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Robots humanoïdes : la prophétie d’Elon Musk sur l’ère d’« abondance » et des milliards de machines dans nos foyers

[DIGITAL Business Africa] – La robotique, dopée par les progrès rapides de l’intelligence artificielle, est en train de changer d’échelle. Au-delà des usines, les robots humanoïdes s’invitent désormais dans le débat public comme une technologie appelée à transformer en profondeur l’économie et les sociétés. Le 22 janvier 2026 à Davos, le patron de Tesla et SpaceX, Elon Musk, a livré une vision résolument optimiste de cet avenir automatisé, en écho à des projections chiffrées qui confirment l’ampleur de la révolution en cours.

Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), le parc mondial de robots industriels en service dépassait 4,6 millions d’unités fin 2024, avec une dynamique de croissance annuelle à deux chiffres. À ce rythme, les analystes anticipent plus de 10 millions de robots industriels en fonctionnement d’ici 2030, tandis que le marché global de la robotique, estimé à près de 50 milliards de dollars en 2024, pourrait dépasser 200 milliards de dollars à l’horizon 2034. Ces chiffres traduisent un basculement structurel : la robotique n’est plus un simple outil d’optimisation industrielle, mais devient une infrastructure de base de l’économie numérique.

Cette trajectoire quantitative rejoint la vision d’Elon Musk, qui projette une diffusion massive des robots humanoïdes dans la société. À Davos, il a ainsi affirmé : « Il y aura des milliards de robots humanoïdes et je pense que tout le monde sur Terre en aura un et en voudra un. » Pour le dirigeant américain, ces machines ne se limiteront pas à l’usine ou à l’entrepôt, mais investiront la sphère domestique et sociale. « Qui ne voudrait pas d’un robot pour surveiller ses enfants, s’occuper de son animal de compagnie ou de ses parents âgés ? », a-t-il lancé, esquissant le portrait d’un assistant universel du quotidien.

Les projections sur l’impact économique de cette vague robotique sont à la mesure de ces ambitions. Selon plusieurs cabinets d’analyse, l’intégration de la robotique et de l’IA pourrait générer des milliers de milliards de dollars de gains de productivité à l’échelle mondiale au cours de la prochaine décennie, notamment dans l’industrie manufacturière, la logistique, la santé et les services. Le segment des robots humanoïdes, encore émergent, est lui-même évalué par certaines banques d’investissement entre 40 et 200 milliards de dollars à l’horizon 2035, porté par la convergence entre capteurs avancés, intelligence artificielle générative et mécatronique.

Pour Musk, l’un des cas d’usage les plus critiques concerne la prise en charge du vieillissement démographique. « C’est difficile et coûteux de s’occuper des personnes âgées et il n’y a pas assez de jeunes pour le faire », a-t-il rappelé, soulignant un défi structurel partagé par de nombreuses économies. Dans cette perspective, les robots humanoïdes pourraient devenir des auxiliaires de soins, capables de veiller, d’assister et de sécuriser des personnes dépendantes. « Si vous aviez un robot capable de protéger et de soigner un parent âgé, ce serait formidable », a-t-il ajouté, posant la robotique comme une réponse technologique à une crise sociale annoncée.

Cette vision s’inscrit dans une philosophie plus large du fondateur de Tesla, qui voit dans la robotique et l’IA le socle d’un nouveau modèle de prospérité. « Nous nous dirigeons vers un avenir d’abondance incroyable », a-t-il déclaré à Davos, estimant que l’automatisation intelligente est la seule voie crédible pour élever durablement le niveau de vie à l’échelle planétaire. Et de conclure, dans un registre quasi historique : « Nous vivons l’époque la plus intéressante de l’histoire. »

Reste que cet horizon d’« abondance » pose de lourds défis de gouvernance. L’automatisation massive reconfigure déjà les marchés du travail, avec des risques de destruction d’emplois non qualifiés, mais aussi la création de nouveaux métiers autour de la conception, de la maintenance et de la supervision des systèmes robotiques. Pour l’Afrique, la montée en puissance des robots humanoïdes et de l’IA représente à la fois une opportunité de rattrapage productif dans l’industrie, la logistique ou la santé, et un risque d’accentuation des fractures numériques si les politiques publiques n’anticipent pas la formation des compétences, la régulation des usages et l’accessibilité de ces technologies.

Entre projections chiffrées et visions portées par les géants de la tech, la robotique humanoïde s’impose désormais comme l’un des grands marqueurs de la prochaine décennie numérique. La question n’est plus de savoir si les robots vont transformer nos économies, mais à quelle vitesse, et selon quelles règles collectives.

Par Beaugas – Orain DJOYUM

Fibre optique : Le projet « Horizon Fiber » lancé pour relever les défis de la connectivité dans la Corne de l’Afrique et au-delà

[DIGITAL Business Africa] – Accord historique entre trois opérateurs nationaux des télécoms d’Afrique. Djibouti Telecom, Ethio Telecom et Sudatel Telecom Group ont lancé ce mercredi 4 février 2026, à Djibouti, le projet « Horizon Fiber ». D’une longueur de 2 800 kilomètres, le câble permettra de renforcer la connectivité numérique dans la Corne de l’Afrique (partie Est) et au-delà.

Cela en accroissant “significativement” la capacité de bande passante internationale, en renforçant la résilience et la redondance du réseau et en répondant à la demande croissante de données, de services cloud, de connectivité hyperscale, de plateformes numériques et de flux de données transfrontaliers dans toute la région.

Pour Ethio Telecom, cette initiative est un élément clé de sa stratégie « Next Horizon : Digital & Beyond 2028 », renforçant l’ambition de l’entreprise de passer du statut d’opérateur national à celui de leader régional en matière de connectivité et d’infrastructures numériques.

Horizon Fiber, selon l’opérateur, consolide la position de l’Éthiopie en tant que plaque tournante stratégique du transit numérique, soutient son expansion internationale et soutient les services numériques avancés, notamment le cloud, les centres de données, les solutions d’entreprise et le commerce numérique transfrontalier.

« horizon Fiber » devrait relier Djibouti à Addis-Abeba et à Port-Soudan. Le réseau promet une latence réduite à environ 14 millisecondes, selon les opérateurs. Il est doté de 144 paires de fibres et conçu pour des capacités multitérabit.

Les discussions techniques et stratégiques ont été engagées fin 2024, après la conclusion d’un protocole d’accord à Addis-Abeba le 4 décembre 2024.

La mise en service opérationnelle du réseau, dite « Readiness for Service », est attendue d’ici mai 2026, un délai jugé ambitieux par les acteurs du secteur.

Dans sa phase initiale, « Horizon fiber » reposera sur la mise à niveau des réseaux existants des trois partenaires, avec l’ajout d’équipements de transmission et des travaux de génie civil, principalement au Soudan.

Cette première étape s’appuiera « exclusivement » sur des équipements de transmission du fournisseur chinois Huawei. Une seconde phase est prévue sine die, avec l’intégration d’équipements non chinois.

Par Jean Materne Zambo, source : ethio telecom, adi.dj

Scanning des marchandises : après l’arbitrage de la Primature, Cyrus Ngo’o ouvre des négociations entre SGS et Transatlantic au Port de Douala

[DIGITAL Business Africa] – Au Port autonome de Douala (PAD), le dossier explosif du scanning des marchandises connaît un nouveau tournant. Après la décision actée à la Primature le 29 janvier 2026 confirmant le maintien de SGS, la Direction générale du PAD ouvre désormais la porte à une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA. Une inflexion stratégique qui marque le passage d’un bras de fer institutionnel à une phase de négociation opérationnelle, avec pour objectif affiché de restaurer la performance logistique du Port de Douala-Bonabéri.

Cette évolution ressort clairement d’une correspondance confidentielle du PAD datée du 02 février 2026, signée par le directeur général Cyrus Ngo’o et adressée à la directrice générale de SGS Cameroun S.A. Le document convoque SGS à une réunion le 04 février 2026 au siège du PAD, pour examiner les modalités pratiques de reprise des activités de scanning au terminal à conteneurs, dans le strict respect des règles de police et d’exploitation applicables à l’ensemble des opérateurs de la plateforme portuaire. Au-delà du cadre réglementaire, la lettre inscrit noir sur blanc l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA.

Un basculement de posture du PAD
Jusqu’ici, le feuilleton opposait frontalement les acteurs autour du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri, sur fond de gouvernance du domaine public portuaire, d’autorisations d’exercer et de coûts logistiques. La décision de la Primature du 29 janvier 2026 a tranché en faveur du maintien de SGS dans le dispositif, mettant fin à l’incertitude juridique sur l’opérateur de scanning.

Mais, le PAD ne s’en tient pas à une victoire sèche d’un camp sur l’autre. En proposant une collaboration SGS–Transatlantic, la Direction générale du Port opte pour une solution hybride, visant à capter les complémentarités techniques et opérationnelles des deux entreprises au service de la compétitivité portuaire.

Ce repositionnement répond à une préoccupation centrale rappelée dans la correspondance du PAD : l’impact négatif des modalités actuelles de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, à rebours des objectifs de performance et de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.

Le PAD entend donc remettre à plat l’organisation opérationnelle du scanning, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, la mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire, ainsi que la prise en compte des coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.).

Après l’arbitrage politique, le temps de l’ingénierie opérationnelle

Depuis l’arbitrage politique, le PAD reprend la main sur le terrain opérationnel. La convocation de SGS à une réunion technique, assortie de l’examen formel d’une collaboration avec Transatlantic, montre que l’enjeu dépasse désormais la simple question de l’opérateur désigné. Il s’agit de réorganiser la chaîne de valeur des services au port, d’en réduire les frictions et d’en améliorer l’impact sur la fluidité logistique.

Vers un schéma de co-opération SGS–Transatlantic

La piste d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, explicitement mentionnée par le PAD, ouvre plusieurs scénarios : partage de responsabilités sur certaines étapes du scanning, mutualisation d’infrastructures ou de données, voire répartition fonctionnelle des périmètres d’intervention. Si elle se concrétise, cette co-opération pourrait atténuer les tensions nées de la rivalité entre les deux acteurs, tout en permettant au PAD de mieux piloter la performance globale du dispositif de contrôle des marchandises.

Pour l’autorité portuaire, l’enjeu est double : sécuritaire et économique. Sécuritaire, car le scanning s’inscrit dans les obligations de sûreté et de contrôle des flux. Économique, car la fluidité du passage portuaire conditionne la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri face aux autres hubs de la sous-région. La démarche du Directeur général du PAD, en ouvrant la voie à une collaboration SGS–Transatlantic, traduit la volonté de sortir d’une logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction d’une solution plus efficace.

Un signal pour l’écosystème portuaire

Ce tournant stratégique envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs de la place portuaire : après l’arbitrage des autorités centrales, le PAD privilégie désormais la recherche de solutions pragmatiques pour améliorer les performances du port. La réunion du 04 février 2026, convoquée par la Direction générale du PAD, pourrait ainsi marquer le début d’une recomposition du dispositif des principaux services au Port de Douala-Bonabéri, avec à la clé un nouveau cadre de coopération entre SGS (pour le scanning) et Transatlantic (pour l’accompagnement ?).

