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Réseaux sociaux/Gabon : Musèlement des utilisateurs ! TikTok et Instagram déjà suspendus, le débit internet baisse

[DIGITAL Business Africa] – Le Gabon bascule-t-il dans la dictature numérique ? La Haute Autorité de la Communication a annoncé la suspension des réseaux sociaux ce 17 février 2026. Réunie en séance plénière à son siège du 286, la HAC dit avoir constaté « la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux “.  

Pour justifier sa décision, le régulateur met en avant les motifs d’atteintes « à la dignité humaine, aux bonnes mœurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ». De tels agissements contreviennent, selon elle, à la loi nᵒ 019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication.

TikTok et Instagram sont déjà suspendus en attendant les autres médias comme Facebook, WhatsApp… Le débit internet lui a chuté. Impossible de partager des contenus, rapporte une source locale. L’économie numérique du pays pourra prendre un coup. Un aveu d’échec pour le président de la HAC Germain Ngoyo Moussavou, qui pourtant dispose du bâton pour remettre sur le droit chemin les brebis égarées sur l’autoroute des réseaux sociaux.

La loi nᵒ 027/2023 du 12 juillet 2023, portant réglementation de la cybersécurité et lutte contre la cybercriminalité en République gabonaise, en son article 71 dispose: :

« Quiconque profère une menace ou une insulte par voie électronique, envers une personne en raison de son appartenance à un groupe, une race, une couleur, une ascendance, une religion ou une origine, est puni d’un emprisonnement de dix ans et d’une amende de 30 000 000 FCFA au plus ou de l’une de ces deux peines ».

Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés depuis l’annonce.

L’artiste musicienne Creol annonce son exil.

« Je me casse de là, c’est fini ! Moi, je vends ma banane avec Internet. Je vends ma banane avec mes réseaux sociaux, mon TikTok, mon Facebook. Je fais la promotion de ma musique là, je mange un peu mon petit morceau de pain, mon petit dairy. C’est avec les réseaux sociaux. Je vis avec les réseaux sociaux ».

“Le Père de la vérité” (son identifiant sur Facebook) y voit une atteinte à un droit fondamental.

« Les réseaux sociaux garantissent l’accès à l’information. Et arrêter de les diffuser nous empêche d’exercer nos droits. Mais il est vrai que pour des raisons majeures, on pourrait rêver les conditions d’accès aux réseaux sociaux, comme Emmanuel Macron l’a fait en interdisant l’accès aux moins de 15 ans ».

Justement, l’article 14 de la Constitution gabonaise du 19 décembre 2024 garantit la liberté d’opinion, d’expression et de communication, incluant la diffusion de l’information sur tout support numérique.

Hermann Kele regrette l’ancien président de la République :

« Même Ali Bongo nous laissait après les élections utiliser les réseaux normalement. Il y a certains qui vivent d’internet ».

Johann Fabrice Ella Abessolo trouve que les autorités ne devraient pas se tromper de combat.

« On ne voit aucune avancée sur les vrais problèmes : le chômage, les coupures d’électricité, le manque d’eau, la corruption, les crimes rituels, ou encore la régularisation administrative et financière des enseignants… rien ne bouge. Mais quand il s’agit de futilités ou de querelles inutiles, là, ils font preuve d’une efficacité remarquable…c’est vraiment médiocre pour une autorité… »

Furieux, Loïc Renamy estime qu’il suffit simplement d’appliquer la loi.

« C’est des motifs fallacieux ! Car la responsabilité pénale est individuelle. Pourquoi ne pas les identifier et s’attaquer directement aux personnes en cause ? C’est pire et simplement une volonté de l’anéantissement de l’état de droit et de la démocratie. Décision inique et cynique et c’est révulsant ! »

Cette suspension pourrait aussi avoir des conséquences sur les performances du Gabon en matière de TIC. Le pays pourrait régresser au classement de l’indice de développement des TIC en Afrique. Selon l’Union internationale des télécommunications, en 2024, le pays était classé 10ᵉ en Afrique et premier en Afrique centrale, avec une note de 74,7.

Par Jean Materne Zambo

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