilégient une approche de marché, portée par leurs grandes entreprises technologiques. Pour l’Afrique, le risque est double : subir des normes élaborées sans elle ou devenir un simple terrain d’expérimentation pour des technologies conçues ailleurs, sans réelle capacité de négociation sur les règles du jeu.
Le débat est d’autant plus stratégique que l’IA est désormais au cœur de plusieurs politiques publiques africaines : modernisation des administrations, e-gouvernance, services publics numériques, fintech, identité digitale, agriculture de précision ou encore santé connectée. L’absence d’un cadre international équilibré pourrait accentuer les asymétries entre pays producteurs de technologies d’IA et pays consommateurs de solutions importées. À l’inverse, une gouvernance mondiale trop rigide pourrait ralentir l’appropriation locale de l’IA par les écosystèmes africains émergents.
En toile de fond, le changement de vocabulaire observé lors du sommet – passé de « sécurité de l’IA » à « impact de l’IA » – illustre l’évolution du débat international. Les États-Unis y voient une opportunité de déplacer la focale de la régulation vers la valorisation économique et l’innovation. L’ONU, de son côté, tente d’imposer l’idée que la puissance de l’IA doit s’accompagner de garde-fous techniques garantissant un contrôle humain effectif. Deux visions du monde numérique s’affrontent : l’une libérale et concurrentielle, l’autre plus normative et multilatérale.
Pour les pays africains, l’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de peser politiquement dans ces forums internationaux afin de défendre leurs priorités : accès équitable aux technologies, transfert de compétences, souveraineté numérique, protection des données, et capacité à développer des usages de l’IA au service du développement. À l’heure où les règles du jeu de l’économie mondiale de l’IA se dessinent, rester en retrait serait accepter de voir l’avenir numérique du continent se décider sans lui.

E-Gov’A Summit

À l’échelle du continent, ces débats sur la gouvernance de l’IA, la souveraineté numérique et la bataille des normes technologiques ne sont plus théoriques : ils s’invitent désormais dans les agendas des gouvernements africains. C’est précisément dans cet esprit que se tiendra à Yaoundé, du 14 au 16 mai 2026, E-Gov’A – le Salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique, sous le thème « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ». En réunissant décideurs publics, régulateurs, experts, entreprises technologiques et partenaires au développement, E-Gov’A ambitionne d’offrir à l’Afrique un espace stratégique pour débattre de ses propres choix en matière d’IA, de normes numériques et de transformation des services publics, afin que le continent ne soit pas seulement un terrain d’application des règles fixées ailleurs, mais un acteur à part entière de la gouvernance du numérique mondial.
Par Digital Business Africa

IA : L’ONU lance une commission de 40 scientifiques internationaux pour outiller les dirigeants

[DIGITAL Business Africa] – Dans le bal des invités prestigieux de l’India AI Impact Summit, un acteur était scruté de près. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé ce 20 février 2026 une commission de 40 scientifiques internationaux.

Cette commission permettra aux dirigeants mondiaux de compléter leurs connaissances sur l’IA et d’évaluer ses vrais effets sur les économies et les sociétés pour que tous les pays, quelle que soit leur capacité en IA, aient la même clarté. Cet organe consultatif ambitionne d’être pour l’IA le pendant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et pour le réchauffement climatique.

« La science informe, mais les humains décident. Notre but est de faire du contrôle humain une réalité technique, pas un slogan… Si nous voulons que l’IA serve l’humanité, notre politique ne peut se fonder sur des paris, sur du battage ou de la désinformation. Nous avons besoin de faits que nous pouvons croire et partager…

Quand nous comprendrons ce que les systèmes peuvent faire et ne pas faire, nous pourrons prendre des mesures pour mettre en place des protections plus intelligentes et adaptées aux risques… Nous fonçons dans l’inconnu. « L’innovation liée à l’IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner », a insisté le patron de l’ONU.

Quatrième du genre, le sommet de New Delhi réunit dirigeants politiques et tout le gratin de la « tech » pour se pencher sur l’impact de l’IA.

Le patron de l’ONU semble rejoindre celui d’OpenAI. Sam Altman a estimé jeudi 19 février 2026 que le monde avait un besoin « urgent » de règles pour encadrer le développement vertigineux de l’intelligence artificielle.

« Je ne suggère pas que nous n’avons pas besoin de régulation ou de protections. Nous en avons besoin d’urgence, comme pour n’importe quelle autre technologie d’une telle puissance », a déclaré Sam Altman.

Même si les États-Unis rejettent « totalement » toute gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA).

« Concentrer la politique en matière d’IA sur la sécurité et sur des risques spéculatifs… freine un écosystème concurrentiel, renforce les acteurs en place et isole les pays en développement d’une pleine participation à l’économie de l’IA », a dit Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

L’India AI Impact Summit réunit dirigeants politiques et acteurs de la « tech » pour produire une réflexion approfondie sur l’impact de l’IA. Une déclaration commune devra en découler d’ici la fin de la journée.

Le prochain sommet mondial sur l’IA se tiendra à Genève au premier semestre 2027, a indiqué jeudi le président suisse Guy Parmelin.

Les 40 membres du Groupe scientifique international indépendant sur l’IA proviennent des cinq régions des Nations Unies. Ils sont issus de divers horizons, notamment du monde universitaire, du secteur privé, de la société civile, des organisations gouvernementales et internationales, et de la communauté technique. Les membres du Groupe possèdent une expertise technique fondamentale en IA ; une expérience en IA appliquée, en sécurité et en infrastructures ; ainsi qu’en politiques, éthique et impact de l’IA.

Membres du panel

  1. Adji Bousso Dieng – Sénégal

Adji Bousso Dieng est une scientifique et technologue sénégalaise. Elle est actuellement professeure adjointe à Princeton, où elle dirige le laboratoire Vertaix, qui mène des recherches à l’intersection de l’intelligence artificielle et des sciences naturelles

  1. Aleksandra Korolova – Lettonie

Aleksandra Korolova est professeure adjointe d’informatique et d’affaires publiques à l’université de Princeton, où elle étudie les impacts sociétaux de l’IA. Elle a obtenu son doctorat à l’université de Stanford.

