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 Intelligence artificielle : Sundar Pichai appelle les États-Unis à reprendre le leadership mondial face à une révolution « sans précédent »

[DIGITAL Business Africa] – Dans un contexte de recomposition accélérée de l’économie numérique mondiale, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme une technologie pivot. Pour Sundar Pichai, PDG de Alphabet Inc., elle constitue tout simplement « la technologie la plus profonde de tous les temps », appelant les États-Unis à reprendre le leadership dans son développement.

En effet, lors d’une intervention dans l’émission 60 Minutes diffusée par CBS, le dirigeant a rappelé que les grandes révolutions technologiques ont historiquement été portées par les États-Unis. Dans cette logique, il plaide pour une approche à la fois ambitieuse et responsable, afin de maximiser les retombées économiques et sociétales de l’IA.

Par ailleurs, les applications de cette technologie se multiplient déjà dans plusieurs secteurs stratégiques. De la recherche médicale à l’éducation, en passant par la gestion des situations d’urgence, l’IA permet d’accélérer les découvertes, de personnaliser les apprentissages et d’optimiser les interventions. Dans le domaine grand public, les avancées en matière de conduite autonome illustrent également cette transformation, avec des expériences jugées « révolutionnaires » par le patron de Alphabet Inc.

Toutefois, cette dynamique s’accompagne de défis majeurs. La transformation du marché du travail, la nécessité d’adapter les compétences et l’encadrement réglementaire figurent au cœur des préoccupations. Sundar Pichai insiste ainsi sur l’importance d’investir dans la formation et la reconversion, tout en mettant en place des politiques publiques adaptées.

Dans le même temps, la montée en puissance de l’IA exerce une pression croissante sur les infrastructures numériques. Des acteurs majeurs comme Amazon, Microsoft et Alphabet Inc. intensifient leurs investissements dans les centres de données. Néanmoins, certains projets aux États-Unis font face à des résistances liées à la consommation d’énergie, à l’utilisation des ressources en eau et aux impacts environnementaux.

À l’inverse, d’autres modèles émergent à l’international. En Chine, des initiatives innovantes, notamment des centres de données sous-marins, sont expérimentées pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire l’empreinte écologique des infrastructures.

Au-delà des performances technologiques, la course à l’IA se joue désormais sur plusieurs fronts : innovation, régulation, infrastructures et acceptabilité sociale. Dans cette compétition mondiale, les prises de position de Sundar Pichai traduisent une volonté claire : maintenir l’avance stratégique américaine dans une technologie appelée à redéfinir durablement les équilibres économiques mondiaux.

Par Loic SOUOP

Jusqu’à 1,5 million $ pour financer les startups africaines entre avril et mai [Conseils et liens de candidatures]

[DIGITAL Business Africa] – Afflux massif de capitaux dédiés aux startups africaines. Plusieurs organisations ont lancé des initiatives visant à mettre en selle les startups prometteuses dans des secteurs à fort impact. Au nombre des facilités prévues, des financements allant de 35 000 euros à 1,5 million de dollars. Les candidats ont jusqu’au mois de mai 2026 pour envoyer leurs soumissions.

Pour rivaliser avec d’autres candidats, trois facteurs doivent être pris au sérieux.  Le business plan. C’est un document stratégique structuré qui détaille le projet de création ou de développement d’une entreprise, incluant l’étude de marché, le modèle économique (comment gagner de l’argent), et les prévisions financières sur 3 à 5 ans.

À côté du business plan, le pitch deck. Il s’agit d’une présentation visuelle concise (généralement 10 à 15 slides) destinée à convaincre des investisseurs ou partenaires du potentiel d’une startup ou d’une entreprise. Le pitch deck résume le problème, la solution, le modèle économique, le marché, la traction et l’équipe. Son but est de susciter l’intérêt pour obtenir un rendez-vous.

Lorsqu’on a évoqué le business plan et le pitch deck, il est de bon ton d’ajouter le recours au mentor. Il apporte un accompagnement psychologique pour gérer le stress et la solitude du dirigeant ; aide à analyser la stratégie globale, le marché et à anticiper les étapes clés ; connecte aux investisseurs, partenaires ou clients potentiels, transfère le savoir-être et le vécu entrepreneurial, plutôt que de connaissances théoriques.

Financements proprement dits

50 000 dollars en jeu pour le concours « Innovate for Impact Challenge ». L’initiative de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation, en collaboration avec America’s Cultivation Corridor, vise à accélérer l’innovation dans le domaine des technologies agricoles (AgTech).

Ce concours a pour objectif d’identifier et de soutenir les jeunes entreprises technologiques dont les solutions novatrices répondent aux enjeux cruciaux de la sécurité alimentaire mondiale et du développement durable.

https://www.worldfoodprize.org/en/nominations/innovate_for_impact_challenge/

100 000 euros dans le cadre de la 7ᵉ édition du fonds « La Francophonie avec Elles ». Il s’agit d’un dispositif de solidarité ayant vocation à renforcer l’autonomie économique et sociale des femmes de l’espace francophone, en situation de vulnérabilité, et dans une perspective de développement durable.

https://appelsaprojets.francophonie.org/fr/applications/fae7

1,5 million de dollars US pour l’Africa’s Business Heroes (ABH). Le programme vise à inspirer 10 millions d’entrepreneurs africains à l’horizon 2030 en soutenant, mettant en valeur et développant les talents locaux qui créent des changements positifs au sein de leurs communautés et au-delà.

Le premier pilier du programme Africa’s Business Heroes est d’aider les entrepreneurs africains talentueux et prometteurs à développer leur activité et avoir plus d’impact.

https://africabusinessheroes.org/fr/

50 000 dollars en faveur de 54 pays africains dans le cadre du programme Appel de l’UA pour l’innovation dans l’éducation en Afrique. Le programme invite les innovateurs à proposer des innovations éducatives nouvelles et pratiques ayant un potentiel de durabilité, d’extensibilité et de reproduction à grande échelle.

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScGIFFJSx6B7P5qQikMyn_KMx0RdDsqlXSPp4cGK_8a9uKKfA/viewform

Jusqu’à 1 million de dollars pour le THRIVE Global Impact Challenge. Un concours mondial visant à identifier les startups développant des solutions innovantes aux défis les plus critiques de la chaîne de valeur agroalimentaire.

https://thriveagrifood.com/thrive-global-impact-challenge-2026/

Africa’s Leading Catalyst of Ocean-Impact Entrepreneurship. L’initiative met en relation et investit dans les entrepreneurs, les projets et les communautés qui ont un impact positif sur les océans. Ce programme apporte un soutien aux startups qui luttent contre la pollution, la surexploitation et le changement climatique.

https://oceanhub.africa/

35 000 euros pour le Fonds Pierre Castel – Agir avec l’Afrique, en collaboration avec Castel Afrique. La 9ᵉ édition du Prix Pierre Castel implique sept pays africains : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Madagascar et République démocratique du Congo. Ce programme panafricain vise à valoriser l’innovation sur le continent et à soutenir des entrepreneurs à fort potentiel, engagés dans la transformation durable des systèmes alimentaires.

L’édition 2026 s’inscrit dans une dynamique d’excellence entrepreneuriale et distingue des entreprises innovantes, capables de générer un impact économique, social et environnemental concret, tout en portant une ambition de croissance à l’échelle de leur marché.

https://www.fonds-pierre-castel.org/prix-pierre-castel/prix-pierre-castel-2026/

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RCA : Une vingtaine d’entrepreneures formées à développer leurs activités dans l’espace numérique

[DIGITAL Business Africa] – Elles vont à la conquête de l’espace numérique.  Sans doute doubleront-elles les bénéfices de leurs activités grâce aux compétences nouvellement acquises. Une vingtaine de femmes Centrafricaines entrepreneures ont pris part à une formation de trois qui s’est achevé ce 10 avril 2026. L’atelier, dédié à l’autonomisation des femmes sur le plan économique était organisé par la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), et a bénéficié de l’appui de la Division des droits de l’Homme de la Minusca.

Portia Deya Abazene, la présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), a exhorté les participantes à transformer les compétences acquises en actions concrètes

 « Je vous invite à transformer ces acquis en actions concrètes, à oser vous positionner. C’est ensemble, solidairement et déterminés, que nous allons bâtir une économie numérique plus inclusive, où les femmes centrafricaines occupent toutes leurs places »a précisé Portia Deya Abazene

Les femmes entrepreneures, membres de la FAFECA, auront dont pour mission de sensibiliser d’autres femmes sur le terrain, afin de renforcer l’impact et la présence féminine dans la sphère numérique en République centrafricaine.

Elle a notamment insisté sur la nécessité pour les femmes de s’imposer dans l’espace numérique et de valoriser leurs talents, dans un esprit de solidarité et de détermination.

Jessica Tengué, présidente du secteur numérique de la FAFECA et participante à l’atelier a surtout été seduite par l’espace  numérique  qu’elle a découvert  grâce  a cette formation.

« Le module qui m’a impressionnée, c’est celui qui porte sur l’apport de la Minusca qui nous accompagne, qui nous encourage et qui informe celles qui n’étaient pas informées que nous avons le droit d’entreprendre. En tant que femme, nous avons aujourd’hui le droit d’entreprendre, de rendre visibles nos talents, d’avoir accès à l’espace numérique », a avoué Jessica Tengué, présidente du secteur numérique de la FAFECA.

La FAFECA est présente dans l’ensemble des 20 préfectures du pays. Selon sa présidente, un élargissement de ces formations permettrait de toucher davantage de femmes entrepreneures à l’échelle nationale, avec l’appui de la Minusca.

 

Par Jean Materne Zambo 

Et si nos forêts ancêstrales hébergeaient aussi nos données?

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – La forêt africaine, entre mémoire du monde et avenir numérique à l’heure de l’Intelligence Artificielle

Depuis des millénaires, nos ancêtres vivent avec la forêt. Ils y ont trouvé de quoi se nourrir, se soigner, se protéger, penser et dire le monde, bien au délà de l’actuelle « pensée scientifique ». La forêt n’était pas seulement un espace naturel. Elle était une mémoire vivante, un lieu de transmission, de régulation et d’équilibre.

Aujourd’hui, cette même forêt joue un rôle vital pour toute l’humanité : elle capte le CO₂, freine le dérèglement climatique et protège la biodiversité. Mais une question nouvelle émerge, à la croisée de l’écologie et du numérique :

Et si la forêt africaine pouvait aussi accueillir nos données ?

