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Pourquoi la PropTech camerounaise doit pivoter vers la “certification des acteurs”

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert] – Après 90 jours à confronter l’algorithme de ProprioLink à la réalité brute du terrain entre Douala et Yaoundé, une vérité stratégique s’est imposée : digitaliser l’immobilier au Cameroun en tentant de vérifier chaque annonce individuellement est une bataille perdue d’avance. C’est une approche opérationnelle lourde, coûteuse et, par définition, non “scalable” dans un marché aussi volatil.

Pour assainir durablement le secteur et répondre aux exigences de sécurité des investisseurs, notamment ceux de la diaspora, le véritable levier technologique ne doit plus être la surveillance des biens, mais la labellisation des professionnels.

  1. L’impasse opérationnelle du “Tout-Vérifié”

Au lancement d’une PropTech, l’ambition est souvent de certifier physiquement chaque produit : envoyer un agent vérifier un studio à Logpom ou une villa à Bastos. Cependant, la réalité du marché camerounais nous rattrape : entre la volatilité des stocks et la rapidité des transactions informelles, un bien “certifié” le matin est souvent déjà loué ou vendu le soir. Vouloir tout vérifier manuellement revient à essayer de vider l’océan avec une petite cuillère.

  1. Le pivot vers la responsabilité : La force du “KYC Immobilier”

Le changement de paradigme que nous prônons consiste à déplacer le curseur de la confiance : de l’objet vers le sujet. En appliquant une logique de KYC (Know Your Customer) stricte aux promoteurs, agences et agents immobiliers, nous créons un filtre de sécurité structurel.

Un promoteur disposant d’actifs réels ou une agence ayant pignon sur rue ne prendra jamais le risque de ternir sa réputation pour une annonce frauduleuse. En certifiant l’existence juridique et physique de l’acteur, nous responsabilisons l’émetteur de la donnée. Chez ProprioLink, nous ne vendons plus seulement de la visibilité, mais un accès exclusif à des professionnels qui ont “trop à perdre” pour mentir.

  1. La réputation numérique comme rempart contre l’arnaque

À Douala comme à Yaoundé, l’arnaque immobilière prospère grâce à l’anonymat. En imposant une transparence totale sur l’identité et les agréments des professionnels, la PropTech transforme la réputation en une véritable monnaie d’échange. Un acteur labellisé devient un partenaire de confiance de l’écosystème. Cette approche réduit drastiquement le risque pour le client final tout en éliminant les frictions opérationnelles inutiles. C’est ici que la technologie devient réellement efficace : elle simplifie au lieu de complexifier.

  1. Le Pay-per-Lead : Un modèle de performance pour les certifiés

Cette vision redéfinit également notre business model. En collaborant exclusivement avec des acteurs “propres” et audités, nous pouvons passer à une monétisation à la performance via le Pay-per-Lead. L’agent certifié ne paie plus pour une simple espérance de visibilité ; il investit via Mobile Money ou Stripe pour obtenir un prospect dont le sérieux et le budget ont été pré-qualifiés par nos outils. C’est un cercle vertueux : la qualité de l’acteur garantit la qualité de l’annonce, attirant ainsi des clients à forte valeur ajoutée.

Conclusion : Vers une infrastructure de confiance

La PropTech au Cameroun ne doit pas se contenter d’être une “police” de l’immobilier, elle doit devenir une infrastructure de confiance. En fédérant les promoteurs et agents rigoureux de nos deux capitales au sein d’un écosystème normé, nous utilisons la technologie pour valoriser enfin l’intégrité professionnelle. Après trois mois de terrain, notre conviction est faite : c’est par la labellisation des hommes que nous sécuriserons durablement le marché des pierres.

Par Kana Patrick, fondateur de ProprioLink

Note de Digital Business Africa : La PropTech (contraction de Property et Technology) désigne l’ensemble des start-ups et des entreprises qui utilisent la technologie pour innover, améliorer ou réinventer les services de l’immobilier, de la construction à la gestion de biens. Ce secteur numérique transforme la transaction, la location et l’expérience utilisateur.

“Content City” : le pari de Wadagni pour faire du Bénin un hub africain de la création de contenus

[DIGITAL Business Africa] – Au-delà de son ambition de faire du Bénin un exportateur de solutions technologiques, Romuald Wadagni consacre une place stratégique à un autre levier souvent sous-estimé : l’économie de la création de contenus. Dans son projet de société présenté ce samedi 21 mars 2026 à Cotonou, le candidat de la majorité propose une transformation en profondeur du secteur des médias et des industries culturelles, avec l’objectif de structurer un écosystème compétitif, créateur de valeur et d’emplois.

Avec son projet de “Content City”, Romuald Wadagni veut structurer une véritable industrie des contenus au Bénin. Formation, production, financement et monétisation : le candidat mise sur un écosystème intégré pour faire émerger un hub africain de la création numérique.

Face à la montée des fake news, à la fragmentation des audiences et à la faible structuration des filières créatives, Wadagni entend faire émerger un modèle où les contenus deviennent un véritable actif économique, au service de l’influence culturelle et du développement numérique du pays.

Une réponse à la désinformation et à la fragilité des médias

Le programme prévoit le déploiement de plusieurs initiatives pour améliorer la qualité de l’information et renforcer les capacités des acteurs du secteur. Parmi les mesures phares figure la création d’une application de contenus audiovisuels publics, accessible gratuitement, notamment en langues locales, afin de toucher les populations les plus vulnérables.

En parallèle, des programmes de formation seront mis en place pour structurer un vivier de professionnels capables de produire des contenus diversifiés et de qualité. Un programme d’éducation aux médias est également envisagé, avec un accent particulier sur les jeunes, afin de leur permettre de mieux décrypter l’information et de lutter contre les fausses nouvelles.

Le projet inclut aussi un renforcement de la collaboration entre l’État et les médias, avec des mécanismes de soutien à la production de contenus éducatifs et un meilleur financement du secteur.

Vers une industrie structurée de la création de contenus

Au cœur de la stratégie figure la création d’une zone spéciale dédiée aux créateurs de contenus, un espace de plusieurs hectares conçu comme un hub de production multimédia.

Cette “Content City” regrouperait des studios de production (y compris virtuels intégrant l’intelligence artificielle), des espaces dédiés à l’animation, aux jeux vidéo et aux contenus interactifs. L’ambition est de créer un environnement intégré où créateurs, producteurs et investisseurs peuvent collaborer efficacement.

Le projet prévoit également la mise en place d’une école spécialisée, en partenariat avec des institutions internationales de référence, pour former une nouvelle génération de créateurs capables de répondre aux standards mondiaux.

Des programmes d’incubation viendront compléter le dispositif, en offrant mentorat, accès aux équipements et opportunités de financement.

Un modèle économique pour monétiser les contenus africains

Au-delà de la production, le projet de Romuald Wadagni s’attaque à une problématique clé : la monétisation des contenus.

Des accords avec les plateformes de distribution et les réseaux sociaux sont envisagés pour garantir des conditions de rémunération plus équitables pour les créateurs. Des mécanismes de co-production devraient également permettre de financer des projets à plus grande échelle.

La mise en place d’un label “Bénin Originals” vise à valoriser les contenus locaux et à faciliter leur exportation vers d’autres marchés. Dans le même temps, un cadre renforcé de protection de la propriété intellectuelle est prévu, avec un accompagnement juridique pour les créateurs dans la gestion de leurs droits.

Enfin, des dispositifs de bourses et de résidences artistiques sont annoncés pour attirer et retenir les talents, notamment dans le cadre d’événements structurants à portée internationale.

Un levier d’influence et de souveraineté culturelle

À travers cette approche, le candidat inscrit la création de contenus dans une logique plus large de souveraineté numérique et culturelle. L’objectif est double : renforcer l’identité culturelle béninoise tout en positionnant le pays sur les marchés internationaux de l’économie créative.

Dans un contexte où les plateformes globales dominent la diffusion des contenus, la capacité à produire, distribuer et monétiser des contenus locaux devient un enjeu stratégique. Le projet présenté à Cotonou traduit ainsi une volonté de faire du Bénin non seulement un hub technologique, mais aussi un acteur influent dans l’économie mondiale des contenus.