  1. Alvitta Ottley – Saint-Kitts-et-Nevis

Le Dr Alvitta Ottley est professeure agrégée d’informatique et d’ingénierie à l’Université Washington de Saint-Louis, Missouri, États-Unis, spécialisée dans l’interaction homme-machine et la visualisation des données.

  1. Andreï Neznamov – Fédération de Russie

Andrei Neznamov est responsable scientifique de la gouvernance de l’IA à l’Institut de recherche sur l’IA et directeur général de l’IA centrée sur l’humain chez Sberbank. Il préside la Commission nationale russe d’éthique de l’IA.

  1. Anna Korhonen – Finlande

Anna Korhonen est professeure et directrice du Centre pour l’intelligence artificielle inspirée par l’humain à l’Université de Cambridge, où elle dirige des recherches sur l’IA du langage, l’IA centrée sur l’humain et l’IA pour le développement durable.

  1. Awa Bousso Dramé – Cap Vert

Avec plus de 10 ans d’expérience, le Dr Awa B. Dramé, PhD, de l’University College London, est scientifique en IA et PDG de CoastGIS, une société de conseil auprès des gouvernements et des organisations internationales.

  1. Balaraman Ravindran – Inde

Balaraman Ravindran est le directeur fondateur du Centre pour l’IA responsable (CeRAI) de l’IIT Madras. Il possède plus de trente ans d’expérience dans le domaine de l’IA. Ses recherches portent sur l’IA responsable et l’apprentissage par renforcement profond.

  1. Bernhard Schölkopf – Allemagne

Bernhard Schölkopf étudie l’apprentissage automatique et l’inférence causale. Il a contribué à la fondation de l’Institut Max Planck pour les systèmes intelligents et de la société ELLIS, et est professeur à l’ETH Zurich.

  1. Bilal Mateen – Pakistan

Le professeur Bilal Mateen est le directeur de l’intelligence artificielle chez PATH. Médecin de formation, il a depuis dirigé un portefeuille de plus de 250 millions de dollars en recherche et mise en œuvre dans le domaine de la santé numérique et de l’IA à l’échelle mondiale.

  1. Carlos Coello Coello – Mexique

Carlos Artemio Coello a obtenu un doctorat en informatique de l’université Tulane (États-Unis) en 1996. Ses recherches ont principalement porté sur la conception de nouveaux algorithmes d’optimisation multi-objectifs basés sur des métaheuristiques bio-inspirées.

  1. Girmaw Abébé Tadesse – Éthiopie

Le Dr Girmaw Abebe Tadesse dirige le laboratoire AI for Good de Microsoft au Kenya, où il co-développe des solutions d’IA pour relever les défis mondiaux grâce à des partenariats avec des gouvernements, des organisations à but non lucratif et des établissements universitaires du monde entier.

  1. Haitao Song – Chine

Le Dr Haitao Song est un expert en intelligence artificielle reconnu pour sa capacité à faire le lien entre l’innovation technique de pointe, l’élaboration de politiques de haut niveau et la transformation industrielle. Il contribue activement à la gouvernance et à la coopération mondiales en matière d’IA.

  1. Hoda Heidari – République islamique d’Iran

Hoda Heidari est professeure adjointe à l’École d’informatique de l’Université Carnegie Mellon, rattachée conjointement aux départements d’apprentissage automatique et d’informatique sociétale, et affiliée au département d’interaction homme-machine et au Heinz College.

  1. Jian Wang – Chine

Jian Wang, docteur en sciences, est membre de l’Académie chinoise d’ingénierie. Il est le fondateur et l’architecte d’Alibaba Cloud. Il a créé la Fondation Yunqi pour l’innovation scientifique et technologique en 2017. Depuis juillet 2023, il dirige le Laboratoire du Zhejiang. Il est diplômé de l’Université de Hangzhou.

  1. Joëlle Barral – France

Joëlle Barral dirige la recherche en intelligence artificielle et l’innovation dans le domaine de la santé chez Google DeepMind. Experte en imagerie et en robotique, elle a été membre de la Commission française sur l’intelligence artificielle générative. Elle est basée à Paris.

  1. Johanna Pirker – Autriche

Johanna Pirker est une professeure autrichienne d’informatique à l’Université technique de Munich et à l’Université de technologie de Graz.

  1. Joyce Nakatumba Nabende -Ouganda

Joyce Nakatumba Nabende est maître de conférences au département d’informatique et dirige le Centre d’intelligence artificielle de l’université Makerere.

  1. Juho Kim – République de Corée

Juho Kim est professeur associé à KAIST et directeur de KIXLAB. Ses recherches portent sur l’interaction homme-IA. Docteur du MIT, il a présenté une conférence inaugurale à NeurIPS 2022 sur l’IA centrée sur l’interaction.

  1. Leslie Teo – Singapour

Leslie Teo est directeur principal des produits d’IA chez AI Singapore, où il dirige SEA-LION, le plus grand programme de maîtrise en droit open source d’Asie du Sud-Est. Ancien économiste en chef du GIC, il fait le lien entre l’IA, l’économie et la gouvernance, et siège à plusieurs conseils d’administration. Il est également professeur associé à l’Université technologique de Nanyang (NTU).

  1. Lior Rokach- Israël

Lior Rokach est professeur d’IA à l’université Ben-Gourion, où il mène des recherches sur l’apprentissage automatique appliqué à la cybersécurité, à la santé et à la bio-informatique, avec un fort impact académique et entrepreneurial.

  1. Loreto Bravo – Chili

Loreto Bravo est directrice de l’Institut de science des données et professeure titulaire à l’Universidad del Desarrollo, au Chili. Titulaire d’un doctorat en informatique, elle travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la science des données.

  1. Maria Ressa – Philippines

Maria Ressa est journaliste et cofondatrice de Rappler. Lauréate du prix Nobel de la paix 2021, elle milite à l’échelle internationale pour l’intégrité de l’information, la liberté de la presse et les droits humains. Elle est professeure à la SIPA de l’université Columbia.

