Camtel : 9 employés licenciés pour indélicatesse

Le communiqué signé par le Dg le 15 novembre à cet effet, a été précédé d’une lettre dénonçant des sanctions discriminatoires.

Le communiqué annonçant le licenciement de 9 employés (voir liste sur le document ci-contre) de la Cameroon Telecommunications (Camtel) a été affiché au babillard de l’entreprise le 16 novembre dernier, alors qu’il a été signé la veille, le 15 novembre 2011, par le directeur général de l’entreprise publique de téléphonie, David Nkotto Emane. «Le directeur général de la Cameroon Telecommunications informe le public que les personnes ci-après ne font plus partie des effectifs de la société». Après avoir listé les intéressés au rang desquels on dénombre 8 hommes et une femme, le Dg prévient que «il décline la responsabilité de Camtel pour tout acte ou toute transaction que les sus-cités pourraient poser, et en appelle à la vigilance de la clientèle». Rien donc sur les motifs de ces licenciements.
Mais à en croire des sources concordantes à l’intérieure de l’entreprise, ces sanctions suprêmes qui sont les premières retombées du dernier conseil de discipline de l’entreprise qui s’est tenu au début de ce mois de novembre, sont la conséquence de malversations financières dont se seraient rendus coupables les concernés.
Au regard du volume des montants mis en cause, lesquels sont estimés par certaines sources à au moins 100 millions de Fcfa, un employé de l’entreprise commente: «Si ces gens ne sont pas emprisonnés, ça ne sert à rien. Avec ce qu’ils ont pris, il y en a qui peuvent monter une entreprise dès le lendemain de leur licenciement et vivre sereinement ensuite».
Mais, à en croire des sources internes à l’entreprise, il n’y a pas que ces sanctions excluant à première vue des poursuites judiciaires contre ces employés indélicats qui intriguent. En effet, ainsi que le témoigne une correspondance balancée sur le réseau interne des employés de Camtel, et vraisemblablement écrite avant la tenue du conseil de discipline dont les conclusions semblaient pressentis, nombre de personnels de l’entreprise publique de téléphonie décrient des sanctions à têtes chercheuses. «Mesdames et Messieurs les directeurs, au moment ou vous vous apprêtez à prendre certaines décisions qui vont soit changer la vie de certains d’entre nous (cas des licenciements pour ceux qui le méritent et retard dans la carrière pour ceux qui ne le méritent pas) et celle de l’entreprise au cas cela servirait d’exemple, il convient cependant de relever certain faits qui peuvent ne pas vous dire quelque chose, mais qui restent quand même têtus comme le dit l’adage», peut-on lire dans la correspondance sus-citée.

Incompétence
Et les rédacteurs de cette autre dénonciation, après celle de Godfroid Ondoua Ella du 5 juillet 2011 (lire article ci-dessous), de poursuivre : «Loin de nous dédouaner de quoique ce soit. Il convient de relever que les détournements n’ont pas commencé aujourd’hui et que les sanctions dans la plupart des cas sont des règlements de compte. Tenez : en 2008 à l’agence CTphone de Yaoundé, il y a eu des irrégularités pour un montant dépassant les 40 millions de Fcfa. Pour seul action, on a trouvé bon de camoufler cela en affectant les intéressés ailleurs; l’ex-chef service commercialisation des cartes RRS [représentation régionale du Sud] détourne 78 millions de Fcfa. Pour toute sanction, elle a été promue chef d’agence à Bafia au moment ou la régionale mettait déjà la pression».
Et la vague de dénonciation se poursuit : «l’ex- Saf [chef service administratif et financier] de la RRS et le Sco [chef service commercial] se sont retrouvés au coeur des malversations financières. Résultats : ils sont allés à Efoulan demander pardon au boss, et ont été mutés (…) L’actuelle chef d’agence de Bafoussam a fait gaffe à Akonolinga. Conclusion : elle a été mutée. Le chef de département marketing n’a pas pu justifier l’utilisation d’un montant de  56 millions de Fcfa. D’où le poste actuel. Le Dcom de Douala s’est servi copieusement à Bafoussam : silence radio. La gestion du Daf de Douala n’a rien de saint : on s’en fou».
Après ces accusations, les rédacteurs de la correspondance s’interrogent : «Pourquoi à Camtel, on punit toujours le subalterne, alors qu’il ne fait qu’exécuter les ordres du chef» ? Réponse par le même canal : «les commerciaux n’ont aucune visibilité dans la gestion de leur carrière ; à Camtel, le commercial est clochardisé  et fait l’objet de moquerie ; les plus expérimentés sont en dessous des moins expérimentés et moins gradés, et ils en profitent pour mieux les tromper ; parfois le commercial est plus former que celui qui le contrôle ; ceux qui sont censés mettre les stratégies n’ont rien avoir avec le commercial. Exemple : le Dcma 1[1er adjoint au directeur commercial et du Marketing] est ingénieur électronicien, le Dcma2 [2ème adjoint au directeur commercial et du marketing est un inspecteur des P&T, le chef de département des services commerciaux est un ingénieur électro-technicien, le chef de département des entreprises est un bibliothécaire, le chef de département résidentiel est un maintenancier en électronique, le chef de département du marketing est un journaliste, le chef de département distribution est un économiste».

Source : Mutations

 

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