Pour les acteurs du commerce extérieur camerounais, c’est l’espoir d’une levée du blocus qui était observé, d’une meilleure prévisibilité des opérations et, in fine, d’un gain de compétitivité pour la place portuaire de Douala.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Encadré – Les points à l’ordre du jour de la réunion PAD – SGS (04 février 2026)

Selon la correspondance confidentielle du Directeur général du Port autonome de Douala, la réunion convoquée avec la Direction générale de SGS Cameroun S.A doit permettre d’examiner plusieurs points structurants pour la reprise des activités de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri :

  1. Cadre juridique de l’autorisation d’exercer
    Examen des modalités d’octroi à SGS Cameroun S.A de l’autorisation d’exercer au Port de Douala-Bonabéri, conformément à l’article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.
  2. Conditions d’occupation du domaine public portuaire
    Analyse des conditions d’occupation du domaine public portuaire par SGS, conformément à l’article 15 du même décret, notamment en ce qui concerne les emprises, installations et équipements nécessaires aux opérations de scanning.
  3. Accès et partage des informations opérationnelles
    Définition du système de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités de scanning, conformément à l’article 7 du décret, en lien avec les exigences de sûreté portuaire et de coordination avec les autres acteurs.
  4. Prise en compte des coûts logistiques de la RTC
    Discussion sur les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A), du fait de l’organisation actuelle des opérations de scanning.
  5. Impact du scanning sur la fluidité du passage portuaire
    Évaluation de l’impact des activités de SGS sur les délais de passage portuaire des marchandises, jugés négatifs par le PAD au regard des objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.
  6. Hypothèse d’une collaboration SGS–Transatlantic
    Examen formel de la possibilité d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, en vue d’améliorer l’efficacité opérationnelle du dispositif de scanning et de réduire les frictions observées sur la plateforme portuaire.

Scanning des marchandises : après l’arbitrage de la Primature, Cyrus Ngo’o ouvre des négociations entre SGS et Transatlantic au Port de Douala

[DIGITAL Business Africa] – Au Port autonome de Douala (PAD), le dossier explosif du scanning des marchandises connaît un nouveau tournant. Après la décision actée à la Primature le 29 janvier 2026 confirmant le maintien de SGS, la Direction générale du PAD ouvre désormais la porte à une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA. Une inflexion stratégique qui marque le passage d’un bras de fer institutionnel à une phase de négociation opérationnelle, avec pour objectif affiché de restaurer la performance logistique du Port de Douala-Bonabéri.

Cette évolution ressort clairement d’une correspondance confidentielle du PAD datée du 02 février 2026, signée par le directeur général Cyrus Ngo’o et adressée à la directrice générale de SGS Cameroun S.A. Le document convoque SGS à une réunion le 04 février 2026 au siège du PAD, pour examiner les modalités pratiques de reprise des activités de scanning au terminal à conteneurs, dans le strict respect des règles de police et d’exploitation applicables à l’ensemble des opérateurs de la plateforme portuaire. Au-delà du cadre réglementaire, la lettre inscrit noir sur blanc l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA.

Un basculement de posture du PAD
Jusqu’ici, le feuilleton opposait frontalement les acteurs autour du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri, sur fond de gouvernance du domaine public portuaire, d’autorisations d’exercer et de coûts logistiques. La décision de la Primature du 29 janvier 2026 a tranché en faveur du maintien de SGS dans le dispositif, mettant fin à l’incertitude juridique sur l’opérateur de scanning.

Mais, le PAD ne s’en tient pas à une victoire sèche d’un camp sur l’autre. En proposant une collaboration SGS–Transatlantic, la Direction générale du Port opte pour une solution hybride, visant à capter les complémentarités techniques et opérationnelles des deux entreprises au service de la compétitivité portuaire.

Ce repositionnement répond à une préoccupation centrale rappelée dans la correspondance du PAD : l’impact négatif des modalités actuelles de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, à rebours des objectifs de performance et de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.

Le PAD entend donc remettre à plat l’organisation opérationnelle du scanning, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, la mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire, ainsi que la prise en compte des coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.).

Après l’arbitrage politique, le temps de l’ingénierie opérationnelle

Depuis l’arbitrage politique, le PAD reprend la main sur le terrain opérationnel. La convocation de SGS à une réunion technique, assortie de l’examen formel d’une collaboration avec Transatlantic, montre que l’enjeu dépasse désormais la simple question de l’opérateur désigné. Il s’agit de réorganiser la chaîne de valeur des services au port, d’en réduire les frictions et d’en améliorer l’impact sur la fluidité logistique.

Vers un schéma de co-opération SGS–Transatlantic

La piste d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, explicitement mentionnée par le PAD, ouvre plusieurs scénarios : partage de responsabilités sur certaines étapes du scanning, mutualisation d’infrastructures ou de données, voire répartition fonctionnelle des périmètres d’intervention. Si elle se concrétise, cette co-opération pourrait atténuer les tensions nées de la rivalité entre les deux acteurs, tout en permettant au PAD de mieux piloter la performance globale du dispositif de contrôle des marchandises.

Pour l’autorité portuaire, l’enjeu est double : sécuritaire et économique. Sécuritaire, car le scanning s’inscrit dans les obligations de sûreté et de contrôle des flux. Économique, car la fluidité du passage portuaire conditionne la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri face aux autres hubs de la sous-région. La démarche du Directeur général du PAD, en ouvrant la voie à une collaboration SGS–Transatlantic, traduit la volonté de sortir d’une logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction d’une solution plus efficace.

Un signal pour l’écosystème portuaire

Ce tournant stratégique envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs de la place portuaire : après l’arbitrage des autorités centrales, le PAD privilégie désormais la recherche de solutions pragmatiques pour améliorer les performances du port. La réunion du 04 février 2026, convoquée par la Direction générale du PAD, pourrait ainsi marquer le début d’une recomposition du dispositif des principaux services au Port de Douala-Bonabéri, avec à la clé un nouveau cadre de coopération entre SGS (pour le scanning) et Transatlantic (pour l’accompagnement ?).

Pour les acteurs du commerce extérieur camerounais, c’est l’espoir d’une levée du blocus qui était observé, d’une meilleure prévisibilité des opérations et, in fine, d’un gain de compétitivité pour la place portuaire de Douala.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Encadré – Les points à l’ordre du jour de la réunion PAD – SGS (04 février 2026)

Selon la correspondance confidentielle du Directeur général du Port autonome de Douala, la réunion convoquée avec la Direction générale de SGS Cameroun S.A doit permettre d’examiner plusieurs points structurants pour la reprise des activités de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri :

  1. Cadre juridique de l’autorisation d’exercer
    Examen des modalités d’octroi à SGS Cameroun S.A de l’autorisation d’exercer au Port de Douala-Bonabéri, conformément à l’article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.
  2. Conditions d’occupation du domaine public portuaire
    Analyse des conditions d’occupation du domaine public portuaire par SGS, conformément à l’article 15 du même décret, notamment en ce qui concerne les emprises, installations et équipements nécessaires aux opérations de scanning.
  3. Accès et partage des informations opérationnelles
    Définition du système de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités de scanning, conformément à l’article 7 du décret, en lien avec les exigences de sûreté portuaire et de coordination avec les autres acteurs.
  4. Prise en compte des coûts logistiques de la RTC
    Discussion sur les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A), du fait de l’organisation actuelle des opérations de scanning.
  5. Impact du scanning sur la fluidité du passage portuaire
    Évaluation de l’impact des activités de SGS sur les délais de passage portuaire des marchandises, jugés négatifs par le PAD au regard des objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.
  6. Hypothèse d’une collaboration SGS–Transatlantic
    Examen formel de la possibilité d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, en vue d’améliorer l’efficacité opérationnelle du dispositif de scanning et de réduire les frictions observées sur la plateforme portuaire.

SpaceX fait l’acquisition de xAI pour bâtir une infrastructure de calcul orbitale.

[DIGITAL Business Africa] – En absorbant xAI, SpaceX ne se contente pas de fusionner deux entreprises d’Elon Musk. Dans un communiqué officiel publié ce 2 février 2026, l’entreprise annonce le transfert de l’intelligence artificielle vers l’espace pour briser les limites énergétiques terrestres. L’objectif : déployer une constellation d’un million de serveurs orbitaux.

Le constat est sans appel : la croissance de l’IA sur Terre se heurte à un mur énergétique. Les centres de données terrestres saturent les réseaux électriques et exigent des systèmes de refroidissement colossaux. Face à cette impasse, SpaceX a officialisé l’acquisition de xAI pour créer le moteur d’innovation le plus intégré verticalement de l’histoire, combinant fusées, internet satellitaire et puissance de calcul brute.

Pourquoi l’espace est le “cloud” ultime

L’argument est mathématique : l’espace offre une énergie solaire quasi constante et un vide thermique idéal. Selon les projections de l’entreprise, le lancement d’un million de satellites-serveurs permettrait de générer 100 gigawatts de capacité de calcul supplémentaire chaque année.

En s’affranchissant des contraintes environnementales terrestres, SpaceX vise rien de moins que le passage à une civilisation de type Kardashev II, capable de capter une fraction significative de l’énergie de son étoile. « Il fait toujours beau dans l’espace », ironise le communiqué, soulignant que d’ici deux à trois ans, l’orbite deviendra le lieu le plus économique pour entraîner les modèles d’IA.

SpaceX fait l'acquisition de xAI pour bâtir une infrastructure de calcul orbitale.

Starship : le poids lourd de la donnée

Pour concrétiser cette vision, la puissance de feu de Starship est la pièce maîtresse. En 2025, l’humanité a mis en orbite environ 3 000 tonnes de charge utile. SpaceX prévoit de pulvériser ce record :

· Fréquence : des lancements toutes les heures.

· Capacité : 200 tonnes de matériel par vol.

·  Volume : des millions de tonnes acheminées chaque année.

Dès cette année, le déploiement des satellites Starlink V3 via Starship multipliera par 20 la capacité de la constellation actuelle, tout en assurant une couverture cellulaire directe vers les mobiles sur toute la planète.

De la Terre à la Lune : L’IA comme moteur de colonisation

Le projet ne s’arrête pas à l’orbite terrestre. En utilisant le transfert de propergol dans l’espace, Starship acheminera des infrastructures lourdes sur la Lune. L’idée est d’établir des usines lunaires capables de fabriquer des satellites directement sur place.

Grâce à des lanceurs électromagnétiques installés sur la surface lunaire, SpaceX estime pouvoir placer entre 500 et 1 000 térawatts/an de puissance de calcul dans l’espace lointain. Ces centres de données spatiaux ne sont pas seulement des outils technologiques : ils constituent le moteur financier et logistique qui permettra de construire des bases autonomes sur la Lune et une civilisation entière sur Mars.

Vers une conscience multiplanétaire

En intégrant xAI à l’infrastructure Starlink et à la force de frappe de Starship, l’ambition finale est de créer une intelligence capable de « comprendre l’Univers ». En déportant les projets les plus gourmands en ressources hors de notre biosphère, SpaceX protège la Terre tout en étendant la conscience humaine jusqu’aux étoiles.

Par Loïc SOUOP

Source : X.com/SpaceX

Santé numérique : le CHU d’Agadir lance la première unité de chirurgie robotique publique d’Afrique.

[Digital Business Africa] – Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir franchit une étape stratégique dans la transformation numérique du secteur de la santé en mettant officiellement en service la chirurgie robotique. Une innovation inédite à l’échelle du Maroc et du continent africain, rendue possible grâce à l’intégration du robot chirurgical de dernière génération Revo-i, désormais pleinement opérationnel au sein de l’établissement public.

Les premières interventions réalisées à l’aide de cette technologie ont été menées avec succès par des équipes médicales marocaines pluridisciplinaires, réunissant chirurgiens, anesthésistes, infirmiers et techniciens spécialisés. Ces actes inauguraux, conduits dans le strict respect des normes médicales et des protocoles de sécurité internationaux, marquent l’entrée effective du CHU d’Agadir dans l’ère de la chirurgie assistée par robot.

Le système Revo-i s’appuie sur une architecture technologique avancée offrant une vision tridimensionnelle en haute définition et une précision accrue des gestes opératoires. Cette assistance robotique contribue à renforcer la sécurité des interventions, à limiter les complications postopératoires et à accélérer la récupération des patients, tout en conservant le chirurgien au centre de la décision médicale et de l’acte thérapeutique.

Pensé pour la chirurgie mini-invasive, le robot permet d’effectuer des interventions complexes à travers de minuscules incisions, réduisant la douleur postopératoire, la durée d’hospitalisation et les risques associés. Son poste de commande ergonomique améliore également le confort du praticien, notamment lors des opérations longues, en limitant la fatigue et en optimisant la concentration.