  1. Mark Coeckelbergh – Belgique

Mark Coeckelbergh est un philosophe des technologies de premier plan et un expert mondialement reconnu en matière d’éthique de l’IA. Il est professeur à l’Université de Vienne, auteur de l’ouvrage *AI Ethics * et conseiller politique expérimenté.

  1. Martha Palmer – États-Unis d’Amérique

Martha Palmer, de l’Université du Colorado à Boulder, en informatique et linguistique, est membre de l’AAAI et de l’ACL et a reçu le prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière de l’Association de linguistique computationnelle en 2023.

  1. Maximilian Nickel – Allemagne

Maximilian Nickel, directeur de recherche chez Meta, dirige des recherches sur l’alignement et la gouvernance démocratique de l’IA de pointe. Scientifique primé, il préside également le programme d’une conférence majeure en IA.

  1. Melahat Bilge Demirköz – Turquie

Le professeur Demirköz est professeur de physique à METU et directeur de METU IVMER, un centre spécialisé dans la mesure, la simulation et l’analyse de l’environnement radiatif spatial, cette dernière utilisant des modèles d’IA.

  1. Mennatallah El-Assady – Égypte

Mennatallah El-Assady est professeure adjointe au département d’informatique de l’ETH Zurich, où elle dirige le laboratoire de visualisation interactive et d’augmentation de l’intelligence (IVIA).

  1. Piotr Sankowski – Pologne

Piotr Sankowski, professeur à l’Université de Washington et quatre fois lauréat d’une bourse ERC, dirige l’Institut de recherche IDEAS. Il est cofondateur de MIM Solutions et se spécialise dans les algorithmes et l’IA.

  1. Qinghua Lu – Australie

Le Dr Qinghua Lu est directrice de recherche au CSIRO et experte en ingénierie de l’IA et en IA responsable, contribuant aux efforts nationaux et internationaux en matière de sécurité de l’IA et à la mise en place d’un déploiement fiable de l’IA.

  1. Rita Orji – Nigeria

Rita Orji est professeure d’informatique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada à l’Université Dalhousie, membre de l’Académie africaine des sciences et de la Société royale du Canada, et ses travaux portent sur une IA centrée sur l’humain, équitable et responsable.

  1. Román Orús – Espagne

Román Orús est cofondateur et directeur scientifique de Multiverse Computing, professeur de physique au DIPC et expert international de premier plan en intelligence artificielle quantique. Il est l’auteur de nombreux articles fondateurs, titulaire de brevets et lauréat de nombreux prix pour ses contributions à la science, à l’innovation et au transfert de technologie.

  1. Silvio Savarese – Italie

Le Dr Silvio Savarese est directeur scientifique chez Salesforce et professeur d’informatique à Stanford. Figurant parmi les 100 personnalités les plus influentes en IA selon le magazine TIME en 2024, il est spécialisé en IA agentique, IA générative et IA pour la confiance.

  1. Sonia Livingstone – Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

La professeure Sonia Livingstone, OBE, FBA, DPhil (Oxford), est une experte internationale des droits de l’enfant dans le contexte numérique à la LSE. Elle a publié 23 ouvrages et reçu six doctorats honoris causa.

  1. Tegawendé Bissyandé – Burkina Faso

Tegawendé F. Bissyandé, du Burkina Faso, a co-fondé le centre d’excellence CITADEL AI à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Il est ingénieur, scientifique et professeur financé par l’ERC à l’Université du Luxembourg.

  1. Teresa Ludermir – Brésil

Teresa Ludermir est professeure d’intelligence artificielle à l’Université fédérale de Pernambuco, au Brésil, et ses recherches portent sur l’apprentissage automatique, les réseaux neuronaux et l’IA responsable.

  1. Tuka Alhanai – Émirats arabes unis

Tuka Alhanai dirige des recherches à NYUAD sur les systèmes d’apprentissage automatique robustes qui améliorent la prise de décision humaine complexe. Elle est également associée fondatrice de Ghamut, une entreprise de services professionnels et d’innovation en IA.

  1. Vipin Kumar – États-Unis d’Amérique

Vipin Kumar est professeur émérite d’informatique à l’Université du Minnesota, dont les recherches portent sur l’IA pour la découverte scientifique et son application aux défis sociétaux.

  1. Vukosi Marivate – Afrique du Sud

Le professeur Vukosi Marivate est directeur d’AfriDSAI et titulaire de la chaire ABSA UP de science des données à l’Université de Pretoria. Il dirige le programme « Science des données pour l’impact social » et a cofondé Lelapa AI, Masakhane et Deep Learning Indaba, des initiatives visant à promouvoir l’IA pour les Africains par les Africains.

  1. Yoshua Bengio – Canada

Le professeur Vukosi Marivate est directeur d’AfriDSAI et titulaire de la chaire ABSA UP de science des données à l’Université de Pretoria. Il dirige le programme « Science des données pour l’impact social » et a cofondé Lelapa AI, Masakhane et Deep Learning Indaba, des initiatives visant à promouvoir l’IA pour les Africains par les Africains.

  1. Yutaka Matsuo – Japon

Yutaka Matsuo est professeur à l’université de Tokyo et expert en intelligence artificielle. Il préside le Comité d’experts sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle auprès du Cabinet du Premier ministre japonais.

Par Jean Materne Zambo

 

India AI impact Summit : La gouvernance mondiale pour l’intelligence artificielle divise les dirigeants 

[DIGITAL Business Africa] – Les dirigeants mondiaux se penchent sur la gouvernance de l’IA, à l’occasion de l’ India AI impact Summit. L’évenement s’achève ce 20 février 2026 après 4 jours de travaux. Avant le même la restitution des recommandations issues des travaux, certains États ou dirigeants ont déjà indiqué leurs attentes sur le futur de l’intelligence artificielle.

Le Kenya a dit son souhait d’intensifier la collaboration avec l’Inde dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle (IA), les chaînes de valeur technologiques et les minéraux critiques, attirant l’attention sur les opportunités d’industrialisation et de transfert de compétences.

Maurice a également reconnu le leadership technologique de l’Inde, la présentant comme un pont stratégique vers les marchés africains, facilitant des partenariats triangulaires en matière d’innovation et d’investissements numériques.