Reste à savoir si cette vision ambitieuse pourra se traduire en résultats concrets, dans un secteur où les défis de financement, de régulation et de compétitivité restent particulièrement élevés.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM 

Présidentielle au Bénin : l’ambitieux plan de Romuald Wadagni pour faire du pays un exportateur de solutions numériques grâce à la tech

[DIGITAL Business Africa] – Le ton est donné. Et il est résolument tourné vers l’avenir numérique. À Cotonou, à quelques jours du coup d’envoi de la campagne présidentielle, Romuald Wadagni a choisi de marquer les esprits avec une démonstration politique et stratégique calibrée.

Devant une salle comble au Palais des Congrès de Cotonou, le candidat de la majorité au pouvoir — considéré comme le successeur naturel du président Patrice Talon — a dévoilé une vision structurée qui place la technologie au cœur du repositionnement économique du Bénin.

Dans une mise en scène sobre mais maîtrisée, sans notes ni prompteur, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances s’est livré à un exercice rare dans le paysage politique africain : dérouler seul, de bout en bout, un projet de société à forte densité stratégique. Plus qu’un discours de campagne, il s’agit d’une feuille de route assumée, articulée autour d’un objectif clair : faire du Bénin non plus un simple consommateur, mais un producteur et exportateur de solutions technologiques.

Une ambition construite sur des acquis numériques

Cette projection vers une économie technologique ne part pas de zéro. Le candidat s’appuie sur une décennie de réformes et d’investissements dans les infrastructures et la gouvernance numérique. Le Bénin affiche aujourd’hui une couverture étendue en 4G, un réseau de fibre optique en expansion et un cadre réglementaire modernisé en matière de cybersécurité, de protection des données et de commerce électronique.

À cela s’ajoutent des initiatives structurantes comme la stratégie nationale en intelligence artificielle et mégadonnées, ou encore le développement de plateformes numériques publiques destinées à améliorer la relation entre l’État et les citoyens. L’ambition est désormais de transformer ces fondations en véritable industrie technologique nationale.

Quatre piliers pour bâtir une “nation intelligente”

Le projet présenté repose sur une architecture en quatre leviers.

Le premier concerne les infrastructures, avec la mise en place de data centers sécurisés, de capacités de calcul intensif et d’une plateforme nationale de valorisation des données locales. L’objectif est clair : faire de la donnée un actif stratégique au service de l’économie.

Le deuxième pilier porte sur les talents. Un programme massif de formation en intelligence artificielle, en data science et en robotique est annoncé, avec un accent particulier sur l’employabilité des jeunes et la mobilisation de la diaspora béninoise pour le transfert de compétences.

Le troisième levier vise le cadre réglementaire. Il prévoit notamment des mesures en faveur de la localisation des données, des incitations fiscales pour l’innovation industrielle et un renforcement de la protection de la propriété intellectuelle.

Enfin, le quatrième pilier concerne les usages. Il s’agit d’accélérer l’adoption du numérique dans les territoires et au sein des entreprises, afin de générer des gains concrets de productivité et de compétitivité.

Des secteurs clés ciblés

Le projet ne se limite pas à une vision abstraite. Il identifie des secteurs prioritaires où les technologies pourraient produire des effets rapides et mesurables.

Dans l’éducation, l’intelligence artificielle est envisagée comme un outil de personnalisation des apprentissages et de suivi des élèves. Dans la santé, des centres de simulation et des outils d’aide au diagnostic doivent améliorer la formation et la prise en charge des patients.

L’agriculture, pilier de l’économie béninoise, bénéficierait de solutions d’irrigation intelligente, de capteurs connectés et de plateformes numériques facilitant l’accès aux marchés.

Dans le domaine de la sécurité et de la défense, l’usage de drones et de systèmes autonomes est envisagé pour la surveillance du territoire et la protection des infrastructures critiques.

Un écosystème pour industrialiser l’innovation

Au-delà des intentions, le projet détaille des instruments concrets pour structurer un écosystème technologique.

Une “IA Factory” serait chargée de former des jeunes à la résolution de problématiques réelles à travers l’intelligence artificielle. Des structures de type venture builders accompagneraient la création et la croissance de startups, tandis qu’un fonds national d’amorçage public-privé viendrait financer les projets à fort potentiel.

La création d’un label national pour les solutions technologiques est également envisagée, avec l’objectif de certifier leur qualité et de faciliter leur accès aux marchés internationaux.

Une stratégie à l’épreuve du réel

Si la vision séduit par sa cohérence et son ambition, sa mise en œuvre constituera le véritable test. Transformer un pays en exportateur de technologies suppose non seulement des investissements massifs, mais aussi une capacité à créer des champions locaux capables de rivaliser sur des marchés hautement compétitifs.

Dans un contexte africain marqué par la montée des enjeux de souveraineté numérique, le projet porté par Romuald Wadagni s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un continent qui cherche à passer du statut de consommateur de technologies à celui de producteur.

Reste désormais à savoir si cette ambition, clairement formulée à Cotonou, pourra se traduire en résultats concrets une fois confrontée aux réalités économiques, institutionnelles et politiques du pays.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM 

IA : Meta veut s’assayer à la gouvernance par l’intelligence artificielle 

[DIGITAL Business Africa] – Le dirigeant de plus haut rang de Meta, après Mark Zuckerberg, pourrait être un Chatbot. La société Meta est entrain de développer un assistant virtuel qui aidera le PDG Zuckerberg dans ses fonctions, rapportent plusieurs sources ce 22 mars 2026. L’annonce d’un tel projet n’est pas une surprise. La société en fait l’un de ses objectifs pour accélérer la productivité des employés et fluidifier le travail.

Lors d’une conférence téléphonique sur les résultats fin janvier, Mark Zuckerberg avait prédit que 2026 serait l’année où « l’IA commencerait à transformer radicalement le fonctionnement » de Meta, tout en indiquant que la structure organisationnelle de l’entreprise pourrait évoluer.

« Dans ce contexte, notre priorité absolue est de créer le meilleur environnement possible pour que chacun puisse avoir un impact significatif. Pour ce faire, nous investissons dans des outils natifs d’IA afin que les collaborateurs de Meta puissent être plus productifs, nous valorisons les contributeurs individuels et nous réorganisons les équipes », disait-il.

Meta pourrait suivre les traces de l’ Albanie, en termes de gouvernance par intelligence artificielle. En septembre 2025, le pays a nommé au poste de ministre des Marchés publics, «Diella », une intelligence artificielle. Cette décision visait à lutter contre la corruption. L’avatar numérique supervise les appels d’offres pour garantir l’impartialité et la transparence.

Avant l’Abanie, ST Digital en 2024. La société panafricaine de services cloud, créée par un Camerounais, a développé Isaac Ahmed, une IA dite responsable. L’assistant virtuel est chargé de gérer la stratégie I.A de cette entreprise. Il fonctionne selon la politique de licence que l’entreprise va lui donner. C’est une IA dite responsable, encadrée et à usage d’entreprise.

Meta fait planer le spectre de licenciements massifs suite aux rumeurs de création d’un PDG assistant virtuel. Selon quelques-unes, Meta pourrait envisager des licenciements susceptibles de toucher jusqu’à 20 % de l’entreprise.

Le secteur des cryptomonnaies a connu une vague de licenciements en 2026, plusieurs entreprises annonçant un regain d’intérêt pour l’IA.
Messari, fournisseur de données blockchain, a annoncé un remaniement de sa direction et des licenciements afin de préparer la « prochaine phase » de sa transformation en une entreprise axée sur l’IA.

La plateforme d’échange Crypto.com a aussi annoncé une réduction de 12 % de ses effectifs dans le cadre de son propre développement axé sur l’intelligence artificielle.

Par Jean Materne Zambo, sources : Wall Street Journal, Tradingview.com, freepressjournal, techflowpost, businesstimes.com

E‑commerce à l’OMC : En route vers la CM14 de Yaoundé, les lignes bougent sur le moratoire et la gouvernance du commerce électronique

[Digital Business Africa] – À quelques semaines de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) prévue à Yaoundé, les discussions sur l’e‑commerce s’intensifient à Genève. Le commerce numérique, devenu un pilier de l’économie mondiale, est au cœur d’enjeux stratégiques majeurs pour les pays développés comme pour les économies en développement. Les travaux avancent aujourd’hui sur plusieurs fronts, avec des propositions parfois convergentes, parfois opposées, mais toutes révélatrices d’un moment charnière pour la gouvernance mondiale du digital.

