Dr Basile KEITA : « En Afrique centrale, nous avons identifié 100 projets répondant aux besoins des bailleurs de fonds »

[Digital Business Africa] –  L’atelier régional de restitution et de validation des résultats de la mission d’Assistance technique pour l’identification des projets d’infrastructures régionales et nationales en Afrique centrale en vue de leur financement en mode Blending s’est tenu du 20 au 21 janvier 2022 à l’Hôtel La Falaise AKWA à Douala.

Cet atelier entrait  dans le cadre du Programme d’Appui à la Gouvernance des infrastructures régionales et nationales en Afrique centrale (PAGIRN). Parmi les participants à cet atelier les représentants de tous les États bénéficiaires des activités du PAGIRN (trois par pays parmi lesquels un représentant de chaque secteur d’infrastructures concerné) ; les représentants de l’Union européenne ; les représentants des Commissions de la CEMAC et de la CEEAC ; les représentants des institutions régionales spécialisées dans les secteurs d’infrastructures concernés ; les représentants du Programme des Réformes Économiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), les représentants des institutions techniques et financières notamment (BEI, BAD, BM, AFD, KFW) ; les représentants des Cellules nationales d’Appui à l’Ordonnateur National FED en Afrique centrale intéressés ; un représentant du réseau régional des ONG d’Afrique centrale (REPONGAG) ; un représentant de l’union des patronats d’Afrique centrale (UNIPACE) et l’équipe d’assistance technique du consortium COWI/ECORYS.

L’objectif général de l’atelier est de partager les résultats de la mission d’assistance technique avec l’ensemble des bénéficiaires du PAGIRN en vue de leur complétude en matière d’informations fournies et de leur appropriation au niveau national.

Plus spécifiquement, lors des travaux de l’atelier les participants ont procédé au partage, à l’appropriation des résultats de la mission d’assistance technique sur l’identification des projets régionaux dans les secteurs des transports terrestres (routier et ferroviaire), du transport fluvial, d’énergie et des Technologies d’Information et de Communication (TIC). Ils ont bien évidement formulé des suggestions et améliorations.

Digital Business Africa a profité de cette occasion pour interroger le Dr Basile KEITA, expert principal et chef de mission de l’Assistance technique auprès de la Commission de la Cémac pour la coordination et la gouvernance des projets régionaux d’infrastructures en mode blending. Il revient sur le travail effectué et surtout sur la place qu’occupe les projets de TIC et télécoms dans la sous-région CEEAC.

Pour lui, les États, appuyés par les organisations d’intégration de la sous-région, doivent tout faire pour réduire le gap infrastructurel et accroître l’offre en infrastructures dans tous les domaines.

Digital Business Africa : Quels sont les projets sous régionaux en matière de TIC et télécoms que vous avez identifiés en zone CEEAC et qui ont besoin de financements ?

Dr Basile KEITA : Beaucoup de projets régionaux ont besoin de financements. En sports, en énergie, en TIC, en Transports, nous avons identifiés à peu près 180 projets régionaux. Parmi ces projets régionaux, nous avons étudié les projets éligibles aux financements. Nous avons interrogé les bailleurs de fonds pour savoir leurs intérêts. Nous avons 100 projets éligibles répondant aux besoins des bailleurs de fonds. Dans la hiérarchie, les projets de transports routiers et ferroviaires viennent en tête. En deuxième lieu, les projets en énergie et en troisième lieu, les projets dans le domaine des TIC.

Il faut savoir que ce sont des projets régionaux. Dans le cadre du développement des États, il y a également beaucoup de projets nationaux qui n’étaient pas dans notre mandat.

Digital Business Africa : Comment comparez-vous un projet régional par rapport à un projet national ?

Dr Basile KEITA : Par définition, un projet régional s’étend au moins sur deux pays. Évidement, c’est variable d’un secteur à l’autre. Pour les infrastructures de transports, ce sont des corridors. Cela va par exemple de Douala à Ndjamena. C’est un corridor qui intéresse trois pays. Il y a également des corridors qui vont de Bangui à Kampala. Dans le secteur de l’énergie, ce sont plus des interconnexions électriques entre les projets au niveau des frontières. Au niveau des projets de TIC aussi, c’est un peu la même configuration.

Digital Business Africa : Quels sont les exemples de projets en matière de TIC sur le plan régional que vous avez identifiés ?

Dr Basile KEITA : Nous avons par exemple un projet de fibre optique quittant du Tchad allant au Niger jusqu’en Algérie.  Le financement de ce projet est déjà acquis et cela permettra un désenclavement numérique des pays impliqués dans le projet. Nous avons également des projets de fibre optique entre le Burundi et la RDC.

Digital Business Africa : Que faites-vous précisément après avoir identifié ces projets ? Vous trouvez des bailleurs de fonds et des financements ?

Dr Basile KEITA : Après avoir identifié ces projets, nous demandons aux bailleurs de fonds s’ils sont intéressés par ces projets. Mais, c’est aux États de négocier et de contractualiser avec les bailleurs de fonds. Nous avons identifié les sources de financement. C’est aux États de contractualiser. Nous mettons à la disposition des États la listes des projets dans les trois secteurs. C’est à eux de prendre le bâton de pèlerin pour concrétiser ces projets.

Digital Business Africa : Il y a en Afrique centrale une question sans fin de cherté des tarifs de roaming entre les États de l’Afrique centrale. Dans les projets régionaux que vous avez identifiés, n’y a-t-il pas des projets allant dans le sens de la réduction des tarifs de roaming entre les États de la CEEAC ?

Dr Basile KEITA : La question de la réduction des tarifs est une question économique. Il faut trouver une masse critique de demandes ou d’offres afin de baisser les coûts. Actuellement, dans tous les secteurs des infrastructures, il y a une rareté en Afrique centrale. Les infrastructures de transports sont très faibles, tout comme les infrastructures numériques.

C’est la même chose pour l’électricité. Le taux d’accès est très faible et à cela il faut ajouter le prix de l’électricité. C’est pourquoi, les États, appuyés par les organisations d’intégration sous-région le, doivent tout faire pour réduire ce gap et accroître l’offre en infrastructures dans tous les domaines.

Propos recueillis par B-O.D.

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