Cameroun : Korea Telecom n’a pas postulé à la licence 3G et n’est pas partenaire de TSI

L’entreprise coréenne Korea Telecom n’a jamais postulé à une licence 3G au Cameroun et n’a jamais conclu un accord de partenariat avec l’entreprise camerounaise Technologie et Système d’Information (TSI), qui a soumissionné à l’appel d’offres restreint du Minpostel en se présentant comme partenaire de Korea Telecom, a appris l’agence Ecofin dans les couloirs de l’ambassade de Corée au Cameroun.

TSI, candidat malheureux de l’appel d’offre restreint pour la sélection d’un troisième opérateur de téléphonie mobile titulaire de la 3G et qui s’est présenté comme partenaire de Korea Telecom, a d’ailleurs déposé le vendredi 14 décembre 2012 auprès du ministère des Marchés publics un recours en annulation contre la décision du ministre des Postes et Télécommunications. Le 10 décembre dernier, le ministre Jean-Pierre Biyiti bi Essam a annoncé que Viettel Cameroun Sarl a décroché devant Bharti Airtel, Maroc Telecom et TSI/Korea Telecom la première licence 3G du pays devenant ainsi le troisième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun.

Contacté par Ecofin pour en savoir davantage, Samuel Nono, le représentant de TSI n’a pas démenti cette information. Mais, tient-il à préciser, TSI a pour partenaire financier Octant Capital, qui, lui, a un contrat avec Korea Telecom. « Cette déclaration est vraie et je ne crois pas qu’il s’agisse de cela. Nous avions un contrat avec Octant Capital, société de financement de projet et dans le cadre de ce projet, Octant a signé son contrat de partenariat avec KT. D’où vient-il que cette question soit posée ou que l’ambassadeur puisse le dire? Avons-nous prétendu le contraire? Mais, est-ce pour autant qu’ayant cette information, nous n’ayons pas été informés », se demande Samuel Nono qui présente à présent le groupe comme l’association TSI/OCTANT/KT.

Cette situation aurait disqualifiée l’offre de TSI pour l’acquisition de la licence 3G. D’abord parce que, explique une source proche du comité de sélection, le règlement d’appel d’offres disposait en son article 20 que le Minpostel pouvait décider de ne pas examiner les offres contenant une information  fausse ou mensongère. Car TSI avait présenté dans son dossier l’expertise de KT tout comme il avait pris des engagements au nom de KT qui n’était pas son partenaire et ensuite, parce que TSI est une entreprise disposant d’un capital de 50 000 000 de F.CFA. Insuffisant pour ce cabinet conseil de droit camerounais pris individuellement d’opérer comme opérateur, rapporte notre source. L’une des conditions pour postuler à la 3ème licence mobile au Cameroun était d’ailleurs d’avoir une surface financière minimale de 200 millions de dollars américains, soit près 100 milliards F.CFA.

Ouvrir le capital à Korea Telecom

Interrogé à cet effet, Samuel Nono affirme que « dans le montage qui a été fait et le cabinet MAAS (cabinet recruté par le gouvernement pour le conseiller dans la sélection du troisième opérateur de téléphonie mobile, ndlr) en a copie, si nous avions cette adjudication provisoire, immédiatement, TSI ouvrirait son capital et KT en prendrait le contrôle. Ce schéma est en possession du financier du projet, Octant Capital (les documents sont à disposition). Le financement du projet nous est garanti par Octant capital », explique-t-il. Ce qui probablement n’a pas convaincu le comité de sélection. Nous n’avons pas pu recouper auprès d’Octant Capital le type de partenariat noué avec Korea Telecom d’une part et d’autre part avec TSI.

Pour TSI, en examinant le calendrier du Minpostel, il y a de quoi se poser de sérieuses questions… « Je crois que on aurait pu nous tenir informé de ce qu’on a pu qualifier de fausse déclaration et/ou nous signifier notre disqualification. Au contraire, nous avons tout au long continué et échangé avec le conseil du Minpostel et le 9 novembre, nous avons déposé notre DAO. On a l’impression qu’il y a eu une volonté de piéger TSI dans ce projet et si tel est le cas, quelle en est la raison ? La sanction vient toujours après la prévention. Ce qui n’a pas été le cas », se justifie le représentant de TSI.

Au finish, le comité de sélection du Minpostel que préside le ministre Jean-Pierre Biyiti bi Essam n’aurait  même pas examiné l’offre de TSI, car contenant une fausse information.

Ticket d’entrée pour la 3G

L’entreprise Viettel qui a finalement été choisie propose d’investir près de 200 milliards de F.CFA, pour couvrir, dès le lancement de ses activités, 81% de tout le territoire camerounais avec les technologies mobiles de deuxième et troisième génération. Son ticket d’entrée au Cameroun a été de 20 milliards de F.CFA. Samuel Nono affirme qu’il avait une offre meilleure : «  Nous insistons et continuons à clamer haut et fort que l’offre de Viettel n’est pas comparable à la notre et que nous offrions plus et durablement. Notre investissement global se situe autour de 450 millions d’euros (soit un peu plus de 295 milliards de F.CFA)  en 5 ans et nous offrions un ticket d’entrée de 70 millions d’euros (45,9 milliards de F.CFA). »

Dans son recours auprès du ministère des Marchés publics, TSI indique que « cette décision (choix de Viettel, ndlr) surprenante viole en tout point le règlement du dossier d’appel d’offres international restreint (cf. article 9 al3, 10, 14 du règlement d’appel d’offres) et partant des dispositions impératives du codes des marchés publics en ce qu’elle a été prise en l’absence de toute transparence ».

Pour Samuel Nono, la séance d’ouverture des offres devait se faire en présence des soumissionnaires pour des besoins de transparence comme l’indique la loi. Mais, il affirme qu’il a été surpris d’apprendre par voie de communiqué radio les résultats de l’appel d’offres. Ce qu’il considère comme une violation de la loi.

Au sujet de la méthode de choix du troisième opérateur, on répond du coté du Minpostel que c’est un Comité interministériel qui s’en est chargé et non une commission de passation de marchés. Les rebondissements dans l’attribution de la licence 3G à Viettel s’annoncent donc palpitants.

LAISSER UNE RÉPONSE

SVP, entrez votre commentaire!
Veuillez saisir votre nom ici

spot_img

Plus d'infos

Caroline NGO MBAMSECK BAYIHA au sujet des problèmes d’e-visa au Cameroun : « Certains voyageurs ont perdu plus de 500 000 F.CFA de pénalités »

Caroline NGO MBAMSECK BAYIHA au sujet des problèmes d’e-visa...

– La DG du cabinet Queen Mother Consultancy basé au Pays-Bas explique à Digital Business Africa...

Pourquoi aucun des 28 datacenters de Microsoft repartis dans...

(TIC Mag) - Pour offrir des services et des solutions de qualité, notamment les services Cloud, le...
Bataille des logiciels de conversion

Numérotation : la bataille des applications commence

Alors que le Cameroun entre, ce jour, 21 novembre 2014, dans le nouveau plan de numérotation téléphonique...

Sur votre mobile

Si vous avez aimé ce texte, vous aimerez bien bien d'autres. rejoignez notre canal Telegram et notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer de nos infos stratégiques et de nos exclusivités.

Chaine WhatsApp de Digital Business Africa