[Digital Business Africa] – La Zambie franchit une nouvelle étape décisive dans sa quête de souveraineté numérique à travers la modernisation de son système éducatif. Le gouvernement a récemment annoncé son intention de raccorder 2 500 établissements scolaires supplémentaires au réseau internet d’ici la fin de l’année 2026. Ce passage à l’échelle bénéficie d’un soutien stratégique de poids, les géants des télécommunications et le secteur financier national s’étant officiellement engagés à accompagner le ministère de l’Éducation dans cette extension massive de la connectivité. Cette synergie public-privé vise à briser les barrières de l’apprentissage traditionnel en introduisant des outils numériques dans des salles de classe autrefois limitées en ressources.
Pour Noriana Muneku, secrétaire permanente au ministère de l’Éducation, cette collaboration permet déjà de migrer vers un modèle d’apprentissage personnalisé et inclusif. Selon le dernier Education Statistics Bulletin 2025, le déploiement des outils de l’information et de la communication (TIC) offre aux apprenants la flexibilité d’évoluer à leur propre rythme, dépassant ainsi les rigidités des méthodes d’enseignement classiques. Cette ambition s’appuie notamment sur le succès du « Digital Learning Passport », une plateforme lancée avec le concours de l’UNESCO, de l’UNICEF et de Microsoft, qui permettait déjà à plus de 300 000 utilisateurs en 2024 d’accéder à des contenus pédagogiques alignés sur le programme national.
Cependant, le défi de la « connectivité réelle » reste entier au regard des statistiques actuelles. Sur les 13 987 écoles que compte le pays, si plus de 8 000 disposent d’internet pour des besoins administratifs, seules 5 487 l’utilisent effectivement pour l’enseignement, et à peine 3 276 bénéficient d’une connexion jugée réellement fiable. Au-delà de la fibre optique et du satellite, le succès de cette transformation numérique demeure tributaire de l’infrastructure de base : le rapport 2025 souligne que 5 812 écoles zambiennes ne sont toujours pas raccordées au réseau électrique, constituant un obstacle majeur à l’utilisation durable des équipements informatiques.
En analyse de fond, la Zambie illustre une tendance forte en Afrique australe où régulateurs, banques et opérateurs convergent pour financer l’avenir numérique. Toutefois, comme dans de nombreux pays du continent, le déploiement massif de l’IA et des manuels numériques se heurtera inévitablement au mur de l’accès à l’énergie, premier maillon indispensable de la chaîne de valeur éducative. L’équation zambienne devra donc impérativement intégrer la pérennité des réseaux et la formation continue des enseignants pour transformer ces investissements technologiques en véritables leviers de réussite scolaire.
Par Loic SOUOP