Le sommet a souligné l’importance d’une gouvernance mondiale de l’IA qui prenne en compte les priorités africaines, mettant l’accent sur des domaines comme l’agriculture intelligente, la santé numérique, et l’éducation, tout en promouvant la coopération Sud-Sud.

Des organismes comme Niyel, axé sur le plaidoyer et la création de changements, et Qhala ont participé à une journée de réflexion sur les enjeux de l’IA et la collaboration Sud-Sud. Les discussions ont insisté sur la nécessité d’une recherche en IA qui dépasse le cadre académique pour engendrer des impacts concrets, sur l’importance de modèles de coopération équitables, et sur le besoin de renforcer les capacités locales en matière de données et de talents.

En revanche, les États-Unis ont fermement désapprouvé toute forme de gouvernance mondiale pour l’IA, insistant sur le fait de rejeter les préoccupations idéologiques à ce sujet, comme l’a souligné le conseiller de la Maison-Blanche, Michael Kratsios.

Lors du symposium PAIRS, Niyel a dirigé deux sessions : l’une sur la gouvernance participative de l’IA, mettant en avant des exemples de pays du Sud, et l’autre sur l’application de l’IA dans des domaines comme la gouvernance climatique et le développement agricole, en abordant des questions de pouvoir et de responsabilité dans les systèmes d’IA.

Un atelier sur la collaboration Sud-Sud a également traité des cadres réglementaires adaptés aux réalités des pays du Sud et de la gestion responsable des écosystèmes de données.

Le sommet mondial de l’IA à New Delhi représente une opportunité cruciale pour l’Afrique, non seulement pour participer aux dialogues mais aussi pour influencer les normes de gouvernance et ancrer l’innovation technologique dans les contextes socio-économiques africains.

Par Jean Materne Zambo

Régulation de la protection des données : d’obligation légale a moteur de croissance économique

​La donnée personnelle est régulièrement considérée comme le « nouveau pétrole » : une ressource brute, abondante, qu’il faut extraire à tout prix pour alimenter la machine de l’économie, non pas seulement numérique mais l’économie tout court. La différence est que le pétrole traditionnel se consume à l’usage tandis que la donnée s’enrichit à l’usage.

L’action de mise en conformité aux prescriptions d’une loi relative à la protection des données personnelles dans un espace, fait passer le patrimoine informationnel personnel des âmes vives, de statut de gisement gratuit en statut de matière hautement dangereuse sur le plan juridique, économique et réputationnel. C’est aussi la transformation d’un coût d’investissement dans la conformité, à en une opportunité d’affaires une fois la conformité atteinte. Mais, pas que : cette obligation légale, a priori, est en réalité une véritable filière économique soutenue par un marché colossal qui génère des milliers d’emplois, des revenus considérables pour les organisations, et des contributions financières colossales dans les budgets des Etats.

​Dans quelle mesure la régulation de la protection des données personnelles contribue-t-elle, non seulement à la protection des personnes et des biens mais aussi à la dynamisation participative à la croissance économique ?

Cette interrogation peut être analysée en considération des trois aspects suivants : les caractéristiques d’une conformité acceptable ou tolérable, l’impact de la conformité et les mécanismes de sa participation à la croissance économique.

  1. LES CARACTERISTIQUES D’UNE CONFORMITE ACCEPTABLE OU TOLERABLE DE LA PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES

Universellement, la conformité est un processus continu. Néanmoins, le niveau acceptable ou tolérable de la protection des données personnelles est déterminé par les standards fixés par le régulateur et son degré de sévérité à l’égard des responsables ou des sous-traitants. On vise moins la perfection absolue qu’une réduction maximale des risques, dans un équilibre entre la théorie juridique stricte et la réalité opérationnelle des administrations, entreprises et organisations. Les piliers qui définissent une conformité défendable par un acteur des traitements et non-punissable par le régulateur sont les suivants : la responsabilisation, la gestion des risques et le respect des droits des personnes.

  1. La responsabilisation ou l’accountability

L’accountability est le premier critère de la conformité défendable de la protection des données personnelles, constitué de deux exigences. Au regard de la responsabilisation, la conformité acceptable est celle où le responsable du traitement ou le sous-traitant est capable de démontrer qu’il a fourni des efforts raisonnables afin de se conformer principalement au moyen de son registre des traitements, lequel est le reflet crédible de la réalité de ses activités de traitement, d’une part, et de fournir des preuves desdits efforts, d’autre part.

  1. La gestion des risques

​Une conformité à la protection des données personnelles est jugée acceptable si l’administration, l’entreprisse ou l’organisation débitrice de l’obligation de conformité, à partir du moment où elle a identifié les traitements à risque, a mis en place des mesures d’atténuation desdits risques notamment au moyen de la réalisation d’une analyse ou évaluation d’impact.

  1. Le respect des droits des personnes concernées

​Le respect des droits des personnes concernées est prouvé dès lors que lesdites personnes concernées peuvent garder le contrôle sur leurs données, en ayant la possibilité d’exercer leurs droits. Premièrement, il y a les droits fondamentaux de contrôle : le droit d’être informé, le droit d’accès, le droit de rectification et le droit à l’effacement ou droit à l’oubli. Deuxièmement, il y a les droits de gestion du traitement : le droit à la limitation, le droit d’opposition et le droit à la portabilité. Troisièmement, il y a le droit de se protéger : le droit de ne pas faire l’objet d’une décision automatisée, et le droit de faire exercer ses droits, le droit de saisir toute instance afin de faire respecter ses droits. Ici, la conformité tolérable à la protection des données personnelles se mesure au degré de réactivité et d’exhaustivité de la réponse du responsable du traitement ou du sous-traitant face à la demande de la personne concernée. 

  1. La sécurité multi domaniale et la gouvernance interne

​La mise en œuvre des mesures de sécurité diverses est relativement tolérée en présence d’une erreur humaine, mais rarement en l’absence de mesures de sécurité élémentaires, qui peuvent être techniques, juridiques, organisationnelles, avec l’implémentation des outils de la conformité prescrits. De même, la gouvernance de la conformité est prise en compte au regard des mesures internes obligatoires ou facultatives, qui démontrent le sérieux et la volonté de satisfaire aux exigences de la conformité.