La forêt, poumon du monde… et socle d’avenir

La Forêt du Bassin du Congo absorbe chaque année des quantités colossales de carbone, contribuant à stabiliser le climat mondial. Pourtant, sa valeur est encore trop souvent réduite à une fonction passive : absorber, compenser, protéger , subissant ainsi les conséquences du développement mondial, Je proposerais aux Chefs d’Etats des pays du Bassin du Congo que cette forêt devienne aussi une actrice centrale du monde numérique et de l’intélligence

Artificielle :

Le monde numérique a un problème… éco-écologique

Chaque photo stockée, chaque vidéo regardée, chaque message envoyé repose sur des data centers — ces immenses infrastructures de stockage des données, qui consomment énormément d’énergie, d’argent, et produisent beaucoup de chaleur. Résultat : le monde digital, souvent perçu comme immatériel, est en réalité très polluant.

Nos ancêtres savaient une chose essentielle : la sève des arbres n’est pas un stock, c’est un flux vital. Elle ne s’accumule pas inutilement, elle circule, nourrit, s’adapte, puis disparaît là où elle n’est plus utile. Le numérique, lui, fait exactement l’inverse : Il accumule sans fin : images oubliées, vidéos jamais revues, données stockées « au cas où ». Cette accumulation a un coût invisible mais bien réel : énergie gaspillée, chaleur produite, climat fragilisé.

Une idée simple, mais puissante

La forêt africaine ne peut évidemment pas “stocker” des données comme elle stocke le carbone.

Mais elle peut rendre possible un autre modèle dans les territoires et pays forestiers : les températures sont plus stables, l’humidité et l’environnement naturel facilitent le refroidissement passif, les ressources locales permettent de produire de l’énergie propre (hydroélectricité, solaire, biomasse maîtrisée). Autrement dit, la forêt offre ce que le numérique cherche désespérément : de l’énergie propre et du refroidissement naturel.

Héberger des données pour protéger la forêt

Imaginez des centres de données conçus non pas contre la nature, mais avec elle. Des infrastructures sobres alimentées par des énergies renouvelables locales, intégrées dans des territoires protégés et dont une partie des revenus financerait directement : la préservation forestière, les communautés locales, les services essentiels (éducation, santé, connectivité).

Chaque donnée hébergée contribuerait alors à maintenir la forêt debout. Ce ne serait plus :

“On détruit pour se développer” Mais “On héberge pour préserver.”

Une révolution économique africaine

Un tel modèle, que nous nommons « LIBAG », changerait profondément la place de l’Afrique dans le monde. L’Afrique ne serait plus seulement : un réservoir de ressources naturelles,un territoire à protéger par les autres, ou encore un espace périphérique du numérique mondial.

Elle deviendrait : un acteur central du numérique durable, un fournisseur de services de données à faible impact carbone, un pôle d’emplois qualifiés pour sa jeunesse. La forêt ne serait plus un frein au développement, elle en deviendrait le socle.

Une question de souveraineté et de mémoire

Ce projet LIBAG ne peut réussir que s’il respecte une condition fondamentale : les données, comme la forêt, doivent rester sous contrôle local : hébergement des données en Afrique, leur valeur doit bénéficier aux territoires et la technologie doit servir les populations, pas les déposséder.

Nos ancêtres comme boussole

En réalité, le modèle LIBAG n’est pas une rupture. C’est un retour à une sagesse ancienne, appliquée à un monde nouveau. Nos ancêtres ont protégé la forêt sans serveurs, sans algorithmes, sans climatiseurs. Ils savaient que l’équilibre est une richesse. Aujourd’hui, il revient aux décideurs de ces pays africains d’orchestrer la réalisation des projets LIBAG afin de traduire cette sagesse dans le langage du XXIᵉ siècle : celui de l’Intelligence Artificielle.

Via Digital Business Africa, mon équipe de sept experts africains se tient à la disposition des Etats pour initier des PSLG (Partenariats Stratégiques Libag Global), de l’étude de faisabilité, à mise en oeuvre et la recherche/levée de fonds.

Si nos ancêtres ont protégé la forêt, à nous maintenant de la faire entrer dans l’avenir.

Par Pierre Ndjop POM

Conseil en stratégie et Transformation Numérique

Frais de douane sur les téléphones au Cameroun : la taxe n’est qu’un détail, le vrai danger est ailleurs

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Le ministre camerounais des Finances Louis-Paul MOTAZE vient de trancher : à partir du 1er avril 2026, le dédouanement numérique des terminaux via CAMCIS devient strictement obligatoire. Sur la toile, la panique s’installe et tout le monde tourne en boucle sur la vie chère.

Mais en tant qu’ingénieur et expert en cybersécurité, ce n’est pas le montant de cette taxe qui m’empêche de dormir. C’est le braquage silencieux de nos données.

 Pour que l’État et les opérateurs (MTN, Orange, Camtel) puissent bloquer un appareil avec cette précision chirurgicale, il faut croiser trois éléments critiques :

– Votre IMEI (l’empreinte digitale unique et physique de votre téléphone).

– Votre numéro de téléphone (qui est légalement lié à votre CNI).

– Vos données de paiement (via Mobile Money pour le dédouanement).

Soyons clairs : nous assistons en direct à la création de la plus grande base de données de traçabilité et de profilage jamais déployée au Cameroun.

Avant d’applaudir la digitalisation des recettes de l’État, posons les vraies questions qui fâchent :

1. Qui héberge cette bombe à retardement ? La plateforme MPIE et la base CAMCIS tournent-elles sur des serveurs 100% souverains situés sur le territoire national, ou nos données sont-elles sous-traitées dans des data centers étrangers ?

2. Quel est le niveau de blindage ? Si cette base centralisée subit une brèche ou une attaque ransomware, les hackers auront la cartographie exacte des équipements, des numéros et des identités de millions de Camerounais. C’est une menace directe pour la sécurité nationale.

3. Où est la transparence ? Imposer une collecte massive sans un audit de sécurité public et sans garanties légales sur l’utilisation de ces datas (en dehors du douanier) est une faute stratégique.

L’État a totalement raison d’imposer la dématérialisation et de capter les flux numériques. C’est le sens de l’histoire, et c’est exactement le type d’infrastructure que nous bâtissons au quotidien avec nos solutions cloud et fintech.

Mais la transformation numérique d’une nation forte ne s’improvise pas avec des plateformes opaques. L’innovation technologique doit protéger le citoyen, pas seulement le traquer et le taxer.

Il est temps de passer d’une logique de simple guichetier à une véritable vision de souveraineté numérique.

Par Narcisse Emmanuel FOKOU

CEO de Ma’a Suh LLC | Expert Cybersécurité & Ingénierie Cloud et promoteur de Media

Protection des données personnelles et douane 2.0 sur les terminaux mobiles au Cameroun : quid de vos données d’identité et bancaires  

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Depuis le 1er avril 2026, le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux mobiles, applicable au Cameroun est désormais effectif. A titre de rappel, c’est l’article 7 de la Loi de Finances de 2019 qui a consacré ledit mécanisme, mettant en interactions l’Etat à travers les services de douanes, les commerçants importateurs, les opérateurs de téléphonie mobile, les banques et opérateurs de services de paiement, les utilisateurs et détenteurs de terminaux mobiles.

Le mécanisme est déclenché dès la toute première connexion au réseau de l’un des opérateurs de téléphonie mobile. Or, il n’y a pas de connexion sans puce de numéro de téléphone attribué par l’opérateur à l’utilisateur, et il n’y a pas d’activation du module d’identité d’abonné sans identification personnelle de l’utilisateur, laquelle identification se fait au moyen de la collecte et du traitement des données personnelles de ce dernier, contenues dans tout document indiqué à cet effet : la protection des données personnelles constitue donc l’une des problématiques centrales de ce mécanisme de collecte électronique des droits et taxes.

Lorsqu’il avait été institué en 2019, ce mécanisme était sous l’empire du  décret n°2015/3759/PM du 3 septembre 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés et des équipements terminaux des réseaux de communications électroniques, tandis qu’à date, moment de son application effective, la primauté revient à la Loi n°2024/017 du 23 décembre 2024 relative à la protection des données à caractère personnel au Cameroun, mais pas que. C’est donc un mille feuilles de législations et réglementations, dont le point commun est le triptyque universel : confidentialité, intégrité et disponibilité des données personnelles.

Quoi qu’il en soit, dans un contexte de dématérialisation des procédures douanières, comment l’implémentation du mécanisme de collecte électronique des taxes sur les terminaux mobiles concilie-t-elle l’impératif de souveraineté fiscale de l’État avec les nouvelles exigences de protection des données personnelles consacrées par la loi y relative ainsi que d’autres instruments ? En d’autres termes, le passage d’une simple identification administrative à un régime de protection juridique strict garantit-il une sécurité réelle pour l’utilisateur détenteur du terminal, ou la collecte automatisée présente-t-elle des risques patents de dérive ?

L’analyse de cette problématique va porter sur trois axes principaux : le mécanisme de collecte originelle des données, le renforcement théorique de la protection des usagers et, les défis persistants et les risques de dérive.

I.   MECANISME DE COLLECTE FONDE SUR L’INTERCONNEXION DES DONNEES

Contrairement au régime de 2019 qui s’appuyait sur un texte réglementaire, le mécanisme actuel s’inscrit dans un cadre législatif protecteur de rang supérieur, renforçant de la sorte les obligations des acteurs et les droits conférés aux personnes concernées.

A.     Le déclenchement du traitement par l’identification de l’abonné : collecte originelle des données personnelles

Les opérations de traitement des données personnelles[1] sont déclenchées par l’identification de l’abonné, à travers la collecte de ses données personnelles au moment de l’acquisition de sa ligne téléphonique, et qui se poursuivent avec les autres activités notamment, les transfert, l’interconnexion, le contrôle du régulateur des communications électroniques, le stockage et la conservation.