Le déploiement de cette technologie s’accompagne d’un important programme de formation. Une équipe marocaine spécialisée a été constituée à travers un cursus certifié combinant enseignement théorique et pratique clinique au sein du CHU Mohammed VI d’Agadir. Le dispositif est renforcé par une plateforme d’apprentissage continu destinée à maintenir et à développer les compétences des professionnels de santé.

D’un coût global de 26,35 millions de dirhams, le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation du système de santé, avec pour objectifs de rapprocher les soins spécialisés des populations, de réduire les évacuations médicales et de renforcer l’offre de soins au niveau régional et national.

En intégrant le système Revo-i dans un hôpital public, le Maroc signe une première africaine et confirme son ambition de faire du numérique un levier de souveraineté sanitaire, conformément à la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour un système de santé plus performant, innovant et accessible.

Par Loïc SOUOP

ICT Africa Summit 2026 : Alger devient l’épicentre de la souveraineté numérique africaine

[DIGITAL Business Africa] – Le Palais des expositions d’Alger accueillera du 21 au 23 avril 2026 la troisième édition de l’ICT Africa Summit. Né de la fusion stratégique entre le Digital Africa Summit, ICT Maghreb et ALVETIC, cet événement s’impose désormais comme le carrefour incontournable pour dessiner l’avenir technologique du continent.

Alors que la transformation numérique s’accélère dans des capitales comme Dakar et Nairobi, l’Afrique cherche à consolider son infrastructure et sa propre vision du digital. C’est dans ce contexte que s’ouvrira, dans les prochains mois, l’acte 3 de l’ICT Africa Summit 2026. Sous le thème ambitieux « Unlocking Digital Horizons », le sommet promet de transformer Alger en un laboratoire d’idées et d’opportunités d’affaires pendant trois jours intensifs.

Une plateforme de convergence inédite

L’ICT Africa Summit n’est pas un salon technologique ordinaire. C’est le résultat d’une synergie entre trois événements majeurs, créant ainsi une force de frappe unique pour adresser les défis spécifiques du marché africain. Des infrastructures télécoms à la cybersécurité, en passant par l’intelligence artificielle, tous les piliers de l’économie de demain y seront représentés.

Quatre forums pour décrypter les enjeux sectoriels

L’une des forces de cette édition 2026 réside dans sa segmentation par “forums d’excellence”, permettant aux professionnels de se concentrer sur leurs verticaux métiers :

E-Gov Forum : un espace dédié à la modernisation de l’État. Comment l’administration numérique peut-elle améliorer la vie des citoyens et booster l’efficacité des services publics ? Les experts débattront de l’interopérabilité et de l’identité numérique.

Oil & Gas Digitalization : secteur névralgique pour de nombreuses économies africaines, l’énergie entame sa mue digitale. De la maintenance prédictive à la gestion optimisée des ressources, les solutions les plus innovantes seront exposées.

Health & Pharma : la télémédecine et la gestion des données de santé sont des leviers majeurs pour l’accès aux soins sur le continent. Ce forum explorera les succès récents et les barrières à lever.

Transportech : de la logistique portuaire à la gestion intelligente du trafic urbain, le numérique est le moteur d’une mobilité africaine plus fluide et durable.

L’innovation au cœur : startups et networking

Au-delà des conférences, l’ICT Africa Summit est une véritable machine à opportunités. Le Village des Startups mettra en lumière les pépites locales et continentales capables de bouleverser les marchés établis. Grâce à une plateforme de business matchmaking optimisée par l’IA, les exposants et visiteurs pourront planifier des rendez-vous B2B ciblés pour transformer les échanges en contrats concrets.

Pourquoi Alger en 2026 ?

Le choix de l’Algérie pour accueillir ce sommet souligne le rôle croissant du pays comme un carrefour technologique régional. Avec une main-d’œuvre hautement qualifiée et une volonté politique forte de diversifier l’économie par le numérique, Alger offre le cadre idéal pour favoriser la coopération Sud-Sud, chère aux leaders du continent.

« Le numérique n’est plus une option, c’est le langage commun du progrès africain. »   Tel est le leitmotiv qui portera cette édition.

Infos pratiques :

 En bref…

Nom de l’événement : ICT Africa Summit 2026

Lieu : Alger, Algérie

Dates : du 21 au 23 avril 2026

Grands axes :

– E-Gouvernance

– Digitalisation du secteur de l’énergie.

– Digitalisation du secteur des transports.

– Télémédecine

Public cible : gouvernements, startups, investisseurs, médias.

Site officiel : ictafricasummit.com

Par Digital Business Africa

Île Maurice : L’IA générative comme levier de transformation du système éducatif avec mytGPT Education

[DIGITAL Business Africa] – Le lancement officiel de mytGPT Education le 26 janvier 2026 marque un tournant stratégique pour la République de Maurice. Fruit d’un partenariat public-privé entre le ministère de l’Éducation et Mauritius Telecom, cet assistant pédagogique intelligent ambitionne de positionner le pays en leader de l’EdTech en Afrique. L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein du cursus scolaire ne relève pas seulement de la modernisation technique, mais d’une volonté politique d’inclusion.

Pour Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom, cette initiative est le pilier d’une stratégie globale :

« La mise en œuvre de mytGPT Education s’inscrit dans notre vision de faire de l’IA un moteur de progrès national. Notre objectif est de démocratiser l’excellence pédagogique en offrant à chaque enfant mauricien un accompagnement personnalisé, soutenu par les dernières avancées technologiques. »

Une architecture technologique au service de la pédagogie

Reposant sur des modèles d’IA générative de pointe, mytGPT Education se distingue par une approche trilingue (anglais, français et créole phonétique), garantissant une barrière linguistique minimale pour les apprenants.

  • Pour les élèves : la plateforme offre une remédiation individualisée, adaptant la complexité des explications et des exercices au profil de chaque utilisateur dans un environnement numérique sécurisé.
  • Pour le corps enseignant : L’outil agit comme un catalyseur d’efficacité. Au-delà de l’automatisation des tâches chronophages (conception de quiz, fiches de révision), il propose des modules d’analyse de données permettant un suivi prédictif et précis des performances académiques.

Déploiement stratégique et renforcement des capacités

Afin de garantir la viabilité du projet, une phase pilote a été déployée dans huit établissements ciblés (quatre écoles primaires et quatre collèges d’État), couvrant les niveaux charnières des grades 4, 7, 8 et 9. Le contenu repose sur un corpus de plus de 50 ressources certifiées, rigoureusement alignées sur le National Curriculum Framework.

Conscient que la technologie ne peut se substituer à l’humain, le gouvernement a instauré un volet formation intensif. Entre décembre 2025 et janvier 2026, les enseignants ont été initiés aux fondamentaux de l’IA et au prompt engineering, assurant ainsi une synergie optimale entre l’intelligence artificielle et l’expertise pédagogique.

Les enjeux d’une pérennisation à l’échelle nationale

Si Maurice s’affirme comme un précurseur de l’éducation augmentée en Afrique, la réussite du passage à l’échelle dépendra de quatre facteurs critiques :

  1. L’infrastructure : la robustesse et la stabilité technique de la plateforme face à une charge accrue.
  2. L’interopérabilité : L’intégration fluide de l’outil avec les systèmes de gestion scolaire existants.
  3. L’éthique : une gouvernance rigoureuse des données privées des mineurs.
  4. L’accompagnement au changement : la formation continue des cadres éducatifs.

En plaçant l’IA générative au cœur de son modèle social, Maurice ne se contente pas de moderniser ses infrastructures : elle prépare activement sa jeunesse aux exigences de l’économie mondiale de demain.

Par Loïc SOUOP

Agenda – GITEX AFRICA MOROCCO 2026 : l’Afrique accélère sa transformation numérique à l’échelle continentale

[DIGITAL Business Africa] – Du 07 au 09 avril 2026, le Maroc accueillera GITEX AFRICA MOROCCO, le plus grand salon africain dédié aux technologies, aux startups et aux politiques numériques. Véritable plateforme panafricaine d’échanges, l’événement réunira gouvernements, leaders technologiques mondiaux, investisseurs et entrepreneurs autour du thème : « Accélérer l’avenir de l’Afrique : l’IA au service d’une transformation inclusive ».

À travers une programmation structurée autour de sommets stratégiques et de pôles sectoriels, l’édition 2026 entend répondre aux défis majeurs de la digitalisation du continent tout en mettant en lumière les opportunités économiques générées par l’innovation.

  • Sommet numérique GITEX AFRICA : vers un marché digital africain unifié

Le Sommet numérique constituera l’épine dorsale de l’événement. Il réunira des délégations ministérielles, des leaders technologiques internationaux et des organismes de régulation pour définir les grandes orientations du continent. Les échanges porteront sur la gouvernance numérique, la connectivité régionale, les villes intelligentes et l’intégration des marchés. L’objectif : poser les bases d’un écosystème africain cohérent, compétitif et inclusif.

  • Connectivité : Alimenter la croissance grâce aux infrastructures de nouvelle génération

La connectivité sera au cœur des débats avec l’ambition de connecter 1,4 milliard d’Africains. En 2026, l’infrastructure télécoms continentale (estimée à 45 milliards de dollars en 2025) s’oriente vers un marché de 66 milliards de dollars d’ici 2030, portée par un taux de pénétration internet dépassant les 65 %. Câbles sous-marins, satellites, 5G et centres de données seront au centre des discussions pour renforcer la souveraineté numérique de l’Afrique.

  • Intelligence artificielle : un potentiel de 1 300 milliards de dollars

L’IA s’impose comme un levier de croissance massif. D’ici 2030, elle pourrait générer 1 300 milliards de dollars supplémentaires pour le PIB africain. À GITEX AFRICA 2026, les décideurs exploreront des cas d’usage concrets adaptés aux réalités locales dans des secteurs clés : finance, santé, agriculture de précision et mobilité urbaine.

  • Cybersécurité : Assurer l’avenir numérique de l’Afrique

À mesure que l’Afrique se numérise, la résilience devient une priorité absolue. Alors que le marché mondial de la cybersécurité atteindra 245 milliards de dollars d’ici 2030, l’Afrique se positionne à l’avant-garde de nouveaux cadres réglementaires.

Le forum proposera :

  • Un sommet des leaders et des RSSI (CISO).
  • Des simulations de cybercrises en direct.
  • Des sessions privées de partage de renseignements avec les régulateurs.
  • Banque et finance de l’avenir : la révolution Fintech

L’avenir de la fintech en Afrique est estimé à 65 milliards de dollars d’ici 2030 (contre 30 milliards en 2025). L’Afrique subsaharienne domine déjà les paiements mobiles avec 2,5 milliards de dollars de transactions quotidiennes. Grâce au système PAPSS et à la ZLECAf, la finance africaine devient numérique, inclusive et sans frontières.

En présence de gouverneurs de banques centrales, directeurs financiers, et leaders des solutions de paiement.

 

En bref…

Nom de l’événement : GITEX AFRICA MOROCCO

Lieu : Marrakech, Maroc

Dates : Du 07 au 09 Avril 2026

Grands axes

-IA,

-Connectivité,

-Cybersécurité,

-Fintech,

-AgriTech,

-Santé (Future Health),

-Mobilité,

-Économie créative,

-GreenTech.

Public cible : Gouvernements, Big Tech, Opérateurs, Startups, Investisseurs (VCs), Médias.

Site officiel : https://gitexafrica.com/

Une scène internationale incontournable : Importé du Moyen-Orient, GITEX Africa offre une visibilité mondiale à l’innovation africaine. C’est ici que se jouent les grandes annonces gouvernementales, les alliances corporate et les vitrines de la souveraineté technologique continentale.

Par Digital Business Africa

Réseaux sociaux : l’Espagne veut relever l’âge minimum d’accès et tenir les plateformes responsables des contenus illégaux et haineux

[DIGITAL Business Africa] – L’ Espagne passe à l’offensive dans son combat contre les dérivés sur les réseaux. Le Premier ministre Pedro Sanchez a annoncé ce 3 février 2026 que l’accès aux réseaux sociaux sera interdit aux moins de 16 ans.

