Cameroun : le ministère du Commerce se dotera d’une application numérique pour combattre la contrebande

La société camerounaise Amla Metrics va concevoir, pour le compte du ministère du Commerce, une application numérique visant à détecter les produits de contrebande ou de contrefaçon. C’est l’objet d’une convention signée entre les deux parties le 19 février 2016 à Yaoundé, la capitale du pays.

Selon les explications d’Amla Metrics, cette application permettra d’assurer la traçabilité des produits commercialisés sur le marché camerounais, à partir d’un serveur installé au ministère du Commerce. Dans ce serveur, apprend-on, seront préalablement enregistrés les codes-barres et vignettes de tous les produits entrant légalement sur le marché camerounais.

De cette façon, même à partir de son téléphone portable, chaque consommateur pourra aisément vérifier l’authenticité d’un produit trouvé sur le marché. Par le même mécanisme, tout contrôleur du ministère du Commerce peut facilement se rendre compte de ce qu’un produit donné est frauduleusement entré sur le marché camerounais ou alors a été contrefait.

Ce nouveau dispositif, dont les premiers résultats sont attendus dans un délai de trois mois (d’ici mai 2016 donc), apprend-on, sera d’abord opérationnalisé dans la filière des vins et spiritueux, dans lequel le taux de contrebande et de contrefaçon représente souvent jusqu’à 60% des produits commercialisés, indique-t-on au ministère du Commerce.

225 milliards FCfa de pertes chaque année

Bien plus, les vins et spiritueux fabriqués localement ou importés sont soumis à l’obligation d’estampillage depuis juin 2012, ce qui devrait faciliter l’enregistrement de ces produits dans le serveur à concevoir par Amla Metrics. Mais après les vins, ce mécanisme de tracking numérique des produits de contrebande et de contrefaçon s’appliquera, apprend-on, à d’autres produits tels que les manuels scolaires, les huiles végétales, les produits cosmétiques ou encore le gaz domestique.

Pour rappel, dans un rapport présenté au cours de son assemblée générale tenue à Douala le 29 août 2014, la Chambre de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat (Ccima), avait révélé que les activités de contrebande, de contrefaçon et de commerce illicite au Cameroun, occasionnent des pertes estimées à 255 milliards de francs Cfa chaque année.

Selon cette chambre consulaire, ces pertes sont divisées ainsi qu’il suit : 70 milliards de francs Cfa de recettes fiscales compromises en moyenne chaque année, et 185 milliards de francs Cfa de manque-à-gagner causés aux entreprises dont les produits sont l’objet de contrebande, de contrefaçon ou du commerce illicite. De plus, indiquait la même source, environ 200 emplois sont supprimés chaque année à cause de ces différents fléaux.

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