1.       Le rôle central du binôme SIM/IMEI

La SIM et l’IMEI, respectivement la puce et le terminal, sont les outils centraux de ce traitement, sur le fondement du décret fixant les modalités d’identification des abonnés[2], les opérateurs de téléphonie mobile sont tenus d’identifier leurs abonnés, ainsi que les équipements terminaux de la souscription à tout service de communications électroniques

a.      Les supports de données personnelles du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles 

Les supports contenant des données personnelles relatifs aux mécanismes de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles sont, pour les personnes physiques, les suivants : la Carte Nationale d’Identité, le titre de séjour, l’attestation de conformité fiscale, l’acte de naissance, le relevé d’identification bancaire, plan de situation de la résidence ou domicile habituel, l’adresse d’une part, et pour les personnes morales, l’attestation de soumission à l’organisme en charge de la sécurité sociale, en plus des supports exigés aux personnes physiques, le cas échéant, d’autre part.

b.      Les contenus de données personnelles du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles 

Les données personnelles traitées dans la cadre de la collecte électronique des droits et taxes sont notamment le nom, le prénom, le Numéro d’Identification Unique (NIU), la localisation géographique, le numéro de compte bancaire, le numéro fiscal et le numéro de sécurité sociale.

2.       Les interactions entre les acteurs : un mille feuilles de législations et de réglementations

Les interactions des acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles font apparaître deux principales catégories d’opérations et donc d’instruments de traitements : les instruments de traitement techniques et les instruments de traitement des paiements

a.      Les instruments juridiques de traitement techniques   

Premièrement, il y a la loi relative à la cybersécurité et la cybercriminalité[3], qui règle la question de la sécurité des données personnelles dans l’espace du numérique, en protégeant l’intégrité, la confidentialité et la disponibilité desdites données, conformément au respect de la vie privée.

Deuxièmement, il y a la loi n°2015/006 du 20 avril 2015 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun, laquelle est le fondement du décret fixant les modalités d’identification des abonnés

Troisièmement, il y a la loi relative aux archives[4], dont l’utilité est très pertinente dans le cadre du stockage et la conservation des données, y compris les données électroniques, publiques et privées, dans la mesure où la conservation des données personnelles relève de l’une ou plusieurs de ces catégories.

Quatrièmement, il y a la loi de finances 2024, notamment en ce qui concerne l’Attestation de conformité fiscale[5] exigée aux importateurs de terminaux mobiles.

Cinquièmement, les lois sur l’état civil[6]  et les dispositions concernant la délivrance de l’Attestation de Conformité Sociale[7].

b.      Les instruments juridiques de traitement des paiements 

Pour ce qui est des instruments juridiques de traitement des données personnelles de paiement, l’on peut citer le Règlement de la CEMAC[8], qui prescrit l’identification du consommateur sur la base d’un document officiel présenté par ce dernier. Ledit instrument prescrit la collecte, l’enregistrement, le traitement, le stockage et le partage des données personnelles des consommateurs. Il interdit aux établissements assujettis de collecter, conserver, traiter ou diffuser les données sensibles des consommateurs. Enfin, les mêmes assujettis doivent observer une obligation d’intégrité, de confidentialité et de disponibilité des informations couvertes par le secret bancaire.

En second lieu, la loi sur le secret bancaire[9], qui permet la collecte d’informations bancaires nominatives, lesquelles sont des données personnelles. Ledit secret bancaire induit une obligation de confidentialité pour les informations concernant les clients. Enfin, ledit secret bancaire est non opposable aux services de douane.

B.     Le renforcement du cadre légal : l’avenue de la loi de 2024

Le cadre préexistant aux lois de 2024 notamment celle relative à la protection des données personnelles, et celle relative aux archives, peut être qualifié d’anorexique et a minima, au regard de son caractère éparse et peu profond. Ce que n’est pas le double nouveau régime actuel qui apporte un nouveau paradigme pour le traitement des données personnelles.

1.       L’insuffisance du cadre préexistant : une protection anorexique et incomplète des données personnelles  

Le cadre préexistant de protection des données personnelles est incomplet pour assurer efficacement le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

a.      L’incomplétude du cadre préexistant de protection des données personnelles

Le cadre préexistant de protection des données personnelles brille par son incomplétude et son caractère anorexique. Seules certaines règles sont mentionnées et effleurées comme l’obligation de confidentialité, d’intégrité et de disponibilité, la finalité, la durée de conservation, le droit d’accès et de rectification, etc. En revanche, la qualification des acteurs, conformément au système de la protection des données personnelles, n’existe pas, comme bien d’autres éléments et critères. En définitive, le cadre préexistant manque d’âme et de substance.

b.      La multitude de régulateurs

Le cadre préexistant de protection des données personnelles met en présence une multitude de régulateurs. Ainsi, peuvent être mis en concurrence l’Agence d’Investigation Financière, la Commission, la Commission Bancaire, l’Agence de Régulation des Télécommunications, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication, les Archives Nationales, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, le Bureau National de l’État Civil, etc.

2.       L’apport du nouveau régime : un nouveau paradigme pour le traitement des données 

La loi de 2024 relative à la protection des données personnelles est de type omnibus[10] dans le jargon des systèmes de protection des données personnelles car elles incluent toutes les catégories de données et de traitements en principe, y compris celles regardant toutes les opérations effectuées dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

a.      La clarification des principes, obligations, droits de l’utilisateur des terminaux

La loi de 2024 relative à la protection des données personnelles apporte la clarification pour ce qui concerne les bases légales, le respect d’une obligation légale à laquelle le responsable du traitement est soumis[11], et les principes du traitement des données personnelles. De même, la qualification par les interactions et les rôles des acteurs des traitements de données sont déterminées clairement. En outre, leurs obligations sont détaillées et distribuées de façon précise, de sorte que même dans des situations de fait, il est possible de déterminer la qualification de chacun des acteurs au regard de la nature et de l’impact de ses actes dans le processus de traitement des données personnelles. Enfin, un ensemble de droits sont conférés à la personne concernée, qui est en même temps utilisatrice des terminaux mobiles et redevable légal d’exception ou accessoire auprès des services douaniers.

b.      L’unification de la régulation : l’Autorité de protection des données comme chef de file 

Le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, met en présence de nombreuses institutions régulatrices. Or, avec la loi relative à la protection des données personnelles et son caractère omnibus, l’Autorité de protection des données à caractère personnel endosse le statut de régulateur unique ou, du moins le statut de régulateur chef de file.

L’hypothèse de l’Autorité de protection des données personnelles comme régulateur unique : le cas de l’absence de plusieurs de régulateurs

L’Autorité de protection des données à caractère personnel peut être le régulateur unique des traitements des données personnelles. A ce titre, les autres régulateurs sectoriels s’effacent devant elle, y compris dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles. Ce cas est difficilement applicable au cas du Cameroun à cause de certaines exclusions contenues dans la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles, et des sanctions spécifiques en vigueur dans les différents instruments juridiques en présence.

L’hypothèse de l’Autorité de protection des données personnelles comme régulateur chef de file : le cas de la présence de plusieurs régulateurs

L’Autorité de protection des données à caractère personnel peut être, à tout le moins, le chef de file des autres régulateurs c’est-à-dire l’autorité nationale de protection des données qui devient l’interlocuteur unique pour les acteurs intervenant dans la collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles. Une telle approche est particulièrement pertinente lorsqu’on est en présence de régulateurs qui ont des prérogatives exclusives.

C’est dans ce sens que l’on devrait prendre en compte les exclusions indiquées dans la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles[12]. Autrement dit, l’attribution exclusive des prérogatives au profit d’institutions autres que l’Autorité de protection des données à caractère personnel, ou l’exclusion explicite de certaines prérogatives de l’empire de ladite Autorité de protection, devrait donner lieu, non pas à un passage en force de cette dernière mais une coopération intelligente et consensuelle avec les autres régulateurs.

Par exemple, l’article 3 de la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles exclut de son empire des copies temporaires de données personnelles faites dans le cadre des activités techniques de transmission et de fourniture d’accès utilisant un réseau de communication en vue du stockage intermédiaire et transitoire desdites données, une telle exclusion de la loi relative à la protection des données personnelles semble implicitement et exclusivement attribuer la compétence de régulation à l’Agence de Régulation des Télécommunications et/ou aux Archives Nationales en raison des questions de stockage des données personnelles. Il en est de même de l’exclusion des traitements aux seules fins littéraires ou artistiques, archivistiques dans l’intérêt public, de recherche scientifique ou historique, statistique ou de journalisme, dont le champ de compétence touche à la fois les Archives Nationales et le Conseil National de la Communication, régulateurs desdits domaines. Enfin, il y a les articles 4 et 5 de ladite loi de protection des données personnelles qui lui enlèvent la compétence sur les traitements de données effectuées par les autorités compétentes en matière de sécurité et de défense, de santé, de justice et d’état civil, et qui, de manière implicite, désignent un ou plusieurs autres régulateurs possibles, à l’instar du Bureau National de l’Etat civil pour le cas l’état civil par exemple.

II.     CERTITUDES : UN RENFORCEMENT THEORIQUE DE LA PROTECTION DES ACTEURS DU DISPOSITIF DE COLLECTE ELECTRONIQUE DES DROITS ET TAXES

La loi relative à la protection des données personnelles apporte un certain nombre de garanties aux acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, en ce qui concerne notamment la qualification, les obligations et les responsabilités nouvelles pesant sur les acteurs dudit mécanisme.

A.     La qualification et les obligations nouvelles pesant sur les acteurs du mécanisme de collecte électronique des taxes et droits de douane

Pour établir la qualification et les obligations nouvelles pesant sur les acteurs du mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, le fondement est désormais la loi de 2024, induisant dès lors automatiquement les obligations et les droits qui vont avec.

1.       La qualification des acteurs : responsables de traitement, sous-traitants et personnes concernées[13]

Au regard de la protection des données personnelles, les acteurs sont le responsable de traitement, les sous-traitants et les personnes concernées. Leur qualification repose tantôt sur les dispositions juridiques, tantôt sur leurs interactions factuelles.

a.      La distribution de jure des qualifications des intervenants : cas de détermination des rôles dans des instruments juridiques

Les intervenants dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, sont les suivants : les services douaniers et éventuellement leur(s) délégataire(s), le redevable soit l’importateur soit l’utilisateur du terminal mobile, les banques et services de paiement, et les opérateurs de téléphonie mobile. Cette sémantique est différente dans la protection des données personnelles.