  1. LA CONFORMITE A LA PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES ET SES IMPACTS

De manière générale, la mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles produit des impacts multiples, notamment l’amélioration du cadre politique, juridique, institutionnel, technique, organisationnel, sécuritaire et économique des personnes physiques et morales.

 

1.      Les impacts de la conformité à la protection des données personnelles    

 

a.      Les impacts non-économiques de la conformité à la protection des données personnelles     

 

  • La création et/ou le renforcement des institutions de protection de la vie privée

La création et/ou le renforcement des institutions de protection de la vie privée se traduit, premièrement par l’institutionnalisation des droits fondamentaux des personnes physiques encore appelées personnes concernées. Deuxièmement, il y a l’introduction et l’affirmation des principes fondamentaux universellement admis qui gouvernent la protection des données personnelles. Troisièmement, il y a les obligations qui incombent aux acteurs des traitements de données personnelles. Quatrièmement, il y a le respect des droits des personnes concernées. Enfin, il y a le fonctionnement des institutions dont la principale est l’autorité de régulation de la protection des données personnelles qui, elle-même, doit revêtir un caractère indépendant dans l’accomplissement de ses missions et l’exercice de ses pouvoirs. Cette question est largement développée, en ce qui concerne les législations africaines de protection des données personnelles, par exemple[1]. Il en est de même des institutions de règlement des différends qui permettent aux personnes concernées d’exercer valablement leurs droits.

–          L’amélioration de la confiance des citoyens dans les institutions et organisations

 Dans le cadre de l’amélioration de la confiance des citoyens dans les institutions et organisations, l’OCDE[2] pose le primat que l’éthique, en matière de données à caractère personnel, est le socle de la confiance du public. Cette confiance dépend du respect des principes contenus dans les législations et réglementations dédiées, et du respect de l’éthique. A titre d’illustration, une enquête montre que le Règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD) a un impact bénéfique sur la confiance des consommateurs[3] du fait du renforcement de la sécurité dont ledit RGPD gratifie les données depuis son entrée en vigueur en 2018.

–          L’évitement des sanctions non-pécuniaires relatives aux violations des données  

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles permet aussi d’éviter les sanctions non-pécuniaires : limitation, suspension ou interdiction des opérations de traitement des données, astreinte, peines privatives de liberté, peines de travail forcé, injonctions de mandamus[4], remises en l’état ou cessations de troubles[5].

 

–          L’entrée dans le cercle vertueux international de la circulation des données

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données personnelles permet d’entrer dans une sorte de cercle vertueux international de la protection des données personnelles. Le cercle vertueux international de la protection des données à caractère personnel crée une boucle fermée par deux dispositifs. D’abord, il y a le système fermé des transferts, de manière active, en imposant des dispositions et stipulations dans le strict respect des principes et droits fondamentaux des personnes concernées. Ensuite, il y a le système fermé du respect des principes et droits, de manière passive, en évitant des dispositions et stipulations contraires auxdits principes et droits. Les outils permettant d’entrer dans le cercle vertueux international peuvent être les outils de la conformité des transferts internationaux des données personnelles : décision d’adéquation et garanties appropriées.

–          L’évitement, l’amoindrissement et la résolution facile des différends   

 

L’une des conséquences de l’observation des exigences de la conformité à la protection des données est l’évitement, l’amoindrissement et la résolution facile des différends. Au surplus, les conflits et litiges sont évités et amoindris parce que les mesures de sécurité techniques, les mesures juridiques et les mesures organisationnelles sont assez fortes pour lutter contre les compromissions de données à caractère personnel. Il s’agit des mesures juridiques, organisationnelles et sécuritaires, d’une part, et des cadres et activités de coopération des autorités nationales de contrôle dédiées, d’autre part.

A côté des impacts non-économiques, il y a aussi des impacts économiques de la mise en conformité à la protection des données personnelles.

b.      Les impacts économiques de la conformité à la protection des données    

 

–          L’accès, l’élargissement et la facilitation d’un marché commun et du commerce international 

 

La mise en œuvre des législations dédiées à la protection des données vise la fusion des marchés de consommateurs étrangers, au moyen d’outils de transferts internationaux de données. Par exemple, les décisions d’adéquation adoptées par la Commission européenne, en faveur de quinze Etats tiers à travers le monde entier, ont abouti à la construction d’un marché de 1, 2 milliards de personnes physiques, facilitant l’accès préférentiel aux marchés[6].

–          La valorisation du patrimoine informationnel et l’avantage concurrentiel   

 La conformité à la protection des données personnelles accroit la valeur économique desdites données : la conformité à la protection des données procure un avantage concurrentiel. Ainsi, selon une étude citée dans Trésor-Eco[7], l’usage massif des données des utilisateurs et la protection de leur vie privée par les plateformes peut améliorer la concurrence sur les marchés, en ce sens-ci que lesdites données protégées seraient un facteur de qualité et permettraient une amélioration continue des itinéraires par rapport aux concurrents. Le juge français, par exemple, avait décidé que le non-respect d’une réglementation, notamment le RGPD, constitue un acte de concurrence déloyale[8].

 

–          La création d’emplois et le développement des organisations, professions et compétences 

La mise en œuvre et le maintien de la conformité à la protection des données permet la création de nouveaux emplois, de nouvelles organisations, de nouvelles professions et de nouvelles compétences, par la dotation du pays en experts en données personnelles. Il en résulte, premièrement l’explosion de la demande pour des profils à la croisée du droit, de la technologie et de la stratégie, laquelle demande peut aussi aboutir à l’établissement de sièges sociaux d’entreprises Tech internationales dans le pays. Deuxièmement, il en résulte

l’émergence d’un écosystème de services business to business florissant qui contribue directement au produit intérieur brut (PIB) à travers des cabinets de conseil et d’audit d’accompagnement des administrations, entreprises et organisations, des technologies numériques d’automatisation, simplification ou optimiser des services liés au droit et à la justice (LegTech), et des processus liés à la conformité réglementaire (RegTech), permettant la tenue des registres de traitements et la réalisation des évaluations ou analyses d’impact. Troisièmement, il y a le développement d’un marché éducatif dynamique via la création et la promotion des ​organismes de formation, vecteurs de la montée en compétences dans les nouveaux métiers.