Trois dynamiques parallèles structurent les négociations

Les travaux sur l’e‑commerce progressent simultanément à travers :

– Le Programme de travail sur le commerce électronique, qui réunit l’ensemble des 166 membres de l’OMC.

– Les négociations autour de l’Accord sur le commerce électronique (ECA), soutenu par environ 70 membres.

– Les initiatives connexes menées dans d’autres organes de l’OMC.

Cette architecture à plusieurs vitesses reflète la diversité des intérêts et des niveaux de préparation numérique des membres.

Programme de travail sur l’e‑commerce : un débat central autour du moratoire

Depuis 1998, les membres de l’OMC renouvellent à chaque Conférence ministérielle un moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques. Ce moratoire est devenu l’un des sujets les plus sensibles à l’approche de la CM14.

Quatre propositions sont actuellement sur la table :

 

Groupe / Pays Proposition
Groupe ACP Réinvigorer le Programme de travail avec un accent sur le développement + prolonger le moratoire jusqu’à la prochaine Conférence ministérielle
États-Unis et co‑sponsors Instaurer un moratoire permanent
Groupe de membres favorables à un Comité sur le commerce numérique Créer un Comité dédié pour stabiliser les discussions + s’appuyer sur les acquis du Programme de travail
Brésil Créer un Comité sur le commerce numérique + prolonger le moratoire jusqu’à la prochaine Conférence ministérielle

 

Les positions se cristallisent autour du moratoire

– Certains membres souhaitent poursuivre la pratique actuelle : renouvellement à chaque Conférence, tout en approfondissant les analyses sur les coûts et bénéfices.

– D’autres sont prêts à aller plus loin : moratoire permanent ou prolongation sur une période plus longue pour renforcer la prévisibilité.

– Un petit groupe de membres s’y oppose, invoquant des enjeux de recettes fiscales et de marges de manœuvre politiques.

Lors de la CM13 d’Abu Dhabi en 2024, les membres avaient convenu de maintenir le moratoire jusqu’à MC14 ou le 31 mars 2026, selon la date la plus proche. La CM14 de Yaoundé sera donc décisive.

Accord plurilateral sur le commerce électronique : un texte prêt, mais pas encore adopté

En parallèle, 72 membres soutiennent l’Accord sur le commerce électronique (ECA), un texte qui établit des règles de base pour faciliter le commerce numérique, renforcer la confiance et garantir un environnement ouvert.

Points clés de l’ECA :

– Facilitation du commerce électronique

– Engagement pour un moratoire permanent

– Règles sur la protection des données, les flux transfrontières, la cybersécurité, etc.

Les négociations, lancées à la CM11 en 2017, ont été officiellement conclues en juillet 2024 par les co‑conveneurs (Australie, Japon, Singapour).

Mais son intégration dans l’architecture juridique de l’OMC reste bloquée : les demandes soumises au Conseil général en 2025 n’ont pas obtenu le consensus requis.

Un potentiel économique massif

Selon une étude du Secrétariat de l’OMC :

– L’adoption de l’ECA par les membres qui le soutiennent pourrait générer 2,4 trillions USD de commerce supplémentaire d’ici 2040.

– Les économies participantes verraient leur PIB augmenter de 0,43 % et leur commerce de 0,97 %.

– À l’échelle mondiale, l’impact serait également positif :

+0,14 % de PIB et +0,58 % de commerce.

En d’autres termes, ne pas adopter l’ECA revient à laisser 159 milliards USD de commerce sur la table chaque année.

Quel rôle pour l’Afrique et pour la CM14 de Yaoundé ?

La CM14, organisée pour la première fois en Afrique centrale, place le continent au centre des débats sur la gouvernance du commerce numérique. Le Groupe ACP, très actif, défend une approche centrée sur :

– le développement,

– le renforcement des capacités,

– la prise en compte des réalités fiscales et technologiques des pays en développement.

Pour l’Afrique, l’enjeu est double :

  1. Ne pas être spectatrice d’un débat qui façonne l’économie mondiale de demain.
  2. S’assurer que les règles du commerce numérique soutiennent la transformation digitale du continent, plutôt que de la contraindre.

Yaoundé, un moment de vérité pour le commerce numérique mondial

La CM14 pourrait devenir un tournant historique pour l’e‑commerce à l’OMC. Entre la question du moratoire, la création potentielle d’un Comité sur le commerce numérique et l’avenir de l’ECA, les décisions prises à Yaoundé auront un impact durable sur la manière dont les économies échangent, innovent et se connectent.

Pour l’Afrique, c’est une occasion unique d’influencer les règles du jeu et de défendre une vision inclusive du commerce numérique mondial.

Digital Business Africa suivra de près les négociations et leurs implications pour les acteurs du digital sur le continent.

Par Digital Business Africa

Moratoire sur l’e-commerce à l’OMC : Donald Trump pousse, l’Inde bloque. Yaoundé devient le ring du commerce mondial

[Digital Business Africa] – À l’approche de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) à Yaoundé, les tensions montent autour d’un enjeu central : le maintien ou non du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques, en vigueur depuis 1998.

Les États‑Unis et un large groupe de pays — dont Singapour, la Suisse, le Japon, la Corée, l’Australie et plusieurs pays d’Amérique latine — proposent officiellement de maintenir le moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques.   Ils veulent le prolonger, voire le rendre permanent.

L’Inde, elle, s’y oppose frontalement.

Et l’issue de ce bras de fer pourrait déterminer l’avenir du commerce numérique mondial… et celui de l’OMC elle-même.

Washington veut un Internet mondial sans droits de douane

Dans une communication officielle du 17 mars 2026, les États‑Unis et leurs partenaires affirment que :

 « La pratique de ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques a joué un rôle important dans le développement de l’économie numérique.»

Ils demandent donc de maintenir le moratoire, définissant les transmissions électroniques comme : « toute transmission effectuée par un moyen électromagnétique, y compris son contenu. »

Le moratoire est la priorité absolue de Washington à Yaoundé.

L’ambassadeur américain Joseph Barloon l’a résumé ainsi : le maintien du moratoire donnerait aux États‑Unis la confiance nécessaire pour « rester pleinement engagés » dans l’OMC.

Un diplomate cité par Reuters prévient :

« Si Jamieson Greer ( the 20th United States Trade Representative (USTR), ndlr) quitte Yaoundé sans moratoire, les proclamations américaines sur la mort de l’OMC seront encore plus fortes. »

Trump poussait déjà cette vision dès octobre 2025

Dès octobre 2025, Donald Trump annonçait vouloir instaurer : « a global digital economy free of tariffs and taxes ».

Selon Bloomberg, son administration avait déjà obtenu des engagements de la Malaisie, du Cambodge et de la Thaïlande pour soutenir le moratoire de l’OMC.

Washington cherchait même à le rendre permanent, afin de verrouiller un ordre numérique mondial aligné sur les intérêts américains et la domination des géants du numérique.

L’Inde dit non : une opposition ferme, argumentée et stratégique

Alors que la position de l’Afrique du Sud reste floue, l’Inde confirme qu’elle s’opposera à toute extension permanente du moratoire.

Un représentant indien, cité dans les minutes d’une réunion de l’OMC du 2 décembre, a déclaré :

« Nous ne soutenons pas l’extension du moratoire. Le développement de l’e‑commerce ne doit pas être confondu avec les prétendus bénéfices du moratoire. Le coût du moratoire est presque entièrement supporté par les pays en développement importateurs nets de produits numériques, tandis que ses bénéfices profitent à quelques pays développés. »

Pour New Delhi, le moratoire prive les pays en développement de recettes fiscales cruciales, alors que les biens physiques migrent vers le numérique.

L’Inde insiste :

« Une reconsidération du moratoire est essentielle pour préserver l’espace politique et atteindre l’industrialisation domestique.»

Et elle ne se contente pas de dire non.