” Aujourd’hui, nos enfants sont exposés à un espace dans lequel ils ne devraient jamais naviguer seuls. Un espace d’addiction, d’abus, de pornographie, de manipulation et de violence… et nous ne l’acceptons plus.” a-t-il déclaré.

Il faudra d’abord que le projet reçoive un écho majoritairement favorable au Parlement espagnol. Le Parti socialiste ouvrier espagnol, parti du Premier ministre, ne disposant pas de majorité au sein de l’hémicycle. Notamment 121 députés sur 350 et 72 sénateurs sur 266.

Si le projet de loi est adopté, les plateformes numériques seront obligées de mettre en place des systèmes efficaces de vérification de l’âge, pas seulement des cases à cocher, mais de véritables barrières qui fonctionnent , a précisé Pedro Sánchez lors de son discours.

Le Premier ministre souhaite modifier la loi afin que « les dirigeants des plateformes soient légalement responsables de nombreuses infractions commises sur leurs sites web ».

« Cela signifie que les PDG de ces plateformes technologiques s’exposeront à des responsabilités pénales pour n’avoir pas supprimé des contenus illégaux ou incitant à la haine », a-t-il ajouté.

En décembre 2025, l’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. 10 plateformes leur étaient proscrites, dont Facebook, TikTok, Instagram, Snapchat et X.

La Grande-Bretagne aussi envisage une mesure similaire, tandis que la France et le Danemark ont récemment annoncé leur intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans.

L’enquête porte notamment sur le fonctionnement de l’intelligence artificielle Grok sur la plateforme, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel.

Le milliardaire Elon Musk, propriétaire de la plateforme, et Linda Yaccarino, son ancienne directrice générale, ont été convoqués le 20 avril 2026 au Parquet de Paris. Cette convocation a été annoncé par le parquet de Paris ce mardi 3 février 2026.

La convocation fait suite à une perquisition menée par la police française et Europol dans les locaux parisiens de X.Elon Musk et son ex-collaboratrice sont soupçonnés de complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique.

Environ 6700 images dénudées générées sur l’ IA Grok avaient été recensées en janvier 2026.

Par Jean Materne Zambo 

Sénégal : Starlink disponible selon  SpaceX [Tarifs et procédures de connexion]

[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal s’ajoute à la liste des pays conquis par SpaceX via Starlink. L’opérateur vient d’annoncer sur son compte X ce 4 février 2026, la disponibilité du service internet par satellite au Sénégal. Les abonnements mensuels pourraient  varier de 22 000 à 30 000 francs CFA, hors matériel.

Starlink est une constellation de milliers de satellites qui orbitent beaucoup plus près de la planète, à environ 550 km, et couvrent le monde entier. Étant donné que les satellites Starlink sont en orbite basse, la latence est nettement inférieure, soit environ 25 ms par rapport à plus de 600 ms.

Bien que le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) ou l’ ARTP n’ait pas encore commis de communiqué à propos, les internautes Sénégalais se réjouissent de cette annonce.

Mamadou Niang Ndiaye en réaction à cette nouvelle rassure ses compatriotes :

« Starlink est un service d’accès à Internet par satellite haute performance développé par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk. Son but est simple : fournir une connexion haut débit partout dans le monde, même dans les zones rurales ou isolées où la fibre et la 4G ne passent pas…Contrairement aux satellites classiques qui sont très hauts dans le ciel (à environ 36 000 km), les satellites Starlink sont en orbite basse (à seulement 550 km).

Faible latence : Comme ils sont plus proches, le signal voyage plus vite. Cela permet de jouer en ligne ou de passer des appels vidéo sans décalage.

Constellation : Il y a des milliers de petits satellites qui communiquent entre eux pour couvrir toute la surface du globe »

En dépit de ces avantages, des questions sur la souveraineté des données demeurent.

El Hadji Thioune s’inquiète :

« J’espère que les autorités ont pensé aux millions de données personnelles et sensibles, désormais entre les mains de Elon Musk et des US. Rien n’est gratuit dans ce monde ».

La connectivité reste un pilier de la Vision Sénégal 2050. L’arrivée de Starlink permettra, sans doute, au Sénégal de renforcer son ambition d’un développement inclusif, fondé sur l’équité territoriale et l’accès universel au numérique, conformément au New Deal technologique.

Comment se connecter sur starlink

Pour se connecter à Starlink, installez l’antenne avec une vue dégagée sur le ciel, branchez le routeur, puis connectez votre appareil au réseau Wi-Fi nommé « STARLINK » ou « STINKY ». Ouvrez ensuite l’application Starlink pour personnaliser le nom et le mot de passe de votre réseau (recommandé).

Étapes détaillées :

– Installation physique : Placez la parabole à un endroit dégagé (sans obstacles comme des arbres).

– Connexion au Wi-Fi : Sur votre smartphone ou ordinateur, ouvrez les paramètres Wi-Fi et sélectionnez le réseau STARLINK.

– Configuration : Ouvrez l’application Starlink pour configurer votre propre réseau Wi-Fi sécurisé.

– Vérification : Le voyant du routeur devient blanc fixe une fois connecté à Internet.

Une vingtaine de pays ont fait confiance à Starlink. Parmi ces pays, on retrouve le Nigeria (premier pays servi), le Kenya, le Rwanda, le Bénin, le Mozambique, la Zambie, le Malawi, l’Eswatini, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, Madagascar, le Botswana, le Zimbabwe, la RDC, le Lesotho, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Ghana, le Burundi et maintenant le Sénégal.

Par Jean Materne Zambo: source: SpaceX (X)

Côte d’Ivoire : Le DG de la Poste encense la boîte postale digitalisée à la tribune du « Tout Savoir Sur »

[DIGITAL Business Africa] – La boîte postale numérique était mise en vitrine à la tribune « Tout savoir sur » (TSS) du Gouvernement. Le directeur général de la Poste Côte d’Ivoire, Isaac Gnamba-Yao, a vanté la récente innovation de la Poste, ce 3 février 2026.

Isaac Gnamba-Yao a rappelé les tarifs du service: 2 000 FCFA par an pour les citoyens, soit moins de 170 FCFA par mois; 25 000 FCFA par an pour les PME, TPE et ONG; et 50 000 FCFA CFA par an pour les grandes entreprises. Ici, les prix varient en fonction du volume de courrier et des besoins logistiques. Toute chose qui garantit que chaque acteur trouve une solution adaptée.

Cette réforme tarifaire majeure vise à démocratiser l’accès aux services postaux, à en croire Isaac Gnamba-Yao.

« Grâce aux réformes, la Poste devient un levier puissant d’inclusion sociale, financière, numérique et même énergétique, en reliant les populations aux services essentiels de manière plus rapide, plus sûre et plus accessible », a déclaré le directeur général de la Poste CI.

Et d’ajouter : « Fini les longs déplacements, les files d’attente interminables et les tracasseries qui font perdre du temps et de l’argent ». Pour le DG, cette « Poste 5.0 » ou concept « phygital » (physique et digital) transforme le téléphone mobile en un véritable bureau de poste de poche, accessible à toutes les bourses.

Cette adresse digitale est reliée à une adresse physique, permettant de recevoir courriers, colis et documents administratifs directement au bureau de poste ou à domicile.

L’adresse est associée au NNI, facilitant l’identification, même sans boîte physique traditionnelle.

Selon les autorités, la boîte postale numérique à bas coût ne se limite pas à la réception de courriers. Elle est un ferment pour l’inclusion financière. Tant les citoyens à faibles revenus pourront disposer d’une adresse formelle, condition souvent indispensable pour l’ouverture de comptes bancaires, l’accès au crédit ou la création de microentreprises.

Par Jean Materne Zambo

Paiements : Le projet de monnaie numérique des BRICS mort-né ?

[DIGITAL Business Africa] – Le projet de création d’une monnaie numérique des BRICS pourrait ne plus voir le jour. Annoncé à grande pompe depuis octobre 2024, la monnaie numérique reposant sur deux piliers technologiques et géopolitiques majeurs, est sur le point d’être coiffée au poteau par un autre système : l’interopérabilité entre les monnaies numériques nationales, comme l’e-roupie de l’ Inde.

Le pays hôte (l’Inde) du sommet des BRICS 2026 a officiellement proposé fin janvier 2026 l’établissement d’un système de connectivité de monnaie numérique BRICS. Ce système devrait être basé sur une architecture de blockchain autorisée (blockchain de consortium), avec les banques centrales de chaque pays agissant comme nœuds de validation pour maintenir un registre distribué.

Selon plusieurs sources, le système vise à réduire la dépendance vis-à-vis du système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), basé sur le dollar. Le système SWIFT est le réseau de messagerie sécurisé mondial, qui permet à quelque 11 000 institutions financières dans plus de 200 pays d’échanger des instructions de virement.

Chaque banque membre possède un code unique (8 à 11 caractères) permettant de l’identifier rapidement et de localiser sa branche, essentiel pour les virements transfrontaliers.

Lorsqu’un virement international est effectué, la banque de l’expéditeur utilise SWIFT pour envoyer des instructions à la banque du destinataire. Et ce afin de finaliser le transfert, souvent via des banques correspondantes.

L’interopérabilité entre les monnaies numériques nationales propose donc le règlement direct des paiements transfrontaliers dans les monnaies nationales.

Deux mécanismes proposés par ce système de paiement : les cycles de règlement et les lignes de swap de devises. Les cycles de règlement fonctionnent comme un système de compensation périodique. Cela réduit le volume de devises qui doivent être physiquement échangées. Il limite également le risque qu’un pays détienne des excédents inutilisables d’une autre devise.

Les lignes de swap de devises, quant à elles, fournissent un filet de sécurité en matière de liquidité en permettant aux banques centrales d’emprunter temporairement les devises les unes des autres pour remplir leurs obligations de règlement, indique le site n26.com.

Les BRICS sont un groupe de pays dits émergents. On y retrouve le Brésil, la Russie, l’ Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. En 2024-2025, le groupe s’élargit (BRICS+) pour inclure l’Égypte, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Indonésie, représentant près de la moitié de la population mondiale et un tiers du PIB mondial.

Par Jean Materne Zambo

Gabon : Oligui Nguema instruit la digitalisation du permis de conduire

[DIGITAL Business Africa] – Le secteur du transport gabonais embraye sur la pédale de la modernisation. Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République, a instruit l’instauration du permis de conduire digitalisé. Le ministère des Transports, de la Marine marchande, en a fait l’annonce sur sa page Facebook ce 3 février 2026. NfC, Oligui Nguema, Transports, permis de conduire digitalisé, DGDI

Si la date de lancement officielle des premiers permis n’est pas encore connue, d’autres informations ont pu filtrer. Notamment son objectif. Le permis de conduire digitalisé permettra de résorber les difficultés fréquemment rencontrées par les conducteurs, entre lenteurs administratives, pertes de documents et risques de falsification.

La digitalisation du permis de conduire sera aussi interconnectée avec les mairies (état civil) et la DGDI. Ce qui offrirait une solution durable : démarches simplifiées, données fiables, meilleure interopérabilité entre services de l’État et fin des blocages liés au support physique.

Pour plusieurs internautes, une ovation devrait accompagner cette mesure. Marcus Lion commente cette actualité sur Facebook :

« Mais en plus du permis digitalisé, je proposerai que les services numériques du ministère des Transports croisent les données de leur base à celles de la DGDI, que la carte d’identité nationale soit liée au permis, ce qui permettra de retracer facilement tout un chacun. Ma seule inquiétude est que le Gabon ne procède paS De DaTacenter BIG Data, on n’héberge pas nos données au Gabon ».

Christopher Massande Diboula questionne la prise d’initiative des ministres quand il faut innover.

« Les ministères n’innovent jamais d’eux-mêmes ? C’est toujours sur instruction du Président de la République ? À quoi servent alors les ministres, les SG, les DG, les conseillers, les chargés d’étude ? »

Scander Will y voit la fin du calvaire sur les axes routiers.