 

–          Les revenus financiers des sanctions    

 
Les activités de mise en œuvre et de maintien de conformité à la protection des données personnelles produisent des revenus via les sanctions pécuniaires.  Les pays de l’UE ont récolté 2,92 milliards d’euros d’amendes infligées depuis 2018[9], avec une augmentation de 168 % par rapport à 2021. En 2024, le nouveau rapport fait état d’une augmentation des montants des amendes pécuniaires d’une valeur relative de 14% par rapport à l’année 2023[10]. Lesdits revenus sont généralement versés dans le budget général de l’Etat ou de l’autorité nationale de contrôle qui les ont infligées.

 

–          Les revenus des activités économiques 

 

L’économie, de manière générale et, particulièrement l’économie numérique, est basée et nourrie par les données, qui produit des revenus divers notamment les droits et taxes fiscaux et assimilés perçus auprès de tous les opérateurs économiques. Par exemple, les géants technologiques ont généré 1 261 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021[11] : magasins en ligne, services de vente tiers, cloud computing, productivité et processus métiers, informatique personnelle, logiciels et services, moteurs de recherche, publicité sur Internet, etc.

 

2.      Les impacts de la non-conformité à la protection des données personnelles  

Les impacts de la non-conformité à la protection des données personnelles sont les suivants : l’insécurité juridique, technique et organisationnelle, l’exposition à de lourdes sanctions, l’exclusion du marché commun du cercle vertueux de la protection des données, la non-captation et la perte de revenus financiers.

 

a.      L’insécurité juridique, technique et organisationnelle des personnes physiques et morales

 

L’insécurité juridique des données personnelles est caractérisée par l’absence ou la faiblesse des dispositions et stipulations de protection desdites données, et l’impossibilité ou la difficulté d’exercice des droits par les personnes concernées. L’insécurité technique de la non-conformité à la protection des données personnelles est caractérisée par le risque de compromission des données au moyen de la perte de confidentialité, d’intégrité ou de disponibilité des données à caractère personnel traitées. L’insécurité organisationnelle concerne les risques systémiques et réputationnels auxquels sont exposés les responsables de traitements et les sous-traitants dans le cadre des activités de traitements des données personnelles.

 

b.      L’exposition à de lourdes sanctions

 

La conséquence majeure de la non-conformité à la protection des données personnelles est l’exposition à de lourdes sanctions. L’on a des sanctions pécuniaires telles que l’astreinte, l’amende administrative et l’amende pénale, et les dommages et intérêts. Il y a aussi des sanctions non-pécuniaires notamment l’interdiction, la limitation ou la suspension des opérations de traitement des données, et les peines privatives de liberté. Enfin, il y a des sanctions hybrides, autrement dit des sanctions non-pécuniaires qui ont une incidence pécuniaire, à l’instar de la publicité des décisions de sanction qui entraînent l’effondrement de la réputation et la perte de confiance qui, à leur tour peuvent entraîner des conséquences financières considérables, du fait de la cessation de contrats avec des partenaires et clients.

 

c.       L’exclusion du marché commun du cercle vertueux de la protection des données

 

Un pays qui n’a pas de politique législative claire et intelligible de la conformité à la protection des données personnelles s’exclut du marché commun reposant sur le cercle vertueux de la circulation internationale des données personnelles. Cette impossibilité d’intégrer le marché commun dudit cercle crée un manque-à-gagner dû à la non-vente des produits et services que l’on pourrait proposer à l’étranger.

 

d.      La non-captation et la perte de revenus financiers 

 

La non-exigence de la conformité à la protection des données personnelles entraîne la non-captation des revenus des sanctions. Les sanctions au titre des violations des règles de protection des données ne sont possibles que parce qu’il y a des législations qui les infligent et qui disposent de mécanismes pour les recouvrer. Par conséquent, une législation prônant la conformité à la protection des données personnelles ne produit pas de revenus financiers au titre de sanctions. La non-conformité entraîne aussi la perte des retombées économiques et financières, notamment fiscales pour les budgets de l’Etat. Les administrations, les organisations et les entreprises, quant à elles, perdent aussi des rentrées financières que pourraient générer la création ou le développement d’autres services ou produits, d’autres organisations, d’autres professions et d’autres compétences nécessaires à la mise en œuvre et au maintien de la conformité à la protection des données personnelles.

 

  1. La conformité à la protection des données personnelles et la question de sécurité et défense nationales

 

Bien qu’il y ait un antagonisme naturel entre la protection transparente de la vie privée et la surveillance secrète pour des besoins de sécurité et de défense nationales, il est clair qu’une protection robuste des données personnelles est aussi un pilier stratégique de la sécurité et de la défense nationales, au regard d’au moins trois aspects.

 

  1. La protection contre l’espionnage et le sabotage

​Dans le monde hyper-connecté actuel, les données sont les nouvelles munitions, encore plus si elles se retrouvent entre les mains de personnes malveillantes à l’intérieur et surtout à l’étranger, notamment dans des cas de suivi des comportements.

 

  • Les cas de risque de chantage sur les agents de l’Etat et de sécurité ou défense nationale

 

Si les données personnelles des citoyens, des militaires ou des décideurs sont mal protégées, elles deviennent des cibles faciles pour des forces malveillantes. Il est donc question de se prémunir contre les fuites des données de santé ou financières des agents de l’Etat, agents de la sécurité ou de la défense nationales, lesquelles fuites peuvent servir à compromettre et fragiliser des agents de l’État ou des forces de sécurité et de défense, et partant fragiliser la sécurité et la défense nationales.

 

  • Les cas de risque sur la sécurité sur les infrastructures

​La protection des données personnelles est aussi utile pour la sécurité des infrastructures stratégiques. En protégeant les identités et les accès, l’on peut empêcher des infiltrations dans les réseaux sensibles des infrastructures de production, stockage et de distribution d’énergie, transport et défense.