Elle propose des actions concrètes :

– assistance technique ciblée sur la littératie numérique et les compétences e‑commerce ;

– transfert de technologies numériques vers les pays en développement et les PMA ;

– mécanisme international pour connecter les besoins en infrastructures numériques aux financements disponibles.

En clair, pas de moratoire sans un véritable agenda de développement numérique.

Les États‑Unis répliquent : taxer le numérique aggraverait la fracture digitale

Lors de la même réunion, le représentant américain a répondu :

 « Imposer des droits de douane sur les transmissions électroniques minerait les efforts visant à réduire la fracture numérique. Cela imposerait des charges administratives importantes et détournerait des ressources qui pourraient être mieux employées pour combler cette fracture. »

Washington veut donc faire du moratoire un pilier du futur ordre numérique mondial.

Un contexte de réformes explosif

Les discussions sur le moratoire s’inscrivent dans un climat déjà tendu.

Des documents internes de l’OMC montrent que :

– les États‑Unis veulent des réformes,

– mais refusent un plan de travail détaillé,

– alors que l’UE, le Royaume‑Uni et la Chine en réclament un.

La DG de l’OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala, prévient :

« Je m’attends à une conférence ministérielle difficile. »

Les ministres débattront également du principe de la nation la plus favorisée (NPF), qui régit 72 % du commerce mondial.

Washington estime que la NPF est « inadaptée à cette époque ».

Un enjeu majeur pour l’Afrique

Pour les pays africains, le maintien du moratoire :

– réduit les coûts d’accès aux technologies ;

– soutient les startups numériques ;

– évite une fragmentation tarifaire pénalisante ;

– facilite l’intégration dans les chaînes de valeur numériques mondiales.

Mais certains gouvernements africains partagent les préoccupations de l’Inde : Comment compenser les pertes fiscales liées à la dématérialisation ?

La CM14, première conférence ministérielle de l’OMC organisée en Afrique centrale, place donc le continent au cœur d’un débat mondial sur l’avenir du commerce numérique.

Yaoundé, théâtre d’une bataille pour l’ordre numérique mondial

Entre les États‑Unis qui veulent un Internet sans droits de douane, l’Inde qui refuse de céder, l’UE qui cherche à redéfinir les règles, et la Chine qui défend le multilatéralisme, la CM14 s’annonce comme l’une des plus tendues de l’histoire récente de l’OMC.

Ce qui se joue à Yaoundé dépasse largement le cadre technique du commerce électronique : c’est l’architecture du futur ordre numérique mondial qui se dessine.

Digital Business Africa, que vous retrouverez au Palais des Congrès à la CM14, suivra de près les négociations et les réactions des délégations africaines dans les jours à venir.

Par Beaugas ORAIN DJOYUM

Lire aussi :

OMC, commerce électronique et CM14 à Yaoundé : comment le Cameroun peut réconcilier développement, fiscalité numérique et accords plurilatéraux

 

CM14 à Yaoundé : Vers un Comité de l’OMC sur le commerce électronique – Un tournant stratégique pour l’Afrique et le monde

[Digital Business Africa] – À quelques jours de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) prévue à Yaoundé du 26 au 29 mars 2026, un groupe de quinze pays – dont l’Australie, le Canada, le Japon, Singapour, la Suisse, le Royaume‑Uni et l’Uruguay – propose une évolution majeure de la gouvernance mondiale du commerce numérique.

Leur communication, datée du 17 mars 2026, appelle à la création d’un Comité de l’OMC sur le commerce numérique, destiné à remplacer et institutionnaliser le Work Programme on Electronic Commerce (WPEC) lancé en 1998.

Un contexte marqué par l’urgence numérique

Depuis près de trois décennies, le WPEC examine les enjeux du commerce électronique. Mais selon les auteurs de la communication, ce programme a été freiné par des « questions procédurales » qui ont absorbé une grande partie des ressources des membres. Pendant ce temps, les technologies numériques – notamment l’intelligence artificielle – ont profondément transformé les échanges mondiaux.

Les signataires rappellent que le mandat actuel du WPEC arrive à expiration en même temps que le moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, soit à MC14, soit le 31 mars 2026. Ils estiment donc nécessaire de franchir une nouvelle étape.

Un Comité sur le Commerce Numérique : un cadre modernisé

La proposition est claire : « Nous identifions la nécessité d’un comité formel de l’OMC doté d’un mandat actualisé et tourné vers l’avenir » afin de traiter les enjeux complexes du commerce numérique mondial.

Le futur Comité aurait plusieurs missions clés :

  1. Institutionnaliser le WPEC et moderniser son mandat

Il deviendrait un forum multilatéral permanent de dialogue sur les politiques numériques, y compris l’IA et les technologies émergentes. Le document souligne qu’il s’agirait d’un espace « de dialogue, de collaboration et de transparence ».

  1. Renforcer la coordination internationale

Le Comité collaborerait avec d’autres organes de l’OMC, des organisations internationales et des acteurs externes pour mieux traiter les opportunités et les défis du numérique.

  1. Réduire la fracture numérique

Un volet essentiel porte sur les pays en développement et les PMA. Le texte insiste sur la nécessité d’« identifier les lacunes du soutien visant à réduire la fracture numérique ». Les membres développés – et les pays en développement en mesure de le faire – sont encouragés à soutenir les autres membres.

  1. Créer une base de données conjointe sur le renforcement des capacités

Le document propose la mise en place d’une base de données internationale recensant les formations et les programmes de renforcement des capacités en matière de commerce numérique, notamment pour les PME.

  1. Définir des termes de référence d’ici 2027

Le Comité devra soumettre ses termes de référence au Conseil général lors de sa première réunion de 2027.

Un signal fort pour la réforme de l’OMC

Pour les signataires, la création de ce Comité serait un « signal de la pertinence continue de l’OMC » dans un monde où le commerce numérique devient central. Elle constituerait également un résultat concret pour MC14, renforçant la fonction délibérative de l’organisation. Un projet de décision ministérielle a déjà été soumis en ce sens et sera débattu à Yaoundé.

Quel impact pour l’Afrique ?

La tenue de CM14 à Yaoundé confère à cette proposition une résonance particulière sur le continent. L’Afrique, encore marquée par de profondes inégalités d’accès au numérique, pourrait bénéficier :

– d’un cadre multilatéral plus structuré pour défendre ses priorités ;

– d’un meilleur accès aux programmes de renforcement des capacités ;

– d’une visibilité accrue pour ses PME numériques ;

– d’un espace pour influencer les règles émergentes relatives à l’IA, aux données et aux plateformes.

Pour les pays africains, l’enjeu est stratégique : participer activement à la définition des règles du commerce numérique mondial plutôt que de les subir.

Un moment charnière

La proposition de créer un Comité sur le commerce numérique marque une étape décisive dans l’évolution de la gouvernance du commerce mondial. À l’heure où l’IA, les données et les plateformes redéfinissent les chaînes de valeur, l’OMC cherche à se réinventer. MC14 pourrait ainsi devenir un moment historique, non seulement pour l’organisation, mais aussi pour les pays africains qui accueillent pour la première fois une conférence ministérielle.

Digital Business Africa que vous allez retrouver au Palais des Congrès à la CM14, suivra de près les négociations et les réactions des délégations africaines dans les jours à venir.

Par Digital Business Africa

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OMC, commerce électronique et CM14 à Yaoundé : comment le Cameroun peut réconcilier développement, fiscalité numérique et accords plurilatéraux

Gabon : La plateforme « Marigest » pour mieux gérer et sécuriser les données de la Marine marchande

[DIGITAL Business Africa] – La Marine pêche à la ligne un outil technologique lui permettant de mieux gérer et sécuriser ses données. La plateforme Marigest a été lancée ce jeudi 19 mars 2026 au cours d’une cérémonie présidée par le ministre d’État, ministre des Transports. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a présenté les atouts du Gabon en raison de sa localisation géographique tout en rappelant l’apport de cette plateforme.

“La modernisation de l’administration maritime apparaît comme une nécessité impérieuse afin de renforcer la gouvernance du secteur, d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers et de garantir une meilleure compétitivité de notre pavillon. Le secteur maritime constitue l’un des piliers essentiels du développement économique de notre pays.

