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Cameroun : Des recommandations de plus sur l’IA mais toujours pas de stratégie nationale dédiée

[DIGITAL Business Africa] – Une autre session de travail à grande échelle sur l’IA vient de baisser le rideau. Deux éditions des concertations nationales sur l’intelligence artificielle (CONIA) n’ont pas pu accoucher d’une Stratégie nationale de l’IA pourtant annoncée en 2024.

Peut-être l’atelier de sensibilisation des administrations publiques sur l’utilisation responsable de l’IA, tenu du 17 au 18 février 2026 dans les locaux du ministère des Postes et Télécommunications, peut-il faire bouger les lignes.

Les travaux étaient placés sous le thème « Intelligence artificielle responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ».

Objet recherché : Rassembler les administrations publiques, au-delà d’un certain effet de mode, dans un atelier pratique, pour doter les responsables et cadres compétents de connaissances pointues, et les familiariser à un usage responsable de l’intelligence artificielle.

Après deux jours de travaux, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a reçu les recommandations qui en découlent.

 

Recommandations

 

plan de la gouvernance, de la réglementation et de l’éthique

– Finaliser et mettre en œuvre la Stratégie nationale de Développement

de l’IA (SDNIA) comme cadre de référence unique ;

– Élaborer un cadre réglementaire progressif, adapté aux risques, garantissant la cohérence pour éviter les vides juridiques et protéger les

droits fondamentaux ;

-Établir une coordination interministérielle transversale et créer un

mécanisme institutionnel dédié (observatoire ou autorité) pour

harmoniser les initiatives sectorielles ;

-Consolider le leadership institutionnel de l’État via le MINPOSTEL.

Au plan des Infrastructures, des Données et de la Souveraineté

– Investir massivement dans des infrastructures critiques locales : DataCenters nationaux, réseaux télécoms inclusifs, et solutions de Cloudlocal.

– Assurer que les données collectées sur le territoire soient soumises aux lois nationales pour éviter une « recolonisation » technologique.

– Créer des jeux de données (datasets) fiables et locaux, incluant les réalités socioculturelles et linguistiques du pays.

– Renforcer la cybersécurité et la protection des informations sensibles au sein des administrations ;

– Accélérer le déploiement des infrastructures télécoms inclusives et résilientes, notamment via l’énergie solaire ;

– Favoriser le Edge Computing pour adapter l’IA aux contraintes locales de connectivité.

– Capital Humain, Éducation et Compétences

– Repenser les programmes scolaires et universitaires pour les adapter à l’ère de l’IA, en mettant l’accent sur la culture générale et le discernement humain.

– Évaluer et renforcer les capacités techniques des agents publics et

former la jeunesse aux métiers du futur (science des données,

ingénierie IA).

– Anticiper l’obsolescence des compétences et accompagner la

reconversion professionnelle face à la vitesse de l’innovation.

– Éduquer les citoyens à un usage responsable et critique de l’IA

(détection des deepfakes, protection de la vie privée).

– Former des apprenants du primaire, du secondaire et du supérieur aux STEM (Science, Technologie et Mathématique).

-Développer la recherche en matière d’IA

Innovation, Écosystème Local et Usages

– Passer de la consommation de logiciels étrangers à la conception de solutions locales adaptées aux besoins spécifiques du pays. • Accompagner les PME et startups nationales via des financements et des mécanismes de transfert de technologies.

– Orienter les usages de l’IA vers des secteurs à fort impact social (santé, éducation, agriculture, administration publique) plutôt que le simple divertissement.

– Exploiter les sources culturelles et les savoirs endogènes comme leviers d’innovation alternative.

– Renforcer le dialogue entre le gouvernement, le secteur privé, le

monde académique et les partenaires internationaux.

– Développer des initiatives entrepreneuriales de création de la valeur en matière d’IA.

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

 

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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