Patrick NDJIENTCHEU : « La révolution numérique se fera par des applications mobiles »

(TIC Mag) – Patrick NDJIENTCHEU, responsable des programmes chez DART Engineering évoque avec TIC Mag les opportunités du secteur camerounais de la création d’applications mobiles.

TIC Mag – D’entrée de jeu, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est le concept DART-TC et quels sont ses objectifs ?

Patrick Ndjientcheu – DART Training Center est un centre de formation professionnelle en développement d’applis web et mobiles dont la mission est d’amener les jeunes camerounais à la frontière de l’innovation numérique. Notre vision sur le long terme est de développer une véritable armée de développeurs d’applis mobiles hyper compétents qui pourront conduire une véritable révolution numérique au Cameroun. En effet, à DART Training Center, nous croyons que la révolution numérique au Cameroun se fera par des applications mobiles et la ressource première indispensable à la mise en place de ces applications, ce sont des développeurs, des développeurs hyper compétents.

TIC Mag – Quels sont les principales difficultés auxquelles font face les développeurs camerounais ?

PN – La première difficulté réside dans la formation. Dans nos écoles et universités, le cursus est un peu trop générique et théorique. Résultat des courses : au terme de leur formation, la plupart des étudiants non seulement ne disposent pas d’expertise, mais aussi ne sont pas opérationnels, car ils ont très peu expérimenté ce qu’ils ont appris. Ensuite, dans le domaine des applications grand public, l’expérience utilisateur est cruciale pour l’adoption d’un produit. Malheureusement, nos développeurs ont des lacunes sérieuses dans ce domaine et très peu de formations couvrent ce sujet au Cameroun. Et quand on sait que les utilisateurs camerounais toléreront difficilement une application avec un standard en deçà de Facebook, Twitter et autres, on comprend qu’il y a du chemin à faire.

TIC Mag –  D’après vous, qu’est ce qui doit être fait pour le décollage du développement de ce secteur?

PN – On devrait mettre l’accent sur des formations techniques pointues et spécialisées, puis créer un cadre où les développeurs peuvent produire des applications utiles, fonctionnelles, agréables à utiliser et qui seront mises à disposition du public. L’idée à terme, c’est de changer de mentalité et de désormais évaluer un développeur non plus par un diplôme, mais sur des références démontrables : une application déployée sur Play Store par exemple

TIC Mag –  Vous annoncez une seconde séance de formation pour le 16 mai. Quel est le premier bilan que vous faite de la première série ?

PN – La 1ère série a démarré en Septembre 2015. A ce jour, les étudiants ont terminé la formation et sont en stage professionnel. Des difficultés ont été rencontrées notamment à cause de la localisation du centre de Kotto (Douala) qui était plutôt éloigné pour certains étudiants.

C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à avoir un centre à Akwa pour cette 2ème série.

TIC Mag – Quels seront les modules de formations ?

Patrick Ndjientcheu 20160412_181101PN – La formation comporte cinq modules : le premier module est consacré aux fondations : l’étudiant est familiarisé au système d’exploitation Linux et redécouvre les bases de la programmation et les principes de l’ingénierie logicielle. Le second c’est l’interface utilisateur : Dans ce module, les étudiants prennent conscience de l’importance de l’expérience utilisateur dans les applications et apprennent à construire des interfaces utilisateurs mobiles/web intuitives et agréables à utiliser. En troisième position, nous avons le Back-End : Dans ce module, les étudiants apprennent à écrire des programmes qui délivrent les fonctionnalités d’une application en utilisant les technologies, méthodes et outils de l’heure. Le quatrième module c’est le Cloud computing : Ce module explore les solutions en ligne qui permettent de programmer et de déployer plus rapidement une application. En cinquième position, la formation théorique se termine par un projet de fin de formation qui donne l’opportunité aux étudiants d’appliquer leurs connaissances avant d’aller en stage professionnel.

TIC Mag –  Après formation, quel sera l’accompagnement des futurs jeunes lauréats ?

PN – Après la formation qui dure cinq mois, nos étudiants bénéficient d’un stage professionnel rémunéré qui dure six mois. Durant ce stage, ils travailleront, dans un cadre “startup” avec un Product Manager, un architecte et un commercial sur une application innovante qui sera lancée sur le marché avant la fin du stage. Pendant cette période, l’étudiant est mis dans les conditions d’entreprise et apprend à respecter les délais de livraison et à gérer la pression. A titre d’illustration, l’application ozipress (www.ozipress.com – kiosque numérique de journaux camerounais) a été développée par deux étudiants durant leur stage pro. Au terme de leur parcours à DART Training Center, nos étudiants disposent donc de références démontrables qui justifient les connaissances et compétences acquises. Ils sont alors prêts à participer pleinement au développement de l’économie numérique.

Propos recueillis par JJT et TIC Mag

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