Par sa position géographique stratégique et centrale sur la façade atlantique, le Gabon dispose d’atouts majeurs pour s’affirmer comme un acteur important du commerce maritime régional et international”, a indiqué le ministre d’État, ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, “

Présent à cette cérémonie, Mark Alexandre Doumba, ministre gabonais en charge de l’Économie numérique, a lui salué les avancées constatées au sein de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences. « La transformation numérique constitue désormais une exigence de souveraineté, de performance et de compétitivité économique », a-t-il dit.

Et de donner quelques pistes pour que la plateforme soit davantage bénéfique au Gabon.

« Numériser la Marine marchande, c’est mieux réguler, mieux contrôler, mieux tracer et mieux décider. Mais ce lancement n’est qu’une étape : la réussite exige appropriation, qualité des données, formation des équipes, maintenance, cybersécurité et interopérabilité avec l’ensemble des systèmes de l’État.

Cette ambition, portée par le gouvernement et traduite dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD), doit se transformer en résultats concrets pour les populations et pour l’économie nationale”, a-t-il dit.

La directrice générale de la Marine marchande, Madame Olivera Angue Avome Frédérique, épouse Guevit, a affirmé que le lancement de la plateforme Marigest marque une étape importante dans le processus de modernisation et de transformation numérique de notre administration.

Par Jean Materne Zambo

Angola : 3,5 millions $ de chiffre d’affaires exigé aux startups, un assouplissement fiscal prévu

[DIGITAL Business Africa] – L’ Angola se prépare à promulguer la loi sur les startups. Un texte devant encadrer et stimuler l’innovation technologique. L’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité, ce jeudi 19 mars 2026, en première lecture, le loi sur les startups, avec 181 voix pour.

Le texte a été présenté lors de la 7e séance plénière ordinaire de la 4e session législative de la cinquième législature de l’Assemblée nationale par Rui Miguêns de Oliveira. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a reconnu que les startups peuvent dynamiser l’économie, créer des emplois qualifiés et contribuer à la formalisation des activités économiques, alignant ainsi le pays sur les tendances internationales.

Rui Miguêns a précisé que le texte fixe un plafond de chiffre d’affaires annuel équivalent à 3,5 millions de dollars, sans exiger de montant minimum, permettant. Cela permettra ainsi à des initiatives sans recettes d’être reconnues dans cette catégorie.

Dans le même temps, des mesures d’incitation au financement sont prévues. Notamment une réduction de 75 % de l’impôt sur le montant investi pour les investisseurs qui injectent des capitaux dans des start-ups, un mécanisme destiné à stimuler l’investissement privé dans ce secteur.

L’Institut national de soutien aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises a indiqué, dans un communiqué, qu’il s’agissait « d’un jalon structurant pour un nouveau modèle économique, fondé sur l’innovation, la technologie et la valorisation des talents nationaux ».

Le texte s’inscrit dans les objectifs du Plan de développement national 2023-2027, qui donne la priorité à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à la modernisation de l’économie.

Approuvé en 2023 par le conseil de ministre, le Plan national de développement 2023-2027 est un instrument de planification stratégique. Il vise à atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie à long terme (SLT) « Angola 2050 ».

Le Plan national de développement 2023-2027 est orienté vers le renforcement de sept axes de développement prioritaires, à savoir :

– Consolider la paix et l’état de droit démocratique, poursuivre la réforme de l’État, de la justice, de l’administration publique, de la communication sociale, de la liberté d’expression et de la société civile ;

– Promouvoir le développement équilibré et harmonieux du territoire ;

– Développer le capital humain, élargir l’accès aux services de santé, aux connaissances et compétences techniques et scientifiques, promouvoir la culture et le sport et stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation ;

– Réduire les inégalités sociales en éradiquant la faim et l’extrême pauvreté, en promouvant l’égalité des sexes et en relevant des défis multidimensionnels et transversaux pour améliorer la qualité de vie des populations ;

– Moderniser et rendre plus efficace l’infrastructure du pays et préserver l’environnement ;

– Assurer une économie durable, entre autres axes.

Par Jean Materne Zambo

Côte d’Ivoire : 2 projets pour digitaliser le système éducatif sur la table des autorités

[DIGITAL Business Africa] – Le carillon de la modernisation du système éducatif a retenti. Au lendemain de la rentrée budgétaire de son département, Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, a pris attache avec son homologue de l’Éducation nationale N’Guessan Koffi. Les deux membres du gouvernement, accompagnés de leurs collaborateurs, ont tenu une séance de travail ce 19 mars 2026 sur les réformes du système éducatif ivoirien.

Deux projets ont émergé. Dont le PARAE (Projet d’Appui au Renforcement de l’Administration Électronique), qui a pour but de  moderniser les procédures administratives simplifier la gestion scolaire au quotidien.

Le deuxième projet est le PADCI (Projet d’Accélération Digitale en Côte d’Ivoire) qui résout d’accélérer la transformation numérique et de renforcer l’écosystème digital national. Ces deux projets s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de digitalisation de l’éducation 2024-2028 (SNDECI 2024-2028) lancée le 24 octobre 2024.

 

Pour un système éducatif plus résilient et une gestion efficace

 

La SNDECI 2024-2028 ambitionne de transformer le secteur éducatif par l’intégration de technologies numériques. Ce programme vaut 220,7 millions FCFA (364 millions de dollars). Lors de son lancement, des grandes lignes ont été détaillées dans un communiqué publié le samedi 25 octobre 2024.

La stratégie prévoit une formation renforcée pour les enseignants, l’équipement des écoles en matériel numérique et la mise en place d’infrastructures technologiques modernes dans le pays.

Les apprenants et apprenantes devraient ainsi accéder de manière équitable à des ressources et compétences numériques d’apprentissage répondant à leurs besoins d’éducation et formation de qualité.

Les enseignants, le personnel d’encadrement et les alphabétiseurs, eux, pourront accéder de manière équitable à des ressources et compétences numériques qui développent leurs compétences pédagogiques.

Quant aux institutions au niveau central, régional et local, elles devraient opérer un pilotage digital du système éducatif plus résilient et en assurer une gestion efficace et efficiente, selon la stratégie.

 

Les trois axes de la SNDECI 2024-2028 

 

La SNDECI s’articule autour de trois grandes parties : la première partie présente le cadre général incluant le contexte, la définition du champ d’action de la SNDECI et la méthodologie d’élaboration de la stratégie.

La deuxième partielle met l’accent sur le diagnostic stratégique avec le rappel des acquis et l’analyse de la situation actuelle. Et la troisième partie procède au cadrage stratégique à travers la définition de la vision, de la théorie du changement, de la logique d’intervention et des mécanismes de gestion de la stratégie.

D’après la SNDECI la Côte d’Ivoire enregistre un faible accès et/ou maintien des enfants au préscolaire, primaire et secondaire. L’accès et le maintien des enfants à l’école continuent d’être problématiques en dépit de quelques avancées.

Au niveau du préscolaire, peu d’enfants continuent d’y avoir accès. En effet, le taux brut de préscolarisation, bien qu’ayant progressé, reste faible avec un niveau de 11,19% (10,73% pour les garçons et 11,68% pour les filles) en 2023 contre 10,3% en 20218.

En 2023, le préscolaire comptait 263 475 élèves dont 50,54% de filles. La préscolarisation reste un phénomène essentiellement urbain et l’offre privée reste dominante.

Au niveau du primaire, le taux brut de scolarisation s’établit à 96,63% (96,14% pour les garçons et 97,14% pour les filles) en 2023 tandis que le taux d’achèvement est estimé à 78,61% (76,59% pour les garçons et 80,77% pour les filles), pour la même année.

Concernant le premier cycle de l’enseignement secondaire, des données de la DESPS indiquent que le taux brut de scolarisation (TBS) en 2023, est estimé à 49,79% (49,80% pour les garçons et 49,78% pour les filles).

S’agissant du taux d’achèvement du secondaire (TAS), il est estimé à 70,92% (70,67% pour les garçons et 71,16% pour les filles) en 2023.

En ce qui concerne le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, la même source indique que le TBS est de 30,71% (32,46% pour les garçons et 28,84% pour les filles) en 2023. Quant au TAS, il s’élevait à 38,10% (40,03% pour les garçons et 36,04% pour les filles) pour la même année.