La distribution des rôles dans le mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles

Dans le cadre du dispositif de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, les rôles sont distribués. Premièrement, le service de douane détermine les modalités et les interactions entre les acteurs au regard des bases de données dont chacun de ces acteurs devrait disposer. Ce rôle peut aussi être joué par le délégataire du service de douane, le cas échéant. Deuxièmement, l’importateur, redevable légal de principe ou principal transmet les données en sa possession, données techniques de l’IMEI de l’appareil et ses données personnelles contenues, entre autres, dans son Attestation de conformité fiscale et l’Attestation de soumission de la CNPS. L’utilisateur, détenteur ou propriétaire du terminal mobile est le redevable légal d’exception ou accessoire. Le service de paiement est chargé d’organiser le paiement des droits et taxes de douane exigibles, en traitant les données personnelles à la fois du redevable principal et du redevable accessoire : mobile money, monnaie électronique, cartes bancaires, virement bancaire, etc. Les opérateurs de téléphonie ont pour rôle de bloquer et débloquer les téléphones en cas de non-paiement des droits et taxes de douane.

La distribution des rôles au titre de la protection des données personnelles

Dans le cadre de la protection des données personnelles, la distribution des rôles et des statuts met en exergue trois rôles : responsable de traitement, sous-traitant et personne concernée.

Au sens du système de la protection des données personnelles, le responsable du traitement ou le responsable conjoint du traitement, est la personne physique ou morale qui, soit seule soit conjointement, collecte et traite des données personnelles et en détermine les moyens et les finalités. Le sous-traitant est toute personne physique ou morale qui traite des données à caractère personnel pour le compte du responsable du traitement ou le responsable conjoint du traitement, et sous ses instructions. La personne concernée est toute personne dont les données à caractère personnel font l’objet d’un traitement.

b.      Les techniques de qualification in concreto des acteurs du traitement : cas de non-détermination de la qualité dans les instruments juridiques

Au regard de sa nature omnibus, la loi relative à la protection des données personnelles garde un caractère général et se garde d’empiéter les espaces sectoriels de traitements de données personnelles. Il en résulte une certaine difficulté à qualifier d’emblée les acteurs, en cas de silence des textes sectoriels et d’absence d’instrument contractuel : comme c’est le cas avec le mécanisme de collecte électronique. La solution réside dans les techniques de qualification de facto des acteurs notamment la qualification juridictionnelle et la qualification indicielle.

La technique de qualification juridictionnelle des acteurs du traitement

La qualification du responsable du traitement. Sur le plan juridictionnel, est qualifiée responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui : soit procède aux traitements à des fins personnelles, en créant d’autres services, sans aucune instruction en ce sens, ou sans que la personne qui donne l’instruction en ait connaissance ; soit détermine de manière indépendante les finalités et les moyens du traitement nécessaires pour fournir le service ; soit reçoit des demandes d’exercice de droit, communique aux moteurs de recherche, ou prend des mesures techniques et organisationnelles appropriées pour informer le redevable ou l’opérateur de téléphonie de qui il a obtenu les données personnelles considérées.

La qualification du responsable conjoint du traitement. La qualité de responsable conjoint du traitement est reconnue de facto lorsque le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie : soit prend des décisions communes au regard des finalités et des moyens du traitement de manière générale, de manière particulière, et rédige des documents clés tels qu’une directive relative à la gestion des données personnelles ; soit réalise des formations auprès du personnel ; soit signe des contrats avec plusieurs entités tierces fournissant des outils essentiels au fonctionnement du service ; soit gère des conséquences de la violation de données personnelles ; soit prend des décisions convergentes, complémentaires et nécessaires ayant un impact significatif sur la détermination des finalités et des moyens du traitement, administre à des degrés divers un dispositif de traitement de données à caractère personnel avec des responsabilités non équivalentes, ou procède à des opérations de cloud computing.

La technique indicielle de qualification des acteurs du traitement

La qualification indicielle du responsable du traitement. L’on peut recourir à plusieurs indices pour identifier le responsable et le responsable conjoint du traitement. Sur la base de l’indice de la transparence, le responsable du traitement est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui se présente sous son propre nom. Sur la base de l’indice du niveau d’instruction, le responsable du traitement est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui a le droit de donner des directives et instructions générales, en laissant expressément une grande autonomie à l’autre partie. Sur la base de l’indice du niveau de contrôle, est qualifié de responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui ne s’intéresse pas à la façon dont le prestataire réalise ses prestations et laisse ce dernier libre d’utiliser les données comme bon lui semble. Enfin, sur la base de l’indice de l’expertise, est responsable du traitement, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui impose et ne peut modifier les outils car, le client n’a pas de compétences ou l’outil ne fait pas l’objet d’un développement spécifique.

La qualification du sous-traitant sur la base d’indices

Sur le plan factuel, le sous-traitant est le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui n’a pas de pouvoir de décision ou qui ne décide que des aspects pratiques de la mise en œuvre du traitement à l’instar du choix du matériel ou du logiciel, du choix des mesures de sécurité concrètes, etc.

Sous les indices respectivement de la transparence, du niveau d’instruction, du niveau de contrôle et de liberté, ainsi que de l’expertise, est qualifié de sous-traitant, le délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie qui se présente sous le nom de son partenaire, travaille sous des instructions et directives très précises, est audité et rend régulièrement des comptes, et utilise l’infrastructure technique de l’autre pour réaliser sa prestation.

En dehors d’une telle posture, ou en s’affranchissant des règles et des prérogatives déterminées, sous le prisme d’un instrument contractuel, le sous-traitant devient responsable du traitement de fait.

Eu égard à ce qui précède, les obligations des acteurs découlent de leurs qualifications, que ces dernières soient de jure ou de facto.

2.       Les obligations des acteurs intervenant dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles

Au titre de la protection des données personnelles, les obligations du délégataire, de la banque ou le service de paiement, de l’opérateur de téléphonie, intervenant dans le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, sont celles découlant de la codification établie dans la loi relative à la protection des données personnelles, en combinaison avec les instruments juridiques connexes.

a.      Le respect des principes de traitement des données personnelles collectées et traitées

La loi relative à la protection des données personnelles pose un certain nombre de principes qui ne pourraient être ignorés dans les opérations relatives au nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

Le principe du respect de la vie privée. Le respect de la vie privée est le principe maître du traitement. Il est dépositaire de l’esprit, de l’objet, de l’objectif et de la raison d’être d’une législation de protection des données personnelles.

Le respect de la dignité de l’être humain et des libertés humaines. Le principe de respect de la dignité de l’être humain et des libertés humaines de la dignité humaine, couvre le respect de la dignité et de l’identité humaines, le respect des libertés individuelles et collectives, et le respect des droits humains.

Le principe de non-discrimination. Le principe de non-discrimination prescrit à tout acteur du traitement de ne pas tenir compte de la classe sociale, de l’origine ethnique ou régionale, de l’appartenance syndicale, de l’opinion politique ou de la conviction religieuse de la personne concernée.

Le principe de licéité. Le principe de licéité du traitement signifie qu’un traitement ne peut être mis en œuvre que s’il est fondé sur l’une des bases légales retenues à cet effet. Il est question, d’exigence de licéité et de probité, d’une part, et d’exigence de licéité, de loyauté et d’absence de fraude, d’autre part : ces notions recouvrent la même réalité.

Le principe de finalité. La finalité déterminée est le principe qui gouverne le cycle de vie opérationnelle de la donnée personnelle. En exigeant que les données personnelles soient traitées pour une finalité précisément définie, légitime, explicite, et compatible, le législateur pose les fondements de la gestion et de la conservation des données personnelles. Les finalités ultérieures compatibles peuvent être de principe, faisceau d’indices, consensuelles et/ou impératives.

Le principe d’exactitude. Le principe d’exactitude exige des données personnelles d’être exactes, mises à jour, pour respecter les finalités préalablement déterminées. Cela induit la possibilité offerte à la personne concernée de compléter, fiabiliser, tenir à jour, corriger ou demander l’effacement de ses données incomplètes ou inexactes, le cas échéant.

Le principe de transparence. Le principe de transparence est intimement lié aux exigences d’information et de clarté. Il en ressort que les personnes concernées doivent être informées de toutes les modalités entourant le traitement de leurs données personnelles.

Le principe de sécurité. Le principe de sécurité recouvre la garantie de la confidentialité, la confidentialité et la protection, ainsi que les garanties suffisantes et le respect des mesures de sécurité, l’existence et l’effectivité du principe de sécurité sont les véritables protectrices de la vie privée et des données personnelles.

Le principe de minimisation. Le principe de minimisation commande que seules les données strictement nécessaires pour atteindre la finalité, peuvent être collectées et traitées. Ce principe appelle l’adéquacité, la pertinence et la limitation des données et des traitements avec la finalité.

Le principe de conservation. Pour le principe de conservation, les données personnelles doivent être conservées jusqu’à l’atteinte de la finalité pour laquelle elles ont été collectées et sont traitées. Le principe de conservation crée une extension vers la législation relative aux archives.

Le principe de respect des droits de la personne concernée. Premièrement, le principe de respect des droits des personnes concernées énonce que les personnes concernées ont des droits. Deuxièmement, ce principe garantit aux personnes concernées la maîtrise desdits droits. Troisièmement, ledit principe permet aux personnes concernées d’exercer leurs droits.

b.      Le respect des obligations et des droits : la gestion des droits des personnes concernées

Le respect obligations des acteurs et des droits des personnes concernées englobe la gestion des droits des personnes concernées.

L’étendue des personnes concernées

Dans le présent cas, les personnes concernées sont les redevables, dont les données personnelles sont collectées et traitées.

La nomenclature des droits conférés aux personnes concernées

De nombreux droits sont conférés aux redevables dans le cadre des opérations de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles.

Le droit d’information et communication au redevable. Il y a le droit à l’information soit donnée unilatéralement soit demandée par le redevable. Le débiteur de cette obligation est, le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie mobile. Ce droit devrait être respecté soit au moment où les données sont collectées soit au moment où une autorisation est requise pour un traitement. Les informations à communiquer au redevable sont les suivantes : l’identité du représentant du service de douane et/ou de son délégataire, de la banque ou du service de paiement, de l’opérateur de téléphonie mobile, la base légale du traitement, la finalité du traitement, les catégories de données considérées, les destinataires auxquels les données sont susceptibles d’être communiquées, la possibilité de refuser le fichier en cause, l’existence d’un droit, et la durée de conservation des données.