« Aujourd’hui, de nombreux citoyens détiennent un permis provisoire depuis des années, faute de permis définitif (indisponibilité du carton, retards prolongés, manque de clarté etc…). Cette situation crée une insécurité juridique, favorise la fraude et affaiblit la confiance envers l’administration… Un permis numérique, c’est un service public plus efficace, sécurisé et moderne, au bénéfice des citoyens et de l’État. »

Ce nouveau format sera doté de technologies avancées comme le QR code, le système NFC et des dispositifs de sécurité renforcée. Cela permettra aux autorités d’améliorer la traçabilité, de lutter contre la fraude et de faciliter les démarches des usagers.

Par Jean Materne Zambo

OMC, commerce électronique et CM14 à Yaoundé : comment le Cameroun peut réconcilier développement, fiscalité numérique et accords plurilatéraux

[DIGITAL Business Africa] – À l’approche de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, le Cameroun ne peut se limiter à un rôle d’hôte protocolaire.

Accueillir la CM14 confère au Cameroun une responsabilité politique particulière : celle de contribuer activement à la recherche de compromis crédibles sur les dossiers les plus sensibles du commerce multilatéral.

Le contexte actuel des négociations, marqué par de fortes divergences sur le commerce électronique et le moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, appelle une prise de position structurée, crédible et surtout opérationnelle. Cette responsabilité implique que le Cameroun, à travers ses administrations compétentes, prenne des dispositions concrètes pour faire valoir ses propositions dès la prochaine réunion du Programme de travail sur le commerce électronique, prévue le 02 mars 2026 à Genève.

Sur le fond, les débats à l’OMC se cristallisent aujourd’hui autour de deux lignes de fracture majeures. La première porte sur l’orientation du Programme de travail sur le commerce électronique, jugé insuffisamment opérationnel sur les enjeux de développement. La seconde concerne le moratoire en vigueur depuis 1998, régulièrement prorogé, mais de plus en plus contesté pour ses implications fiscales.

Un débat désormais encadré par une échéance claire fixée par les ministres à la CM13

Ce débat s’inscrit par ailleurs dans un cadre politique et juridique désormais clairement balisé par les ministres de l’Organisation mondiale du commerce lors de la 13e Conférence ministérielle (CM13), tenue à Abou Dhabi du 26 février au 2 mars 2024. Dans leur Décision ministérielle sur le Programme de travail sur le commerce électronique, adoptée le 2 mars 2024, les ministres ont convenu de poursuivre la redynamisation du Programme de travail avec un accent particulier sur sa dimension développement, en tenant compte des besoins économiques, financiers et de développement des pays en développement et des pays les moins avancés.

Surtout, les ministres avaient explicitement décidé de maintenir la pratique consistant à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques uniquement jusqu’à la 14e Conférence ministérielle ou jusqu’au 31 mars 2026, selon la première échéance atteinte, précisant sans ambiguïté que le moratoire et le Programme de travail expireront à cette date.

Cette décision marque un tournant majeur. Pour la première fois depuis 1998, la reconduction du moratoire n’est plus automatique ni indéfinie, mais explicitement conditionnée dans le temps. Les ministres avaient également demandé que les discussions soient approfondies sur la portée, la définition et l’impact du moratoire, en s’appuyant sur des éléments empiriques, notamment en ce qui concerne le développement, l’industrialisation numérique et la capacité des pays en développement et des pays les moins avancés à « niveler le terrain de jeu » dans l’économie numérique.

C’est donc dans ce contexte précis de fin programmée du moratoire et du Programme de travail, tel qu’arrêté à la CM13, que prennent tout leur sens les discussions engagées à Genève en janvier 2026, la réunion décisive du 02 mars 2026, ainsi que la CM14 à Yaoundé. L’enjeu n’est plus simplement de prolonger un statu quo, mais bien de définir l’avenir du cadre multilatéral du commerce électronique, sur des bases plus équilibrées, plus documentées et plus sensibles aux réalités fiscales et de développement.

Pour comprendre le moratoire

Camps opposés sur le moratoire

Sur le moratoire, deux camps s’opposent ouvertement. D’un côté, plusieurs Membres soutiennent la poursuite, voire la pérennisation, du moratoire. Les États-Unis, l’Union européenne, le Japon, le Canada, l’Australie et Singapour figurent parmi les partisans les plus constants de cette position.

D’autres Membres, dont la Chine, soutiennent également la reconduction du moratoire, tout en exprimant parfois des nuances liées à leurs priorités de développement. Ces pays mettent en avant la stabilité du cadre du commerce numérique, la prévisibilité pour les entreprises et la promotion de l’innovation.

De l’autre côté, un groupe de pays en développement exprime une opposition croissante à la reconduction automatique du moratoire. L’Inde, l’Afrique du Sud et l’Indonésie sont les plus visibles dans ce camp. Ils invoquent explicitement des préoccupations liées à la perte potentielle de recettes publiques, à la réduction de l’espace de politique fiscale et industrielle, ainsi qu’à l’absence de clarté sur la définition des « transmissions électroniques », dans un contexte de numérisation accélérée des échanges.

Le moratoire a contribué, depuis 1998, à créer un environnement de stabilité et de prévisibilité pour l’essor du commerce électronique mondial. Pour de nombreuses entreprises, notamment dans les économies numériquement avancées telles que les États-Unis, l’Union européenne, le Japon, le Canada, l’Australie et Singapour, l’absence de droits de douane sur les transmissions électroniques est devenue un élément structurant des modèles économiques du numérique et un facteur clé de confiance pour l’investissement et l’innovation.

Cependant, à mesure que des biens autrefois échangés physiquement sont désormais fournis sous forme numérique – logiciels, contenus culturels, services dématérialisés –, les implications fiscales du moratoire deviennent de plus en plus visibles pour les pays en développement et les pays les moins avancés. Pour ces économies, les droits de douane restent une source importante de recettes publiques, et la numérisation progressive des échanges soulève des interrogations légitimes sur les pertes de revenus potentielles et la réduction de l’espace de politique fiscale.

Dans ce paysage polarisé, le Cameroun a l’opportunité de jouer un rôle de facilitateur, en portant trois propositions complémentaires, portant respectivement sur le cadre de discussion, la fiscalité du commerce électronique et la gouvernance juridique du numérique.

La première concerne la redynamisation du cadre même des discussions sur le commerce électronique. Elle pourrait être formulée comme suit :

« Les Ministres conviennent de renforcer davantage le Programme de travail sur le commerce électronique, notamment en structurant plus clairement sa dimension développement, afin de soutenir la participation progressive des pays en développement et des pays les moins avancés au commerce électronique mondial. »

Cette proposition s’inscrit pleinement dans la continuité des décisions adoptées lors des 12e et 13e Conférences ministérielles et des positions défendues par le Groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Elle ne remet pas en cause l’acquis de l’OMC, mais vise à corriger une faiblesse structurelle persistante : l’absence d’un cadre opérationnel clair permettant de traduire les principes de développement en actions concrètes dans le domaine du commerce électronique.

En effet, depuis son adoption en 1998, le Programme de travail sur le commerce électronique reconnaît la pertinence des questions de développement dans les discussions sur le commerce numérique. Toutefois, cette dimension développement est demeurée implicite et transversale, sans structuration institutionnelle claire ni axe dédié.

Si le Programme a offert un espace utile de dialogue, il n’a pas permis, jusqu’à présent, d’assurer une prise en compte systématique et continue des besoins spécifiques des pays en développement et des pays les moins avancés, à mesure que le commerce électronique prend une place croissante dans les échanges mondiaux.

Les décisions ministérielles adoptées lors des 12e et 13e Conférences ministérielles ont marqué une avancée importante en appelant à la redynamisation du Programme de travail, avec un accent particulier sur sa dimension développement. Ces décisions ont envoyé un signal politique fort, reconnaissant les implications croissantes du commerce électronique pour le développement. Elles n’ont toutefois pas instauré de mécanisme dédié, ni défini de mandats opérationnels clairs ou de résultats attendus, laissant ainsi cette dimension largement au stade déclaratif. Ce que la proposition du Cameroun peut corriger.

Contrairement à la décision ministérielle de 2024, qui reconnaît la centralité du développement sans en modifier l’architecture institutionnelle, cette proposition du Cameroun vise à transformer cette orientation politique en un cadre structuré et lisible, en introduisant explicitement le principe de participation progressive des pays en développement et des pays les moins avancés au commerce électronique mondial. En bref, la CM13 a dit “le développement est important”, mais la proposition suggérée du Cameroun à la CM14 dit “voici comment l’organiser”.

WTO E-Commerce Discussions: Existing Framework vs. Cameroon’s Added Value

ÉLÉMENTS CLÉS CE QUI EXISTE DÉJÀ À L’OMC LE “PLUS” QU’APPORTE LA PROPOSITION SUGGÉRÉE DU CAMEROUN
Statut du développement dans le Programme de travail Le développement est reconnu comme une question transversale depuis 1998, sans structure dédiée Création d’un axe clairement identifié et structuré consacré au développement
Nature des engagements Orientations politiques générales, sans mandat opérationnel précis Clarification d’un cadre fonctionnel pour traduire les orientations en actions
Décisions MC12 et CM13 Appel à revitaliser le Programme avec un accent sur le développement Approfondissement concret de cet appel par une organisation interne plus lisible
Propositions ACP Forte mise en avant du développement, de la coopération et de la revitalisation Passage d’une logique déclarative à une structuration institutionnelle
Gouvernance du Programme Discussions dispersées entre différents thèmes et sessions Meilleure lisibilité grâce à un pilier dédié au développement
Participation des pays en développement et PMA Reconnue implicitement via le traitement spécial et différencié Reconnaissance explicite du principe de participation progressive au e-commerce
Flexibilité et espace politique Présents dans le système OMC mais peu articulés au e-commerce Intégration claire de la flexibilité dans les discussions numériques
Capacités numériques Assistance technique évoquée de manière générale Lien renforcé entre discussions e-commerce, capacités numériques et assistance ciblée
Lien avec l’Annexe 4 (PMA) Approche fragmentée, sans articulation explicite Mise en cohérence entre accession, développement et commerce électronique
Accords plurilatéraux numériques Participation volontaire, mais pression politique implicite Réaffirmation de la liberté de participation progressive et non contraignante
Vision stratégique Gestion des débats au cas par cas Vision structurée d’un e-commerce inclusif et développemental
Positionnement politique Absence de leadership géographique identifié Positionnement du Cameroun comme facilitateur et pont Nord–Sud, en tant que pays hôte de MC14

 

Cette proposition ne remet pas en cause le cadre existant de l’OMC sur le commerce électronique, mais en renforce la cohérence et l’efficacité en transformant des orientations politiques générales en un dispositif structuré, lisible et orienté vers le développement.

La proposition sur le moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques

La seconde proposition du Cameroun concerne directement le moratoire sur les transmissions électroniques et place la fiscalité numérique au cœur du débat. Elle pourrait être formulée de la manière suivante :

« Les Ministres conviennent de proroger le moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques jusqu’à la prochaine Conférence ministérielle, tout en renforçant de manière substantielle les travaux analytiques sur ses impacts fiscaux, économiques et de développement pour les pays en développement et les pays les moins avancés, afin d’éclairer toute décision future. »

Cette approche permet au Cameroun d’éviter une posture binaire. Elle reconnaît l’utilité du moratoire pour la stabilité du commerce numérique à court terme, tout en donnant une légitimité pleine aux préoccupations fiscales exprimées par plusieurs pays du Sud. Elle ouvre surtout la voie à des études précises, sectorielles et fondées sur des données empiriques, permettant aux pays en développement d’évaluer de manière réaliste les effets du commerce électronique sur leurs recettes publiques.