Par Jean Materne Zambo, source : SNDECI

Cameroun : Yango Group réorganise ses activités de conseil et confie les affaires publiques à Elodie Filopon

[Digital Business Africa] – Yango Group annonce une réorganisation de ses activités de conseil au Cameroun, marquée par la fin de sa collaboration avec Awana Ateba Michel, opérée via ENANGUE HOLDING SARL, et par la confirmation d’une nouvelle gouvernance en matière d’affaires publiques. L’information a été rendue publique dans un communiqué diffusé ce jour dans Cameroon Tribune.

L’entreprise, active au Cameroun depuis plus de quatre ans, rappelle qu’elle s’appuie régulièrement sur des prestataires locaux pour des missions ciblées, qu’elles soient opérationnelles, administratives ou réglementaires. Dans ce cadre, M. Awana Ateba Michel avait apporté un appui en 2023 sur des questions de coordination administrative, dans le cadre d’un mandat limité dans le temps et désormais arrivé à son terme en 2024.

Une nouvelle organisation pour les affaires publiques au Cameroun

Yango Group précise que les responsabilités liées aux affaires publiques sont désormais assurées au niveau régional.

Au Cameroun, cette mission est confiée à Elodie Filopon, Public Policy Manager pour Yango Group.

Elle est chargée de :

– formuler des recommandations institutionnelles et réglementaires,

– accompagner les équipes internes dans la compréhension de l’environnement législatif,

– renforcer le dialogue avec les autorités et parties prenantes en Afrique francophone.

Cette réorganisation vise à harmoniser la stratégie institutionnelle du groupe sur le continent et à renforcer la cohérence de ses interactions avec les administrations publiques.

🇨🇲 Un relais local : le Dr Clovis Pilla

Au niveau national, les questions institutionnelles peuvent également être traitées par le Dr Clovis Pilla, Country Manager de Yango au Cameroun.

Le communiqué précise que pour toute communication officielle ou interaction institutionnelle, les partenaires, médias et parties prenantes doivent désormais s’adresser à :

– Elodie Filopon, Public Policy Manager,

– ou Dr Clovis Pilla, Country Manager.

Un engagement réaffirmé envers les institutions camerounaises

Yango Group réitère son engagement à maintenir des relations :

– transparentes,

– constructives,

– et durables

avec les institutions publiques, les partenaires locaux et l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la mobilité au Cameroun et en Afrique.

L’entreprise souligne que cette réorganisation interne s’inscrit dans sa volonté de poursuivre le développement de services de mobilité innovants, responsables et adaptés aux réalités locales.

Par Digital Business Africa

Bénin : Le casier judiciaire devient un service 100% disponible en ligne sur la plateforme des services publics

[Digital Business Africa] – Le gouvernement béninois franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses services administratifs. Depuis le vendredi 6 mars 2026, une version entièrement repensée du service de demande de casier judiciaire est disponible sur la plateforme nationale des services publics en ligne, www.service-public.bj.

Cette évolution s’inscrit dans la dynamique du programme Bénin Numérique, qui vise à simplifier les démarches administratives, renforcer la sécurité des échanges et améliorer l’expérience des usagers.

Une authentification sécurisée via le NPI

La principale nouveauté réside dans l’intégration du Numéro Personnel d’Identification (NPI) comme moyen d’authentification.
Grâce à l’interopérabilité avec l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), les citoyens peuvent désormais se connecter de manière sécurisée et accéder instantanément à leurs informations personnelles.
Cette connexion unique permet :
– une identification fiable,
– une réduction des risques d’erreurs,
– une simplification notable des démarches.

Des données de filiation préremplies

Une fois connecté, l’usager voit automatiquement ses données de filiation préremplies.
Ces informations sont récupérées directement depuis la base de données de l’ANIP, ce qui :
– accélère la procédure,
– limite les erreurs de saisie,
– améliore la qualité des dossiers transmis au Centre national du casier judiciaire.
Vérification systématique de l’adresse e‑mail
Autre amélioration importante : la plateforme procède désormais à une vérification automatique de l’adresse e‑mail avant l’envoi des notifications.
Cette étape garantit que les usagers reçoivent correctement les messages relatifs à l’évolution de leur demande.

Un dispositif adapté aux étrangers

Le gouvernement précise que les étrangers en séjour de moins de trois mois peuvent toujours déposer une demande de casier judiciaire sans obligation de connexion.
Cette flexibilité permet de maintenir l’accessibilité du service pour les non‑résidents tout en renforçant la sécurité pour les citoyens béninois.

Modalités de traitement inchangées

Si l’interface et les fonctionnalités évoluent, les modalités de traitement par le Centre national du casier judiciaire, elles, restent inchangées.
L’innovation porte principalement sur l’accès, la fiabilité des données et la fluidité du parcours utilisateur.
Un pas de plus vers l’administration numérique
Avec cette mise à jour, le Bénin confirme sa volonté de bâtir une administration moderne, interconnectée et centrée sur l’usager.
Le casier judiciaire rejoint ainsi la liste croissante des services publics entièrement digitalisés, renforçant la position du pays comme l’un des leaders africains en matière de transformation numérique.
Les citoyens peuvent dès à présent déposer leur demande sur :  www.service-public.bj
Par Digital Business Africa 

Côte d’Ivoire : Les 5 grandes priorités de Djibril Ouattara au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique en 2026

[DIGITAL Business Africa] – Djibril Ouattara trace la feuille de route de son département pour l’exercice 2026. Dans le cadre de la rentrée budgétaire du MTNIT, tenu ce mercredi 17 mars 2026 à Abidjan-Plateau, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a décliné ses cinq grandes priorités de cette année.

Avec un budget de 83,2 milliards FCFA contre 68,6 milliards FCFA en 2025, le ministère compte bien atteindre ses objectifs. Il sera question démocratiser l’usage du numérique à travers l’accès à l’internet. Selon le MTNIT, cela permettra de réduire la fracture numérique et faciliter la vie aux citoyens; optimiser la collecte des recettes de l’Etat à travers la mise en place de solutions de paiements numériques.

Mieux encore, le ministère entend développer des compétences numériques et favoriser l’inclusion numérique ; renforcer la cyber sécurité et la confiance numérique ; et enfin accompagner l’innovation et favoriser l’adoption des technologies émergentes tel qu’a expliqué le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.

« Le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique joue un rôle central dans la mise en œuvre de la vision du gouvernement visant à faire du numérique un levier de transformation de l’économie nationale. Dans ce contexte, l’exécution du budget 2026 devra se faire dans un esprit de rigueur, de transparence et d’efficacité, conformément aux règles de Gestion axée sur les Résultats (GAR) », a souligné Djibril Ouattara.

Le ministre exhorte tous les acteurs de la chaîne de dépense publique, notamment responsables de programmes, gestionnaires de crédits et coordonnateurs de projets, à faire preuve de discipline et de responsabilité dans la gestion des crédits qui leur sont confiés:

« Il est essentiel que nous veillions collectivement à une exécution optimale de nos activités, afin d’atteindre les objectifs fixés dans notre Cadre de Performance 2026, en vue de contribuer efficacement à la transformation numérique de notre pays ».

Un message presque renouvelé à ses collaborateurs. Tant le patron du numérique ivoirien avait entamé une tournée de prise de contact en février 2026 dans les structures sous tutelle, dont l’ Esatic, l’EMSP La Poste Ci, la Sndi, l’Ansut, l’ Anssi, le Vitib, l’ Artci et l Aigf.

‎À l’ESATIC, le directeur général a présenté l’institution, ses missions, ses axes stratégiques, les résultats obtenus en 13 ans ainsi que les projets en cours. Il a également évoqué certaines préoccupations, notamment le décret portant organisation de l’établissement.

‎Cette présentation a permis au Ministre d’appréhender le positionnement stratégique de l’ESATIC dans l’écosystème numérique national et son rôle dans la formation des compétences. Saluant l’engagement de la direction et du corps enseignant, il a encouragé la poursuite de l’excellence et a réaffirmé son soutien aux initiatives visant à renforcer les capacités des établissements de formation et à consolider un écosystème numérique compétitif.