Le droit d’accès aux données par la personne concernée. L’exercice du droit d’accès permet au redevable de savoir l’effectivité et les modalités de traitement de ses données personnelles. L’exercice dudit droit conduit aussi à l’obtention de la communication desdites données dans un format compréhensible.

Le droit d’opposition au traitement. Le redevable a le droit de s’opposer à tout moment, pour des raisons tenant à sa situation particulière, à un traitement de ses données personnelles.

Le droit de ne pas faire l’objet d’une décision individuelle automatisée, y compris le profilage. Le profilage consiste à utiliser les données à caractère personnel du redevable, en vue d’analyser et de prédire son comportement.

Le droit d’introduire une réclamation auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel. Le droit d’introduire une réclamation auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel, est normalement ouvert lorsque le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, l’opérateur de téléphonie mobile, en sa qualité de responsable du traitement, n’a pas pris en compte les observations faites par le redevable dans le cadre de l’exercice de ses droits, ou lorsque la prise en compte de l’exercice des droits du redevable n’a pas respecté les juridiques et techniques prescrites.

Le droit d’exercer ses droits. Tout redevable, dont les données ont été violées, a le droit d’exercer ses droits, soit en estant elle-même soit en se faisant représenter en justice. Dans le cadre de la facilitation de l’exercice des droits du redevable, il y a la possibilité d’engager des poursuites juridictionnelles, sur plainte d’un tiers, sur plainte de la victime, sur plainte du représentant légal de la victime. Il y a aussi la possibilité d’engager des poursuites, sur la base d’une plainte d’une association, avec possibilité de représenter la victime.

Le droit de rectification. Le droit de rectification permet de corriger les données personnelles inexactes et de compléter celles qui sont incomplètes. Il est de pratique que la rectification soit faite dans les meilleurs délais. Le droit de rectification participe au respect du principe d’exactitude et de qualité des données personnelles, lequel principe s’impose au service de douane et/ou son délégataire, à la banque ou le service de paiement, à l’opérateur de téléphonie mobile, lorsqu’il est responsable du traitement.

Le droit à l’effacement des données ou à l’oubli numérique. Le droit à l’effacement des données personnelles ou le droit à l’oubli numérique, est exécuté dans les cas ci-après : les données ne sont plus nécessaires au regard des finalités de leur collecte, le redevable retire son consentement au traitement de ses données personnelles, le redevable s’oppose au traitement, le traitement est illicite, ou alors les données personnelles doivent être effacées pour respecter une obligation légale.

Le droit à la détermination des directives de traitement post mortem. Tout redevable peut définir les directives de traitement post-mortem de ses données personnelles. Il s’agit de cesser le traitement dès la constatation du décès. Lesdites directives déterminent la manière dont le redevable voudrait que soient exercés, après son décès, les droits dont il est titulaire concernant ses données personnelles.

Le droit à la limitation du traitement. Le droit à la limitation du traitement est une alternative à la demande de suppression des données personnelles. Ce droit est utilisé lorsque le redevable conteste l’exactitude de ses données personnelles, la façon dont ses données personnelles sont traitées, et qu’il souhaite que lesdites données soient supprimées.

Le droit à la portabilité. Les objectifs du droit à la portabilité des données personnelles sont les suivants : permettre au redevable de gérer ses données personnelles ; faciliter la libre circulation des données personnelles ; récupérer les données personnelles fournies au service de douane et/ou son délégataire, à la banque ou au service de paiement, à l’opérateur de téléphonie mobile ; transmettre les données personnelles à un nouveau délégataire, banque ou service de paiement, opérateur de téléphonie mobile.

B.     La responsabilité des acteurs : déterminants, critères et garants de l’effectivité des recours et sanctions en cas de violation des données personnelles

Le cadre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles présente toutes les caractéristiques d’une automatisation complexe des traitements. Les déterminants, la distribution, les critères et les garants de la responsabilité des acteurs reposent à la fois sur leurs qualifications de facto et de jure et leurs interactions opérationnelles.

1.       Les déterminants et les critères de distribution de la responsabilité des acteurs

Les déterminants de la responsabilité des acteurs concernent la révélation de leur qualification, tandis que les critères de distribution de la responsabilité des acteurs concernent le terrain et le degré d’implication de ces derniers.

a.      Les déterminants de la responsabilité des acteurs : la qualification prima facie 

La qualification des acteurs du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des terminaux mobiles, va dépendre de la combinaison et du rapprochement de leurs actions et interactions, sur la base des définitions établies par la loi de 2024 relative à la protection des données personnelles.

Les probables responsables du traitement. Au regard des positions et des interactions, et de la nécessité pour de déterminer les moyens et les finalités des traitements, le service de douanes et son délégataire, le cas échéant, devront assumer le statut soit de responsables du traitement soit de responsables conjoints du traitement.

Les probables sous-traitants. Au rang de sous-traitants, il est fort probable que le délégataire du service de douane, dans le cas où il ne détermine ni les moyens ni les finalités du traitement, ainsi que l’importateur, la banque ou le service de paiement, et l’opérateur de téléphonie ne gardent que la qualité de sous-traitant. Parce que leur intervention se fera pour le compte et sous les instructions du service de douane et/ou son délégataire.

Les personnes concernées. Le redevable a la qualité de la personne concernée.

b.      Les critères de distribution de la responsabilité : la qualification ultima facie  

La qualification ultima facie va dépendre du terrain de l’implication et du degré d’implication des acteurs, lesquels correspondent aux qualifications in concreto.

L’acquisition finale de la qualité de responsable du traitement. Dans le cas où le délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie, originellement sous-traitant, déborde de son champ d’action et de ses prérogatives normales, y compris dans le cas où il est dépositaire de la solution logicielle, sa responsabilité ne pourra plus se limiter à la sous-traitance et va basculer à la responsabilité du traitement.

L’acquisition de la qualité de sous-traitant. Le service de douane, le délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie mobile dont les prérogatives sont récupérées et exercées par l’un quelconque des acteurs pourrait logiquement être qualifié de sous-traitant.

La responsabilité in solidum. Il n’est pas possible, de prime abord, d’évoquer le déséquilibre dans les missions et les prérogatives partagées par le service de douane et/ou son délégataire, la banque ou le service de paiement, ou l’opérateur de téléphonie mobile. Néanmoins, il y a le principe la responsabilité in solidum.

2.       Les garants de la responsabilité des acteurs : régulateurs et juridictions 

Les garants de la responsabilité des acteurs sont le/les régulateur(s), les juridictions étatiques et les instances alternatives de règlement de différends.

a.      Le ou les régulateur(s)

Le régulateur principal est l’Autorité de protection des données à caractère personnel, laquelle peut prononcer une ou plusieurs sanctions administratives notamment l’astreinte sur mise en demeure, la suspension de l’activité, le retrait de l’autorisation, l’interdiction d’exercer toute activité de traitement des données à caractère personnel, ainsi que l’amende administrative. Elle a été instituée dans la loi relative à la protection des données personnelles[14], bien que sa création, son organisation et son fonctionnement restent attendues.

Nonobstant, les autres régulateurs, pour autant qu’ils sont compétents, peuvent exercer leurs missions de contrôle et établir la responsabilité des acteurs, en tant que de besoin.

b.      Les juridictions administratives, civiles et pénales, et les instances

6 millions de bénéficiaires visés : Orange accélère sa stratégie africaine avec les Digital Centers

[Digital Business Africa] – En dévoilant au Maroc son nouveau plan stratégique 2026-2030, baptisé “Trust the Future”, le groupe Orange opère un repositionnement clair : faire de la confiance le socle de sa croissance dans un environnement numérique de plus en plus complexe. Au cœur de cette ambition, la région pilotée par Orange Middle East and Africa s’impose comme un levier stratégique, notamment à travers le déploiement des Orange Digital Centers (ODC).

Pour l’opérateur, la confiance ne se limite plus à la qualité des réseaux ou à la cybersécurité. Elle englobe désormais l’innovation, la responsabilité sociétale et surtout la capacité à accompagner les transformations économiques locales. En Afrique, cette approche se matérialise par une proximité renforcée avec la jeunesse, les entrepreneurs et les écosystèmes d’innovation.

Loin d’une logique expérimentale, les Orange Digital Centers constituent aujourd’hui un dispositif structuré. Le réseau compte 53 centres répartis dans 17 pays africains ainsi qu’en Jordanie, en partenariat avec 167 universités. En 2025, plus de 1,4 million de bénéficiaires ont été accompagnés, dont 42 % de femmes, tandis que 450 startups ont été soutenues, avec 24 financements assurés par Orange Ventures.

Selon Alia Sahaly, directrice des ODC et de la RSE pour OMEA, la force du modèle repose sur son intégration. Les centres combinent plusieurs briques complémentaires : École du Code, FabLab, programme d’accélération Orange Fab et fonds d’investissement Orange Ventures. Cette chaîne de valeur, de la formation à l’investissement, traduit une stratégie cohérente : créer les conditions d’une économie numérique durable en dotant les jeunes de compétences concrètes et de débouchés.

L’un des piliers majeurs des ODC reste l’employabilité. Le programme a déjà permis la délivrance de plus de 42 000 certifications en partenariat avec des acteurs de référence comme Amazon Web Services, Coursera et Google. Plus de 277 000 heures de formation ont été dispensées, couvrant des domaines clés tels que la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la data, le cloud ou encore le design UX/UI.

Des initiatives comme le programme Master Repair illustrent également une volonté de répondre aux enjeux d’insertion professionnelle et de reconversion, en formant aux métiers techniques liés à la maintenance des équipements numériques et aux énergies.

Au-delà de la formation, Orange mise sur l’entrepreneuriat comme moteur de transformation. Depuis plus de seize ans, le groupe accompagne les innovateurs à travers des initiatives comme l’Orange Summer Challenge ou le Prix Orange de l’Entrepreneuriat social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Le fonds Orange Ventures, doté de 50 millions d’euros, vient renforcer cet écosystème en finançant les startups à fort potentiel.

 

Les résultats témoignent de l’impact du dispositif : 69 % des bénéficiaires estiment avoir significativement amélioré leurs compétences, 71 % soulignent un impact positif sur leur parcours professionnel, et près de trois quarts déclarent utiliser régulièrement les acquis. Dans certains pays, la demande de formation dépasse jusqu’à 40 fois les capacités d’accueil.