La fiscalité numérique ne peut plus rester un angle mort des discussions à l’OMC. Pour de nombreux pays africains, les droits de douane demeurent une composante essentielle des ressources budgétaires. La dématérialisation progressive des échanges constitue donc un enjeu majeur pour la soutenabilité fiscale. Sans analyses rigoureuses des pertes potentielles de recettes, ainsi que des capacités de compensation par d’autres instruments fiscaux, le débat sur le moratoire restera fragile et politiquement conflictuel.

Moratoire sur le commerce électronique à l’OMC : l’existant et le “plus” proposé par le Cameroun
Éléments clés Situation actuelle à l’OMC Le “plus” que pourrait proposer le Cameroun
Statut du moratoire Moratoire en vigueur depuis 1998, prorogé à chaque Conférence ministérielle Prorogation limitée dans le temps, liée à des conditions d’analyse renforcée
Logique dominante Renouvellement fondé sur la stabilité du commerce numérique Approche conditionnelle, fondée sur l’évaluation des impacts réels
Pays favorables au maintien États-Unis, Union européenne, Japon, Canada, Australie, Singapour Recherche d’une convergence entre pays développés et pays en développement
Pays opposés ou critiques Inde, Afrique du Sud, Indonésie Reconnaissance explicite de la légitimité de leurs préoccupations fiscales
Prise en compte de la fiscalité Faible, souvent indirecte ou théorique Mise au cœur du débat des recettes publiques et de l’espace de politique fiscale
Base analytique Estimations globales, données partielles ou hétérogènes Études précises, sectorielles et fondées sur des données empiriques nationales
Impact sur les recettes publiques Peu documenté pour les pays en développement Évaluation systématique des pertes potentielles de droits de douane
Alternatives fiscales Peu intégrées aux discussions OMC Analyse des instruments compensatoires : TVA numérique, fiscalité des services numériques, modernisation fiscale
Traitement des asymétries Approche uniforme du moratoire Approche différenciée, tenant compte des niveaux de développement
Lien avec le développement Implicite Explicitement articulé avec les priorités de développement
Rôle des capacités nationales Peu abordé Renforcement des capacités des administrations fiscales et douanières
Positionnement du Cameroun Observateur dans un débat polarisé Facilitateur d’une approche équilibrée et fiscalement lucide
Finalité politique Reconduction du statu quo Décisions futures éclairées par des données solides et partagées

 

L’approche proposée par le Cameroun ne remet pas en cause le moratoire sur le commerce électronique, mais vise à en sortir la discussion du face-à-face idéologique en plaçant la fiscalité numérique, les recettes publiques et l’analyse fondée sur les données au cœur du processus décisionnel multilatéral.

Le cas de l’accord Plurilatéral sur le commerce électronique : ouverture sans précipitation

Enfin, le débat sur le commerce électronique à l’OMC ne saurait ignorer la question du Plurilateral Agreement on Electronic Commerce, dont la demande d’intégration dans l’architecture juridique de l’Organisation, sous l’Annexe 4 de l’Accord de Marrakech, n’a pas recueilli le consensus lors du Conseil général de décembre 2025. Cette demande d’intégration à l’Annexe 4 disponible depuis décembre 2024 avait été portée formellement au Conseil général fin 2025. 

Si 72 co-parrains soutiennent cette initiative et ont clairement demandé en décembre 2025 à l’OMC de l’intégrer dans l’Annexe 4 des Accords de l’OMC, plusieurs membres de l’OMC (Inde, Afrique du Sud et Indonésie) dont certains pays en développement ont exprimé des réserves, rappelant la nécessité de préserver l’inclusivité et l’équilibre du système multilatéral. Parmi les 72 co-parrains de cet accord plurilatéral, six pays Africains : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap vert, la Gambie, le Kenya et l’île Maurice. 

En effet, à l’OMC, les discussions sur le commerce électronique se déroulent dans deux cadres distincts mais complémentaires. D’un côté, le Programme de travail sur le commerce électronique évoqué plus haut, établi en 1998 pour examiner de manière exploratoire la relation entre les Accords existants de l’OMC et le commerce électronique, sans objectif de négociation de nouvelles règles formelles.

De l’autre côté, un groupe de Membres a lancé en 2017 l’Initiative conjointe sur le commerce électronique (Joint Statement Initiative – JSI), un mécanisme de négociation plurilatérale ouvert à tous les Membres de l’OMC visant à élaborer des règles nouvelles et plus contraignantes sur le commerce électronique. Cette initiative co-dirigée par l’Australie, le Japon et Singapour s’inscrit dans une démarche volontaire de pays souhaitant avancer plus rapidement sur des disciplines numériques.

Après plus de cinq années de négociations sous l’égide de la JSI, un texte stabilisé de l’accord sur le commerce électronique a été publié le 26 juillet 2024, marquant une étape majeure dans l’élaboration de règles commerciales numériques à l’OMC.

D’après l’OMC, les pays membres participant aux discussions de la JSI représentent plus de 90 % du commerce mondial, bien que l’acceptation du texte stabilisé par certains d’entre eux ne soit pas encore unanime.

Ce que prévoit concrètement l’Accord plurilatéral sur le commerce électronique (Article 11)

L’Accord plurilatéral sur le commerce électronique, issu de l’Initiative conjointe (JSI) de l’OMC et finalisé en juillet 2024, consacre un article dédié aux droits de douane applicables aux transmissions électroniques. Cet article 11 pose trois principes structurants :

1. Interdiction de droits de douane sur les transmissions électroniques

Article 11.3

Aucune Partie n’imposera de droits de douane sur les transmissions électroniques entre une personne d’une Partie et une personne d’une autre Partie.

Cela consacre juridiquement, entre les Parties à l’accord, le principe du moratoire OMC sur les transmissions électroniques, mais sous forme d’obligation contraignante.

2. Possibilité de fiscalité intérieure (TVA, taxes numériques, etc.)

Article 11.4

Il est entendu que le paragraphe 3 n’empêche pas une Partie d’imposer des taxes, redevances ou autres impositions intérieures sur les transmissions électroniques d’une manière qui n’est pas incompatible avec l’Accord sur l’OMC.

L’accord reconnaît explicitement la souveraineté fiscale interne des États : TVA sur les services numériques, taxes sur les plateformes et prélèvements intérieurs compatibles avec les règles OMC sont autorisés, tant qu’ils ne constituent pas une discrimination commerciale contraire aux accords OMC.

3. Clause de révision périodique (mais pas de remise en cause automatique)

Article 11.5

Compte tenu du caractère évolutif du commerce électronique et de la technologie numérique, les Parties examineront le présent article au cours de la cinquième année suivant la date d’entrée en vigueur du présent accord, et périodiquement par la suite, en vue d’en évaluer les incidences et de déterminer si des amendements quelconques sont appropriés.

Il existe une clause de réexamen après cinq ans (soutenue par certains pays en développement lors des négociations), mais elle est interne à l’accord plurilatéral, n’ouvre pas automatiquement la possibilité de suspendre l’interdiction de droits de douane et ne conditionne pas l’interdiction à des études fiscales ou à des impacts sur les recettes publiques.

Dans ce contexte, et c’est la troisième proposition, le Cameroun pourrait adopter une position d’ouverture prudente. Il peut reconnaître la légitimité de l’initiative plurilatérale, tout en soulignant que toute intégration juridique doit rester strictement volontaire, respecter le traitement spécial et différencié, et ne créer aucune pression directe ou indirecte sur les pays en développement et les pays les moins avancés.

Pour le Cameroun, la priorité peut demeurer la consolidation du cadre multilatéral existant, notamment par un renforcement effectif et structuré du Programme de travail sur le commerce électronique, avant toute avancée juridique en matière d’accords plurilatéraux.

L’action du Cameroun

Dès lors, il est crucial que le Cameroun, par l’action coordonnée du ministère du Commerce, du ministère des Relations extérieures, de la Mission permanente du Cameroun auprès de l’OMC à Genève, ainsi que des administrations techniques concernées, prenne toutes les dispositions nécessaires pour porter ces propositions à la prochaine réunion du Programme de travail de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur le commerce électronique, le 02 mars 2026 à Genève.

Il s’agit plus précisément d’une session de travail multilatérale préparatoire à la 14e Conférence ministérielle de l’OMC (CM14), qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun.

Cette réunion s’inscrira dans la continuité directe des échanges tenus le 28 janvier 2026, au cours desquels les Membres de l’OMC ont examiné les perspectives d’aboutir à un résultat sur le commerce électronique à la CM14, notamment sur la revitalisation du Programme de travail sur le commerce électronique ; la question du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques ; et enfin sur les éléments possibles d’une décision ministérielle à Yaoundé.

C’est à ce niveau que se jouera la crédibilité du Cameroun comme acteur de convergence et comme hôte d’une Conférence ministérielle appelée à produire des résultats substantiels.

À quelques semaines de la CM14 à Yaoundé, le Cameroun dispose ainsi d’une fenêtre diplomatique importante pour contribuer à un débat plus mature, mieux informé et plus équitable sur l’avenir du commerce électronique.

En combinant une redynamisation du Programme de travail autour du développement et une approche fiscalement lucide du moratoire, le Cameroun peut aider à rapprocher des positions aujourd’hui antagonistes et à inscrire le commerce numérique multilatéral dans une trajectoire réellement inclusive.

Au-delà de la CM14, cette approche pourrait servir de base à une contribution africaine structurée au débat mondial sur la gouvernance du commerce numérique, en réconciliant ouverture, équité et soutenabilité fiscale.

Cette exigence d’analyses empiriques rejoint d’ailleurs les débats en cours dans d’autres enceintes internationales sur la fiscalité de l’économie numérique et pourrait permettre à l’Afrique de peser davantage dans la définition des règles du commerce numérique mondial.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Directeur de publication de Digital Business Africa et DG d’ICT Media STRATEGIES

À l’approche de la CM14 à Yaoundé, les membres de l’OMC débattent à Genève de l’avenir du commerce électronique

[DIGITAL Business Africa] – Les Membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont échangé leurs points de vue sur le commerce électronique le 28 janvier 2026, alors que les discussions s’intensifient à l’approche de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC (CM14), prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun. Ces échanges revêtent une importance particulière, car ils s’inscrivent dans le contexte de l’expiration imminente à la fois du moratoire sur le commerce électronique et du Programme de travail de l’OMC relatif au commerce électronique.

Les discussions se sont tenues dans le cadre d’une réunion du Programme de travail de l’OMC sur le commerce électronique, au cours de laquelle les Membres ont évalué les perspectives d’aboutir à un résultat significatif sur le commerce électronique lors de la CM14. Les échanges ont porté à la fois sur l’avenir du moratoire de longue date sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques et sur l’orientation générale du Programme de travail, dont le mandat a été redynamisé et strictement encadré dans le temps par les ministres lors de la 13e Conférence ministérielle (CM13).

Lors de la CM13, tenue à Abou Dhabi du 26 février au 2 mars 2024, les ministres de l’OMC ont adopté une décision ministérielle réaffirmant l’orientation de développement du Programme de travail et liant explicitement la poursuite des discussions sur le commerce électronique à des analyses empiriques de ses impacts sur le développement. Les ministres ont convenu d’approfondir les discussions sur la portée, la définition et l’impact du moratoire, en particulier en ce qui concerne l’industrialisation numérique et les besoins des pays en développement et des pays les moins avancés.

Surtout, ils ont décidé de maintenir la pratique consistant à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques uniquement jusqu’à la 14e Conférence ministérielle ou jusqu’au 31 mars 2026, selon la première échéance atteinte, en précisant sans ambiguïté que le moratoire et le Programme de travail expireront à cette date.

Deux propositions sur la table

C’est dans ce calendrier, désormais fini et clairement défini, que doivent être comprises les discussions de janvier 2026. S’adressant aux délégations, le facilitateur du Programme de travail sur le commerce électronique, l’ambassadeur Richard Brown de la Jamaïque, a rappelé que depuis novembre 2025, les Membres examinent deux soumissions fondées sur des textes : l’une présentée par le Groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), et l’autre soumise par les États-Unis avec plusieurs co-parrains.