‎‎À l’EMSP, la présentation du plan stratégique 2021-2025, des formations gratuites et de l’IAC ont permis au Ministre de mieux comprendre les enjeux et les perspectives de l’établissement. Les échanges ont porté sur les besoins en appui institutionnel et budgétaire. Le Ministre Djibril Ouattara, s’est félicité des actions engagées et a encouragé le renforcement des synergies.

‎ ‎À La Poste CI, le Ministre a visité le centre de traitement des envois postaux nationaux et internationaux ainsi que le centre colis. Une séance de travail avec l’ensemble des agents a permis de faire le point sur la situation de l’entreprise et sur le plan de restructuration et de relance en cours. Le Ministre a appelé à une mobilisation collective en faveur de la digitalisation et s’est dit disposé à accompagner la structure dans la mise en œuvre de ses priorités.

Par Jean Materne Zambo, sources : www.gov.ci, MTNIT

Cameroun : Le recensement général sera 100% numérique, plus de 13 milliards de FCFA mobilisés [UNFPA]

[DIGITAL Business Africa] – La date du recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH) et du recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE) est fixée. Ce sera du 24 avril au 29 mai 2026. Le numérique jouera un rôle clé dans ce processus de décompte physique, le quatrième du genre. Pour l’instant, l’heure est aux préparations de cette vaste opération statistique qui se déroulera sur l’ensemble du territoire national.

Les Coordinations nationales du 4ème RGPH et du RGAE ainsi que l’ensemble du Système des Nations Unies se sont retrouvés ce 16 mars 2026 à Yaoundé pour une mutualisation des données démographiques et agricoles pour mieux planifier son émergence. Une première dans l’histoire.

Cette rencontre a réuni des représentants du BUCREP et plusieurs agences onusiennes, dont le duo UNFPA–FAO, partenaires techniques du processus, avec l’expertise de l’IFORD et l’appui du Système des Nations unies, y compris le CNUDHD-AC.

Le partenaire technique du gouvernement l’UNFPA assure que le recensement sera 100% Numérique. Les agents qui seront déployés sur le terrain utiliseront des smartphones pour une précision optimale.

Selon l’UNFPA, lors des tests pilotes dans les zones complexes, les équipes sur place ont obtenu 92% de précision grâce à l’imagerie satellite. Plus de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés entre l’État et ses partenaires (Banque Mondiale, etc.).

Par Jean Materne Zambo, source : UNFPA

Cameroun : Le Délégué général à la Sûreté nationale verbalise des policiers indélicats sur les réseaux sociaux

 [DIGITAL Business Africa] – Le « père de la Police » siffle la fin de la récréation sur les réseaux sociaux. Le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, met en garde les fonctionnaires de police contre une utilisation irresponsable des réseaux sociaux.

Dans une circulaire signée ce 13 mars 2026, le chef de la police camerounaise dit avoir constaté des indélicatesses de certains policiers sur les plateformes numériques.

« Certains fonctionnaires de police, au mépris des règles déontologiques en vigueur, arborent de manière ostentatoire des uniformes de service non réglementaires caractérisés par le port des décorations et insignes non autorisés, coiffures extravagantes, chaussures non conformes, piercings et chevillières ».

La goutte d’eau qui semble avoir fait déborder le vase est cette vidéo qui a fait le buzz.

 

Des comportements jugés anti-déontologiques, selon le DGSN, qui tient à rappeler que tous les fonctionnaires de police, conformément aux dispositions du Code de déontologie, sont soumis au port de l’uniforme réglementaire de service, assorti des attributs de grade et du badge d’identification. Et d’ajouter :

« Cette obligation prohibe le port des tenues de travail autres que celles consacrées par les textes en vigueur, et recommande la décence vestimentaire. Il est par conséquent entendu que les piercings, chevillières, insignes non réglementaires, chaussures et coiffures extravagantes ne doivent pas être arborés avec les uniformes de service ».

 

Le cas des publications et interventions en ligne 

 

Martin Mbarga Nguélé indique dans sa circulaire que le port des distinctions honorifiques étrangères est subordonné à l’autorisation préalable du président de la République.

« Par ailleurs, hormis les cas expressément autorisés par le Chef de Corps, les publications et interventions des fonctionnaires de police dans les médias et réseaux sociaux en uniforme de service sont strictement interdites.

Il en est de même des prises de position publiques sur les questions sensibles d’intérêt national. À cet égard, tous les manquements et autres atteintes équivoques seront rigoureusement sanctionnés conformément à la réglementation en vigueur ».

 

La fuite des documents confidentiels

Une autre bévue soulignée par le chef de la police : la fuite des documents confidentiels en ligne. Martin Mbarga Nguélé condamne la pratique et rappelle les dispositions légales en la matière.

« En outre, face à la vulgarisation du numérique dont le mauvais usage entraîne la diffusion récurrente dans les réseaux sociaux des documents de service présentant un caractère « CONFIDENTIEL » ou « SECRET », et fort de l’Instruction n°13/CAB/PRF du 06 août 1968 sur la protection du secret, ensemble la Circulaire n°003/CAB/PM du 28 mars 2018 relative à la gestion des documents et données confidentiels de l’État et des organismes du secteur public.

Les fonctionnaires de police coupables de tels agissements seront systématiquement traduits devant le Conseil de Discipline de la Sûreté Nationale, sans préjudice des poursuites judiciaires subséquentes ».

Et de prévenir :

« J’engage par conséquent tous les Chefs utilisateurs à répercuter dans leurs Unités et Services de Police respectifs au cours des rassemblements et réunions, les prescriptions susvisées pour une prise de conscience collective.

La Division spéciale de Contrôle des Services veillera au respect scrupuleux des directives contenues dans la présente circulaire pour lesquelles toute inobservation fera l’objet des mesures disciplinaires appropriées ».

La fuite des documents confidentiels n’est pas l’apanage de la police camerounaise. Dans d’autres administrations, notamment à ELECAM, les listes des candidats à l’élection présidentielle d’octobre 2025 et les résultats finaux du scrutin avaient été annoncés sur les réseaux au vu et au su de toutes les autorités judiciaires. Cela sans en inquiéter officiellement les auteurs.

Par Jean Materne Zambo, source: circulaire DGSN 

Côte d’Ivoire : Des discussions « avancées » sur le déploiement de Starlink dans les zones rurales

[DIGITAL Business Africa] – Djibril Ouattara et une délégation américaine discutent du développement de l’économie numérique en Côte d’Ivoire. Le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a reçu ce vendredi 13 mars 2026 une délégation américaine conduite par le Chargé d’Affaires, Junaid Munir. Les deux personnalités et leurs collaborateurs ont sillonné les opportunités pour les entreprises et technologies américaines.

Au centre des échanges, Starlink, filiale du groupe américain SpaceX. Le service d’internet par satellite a été sollicité pour la connectivité en zones rurales.

« Nous avons un véritable problème de connectivité dans les zones rurales. Grâce aux technologies satellitaires, nous pourrions aller beaucoup plus vite », a dit le ministre Djibril Ouattara.

C’est le 25 septembre 2025 que l’ARTCI avait accordé une autorisation officielle d’utiliser plusieurs bandes de fréquences radioélectriques pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau.

L’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire, par sa décision n°2025-1301 du 25 septembre 2025, le Conseil de régulation de l’ARTCI permettait ainsi à Starlink de fournir légalement des services d’accès à Internet fixe en Côte d’Ivoire à travers sa constellation de satellites en orbite basse (NGSO).

L’ARTCI a autorisé l’utilisation des huit bandes :

10,7 – 12,7 GHz ; 14 – 14,5 GHz ; 17,8 – 18,6 GHz ; 18,8 – 19,3 GHz ; 27,5 – 29,1 GHz ; 29,5 – 30 GHz ; 71 – 76 GHz et 81 – 86 GHz.

Ces plages couvrent les communications entre les stations terriennes et les satellites (espace ↔ Terre), nécessaires à la fourniture du service Internet.

Deux autres points ont été abordés lors des échanges. D’abord les vols directs vers les USA. La Côte d’Ivoire détient la catégorie 1 de sécurité aérienne. Air Côte d’Ivoire pourrait bientôt desservir les États-Unis.