 

  1. La lutte contre l’influence et la désinformation

La protection des données personnelles est aussi un moyen de limitation du micro-ciblage. Parce que dans l’impossibilité d’accéder massivement aux données personnelles des citoyens, il est beaucoup plus difficile de manipuler l’opinion par l’influence et la désinformation ou d’attiser des tensions internes, par centres d’intérêts ou objectifs des populations au moyen de campagnes de désinformation personnalisées ou groupées, sur la base des fragilités sociales identifiées.

  1. Le renforcement de la résilience numérique

​La défense et la sécurité nationales reposent moins sur les tanks et beaucoup plus sur la résilience du pays et de la nation. Par cette nécessité de souveraineté numérique, il est absolument important d’imposer des règles strictes sur le stockage des données personnelles sur le territoire national : carte d’identité, passeport, carte de résident, etc. Ce qui évite que les informations vitales dépendent de serveurs situés dans des pays potentiellement hostiles ou soumis à des lois d’extradition de données, telles que le Cloud Act américain, par exemple.

 

  1. LA CREATION DE LA DYNAMIQUE DE LA VALEUR PAR L’EMPLOI 

 

L’emploi dans le secteur de la conformité à la protection des données personnelles est un moteur de croissance qui irrigue toute l’économie numérique. L’objectif est de réduire le chômage des cadres et jeunes diplômés de tou horizons.

 

  1. Le délégué à la protection des données : tête de proue de la création de la dynamique de la valeur par l’emploi dans le secteur de la protection des données personnelles

 

​​Le délégué à la protection des données personnelles est la pièce maîtresse de la gouvernance de la conformité à la protection des données personnelles, tout en assurant la liaison entre la technique et le business.

 

  1. Le contenu du métier de délégué à la protection des données personnelles

 

Le délégué à la protection des données personnelles porte plusieurs casquettes dans l’exercice de ses missions et pouvoirs. Il est le manager-conseiller du responsable de traitement ou du sous-traitant. Il est le manager-concepteur de toute la stratégie de mise en œuvre et de maintien de la gouvernance de la conformité à la protection des données personnelles. Il est le manager-contrôleur interne qui doit, à la fois, gérer et contrôler la mise en œuvre et le maintien de l’état de la conformité. Il est enfin, le manager-intermédiaire-médiateur en jouant le rôle de point de contact du régulateur auprès du responsable du traitement et du sous-traitant, et l’intermédiaire entre le responsable du traitement ou le sous-traitant, et les personnes concernées.

 

  1. Quelques idées d’utilisation du métier de délégué à la protection des données comme levier de croissance par l’emploi dans le domaine de la conformité

 

La seule instauration du poste de délégué à la protection des données personnelles ne suffit pas à en faire un levier de croissance par l’emploi. Il faudrait encore qu’il y ait un certain nombre de mesures accompagnatrices.

 

  • La transformation de la désignation du délégué à la protection des données en outil de la conformité à la protection des données

 

La première mesure pourrait être la transformation de la désignation du poste de délégué à la protection des données en outil obligatoire de la conformité à la protection des données personnelles. Ainsi, la désignation du délégué à la protection des données personnelles pourrait être obligatoire selon soit l’objet, la nature, le statut ou l’activité, le lieu d’établissement du responsable du traitement ou du sous-traitant. De même, l’on pourrait avoir l’obligation de désigner un délégué à la protection des données en considération soit de la quantité soit de la qualité des données, soit des finalités des traitements des données personnelles.

 

  • L’instauration d’un numerus clausus dans la désignation du délégué à la protection des données

 

L’on pourrait aussi instaurer des numerus clausus dans la désignation des délégués à la protection des données. Par exemple : un groupe d’au plus deux (02) entreprises privées devrait désigner un seul délégué à la protection des données ; une seule personne physique ou morale ne devrait occuper plus de deux (02) postes de délégué à la protection des données ; un délégué à la protection des données ne devrait occuper plus d’un (01) poste lorsqu’il est désigné par une autorité publique, un département ministériel, un organisme public, une organisation internationale, une entreprise ou organisation privée exécutant une mission d’intérêt public ou relevant de l’exercice de l’autorité publique. Ces mesures créent une chance sur deux d’avoir un emploi pour chaque délégué à la protection des données remplissant les critères, et pour le responsable du traitement ou pour le sous-traitant la garantie d’avoir un délégué à la protection des données pleinement focalisé sur ses missions auprès du responsable du traitement ou du sous-traitant. L’estimation, à partir de ces hypothèses, permet d’avoir au moins un emploi garanti dans un cas sur deux de chaque entité socio-économique : administration, entreprise publique, entreprise privée, organisation internationale, organisation de la société civile, école, lycée, collège, établissement d’enseignement supérieur, hôpital, etc.

 

  • La reconnaissance du délégué à la protection des données exerçant de fait

 

Le délégué à la protection des données peut exercer sur la base d’un contrat de travail ou d’un contrat de service. La qualité de délégué à la protection des données de fait pourrait être reconnue et acquise lorsqu’une personne, malgré l’absence de contrat formel, exerce effectivement les missions relatives à la fonction de délégué à la protection des données.

 

  • L’enregistrement des délégués auprès du régulateur de la protection des données

 

Tout délégué à la protection des données devrait être enregistré auprès du régulateur de la protection des données pour exercer. L’enregistrement pourrait être effectué soit à l’initiative du responsable du traitement ou du sous-traitant qui l’a désigné, soit à sa propre initiative, avec la preuve de sa désignation ou de l’effectivité de l’exercice de la fonction. De même, une telle mesure permet d’avoir la situation réelle des responsables du traitement et des sous-traitants en règle avec les prescriptions relatives à la désignation du délégué à la protection des données.

 

  • La démocratisation de l’accès à la compétence de délégué à la protection des données personnelles

 

L’acquisition des compétences du délégué à la protection des données peut s’effectuer au moyen de l’obtention de diplômes de Master, Mastère, Diplôme d’université et Massive Open Online Course (MOOC) ou Formation en Ligne Ouverte à Tous (FLOT) dans les domaines du numérique, des données, de la gestion, des systèmes d’information, de la cybersécurité. En revanche, il y a aussi la voie des certifications qui permettent aux personnes formées dans tous les domaines d’acquérir les compétences actualisées de délégué à la protection des données. L’on peut avoir des certifications nationales et des certifications internationales. Il y a aussi la formation continue du délégué de la conformité à la protection des données personnelles, exclusivement en situation professionnelle, même sans diplôme.