« Vous vous souvenez que depuis novembre, nous avons commencé à examiner deux soumissions fondées sur des textes, l’une du Groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et l’autre des États-Unis et d’autres co-parrains. Dans mon rapport au Conseil général en décembre, je vous ai demandé de réfléchir à ces soumissions et à ce que vous vous êtes entendus jusqu’à présent », a déclaré l’ambassadeur Brown.

À l’approche rapide de la CM14 — et alors que l’expiration du moratoire est désormais à moins de deux mois — le facilitateur a souligné l’urgence de réduire les divergences et d’identifier des terrains d’entente entre les Membres.

« Avec la CM14 dans seulement deux mois, il est important de concentrer nos efforts ici à Genève afin de tenter de dégager une convergence sur les éléments que les Membres souhaitent voir figurer dans une décision ministérielle et qui reflète leurs aspirations collectives quant à la manière dont le commerce électronique devrait être traité à l’OMC », a-t-il ajouté.

Au cours de la réunion, les Membres ont exposé leurs positions sur la prolongation du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, une mesure régulièrement renouvelée depuis 1998 mais dont la poursuite n’est désormais plus automatique. Le caractère temporaire de la décision de la CM13 a accentué les divisions, en particulier entre les pays en développement et les pays les moins avancés, préoccupés par les recettes fiscales, l’industrialisation numérique et l’espace de politique publique.

Les discussions ont également porté sur la revitalisation du Programme de travail sur le commerce électronique, en mettant l’accent sur la nécessité de le rendre plus efficace, davantage fondé sur des données probantes et plus sensible aux préoccupations de développement, conformément au mandat issu de la CM13.

Les délégations ont formulé des suggestions, commenté les différentes propositions sur la table et exprimé leur disponibilité à s’engager de manière constructive afin de parvenir à un résultat significatif lors de la CM14 à Yaoundé — un résultat qui déterminera nécessairement si le moratoire sera prolongé, modifié ou laissé expirer.

Dans ses remarques de clôture, l’ambassadeur Brown a encouragé les auteurs des différentes soumissions et les délégations intéressées à intensifier les consultations afin d’identifier des éléments communs susceptibles de servir de base à un projet de décision ministérielle. La prochaine réunion du Programme de travail sur le commerce électronique de l’OMC est provisoirement prévue pour le 2 mars, une étape cruciale à quelques semaines de la réunion des ministres au Cameroun et à seulement quelques jours de la fenêtre d’expiration formelle définie à la CM13.

Accord plurilatéral sur le commerce électronique : pas encore de consensus

Lors de la réunion du Conseil général tenue du 16 au 18 décembre, les membres de l’Organisation mondiale du commerce ont également examiné une demande relative à l’Accord plurilatéral sur le commerce électronique.

Le Conseil général n’est pas parvenu à un consensus sur une proposition portée par 72 co-parrains visant à intégrer cet Accord dans l’architecture juridique de l’OMC en tant qu’accord plurilatéral relevant de l’Annexe 4 de l’Accord de Marrakech. Le texte de l’Accord a été finalisé en juillet 2024, et le mois de décembre a marqué la deuxième fois en 2025 où la demande d’intégration à l’Annexe 4 a été formellement soumise au Conseil général.

Sept membres de l’OMC ont exprimé des préoccupations à l’égard de cette proposition. S’ils n’ont pas soutenu une intégration immédiate, plusieurs d’entre eux ont indiqué être ouverts à la poursuite des discussions, ce qui signale que la question reste à l’examen et n’est pas définitivement close.

Singapour, l’un des co-convocateurs de l’initiative plurilatérale, a indiqué que les co-parrains poursuivraient leurs échanges avec l’ensemble des Membres de l’OMC. Selon Singapour, l’objectif demeure d’intégrer l’Accord à l’Annexe 4 afin de garantir que l’initiative produise des bénéfices tangibles pour les populations et les entreprises, notamment dans un contexte d’expansion rapide de l’économie numérique.

Ce que prévoit l’Accord plurilatéral en son Article 11 sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques

L’Article 11 de l’Accord sur le commerce électronique apporte un éclairage juridique central sur le traitement des transmissions électroniques dans le commerce international. Il permet de mieux comprendre les lignes de fracture actuelles à l’OMC autour du moratoire.

1. Une définition large des transmissions électroniques

L’Article 11.1 définit la « transmission électronique » comme toute transmission effectuée par des moyens électromagnétiques, y compris le contenu de la transmission.
Cette définition large englobe aussi bien les logiciels, contenus numériques, services dématérialisés que d’autres flux de données numériques, ce qui explique l’ampleur des enjeux fiscaux et réglementaires.

2. Reconnaissance du rôle du Programme de travail et du moratoire

À l’Article 11.2, les Parties reconnaissent explicitement l’importance du Programme de travail de l’OMC sur le commerce électronique (WT/L/274) et estiment que la pratique consistant à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques a joué un rôle important dans le développement de l’économie numérique mondiale.
Cette reconnaissance confirme que le moratoire n’est pas seulement technique, mais perçu comme un levier de croissance du numérique.

3. Interdiction des droits de douane sur les transmissions électroniques

L’Article 11.3 consacre le principe central du moratoire : aucune Partie ne peut imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques entre des personnes situées sur le territoire de Parties différentes.
C’est ce principe qui est aujourd’hui contesté par plusieurs pays en développement, au regard de ses implications budgétaires.

4. Une ouverture explicite à la fiscalité interne

Point essentiel souvent négligé dans le débat public : l’Article 11.4 précise clairement que l’interdiction des droits de douane n’empêche pas les États d’imposer des taxes intérieures, redevances ou autres prélèvements sur les transmissions électroniques, à condition qu’ils soient compatibles avec les règles de l’OMC.
Autrement dit, le texte reconnaît explicitement la légitimité de la fiscalité numérique interne (TVA sur les services numériques, taxes spécifiques, etc.).

5. Une clause de révision fondée sur l’évaluation des impacts

Enfin, l’Article 11.5 prévoit une clause de révision : les Parties s’engagent à réexaminer cet article cinq ans après l’entrée en vigueur de l’accord, puis périodiquement, afin d’évaluer ses impacts et d’envisager d’éventuelles modifications.
Cette disposition introduit une logique d’évaluation empirique et de réajustement, en phase avec les préoccupations actuelles des pays en développement sur les recettes publiques et l’espace de politique fiscale.

Enjeux pour le débat à l’OMC

Pris dans son ensemble, l’Article 11 montre que le principe de non-imposition de droits de douane sur les transmissions électroniques n’a jamais été conçu comme intangible ou figé. Il repose sur un équilibre entre facilitation du commerce numérique, reconnaissance du rôle du développement, respect de la souveraineté fiscale interne et nécessité d’évaluations périodiques fondées sur les faits.

Comment l’Annexe 4 peut soutenir le commerce électronique dans les pays les moins avancés

Ces pays souhaite que cet accord soit intégré à l’Annexe 4 du cadre de l’OMC. Un annexe qui joue un rôle clé pour le développement du commerce numérique dans les pays les moins avancés (PMA).

En facilitant et en accélérant l’accession des PMA à l’Organisation mondiale du commerce, l’Annexe 4 permet à ces pays de s’intégrer plus rapidement au système commercial multilatéral fondé sur des règles, y compris aux discussions sur le commerce numérique et le commerce électronique. Cette intégration précoce est essentielle à un moment où le commerce électronique devient un canal majeur de participation au commerce mondial.

L’Annexe 4 limite également la pression exercée sur les PMA candidats à l’accession afin qu’ils prennent des engagements étendus en matière d’accès aux marchés. Dans le contexte numérique, cela signifie que les PMA ne sont pas tenus de libéraliser prématurément les services numériques ni d’accepter des exigences complexes relatives aux flux de données, aux plateformes numériques ou aux technologies émergentes. Les engagements attendus doivent refléter le niveau de développement et les priorités de politique publique de chaque pays, tout en préservant l’espace de politique numérique.

Qu’est-ce que le Programme de travail de l’OMC sur le commerce électronique ?

Le Programme de travail de l’OMC sur le commerce électronique a été adopté par le Conseil général de l’OMC en septembre 1998, en réponse à la croissance rapide du commerce électronique à l’échelle mondiale. Son objectif général est d’examiner tous les aspects du commerce électronique liés au commerce et de formuler des recommandations sur les actions futures possibles dans le cadre de l’OMC.

Le Programme s’appuie sur la Déclaration sur le commerce électronique mondial adoptée par les ministres de l’OMC lors de la deuxième Conférence ministérielle en mai 1998. Cette déclaration appelait à l’établissement d’un programme de travail dédié et introduisait un moratoire provisoire sur l’imposition des droits de douane applicable aux transmissions électroniques.

Aux fins du Programme de travail, le commerce électronique est défini comme la production, la distribution, la commercialisation, la vente ou la livraison de marchandises et de services par des moyens électroniques, sans préjudice de l’issue des discussions.

Quatre organes de l’OMC sont chargés d’examiner le lien entre les accords existants de l’OMC et le commerce électronique :

  • le Conseil du commerce des services, qui examine le commerce électronique dans le cadre de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) ;
  • le Conseil du commerce des marchandises, qui traite des questions liées à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994 et aux autres accords commerciaux multilatéraux relatifs aux marchandises ;
  • le Conseil des ADPIC, qui examine les questions de propriété intellectuelle dans l’environnement numérique ;
  • le Comité du commerce et du développement, qui se concentre sur les implications du commerce électronique pour le développement, en particulier pour les pays en développement et les pays les moins avancés.

Le Conseil général de l’OMC joue un rôle central de coordination. Il assure un suivi continu du Programme de travail, examine les questions commerciales transversales et supervise les discussions relatives au moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques.

Les quatre organes de l’OMC impliqués dans le Programme de travail sur le commerce électronique

ORGANES DE L’OMC CHAMP DE COMPÉTENCE RÔLE SPÉCIFIQUE SUR LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE
Conseil du commerce des services Accord général sur le commerce des services (AGCS / GATS) Examine le traitement du commerce électronique dans le cadre des services, notamment les services fournis par voie numérique (plateformes, services en ligne, cloud, services numériques transfrontaliers)
Conseil du commerce des marchandises GATT de 1994 et accords commerciaux multilatéraux sur les marchandises Analyse les aspects du commerce électronique liés aux marchandises, notamment la question des transmissions électroniques, leur qualification (biens ou services) et les implications tarifaires
Conseil des ADPIC Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC / TRIPS) Examine les questions de propriété intellectuelle dans l’environnement numérique, telles que le droit d’auteur, les contenus numériques, les logiciels et la protection des créations en ligne
Comité du commerce et du développement Développement, traitement spécial et différencié Étudie les conséquences du commerce électronique sur le développement, en tenant compte des besoins des pays en développement et des pays les moins avancés (PMA), notamment en matière de capacités, d’inclusion numérique et d’impact économique

 

Le Programme de travail sur le commerce électronique repose sur une approche transversale, mobilisant plusieurs organes de l’OMC pour traiter les dimensions juridiques, économiques, technologiques et de développement du commerce électronique dans le cadre des accords existants de l’OMC.

Depuis l’adoption des décisions lors des 12e et 13e Conférences ministérielles de l’OMC, les travaux dans le cadre du Programme se sont intensifiés, avec un accent accru sur le développement. Les membres ont également été invités à approfondir les discussions sur la portée, la définition et l’impact économique du moratoire, une question qui demeure particulièrement sensible à mesure que de plus en plus de biens et de services sont échangés sous forme numérique plutôt que physique.

Le moratoire lui-même, convenu pour la première fois en 1998, reflète l’engagement des membres de l’OMC à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques. Il a été régulièrement renouvelé lors des conférences ministérielles successives et continue d’être examiné dans le cadre du débat plus large sur l’avenir du commerce numérique à l’OMC.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

 

RD Congo : Après la panne internet, l’État annonce « Loba », la plateforme dédiée aux plaintes et abus des consommateurs

 [DIGITAL Business Africa] – Rapprocher l’administration des populations. La plateforme numérique « Loba » est investie de cette mission. Mais il faudra encore attendre un peu. Si la présentation de la « Loba » s’est faite ce 29 janvier 2026, son lancement officiel est annoncé fin février 2026.