Ensuite la Digital City. Ce projet ambitieux qui devrait positionner le pays comme hub technologique de l’Afrique de l’Ouest, avec des milliers d’emplois à la clé pour notre jeunesse.

Les États-Unis, de leur côté, encouragent un environnement numérique favorisant l’innovation, l’investissement et l’accès à des solutions technologiques de pointe.

Par Jean Materne Zambo, source : MTND

RD Congo : La 8ᵉ édition de l’atelier régional des D3E axée sur le numérique responsable

[DIGITAL Business Africa] – La ville de Kinshasa abrite les travaux du huitième atelier régional des D3E. Plomb, mercure, cuivre, retardataires de flamme bromés sont autant de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) qui font mal à l’environnement. Le 8ᵉ atelier régional sur les D3E s’est ouvert ce 16 mars 2026 sous fond d’engagements pour préserver les nappes, les populations et le sol.

Dans son allocution, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange, a rappelé l’ambition de modernisation technologique du pays à travers le plan digital national 2030.

« La RDC s’est engagée dans une transformation numérique profonde à travers le plan digital national 2030. Cette vision intègre la durabilité comme pilier central. Il ne peut y avoir de progrès technologiques sans responsabilité environnementale », a-t-elle déclaré.

Selon la ministre Marie Nyange, cet atelier est une étape importante avant la mise en œuvre de nouvelles actions de transformation industrielle. Celle-ci vise  à valoriser les déchets électroniques dans une logique d’économie circulaire. Objectif  affiché: promouvoir une gestion durable de ces déchets tout en soutenant l’innovation et la croissance numérique en République démocratique du Congo.

Le président de l’Autorité de régulation de la poste et des Télécommunications en République démocratique du Congo (ARPTC), Christian Katende, a réaffirmé son engagement à développer et à promouvoir l’économie circulaire.

« Dans cette perspective, l’ARPTC s’engage activement pour que le développement du secteur des télécommunications en RDC s’inscrive dans une logique de numérique responsable, fondée sur la promotion de l’économie circulaire, le développement de filières de collecte et de recyclage des équipements électroniques, la sensibilisation des consommateurs et des entreprises et l’encouragement de l’innovation technologique au service de l’environnement », a-t-il déclaré.

Cet atelier réunit autorités, opérateurs et partenaires pour promouvoir une gestion responsable et une économie circulaire des équipements en fin de vie.

Par Jean Materne Zambo

RCA : Starlink c’est officiel !

[DIGITAL Business Africa] – Starlink accentue son expansion dans la sous-région Afrique. Cette fois, c’est la République centrafricaine qui est tombée. Elon Musk, patron de Space X, entreprise offrant le service internet par satellite Starlink, l’a confirmé ce 16 mars 2026 via son compte X : « Starlink disponible en République centrafricaine », a-t-il posté.

L’arrivée officielle de Starlink advient la signature le 18 décembre 2025 d’une convention entre le ministre de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications, Justin Gourna Zacko et le chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-unis en RCA Dr. Mélanie Zimmermann en présence du président de la République S.E le Pr Faustin-Archange Touadéra et du Premier ministre Félix Moloua,

Lors de cette cérémonie de signature, les deux parties avaient convenu que l’opérateur Starlink mettra à la disposition de la RCA une connexion fiable, à haut débit, qui contribuera au développement économique du pays.

Ce qui devrait contribuer à réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales, à renforcer la couverture Internet nationale et à favoriser la modernisation des services publics, l’éducation en ligne, la télémédecine et un meilleur accès à l’information pour l’ensemble de la population.

La République centrafricaine s’ajoute à la liste des pays du continent africain qui ont autorisé les activités de Starlink. Entre autres : le Nigeria, le Kenya, le Rwanda, le Bénin, le Mozambique, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe, le Sénégal, la Sierra Leone, le Libéria, le Ghana, le Soudan du Sud, le Burundi, le Botswana, Madagascar, l’Eswatini, Verde, São Tomé-et-Principe, la RCA. D’autres pays devraient leur emboîter le pas d’ici fin 2026. Parmi eux, le Cameroun, qui a annoncé des discussions « poussées » avec l’opérateur.

Par Jean Materne Zambo

Zimbabwe : Le gouvernement adopte une Stratégie nationale d’intelligence artificielle, voici les 4 piliers qui la constituent

[DIGITAL Business Africa] – Un saut qualitatif dans l’utilisation des technologies numériques de pointe. Oui, le Zimbabwe y est parvenu. Le gouvernement zimbabwéen a procédé, vendredi 13 mars 2026, au lancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2026-2030.

L’IA au service du développement socio-économique du pays au cours des cinq prochaines années est désormais une certitude. Cette stratégie vise à lutter contre la colonisation des données et à stimuler le développement local, attirer les investissements étrangers et renforcer l’infrastructure technologique du pays.Le président Emmerson Mnangagwa a promis une utilisation philanthropique de cette technologie émergente.

« Nous nous engageons à garantir que l’utilisation de l’intelligence artificielle soit centrée sur l’humain, transparente et exempte de biais. La protection de nos intérêts nationaux ainsi que la dignité de tous les Zimbabwéens demeurent au cœur des cadres juridiques que nous mettons en place », a déclaré le président Emmerson Mnangagwa  dans son discours.

 

Quatre piliers constituent la stratégie : le développement des talents et des capacités, la souveraineté en matière d’infrastructures, l’adoption de l’IA et la gouvernance éthique. Elle définit plusieurs priorités, notamment l’intégration dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les mines, la santé et l’éducation, afin d’améliorer la productivité, l’efficacité et la qualité des services.

Secteur de l’Éducation

Dans l’éducation, l’IA  promet d’améliorer les résultats des étudiants. Les outils d’apprentissage basés sur l’IA peuvent personnaliser l’enseignement et offrir des expériences éducatives plus engageantes.

Secteur de la Santé

Dans la santé, des innovations inhérentes à l’ IA visent à améliorer la prestation et la gestion des soins. Des solutions basées sur l’IA peuvent optimiser les diagnostics et les traitements, renforçant ainsi la qualité des soins de santé au Zimbabwe.

La feuille de route prévoit également des incitations pour les entreprises et innovateurs qui adoptent les technologies d’IA, dans le but de favoriser une économie numérique dynamique et d’encourager le développement technologique local.

Elle met aussi l’accent sur la conception de systèmes d’IA éthiques et centrés sur l’humain, respectueux des droits fondamentaux tout en soutenant une croissance inclusive.La stratégie adoptée s’inscrit dans le cadre du « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 ».

Le plan cite notamment une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant.

Par Jean Materne Zambo

Orange Business Cameroun : un partenaire de confiance pour la transformation digitale des entreprises

Orange Business Cameroun lance une campagne média pour présenter son offre de solutions dédiées à la transformation digitale des entreprises. Déployée sur ses plateformes digitales, dans la presse, en affichage et à la télévision, cette campagne vise à asseoir le positionnement d’Orange Business : celui d’être le partenaire de confiance pour la transformation digitale des entreprises au Cameroun.

À travers cette initiative, Orange Business réaffirme sa promesse : digitaliser et sécuriser la croissance des entreprises grâce à la technologie.

Les communications mettront en lumière plusieurs catégories de solutions proposées aux organisations :

  • Solutions Cloud, Datacenter et Cybersécurité, pour moderniser les infrastructures et sécuriser les données des entreprises ;
  • Solutions de communication unifiée et de collaboration, pour améliorer la productivité et la performance des équipes ;
  • Solutions de connectivité et de géolocalisation, pour optimiser la gestion des opérations et renforcer l’efficacité des organisations.

Cette campagne s’inscrit dans la dynamique du ICT Hub by Orange Business, qui constitue le cœur des capacités technologiques d’Orange Business Cameroun. Véritable hub d’expertise et de solutions, le ICT Hub rassemble les compétences et technologies nécessaires pour accompagner les entreprises à chaque étape de leur transformation digitale.

La suite des prises de parole de cette campagne introduira plus en détail le ICT Hub, illustrant son rôle central en tant que hub des solutions technologiques et infrastructures IT, et montrera comment Orange Business accompagne concrètement les entreprises dans leur modernisation et leur croissance.

 Par Direction Orange Business

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