À travers les Orange Digital Centers, Orange donne une traduction concrète à sa stratégie “Trust the Future”. Plus qu’un opérateur télécoms, le groupe cherche à s’imposer comme un acteur structurant de l’économie numérique africaine.

Dans une région que l’entreprise considère comme un moteur de croissance, l’ODC apparaît ainsi comme un actif stratégique à double dimension : un outil d’impact social et un accélérateur de talents, de crédibilité et, à terme, de performance économique durable.

Par Loic SOUOP

“Muse Spark” : le pari de Meta pour revenir au sommet de l’intelligence artificielle

[Digital Business Africa] – Le groupe américain Meta amorce un tournant stratégique majeur avec le lancement de « Muse Spark », son nouveau modèle d’intelligence artificielle générative. Première innovation d’envergure depuis la profonde restructuration de ses activités IA, cette technologie marque une volonté claire de rattraper son retard face aux leaders du secteur.

Conçu pour être intégré à l’ensemble de son écosystème numérique, Muse Spark alimente déjà Meta AI, avec des perspectives de déploiement dans Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. À l’instar des solutions développées par OpenAI, Google ou Anthropic, le modèle permet de générer du contenu, de répondre à des requêtes complexes et d’assister les utilisateurs dans diverses tâches numériques.

Sa principale innovation repose sur un double mode de réponse : instantané pour des interactions rapides, et réflexion pour des analyses plus approfondies. Une approche qui traduit l’ambition de Meta d’améliorer à la fois la pertinence et la qualité des échanges.

Muse Spark se distingue également par ses capacités multimodales, lui permettant de traiter du texte, des images ou encore des données contextuelles. Il intègre aussi des fonctionnalités de génération de code, facilitant la création d’applications simples sans compétences techniques avancées.

Selon plusieurs évaluations, ses performances se rapprochent désormais des standards des modèles les plus avancés du marché, bien que certaines limites subsistent, notamment sur les usages liés aux agents autonomes.

Ce lancement intervient après une réorganisation majeure pilotée par le PDG Mark Zuckerberg, marquée par un investissement massif dans Scale AI et le recrutement de son dirigeant Alexandr Wang. La création du Meta Super-intelligence Lab et le départ de figures comme Yann LeCun illustrent ce changement de cap.

Avec Muse Spark, Meta ne se contente pas de lancer un nouveau produit : l’entreprise tente de restaurer sa crédibilité technologique et de s’imposer durablement dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.

Par Loic SOUOP

GITEX Africa : la cybersécurité devient une urgence stratégique pour le continent

[Digital Business Africa] – La cybersécurité s’impose désormais comme un pilier incontournable de la transformation numérique africaine. Réunis au GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, décideurs publics, experts et acteurs du numérique ont dressé un constat sans équivoque : face à la montée en puissance des cyberattaques, les réponses nationales isolées ne suffisent plus.

Au cœur des discussions, le sommet Strategic Digital Defence AI Readiness (STAR), organisé en partenariat avec la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, a mis en lumière l’urgence de bâtir une stratégie coordonnée à l’échelle continentale. L’objectif est clair : structurer une défense collective face à une cybercriminalité en pleine expansion.

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, les pertes liées à la cybercriminalité sont estimées à près de 5 milliards de dollars par an. Les organisations du continent subissent en moyenne plus de 3 000 attaques hebdomadaires, un niveau supérieur à la moyenne mondiale.

Dans ce contexte, l’essor de l’intelligence artificielle agit comme un accélérateur de risques. Si elle offre de nouvelles capacités de défense, elle complexifie également les modes opératoires des cybercriminels, rendant les attaques plus sophistiquées et plus difficiles à détecter. Les approches traditionnelles de cybersécurité montrent ainsi leurs limites.

Pour Abdellah Boutrig, directeur général de la DGSSI, la priorité est de dépasser les cadres nationaux pour mettre en place des mécanismes de coopération efficaces entre États, institutions et secteur privé. Au-delà de la technologie, les échanges ont insisté sur la nécessité d’une vision stratégique intégrée, combinant investissements, partage d’informations et renforcement des capacités.

La question des compétences constitue également un point critique. Le continent fait face à un déficit important de professionnels qualifiés en cybersécurité, accentuant la vulnérabilité des infrastructures critiques. Les participants ont appelé à des investissements massifs dans la formation, notamment en direction des jeunes, afin de bâtir une main-d’œuvre capable de sécuriser durablement les écosystèmes numériques africains.

Autre enseignement majeur : malgré les avancées technologiques, le facteur humain demeure la principale faille. Plus de 95 % des incidents de cybersécurité seraient liés à des erreurs humaines ou à un manque de sensibilisation. Dès lors, l’éducation aux usages numériques et le développement d’une véritable culture de cybersécurité apparaissent comme des leviers essentiels.

À travers ces échanges, GITEX Africa confirme son rôle de plateforme stratégique pour penser la souveraineté numérique du continent. À Marrakech, la cybersécurité s’affirme désormais comme un enjeu structurant, à la croisée des impératifs technologiques, économiques et géopolitiques. Un chantier continental appelé à s’inscrire durablement au cœur des priorités africaines.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Le Fonds de promotion de l’Industrie digitalise « totalement » ses services

[DIGITAL Business Africa] – Cap sur la digitalisation du côté du Fonds de promotion de l’industrie. Le DG du FPI, Hervé Claude Batukonke, a lancé officiellement le mercredi 8 avril 2026 à Kinshasa, le système de gestion intégrée (ERP). La toute première à être intégrée dans le registre national des applications des systèmes d’informations de l’État. La cérémonie a connu la présence du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibasa.

Grâce à ce nouveau système, le FPI pourra piloter ses flux financiers et ses engagements en temps réel, améliorer la qualité et la rapidité du service aux entreprises et aux investisseurs, et produire des données analytiques fiables pour orienter la politique d’industrialisation du pays. L’outil ouvre également la voie à une gouvernance par la donnée, en dépassant la logique purement administrative qui caractérisait jusqu’ici la gestion de l’institution.

Le lancement FPI s’inscrit dans la vision DRC Digital Nation 2030, qui ambitionne de faire de la RDC le hub technologique de l’Afrique centrale. Il L’initiative s’inscrit aussi dans le cadre du programme gouvernemental 2024-2028, qui engage toutes les institutions publiques sur la voie de la digitalisation.

Le projet a été réalisé par la société tunisienne Système Informatique de Gestion Automatisée (SIGA), sélectionnée à l’issue d’un appel d’offres international. Le directeur général de SIGA, Ben Ali, a présenté toutes les étapes pour un traitement plus rapide des dossiers en indiquant que la digitalisation vise la standardisation, l’optimisation des processus et l’amélioration des services. Il a souligné l’importance de l’intelligence artificielle dans plusieurs opérations au sein d’une entreprise.

Le DG de la FPI Ntumba Batukonke a salué un travail professionnel abattu par l’équipe de SIGA dans la conception, le paramétrage, la migration et les tests. Selon le directeur des Systèmes d’informations du FPI et chef du projet, Stéphane Tshitende, le processus de digitalisation a connu cinq étapes majeures. Notamment l’élaboration du schéma directeur des Systèmes d’Informations, la mise à jour complète du système d’informations du FPI, la conception d’un cahier des charges, le lancement d’un appel d’offres international et l’implémentation.

Par Jean Materne Zambo

Éthiopie : Ethio Telecom lance « teleSign » pour la signature numérique et la vérification d’identité

[DIGITAL Business Africa] – Une plateforme nationale dédiée à la signature numérique et à la vérification d’identité. Ethio Telecom a frappé un grand coup dans la mise en œuvre de sa stratégie de transformation numérique quinquennale adoptée en décembre 2025. Cette stratégie préconise une couverture universelle de l’identité numérique et la numérisation des services publics dans tout le pays.

La plateforme TeleSign a été officiellement lancée ce 9 avril 2026. Elle devrait permettre aux citoyens éthiopiens de mener leurs démarches en ligne de manière sécurisée, sans avoir à se déplacer. Les utilisateurs peuvent désormais signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents et donner des procurations, le tout à distance et à tout moment.

Le ministre d’État aux Affaires étrangères, Berhanu Tsegaye, a qualifié teleSign de « solution révolutionnaire » pour rendre les services d’authentification plus accessibles et fiables. Le ministre d’État à la Justice a déclaré que la plateforme pourrait réduire les coûts de transport, créer des emplois et alléger la pression sur le système judiciaire.

La plateforme est intégrée au système de paiement Telebirr et au registre national d’identité Fayda. Des canaux où sont traitées, stockées les données en toute sécurité sur l’infrastructure cloud d’Ethio Telecom.

TeleSign exploite des technologies avancées, notamment la vérification d’identité vidéo basée sur l’IA (détection de présence), garantissant une authentification sécurisée et fiable. Autres avantages de cette plateforme : l’élimination de la bureaucratie papier, la réduction des délais de traitement à quelques minutes et la garantie de la sécurité des données grâce à un hébergement sur un cloud local et souverain.

TeleSign est développée en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Justice et le Service fédéral d’authentification et d’enregistrement des documents.

La plateforme TeleSign est liée à la stratégie plus large du gouvernement, Digital Ethiopia 2030, soulignant son potentiel pour desservir plus de 110 millions de personnes, dont 87 millions d’utilisateurs actifs de télécommunications et des centaines d’entreprises tirant parti des services cloud.

Par Jean Materne Zambo

 

Internet par satellite : 5000 kits Starlink acquis pour connecter 1 million de Sénégalais gratuitement d’ici fin 2026

[DIGITAL Business Africa] – Le premier coup de pédale de la grande tournée de déploiement de kits Starlink a été donné à la commune de Kafountine. Le 9 avril 2026 marque une nouvelle ère digitale au Sénégal. Le gouvernement à travers le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, conduit son programme national de connectivité universelle qui vise à connecter gratuitement 1 million de Sénégalais à internet.

Pour couvrir les zones sans infrastructures terrestres, les autorités  ont acquis 5000 kits satellitaires. Les priorités sont : les zones blanches via des points wifi communautaires ; l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle ; les collectivités territoriales ; les zones frontalières ; les programmes spécifiques comme le Plan Diomaye en Casamance.