Le pays ne souhaite certainement plus laisser impunis les responsables de certains désagréments du reseau internet, comme la panne ayant affecté les réseaux et les systèmes de télécommunication fin 2025.

D’après les explications du vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le chatbot a pour objectif d’informer les consommateurs sur leurs droits et de faciliter la gestion des plaintes et des dénonciations dans plusieurs secteurs régulés. Notamment les banques, les assurances, les télécommunications, le transport aérien, les produits pharmaceutiques et alimentaires, ainsi que les secteurs de l’électricité et de la santé.

En d’autres termes, la plateforme informe les consommateurs sur leurs droits et leur permet de signaler facilement des plaintes ou des abus dans plusieurs secteurs réglementés. Le site bancable.africa rapporte qu’une partie de l’interface de la plateforme montre que les consommateurs devront s’identifier et renseigner leurs coordonnées avant d’introduire une plainte.

Leurs informations seraient requises ensuite. Avant de sélectionner le secteur concerné, l’autorité de régulation compétente, l’opérateur mis en cause, ainsi que les détails du service faisant l’objet de la plainte.

La plateforme « Loba » prévoit également la possibilité, pour le plaignant, de suivre l’évolution du traitement de son dossier, depuis le dépôt de la plainte jusqu’à sa prise en charge par les instances concernées.

Ce qui en ferait une véritable base de données destinée à identifier les motifs récurrents de plaintes, à analyser les pratiques commerciales mises en cause et à apprécier les réponses apportées par les opérateurs.

Par Jean Materne Zambo, source : @EconatRDC

Mali : Un datacenter Tier III inauguré pour héberger les données de l’AES

[DIGITAL Business Africa] – Le Mali emboîte le pas au Burkina Faso. Après les deux datacenters inaugurés au Burkina Faso en janvier 2026, c’est autour du Mali d’inaugurer le sien. Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration a procédé, ce samedi 31 janvier 2026, à la cérémonie officielle d’inauguration du Data Center de niveau Tier III.

Alhamdou Ag Ilyène était accompagné de Zerbo/Sabane, ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques du Burkina Faso, et d’Adji Ali Salatou, ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie numérique de la République du Niger. Tous membres de la Confédération des États du Sahel (AES). La cérémonie s’est déroulée dans le cadre de la 3ᵉ édition de la Semaine du Numérique du Mali.

Cheick Oumar Traoré, responsable de l’infrastructure, a précisé que le datacenter Tier III est conforme aux standards internationaux les plus exigeants. Il est conçu pour garantir une disponibilité élevée des services (99,982 %), avec une redondance complète des équipements critiques, une continuité de service sans interruption lors des opérations de maintenance, ainsi qu’un haut niveau de sécurité physique et logique.

Selon les autorités, ce datacenter offrira une capacité d’hébergement sécurisé pour les données stratégiques de l’État malien, les plateformes de l’administration électronique, les services numériques publics ainsi que, à terme, les infrastructures numériques mutualisées de l’espace AES.

Sur le plan technique, il permettra :

• l’hébergement souverain des bases de données gouvernementales et des applications critiques ;

• la fin de la dépendance aux infrastructures étrangères et au cloud extraterritorial ;

• l’amélioration des performances, de la résilience et de la cybersécurité des services publics numériques ;

• la création d’un socle fiable pour le développement de l’e-gouvernement, de l’intelligence artificielle, des services financiers numériques et des plateformes numériques nationales et confédérales.

Par Jean Materne Zambo CCOM/MCENMA

 

 

Maroc : La ministre Seghrouchni au Web Summit Qatar pour capitaliser sur l’IA et la transformation numérique

[DIGITAL Business Africa] – En marge du Web Summit Qatar 2026, Amal El Fallah Seghrouchni a eu des rencontres fructueuses. La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration s’est notamment entretenue avec le ministre qatari des Communications et des Technologies de l’Information, Mohammed Bin Ali Al Mannai, ce dimanche 1ᵉʳ février 2026.

Les deux personnalités ont exploré les pistes de collaboration dans les domaines de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle (IA). Un cadre idoine pour passer en revue les avancées réalisées par les deux pays en matière de transformation numérique et d’adoption des technologies de l’IA, ainsi que les principaux programmes nationaux en la matière et les fondements stratégiques de cette dynamique dans les deux pays.

Amal El Fallah Seghrouchni a certainement fait étalage de la stratégie nationale du Maroc pour l’intelligence artificielle (IA), intégrée à « Maroc Digital 2030 ». La stratégie vise à faire du pays un hub technologique d’ici 2030.

Elle repose sur le renforcement de la souveraineté numérique, le développement des compétences, la modernisation des services publics et la promotion d’une IA “Made in Morocco”. Le pays a lancé en octobre 2025 le programme national d’initiation au numérique et à l’IA pour 200 000 enfants et adolescents (8-18 ans).

Les deux ministres ont également discuté de l’intégration de l’IA dans le développement des services de l’administration électronique et l’amélioration de la qualité des services publics, ainsi que de l’échange d’expertises et de bonnes pratiques entre les administrations et institutions concernées.

D’autres projets sont aussi envisagés par les deux parties. Notamment le développement de modèles linguistiques d’intelligence artificielle adaptés aux langues nationales et aux spécificités culturelles, le renforcement des infrastructures du cloud et des plateformes technologiques, la promotion de l’interopérabilité et des cadres d’échange de données, ainsi que le développement des systèmes d’identité numérique et des mécanismes de vérification fiables.

Par Jean Materne Zambo

Maintien de SGS au Port de Douala : Louis-Paul Motaze explique pourquoi le Premier ministre a écarté Transatlantic D. SA [Vidéo]

[Digital Business Africa] – En revenant sur le dossier sensible du scanning des marchandises au Port autonome de Douala (PAD), le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, a éclairé les motivations ayant conduit le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, à maintenir la Société Générale de Surveillance (SGS) et à écarter Transatlantic D. SA. Une décision gouvernementale fondée sur la sécurité juridique, la maîtrise des risques financiers pour l’État et le respect strict des engagements contractuels en cours.

L’intervention du ministre des Finances sur ce dossier est intervenue dans un contexte particulier. Diffusée le 29 janvier 2026 dans l’émission « Questions économiques » sur la CRTV, l’interview avait en réalité été enregistrée avant la réunion tenue le même jour à la Primature, réunion qui a, par la suite, acté officiellement le maintien de SGS au Port de Douala-Bonabéri. Cette précision de calendrier permet de mieux comprendre la prudence affichée par le ministre dans ses propos.

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Scanning au port de Douala : le Premier ministre Joseph Dion Ngute tranche et confirme SGS jusqu’en 2032

Scanning au Port autonome de Douala, endettement public et réserves de change figuraient parmi les principaux thèmes abordés lors de cette émission. Interrogé sur le conflit de compétences autour du scanning des marchandises, opposant l’opérateur historique SGS à Transatlantic D. SA, Louis-Paul Motaze a tenu à rappeler qu’un arbitrage était en cours au plus haut niveau de l’État.

Conscient de la sensibilité du dossier et de l’imminence de la décision gouvernementale, le ministre des Finances a volontairement évité d’entrer dans une analyse approfondie. Il a donc d’entrée de jeu indiqué qu’il ne va pas aller au fond du problème, parce qu’il n’a pas envie de préempter la décision qui va être prise, indiquant clairement que l’arbitrage final relevait de la Primature. Une posture de réserve assumée, destinée à ne pas influencer le choix du Premier ministre.

Prévenir le paiement des indemnités

Au-delà de cette prudence, Louis-Paul Motaze a rappelé les principes qui, selon lui, devaient impérativement guider toute décision de l’État dans ce dossier.

En tant que garant des finances publiques, il a mis en garde contre les conséquences financières potentiellement lourdes d’une rupture contractuelle opérée en dehors des règles de droit. « Je suis le ministre qui est souvent amené à payer des indemnités fortes lorsque, sur le plan juridique, les choses ne se sont pas passées selon les normes », a-t-il souligné.

Pour le ministre des Finances, la souveraineté de l’État n’est pas remise en cause, mais elle doit s’exercer dans un cadre légal strict. « Un État, un gouvernement a le droit de prendre les décisions qu’il veut… mais faisons-le selon les normes et les formes », a-t-il insisté, rappelant que l’efficacité administrative ne saurait primer sur la sécurité juridique.

Louis-Paul Motaze a par ailleurs révélé avoir saisi la direction générale du Port autonome de Douala afin de rappeler que le contrat de scanning en vigueur n’avait fait l’objet d’aucune résiliation formelle. « J’ai saisi le directeur général du Port pour lui rappeler qu’il y a un contrat. Il me semble que certains pensaient que le contrat n’était plus en vigueur. Le contrat est en vigueur, il suffit de le lire », a-t-il tranché.

C’est finalement le 29 janvier 2026, à l’issue de la réunion tenue à la Primature, que le Premier ministre a acté le maintien de SGS au Port de Douala-Bonabéri, écartant de fait la solution Transatlantic D. SA. Une décision qui apparaît, à la lumière des déclarations du ministre des Finances enregistrées en amont, comme la traduction concrète d’une ligne gouvernementale fondée sur le respect de la parole contractuelle, la prévention des risques budgétaires et la préservation de la crédibilité juridique de l’État camerounais.

Scanning au Port de Douala : retour sur une crise institutionnelle majeure

Le dossier du scanning des marchandises au Port autonome de Douala-Bonabéri s’est progressivement transformé, depuis fin décembre 2025, en une crise institutionnelle révélatrice de tensions profondes entre gouvernance portuaire, administration douanière et chaîne décisionnelle de l’État.

Au cœur de cette controverse figure le contrat liant l’État du Cameroun à Société Générale de Surveillance (SGS) pour les opérations de contrôle non intrusif des marchandises. Signée en 2015 pour une durée de dix ans, cette convention prévoit toutefois que le point de départ effectif de sa validité corresponde à la mise en exploitation complète du dispositif, matérialisée par l’installation du quatrième scanner. Or, selon les autorités gouvernementales, cette condition n’a été remplie qu’en 2022, repoussant de facto l’échéance contractuelle à 2032.

Malgré cet élément contractuel central, la direction du Port autonome de Douala (PAD) a engagé, fin 2025, un processus visant à confier les opérations de scanning à Transatlantic D. SA, suscitant une vive réaction de plusieurs administrations, notamment la douane et le ministère des Finances. Ces derniers ont estimé qu’aucune résiliation formelle du contrat SGS n’avait été opérée, exposant ainsi l’État à de lourds risques juridiques et financiers.

Saisi de la situation, le ministre des Finances avait, dès décembre 2025, adressé une correspondance au directeur général du PAD pour lui rappeler que le contrat SGS demeurait juridiquement en vigueur. Une instruction restée sans effet immédiat sur le terrain, alors que Transatlantic D. SA poursuivait le déploiement de ses équipements.

Face à l’escalade des tensions et aux risques de contentieux internationaux, le dossier a été porté au plus haut niveau de l’État, donnant lieu à plusieurs concertations, notamment à la Présidence de la République, puis à une réunion décisive tenue à la Primature le 29 janvier 2026. C’est à l’issue de cette dernière que le Premier ministre a tranché en faveur du maintien de SGS, mettant un terme à la tentative de substitution opérée par le PAD.

Cette affaire met en lumière les limites de l’autonomie décisionnelle des établissements publics face aux contrats engageant l’État, ainsi que les enjeux stratégiques liés au scanning, considéré comme un outil clé de sécurisation des recettes douanières et de gouvernance portuaire. Elle pose également, en filigrane, la question de l’anticipation de l’après-2032 et des conditions dans lesquelles l’État camerounais entendra redéfinir sa politique de contrôle non intrusif des marchandises.

Par B-O.D, Digital Business Africa

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