Amadou Coulibaly: “Le SICA, en plus d’être un marché, offre comme innovation des opportunités d’apprentissage et de formation”

[Digital Business Africa] – Le Salon International du Contenu Audiovisuel d’Abidjan, organisé par le Ministère de la Communication, en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Francophonie, se tient depuis ce 20 novembre 2023 et s’achève demain, 22 novembre. C’est au Sofitel Hôtel Ivoire.  Amadou Coulibaly, le ministre de la Communication, s’exprime sur le bien-fondé de cet événement.

Abidjan se prépare à accueillir, du 20 au 22 novembre, le Salon International du Contenu Audiovisuel (SICA). Quels seront les différentes articulations de ce rendez-vous ?

Le Salon International du Contenu Audiovisuel d’Abidjan, organisé par le Ministère de la Communication, en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Francophonie, se tiendra sur trois jours, du 20 au 22 novembre 2023, au Sofitel Hôtel Ivoire. Ce salon est organisé autour de trois points essentiels. C’est d’abord un marché où se rencontreront des acheteurs de contenus audiovisuels et des producteurs.

C’est ensuite un espace où seront organisées des conférences, des tables rondes et autres activités pour faire connaitre davantage les métiers et innovations aux professionnels et aux étudiants.

Il y est d’ailleurs prévu un concours pitch doté d’un prix pour encourager des talents. C’est enfin, un espace de rencontres avec des acteurs des finances et des banques pour mieux faire connaitre l’écosystème de la production audiovisuelle et ses opportunités d’investissement.

La dernière journée sera consacrée à la découverte d’Abidjan. Certaines des personnalités que nous accueillerons viennent à Abidjan pour la toute première fois. L’occasion me paraît donc bonne pour ‘‘vendre’’ notre pays, ses beaux sites ; sait-ont jamais ! cela pourrait susciter des idées de tournage et peut-être d’autres visites plus touristiques en Côte d’Ivoire. Je veux, à ce propos saluer le Ministre du tourisme et ses collaborateurs pour leur implication efficace dans le cadre des travaux du Comité d’Organisation.

Quels objectifs assignez-vous à cet événement qui se tient dans un contexte de libéralisation de l’espace audiovisuel et d’avènement de nouvelles chaines ?

Le SICA traduit la volonté du Gouvernement ivoirien de combler le manque d’initiatives centrées sur la promotion du contenu audiovisuel dans notre espace communautaire francophone. Il s’inscrit dans le grand programme du Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA qui veut donner à la Côte d’Ivoire une chance de développement intégral, en accordant une place de choix à l’industrie de la création et du contenu. Ce qui impose la mise en place de toutes les commodités afin de permettre à toute la chaine de valeurs de la production de se développer.

Ce marché international vient donc consolider et dynamiser les acquis de l’ouverture de l’espace audiovisuel intervenue depuis les années 90 et devenue une réalité plus visible avec la libération télévisuelle, l’avènement de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) et l’adaptation de la loi sur le régime juridique de la communication audiovisuelle à ce nouvel environnement.

Quelle importance pour la Côte d’Ivoire ?

Le Salon International de l’Audiovisuel d’Abidjan permet d’accueillir l’essentiel de l’industrie de création audiovisuel dans notre sous-région et hors du continent. Il permet, en outre, de créer des opportunités d’affaires entre les acteurs de l’écosystème, de renforcer les capacités des acteurs surtout des professionnels en se frottant à de grandes figures marquantes du secteur, d’attirer des investisseurs dans le domaine de la production et de la co-production, et enfin de dévoiler des talents naissants à travers le concours pitch.

Si notre pays a un leadership reconnu du point de vue économique, diplomatique et certainement culturel, il n’y a pas de raison qu’il ne s’affirme dans l’industrie créative, notamment dans le contenu audiovisuel.

Combien de participants sont attendus, en termes d’investisseurs, de Producteurs et de distributeurs ?

Les précédents évènements de ce genre organisés à Abidjan, ont vu la participation de plus d’un millier de professionnels. Pour cette première édition du SICA, nous visons le même objectif et attendons des centaines de professionnels du secteur de l’audiovisuel. Il convient cependant de souligner, que le SICA n’est pas un salon grand public, mais plutôt celui des professionnels du secteur de l’industrie audiovisuelle et du cinéma.

Ce salon offre-t-il des opportunités de création d’emplois ?

Tout naturellement, mais il faut voir la création d’emplois sur le long terme. L’idée, aujourd’hui, c’est de créer les conditions favorables pour ce secteur fortement demandeur de main-d’œuvre. Par exemple, la création de contenu demande beaucoup de compétences, en termes de son, d’image, d’habillage, de restauration, de prestation artistique, du divertissement et de la promotion de la culture. Ce secteur génère également beaucoup de retombées au plan touristique.

Quels résultats attendus à ce premier rendez-vous du SICA ?

Les résultats attendus sont, entre autres, faire connaître d’abord cette initiative ivoirienne, le SICA étant à sa première édition, et de l’inscrire dans les agendas des grands évènements.

Nous voulons également qu’au terme de cette édition, que des rencontres entre opérateurs économiques du secteur soient effectives, que des opportunités de partenariat soient nouées ou désormais beaucoup plus perceptibles.

Monsieur le Ministre, le SICA qui a une ouverture sur le monde prévoit-il des balises morales et culturelles pour tenir compte de nos sus et coutumes ?

Quand on parle de contenus, on parle forcément d’enracinement, d’environnement, de valeurs, de points d’ancrage. On ne produit pas sur du vide. Les scénarii sont des narratifs qui renvoient à des vécus, à des visions, à des convictions. Le contenu audiovisuel est le reflet de cultures et de traditions. La diversité des participants, la richesse assurée des interventions et la multiplicité des expériences en partage permettront la prise en compte des particularités.