Doté d’un budget de 54 milliards de francs CFA, ce plan vise à accompagner le retour des populations déplacées, la dépollution des terres et l’autonomisation économique des communautés locales.

À travers cette initiative, le gouvernement veut réduire durablement la fracture numérique jusque dans les zones non desservies. Cela devrait favoriser :

– une extension rapide de la connectivité nationale ;

– une inclusion numérique accrue et un dynamisme économique ;

– le renforcement du leadership sénégalais en transformation numérique en Afrique ;

– une réduction significative des coûts de connexion pour les secteurs d’activité, avec un accès fiable à très haut débit favorisant l’innovation et la compétitivité.

Le programme se tient du 9 au 13 avril 2026. Les régions de Ziguinchor, Kolda et Kaolack accueillent cette première phase. Selon le MCTN, cette tournée marque le début d’une transformation profonde, où l’accès à Internet devient un levier concret d’éducation, d’innovation et d’opportunités pour tous.

Cette initiative est alignée sur un plan global qui mobilise un investissement de plus de 1 100 milliards FCFA (environ 1,8 milliard USD) pour faire du Sénégal un hub technologique à l’horizon 2034.

Starlink a été officialisé au Sénégal le 4 février 2026. La technologie offre une connexion internet haut débit à faible latence avec un temps de disponibilité moyen supérieur à 99,9 %

Par Jean Materne Zambo

IA : ABA Technology et Atos ciblent un marché de 1 500 milliards de dollars avec Fusion AI

[DIGITAL Business Africa] – Le marocain ABA Technology et le groupe français Atos franchissent une nouvelle étape dans le déploiement de l’intelligence artificielle en Afrique. En marge du GITEX Africa 2026, les deux partenaires ont conclu, le 7 avril, un mémorandum d’entente visant à accélérer l’adoption de la plateforme Fusion AI auprès des acteurs publics et privés.

Au cœur de cet accord : l’ambition de faire passer l’intelligence artificielle du stade expérimental à des usages opérationnels à grande échelle. Développée par ABA Technology, Fusion AI se positionne comme une plateforme capable de structurer l’exploitation de l’IA dans des environnements complexes, tout en garantissant la sécurité et la souveraineté des données.

Pour Safia Faraj, directrice Afrique d’Atos, cette solution répond à une exigence croissante des organisations : déployer « une IA gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle », notamment dans des secteurs critiques. L’objectif est clair : permettre l’automatisation des processus tout en respectant des standards stricts de conformité.

Dans ce partenariat, Atos jouera un rôle clé d’intégrateur, en déployant Fusion AI auprès de ses clients, notamment dans les secteurs publics, industriel et scientifique. Les cas d’usage ciblés couvrent un large spectre, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques.

La plateforme repose sur une architecture unifiée capable de connecter données, systèmes informatiques et infrastructures, y compris les objets connectés. Elle ouvre ainsi la voie à des applications avancées, telles que les jumeaux numériques pour l’industrie, les outils d’intelligence territoriale pour l’action publique ou encore des solutions dédiées à la recherche biomédicale.

Cette alliance intervient dans un contexte de forte accélération des investissements mondiaux dans l’IA, estimés à plus de 1 500 milliards de dollars dans les prochaines années. Un dynamisme qui pousse États et entreprises, notamment en Afrique, à renforcer leur maîtrise des infrastructures numériques et des données stratégiques.

Pour ABA Technology, ce partenariat représente une opportunité d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du Maroc, tandis qu’Atos consolide son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.

À travers cette collaboration, les deux acteurs entendent structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant innovation locale et capacité de déploiement à grande échelle.

Par Loic SOUOP

Digitalisation : Mastercard, BCP et M2T s’allient pour moderniser l’écosystème des artisans marocains

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc intensifie la transformation numérique de son secteur artisanal. En marge de la 4ᵉ édition du GITEX Africa Morocco (7-9 avril), une offre intégrée de digitalisation ainsi qu’un programme structuré de formation et d’accompagnement dédiés aux artisans ont été lancés à Marrakech.

Portée par le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, en partenariat avec la Maison de l’Artisan, cette initiative s’inscrit dans la feuille de route visant à moderniser le secteur, améliorer sa compétitivité et renforcer les performances des artisans.

Le dispositif s’appuie sur le mémorandum d’entente signé en mai 2025 avec Mastercard, le groupe Banque centrale populaire et M2T. Il ambitionne de faciliter l’adoption des outils numériques à travers une approche intégrée combinant solutions technologiques et accompagnement opérationnel.

Concrètement, l’offre prévoit le déploiement de solutions de paiement électronique innovantes, notamment App to App et SoftPOS, permettant aux artisans d’accepter des paiements directement via smartphone. Ces outils sont complétés par des services associés, incluant l’installation, la maintenance et la gestion des paiements à distance, notamment en ligne.

En parallèle, un programme de formation a été conçu pour renforcer les compétences digitales des artisans. Il vise à améliorer leur visibilité en ligne, encourager leur appropriation des outils numériques et favoriser l’intégration de technologies émergentes, y compris l’intelligence artificielle, dans leurs activités.

Pour Lahcen Essaadi, secrétaire d’État en charge du secteur, la digitalisation de l’artisanat constitue désormais « un levier stratégique » dans un contexte mondial marqué par l’accélération des usages numériques. Il souligne que cette transformation dépasse la simple adoption technologique et ouvre de nouvelles perspectives, notamment en matière de diversification des canaux de commercialisation, en particulier via le e-commerce.

Cette mutation devrait également faciliter l’accès des artisans aux services financiers, en favorisant leur inclusion financière grâce à des solutions de paiement adaptées à leurs réalités.

De son côté, Tarik Sadik, directeur général de la Maison de l’Artisan, insiste sur l’importance de cet accompagnement pour aider les artisans à intégrer de nouveaux canaux de distribution et à s’adapter aux exigences du marché.

Même son de cloche chez les partenaires technologiques et financiers. Omar El Mghari Idrissi, à la tête de M2T, estime que le succès de cette transition repose sur la mise à disposition de solutions simples et adaptées, tant pour les artisans que pour leurs clients, locaux et internationaux.

Hassan Charaf, représentant de la Fondation Création d’entreprises du groupe Banque centrale populaire, met en avant une approche hybride combinant accompagnement de terrain et outils digitaux, incluant des modules de formation accessibles à distance.

Enfin, Mastercard, à travers son représentant Mohamed Benomar, réaffirme son engagement à soutenir la modernisation du secteur, en apportant son expertise et des solutions technologiques capables de renforcer la compétitivité de l’artisanat marocain sur les marchés.

Avec cette initiative, le Maroc entend accélérer l’intégration de son artisanat dans l’économie numérique, en faisant du digital un levier de croissance, d’innovation et d’ouverture à l’international.

Par Loic SOUOP

Maroc : plus de 1 200 TPME ciblées dès 2026 par le Réseau DigiTPME

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc accélère la digitalisation de son tissu entrepreneurial. À l’occasion de la 4e édition du GITEX Africa Morocco, tenue à Marrakech, les autorités ont procédé au lancement du Réseau DigiTPME, un dispositif structurant destiné à accompagner la transformation numérique des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Inscrite dans la stratégie « Maroc Digital 2030 », cette initiative vise à faire du numérique un levier de compétitivité pour les TPME, qui représentent plus de 95 % du tissu économique national et un moteur clé de création d’emplois.

Pensé comme un cadre fédérateur, le Réseau DigiTPME réunit l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème, notamment les administrations publiques, les agences étatiques, les Centres régionaux d’investissement (CRI) et les acteurs privés. L’objectif : renforcer la coordination des dispositifs existants, structurer une offre de digitalisation adaptée et améliorer le suivi de l’impact grâce à l’exploitation des données.

Dans sa phase initiale, le programme prévoit l’accompagnement de plus de 1 200 TPME dès 2026, avant un déploiement progressif à l’échelle nationale.

Pour la ministre déléguée chargée de la transition numérique, Amal El Fellah Seghrouchni, ce lancement traduit « une volonté affirmée de positionner le digital comme un levier stratégique de transformation économique », en particulier pour les TPME. Elle insiste sur la nécessité d’aller au-delà de la simple adoption d’outils numériques, pour engager « une transformation structurelle génératrice de valeur ».

Même lecture du côté de Driss Lemjaouri, directeur des Écosystèmes et de l’Entrepreneuriat digital, qui voit dans ce réseau « un cadre opérationnel visant à renforcer la cohérence et l’efficacité des initiatives de digitalisation », tout en facilitant l’accès des entreprises à des solutions adaptées et en valorisant les bonnes pratiques.

Le dispositif mise également sur un accompagnement de proximité, en s’appuyant sur les acteurs régionaux, afin de garantir une transformation inclusive, alignée sur les réalités territoriales et les besoins spécifiques des entreprises.

Au-delà de son ambition nationale, le Réseau DigiTPME se veut aussi un modèle exportable à l’échelle africaine. En misant sur le partage d’expériences et des solutions adaptées aux contextes locaux, le Maroc entend ainsi renforcer son positionnement comme hub digital de référence sur le continent.

En marge de ce lancement, les discussions ont également porté sur les enjeux de confiance et de cybersécurité, dans un contexte marqué par l’accélération des usages numériques et la nécessité de bâtir des écosystèmes digitaux résilients.

Par Loic SOUOP

Tchad : nouvelle ère aux télécommunications, Haliki Choua Mahamat prend les rênes avec un cap sur la performance

[DIGITAL Business Africa] – Le secteur des télécommunications et de l’économie numérique au Tchad entame une nouvelle phase avec la prise de fonction de Haliki Choua Mahamat à la tête du ministère en charge du portefeuille. La cérémonie de passation de charges s’est tenue sous la présidence de la ministre secrétaire générale du Gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Houtouin.

Nommé par décret n°280/PR/PM/2026 du 1er avril 2026 portant remaniement du gouvernement, Haliki Choua Mahamat succède au Dr Boukar Michel, en poste depuis janvier 2024. La cérémonie a également été marquée par l’installation d’Abel Maïna en qualité de secrétaire d’État, un poste nouvellement créé au sein de ce département ministériel, traduisant une volonté de renforcement institutionnel.

