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Téléphone portable : ces habitudes qui dérangent

Les enfants sont déjà en retard pour l’école. Son épouse qui, démarre la journée par une réunion avec son chef hiérarchique, est sur le point de la rater. Ce père de famille n’en a cure : il fait demi-tour. Question d’aller récupérer son téléphone portable oublié à la maison. Ni les cris de son épouse, ni les jérémiades de ses enfants, encore moins la menace des embouteillages de plus en plus denses à cette heure de pointe, ne lui feront entendre raison. La dame et ses enfants sont obligés de descendre du véhicule et emprunter un taxi. Pour rallier qui le bureau, qui l’école à temps.

 

Autre lieu, autre scène : une paroisse catholique à Yaoundé. Le prêtre est en train de célébrer l’eucharistie lorsqu’une sonnerie tonitruante se fait entendre. C’est celle du téléphone portable de l’officiant. Sans la moindre hésitation, il sort l’instrument de sa poche et prend tranquillement sa communication sous les regards ébahis des fidèles. « Ça ne pouvait pas attendre. C’est peut-être Dieu qui l’appelle ou le Saint Esprit qui veut lui faire une révélation », ironise un jeune paroissien.Plus grand-chose n’étonne en vérité quand il s’agit de téléphone portable. L’outil censé faciliter la communication et les relations entre les humains semble avoir tellement bien rempli sa mission, qu’il apparaît indispensable aujourd’hui pour certains. Entre ceux qui entretiennent une réelle relation affective avec lui, le gardant jusque dans le lit, et les autres qui développent une véritable crise de panique une fois perdu de vue, les comportements des uns et des autres sont de plus en plus étranges. « Chez nous, c’est devenu invivable, le téléphone étant l’idole de mon époux. Ni moi, ni les enfants n’avons de conversation avec lui sans être interrompus par les coups de fil. Il se lève, dort, mange… Je suis excédée, je dois parfois dormir dans la chambre d’amis pour passer une nuit tranquille », avoue Agnès Nkamgnia, cadre dans une entreprise.

 

Avec les options sans cesse innovantes qu’il offre, le but initial du téléphone portable a considérablement évolué. Maintenant, le sortir en cas d’ennui, pour se distraire et appeler quelqu’un est devenu une habitude. « Les règles de savoir-vivre sont en train d’y passer. C’est tellement désagréable de parler à quelqu’un qui a toute son attention captivée par ces joujoux. Récemment lors d’une réunion stratégique avec le ministre, un collègue a été surpris en train de regarder un film X sur son téléphone portable. En pleine réunion ! D’autres jouent à de stupides jeux », témoigne Ernest E.W., outré.

Le téléphone portable est donc en passe de devenir le meilleur ami obligé de l’homme. Avec des conséquences néfastes sur le comportement de ce dernier et les rapports sociaux. Des enquêtes très sérieuses conduites en Europe ont révélé tout récemment que 66% des personnes ressentent une réelle souffrance lorsqu’ils sont séparés de leur téléphone portable. C’est une maladie : la « nomophobie » (no mobile phone phobia). Le sondage Pew Internet Project montre que 67% des personnes interrogées possédant un portable indiquent regarder leur appareil pour vérifier si elles n’ont pas de messages, appels ou textos, même si elles n’ont pas entendu leur téléphone sonner ou vibrer. 44% disent dormir avec leur téléphone portable à côté du lit voire sous l’oreiller pour être sûrs de ne pas rater de messages ou d’appels importants, tandis que 29% disent « ne pas pouvoir s’imaginer sans leur téléphone ».

Source : Cameroon-Tribune

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