Mais il y va aussi de la célébration des libertés. La création est liberté, mais aussi responsabilité. La régulation vise à maintenir un juste équilibre entre l’exigence de respecter les libertés, et de respecter à la fois nos valeurs morales et culturelles, en imposant des limites.

En tout état de cause, le législateur a prévu un régulateur qui est la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA). C’est elle qui est chargée du contenu audiovisuel.

Avez-vous des mécanismes mis en place, notamment un cadre règlementaire, institutionnel, etc. ?

Notre expérience dans ce domaine est vieille. Il y a eu la loi de 2004 sur la communication audiovisuelle qui, déjà, fixait des règles relativement aux supports audiovisuels. De même, comme je viens de le souligner, la HACA fait partie des mécanismes légaux et règlementaires régissant le secteur de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire. L’encadrement audiovisuel par des textes législatifs et règlementaires est bien assumé.

La fiche technique annonce que ce rendez-vous cible entre autres, le gouvernement, les ministères techniques, les chaines de télévision publiques et privées, les établissements financiers, etc. Comment seront-ils impliqués dans la réussite de l’événement ?

Le SICA réunira les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, à savoir les producteurs nationaux et internationaux, les distributeurs, les chaînes de télévision et de radio publiques et privées, les opérateurs du câble, de satellite, de mobile et des services de vidéo à la demande et des étudiants d’écoles spécialisées en audiovisuel.

C’est un rendez-vous du donner et du recevoir, un marché qui doit permettre aux différents acteurs, chacun dans son domaine, d’y tirer les meilleurs partis possibles.

Le Gouvernement, à travers le ministère de la communication et le ministère en charge de la culture, crée les conditions d’épanouissement des différents acteurs afin que le secteur audiovisuel contribue davantage au rayonnement du pays ainsi qu’au développement de l’industrie de la création du contenu, du cinéma.

Toutes choses qui impacteront positivement le marché de l’audiovisuel, la promotion des créateurs, producteurs et distributeurs. Tous les acteurs auxquels vous faites allusion participeront donc aux tables rondes, aux master-class, aux panels et différentes conférences pour la réussite de cet évènement.

Vous avez récemment ouvert la voie d’une action révolutionnaire pour une attitude responsables des internautes et leurs productions. Quel bilan dressez-vous de cette action ?

Nous avons lancé le 16 août 2023, la campagne « En Ligne Tous Responsables » pour sensibiliser tous les citoyens à une utilisation responsable et respectueuse des outils numériques, notamment les réseaux sociaux. C’est une campagne en deux étapes. Une première, dite de sensibilisation et d’éducation qui court d’août à décembre 2023, et une seconde phase de consolidation des acquis qui couvrira toute l’année 2024.

En termes de bilan à mi-parcours de la première phase, cette campagne a connu un vif succès auprès des cibles visées, c’est-à-dire les populations utilisatrices du numérique. Les effets combinés de la communication multicanale de messages de sensibilisation et la tenue d’ateliers de formation en présentiel ont permis d’engager la population dans le sens de la responsabilité en ligne.

Cette première étape de la campagne a également permis de vulgariser les quatre textes de loi récemment adoptés en vue de la régulation des activités déployées en ligne. Ces textes législatifs visent à expurger de l’utilisation des réseaux sociaux ou de toute utilisation en ligne des termes xénophobes, haineux et injurieux qui, malheureusement devenus légions ces dernières années.

Avez-vous atteint vos objectifs ?

Notre objectif, au départ, pour la première phase de sensibilisation et d’éducation était de visiter 21 localités et communes de Côte d’Ivoire, et sensibiliser et former 4200 personnes, notamment des jeunes, hommes et femmes, des administrations, le corps préfectoral, des enseignants.

Au 02 novembre 2023, soit un peu plus de deux mois après le lancement de la campagne, nous avons visité 15 localités dont 7 à l’intérieur et 8 communes du District d’Abidjan, et formé et sensibilisé plus de 3000 personnes soit un peu plus de 77% de l’objectif prévu. Et, les actions combinées de la communication multicanale ont permis de toucher plus de 5 000 000 personnes. La campagne se poursuit et nous ne doutons pas qu’au soir du 31 décembre 2023, nos objectifs seront atteints, voire dépassés.

Il y a quelques années la Côte d’Ivoire recevait l’événement « DISCOP à Abidjan) également en rapport avec les contenus audiovisuels. Quel serait la particularité du SICA 2023 ?

Lorsque je parlais d’évènements de ce genre, je faisais allusion au DISCOP que vous venez de citer. Le DISCOP est un label privé, alors que le SICA est une initiative publique du Ministère de la Communication qui consolide les acquis que nous avons eus à travers un partenariat public-privé avec le DISCOP, en proposant des innovations.

Le DISCOP est un marché de l’audiovisuel, alors que le SICA, en plus d’être un marché, offre comme innovation des opportunités d’apprentissage et de formation sur des thématiques du moment à travers des master class, des table-rondes, des conférences.

A cet effet, plus d’une cinquantaine de speakers parmi lesquels des producteurs de renom sont attendus à cet évènement, qui se veut un forum d’échanges sur l’avenir des contenus au regard de la grande mutation qui s’opère au niveau des modes de consommation liés à l’internet avec les plates formes de streaming, de vidéos à la demande, de podcast et autres OTT.

Il convient de noter que des promoteurs de streaming célèbres tels que Netflix et des promoteurs de bouquets satellitaires sont invités à ce salon, prouvant ainsi sa dimension internationale. Sans le SICA, il aurait été difficile de rencontrer ces sommités de l’écosystème mondial de l’audiovisuel et du cinéma dans notre pays.

Interview : B. G

Source : Ministère de la Communication

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