Tchad : nouvelle ère aux télécommunications, Haliki Choua Mahamat prend les rênes avec un cap sur la performance

Dans son intervention, le ministre sortant a dressé le bilan de son action, mettant en avant les avancées enregistrées dans le développement du secteur numérique, tout en soulignant les défis persistants. Il s’est félicité de l’élargissement du ministère, désormais doté d’un secrétaire d’État, et a exprimé sa reconnaissance à ses collaborateurs ainsi qu’à ses partenaires pour leur accompagnement.

Prenant la parole à son tour, le ministre entrant a salué le travail accompli par son prédécesseur et insisté sur la responsabilité qui découle de la confiance placée en lui. « La confiance du Chef de l’État est un honneur, elle est surtout une exigence de résultat, de rigueur, de loyauté et d’engagement total au service de la vision qu’il porte pour la modernisation de notre pays », a-t-il déclaré.

Haliki Choua Mahamat et Abel Maïna ont par ailleurs exprimé leur gratitude au Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi qu’au Premier ministre Allah-Maye Halina, pour la confiance qui leur a été accordée.

Tchad : nouvelle ère aux télécommunications, Haliki Choua Mahamat prend les rênes avec un cap sur la performance

Cette passation de charges ouvre une nouvelle étape pour le ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation. Dans un contexte marqué par l’importance croissante des enjeux liés à la connectivité, à la transformation digitale et à l’innovation, les nouvelles autorités sont attendues sur leur capacité à consolider les acquis et à accélérer la modernisation du secteur au service du développement économique du pays.

Par Loic SOUOP

Source : Arcep TCHAD

Emery Rubagenga : « L’Afrique doit s’inspirer des meilleurs modèles mondiaux pour bâtir sa propre réussite »

[DIGITAL Business Africa] – Intervenant lors de la table ronde « L’IA africaine en action » au Gitex Africa 2026, Emery Rubagenga, CEO de Horus Power & Telecom, a bousculé les idées reçues. Pour lui, le continent doit passer par une phase d’apprentissage par l’observation et l’adaptation pour transformer ses ambitions numériques en réalisations concrètes.

Le pragmatisme comme moteur de croissance

Le 07 avril 2026, à l’Agoratech du pavillon de l’APEBI, Emery Rubagenga a invité les décideurs africains à se libérer des complexes liés à l’innovation pure. Selon lui, la trajectoire vers l’excellence passe souvent par une phase d’appropriation de ce qui fonctionne déjà ailleurs.

« N’ayons pas peur de copier. L’Afrique peut commencer par regarder ce qui se passe ailleurs et l’adapter à nos réalités », a-t-il affirmé avec conviction.

L’exemple chinois : de l’imitation à la domination

Pour illustrer son propos, le patron d’Horus Power & Telecom a cité l’exemple frappant de l’industrie automobile et technologique asiatique :

  • Le modèle de la Chine : autrefois critiquée pour sa stratégie d’imitation, elle est aujourd’hui à la pointe de l’innovation mondiale.
  • Le duel BYD vs Tesla : « Aujourd’hui, Tesla est une petite compagnie par rapport à BYD (Build Your Dreams) », a-t-il rappelé, soulignant que l’imitation n’est qu’une étape vers le leadership mondial.

Un héritage pour les générations futures

Au-delà de la stratégie industrielle, Emery Rubagenga voit dans cette démarche un enjeu de transmission. Pour lui, l’adaptation des technologies existantes (comme l’ ) aux contextes locaux est le moyen le plus rapide de créer de la valeur durable sur le continent.

Emery Rubagenga appelle à un saut qualitatif fondé sur l’efficacité : « Nos enfants seront très contents de nos réalisations », a-t-il conclu, rappelant que la finalité n’est pas l’originalité absolue, mais l’impact réel de la technologie sur le quotidien des Africains.

Par Digital Business Africa

 

Gitex Africa 2026 : L’UE et le Maroc lancent un dialogue numérique autour de 6 axes stratégiques

[DIGITAL Business Africa] – L’Union européenne et le Royaume du Maroc renforcent leur coopération dans le domaine du numérique. Qui mieux qu’une femme pour relever les grands défis ? Henna Virkkunen et Amal El Fallah Seghrouchni l’ont prouvé ce 8 avril 2026 en marge du Gitex Africa 2026 qui se tient au Maroc.

La vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie à l’UE et la ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme administrative ont lancé un dialogue numérique. Celui-ci permettra la coopération dans des domaines tels que l’IA, le soutien aux jeunes pousses numériques, les infrastructures numériques sûres et fiables, ainsi que l’interopérabilité des solutions d’infrastructures numériques publiques telles que les portefeuilles numériques.

Le dialogue numérique UE-Maroc repose sur six axes de collaboration stratégiques :

• Faciliter le déploiement de réseaux et d’infrastructures numériques sûrs et fiables afin de soutenir la coopération dans des domaines tels que l’IA et les infrastructures publiques numériques.

• Échanger les meilleures pratiques et soutenir le déploiement des infrastructures de calcul de l’IA, ainsi que des écosystèmes qui l’entourent.

• Établir une coopération avancée entre les instituts de recherche marocains en IA et les usines d’IA de l’UE, notamment en facilitant la coopération en matière de projets de recherche et d’innovation, de partage des ressources et des connaissances.

• Échanger et renforcer la collaboration en matière d’e-gouvernance et d’infrastructures publiques numériques, y compris œuvrer à l’interopérabilité entre les solutions et les cadres de l’UE et du Maroc.

• Aider les start-ups à proposer des solutions pertinentes qui répondent aux besoins des entreprises et de la société.

Pour rappel, l’UE et le Royaume du Maroc célèbrent cette année (26 février 2026) le 30ᵉ anniversaire de l’accord d’association UE-Maroc (1996). Lors de la 15ᵉ réunion du Conseil d’association en janvier 2026, les partenaires ont réaffirmé leur engagement commun à relancer et approfondir le partenariat.

Par Jean Materne Zambo, source : ec.europa.eu

 

Othman Benslimane : « Faites le choix de la souveraineté avec l’IA Made in Morocco »

[DIGITAL Business Africa] – Lors du panel « L’IA africaine en action » au Gitex Africa 2026, Othman Benslimane, cofondateur et CEO de Tython, a porté un message fort en faveur de l’expertise nationale. Plaidant en faveur d’une préférence continentale, il a invité les décideurs à faire confiance aux solutions technologiques développées au Royaume.

L’excellence marocaine au service de l’Afrique

Le 07 avril 2026, au sein de l’Agoratech (pavillon APEBI), Othman Benslimane a souligné que le Maroc ne se contente plus de consommer de l’intelligence artificielle, mais qu’il la produit désormais selon des standards de qualité internationaux.

Pour le jeune dirigeant, l’adoption des technologies locales est avant tout un acte stratégique.

Un appel à la confiance et au patriotisme économique

Le CEO de Tython a lancé un appel direct et sans détour aux entreprises du continent, articulé autour de trois piliers majeurs :

  • L’identité « Made in Morocco » : « Nos solutions IA sont conçues ici. Adoptez-les. Faites confiance aux Marocains », a-t-il martelé, rappelant que la proximité culturelle et géographique est un atout de taille.
  • La souveraineté numérique : En choisissant des solutions locales, les entreprises africaines s’assurent une maîtrise totale de leurs données et de leurs infrastructures, loin des dépendances technologiques extracontinentales.
  • Le potentiel de montée en charge : Othman Benslimane a insisté sur la capacité des entreprises marocaines à « monter en compétences » pour accompagner la croissance de leurs partenaires africains.

Vers un écosystème tech intégré

En conclusion, Othman Benslimane voit dans le recours aux solutions marocaines le moteur d’un cercle vertueux pour l’Afrique. Pour lui, l’avenir du numérique continental passera par la reconnaissance et l’utilisation de ses propres talents, capables de bâtir une IA souveraine, performante et ambitieuse.

Par Digital Business Africa

 

Yousra El Hatib : « L’Afrique doit s’emparer de l’IA pour transformer son ambition en souveraineté »

[DIGITAL Business Africa] – Dans le cadre de la table ronde « L’IA africaine en action » tenue au Gitex Africa 2026, la Directrice Stratégie d’Oracle Maroc, Yousra El Hatib, a lancé un appel vibrant à l’action immédiate. Pour elle, le continent dispose de tous les atouts nécessaires pour faire de l’intelligence artificielle le moteur de son émancipation économique.

L’heure n’est plus à l’intention, mais à l’exécution

Le 07 avril 2026, lors des échanges stratégiques à l’Agoratech du pavillon de l’APEBI, Yousra El Hatib, modératrice d’un panel d’experts, a martelé que l’Afrique ne peut plus se permettre d’être une simple spectatrice de la révolution technologique.

« L’Afrique ne doit pas attendre. Elle doit s’emparer de l’IA. Les conditions sont là, les opportunités sont là. Il faut désormais dépasser l’intention pour faire de l’IA un véritable levier de transformation économique et sociale », a-t-elle déclaré.

Dans son panel figuraient le

  • Dr Ing. Pierre-François Kamanou, Président du REPTIC et PDG de GTS Africa
  • Othman Benslimane — Co-fondateur & CEO de Tython
  • Emery Rubagenga — CEO de Horus Power & Telecom
  • Mohamed Saad — Président de l’AUSIM
  • Abdallah Deguig — Senior Board Advisor chez Reply Wemanity

La mutualisation : une réponse à la rareté des ressources

Consciente des défis structurels du continent, la Directrice Stratégie d’Oracle Maroc préconise une approche solidaire et pragmatique. Face à des ressources parfois limitées à l’échelle nationale, l’union devient, selon elle, la seule voie vers la compétitivité mondiale.

  • Unir pour conquérir : En mutualisant les ressources technologiques et humaines, les pays africains peuvent aborder un marché continental massif.
  • Valoriser le “Made in Africa” : L’enjeu est de répondre aux besoins spécifiques des populations locales grâce à des solutions conçues sur place.

Un continent d’opportunités technologiques

Yousra El Hatib voit en l’IA un moyen de créer de la valeur intrinsèque au continent. Son message final souligne l’importance de développer des technologies africaines qui ne sont pas de simples copies, mais des innovations adaptées aux réalités du terrain.

« Nous avons un continent d’opportunités », a-t-elle conclu, rappelant que la réussite de cette transition dépendra de la capacité des acteurs africains à transformer leurs ambitions en projets concrets et scalables.

Par Digital Business Africa