[Digital Business Africa] – Le Nigeria accélère son virage technologique en matière de sécurité. Le gouvernement fédéral prévoit le déploiement de plus de 5 000 caméras numériques intégrant l’intelligence artificielle dans l’État du Plateau, au centre du pays. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de dispositifs similaires déjà expérimentés dans les États de Lagos State et Enugu State.
L’annonce a été faite le 2 avril 2026 à Jos par le président Bola Tinubu, à la suite d’une attaque meurtrière ayant récemment frappé la région. Le chef de l’État a confié la supervision du projet au ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijjani, en coordination avec les autorités locales et les agences de sécurité. Le déploiement débutera dans la capitale de l’État avant une extension progressive à l’ensemble du territoire.
Si les autorités restent discrètes sur les spécifications techniques du dispositif, des experts soulignent le potentiel stratégique de l’intelligence artificielle dans la gestion des menaces sécuritaires. Dans une intervention accordée à Radio Nigeria, l’expert en TIC Nguuma Tyokaha a estimé que l’IA, couplée à l’analyse prédictive, pourrait significativement réduire les enlèvements et autres formes de criminalité.
Grâce à sa capacité à traiter d’importants volumes de données, l’IA permet d’identifier des schémas récurrents et d’anticiper les zones à risque. L’exploitation de données historiques incluant les localisations, les périodes, les profils des victimes et les modes opératoires pourrait ainsi faciliter la production de « cartes de chaleur » sécuritaires. Ces outils offriraient aux autorités une meilleure capacité d’anticipation et de déploiement des mesures préventives.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par le Nigeria, visant à intégrer les technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des secteurs stratégiques. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante enlèvements contre rançon, violences intercommunautaires et attaques de groupes armés les autorités misent sur l’innovation technologique pour renforcer leur réponse.
Toutefois, plusieurs zones d’ombre subsistent. Aucun calendrier précis de déploiement n’a été communiqué, malgré l’annonce d’une mise en œuvre « immédiate ». Des interrogations demeurent également quant à la capacité des infrastructures existantes à supporter un tel système, à la disponibilité de compétences locales qualifiées et à l’accès à des données fiables et actualisées, indispensables à l’efficacité de ces technologies.
Par Loic SOUOP