 

  1. La création d’emplois au sein des services du régulateur de la protection des données personnelles

 

La mise sur pied d’un régulateur de la protection des données personnelles participe aussi à la croissance par les emplois que ce dernier crée. Il s’agit des spécialistes qui permettent de remplir ses missions et d’exercer ses pouvoirs régaliens : des juristes pour interpréter les lois, traiter les plaintes et rédiger des avis ; des inspecteurs et auditeurs pour mener des enquêtes sur le terrain et vérifier la conformité ; des experts en cybersécurité pour analyser les violations de données et les failles techniques ; des analystes de données pour comprendre les flux de données complexes et les algorithmes.

 

  1. La création d’emplois indirects de prestataires de la conformité à la protection des données personnelles

 

La conformité à la protection des données personnelles, ainsi que son contrôle sont aussi générateurs d’emplois indirects : ce sont les entreprises certifiées, agréées ou pas, qui aident les responsables du traitement et les sous-traitants à mettre en œuvre et à maintenir leur niveau acceptable ou satisfaisant de la conformité à la protection des données personnelles.

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

 

La régulation de la protection des données personnelles s’avère comme levier structurel pour l’économie en général. Néanmoins, bien que son impact direct sur le PIB soit complexe à isoler des autres facteurs de croissance, la conformité à la protection des données personnelles est, à n’en point douter, un moteur de croissance et de l’emploi. Au Nigeria, la mise en service du Nigeria Data Protection Commission a contribué à créer environ 100 à 150 emplois directs, 250 emplois indirects de Data compliance officers, et 23 000 emplois indirects de Data protection officers, auditeurs, experts cyber. La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés française compte environ 300 employés, tandis que l’Information Commissioner’s Office du Royaume Uni emploie environ 1 000 personnes.

Laurent-Fabrice ZENGUE

Data privacy Manager/Manager de la protection des données personnelles

Juriste – Formateur des professionnels 

Arbitre des litiges internes et internationaux

Ancien Responsable juridique, Délégué à la protection des données,  

Représentant du Gouvernement en Justice  

 

[1] ZENGUE ; L-F., 36 solutions pour l’indépendance et la viabilisation des autorités nationales africaines de contrôle de la protection des données à caractère personnel, IDEM, Paris 2025. https://www.librairienumeriqueafricaine.com/livrel/36-solutions-lindependance-viabilisation-autorites-nationales-africaines-controle-protection

[2] OCDE (2023), Axer le secteur public sur les données : marche à suivre. Cette étude avait été réalisée en Espagne, Corée du Sud, Danemark, Royaume Uni, Suède, Irlande, Canada, Portugal et Nouvelle Zélande. Consulté sur :   https://www.oecd-ilibrary.org/sites/b403fde9-fr/index.html?itemId=/content/component/b403fde9-fr

[3] Check Point, GDPR is Transforming Consumer Trust and Data Security in Europe According to a New Study, SAN CARLOS, CA  Thu, 31 Oct 2019. Consulté sur :

https://www.developpez.com/actu/283067/Le-RGPD-a-un-impact-benefique-sur-la-confiance-des-consommateurs-dans-toute-l-Europe-et-contribue-a-renforcer-la-securite-des-donnees-depuis-son-introduction-selon-une-etude-de-Check-Point/

[4] Le mandamus est un recours juridique ordonnant à une cour subordonnée, à une entreprise ou à une autorité publique de faire ou ne pas faire un acte spécifique.

[5] C’est le cas aux Etats-Unis.

[6] Voici quelques es apports des décisions d’adéquation : entre le Japon et l’EEE, la création d’une valeur de 36% du commerce et 28% du produit intérieur brut[6] mondial ; entre la Corée du Sud et l’EEE, la génération de 107,3 milliards d’euros en 2021 avec des pics d’accroissement entre 2011 et 2021 estimés dans certains secteurs à 15%, 18%, 33% voire 70% ; entre le Canada et l’EEE, les échanges commerciaux ont culminé à 100 milliards de dollars en 2021 ; entre l’EEE et les Etats-Unis, la génération de 1 261 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021 ; entre l’EEE et le Royaume-Uni, 700 milliards d’euros de flux commerciaux annuels. Consulté dans : ZENGUE, Laurent-Fabrice, Cercle vertueux de la circulation internationale des données personnelles, Impacts économiques, juridiques, institutionnels et organisationnels des transferts de données personnelles via la décision d’adéquation. https://www.librairienumeriqueafricaine.com/livrel/cercle-vertueux-circulation-internationale-donnees-personnelles

[7] Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, Protection de la vie privée et concurrence dans le numérique, Trésor-Eco n°310, juillet 2022.  Consulté sur :   https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/27478fe5-d190-45a1-bf14-440b36b046c3/files/c070eaa9-0373-494e-baf4-bc6741fe5ac5

[8] Tribunal judiciaire de Paris, 15 avril 2022 n°19/12628 ; Cass. com. 17 mars 2021, n°19-10.414 ; Cass. com., 12 février 2020, n° 17-31.614.

[9] DLA PIPER, « GDPR Fines & Data Breach Survey 2023 ». Un rapport réalisé par l’équipe de cybersécurité et protection des données de DLA Piper. Consulté sur :

https://www.dlapiper.com/fr-FR/insights/publications/2023/01/dla-piper-gdpr-fines-and-data-breach-survey-january-2023

https://www.dlapiper.com/en/insights/publications/2024/01/dla-piper-gdpr-fines-and-data-breach-survey-january-2024

[10] DLA Piper GDPR fines and data breach survey: January 2024. Consulté sur : https://www.cnil.fr/fr/sanctions-et-mesures-correctrices-la-cnil-presente-le-bilan-2023-de-son-action-repressive.

[11] Comment les géants de la tech gagnent-ils leurs milliards ? https://fr.statista.com/infographie/13194/principales-sources-de-revenus-gafam-geants-tech-part-segment-activites-produits-dans-chiffre-affaires/